Vous savez quoi ? Je pensais qu'on avait atteint les 50 depuis longtemps et que j'aurais dû compter avant. Eh ben en fait, en enlevant toutes les parties 2, 3, etc., eh ben on en est à 53. Mais c'est Noooo Aime (qui est en retard pour sa review d'ailleurs, mais elle est malade donc on l'excuse) qui a mis la numéro 50 sur le chapitre 12, et qui gagne la question gratuite !
Justelaura : Le manque de communication ça a été un problème dès le début de l'histoire ! Un peu de la faute de Gandalf, d'ailleurs, qui a dit aux nains que Bilbon les attendait alors que pas du tout !
Moi c'est pas tellement éternuer qui m'énerve, c'est le hoquet. Quand ça s'arrête plus, au point que ça finit par te donner mal au ventre... ça c'est insupportable !
Je sais pas pourquoi tu as eu 'la chanson du printemps' en tête, mais moi j'ai pensé à la comédie musicale de La Petite Sirène (oui ça existe) qui a une chanson « She's in love » justement !
Connaissant Dwalin, tu as raison, et c'était sûrement une réflexion salace, même ! Les questions stupides comme « vous allez bien » quand il est manifestement malade, ne sont pas près de s'arrêter !
C'est toi qui as volé du chocolat, je te rappelle. Moi c'était autre chose, je me souviens déjà plus quoi !
Thorin a probablement deviné le stratagème parce que comme tu le dis, c'est une ruse de gosse, et je parie que Fili et Kili ont essayé ça à une époque !
L'idée de la broche qui se téléporte m'a fait rigoler bêtement... J'imagine la broche introuvable à cause de ça !
Je suis pas sûre de vouloir quelque chose que Thorin aurait recousu lui-même... Forgé, oui, sans problème, mais recousu j'ai pas confiance^^
Décidément je crois que ton compteur d'adorable a explosé. J'espère que tu as fait le plein parce que le chapitre d'aujourd'hui contient pas mal de angst !
Balin et Oin peuvent s'en occuper tout seul mais Thorin veut absolument faire quelque chose pour aider Bilbon !
Oui, Bilbon est totalement shooté ce qui donne un passage hilarant. Comme tu as pu le constater.
D'après ce que j'ai compris en lisant des fics, chez les nains demander à tresser les cheveux de quelqu'un, quand on ne fait pas partie de sa famille, c'est l'équivalent de « tu viens prendre un dernier verre/un café » dans le monde moderne...
Thorin ne sait pas s'il doit être mort de rire ou s'inquiéter de l'état de Bilbon... Moi j'ai opté pour morte de rire en traduisant le chapitre !
Bofur et Dwalin, taquiner Bilbon à cause de ce qu'il a dit ? Noooooon, c'est pas leur genre, voyons... Jamais de la vie...
Haha le cri de fangirl qui m'a tellement fait rire... Ne commence pas à faire de l'apnée on va devoir te réanimer !
Si tu savais comment j'ai rigolé en voyant le « C'était un chapitre tellement mignon que j'ai peur pour le prochain » ! J'ai pensé 'les lectrices commencent à connaître la saga' ! Lol
Et oui tu fais bien d'avoir peur... Retour du angst dans le chapitre d'aujourd'hui !
Dame Marianne : Je suis contente que ça t'ait plu !
Arya Cahill : Je suis d'accord, c'était très mignon et en même temps très drôle !
(-)
Je porterai ta douleur jusqu'à la maison
Résumé : Avec Thorin qui s'inquiète pour le commerce avec Ered Luin, la dernière chose dont il a besoin est de s'inquiéter d'une vieille blessure qui se manifeste juste un peu. C'est tout, et en ce qui concerne Bilbon, ça n'est pas une raison de s'inquiéter.
Jusqu'à ce que soudain ça ne soit pas une petite manifestation. C'est quelque chose de bien pire.
Et parce que ça ne suffit pas, des nouvelles dévastatrices arrivent à Erebor qui changeront tout pour toujours.
(-)
Chapitre 1 : Une petite douleur, ce n'est rien
Des gloussements furent la première chose que Bilbon entendit. Il réprima son sourire et continua à jardiner. S'il ne terminait pas de recouvrir les fleurs et les plantes de son mieux, étant donné que le premier gel était arrivé en avance et par surprise, il n'aurait pas de jardin au printemps.
Ce qui ne voulait pas dire qu'il ne tendait pas l'oreille à l'affût d'autres gloussements tandis que certains petits – et d'autres probablement pas si petits – essayaient de le prendre par surprise.
Encore des gloussements. Le bruit doux de la porte en tissu menant au jardin étant écartée. Il maintint soigneusement son regard sur la plante devant lui, mais parla ensuite, d'une voix juste assez forte pour être entendue.
« Comme c'est agréable de jardiner seul. Ah, quelle journée rafraîchissante, passée dehors tout seul. »
Il entendit les respirations hachées de ceux qui essayaient de leur mieux de ne pas glousser quand tout ce dont ils avaient envie était de glousser. Les petits pas devenaient doués pour être silencieux, il devait leur accorder ça. Sauf qu'il savait qu'ils approchaient. Le doux battement des bottes contre la pierre était plus que suffisant pour les trahir. Il attendit, écartant ses épais draps d'hiver.
Une, deux...
« À l'attaque ! Cria Lili. »
Elle courut vers lui, Baldrin juste derrière elle. Tous deux couinèrent quand ils se retrouvèrent hissés dans les airs par Bilbon et promptement calés sous chacun de ses bras. Il se retrouva à rire avec eux tandis qu'ils gloussaient. Apparemment tout ce qu'ils voulaient étaient de tournoyer dans les airs.
Puis il y eut un soudain pic de douleur, et Bilbon vacilla, assez pour tous les envoyer au sol. Il atterrit le premier, les enfants blottis en toute sécurité contre lui, et ils gigotèrent immédiatement pour se libérer de sa prise. Ébahi, il essaya de localiser la douleur, mais elle avait disparu.
Les enfants gloussaient toujours, et il se força à se concentrer.
« Encore ! Ordonna Baldrin. Encore ! »
Il commença à tirer sur la main de Bilbon, et Bilbon se secoua et rit doucement.
« Non, il faut que je recouvre les plantes. Elles ont besoin d'une couverture pour dormir, maintenant qu'il fait froid dehors. Et je suis beaucoup trop vieux pour faire ça maintenant. Demandez à votre Oncle Kili. »
Dont Bilbon savait qu'il était tout près.
Effectivement, Kili descendit les quelques marches vers le jardin, un grand sourire sur le visage.
« Je suis loin de les faire tournoyer aussi bien que toi, cela dit. Désolé.
- On s'ennuyait, dit Hildili. C'est beaucoup mieux dehors. J'adore ton jardin, Onca. »
Le sourire de Bilbon s'adoucit, et il l'attira dans ses bras. Elle devenait si grande maintenant, treize ans déjà, mais restait aussi jeune et joueuse qu'elle l'avait toujours été.
« Je sais, ma chérie, dit-il. »
Elle lui adressa un sourire lumineux, puis gloussa quand Baldrin se laissa tomber de l'autre côté de Bilbon.
« Je sais que vous l'adorez tous les deux.
- Est-ce qu'on peut t'aider ? Demanda Hildili. S'il te plaît ?
- J'ai presque fini, en fait, admit Bilbon. »
En voyant l'air déçu sur leurs visages, cependant, il déclara rapidement :
« Mais j'aurais besoin de votre aide à l'intérieur : je crois qu'il devrait y avoir du bon thé au miel par ici. Vous pouvez m'aider à le trouver pour que nous ayons une bonne boisson chaude. Qu'est-ce que vous en dites ? »
Baldrin poussa une acclamation et bondit sur ses pieds, déjà presque à mi-chemin de la porte.
« Attends attends attends, exigea Kili. »
Il saisit son plus jeune neveu avec un bras.
« Oh, non, jeune fripon.
- Onkee pose ! Dit Baldrin. »
Il gigota dans une tentative d'échapper à la prise de Kili. Celui-ci se contenta de le soulever dans les airs, et Baldrin se remit à glousser.
« Onkee pose !
- Dans un moment, acquiesça Kili. »
Il maintint Baldrin dans les airs d'une seule main, à la grande joie de l'enfant.
« Tu as bientôt fini ?
- Je crois. Mes doigts en ont assez, en tout cas. »
Son nez était trop froid, aussi, et Bilbon frissonna en se relevant. Lili était déjà debout et bondissait partout, tournant constamment sur elle-même comme elle le faisait généralement. Bilbon secoua la tête et se mit debout.
Là, encore cette douleur. Ce n'était pas un pic puissant, mais il était constant, battant à travers sa jambe, assez pour le faire trébucher un peu et agripper sa jambe. Non, pas sa jambe : sa cheville. C'était une douleur acérée et cuisante qui se dissipa rapidement. Mais le froid qui montait du sol n'aidait pas en fait, ça ne faisait qu'empirer la douleur.
« Mon Oncle ? Tout va bien ? Demanda Kili en fronçant les sourcils. »
Il avait une main tendue pour offrir de le stabiliser. Baldrin et Hildili étaient déjà partis, et Bilbon pouvait les entendre glousser le long du couloir.
« Oui, je vais bien, lui assura Bilbon. »
Mais la douleur était encore là. Il fit un pas hésitant et grimaça. C'était la douleur qui annonçait encore plus de douleur, s'il ne faisait pas attention. Cela lui donnait envie de faire doucement rouler sa cheville, pour se débarrasser de la sensation. Kili n'avait pas l'air convaincu.
« C'est ta cheville, n'est-ce pas, dit-il. »
Quand Bilbon fit un autre pas, il tendit la main et prit le bras de Bilbon sous le sien.
« Doucement.
- Ça va, essaya de dire Bilbon. »
Mais Kili se contenta de lui adresser un regard noir.
« Vraiment, ça va. »
À chaque pas, il se sentait plus solide, et lorsqu'ils retournèrent à l'intérieur c'était presque revenu à la normale. La chaleur de l'intérieur de la montagne aidait aussi.
« Thorin devrait avoir fini sa réunion du Conseil dans un moment, dit Kili, menant toujours Bilbon par le bras. Demande peut-être à Oin d'y jeter un œil. »
Absolument pas.
« Aucun d'eux n'a besoin d'être impliqué, insista Bilbon. »
Kili le fixa, puis commença à étrécir les yeux.
« Non, non, et non. Laisse-les tous les deux en-dehors de ça.
- Je ne vais pas garder des secrets, commença Kili. »
Mais Bilbon secoua la tête.
« Ce n'est pas un secret, ils savent tous les deux que la cheville a ses problèmes. Il n'y a absolument rien à dire pour le moment. Honnêtement, Kili, elle va bien maintenant. Je pense qu'elle n'a juste pas aimé le poids supplémentaire des enfants, et d'ailleurs, où sont-ils ? »
Un regard paniqué traversa la visage de son neveu, puis Kili s'élança en courant dans le couloir.
« Lili, Baldrin ! »
Bilbon le regarda partir, un sourire dansant sur ses lèvres. Le pas suivant fut un peu douloureux, puis la douleur disparut. Non, tout irait bien. Il allait leur faire du thé, et tout irait parfaitement bien. Et s'il décidait d'envelopper de nouveau la cheville, eh bien, personne n'avait besoin de le savoir à part lui.
(-)
Son oncle se montrait stupide à nouveau. Kili en était à peu près certain.
Actuellement, Bilbon ne montrait aucun signe de stupidité. En fait, ce n'était généralement pas le cas : c'était habituellement le travail de Kili, ou de Fili, d'être mentalement déficient. Ils étaient doués pour ça. Cela n'en était que plus satisfaisant quand ils étaient responsables et intelligents et laissaient le vertige à leurs adversaires. Ça faisait une bonne journée.
Mais la question était que Bilbon se montrait anormalement idiot, et Kili n'allait pas supporter ça une seconde de plus. Surtout pas quand son autre oncle était juste là, parlant avec Fili et Dwalin des événements de la journée dans la montagne. Bilbon était assis près du feu, ses pieds surélevés comme s'il avait eu une très longue journée, mais Kili connaissait la vérité. Il ne doutait pas que la cheville de Bilbon le dérangeait encore.
« Mon Oncle, commença Kili. »
Cela attira l'attention des deux à la fois, mais Holdred fit soudain irruption dans la pièce, haletant.
« Papa, Oin dit que j'ai réussi ! J'ai réussi ! »
Eh bien, Kili n'allait pas piétiner cette nouvelle. Pas quand Fili faisait tournoyer Holdred, la fierté sur son visage encourageant les acclamations et les félicitations des autres. Bilbon était descendu de sa chaise, et il marchait normalement, venant prendre Holdred dans ses bras pour le féliciter d'un travail bien fait.
« J'ai manqué quelque chose, dit Gimli à l'autre bout de la pièce. Qu'est-ce que mon oncle t'a fait réussir ?
- Oin a dit que si Holdred réussissait son test de base sur les herbes médicinales et les premiers secours, il laisserait Holdred entrer en apprentissage auprès de lui, dit Dernwyn avec un grand sourire. Et Holdred a choisi de faire le test maintenant.
- Tu as à peine seize ans ! Explosa Gimli avant d'afficher un énorme sourire. Je suis fier de toi, gamin ! Apprenti auprès d'Oin lui-même ! »
Holdred semblait prêt à exploser de fierté, et Kili sourit, rien ne comptant plus que le grand sourire de son neveu. Il ouvrit les bras et Holdred se précipita vers lui, riant et s'accrochant tandis que Kili le faisait tournoyer. Il avait un peu la tête qui tournait quand ils s'arrêtèrent – pas Holdred, bien sûr, il traversa immédiatement la pièce comme une flèche – mais ça en valait la peine. Son neveu, qui grandissait si vite.
« Est-ce habituel, d'entrer en apprentissage si jeune ? Demanda Legolas à sa droite. »
Il saisit soigneusement Kili par les épaules et le maintint immobile. Heureusement, le monde s'arrêta de tournoyer peu après cela.
« Même dans le monde des hommes, seize ans est très jeune, et il n'a atteint cet âge qu'il y a quelques mois.
- Je ne pense pas qu'il fera grand-chose, pour être honnête, dit Kili. En ce qui concerne les nains, à seize ans tu es encore un enfant. Il n'aurait pas été autorisé à entrer en apprentissage dans des circonstances normales avant d'avoir au moins trente ans. »
Il y avait aussi le fait qu'Oin se faisait plus vieux chaque jour. Ces jours-ci, sa vue baissait, aussi. Mais on ne pouvait pas manquer la lueur dans les yeux de Holdred, ni la façon dont il suivait Oin partout depuis sept années, le harcelant de questions, observant chacun de ses gestes. Son neveu, qui apprenait à être un grand guérisseur.
Kili était à peu près certain qu'il allait exploser d'orgueil. Il croisa le regard de Fili à l'autre bout de la pièce, et ils sourirent en même temps. Les enfants de Fili, qui grandissaient si vite. C'était merveilleux à voir. Cela rendit Kili si fier d'être leur oncle. Il se demanda si c'était ce que ressentaient ses oncles, qui avaient veillé sur Fili et lui au fil des années.
Cela lui fit repenser à son autre oncle, cependant. Et maintenant que tout le monde se calmait à nouveau, il était temps d'aborder ce dont son oncle hobbit ne voulait pas parler.
« Mon Oncle, écoute, je-
- Il a réussi ! tonnaOin en entrant dans la pièce. »
Les acclamations reprirent. Kili souffla et croisa les bras. Honnêtement, s'il n'était pas au courant pour le test de Holdred et son désir de devenir l'apprenti d'Oin, il aurait cru que Bilbon avait organisé ça lui-même.
« Une bonne tête sur ses épaules, dit Oin à voix haute. Une très bonne tête. Vous pouvez être fiers.
- Nous le sommes, lui assura Fili. »
Il projetait sa voix de façon à ce qu'Oin puisse l'entendre. Oin hocha la tête, comme s'il ne s'attendait à rien de moins. Une main au coude de Kili le fit se retourner, et il trouva Bilbon debout à côté de lui.
« Non, dit Bilbon à voix basse. Kili, s'il te plaît. Ça va, vraiment.
- Comme si tu me dirais la vérité, contra Kili. »
Mais il baissa la voix de façon à ce que seul son oncle puisse l'entendre. Thorin regardait Holdred avec tant de fierté, et il souriait à Fili et Dernwyn comme il souriait à Kili quand il avait fait quelque chose que Thorin considérait utile. C'était assez souvent, ces jours-ci.
Bilbon pencha la tête en pinçant les lèvres. Si Bilbon était agacé, au moins la douleur ne pouvait pas être trop grande.
« Écoute, je te le promets, quand ça deviendra plus que je ne peux gérer, je te donnerai mon entière permission de le dire à Thorin. Je pourrais même lui dire avant que tu doives le faire. Mais pour l'instant, ce n'est rien que je ne puisse gérer, et rien de plus que ce que j'ai géré dans le passé. Je ne mentirais pas là-dessus. »
Ce n'était toujours pas la réponse que Kili désirait, mais Bilbon semblait aussi ferme qu'on pouvait l'être à ce sujet, et il y avait une lueur de supplication dans ses yeux. Un rire rapide les fit tous deux se retourner vers les autres.
Thorin riait, observant Baldrin chasser Holdred autour de lui, et il y avait une lueur dans les yeux de Hildili qui promettait qu'elle se joindrait à lui quand elle en aurait l'occasion. Holdred riait, aussi, en se faisant pourchasser autour des jambes de Thorin, et Thorin semblait aussi content et heureux qu'il pouvait l'être.
Kili jeta un regard à son autre oncle. Il y avait une telle affection dans son regard tandis qu'il observait Thorin, n'avait d'yeux que pour son mari. Quand il reporta enfin son attention vers Kili, un petit désespoir commença à naître dans ses yeux.
« S'il te plaît, dit doucement Bilbon. »
Pris entre deux feux, Kili serra les poings.
« Dis-moi comment je peux aider, alors, insista-t-il. »
Bilbon sembla si soulagé que Kili se sentit un peu plus légitime de laisser son oncle s'en tirer. Pour le moment.
Parce que s'il voyait Bilbon ne serait-ce que grimacer de douleur, il irait droit à Thorin, peu importe ce qu'il avait dit à Bilbon. On ne pouvait pas faire confiance à son oncle hobbit quand il s'agissait de rester en bonne santé.
« Si tu voulais bien aider avec le jardinage, dit Bilbon. »
Il n'y avait pas de réticence dans sa voix, juste de la reconnaissance. Un progrès. Peut-être que son oncle devenait plus sage en vieillissant.
« Ça fait seulement vraiment mal quand il fait froid. Quand je suis à l'intérieur, je vais très bien. Il ne reste que quelques petites choses dans lejardin pour l'année-
- Alors laisse-moi le jardinage, ou à Legolas ou Tauriel, dit Kili. On s'en occupera. Ça te gardera à l'intérieur jusqu'à ce qu'il fasse plus chaud dehors.
- Alors je te laisserai faire, puisque tu t'es mis ça en tête.
- Je n'ai pas de tête, tu me l'as dit plusieurs fois, dit Kili. »
Bilbon sembla reconnaissant de son aide, et si c'était le froid qui donnait mal à Bilbon, alors Kili serait ravi de reprendre le jardinage. Victoire.
« C'est certainement vrai, dit Dwalin qui avait entendu la dernière partie de la conversation. Thorin, est-ce que ton neveu a une tête ?
- Quand il veut bien, dit Thorin d'un ton très sérieux. »
Mais il y avait une étincelle dans les yeux qui trahissait sa bonne humeur. Kili souffla, comme s'il était vexé, mais ses lèvres ne cessaient de tressaillir. Il avait la promesse de Bilbon de rester à l'intérieur, ce qui le garderait en bonne santé, et l'annonce de Holdred, qui les rendrait tous heureux.
Peut-être qu'il ferait un conseiller décent, un jour, comme ses oncles et sa mère n'arrêtaient pas de le dire. Peut-être bien.
(-)
« Tu ne vas pas bien.
- Si, je vais bien, insista Bilbon. Honnêtement. »
Mais il continua de marcher de façon très prudente, comme s'il avait peur de déranger quelque chose. Et Legolas avait une très bonne idée de ce dont il s'agissait.
Même si Kili ne lui avait pas confié ses inquiétudes pour la santé de Bilbon, Legolas se serait aperçu que quelque chose n'allait pas chez le hobbit qu'il était fier d'appeler sa famille. Ses pas étaient plus lents, bien qu'il essaye de le cacher, et son esprit semblait souvent se concentrer sur quelque chose d'autre que les tâches qu'il accomplissait. Kili avait eu raison de s'inquiéter, car même si Bilbon faisait des pas prudents, Legolas n'était pas sûr qu'il prenne sa douleur aussi sérieusement qu'il le devrait.
Peut-être que Legolas était un peu biaisé, car les inquiétudes de Kili devenaient souvent ses inquiétudes. Et il considérait aussi Bilbon comme un ami bien-aimé, un membre de la famille, et un oncle, exactement comme pour Thorin.
Et à ce sujet...
« Est-ce que Thorin est au courant pour ta blessure ?
- Il était là quand elle a guéri, donc je suppose que oui, dit Bilbon en continuant dans le couloir. »
Il adressa des hochements de tête polis aux nains qu'il dépassait, mais continua d'avancer, comme si rien d'autre n'allait mal. Personne ne le regarda deux fois, lui ayant déjà adressé des salutations.
Sauf que Legolas savait mieux.
« Je voulais dire la blessure récente.
- Ce n'est rien de neuf, dit Bilbon. »
Il marqua enfin une pause dans les escaliers pour faire face à Legolas.
« Vraiment pas. Ça devient juste... mauvais, pendant le temps hivernal, et cette année-
- Cette année ? Répéta Legolas avec incrédulité. Ce n'est pas la première fois ?
- Cette année, ça s'est fait un peu plus prononcé. C'est tout. »
De toutes les choses à ignorer, Legolas n'aurait jamais cru que Bilbon serait assez fou pour mettre celle-là de côté.
« C'est une question sérieuse, commença-t-il. »
Mais Bilbon secoua la tête.
« Ces dernières années, c'était simplement une douleur sourde, et dès que je la réchauffe un peu et que je la masse, ça s'en va. Voudrais-tu que je reporte chaque petite douleur à Thorin, ou à Oin ? J'ai dit à Thorin que c'était pesant, parfois, et il a été assez gentil pour me masser les pieds et les chevilles. Je la trempe, parfois, dans l'eau chaude, et ça aide, aussi. C'est juste une vieille blessure, comme celle qu'avait mon grand-père. Il faut la traiter différemment. Et le hasard fait qu'elle se manifeste plus cette année qu'avant. C'est tout, Legolas, je te le promets. »
Legolas ne connaissait que trop bien les vieilles blessures. De temps en temps, sa poitrine était douloureuse, à l'endroit où il avait pris la lance pour Kili. Et il n'en parlait jamais à Kili, car comment le pourrait-il ? Et quel bien cela ferait-il ? Ça n'allait pas le tuer, ça lui faisait juste un peu mal, et ensuite ça se calmait. Les vieilles blessures et cicatrices de guerre persistaient souvent pendant de longues années. Certaines persistaient toute la vie. Cela, Legolas ne pouvait pas le changer, alors perturber Kili avec cette information ne ferait rien de bon.
Il finit par hocher lentement la tête.
« Si ça empire-
- Je le dirai à Thorin, et à Kili, et à Oin, et à toi, dit Bilbon. »
Il souriait maintenant. Legolas ne put s'empêcher de lui rendre son sourire.
« Je ferais aussi bien d'envoyer une déclaration, et tu pourras faire passer le mot à tous ceux que tu rencontreras. Ce serait plus facile que de le dire à tous ceux que je devrai prévenir, si ça empire. Et je ne la vois pas empirer. J'en prends plus soin, je ne suis pas sorti dans le froid, grâce à Kili, Tauriel et toi. Il fait chaud dans la montagne, et j'irai bien.
- Bien qu'il fasse plus chaud que dehors, la montagne n'est pas aussi chaude que tu veux bien le dire, avertit Legolas. »
Il pouvait voir que Bilbon avait commencé à porter ses longs pantalons d'hiver et des chemises plus épaisses. Il avait manifestement fait des efforts pour rester au chaud.
« C'est pour ça que je reste plus près des feux ces jours-ci, contra Bilbon. Maintenant, est-ce qu'on peut continuer ? Parce que si nous sommes en retard pour le déjeuner, Thorin sera inquiet, et sans la moindre raison. »
Legolas était certain que Thorin aurait des raisons d'être inquiet, si la blessure empirait. Mais Bilbon n'était pas tellement méfiant de sa cheville, il faisait plutôt attention à s'en occuper, à la 'dorloter' comme dirait Kili. Cela le réconforta quelque peu.
« Quand même, si ce n'est pas une inquiétude, pourquoi ne pas en parler à Thorin ? Demanda-t-il.
- Parce que Thorin a le commerce avec les Montagnes Bleues dont il doit s'inquiéter, au milieu du bazar perpétuel avec Dain, et ne dort déjà plus, dit Bilbon par-dessus son épaule. Il est las. Pourquoi crois-tu qu'il se cache si souvent dans les appartements royaux ? La dernière chose dont il a besoin est de s'inquiéter pour une vieille blessure. Jusqu'à ce que ça devienne quelque chose dont il doit s'inquiéter, je préférerais lui donner moins de pain sur la planche, pas plus. »
C'était juste.
« Je croyais que le commerce avec Ered Luin se passait bien, dit Legolas. »
Moins on parlait de Dain ces jours-ci, mieux ça valait. Sans le tact politique de Bilbon et la voix forte de Fili pour servir de bouclier, ils auraient bien pu en venir aux poings. En l'état, Legolas craignait qu'il y ait des dommages irréparables entre Thorin et Dain qui ne seraient jamais résolus, maintenant.
Bilbon fit une grimace.
« C'est le problème. Thorin s'inquiète que ça se passe un peu trop bien. Il connaissait certains des nains là-bas, et bien qu'il veuille établir le commerce pour le bien de ceux qui ont été bons envers lui et les autres Ereboriens, il est aussi inquiet à cause de ceux qui ne voulaient rien avoir à faire avec lui. Il n'a pas besoin d'une guerre civile, et pour l'instant, ils acceptent bien trop facilement. Il pense qu'ils vont demander quelque chose qu'il ne pourra pas leur donner. Mais honnêtement, je crois qu'il s'inquiète juste pour s'inquiéter. »
Cela ressemblait à quelque chose que ferait Thorin.
« Peut-être qu'une caravane vers Ered Luin réglerait les choses, suggéra Legolas. Pas juste des corbeaux transportant des lettres, mais des nains, des nains physiques, pour prononcer des paroles de paix et offrir le commerce. Les montagnes ne sont pas loin de la Comté. Si Thorin y allait, tu pourrais l'accompagner et voir les tiens. »
Bilbon eut un rire et s'arrêta juste devant les portes de la salle à manger.
« Tu es en tout point un prince, aussi bien en gentillesse qu'en affaires d'État, dit-il, et ses paroles firent sourire Legolas. J'en parlerai à Thorin. Je pense que c'est une excellente idée. Tu feras un bon roi.
- Hélas, je ne pense pas que cela sera, dit Legolas, mais il souriait toujours. Car si je devais être le roi de Vertbois, il me faudrait voler le conseiller du futur Roi d'Erebor pour venir avec moi. Et ça, je doute fort que Fili le permettrait.
- Alors tu devras te contenter de laisser Kili rendre visite à la montagne, dit Bilbon. »
Legolas laissa échapper un grand rire tandis qu'ils entraient dans la salle. Cela fit lever les yeux à Kili qui était assis à table, et quand Legolas croisa son regard, ce fut avec un cœur joyeux et un amour chaleureux pour celui qu'il ne laisserait jamais en arrière. Kili lui sourit, et cela lui donna envie d'emmener son époux à l'écart et de presser de délicats baisers contre sa peau encore et encore.
Plus encore quand Bilbon évoqua son idée, et que, quand Thorin acquiesça, Kili posa une main sur la sienne et la serra fort.
(-)
La lune était brillante, et l'air frais était un bonus, après une longue et chaude journée dans les forges. Mais Thorin avait eu besoin du répit, avait eu besoin de se concentrer sur quelque chose d'autre que tout ce qui se passait. Les routes de commerce d'Ered Luin enfin établies seraient un tel cadeau non seulement pour les nains dans les Montagnes Bleues, mais aussi pour les nains ici à Erebor. Ç'avait été une lutte sans fin ces dernières années, et maintenant que cela portait ces fruits, la facilité de l'accord le laissait plus soupçonneux qu'autre chose.
Et il refusait de penser à l'état actuel des affaires avec les Collines de Fer. Il avait essayé une fois, durant les quatre dernières années, de contacter les Collines de Fer et offrir de l'aide, de tendre une main de paix, bien que le Conseil n'ait absolument pas compris pourquoi c'était nécessaire. Inutile de dire, étant donné la façon dont les nobles des Collines de Fer avaient écrit au nom de Dain, disant que leur nouveau roi n'avait aucune envie de parler à Thorin, que Thorin n'avait pas essayé à nouveau, et les relations étaient tendues depuis.
Il était donc descendu dans la forge pour travailler aux côtés de son peuple, pour les aider avec ses bras et son talent de son mieux. Ils avaient été unanimement reconnaissants, et la simplicité de l'action l'avait laissé las, mais d'une bonne façon. Autrefois, il avait détesté forger, détestant le travail qui était loin d'être majestueux et le peu qu'il payait quand il avait Dis et deux petits à aider à nourrir.
Maintenant, cependant, c'était un réconfort, de pouvoir travailler le métal et se concentrer uniquement sur l'atterrissage de son marteau. Il avait oublié le calme de travailler avec ses deux mains, de créer quelque chose qui était tout à lui. Ça lui avait fait du bien.
Pas autant de bien que l'air frais de l'extérieur lui faisait maintenant, et il laissa retomber ses tresses royales avec un soupir de soulagement.
« Est-ce que tu essayes de voir s'il va neiger à l'intérieur ? Parce que tes neveux ont essayé, l'autre jour, et même s'ils ont placé le blâme sur les enfants, Dernwyn et Dis connaissaient la vraie raison pour laquelle ils ont fait ce qu'ils ont fait. »
Thorin eut un grand sourire en entendant la voix mécontente de son bien-aimé.
« Je m'étais demandé, autrefois, si Fili et Kili saisiraient l'occasion de rendre leurs enfants responsables de leur comportement infantile, s'ils en avaient un jour, dit-il. »
Il se retourna vers la pièce. Bilbon était recroquevillé dans un fauteuil près du feu, les couvertures remontant presque jusqu'à son nez, et il adressait un regard noir à son mari. Le feu soulignait les rides de rire sur son visage, ne rappelant que trop à Thorin l'age de son mari. 67 ans n'était rien pour un nain, même pas la majorité, mais pour un hobbit, il était évident que son mari vieillissait. Il mit cette idée de côté, comme il faisait souvent ces jours-ci. Il n'y avait rien à faire contre le temps et ses effets.
« Viens ici, exigea Bilbon. »
Il frissonna pour souligner sa phrase, et Thorin poussa un rire.
« Il fait merveilleusement frais, tu devrais voir par toi-même. »
Néanmoins, Thorin referma les portes du balcon. Une idée lui vint en tête, et il se dirigea d'un pas léger vers Bilbon.
« Mais si tu insistes pour que je rentre-
- Garde ces mains froides loin de moi, dit Bilbon. »
Il se blottit encore plus dans sa couverture, ne laissant que sa tête, ses cheveux et ses oreilles de visibles.
« N'y pense même pas.
- Tu as demandé que je vienne, et maintenant tu veux que j'aille ailleurs ? Je croyais que tu savais mieux te décider que ça, dit Thorin. »
Il continua d'avancer, les mains tendues. Bilbon pinçait les lèvres, essayant de réprimer son propre sourire.
« Je n'ai pas dit de venir vers moi – non, non, non, je ne veux pas de tes mains froides – Thorin ! »
Thorin plongea soudain en avant et essaya de pousser ses mains sous la couverture de Bilbon afin d'atteindre son cou. Bilbon riait et s'éloignait rapidement, descendant du fauteuil pour aller vers le lit. Il tomba soudain au sol et se retrouva à emmener Thorin avec lui. Tous deux atterrirent sur l'un des tapis, à bout de souffle. Pendant un moment, Bilbon sembla avoir mal, et Thorin commença immédiatement à s'asseoir, pour voir comment il lui avait fait mal.
Puis Bilbon commença à rire et poussa Thorin de sous la couverture, et Thorin se détendit.
« Espèce d'insupportable brute, dit Bilbon. »
Il essaya de lui lancer un regard noir mais riait encore trop fort pour y arriver.
« Je devrais aller chercher un seau de glace dans la cuisine et te le déverser dans le dos. C'est comme ça qu'on s'occupe des mains froides dans la Comté.
- Heureusement que nous ne sommes pas dans la Comté, alors, dit Thorin. »
Le feu était chaud même d'ici, et il jeta un regard par-dessus son épaule et trouva le bois empilé très haut.
« Tu avais froid, n'est-ce pas ?
- J'ai froid, et ensuite quelqu'un est venu sur moi avec ses doigts glacés. Ce qui, franchement, n'est ni gentil, ni juste. »
Déjà Thorin commençait à sentir la même chaleur que dans la forge.
« Tu vas bien ? Demanda-t-il, fronçant les sourcils devant la chaleur étouffante. Bilbon ?
- Je vais bien, promit Bilbon. J'ai juste froid. Tu avais ouvert les portes, alors ce n'était pas aussi étouffant. Là, aide-moi à me lever. »
Thorin s'exécuta, aidant soigneusement Bilbon à se mettre debout, puis l'attira dans ses bras.
« Tu n'as pas besoin de feu, dit-il doucement. Je suis là. Et je te tiendrai chaud.
- Tu es largement préférable aux flammes, je suis d'accord, murmura Bilbon. Fili a géré le Conseil aujourd'hui, à ce qu'on m'a dit. »
Et il s'en était bien sorti, d'après Dis.
« C'est vrai. J'ai pris une journée, eh bien. Pas exactement de repos. Mais une journée loin des ronchonnements et des discussions de dernière minute au sujet d'Ered Luin. Fili a mentionné l'idée de Legolas, et elle a été bien reçue par tous, d'après ce que j'ai entendu.
- Bien. Pas juste l'idée, mais que tu aies pris une journée de congé. Tu en avais besoin. Tu étais bien trop concentré sur ces bêtises. »
Bilbon se pencha en arrière et leva les bras pour encadrer le visage de Thorin dansses mains.
« Je suis fatigué de voir des cernes sous tes yeux, dit-il doucement. »
Pour tout la simple paix qu'il avait trouvée dans la forge, pour tout ce que l'air frais l'avait aidé, rien ne lui donnait jamais plus de paix, plus de contentement, que le hobbit devant lui. Il sourit, complètement incapable de s'en empêcher, et déposa un baiser sur le front de Bilbon. Il n'y avait rien qu'il ne ferait pas pour son époux, son bien-aimé, sa raison d'être et de respirer. Rien.
Quand il recula, cependant, il trouva le visage de Bilbon plissé, comme s'il avait mal, ou se préparait à un coup.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? Demanda-t-il. »
Bilbon avait-il été plus blessé dans leur chute joueuse qu'il ne l'avait dit ?
Bilbon osa ouvrir un œil.
« Tes lèvres sont froides, marmonna-t-il. »
Le rire de Thorin résonna jusque dans la salle principale de l'aile royale.
