Relecture Brynamon.
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TheGingerbreadBoy : j'attends ton avis…
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Bonne lecture !^^
CHAPITRE 14: Intime conviction
POV LEAH CLEARWATER LAHOTE
Groggy, je restai allongée sur le flanc. Je ne comprenais pas ce qui m'était arrivé. J'entendais l'affolement d'Embry et de Quil. Ils arrivèrent à ma hauteur pour vérifier comment j'allais.
« Ça va les gars, il m'en faut plus pour m'abattre », les rassurai-je.
« Elle est complètement tarée ! Pourquoi elle t'a foncé dedans ? » S'écria Quil.
« Qui ça ? »
« La blondasse ! » M'éclaira-t-il.
Je me redressai avec agilité. La stupeur passée, je me remis à grogner de colère.
« Où est celui que j'ai attaqué ? »
« Envolé !» M'expliqua Embry.
« Tu plaisantes ! » Hurlai-je.
Écumant de rage, je cherchai la fautive. Elle était camouflée par les autres buveurs de sang, comme si ça allait m'arrêter.
« Elle va me le payer ! »
« Non Leah ! » M'ordonna Embry d'un ton sans appel. « Nous devons rattraper l'autre vampire, il est dangereux. »
Il avait raison. Ce fut à contrecœur que j'acquiesçai et partis à leur suite. Son odeur s'atténuait, il fallait faire vite.
« Je suis restée combien de temps dans les vaps ? »
« Quelques secondes à peine » me révéla Quil.
«Quelques secondes de trop ! Il peut nous échapper à cause d'elle ! »
« Je croyais qu'ils étaient de notre côté ? » Fit remarquer Quil.
« Je le croyais aussi » déclara Embry d'un ton dégoûté.
Embry l'avait mauvaise, il allait s'opposer à l'élargissement du traité et cette idée m'emplit de satisfaction. Quil se demandait toujours où était Jake et je ne pus m'empêcher de penser à sa copine. Les gars grognèrent.
« Il déconne ! À tous les coups, il est chez elle! » S'énerva Quil.
« Pas forcément », le défendis-je.
« Arrête de le défendre Leah, il nous montre encore une fois qu'on ne peut pas compter sur lui », dit Embry avec résignation.
Je ne pouvais rien ajouter et cela accentua ma colère. J'accélérai comme pour extérioriser mon mal-être et nous continuâmes sans un mot. Embry était celui qui souffrait le plus de la défection de Jake, et ce depuis longtemps. Je n'avais pas réalisé la gravité des choses. Embry s'agaça que l'on puisse se rendre compte aussi aisément de sa douleur. Sa colère masquait ce sentiment d'abandon. Il avait espéré retrouver son ami grâce à la meute et au final Jake était encore aux abonnés absents.
Absent oui…comme Paul ces derniers temps. Je tentai vite de détourner mes pensées, peu encline à les partager.
« On sait tous que Paul ne t'est pas d'un grand soutien », me confirma Quil.
Mécontente, je tentai de me focaliser de nouveau sur la piste du vampire. L'image de mon fils me parvint de plein fouet. Quelle mère étais-je pour partir en pleine nuit ? Et s'il avait besoin de moi ?
« Son père est là » me fit remarquer Embry à juste titre.
« Tu es une mère qui protège la ville de prédateurs sanguinaires. En protégeant la ville, tu le protèges lui » rajouta Quil. « Et s'il pouvait comprendre tout ça, il serait fier de toi. »
J'aimerais tellement que ce soit le cas.
« Attention, il est en train de nous semer ! » S'écria Quil.
« Comment fait-il pour brouiller les pistes ? » Leur demandai-je.
« Je ne sais pas. » Dit Embry.
« À ce rythme-là, on va le perdre ! » M'inquiétai-je.
Oo0oO
En franchissant le seuil de la maison vers deux heures du matin, je me sentis terrassée de fatigue. Je n'avais même pas la force d'être en colère du fait que l'autre vampire se soit fait la malle. Je me trainai dans la salle de bain pour me laver un peu et arrivai je ne sais comment dans la chambre de Noah. Il dormait à poings fermés. Je parvins dans mon lit avec un soupir de bien-être une fois en contact avec les draps. Je ne fis pas long feu. J'avais l'impression d'avoir à peine fermé les yeux quelques minutes quand l'on m'obligea à les ouvrir.
-Maman?
-Hummm.
-Maman, j'ai faim!
-Va voir papa, articulai-je avec difficulté.
-Papa il dort par terre dans la cuisine.
Je sursautai et me levai d'un bond, le cœur tambourinant. Je me précipitai dans la pièce et trouvai bien Paul allongé au sol. Sauf qu'il était loin de dormir : il était inanimé.
-Paul ?
Je touchai son front, tentant de voir s'il était fiévreux. Il était moite, je fis au mieux pour rester calme et demandai à Noah de me donner le téléphone fixe. Il s'exécuta rapidement comme s'il comprenait que quelque chose n'allait pas. Je composai le numéro d'Embry, mais il ne répondit pas. J'appelai alors la mère de Paul, elle décrocha et comprit à mon ton que c'était le moment.
-J'arrive.
-Qu'est-ce qu'il a papa? Demanda Noah d'une voix angoissée.
-Il est malade.
-Comme toi l'autre jour?
-Oui. Maman a dû lui refiler ses microbes.
-C'est quoi les mitrobes ?
-Les microbes, ce sont de vilaines bestioles qui rentrent dans notre corps et qui nous rendent malades.
-Comment ils s'en vont ?
-Avec des médicaments et du repos.
-Il faut emmener papa dans son lit alors ?
-Oui.
Je pris Paul dans mes bras sans difficulté et l'emmena dans notre lit. Il grogna, ça devait lui faire un mal de chien. Je connaissais, je compatis.
Un quart d'heure plus tard, sa mère arriva. Nous échangeâmes des regards éloquents comme pour partager le même chagrin. Elle s'approcha de son fils doucement, elle s'assit sur le bord du lit et leva la main pour enlever les cheveux collés sur son front. Elle voulut l'embrasser et plissa le nez en s'approchant de lui. Elle se releva brutalement, le visage déformé par la colère.
-Il est juste en train de dessoûler.
Interdite, je ne sus que répondre, elle délirait, je l'aurais senti s'il avait bu ! Je fis comme elle et me penchai. Choquée, je vis qu'elle avait raison.
On frappa à la porte avec vigueur. J'allais ouvrir, dégoutée et honteuse. Quil se tenait dans l'embrasure de la porte.
-Jared est en pleine crise !
POV JACOB BLACK
J'ouvris les yeux, il faisait encore nuit. Mon cerveau se remit en marche doucement et je me redressai prestement en me rappelant les souvenirs d'il y a quelques heures. J'étais rentré chez moi dormir un peu, car j'avais été informé que Linda ne se réveillerait pas avant quelques heures. Je n'avais pas voulu reprendre la route vers Forks, j'étais trop fatigué. Je m'étais senti coupable de laisser Nina dans un environnement qui ne lui était pas familier. Si elle avait fait un cauchemar, je n'aurais même pas été là pour la rassurer. En regardant mon réveil, je vis qu'il était déjà sept heures. C'était l'heure à laquelle je me réveillais habituellement. Malgré mon manque de sommeil, je me sentis assez en forme pour passer la journée. Elle allait être longue cependant…
En route vers l'hôpital, je sentis mon stress augmenter. Comment trouver les mots pour lui annoncer la nouvelle ? J'appelai Serena sur son portable pour qu'elle fasse patienter mes premiers rendez-vous quand ils arriveront. Je ne rentrai pas dans les détails, mais elle comprit que c'était grave. Une fois garé sur le parking visiteurs, j'appelai mon père. Il décrocha, j'entendis Nina derrière qui s'esclaffait.
-Papa ?
-Ça va Jacob. Ne t'inquiète pas, on se débrouille comme des chefs et Nina est adorable.
-Elle a déjeuné ?
-Pas encore, on vient de se lever.
-Ses affaires sont posées sur mon lit, et pour la coiffer…
-Je vais me débrouiller. J'ai eu des filles avant toi, Jacob.
-Par contre, elle est allergique aux arachides, fais attention, ajoutai-je en ignorant sa remarque.
-D'accord, je serai vigilant.
Il hésita.
-Comment va-t-elle ?
-Je te dirai ça plus tard. Vous comptez faire quoi ce matin ?
-Plein de choses…
Rassuré, je voulus parler à ma fille.
-Papa, t'es où ?
-Je vais aller travailler, mais je voulais te demander si ça te dirait de rester un jour ou deux de plus avec ton grand-père ?
-Et l'école ?
-Je vais prévenir ta maitresse.
-Et maman ? Elle va être toute seule !
-Elle est d'accord, ne t'inquiète pas pour elle.
-Tu reviens quand ?
-À midi. Je viendrai déjeuner avec vous.
-Génial ! Papi, je vais rester dans ta maison encore pleins de jours !
Elle avait lâché le combiné.
-Nina ?
La tonalité résonna, elle avait raccroché. Tant mieux au final, elle ne se sentait pas abandonnée et c'était l'essentiel à mes yeux. Je pénétrai dans l'hôpital et me renseignai pour connaitre le numéro de sa chambre. L'infirmière de garde me prévint :
-Votre femme dort toujours. Elle a été transfusée, son état est stable. Le chef de service passera dans la matinée.
-Je vais devoir m'absenter, car je travaille toute la journée, mais le Docteur… ?
-Dr Bennett, compléta-t-elle.
-Le Dr Bennett peut me joindre à mon cabinet. Je suis moi-même médecin et je tiens à être au courant de tout ce qui se passe.
-Bien Docteur.
Elle s'éloignait déjà, mais s'arrêta et se retourna.
-Je suis désolée pour vous et votre femme.
-Merci, articulai-je du bout des lèvres. Elle venait de me rappeler brutalement que ma femme avait porté l'enfant d'un autre.
Je franchis le seuil de sa chambre doucement. Effectivement, elle dormait. Elle était pâle, les perfusions coulaient par goutte dans ses veines. J'examinai le contenu des poches quand elle remua.
-Dan… ?
Je me rapprochai.
-Linda, murmurai-je.
-Daniel, c'est toi ?
Si avec ça je n'étais pas vacciné, je ne vois pas ce qu'il me fallait de plus. Je pris sur moi et m'assis près d'elle.
-Ce n'est que moi, Jacob.
Elle me dévisagea longuement avant de comprendre. Plusieurs palettes d'émotions passèrent alors sur son visage. Un visage vulnérable que je ne lui connaissais pas.
-Où je suis ? Demanda-t-elle d'une voix rocailleuse.
-À l'hôpital.
-Pourquoi ?
-Tu as eu des complications suite à ta fausse couche.
Elle plissa les lèvres.
-Que disent les médecins ?
-Dieu merci, le pire ne s'est pas produit.
-C'était si grave ?
Je me tus un instant, le cœur battant.
-Tu as failli y rester… Et le chirurgien a dû recourir à une hystérectomie totale.
Son visage sembla se figer sous le choc. Il y eut un long moment de malaise. Elle ferma les yeux.
-Linda ? Tentai-je. Tu comprends ce que… ?
-Tu ne devrais pas être au travail ? Me coupa-t-elle d'une voix tremblante.
-Linda, dis-je cette fois en soupirant.
-Écoute, va travailler, je suis exténuée. Tu n'as qu'à repasser ce soir si tu y tiens.
-J'emmène Nina te voir ?
Elle rouvrit les yeux.
-Non, certainement pas ! Tu peux la garder avec toi un jour ou deux ? Je ne sais pas quand je vais sortir.
-Bien sûr, c'était prévu.
-Préviens aussi l'école.
-Oui. C'est prévu aussi.
-Elle s'entend bien avec ton père ?
-Super bien.
-Tant mieux, car avec ce qui s'est passé, je ne sais pas comment on aurait pu gérer ça.
J'acquiesçai.
-Je suis si fatiguée…
- C'est normal, il va te falloir du temps. Je te laisse te reposer.
-Tu sais où est mon portable ?
-Dans ton sac.
-Donne-le-moi.
Je m'exécutai la mort dans l'âme même si je comprenais qu'elle ne veuille pas partager sa peine avec moi.
-Je t'ai mis tes bijoux dans ton sac, je les ai récupérés quand tu es partie au bloc.
Elle me remercia.
-Regarde au fond de mon sac, j'ai un cadeau pour toi.
Étonné, je fouillai à la recherche du dit cadeau. Je sortis un petit carré enveloppé de ruban.
-Je voulais te le donner ce soir, mais bon, autant que tu l'ais des fois que je ne te revois pas d'ici demain.
-C'est en quel honneur ?
-Pour notre anniversaire, ce sera le dernier.
Je lui tendis son portable et contemplai le paquet.
-Je n'ai rien pour toi.
-Tu m'as sauvé la vie, c'est bien suffisant.
Gêné, je ne sus que lui répondre.
-Je te laisse alors. Et merci pour le cadeau, je l'ouvrirai…plus tard.
Je commençai à m'éloigner pour partir.
-Jacob. Attends.
-Oui ?
-Embrasse notre fille pour moi et dis-lui que je l'aime.
-Je vais lui dire. Repose-toi.
J'ouvris la porte quand j'entendis quelques mots à peine chuchotés.
-Merci d'avoir été là.
Oo0oO
Sur le chemin du travail, je pensais à elle. Mes sentiments persistaient, mais pas les siens. Pourtant j'avais envie de passer à autre chose. Le visage de Bella se matérialisa devant mes yeux. Enveloppé dans l'angoisse des derniers évènements, j'en avais oublié le bien-être que me procurait sa présence. Il fallait que je la voie pour lui expliquer, je le lui devais même si je savais qu'elle ne me poserait pas de questions. J'aimais sa confiance, je voulais la garder. Tout comme je voulais garder mon indépendance.
La matinée passa vite.
À midi, j'eus la bonne surprise de voir arriver mon père avec Nina. Ils avaient ramené un pique-nique. Je les trouvai en grande conversation avec Alice. C'était son premier jour aux commandes, Selena restait en retrait. J'étais arrivé avec une demi-heure de retard, mais je n'avais eu aucun commentaire de mes patients tellement elle avait été agréable avec eux. En plus, je n'avais pas eu de cas demandant beaucoup de temps. Du coup, j'avais presque rattrapé mon retard.
-Encore un patient et je suis à vous, leur annonçai-je.
Nina me sauta dans les bras et je me sentis bien. Alice lui proposa de venir sur son Pc pour faire du coloriage. Elle m'oublia aussitôt, charmée elle aussi par la douceur d'Alice. Mon père engagea lui aussi une conversation avec mon précédent patient qu'il connaissait de vue. Ils parlèrent de pêche.
Je fis entrer mon dernier patient. Je ne le connaissais pas. Il s'assit et fixa le mur d'un air un peu absent. Il était grand, blond, les yeux bleus, la quarantaine. Il avait les traits un peu tirés.
-C'est la première fois que l'on se rencontre, lui fis-je remarquer.
-Oui. Je suis venu vous voir sur les conseils d'un ami.
-Que se passe-t-il ?
-Je n'arrive plus à dormir.
Cet aveu me toucha, mon intuition me dit qu'il cachait une peine profonde.
-Vous avez perdu un proche ?
Il opina de la tête.
-Quels sont vos antécédents ? Vous avez des allergies à certains médicaments ?
-Non. Je n'ai pas de traitement en particulier et je suis en bonne forme physique. C'est juste que…
-Vous êtes dépassé par ce qui arrive ?
-Oui, exactement. Dépassé et en colère.
-Je comprends.
-Non, vous ne comprenez pas !
-Calmez-vous ! Temporisai-je, surpris.
-Non ! Je ne veux plus faire semblant, j'ai fait confiance à mon ex-femme ! Et tout ça pour quoi ? Assister demain à l'enterrement de mon fils.
Oo0oO
Assis dans mon bureau, Nina et mon père avaient déballé leur pique-nique. J'étais heureux de passer un moment avec eux. Cela m'évita de penser à Linda. J'écoutai le babillage de ma fille. Mon père rayonnait. Je ne me rappelais plus la dernière fois où je l'avais vu si heureux. Mon esprit repartit sans le vouloir vers mon dernier patient. J'avais fait le lien entre lui et le jeune homme assassiné. Pourtant, dans les journaux il n'était pas mentionné que le père de la victime des vampires était en fait son beau-père. Devais-je croire cet homme sur parole? Je ne le connaissais ni d'Eve ni d'Adam. Pourtant sa peine était réelle et elle me touchait. Je n'arrivais pas à imaginer sa douleur.
-Jacob ?
Mon père me fixa avec insistance.
-Comment va-t-elle ?
-Ça peut aller.
Je regardais Nina boire son jus de pomme et continuai à avaler mon sandwich. Comment lui dire les choses ? Lui mentir ne me plaisait pas.
-Vous avez fait quoi ce matin ? Changeai-je de sujet.
-On a été à la plage. J'ai bien obéi à papi et je suis restée loin de l'eau. C'est très magnifique la mer.
-C'était bien alors ?
-Oui, super, j'ai ramassé des cailloux trop bien.
-C'était des galets, corrigea mon père.
-Tu as prévu quoi pour elle cette après-midi.
-Une petite sieste en attendant l'arrivée de Noah. Ils vont prendre leur goûter ensemble.
-Leah va passer ?
-Oui, elle est venue ce matin m'annoncer que Jared avait rejoint le groupe.
Nina picorait sa pomme l'air de rien. Elle chantonna en même temps. Elle se retrouvait au milieu de phénomènes étranges, mais heureusement, elle ne s'en rendait pas compte. Je ferai en sorte que ça continue.
-Je pensais que ce serait Paul le suivant.
-Oui moi aussi. En fait, il y a un souci avec lui, mais Leah n'a pas voulu m'en parler.
-Je lui demanderai, nous avons encore des liens d'amitié.
-C'est bien. Je lui ai dit que t'avais une bonne raison de ne pas avoir été disponible hier soir et que tu allais lui expliquer.
-Dispo pour quoi ? M'alarmai-je.
-Un élément perturbateur, ils ont dû intervenir et il y a eu une altercation.
-Merde !
-Papa ! C'est vilain !
-Pardon ma puce.
-Tu es puni !
Je pris un air contrit, elle rit et vint me faire un câlin. J'observai mon père. Il semblait subitement tendu. J'avais plein de questions, mais il fallait que je prenne mon mal en patience.
-Du coup cela remet en question l'élargissement du traité, continua mon père.
-C'est quand déjà ?
-Ce soir.
Mon sang ne fit qu'un tour.
-Il faut le reporter.
Nina s'écarta de moi et fronça les sourcils.
-Pourquoi tu cries ?
-Je suis un peu contrarié.
-Tu es fâché ?
-Un peu…
-On trouvera une solution pour les garder loin de ma princesse, mais il faut que nous réglions ça avec eux en urgence alors autant que ce soit ce soir.
-Je m'oppose à élargir ce traité. Pour moi, s'il pouvait être révoqué, ce serait parfait.
-Ce n'est pas à toi d'en décider ! Dit-il d'un ton sans réplique. Tu viens ma douce on rentre se reposer.
Elle s'éloigna de moi et monta sur les genoux de mon père.
-Je suis fatiguée.
-Attendez, je vais vous ramener.
Je me levai pour chercher mes clés quand on frappa.
-Oui ?
Alice passa sa tête dans l'embrasure.
-Il y a quelqu'un qui vous demande.
POV BELLA SWAN
J'assistais, concentrée, aux explications du médecin légiste. Elle nous éclaira tout d'abord sur le rapport d'analyse. Elle avait disposé des photos sur le bureau de Charlie : il s'agissait de la victime et de différentes parties de son corps. J'eus du mal à observer les photos tellement elles me semblaient impersonnelles, un peu comme si nous observions un quelconque objet.
-Je vais vous expliquer tout ça en termes clairs : donc la victime est un jeune homme de type caucasien, âgé de dix-huit ans et trois mois, mesurant un mètre soixante-quatorze pour soixante-neuf kilogrammes. Il présente une première blessure située au niveau du cou. Les plaies sont de formes anarchiques et font douze millimètres de profondeur. La deuxième blessure…
-Pardon ? La coupai-je. Comment ça : « la deuxième blessure » ?
-Oui, reprit-elle. La victime présente aussi la marque d'un coup porté à la tête avec un objet contondant.
-Vous voulez dire… ? Commença Charlie.
-Qu'il a été frappé mortellement bien avant la blessure au cou qui a été faite post-mortem. La présence de tout ce sang s'explique par les deux blessures.
Je restai perplexe, tout comme mon père et Malone. Elle poursuivit.
-Le point d'impact est situé au niveau de l'occiput.
Elle nous montra un point juste au-dessus de la nuque. Un point béant et sanguinolent.
-Il a donc été frappé par derrière ? Remarqua Charlie.
-Oui. Il n'a pas vu son agresseur ou alors il lui faisait suffisamment confiance pour lui tourner le dos. La violence du coup porté lui a brisé la nuque. Il est mort immédiatement.
-Pourtant, il avait les yeux ouverts quand on l'a trouvé, s'étonna Charlie.
-Quelqu'un les lui a ouverts. Sûrement le meurtrier qui lui a ensuite perforé le coup avec un objet que nous n'avons pu identifier.
« Et pour cause », me dis-je en frissonnant.
-La violence de l'attaque me fait plus penser à un crime passionnel ou du moins à une réaction surdimensionnée d'une connaissance de la victime. Par ailleurs, nous avons trouvé des lésions antérieures.
-Comment ça ? Demanda Malone.
-Ce jeune homme subissait des maltraitances, lâcha-t-elle.
-Vous plaisantez ? M'exclamai-je.
-Il était quater-back de l'équipe de foot, il a dû se prendre des coups régulièrement, éclaira Charlie.
-Non, je parle bien de maltraitance. Ses os ont été fracturés à plusieurs reprises et ça ne correspond pas à des blessures dans l'exercice d'un sport. En faisant des recherches, nous avons trouvé des passages répétés aux urgences de la ville voisine de la vôtre.
-Vous voulez dire que ses parents le battaient ? Dit Charlie d'un ton plus que sceptique.
-Je ne sais pas, mais c'est possible.
-On ne peut pas accuser Reed Newton de maltraitance, c'est du délire ! S'énerva Charlie. De part cette constatation, vous supposez qu'il puisse être à l'origine de l'assassinat de son propre fils !
-Non, il y a un hic. Les fibres retrouvées sur son corps n'appartiennent pas à un membre de sa famille.
Soulagé, Charlie se détendit. Moi non.
-Et vous savez à qui appartiennent ces résidus ?
-Sous ses ongles, les résidus n'étaient pas humains. Les fibres correspondent à des cheveux blonds.
« Pas humains… »
-Blond comme son père, intervint Malone.
-Ou sa mère ? Rétorqua Charlie.
-Ce n'est pas elle je peux vous l'affirmer, intervins-je.
Victoria nous ignora et continua.
-Les analyses toxicologiques ne révèlent rien de particulier, il y a par contre des traces d'anxiolytiques.
Je n'eus pas le temps d'intervenir sur ce point…
-L'analyse du contenu de son estomac, poursuivit-elle, ne révèle pas grand-chose non plus, il n'avait pas mangé dans les huit dernières heures précédant sa mort.
-C'était quelqu'un qui n'était pas si heureux que ça apparemment, constata Charlie.
-Il faut aller interroger à nouveau les Newton, déclara Malone.
J'approuvai, Charlie, lui, était réticent, c'était évident. Il se perdit dans ses pensées puis se frotta le menton.
-Ok. Mais c'est moi qui procède à cet entretien. Malone tu viendras avec moi. Maintenant, laissez-nous !
Je sortis avec Malone, encore sous le choc des révélations de Victoria. À peine sortie, j'aperçus Edward qui se redressa en me voyant. Que faisait-il ici ? Je m'approchai de lui pour avoir des réponses. Il fronça les sourcils en regardant vers Malone.
-Edward, il y a un problème ?
-Il faut que je te parle.
POV EDWARD MASEN
Agacé par les pensées de son collègue, j'eus du mal à faire abstraction de lui pour en revenir à Bella. J'avais appris des infos complémentaires à celles que j'avais déjà en écoutant une partie de leur discussion. Nous nous éloignâmes hors du poste à l'abri des oreilles indiscrètes, je bousculai au passage son collègue qui me fusilla du regard. Il nous regarda partir avec dépit, j'en ressentis une certaine satisfaction. Une fois à l'air libre, Bella respira un bon coup. Elle semblait soucieuse et fatiguée.
-Ça va Bella ?
-Edward tu crois que j'ai le temps là ! S'agaça-t-elle. D'abord qu'est-ce que tu fais ici ? Tu n'as pas de travail ?
-J'ai été suspendu, lui révélai-je d'un ton amer.
Elle se radoucit.
-Je suis désolée.
-Ne t'en fais pas pour moi, j'ai connu pire.
-On va te sortir de là, me promit-elle, confiante.
-Je sais que vous êtes proches de trouver l'assassin.
-Comment tu… ? Question stupide.
-J'ai, par contre, des éléments qui pourraient vous aider.
-Dis m'en plus, s'anima-t-elle.
-J'ai un témoin, il a vu ce qui s'est passé.
Elle bondit comme un ressort tandis que je lui racontais ce que je savais. Elle grimaça.
-C'est horrible !
-Je sais.
-Il est bon comédien, cracha-t-elle, dégoûtée.
-Comment ça ?
-Quand il a vu son fils au sol, il semblait anéanti.
-J'ai perçu aussi sa douleur…quoiqu'en fin de compte ça aurait pu être n'importe qui d'autre présent sur les lieux.
-Qui ?
-Quelqu'un qui aimait vraiment Mike Newton.
-Ton témoin il peut témoigner?
-C'est un vampire et pas le meilleur qui soit.
-Mince...tant pis, de toute façon, on va le coincer.
-J'espère.
-Pourquoi ? Pourquoi il a tué son fils ?
Je n'eus pas le temps de lui répondre que son collègue arriva, l'air faussement préoccupé.
-Malone ?
Elle perçut son faux mal-être.
-Jeff ? Qu'est-ce qu'il y a ?
« Jeff… » Hum…
- Je devais raccompagner Mlle Sutherland avec Lewis, mais il s'en va pour une autre affaire. Ça t'embête de venir avec moi ?
-Pas besoin d'être deux pour ça, l'agressai-je.
Bella me lança un regard insistant.
-Pas de soucis.
-Dis-moi quand tu es prête ?
-J'ai bientôt fini.
Il s'éloigna, triomphant.
-Méfie-toi de lui.
-Si tu as des choses à me dire, dis-les-moi Edward.
- Il te convoite.
Surprise au départ, elle éclata de rire.
-Si ce n'est que ça, je saurai faire avec.
-Oui, mais…
-Ça suffit Edward ! Laisse-moi travailler !
Elle me tourna le dos et s'en alla.
-Ce n'est pas le seul dont tu devrais te méfier, lui lançai-je malgré moi.
Elle s'arrêta et me fit face.
-Exprime le fond de ta pensée.
-Il n'a pas passé la nuit chez son père hier soir.
Elle se figea.
-Ça s'est peut-être mal passé, ils sont sûrement rentrés à Port Angeles.
-Non sa fille est restée chez son grand-père.
-Comment tu le sais ?
-On a eu une altercation avec les loups hier soir, expliquai-je d'un ton plus bas.
Stressée elle se rapprocha.
-Et ?
-Pas de casse, mais c'était limite.
Je préférai ne pas lui parler d'Emmett.
-Son absence a créé des tensions dans leur groupe, il semble qu'il lui soit coutumier de ne pas être présent quand il le faut.
À son visage, je compris à quel point elle était affectée par ce que je venais de lui dire. Elle l'aimait donc, c'était trop tard ! Elle serra les poings.
-Tu m'avais dit de te tenir informée, me justifiai-je.
-Je sais, merci.
Elle s'en alla vers le poste d'un pas raide, elle y entra et une jeune femme en sortit au même moment. Elle sortit son portable pour passer un appel. Un appel professionnel. Intrigué je ne pus m'empêcher d'écouter. Elle raccrocha ensuite et s'approcha interrogative.
-Nous nous connaissons, n'est-ce pas ?
Elle me décocha un sourire engageant.
-Non.
Pourtant elle y croyait vraiment. Je la détaillai donc avec attention. Effectivement, elle me rappelait quelqu'un. Faisant travailler ma mémoire, je m'aperçus que je me sentais soudainement moins tendu, sa simple présence était apaisante. Perplexe, je ne sus qu'en penser.
-Victoria !
Elle se tourna vers la voix impatiente qui l'appelait. C'était Bella.
-Pourriez-vous venir ? Le Chef veut vous voir encore quelques minutes.
-D'accord.
Elle me fit un signe d'adieu et s'en alla d'un pas vif et assuré. Je n'avais pas fait attention, mais elle était très jolie. Un sourire étonné me détendit tout le visage.
POV VICTORIA SUTHERLAND
Je sortis passer un appel important au sujet d'une autre affaire en cours. Je donnais mes instructions à mon assistant quand je perçus que l'on m'observait. En raccrochant, j'allais vers celui qui me détaillait discrètement. Son visage m'était familier. Je cherchais juste à savoir où je l'avais rencontré quand l'officier Swan me convoqua.
Après avoir refait un point avec le chef Swan, je fus fin prête à partir. Mon travail fait, je devais retourner m'occuper d'autres autopsies. J'étais venue à Forks sous l'insistance de l'Inspecteur médical en chef. En effet, cette affaire était sensible et il m'avait recommandé d'être la plus précise possible afin de permettre d'élucider cette affaire sans bavure. J'avais donc pris un des hélicos de l'hôpital qui m'avait posée non loin d'ici dans une ville voisine et j'avais fait le reste en taxi. J'avais reçu un accueil très chaleureux, c'était inhabituel. Je déclenchai en général de l'hostilité ou de la méfiance. Une chose cependant m'avait interpelée : !'officier Swan paraissait très affectée par cette affaire. Pourquoi ? Là était la question.
Je la suivis vers son véhicule quand son collègue nous interpella.
-Attends Swan, j'arrive !
-Je vais la conduire à l'hélico moi-même, Malone, lui répondit-elle un peu sèchement.
-Mais…
-C'est pas le jour, alors lâche-moi la grappe tu veux et cours après quelqu'un d'autre !
Il rougit et bafouilla je ne sais quoi. Bella ne lui laissa pas le temps de répliquer, elle monta dans la voiture et démarra brusquement.
-Voilà qui est envoyé ! Lui fis-je remarquer.
Elle soupira, mais ne dit rien. Après quelques minutes, je tentai de renouer le contact.
-Je mangerais bien un morceau.
-Il y a un café pas loin, on peut y prendre un sandwich si vous voulez ?
-Très bien.
Une demi-heure plus tard, nous avions repris la route. Je dégustai mon sandwich, mais elle, elle ne put rien avaler.
-Vous êtes encore contrariée ?
-Je suis navrée, je ne me montre pas très professionnelle.
-Ne vous en faites pas pour ça. Mais si ça ne va pas, il faut crever l'abcès.
-Vous avez raison.
Elle fit brusquement demi-tour et roula rapidement.
-Où va-t-on ?
-Je vais crever l'abcès.
Elle se gara dans un petit parking et me demanda de patienter un instant. Je continuai à manger mon sandwich au thon et sortis un livre de poche de mon sac à main. J'allais enfin pouvoir terminer « In tenebris », le deuxième volet de la trilogie du mal de Maxime Chattam, un écrivain français que je venais seulement de découvrir. Un pur délice…
Plongée, dans ma lecture je ne me rendis pas compte tout de suite des éclats de voix. Je fis descendre la vitre.
-Je croyais que tu devais rester chez ton père avec ta fille ?
Je reconnus la voix de Bella Swan.
-Je n'ai pas à me justifier, répondit une voix d'homme.
-Tu m'as menti.
-Ne dis pas de sottises.
-Arrête de me prendre pour une gamine !
-Ta réaction est puérile !
Il semblait un peu plus âgé. La trentaine peut-être…
-Tu étais où ?
Elle ne devrait pas insister.
-Ça ne te regarde pas, tu n'as pas à m'espionner !
-Je ne t'ai pas espionné, je l'ai su par hasard !
-Laisse-moi deviner… ton soi-disant ex s'est fait un plaisir de jouer les espions en plus de s'attaquer à nous !
De quoi parlait-il ?
-Nous ? Tu n'étais même pas là pour les aider, à croire que c'est récurrent chez toi cette manie de tout esquiver !
Il y eut un blanc. J'étais à fond dedans. J'aurais aimé voir la scène de mes yeux. Bella avait un caractère volcanique. J'aimais ça.
-Je dois y retourner, mon père est là avec Nina, dit-il d'une voix monocorde.
Il était furieux, c'est sûr.
-Tu passeras ce soir ?
-Non.
Je me sentis mal pour elle.
-Tu crois que c'est juste ce que tu fais ? Tu m'avais dit que ce n'était pas un jeu, pourtant tu joues avec mes sentiments.
-Je ne t'ai rien promis.
-C'est trop facile !
-Tu exagères !
-Non ! Cette situation me tue ! Je t'aime comme une folle et toi tu t'en fous ! Ne t'avise plus de remettre les pieds chez moi !
Je l'entendis revenir et fis semblant de me replonger dans mon livre. Elle entra brutalement et claqua la portière.
-Vous voulez en parler ?
-Merci du conseil !
Surprise qu'elle se retourne contre moi je ne dis rien sur le coup. Elle démarra et nous partîmes sans un mot. Elle fixait la route comme une automate. Je tentai de lui détourner l'esprit.
-Le beau jeune homme qui attendait près du Poste vous le connaissez ?
-Edward ? Oui c'est mon ami.
-Et le fameux ex ?
-Qui vous a dit que c'était mon ex ?
Mince ! Je ne pouvais pas me taire !
-Je suis désolée de vous avoir épiée. Il y avait des cris, je me suis inquiétée.
-Je suis stupide, je tombe toujours mal. Je n'ai pas de chance avec les mecs.
-On passe toutes par là. Vous auriez dû éviter de lui dire que vous l'aimiez.
-Je sais, mais j'avais besoin de le lui dire au moins une fois, car je sais que je n'en aurais plus l'occasion désormais.
Nous étions sorties de la ville, il n'y avait plus que du bois. Le paysage était sympa malgré le temps gris.
-Dans combien de temps l'hélico arrive ?
-Vers treize heures trente, lui précisai-je.
- Et merde, nous allons être en retard.
Elle accéléra.
-Pas la peine de faire un accident, lui reprochai-je. Le pilote attendra.
À peine les mots sortirent de ma bouche que Bella poussa un cri tout en freinant brutalement. Stressée, je regardais comme elle vers la route et vit un grand balaise debout devant la voiture. Il eut un horrible rictus montrant des dents acérées. Bella tenta de reculer, mais il bloqua le véhicule. Abasourdie, je le vis mettre un coup de poing dans le capot qui s'écrasa comme du papier. J'hurlai, Bella sortit son arme. Il souleva alors le véhicule sous mes yeux éberlués. Je nous sentis projetées vers la forêt. Bella se cogna la tête et perdit connaissance. Le cœur tambourinant, je le vis approcher alors que je tentai désespérément de m'enfuir en décrochant ma ceinture de sécurité. Il se pencha vers moi et c'est là que je vis ses yeux rouges. Il fracassa ma vitre, je me baissai tant bien que mal pour éviter les bris de verre. Il me prit alors par le cou d'une main anormalement glacée et m'extirpa violemment hors du véhicule, me blessant au passage. L'atterrissage sur le sol fut douloureux aussi. Malgré tout, je persistai à lui échapper. Il ricana devant ma tentative. Je m'écroulai à nouveau, la cheville foulée. Il m'empoigna cette fois par les cheveux et m'obligea à le regarder. Sa main glacée me tétanisa.
-Qu'est-ce que vous me voulez ? Lâchez-moi ! Hurlai-je, hystérique.
Je ne pus ajouter quoi que ce soit, car il planta ses dents dans ma gorge.
Quels sont vos pronostics pour la suite ?
Révisé le 09/11/15
