Titre : Cher Spock

Titre original : Dear Spock/Beautiful

Lien vers la fic originale : dans mon profil

Auteure : MissCar

Traductrice : falyla

Paring : Jim Kirk/Spock Nyota Uhura/Bones Leonard McCoy

Rating : M

Etat de fic originel : terminée (32 chapitres)

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de StarTrek (reboot 2009), l'intrigue est à Miss Car avec son aimable autorisation. Seule la traduction est à moi.

Warning : Homophobes, s'abstenir. Cette fic est un yaoï. Cela signfie qu'elle parle de relations homosexuelles entre deux hommes. Si vous ne supportez pas cette idée, passez votre chemin, cette histoire n'est pas pour vous. Tous les autres, lecteurs avertis ou simples curieux, vous êtes les bienvenus.

Résumé : Parfois il paraît plus simple d'exprimer ce qu'on ressent pour une personne dans une lettre qu'elle ne lira jamais. Malheureusement, les choses ne se passent jamais comme elles devraient…

Le chapitre 13, ci-dessous, il coïncide avec les événements qui se produisent avant la seconde lettre

Bonne lecture.

Cher Spock/Beautiful

Chapitre 13 – Je suis désolé pour beaucoup de choses même si je trouve les excuses illogiques (1ère partie)

Son idée de tout révéler à Jim à propos de la lettre de la nuit précédente ne fonctionna pas comme prévu. Premièrement, Jim ne réitéra pas son invitation cet après-midi-là comme il l'avait présumé. Ce n'était pas nécessairement parce que Jim ne voulait pas passer l'heure du repas avec Spock à cause de leur dispute sur la passerelle pendant la première moitié de leur service. Cependant, Spock aurait compris si ça avait été le cas.

Un amiral à l'esprit borné – que même Spock trouvait désagréable - induisit un problème de programmation. À cause des exigences irréalistes dudit individu, le capitaine n'avait eu d'autres choix que de travailler pendant l'heure du repas à son grand déplaisir. La réaction de James face à cet amiral était ce qui avait déclanché leur dispute du matin, même si Spock essayait de toutes ses forces de ne pas réprimander son capitaine devant tout le monde. Après que Jim eut employé plusieurs jurons pour qualifier ce membre de l'Amirauté, incluant de multiples synonymes peu flatteurs pour les organes génitaux masculins devant tout l'équipage, Spock n'avait pu rester silencieux plus longtemps.

Même s'il trouvait que cet amiral en particulier était aussi narcissique que xénophobe, Spock savait qu'il valait mieux de ne pas clamer ses opinions à haute voix. Les paroles du capitaine étaient une violation directe de la régulation de Starfleet 3.34.1D. On pouvait ne pas respecter la personne responsable mais il était impératif de respecter son grade. Au moins ça.

Lorsque Spock le fit remarquer à son capitaine, James le traita d'hypocrite puis partit dans une tirade explosive qui dura 3,3 minutes sur le comportement que Spock avait eu un peu plus tôt. Spock sentit qu'il n'avait d'autres choix que se défendre et répondit sur le même ton. La dispute se prolongea jusqu'à que Nyota les menace que les renvoyer dans leurs quartiers, privés de dessert.

- Si vous vous comportez comme des enfants de cinq ans sur la passerelle, alors vous serez punis comme tels.

Comme tout le monde riait du commentaire de Nyota, Spock retourna à son poste en réalisant à quel point il sapait l'autorité de son capitaine sans réel effort. Il ne put s'empêcher de repenser aux mots de James dans sa lettre. Ce n'était pas étonnant que son capitaine pense qu'il le méprisait, alors que rien n'était plus éloigné de la vérité.

Pour faire amende honorable, Spock envisagea d'assister James dans ses devoirs de dernière minute mais Nyota l'arracha littéralement à la passerelle parce qu'il fallait qu'ils parlent. Spock détestait cette phrase mais ne put que la suivre quand son capitaine lui ordonna de passer du temps avec sa petite amie.

- Pourquoi faut-il que nous parlions ? s'enquit Spock une fois qu'ils eurent quitté la passerelle pour se retrouver seuls dans le couloir.

- Primo, je n'ai pas confiance. Notre capitaine et toi, presque seuls sur la passerelle pendant une heure, juste après votre dernière petite dispute. L'intendante personnelle de Jim et Chekhov n'ont pas la moindre foutue chance de vous séparer si tu finis par craquer. Et je n'ai vraiment aucune envie de retrouver mon poste de travail recouvert de sang rouge et vert, ajouta-t-elle en plaisantant mais Spock ne trouva pas ça drôle.

- Je n'ai jamais physiquement attaqué mon capitaine.

Nyota le dévisagea, médusée.

- Il n'était pas mon capitaine au moment de cet incident, précisa-t-il en voyant son expression.

- En fait, je t'ai vu essayer de le tuer il y a huit semaines. Ça compte, à moins que tu ne donnes dans l'asphyxie érotique.

Spock ne se mit pas tousser à cause de ses paroles mais plutôt à cause de la poussière du couloir et le lui dit quand elle s'enquit de sa santé. Il allait faire une note de service afin que le système de filtration soit vérifié.

- Ce n'est pas parce que tu as rompu avec moi pour la plus ridicule des raisons que je veux que tu finisses sur une planète prison de la Fédération accusé de meurtre sur notre capitaine. Vous deux, vous avez besoin d'être séparés maintenant.

Il détecta instantanément la colère dans sa voix, tout comme son sérieux. Est-ce que le comportement de Jim et le sien était si préjudiciable pour l'unité de l'équipage ? Même Nyota ne lui faisait pas confiance lorsque Jim était dans les parages et elle était la personne sur ce vaisseau qui le connaissait le mieux. Spock n'eut pas le temps de méditer ou de commenter ce fait car elle poursuivit :

- Il est trop doué, il sait exactement sur quels boutons appuyer avec toi. Et oui, je parle métaphoriquement. Tu sais que la moitié de l'équipage est en train de parier sur le moment où tu vas le tuer ? l'informa Nyota en le guidant vers un ascenseur différent de celui où elle l'avait embrassé la première fois des semaines auparavant.

- Je doute sincèrement que beaucoup de membres d'équipage violeraient le règlement 12.3.7b de Starfleet, rétorqua Spock aussi sèchement que possible tandis qu'il appuyait sur le bouton de l'ascenseur.

- Oh, ils le font. Crois-moi sur parole. Et l'autre moitié parie sur le moment où vous allez coucher ensemble. Apparemment, ils croient à cette rumeur d'asphyxie érotique.

Si Spock percuta accidentellement la porte de l'ascenseur à ce moment-là, ce fut parce que la porte s'ouvrit 1,2 seconde plus tard qu'il ne l'avait anticipé. Ce rarissime manque de coordination n'avait absolument rien à voir avec le commentaire précédent de Nyota et il le lui dit lorsqu'elle s'enquit de sa santé une nouvelle fois tandis qu'ils entraient dans l'ascenseur. Il se demanda pourquoi elle souriait.

- Quelle est ton autre explication pour me forcer à déjeuner avec toi alors que j'avais demandé que notre relation redevienne platonique ? questionna Spock tandis que l'ascenseur s'arrêtait.

- Tu penses vraiment que je vais croire cette justification totalement ridicule que tu m'as servie hier pour mettre un terme à notre relation ? Tu penses que je suis complètement idiote ? Toi et moi, on sait très bien que la politique de Starfleet concernant la fraternisation ne vaut même pas le papier sur lequel elle est imprimée, répliqua-t-elle en le gratifiant d'un regard glacial.

- Tu es l'une des femmes les plus intelligentes qu'il m'ait été donné de rencontrer. Starfleet n'a jamais imprimé aucun de ses règlements sur papier parce que ce serait gâcher une précieuse ressource, lui répondit-il avec honnêteté, espérant que ça l'apaiserait, avant d'employer l'humour pour détourner son agacement.

- Au vu de ton affirmation, je me sens un tout petit peu moins en colère contre toi. Cependant, si tu pouvais éviter les blagues jusqu'à ce que j'aie fini, ce serait bien, fit-elle en soupirant.

- Je ne plaisante pas, démentit-il.

Mais elle imita son haussement de sourcil qui était sa marque de fabrique et répliqua :

- Oh, que oui. J'ai besoin que tu sois franc avec moi pour une fois sans te cacher derrière tes faux-semblants vulcains. On a cinquante-deux minutes avant de devoir retourner sur la passerelle et je ne te laisserai pas quitter cet ascenseur tant que tu ne m'auras pas dit pourquoi tu as mis un terme à notre relation. Plusieurs membres de l'équipe d'ingénieurs m'adorent et feront tout ce que je leur demanderai, incluant le fait de t'empêcher d'échapper à cette conversation.

Spock savait que c'était vrai. Il était presque certain que le chef ingénieur avait le béguin pour elle. Il n'était pas inquiet, étant donné son rang, il pouvait outrepasser le programme.

- Annulation Commandant : bêta sept saccharose douze, indiqua rapidement Spock, refusant de lui dire quoi que ce soit.

S'il n'avait pas été Vulcain, il aurait souri triomphalement en articulant le code.

- Accès refusé. Code médical prioritaire en place, répondit l'ordinateur.

Il la fixa un long moment, une expression indéchiffrable sur le visage tandis qu'elle commençait à sourire.

- Ça ne va pas marcher. Je me suis également assurée que tu n'aurais absolument pas les ressources nécessaires pour reprogrammer l'ascenseur. C'est pourquoi je t'ai fait laisser ton PADD derrière toi. Mon QI est peut-être un tout petit moins élevé que le tien, mais je reste un génie. Je t'écoute, le pressa-t-elle, affichant une détermination telle qu'il ne l'avait vue que sur le visage de son capitaine jusqu'à présent.

- Certains pourraient considérer ça comme un acte d'insubordination, déclara-t-il en réprimant son envie de soupirer.

- Certains pourraient considérer ça comme une intervention. Pourquoi crois-tu que le code médical prioritaire est en place ? Le docteur McCoy et le psychologue du vaisseau sont aussi inquiets de ta santé que moi. Tout ça n'est pas parce que tu as rompu avec moi mais parce que tu repousses tout le monde. Je suis probablement la seule personne sur ce vaisseau qui a réalisé à quel point tu as été distant ces huit dernières semaines. Et n'accuse pas ta condition génétique parce qu'on sait tous les deux que ce n'est pas le cas. Je te connais depuis trois ans, même si tu as essayé de maintenir notre relation dans la salle de cours. Je ne t'ai jamais vu comme ça avant.

Son débit de paroles devint plus rapide, comme si elle tentait de refouler ses larmes mais elle poursuivit :

- La seule fois où tu as montré autre chose que du désintérêt, c'est quand tu t'es battu avec Jim sur la passerelle. Je pourrais, là, maintenant, envelopper ma main autour de ta queue que ton pouls ne changerait pas d'un iota. Je sais que tu te réveilles au milieu de la nuit en hurlant le nom de ta mère. Peut-être que je veux juste savoir ce qui t'arrive, merde.

À ce moment-là, sa frustration était si manifeste que quelques larmes roulèrent sur son visage.

- Je ne fais rien de tel après mes rêves.

Il vit soudain ce mystérieux sourire moqueur apparaître sur son visage, il contrastait avec les larmes survenues un peu plus tôt. Ce fut à ce moment qu'il se souvint que Nyota avait pris une option en psychologie pendant son premier cycle à l'académie. Elle pensait que comprendre pourquoi les individus se comportaient de la façon dont ils le faisaient améliorerait sa capacité à saisir certaines nuances de langages. Il se demanda s'il y avait plus que ça mais il ne l'avait jamais interrogée. Pourquoi avait-il le sentiment qu'il venait juste de se faire piéger, en plus d'être prisonnier de cet ascenseur ?

- De quoi rêves-tu alors ? lui demanda-t-elle avec impatience.

- Je préfère ne pas te le dire, répondit-il avec défiance.

Peu importe ce qu'elle voulait, il ne le lui donnerait pas. S'il ne s'en était pas ouvert alors qu'ils étaient en couple, il était totalement hors de question qu'il le fasse maintenant.

- D'accord. Alors pourquoi as-tu mis un terme à notre relation ?

Spock ne voulait pas non plus répondre à cette question mais il sentait qu'il lui devait au moins une explication par respect.

- Je ne ressens rien, lui avoua Spock en fixant le mur.

- C'est toi qui m'as dit que l'histoire des Vulcains qui ne ressentent aucune émotion n'était qu'un énorme mensonge. Je ne te crois pas. Je sais que tu ressens les émotions plus fort que n'importe quel humain, affirma-t-elle, son air résolu à nouveau en place.

- Je ne ressens rien du tout. Je n'ai presque plus rien ressenti depuis le jour où j'ai tout perdu, expliqua-t-il. Pas même quand j'étais avec toi. Je ne suis pas amoureux de toi. Je pense que je ne peux plus aimer quiconque désormais et ceci n'a rien à voir avec mon héritage vulcain. Ce n'est pas juste pour toi, ajouta-t-il à mi-voix.

- Je sais.

À cet instant, Spock fut incapable d'éviter d'afficher un air choqué.

- Rappelle-toi, je suis l'une des femmes les plus intelligentes que tu connais. Je savais ce que je faisais au moment où je t'ai embrassé la première fois. Tu es mon ami et je voulais juste faire disparaître ton chagrin. Tu avais l'air si perdu que je t'ai embrassé pour que tu ne te sentes pas seul, que tu saches que quelqu'un se souciait de toi. Ne te sens pas coupable parce que tu as accepté le réconfort que je t'ai offert volontairement.

Il repensa aux raisons qui l'avaient poussé à croire que la lettre de James n'était qu'un canular élaboré. Apparemment, Nyota n'était pas vraiment attirée par lui mais avait simplement couché avec lui comme le ferait un bon ami par devoir. Elle était principalement motivée par la pitié. Cette réalisation était douloureuse et le confortait dans son idée que personne ne voyait en lui un être séduisant. Les doutes se glissèrent une fois de plus dans son esprit et il commença à se demander si certains passages du mail accidentel de Jim étaient une plaisanterie, même si le reste était de nature authentique.

- Je ne ressens pas de culpabilité. La culpabilité est illogique parce qu'elle ne change pas le passé, lâcha-t-il sans la regarder.

- Plus de mensonges ! s'écria-t-elle.

Il pouvait d'après son expression qu'elle était très en colère.

- Je me sens coupable pour de nombreuses choses.

Incluant le fait de l'avoir laissé tomber mais il ne voulait le dire à haute voix.

- Pour la mort de ta mère ? demanda-t-elle plus comme une question que comme un état de fait.

- Je ne comprends pas pourquoi tu mentionnes ça, fit Spock en feignant délibérément l'ignorance.

- Est-ce que tu t'accuses de sa mort ? clarifia-t-elle d'une voix calme.

Mais il ne répondit pas. Ne la regarda pas.

- Ton silence ne révèle tout ce que je veux savoir. Ce qui est arrivé n'est pas ta faute. Tu rêves de ça ? le questionna encore Nyota en prenant sa joue en coupe.

Il la repoussa. Spock ne pouvait pas gérer les émotions qui irradiaient de son attouchement. Il ressentait un mélange d'inquiétude, de frustration, de tristesse et de pitié, sentiment qu'il avait méprisé la plupart de son existence.

- Je ne veux pas parler de mes rêves, fit-il, incapable de masquer l'irritation de sa voix.

- C'est bon, répondit-elle en reculant physiquement. Je pense que c'est assez pour un seul jour. On devrait probablement aller manger parce que je sais de façon certaine que tu as manqué le petit-déjeuner ce matin et que tu n'as rien mangé hier soir non plus, excepté deux bouchées de laitue. Ordinateur, redémarrez l'ascenseur. Autorisation de code : bêta neuf Nairobi quinze.

L'ascenseur se mit en marche à son commandement.

- Nous déjeunons toujours ensemble ? s'enquit-il, interloqué.

- C'est le moyen qui m'assure à 100% que tu manges vraiment, lui avoua-t-elle franchement en soupirant.

Était-ce un autre exemple de sa pitié ? Il détestait la fausse pitié. Cependant, elle semblait sincère. Il savait qu'elle s'inquiétait pour lui, il l'avait su lors de leur bref contact physique. Mais une fois encore, elle paraissait sincère lorsqu'elle s'était engagée dans une relation sexuelle avec lui huit semaines auparavant. Il savait que ce qu'elle ressentait pour lui n'était pas de l'amour mais il pensait au moins de c'était de l'affection.

- De ce que j'ai saisi des us et coutumes terriens, la plupart de gens ne déjeunent pas avec leur ex-petit ami le jour suivant leur rupture, déclara-t-il en s'interrogeant encore sur ses motivations.

- On ne sortait pas vraiment ensemble, on s'envoyait juste en l'air. C'est une histoire de réconfort. Tu venais de perdre ta mère et moi, j'ai perdu presque tous mes amis. Je ne laisse pas mes amis quand ils ont besoin de moi. J'ai déjà enterré trop de gens que j'aimais et je ne veux pas te perdre aussi.

Au vu de la lueur qui brillait dans ses yeux, il savait qu'elle était sincère.

- D'accord, acquiesça-t-il en décidant de lui faire confiance.

- Alors, c'est okay si je ne révèle pas à certaines personnes qu'on n'est plus ensemble ? Je n'ai vraiment pas envie de me faire draguer de façon ridicule par un certain capitaine durant le service, demanda-t-elle tandis que l'ascenseur s'ouvrait.

Spock se sentit irrité par l'idée que James allait flirter avec Nyota. Et ce n'était pas à cause de sa brève relation sexuelle avec Nyota. Une partie de Spock souhaitait que James se comporte ainsi avec lui. Il savait d'après la lettre que James trouvait Nyota attirante.

Spock ne s'interrogea pas sur le fait qu'il n'avait aucun problème à croire ce que James disait sur Nyota mais qu'il n'arrivait pas à se persuader que James était attiré par lui et qu'il voulait l'embrasser. Ce jour-là, plus encore que le jour précédent, Spock ne put se voir en objet de convoitise.

Normalement, il n'aimait pas mentir mais il fut d'accord de le faire dans ce cas de figure parce qu'il n'avait aucun désir de voir James draguer Nyota. L'idée que ces deux-là entretiennent une liaison le rendait nauséeux, ce qui était inhabituel parce que les Vulcains ne souffraient d'aucun maux d'estomac. En vérité, Spock n'avait aucun désir de voir James avec quiconque mais il n'allait pas avouer une telle chose à Nyota.

- C'est acceptable, confirma Spock en sortant de l'ascenseur.

Il ne pensa pas vraiment au fait qu'il tentait à dessein de tenir Jim éloigné de sa presque ex-petite amie parce qu'inconsciemment, il ne voulait pas que ce dernier voie quelqu'un d'autre.

Comme elle l'avait dit plus tôt, Nyota le força à manger. Spock ne fit rien contre même s'il n'avait pas d'appétit. Il se demandait maintenant si elle ne l'avait pas obligé à l'emmener à de nombreux rendez-vous déjeuner parce qu'elle savait qu'il ne consommerait rien autrement. Ceci ne fit qu'ajouter plus de crédit à sa théorie qu'elle n'était sortie avec lui que par pitié. Au moins, cette fois, la pitié n'était pas pour ses origines. Il y trouva une sorte de réconfort.

Les choses n'étaient que modérément gênantes alors qu'ils mangeaient presque en silence. Mais, quand il mentionna qu'il préférait la version de sa mère de ce met vulcain en particulier plutôt que n'importe quelle nourriture qui sortait de ce réplicateur, alors que sa mère n'était vraiment pas douée en cuisine, Nyota lui attrapa la main. Il aurait plutôt choisi ses pauvres tentatives de cuisine vulcaine que tout autre chose fabriqué par le réplicateur parce que cela aurait signifié qu'elle était toujours là. Il retira vivement sa main de celle de Nyota en haussant un sourcil irrité.

- Désolée, c'est normal pour les humains d'offrir à leurs amis du réconfort en leur pressant la main ou en les enlaçant. Ce n'est pas un geste sexuel. Je voulais juste que tu te sentes mieux, lui précisa-t-elle.

Elle employa pour ça un langage que probablement personne d'autre dans la cafétéria ne connaissait, pour s'efforcer de maintenir le simulacre d'une fausse relation.

- Donc, la plupart des menus vulcains proposés au menu sont hors de question mais je suis sûre que je peux trouver quelque chose d'autre qui ne déclanchera pas de crise de larmes, ajouta-t-elle en langage commun.

Il fut tenté de lui dire qu'il ne pleurait pas mais renonça.

- Tu ne vas pas mourir de faim. Que dirais-tu d'un simple fromage grillé ? suggéra-t-elle.

- Ma mère m'en faisait lorsque j'étais malade, quand j'étais enfant.

Spock se rappela toutes ces fois où sa mère le réconfortait avec de la nourriture terrestre quand il ne se sentait pas bien. Ce fut après ses nombreuses tentatives ratées de cuisine vulcaine qui faisait occasionnellement exploser les appareils. Parce qu'il était à demi humain, il était plus sensible aux virus vulcains et, enfant, il avait beaucoup été malade. Et à l'inverse, parce qu'il était à demi vulcain, la majorité des virus humains ne l'affectaient pas.

- Je suis navrée, s'excusa-t-elle, l'air triste.

Il commençait à détester cette expression parce qu'il la voyait sur beaucoup trop de visages récemment. La seule personne qui ne lui offrait pas cette mine-là était James et Spock lui en était reconnaissant.

- Les excuses sont illogiques, lâcha-t-il avant de prendre une gorgée du seul thé qui ne lui rappelait pas sa mère.

- Elles sont pourtant parfois nécessaires, rétorqua Nyota en prenant une bouchée de son sandwich. Mais c'est bon. Je ne peux toujours pas avalé certains aliments de confort de mon enfance parce que certains souvenirs sont associés à la cuisine, expliqua-t-elle avec sympathie.

Spock ne comprenait pas le but de cette déclaration.

- Je ne vois pas en quoi c'est pertinent. Tes deux parents sont toujours en vie.

Nyota fronça légèrement les sourcils.

- Il existe d'autres types de pertes. Tu as raison, mes parents sont en vie mais la femme qui m'a élevée ne l'est plus, indiqua-t-elle à mi-voix.

- Je ne comprends pas, fit Spock, un peu confus.

- Tu sais que mes parents travaillaient pour Starfleet.

Spock le savait mais elle ne lui donna pas le temps de confirmer.

- Lorsque notre capitaine est né dans l'espace, certains dirigeants de Starfleet ont utilisé l'incident pour durcir les règlements contre les enfants vivant dans l'espace. Ces idiots ont avancé que si George Kirk n'avait pas été inquiet pour son fils, le résultat aurait pu être plus favorable.

Spock avait déjà entendu cet argument avant. Personnellement, il pensait que si ça n'avait pas été pour sauver l'existence de Jim, George Kirk n'aurait pas essayé de sauver huit cents personnes.

- Avant ça, il y avait encore des exceptions aux règles qui permettaient aux enfants d'accompagner leurs parents lors de certaines missions, poursuivit Nyota sans faire de pause. Quand mes parents sont allés explorer l'univers, je suis allé vivre chez ma grand-mère à Pretoria. C'est aussi pour ça que je suis restée fille unique.

Il put détecter la tristesse dans sa voix.

- En quoi est-ce pertinent ? répéta-t-il sans comprendre le lien.

- Je suppose qu'ils ne voulaient pas laisser un autre enfant derrière eux. J'adorais vivre chez ma grand-mère. C'est à cause d'elle que je me suis formée aux communications. Elle était professeur de langues à l'université là-bas. Je l'appelais Professeur Uhura parce que nous avions le même nom de famille et qu'elle ne se voyait pas traitée en grand-mère, fit Nyota avec un petit rire.

Même s'ils avaient eu une relation sexuelle, elle ne le lui avait jamais dit. Elle poursuivit :

- Je crois qu'elle connaissait ta mère parce qu'elle faisait aussi partie de l'équipe qui aidait à développer une meilleure version du Traducteur Universel, il y a trente ans.

- Peut-être mais ma mère a abruptement quitté le projet à cause de sa relation avec mon père.

À ce moment-là, Spock se souvint avoir lu dans les lettres qu'Amanda écrivait à Sarek que certaines parties de son ancienne vie lui manquaient.

- J'ai adoré le temps que j'ai passé avec elle mais il s'est brutalement terminé. Quand j'avais treize ans, je suis passée à son bureau juste avant mon cours de langage particulier à l'université. J'aurais dû sentir que quelque chose n'allait pas lorsque j'ai ouvert la porte parce qu'elle ne s'est pas ruée vers moi pour m'enlacer comme elle le faisait habituellement. Je l'ai découverte étendue sur son lit, elle ne respirait plus. J'ai essayé de la réanimer mais il était trop tard. C'était une rupture d'anévrisme, précisa Nyota en jouant avec les restes de son repas.

Il demeura silencieux un moment, sans savoir que lui répondre.

- Crois-moi, Spock, je sais ce que tu traverses plus que tu ne le penses. La seule personne qui pourrait mieux le comprendre, c'est le capitaine, parce que ta famille a été tuée par la même personne, dit-elle dans le regarder.

- Malheureusement, c'est vrai, fit Spock en réalisant combien James et lui avaient en commun à cause du voyage temporel des Romuliens.

- Peut-être que tu devrais lui parler puisqu'à l'évidence, tu ne veux pas t'en ouvrir à moi, même si on se connaît depuis trois ans. Je pense que ce serait bien que tu partages ce que tu traverses avec quelqu'un qui peut compatir avec toi.

Spock fut surpris par la suggestion de Nyota, compte tenu de sa remarque précédente.

- Les Vulcains ne partagent pas, répliqua promptement Spock d'une voix saccadée. Je croyais que tu ne voulais pas qu'on passe du temps supplémentaire ensemble, tous les deux. J'avais l'impression que tu ne l'appréciais pas.

En de nombreuses occasions, Nyota était revenue de ses heures de bureau en se plaignant de cet agaçant cadet aux yeux bleus qui flirtait constamment avec elle. Il ne brisa pas sa fourchette de jalousie à ce souvenir. Les Vulcains n'étaient pas jaloux.

- Je ne le déteste pas. J'ai même commencé à le respecter un peu après que vous avez empêché un Romulien complètement cinglé de détruire la Terre. C'est juste que je ne veux pas sortir avec lui. Ce n'est pas mon type. Je ne sors pas non plus avec les mecs qui essaient de coucher avec moi et Marc, mon ami maintenant décédé, la même nuit, c'est une question de principe.

Il y avait une autre raison à l'incertitude de Spock concernant la légitimité de la lettre de James, c'était qu'il avait toujours eu l'impression que le capitaine était uniquement hétérosexuel. Cependant, la déclaration de Nyota prouvait que son hypothèse était fausse. Il aurait dû savoir qu'il ne fallait présumer de rien. La plupart de gens présumaient la même chose de lui parce qu'il avait été fiancé à une femme vulcaine et, que jusque-là, il n'avait eu de liaison qu'avec une femme. Et là, encore, une telle supposition était erronée.

- Je ne veux pas que tu le tues accidentellement. À cause de votre petite dispute de tout à l'heure, j'ai senti qu'il était mieux de vous maintenir séparés jusqu'à ce que vous commenciez à agir comme des personnes de votre âge. Je peux déjà te dire que vous êtes bien trop semblables pour ma santé mentale personnelle. Tu pourrais t'entendre avec lui si tu cessais d'éveiller son hostilité. Peut-être que vous témoigner de la sympathie pour votre tragédie commune serait un bon point de départ, proposa-t-elle avec un autre soupir.

- Je ne suis pas certain de ça, marmonna-t-il à mi-voix. Et je n'éveille pas son hostilité.

- Je ne savais pas que les Vulcains pouvaient se mettre sur la défensive, souligna-t-elle en se levant de table. Je vais retourner à la passerelle.

- Ceci est acceptable, fit-il en laissant partir.

La seconde moitié de leur service se déroula sans histoires puisqu'il réussit à ne pas critiquer le capitaine verbalement chaque fois qu'il faisait quelque chose qui sortait de l'ordinaire. Spock considérait ça comme un progrès. Néanmoins, après leur service, James et lui eurent une autre dispute à propos du nombre de messages que Spock lui avait envoyé pendant leur garde de l'après-midi. Il se demanda si Nyota n'avait pas raison sur le fait qu'il éveillait son hostilité.

La soirée se passa aussi mollement que la soirée précédente, toutefois sans les émotions supplémentaires que la fin de sa liaison avec Nyota avait déclanchées. Sa méditation ne fut que légèrement plus productive. Bien sûr, le message de son père dans sa boîte de réception lui demandant pour quelle raison il voulait entrer en contact avec Selek L'Aîné apporta un certain niveau de drame en lui-même. Il décida de dire à son père qu'il souhaitait parler avec Selek pour des raisons personnelles sans faire mention de la lettre de James. Cependant, au dernier moment, Spock décida de demander à son père s'il était au courant des lettres qu'il n'était censé jamais voir qu'Amanda lui écrivait.

Si Spock fut déçu de ne pas recevoir une autre lettre de James avant qu'il ne se couche, il n'en dit rien.

À suivre…

Voilà, la suite comme promis. Vos commentaires sont les bienvenus.

Bisous

Falyla