2e chapitre du jour !
Chapitre 14 : Lien
Kazuha sentit les bras larges d'Heiji l'enserrer pour les entraîner tous les deux sous l'eau, juste avant que la moto ne leur tombe dessus. L'Osakien voulait se servir de l'eau pour absorber une partie du choc mais il avait été trop lent et lâcha la jeune fille quand il sentit quelque chose de lourd percuter le haut de son dos, lui coupant le souffle, l'emportant avec lui sous l'eau.
De son côté, la femme aux yeux verts réussit à sortir la tête de la rivière indemne, mais remarqua rapidement que son petit ami ne refaisait pas surface, très probablement coincé et entraîné vers le fond par sa moto. Sans réfléchir, elle inspira profondément et replongea, essayant de garder les yeux ouverts pour voir quelque chose mais, même avec les lumières des lampadaires, la luminosité était trop faible quelques mètres sous l'eau.
Un reflet brillant attira son attention, très probablement un des rétroviseurs de la moto, alors Kazuha se dirigea vers lui et vit une silhouette plus sombre sous le véhicule et elle savait à qui elle appartenait. Elle attrapa rapidement ce qui semblait être sa main et tira dessus, les ramenant tous les deux à la surface, aidée par le fait que, tout soit plus léger sous l'eau.
« - Mademoiselle, par ici ! » appela un homme de l'équipage du bateau qui était en train d'attendre que le pont se lève, lui tendant la main quand il vit qu'elle sortait la tête de l'eau.
La fille d'Osaka nagea un peu pour atteindre le bateau, inquiète de ne pas avoir de réaction de la part de son amant alors qu'elle gardait son menton au dessus de la surface.
Trois marins l'aidèrent à monter à bord et ils se concentrèrent rapidement sur Heiji quand ils virent que la femme était indemne. Avec l'assurance d'un professionnel, l'un d'entre eux contrôla le pouls et le souffle du détective, avant d'attraper son épaule pour le secouer, ses signes vitaux étant encourageants.
Ce mouvement sortit l'homme aux yeux verts de son inconscience avec une quinte de toux et il s'assit avec une grimace, posant autour de lui un regard étonné, avant de se rappeler ce qu'il s'était passé.
« - Vous allez bien, jeune homme ? Vous devriez peut-être rester allongé au sol, nous allons appeler une ambulance…
- La police même ! » suggéra un autre avec un air inquiet.
Le détective le regarda, avant de lever les yeux au dessus de sa tête pour voir que les tueurs étaient encore en train de les regarder depuis le pont, ayant tout de même rangé leurs armes. Non, il ne voulait pas les avoir sur ses talons en allant à un hôpital. Il fit un effort important pour se reprendre et cacher la douleur qui irradiait dans son dos.
« - Non, c'est bon, ça va… » sourit Heiji comme il put, arrêtant Kazuha d'un léger mouvement de la main avant qu'elle ne puisse protester. « C'était un accident idiot, mon pneu a éclaté, je ne pouvais plus contrôler la moto… Pas besoin d'appeler la police ou une ambulance pour ça ! Mais est-ce que vous pourriez nous déposer ? Avec la moto au fond de l'eau, difficile d'aller où que ce soit…
- Vous êtes sûr que ça ira ? » voulut confirmer l'homme accroupi près de lui, n'insistant pas quand il vit que l'Osakien lui faisait un grand sourire, secouant la tête pour confirmer que ça allait. « Ok… Nous nous dirigeons vers le marché, nous avons du poisson à vendre. Nous pouvons vous déposer n'importe où sur le chemin, est-ce que ça irait ?
- Parfait ! Est-ce que nous pourrions juste faire le voyage à l'intérieur ? » demanda Hattori, voulant se cacher de toute personne pouvant les voir de l'extérieur. « Il fait un peu froid…
- Bien sûr. »
Le marin aida Heiji à se remettre sur ses pieds et les emmena à l'intérieur. Le détective eut un dernier regard vers les hommes sur le pont qui, voyant qu'ils partaient sur le bateau, se mirent en route eux-aussi, probablement pour les suivre du mieux qu'ils pouvaient en voiture.
« - Encore merci ! » fit l'homme aux yeux verts quand ils leur ramenèrent des couvertures. Il s'assombrit ensuite un peu quand il regarda l'homme qui les avait invités à l'intérieur. « Désolé du dérangement… Je ne pouvais pas vous le dire car le gars était à l'extérieur mais l'ex de ma petite amie était après nous, c'est pour cela que j'avais si vite avec la moto et que j'ai eu ce stupide accident…
- Après vous ?
- Oui, il est du genre collant… » confirma Heiji, avec un clin d'œil vers Kazuha pour qu'elle entre dans le jeu avec lui.
« - C'est un ancien Yakusa… Il nous a suivis depuis Osaka… » soupira-t-elle, complétant l'histoire de son petit ami, sans trop savoir où il voulait en venir, mais préférant le suivre.
« - Vous n'auriez pas pu demander de l'aide à la police ?
- Nao, nous n'avions pas de preuves, ce type est bien trop prudent… Nous nous dirigeons vers Hokkaido, il ne devrait pas nous suivre là-haut… » expliqua l'Osakien. « Mais je parie qu'il est encore après nous en ce moment même, alors pourriez-vous juste ralentir sous l'un des prochains ponts, que nous puissions nous cacher en dessous ? Comme cela, il vous suivra jusqu'au marché aux poissons et nous serons partis depuis longtemps…
- On dirait que ça n'est pas simple tous les jours pour un couple si jeune… » observa le membre de l'équipage avec compassion, avant de poser le regard au travers de la fenêtre. « Nous atteindrons le prochain pont dans 2 minutes environ, est-ce que cela serait bon pour vous ?
- Parfait. »
Cinq minutes plus tard, Kazuha aidait Heiji à sortir de l'eau. Maintenant qu'ils étaient seuls, l'homme pouvait enfin arrêter de faire semblant d'aller bien parce que ce n'était pas vraiment le cas, mais il ne pouvait pas prendre le risque que les autres appellent une ambulance. Il se laissa tomber sur le sol avec une grimace de douleur, ramenant sa main vers son épaule, pour la voir revenir en sang : une partie plastique du siège de la moto l'avait éraflé plutôt profondément, et il se sentait comme un poids sur le haut de son corps, qui, dès qu'il bougeait, causait des élancements jusque dans sa colonne vertébrale. Il y avait eu de la chance de ne pas se casser le cou, mais il ne sortait clairement pas indemne de sa petite cascade.
« - Hé, ça va ? » demanda la jeune fille avec inquiétude en voyant son visage alors qu'elle s'asseyait à côté de lui.
« - Ca va aller… » répondit le détective, se reprenant pour lui faire un sourire rassurant. « Merci pour ton aide, ça aurait pu mal tourner…
- … aurait pu ?! Si je n'étais pas allée te chercher, tu serais encore au fond de cette rivière avec ta moto sur le dos, espèce d'Ahou ! » s'emporta la jeune fille alors qu'elle frappait encore et encore le torse d'Heiji de ses poings. « Quand-vas-tu-arrêter-de-te-mettre-dans-des-situations-pareilles !
- Aïe ! Boke ! Ce n'était pas ma faute ! Qu'est-ce que tu crois que tu es en train de faire, là ?! » essaya de l'arrêter Heiji, attrapant ses poignets.
« - Je te punis pour être aussi imprudent…
- Quoi ?! Je t'ai dit d'arrêter de t'inquiéter pour moi ! Appelle ça le karma ou quoi, regarde-moi ça, je te porte malheur ! Je t'assure que tu ne veux pas de moi dans ta vie ! » conclut le détective avec de la culpabilité dans la voix, relâchant ses bras.
« - Tu rêves, Hattori Heiji ! » le contredit la fille aux yeux verts en le fixant du regard. « Que ce soit clair, même pour ton fichu crâne épais, tu vas arrêter de faire des choix pour moi et de décider ce qui serait le mieux pour moi. Je sais mieux que toi ce que je veux et ce que je veux c'est toi. Point.
- Mais, Kazuha… » commença Heiji, pour être réduit au silence par les lèvres de Kazuha alors qu'elle l'embrassait.
« - Pas de 'mais'. » déclara-t-elle, son visage rougissant d'embarras. « Si tu me trouves trop collante, demande des conseils à Ran pour m'attaquer en justice. Sinon je reste. Et je vais te traîner si nécessaire jusqu'à la maison par les oreilles quand tout cela sera fini ! Je ne te laisserais pas partir !
- 'tain, Kazuha … » rit l'Osakien face à son visage sérieux. « C'est presque comme si tu remettais ces menottes à nos poignets...
- Je suis effectivement en train de penser à une version minimaliste d'une paire d'anneaux de métal.
- Euh… QUOI ?! Tôyama Kazuha, c'est moi ou tu viens de me demander en mariage ?! »
Des joues de la jeune fille prirent une couleur pourpre qui remonta jusqu'à ses oreilles. « La délicatesse, ce n'est pas ton truc, Heiji… » souligna-t-elle à voix basse.
« - Je … Je sais, désolé… » fit-il, un peu rouge lui-aussi.
« - Alors ?
- Alors quoi ? Je dois déjà te répondre ?!
- Oh oui, je ne compte pas te lâcher, quand je vois combien de temps il t'a fallu pour me répondre quand je t'ai demandé de sortir avec moi... » lui rappela Kazuha avec un regard morne.
« - Euh, encore désolé pour ça… » s'excusa le détective avec un visage embarrassé. « Bien sûr que je le veux, Ahou, même si je ne comprends pas pourquoi t'es intéressée par un idiot comme moi…
- A secret makes woman woman… » sourit la jeune fille avec un air de mystère.
« - Kami… N'utilise pas cette expression s'il te plaît… » demanda Heiji avec un frisson, se rappelant qu'il s'agissait de la réplique préféré de Vermouth.
« - Ah, pourquoi ?
- C'est pas grave… » conclut-il, ne souhaitant pas en parler à l'instant. « Viens par ici ! »
La femme aux yeux verts fit comme demandé et s'approcha de lui, pour rester figée quant il attrapa sa manche pour l'attirer vers lui et poser un doux baiser sur ses lèvres.
Posant avec précaution sa tête contre son torse, la jeune fille eut un sourire satisfait quand son amant mit son bras autour d'elle, l'aidant à se réchauffer. Même en été, se promener dans des vêtements trempés n'était pas très agréable.
« - Et maintenant ? » demanda-t-elle à voix basse.
« - Et bien, nos téléphones sont trempés alors si nous voulons demander à quelqu'un de venir nous chercher, il va nous falloir une cabine téléphonique…
- Est-ce que tu connais un de leurs numéros par cœur ?
- Oui, celui de Shinichi. Espérons que Kaito ait réussi à le retrouver. Tu penses que tu pourrais trouver une cabine ? Je ne pense pas que je vais pouvoir me promener beaucoup dans cet état, désolé…
- Oui, donne-moi juste le numéro » confirma Kazuha, se relevant avec un visage déterminé.
o.O.o
Après un dernier regard à la forme noire qui repartait dans les cieux, Hakuba marcha jusqu'à la maison où Chikage et Aoko s'étaient cachées un moment après que la jeune fille ait été kidnappée, bientôt rejointes par Kaito cette fois où Bourbon avait découvert son identité.
Il tourna la tête pour vérifier que personne ne regardait et osa enfin frapper à la porte, pour être accueilli par Chikage.
« - Rentre ! » l'encouragea-t-elle, de l'inquiétude dans les yeux quand elle regarda dans la rue avant de refermer rapidement la porte derrière lui.
Le détective cligna des yeux en rentrant, ébloui par la lumière après que ses yeux se soient habitués à l'obscurité de la nuit et, avant même qu'il ne puisse retirer ses chaussures, Aoko l'attrapa pour le prendre fermement dans ses bras.
« - Je suis tellement contente que tu ailles bien, nous n'avions pas de nouvelles ni de toi ni d'Heiji, je commençais à m'inquiéter… » Elle s'écarta et regarda Hakuba avec des grands yeux quand elle vit ses avant-bras blessés. « Tu as été attaqué ? Tu vas bien ? Clairement pas… Attends, je vais chercher le kit de premiers secours…
- Merci, ce n'est pas si douloureux mais il vaudrait mieux que je soigne cela rapidement » admit-il avec un regard ennuyé vers ses mains.
Alors que la jeune fille hochait la tête et filait chercher des bandages, il se tourna du coup vers Chikage. « Est-ce que cela vous dérange si j'appelle Baaya ? Je vais lui demander de me ramener le matériel médical que j'ai laissé chez mon père…
- Bien sûr. »
Une demi-heure plus tard, Saguru faisait un dernier signe de la main à Baaya, qui avait été extrêmement rapide à répondre à sa requête, malgré le fait-elle était retraitée et ne vivait donc plus près de la demeure des Hakuba.
Les filles l'avaient aidé à panser ses mains, il s'agissait majoritairement d'éraflures et de brûlures causées par le métal propulsé par la bombe, quoiqu'une blessure sur son avant-bras gauche aurait nécessité des points de suture mais il ne pouvait pas vraiment se les faire lui-même, même avec son matériel. Il voulait surtout l'avoir au cas où, il espérait que rien de grave ne soit arrivé à ses amis mais, sachant que ces types n'avaient pas hésité à lui envoyer une bombe, ils seraient probablement eux aussi confrontés à des situations critiques.
« - Chikage, ouvre le garage, c'est la voiture de Shinichi ! » identifia Aoko en voyant que la voiture de ses amis pénétrait dans l'allée.
La femme fit comme demandé et tous les trois filèrent directement au garage pour accueillir les nouveaux arrivés.
« - Kaito a besoin d'aide ! » fit Shinichi avec de l'urgence dans la voix alors qu'il descendait de la voiture pour aller ouvrir la portière passager. « On ne pouvait pas l'amener à l'hôpital, avec ces types qui sont après lui… »
Hakuba blêmit et se dirigea vers la portière, pour voir que les mains de Ran étaient rouges de sang, ayant compressé la blessure près des côtes du Voleur et celle-ci semblait plus que sérieuse. « Chikage-san, j'ai besoin d'une table assez longue pour l'allonger, auriez-vous cela ? Mettez des draps propres dessus si possible !
- Dans le salon. Aoko, aide-moi et va chercher les draps ! » ordonna la femme, sortant la jeune fille de sa stupeur alors que celle-ci était figée d'horreur de voir son mari dans un tel état. « Vite ! »
Les deux hommes sortirent le magicien désormais inconscient de la voiture, pour l'amener avec précaution vers le salon, tous deux dérangés par leurs blessures mais ne le mentionnant pas. Kaito était celui qui avait besoin d'attention et maintenant.
Après qu'Aoko ait jeté un drap pour présenter une surface propre au Voleur, Shinichi recula une fois que le Kid fut allongé sur la table avec l'aide de Chikage, sentant que son téléphone vibrait.
« - Kazuha ?! » reconnut il à la voix, le numéro affiché ne lui donnant pas d'indication sur son interlocuteur. « Es-tu avec Heiji ? Vous allez bien ?! »
Le Tokyoïte pâlit un peu alors qu'elle lui racontait comment ils avaient été attaqués et lui expliquait qu'ils avaient besoin d'un taxi car Heiji n'était pas vraiment capable de se déplacer.
« - Ok, donne-moi l'adresse, on arrive. »
Après avoir confirmé qu'il avait bien noté l'endroit du rendez-vous, il raccrocha et se tourna vers les autres. « Heiji et Kazuha sont en vie mais ils ont besoin que l'un de nous les ramasse, Heiji a apparemment été blessé alors ils ne peuvent pas venir ici par leurs propres moyens… »
Les autres le regardèrent avec une expression grave, la plupart maudissant Snake d'avoir réussi à leur faire autant de dégâts en une seule nuit.
« - Je vais aller les chercher alors… » proposa Ran, sentant qu'elle serait plus utile là-bas : Aoko et Chikage voudraient rester auprès de Kaito et Shinichi s'était blessé au coude, il lui était difficile de conduire une voiture, elle l'avait bien vu quand il les avait amenés ici.
« - Prends ma voiture, les clés sont sur la petite table de l'entrée » proposa Chikage, se forçant à se reconcentrer plutôt que de fixer son fils blessé. « Elle sera plus discrète que la vôtre, son style est un peu trop flashy…
- Merci. »
Shinichi lui donna l'adresse, quelque part près de la rivière Sumida, et elle quitta la pièce avec un dernier regard vers Hakuba qui mettait une paire de gants, Aoko à ses côtés pour l'aider.
« Tiens le coup, Kaito… » pria-t-elle, fermant la porte d'entrée après elle une fois qu'elle eut attrapé les clés.
