Bonjour à toutes et à tous !

Et oui, vous ne rêvez pas ! Me revoilà ! Et cette fois pour de bon je l'espère !

Je ne vais pas chercher d'excuse, nous dirons simplement que parfois la vie fait que !

Je tiens tout de même à vous dire que je ne posterai pas tous les jours, contrairement à ce que je faisais pour mes autres fics, car je n'ai tout simplement plus le temps. Je vais tenter de garder le rythme d'une suite par semaine !

Je tiens également à vous remercier pour vos reviews, mp, mises en alertes et favoris malgré mon absence !

Assez de blablas, place à la suite !


Chapitre 14

Je n'avais presque pas dormi cette nuit là. Je n'avais eu de cesse de repenser à Cullen. Pour une fois, mes nuits n'avaient pas été faites de cauchemars en tout genre. Je m'étais refait le film de notre séance de la veille, le revoyais debout face à moi, arborant ce visage déterminé, plein de hargne.

Il était 6 h 00 et déjà, j'étais installée dans la salle café du service en train de rédiger un rapport complet sur les progrès d'Edward. Comme toujours, nous avions une réunion de transmissions prévue avant la prise effective du service du matin. Ce jour là, en plus des informations habituelles, nous devions parler plus spécifiquement de la rééducation des patients, surtout de celle de Cullen. Jared avait tenu à y participer, nous informant qu'il avait des nouvelles importantes à nous communiquer.

J'étais donc là, buvant mon septième café de la matinée, jubilant d'avance à l'idée de pouvoir exposer notre miracle de la veille.

- Salut ma belle ! Déjà là ?

- Non Jared. Je ne suis pas là, et tu n'es pas en train de me parler. Tu es victime d'hallucinations visuelles et auditives. Tu devrais consulter, répondis-je sur un ton monocorde, sans même prendre la peine de relever la tête.

- Très drôle ! soupira-t-il. Ça tombe bien que tu sois venue en avance, je voulais te parler.

- Ok. Je remplace qui et quand ? devançai-je.

- Alors selon toi, lorsque je viens te parler c'est uniquement dans un but intéressé ? s'offusqua-t-il.

- La plupart du temps oui, rétorquai-je.

Il s'installa à mes côtés, me dévisagea avec un sourire niai. Je me reculai instinctivement. Je ne le connaissais que trop bien et savais exactement ce qu'il s'apprêtait à faire.

- Non Jared ! Je te déconseille fortement de faire ça ! menaçai-je.

- Calme-toi Bella ! N'y vois rien de mal ! Ça m'ennuie que tu restes sur une mauvaise impression …

Je me levai de mon siège et commençai à ranger mes papiers, bien décidée à couper court à cette conversation qui ne menait nul part et qui finirait, comme à chaque fois, par m'agacer au plus haut point.

- Tu sais Jared, je ne comprends vraiment pas pourquoi tu insistes bêtement ! Ça fait deux ans que tu bosses ici et ça fait deux ans que je t'envoie bouler à chaque tentative d'approche ! Qu'est-ce que tu ne comprends pas lorsque je te dis que je ne veux pas de toi ?

- Je voudrais juste t'inviter à dîner.

- Je ne mélange pas travail et vie privée.

- Je sais ça ! Mais arrête de voir le mauvais côté des choses ! J'ai juste envie de passer une soirée avec toi en dehors de ces murs. Qu'on puisse parler calmement. Tu sais que je t'apprécie beaucoup.

- C'est gentil Jared. Mais on a déjà eu cette conversation au moins un millier de fois ! Je ne veux pas sortir. Je ne mélange pas vie privée et vie professionnelle, répétai-je.

- Je te propose ça en toute amitié, se sentit-il obligé de préciser.

- Je n'envisageais pas les choses autrement, ironisai-je.

J'avais le droit à ce genre de scène environ une fois par mois depuis deux ans. Cela finissait toujours de la même façon. Je rembarrais Jared, il partait fâché et je me retrouvais avec une montagne de travail et des petites remarques acerbes ou autres coups tordus en guise de petites vengeances. J'allais donc devoir être aux aguets durant les prochains jours.

Je quittai la salle de repos pour me diriger vers le bureau infirmier où allait se tenir la réunion. Je posai le dossier d'Edward puis feuilletai les transmissions de nuit en attendant mes collègues.

Elles arrivèrent une à une, Jared prit place et nous débutâmes notre réunion.

Je n'écoutais qu'à moitié, je connaissais déjà les informations et consignes que notre chef donnait et n'avais rien à y ajouter. Mes pensées étaient ailleurs. En salle de rééducation, dans la chambre 256, dans la piscine de l'établissement, partout où je revoyais Edward.

Je n'arrivais pas à cerner les choses, je ne comprenais pas pourquoi je n'avais de cesse de penser à lui. Était-ce simplement car il représentait mon plus gros défi depuis mon choix de carrière ? Était-ce uniquement professionnel ? Était-ce parce que, inconsciemment, je pouvais m'identifier à lui ? A ce qu'il pouvait ressentir ? Ou était-ce simplement pour lui ? Pour la personne qu'il était ?

Mes méthodes étaient plus que particulières, il fallait le reconnaître, mais tout était différent avec Cullen. Jamais je n'avais été aussi violente, aussi agressive. Et pourtant, jamais je n'avais été aussi fière. Jamais je n'avais ressenti autant de sympathie pour un patient. J'avais même dépassé le stade de la simple sympathie. Je le trouvais charmant, j'aimais le défier, j'aimais qu'il me tienne tête, j'aimais travailler avec lui, j'aimais être avec lui, tout simplement.

C'était mal, je le savais pertinemment. Je ne pouvais pas ressentir ça. Edward était un patient et je ne mélangeais pas vie privée et vie professionnelle. Pire encore, Edward était un patient marié.

- Bella tu te réveilles ? Me rabroua Jared.

Je me redressai vite, m'excusai en une grimace désolée.

- Ça va t'intéresser, nous allions parler de Monsieur Cullen !

Première remarque assassine d'une longue liste à venir. Je lui fis signe de poursuivre sans relever.

- Donc, Cullen. Ce n'est pas une surprise, ses résultats sont mauvais.

J'écoutais sans rien dire. Ces examens, je les avais vu. J'avais lu les comptes-rendus au moins une centaine de fois. Je ne comprenais pas. C'était impossible, illogique, incompatible avec les résultats que j'obtenais de lui lors des séances.

- Bella, je pense qu'il va falloir commencer à le préparer psychologiquement.

J'ouvris de grands yeux, eus l'impression de recevoir un coup en pleine poitrine. Non … Je ne pouvais pas. C'était au-dessus de mes forces.

- Ne lui dis pas, exigeai-je.

- Il a le droit de savoir ! contesta-t-il en me regardant, ahuri. Je ne vais pas lui cacher son état de santé !

- Ils ne sont pas logiques ces examens, protestai-je.

- Tu ne vas quand même pas remettre en doute …

- Bien sûr que je les remets en doutes puisque ces résultats sont faux ! Le coupai-je.

- Il sont justes et vérifiés, assura-t-il.

- Alors comment explique-tu les progrès qu'il a fait ? le défiai-je en tendant le dossier de Cullen. Regarde ! J'y détaille tout !

- Il ne remarchera pas Bella, soupira Jared.

- Bien sûr que si ! insistai-je. Regarde les résultats !

- Je les ai sous les yeux. J'ai beau chercher, je ne vois que le fruit d'une bonne rééducation. Il a retrouvé de la mobilité et de la motricité mais ça s'arrête là, tempéra-t-il.

- Non !

- Tu sais que si, Bella. C'est impossible. C'est physiquement impossible. Il ne remarchera jamais.

- Mais, non ! m'indignai-je.

Cette fois il perdit son calme. Massant ses tempes, il essaya de me raisonner.

- Arrête ça tout de suite Bella. Ouvre les yeux bon sang ! C'est impossible, il ne remarchera jamais !

- C'est ce qu'on me disait à moi aussi et pourtant je marche ! insistai-je d'une voix tremblante, oubliant nos autres collègues qui, habituées à nos querelles, quittaient déjà la pièce.

- Et à quel prix ? chuchota-t-il, attristé.

- Ça n'a rien à voir Jared.

- Ça a tout à voir au contraire ! Tu ne le sauveras pas. Arrête de t'imposer des challenges comme ça. Tu te fais du mal.

Je ne pouvais pas croire qu'il nie encore l'évidence. Je n'acceptais pas qu'il fasse le lien avec ma propre histoire, même s'il avait probablement raison. Mon cœur s'emporta, mes larmes menacèrent.

- J'y arriverai.

- Les miracles n'existent pas Bella. Rends-toi à l'évidence. Tu t'acharnes pour rien et tu lui fais du mal. Tu sais depuis le début que c'est peine perdue.

- Je te dis que non ! Je travaille avec lui, je le vois faire, je le vois évoluer ! Ce … C'est impossible il y a forcément une erreur quelque part !

Ma voix s'était faite suppliante, plus que je ne l'aurais voulu. Je voulais y croire, j'en étais de toute façon persuadée. Il y avait une erreur, rien n'était logique.

Jared baissa les bras. Il avait l'air désolé. Mes larmes avaient été plus fortes, mes joues étaient inondées. Il s'approcha lentement, parla d'une voix douce, pleine de compassion. Je détestais ça.

- Ce n'est plus possible Bella. Il faut arrêter ça. Je vais te faire muter dans un service moins difficile pour toi.

- Non Jared ! T'as pas le droit de faire ça ! m'étranglai-je.

- Je le fais pour toi. Tu es en train de te détruire. Tu fais de chaque cas une histoire personnelle …

- Mon boulot c'est toute ma vie … murmurai-je la gorge serrée.

- Justement, ça l'est beaucoup trop. Passe à autre chose Bella. Ton acharnement et ta culpabilité ne changeront rien aux faits. Il faut que tu te sortes de tout ça.

- Tu sais très bien que je suis la meilleure dans ce domaine, lui rappelai-je en balayant mes larmes d'un revers de main.

- Encore une fois, à quel prix ? En tant que professionnelle, bien sûr que je tiens à te garder, mais là c'est l'ami qui parle. Je m'inquiète pour toi Bella. Tu ne peux pas continuer, ce n'est pas sain. Ça devient même dangereux.

- J'en ai besoin Jared … le suppliai-je presque.

- Tu as besoin de vivre autre chose. Il n'y a pas de compromis possible. Je te change de clinique.

- Tu essayes encore de te débarrasser de moi, constatai-je, amère.

- Pas du tout, réfuta-t-il.

- Bien sûr que si !

Il ne releva pas, se contenta de soupirer avant de reprendre de sa voix calme et pleine de pitié.

- Tu termines les séances prévues avec Cullen et ensuite tu arrêtes.

- J'ai encore beaucoup de travail avec lui, précisai-je.

- Non Bella, on ne va pas repartir sur ce débat.

- Je te prouverai que tu as tort, ripostai-je.

- Je ne te laisserai pas te casser les dents et donner de faux espoirs à cet homme.

- Pourtant je …

- Tu voudrais y arriver, me coupa-t-il. Je le comprends, mais le fait est que c'est impossible.

Je ne dis plus rien. Je me sentis mal, vide, perdue. Je ne pouvais pas l'accepter, je ne pouvais pas abandonner. Je ne pouvais pas subir ça.

- Essaye de penser de façon logique Bella.

J'étais toujours incapable de parler. Je ne parvenais toujours pas à y croire, je ne pouvais pas accepter. Sans réfléchir, je me levai de mon siège. Il fallait que je sorte. J'actionnai la poignée et tentai une dernière chance en levant les yeux vers Jared.

- Je ne te demanderai qu'une chose … Et je partirai sans broncher.

- Je t'écoute.

- J'ai besoin d'encore quelques séances.

- Celles qui sont prévues, il n'y en aura pas d'autre.

- Ok, abdiquai-je. Mais, laisse-moi lui annoncer …


Comme toujours, n'hésitez pas à me laisser vos impressions et à me faire part de vos interrogations, spéculations et autres !