Passing By

Auteur : DeltaSwan90

Traduction : Lili26

Désolée pour le retard, si tout se passe bien, ça ne devrait plus se reproduire.

Pour ceux qui se posent la question, il ne reste plus que 6 chapitres avant que l'histoire ne soit complète :)

Et comme toujours, merci pour toutes les reviews.


Chapitre 14 : Confessions

Je me réveillais le lendemain matin avec la chaleur du soleil brillant sur mon visage, ce qui voulait dire que j'avais dormi beaucoup plus longtemps que ce à quoi je m'attendais.

Je tentais de m'étirer, comme je le faisais habituellement le matin, mais quelque chose me tenait fermement en place.

Je baissais les yeux pour voir un bras musclé enroulé étroitement autour de ma taille. Je tournai ma tête sur le côté pour voir le visage d'Edward. Il était à moitié enterré dans l'oreiller, sa bouche grande ouverte. Je ris doucement.

Sa bouche se ferma et il prit une profonde inspiration, me signalant qu'il allait s'éveiller et déchainer le pouvoir de ses yeux sur moi à tout instant.

Je laissai ma tête reposer sur l'oreiller, n'essayant même pas d'effacer le sourire de mon visage.

Juste alors, Edward ouvrit le seul œil que je pouvais voir et ses lèvres s'étendirent en un sourire impossible à contenir.

"Bon jour, *ma belle femme*," soupira-t-il.

"Bon jour," dis-je, roulant sur le côté pour lui faire face.

Nous restâmes allongés là pendant un peu plus longtemps dans la lumière du soleil levant, nous dévorant des yeux.

Je pris la liberté de laisser mes mains parcourir sa peau nue. Je démarrai de son épaule et descendis lentement mes doigts sur sa peau de soie. Ses muscles étaient fermes, et je me réjouis du fait que ces bras seraient toujours là pour me tenir quand j'aurais besoin d'eux.

J'étais perdue dans la chaleur et la sécurité que je ressentais dans son étreinte quand mes doigts passèrent une nouvelle fois sur les cicatrices. Elles étaient profondes. Ce n'était pas les mêmes cicatrices que j'avais brièvement touché la nuit précédente. Elles avaient une forme étrange, et cependant uniforme d'une certaine manière. Je laissais mes doigts s'y attarder, essayant de comprendre ce qui pouvait les avoir provoqués.

Edward se recula légèrement et s'assit sur le lit. La lumière filtrant à travers les rideaux atterrit sur le dos d'Edward et je poussais un cri de surprise.

Tout son dos était couvert de cicatrices. Certaines étaient petites et irrégulières, tandis que d'autres étaient plus lisses et beaucoup plus épaisses. Mais cette masse de tissu cicatrisé n'était pas la raison pour laquelle j'avais crié. Il y avait 5 nombres sur l'épaule droite d'Edward, 98331. Ils avaient été brûlés dans sa peau. Son numéro de prisonnier avait été tatoué sur lui au fer rouge.

Je ravalais mes larmes alors que je tendais la main pour toucher son dos. "Font-elles mal ?"

"Plus maintenant."

Je fus un peu interloquée par son ton brusque. "Oh."

Mes yeux quittèrent son dos, et je fixai d'un regard absent les oreillers. J'entendis le froissement du drap, puis je sentis sa main glisser sous mon menton et il releva mon visage. J'évitais son regard.

"Bella, je ne veux pas que tu aies l'impression que je te cache quelque chose. C'est juste… C'est difficile pour moi d'en parler. Ce n'est pas juste vis-à-vis de toi, mais j'ai besoin de te demander d'être patiente."

Mes yeux retrouvèrent les siens. "Je veux simplement que tu ne te caches pas de moi. Je ne veux pas revenir à la routine de paroles cryptées et de mauvaises humeurs. Je ne peux pas savoir ce qui te dérange si tu ne me dis pas."

"Je sais. Et j'essaierai, je promets. Mais pas ce matin. Je ne veux pas le ruiner."

Je sentis mon visage s'adoucir. "Je te fais confiance. Saches que je serai là."

"Tu as toujours été là, justement quand j'avais besoin de toi."

=PB=

Durant les jours suivants, Edward et moi commençâmes la transition dans la vie maritale. Notre routine ne changea pas beaucoup, à l'exception que nous trouvions toutes les excuses possibles pour nous toucher.

Ma cheville était presque complètement guérie. Il y avait toujours des moments où c'était toujours douloureux et j'avais besoin d'aide pour marcher, mais Edward était toujours là pour cela.

La nuit était maintenant devenue mon moment préféré de la journée. Edward et moi nous glissions ensemble dans le lit, et à mesure que le temps passait, nous devenions de plus en plus charnel l'un avec l'autre. Mais il nous restait encore cette étape finale à franchir.

Une nuit alors que nous deux étions tous deux sur le point de se laisser aller, Edward trouva en lui la force de s'écarter de moi. Tandis que nous attendions que nos respirations haletantes retrouvent un rythme plus mesuré, Edward embrassa doucement mes yeux, mes joues, mon nez.

"Bella, es-tu sûre d'être d'accord avec cela ? Cette attente ?" demanda-t-il doucement entre les baisers.

"Eh bien, je ne vais pas prétendre de toujours trouver cela facile de m'arrêter, parce que ce n'est pas le cas. Par exemple, si cela n'avait tenu qu'à moi ce soir…" Je m'interrompis de moi-même.

Edward grogna. "Pourquoi me dis-tu cela ?"

"Je suis désolée, *mon amour*. Je n'avais pas l'intention de rendre des choses plus difficiles pour toi. Je sais qu'attendre doit être plus dur pour toi que cela l'ait pour moi."

Il me regarda fixement et émit un son évasif.

Venais-je de l'offenser ? Cela n'avait pas été mon intention. Je me dépêchai de tenter de réparer mon erreur. "Je veux dire… eh bien, tu sais que je suis prête à devenir ta femme dans chaque sens du mot dès que tu me voudras, Edward. Mais je mentirais si je disais ne pas être nerveuse de franchir finalement ce pas avec toi. Je n'ai jamais fait cela auparavant, tu te souviens ? Je n'ai aucune expérience me permettant de savoir quoi faire, contrairement à toi."

Je sentis une tension soudaine dans son corps. Troublée, je chuchotai dans l'obscurité, "Edward ? Qu'est-ce qu'il y a ?"

"Bella, je … C'est-à-dire je… humm… Eh bien…"

Je pris son visage entre mes paumes, sa peau était brûlante sous mes doigts. Bien que je ne puisse pas le voir dans la lumière sombre de la lune qui pénétrait dans notre chambre à coucher, je pouvais dire qu'il rougissait. Pour le calmer, je caressai légèrement ses lèvres avec les miennes. "Tout va bien. Tu peux tout me dire," dis-je contre sa bouche.

"C'est juste… Je n'ai pas plus d'expérience en la matière que toi, ma chérie," soupira-t-il.

"Quoi ? Mais, tu es un homme."

"C'est gentil de ta part de le remarquer, mon amour," dit-il avec ironie.

"Je suis désolée. J'ai simplement supposée…"

"Que parce que je suis un homme je devrais avoir eu beaucoup de conquêtes à ce jour ?"

"Oui," dis-je simplement.

"Je suis entré en prison à l'âge de vingt et un ans, Bella," dit-il comme si cela expliquait tout.

Mais je n'allais pas lui permettre d'échapper à cette réponse. "Et avant cela ?" poussai-je.

"Avant cela ? Je t'ai dis que je n'ai jamais trouvé personne parmi ces stupides débutantes qui se jetaient sur moi quand j'étais en Angleterre."

"Oui, mais la plupart des hommes ne laissent pas des choses aussi peu importantes que l'amour, l'admiration, ou l'estime intervenir dans leurs conquêtes, n'est-ce pas ?"

"Cela peut être vrai. Mais, je ne suis pas la plupart des hommes, Bella. Ce n'était pas que je n'avais jamais des opportunités. J'en avais en abondance, crois moi. Je ne pouvais pas simplement pas profiter d'elles. Je ne pouvais pas m'engager dans un acte uniquement physique. Je ne pouvais pas extirper mes sentiments de quelque chose à ce point intime. Je n'ai jamais voulu faire l'amour à quelqu'un d'autre que toi, ma femme chérie."

Je soupirai et baissai sa tête pour que je puisse l'embrasser une nouvelle fois. "Comment fais-tu cela, Edward ?"

"Quoi ?" demanda-t-il déconcerté.

"A chaque fois que je pense que c'est impossible, tu me fais tomber un peu plus amoureuse de toi."

"Ainsi donc… Cela ne te dérange que lorsque nous ferons l'amour, je serai également un novice ?"

"Déranger ? Non, Edward. Je me sens honorée que tu n'aies jamais envie de partager cette part de toi avec quelqu'un d'autre que moi. Quand le temps viendra, nous ferons les choses lentement et apprendrons ensemble."

"Je t'aime, Bella Cullen."

"Et je t'aime."

Sa bouche couvrit de nouveau la mienne en un baiser brûlant, plein d'amour et de promesse. Quand ses lèvres bougèrent vers ma gorge, je ne pus m'empêcher d'ajouter quelque chose.

"Oh et Edward ?"

"Oui," murmura-t-il contre ma peau.

"Je promets que je serai gentille."

Je souris au souvenir alors que j'épinglai mes cheveux le matin suivant. Tandis que je posais les épingles finales, un léger coup retentit sur la porte de ma chambre.

Je me retournai et vis Edward appuyer avec simplicité contre le chambranle. Je lui souris.

"Est-ce que tu es bientôt prête ?"

"Mon dieu, quelqu'un est impatient," dis-je levant les yeux au ciel alors que j'allais prendre mon châle. Il y avait une légère fraîcheur dans l'air aujourd'hui. L'automne venait plus vite que nous ne voulions l'admettre.

Il rétrécit ses yeux. "Je ne suis pas impatient. Je ne comprends simplement pas pourquoi il te faut une éternité pour te préparer et de poudrer le matin," dit-il d'un ton sarcastique.

"Ne soyez pas méchant avec moi, Edward Cullen," répondis-je en retour.

"Ce n'est pas le cas ! Tu ne sais simplement pas t'en sortir quand je m'en prends à toi," dit-il, tendant son bras pour que je le prenne.

Je soufflai tout en saisissant son bras. "Je peux me débrouiller. Je ne comprends seulement pas pourquoi tu es si désireux d'aller en ville aujourd'hui."

Il haussa les épaules avec nonchalance, mais je le connaissais mieux que cela.

Edward venait en ville avec moi presque chaque jour maintenant. Depuis que toutes les charges contre lui avaient été abandonnées, les gens le traitaient de nouveau comme un être humain. Je savais qu'il savourait d'être considéré comme un membre fiable et apprécié de la communauté. Et je suspectai également qu'il appréciait d'être vu avec moi. Une sorte de fierté masculine viscérale, supposais-je. J'étais sa femme, il m'aimait, et il voulait que chaque homme de la ville le sache.

Nous traversâmes la porte d'entrée et commençâmes notre promenade tranquille vers le marché.

"Humm, dessert préféré ?" demanda Edward. Dernièrement, il avait prit l'habitude de me poser toutes les questions auxquelles il pouvait penser. Il disait que c'était parce qu'il avait perdu assez de temps pas à ne pas dire ce qui traversait son esprit.

Je lui jetai un coup d'œil incrédule.

"Quoi ?" demanda-t-il. "Je t'ai dis que je voulais tout savoir."

Je gloussais. "La *crème caramel*, ma mère m'en faisait pour mon anniversaire."

Il fit un signe de la tête et continua son attaque, "Livre préféré ?"

"Tu m'as seulement posé cette question une centaine de fois ! Je te l'ai dis, je ne peux pas y répondre !"

"Essaye," insista-t-il.

"Dieu du ciel, Edward ! Je t'ai dis que c'était comme de demander à une mère de choisir son enfant préféré !"

"D'accord, très bien. Je laisserai tomber cette fois. Mais, tu me donneras une réponse. Un jour," dit-il dans un ton très bas, très sérieux.

Cela me fit à nouveau rire.

"Tu sais que ça n'aide pas mon égo quand tu te moques de moi alors que j'essaie d'être menaçant."

"Je ne peux pas m'en empêcher. Tu semblais étrange."

"Étrange. Oui, c'était exactement ce que je visais."

"Donc tu essayais vraiment de m'intimider. Et moi qui avait décidé que tu étais un gentleman."

"Eh bien, je suppose que tu as appris ta leçon alors, n'est-ce pas ?" dit-il avec un clin d'œil.

Je secouai ma tête, "Pourquoi je supporte tes pitreries je ne le saurais jamais."

"J'ai une idée de la raison pour laquelle tu le fais."

"Vraiment ?" dis-je avec coquetterie.

Il s'arrêta de marcher et prit ma main dans la sienne. Ses doigts se lièrent aux miens tandis qu'il portait ma main à ses lèvres.

"Parce que je t'aime plus que tout."

C'était dégoulinant de douceur. Je fermai les yeux et souris alors qu'il embrassait ma main.

"*Mon cœur*…" chuchotai-je

Son sourire s'élargit et il plaça un autre petit baiser sur ma main avant que nous enroulions une fois encore nos bras l'un autour de l'autre.

=PB=

"Bien le bon jour, Bella ! Edward !"

J'agitais la main en direction de la voix, bien que je ne visse pas tout à fait de qui il s'agissait. C'était tellement commun maintenant pour les gens de nous saluer. Aucun d'entre nous ne leur reprochait leurs réactions précédentes vis-à-vis de lui, mais cela n'effaçait pas le fait qu'Edward avait mal été traité par le passé.

Mais nous faisions tout notre possible pour mettre cela derrière nous et avancer. C'est pour cela qu'Edward tenait à venir avec moi au marché chaque fois qu'il pouvait. Pourtant, alors que les jours passaient, la nouvelle attention qui était maintenant concentrée sur nous épuisait tous les deux. Des gens qui nous étaient totalement étrangers se démenaient pour nous traiter comme si nous étions les meilleurs des amis. Pour la plupart d'entre eux, nous n'étions qu'une simple curiosité et ils espéraient être en mesure de glaner des petites brides d'informations sur Edward et moi pour nourrir le moulin des potins.

Edward gérait ces derniers changements d'une meilleure façon que moi. Il n'était pas amateur de toute cette attention, mais il était satisfait que les gens semblent avoir changé d'avis sur lui. Je pense c'était ce qui avait le plus d'importance à ses yeux. Ils pouvaient maintenant le voir pour qui il était vraiment.

"Bella ! Edward," dit encore une autre voix.

J'aurais été frustré par cette interruption si je n'avais pas reconnu la voix. Je fis s'arrêter Edward et nous nous tournâmes pour faire face à cette petite boule d'énergie.

"Alice ! Quelle adorable surprise. Qu'est-ce qui t'amène en ville aujourd'hui ?"

Elle eut un sourire éclatant. "J'avais un dernier essayage pour ma nouvelle robe. Jasper m'a demandé de l'accompagner pour un pique-nique ce week-end."

"C'est terriblement excitant ! Il faudra que tu passes bientôt pour me parler de tout cela !"

J'étais vraiment heureuse pour mon amie. Elle était seule depuis bien trop longtemps.

"Je le ferai certainement. Oh, Bella, je n'ai jamais rien senti de pareil auparavant ! J'ai l'impression que mon cœur va exploser !"

Je lui souris, car je connaissais bien le sentiment qu'elle décrivait. Je ressentais cela à chaque fois que je regardais Edward.

"Je suis désolée de ne pas pouvoir rester plus longtemps pour parler, je ne peux pas être en retard pour mon rendez-vous avec mon tailleur."

"Évidemment, je te verrais bientôt ! Allez, va-t-en, jeune fille !"

Elle rit alors que nous embrassions sur les joues avant qu'elle se sauve.

Je me tournais pour dire quelque chose à Edward, mais quand mon regard rencontra le sien, il tourna sa tête pour que je ne puisse voir l'émotion qui se reflétait dans les profondeurs de ses yeux.

"Edward ? Qu'est-ce qui se passe ?"

"Rien, ma chérie," dit-il d'une voix monotone.

"Ne me mens pas, Edward. Je t'en prie, dis-moi."

Il baissa finalement les yeux vers moi. "Pas ici, d'accord," dit-il, m suppliant.

Je hochai ma tête. Un million de scénarios horribles tournoyaient dans ma tête. Cela me donnait le vertige.

Je me dépêchai pour faire le reste de mes courses, désireuse de rentrer à la maison et de comprendre la réaction d'Edward. Je l'aimais, mais cela devait s'arrêter.

J'étais sa femme. Il avait besoin d'être en mesure de se fier en moi.

=PB=

Je terminai de ranger les derniers paquets dans la cuisine. Edward m'aidait, cependant nous étions tous deux silencieux, et ce depuis qu'on avait quitté le centre ville. Je me retournai pour lui dire quelque chose mais il était parti.

J'émis un son qui était quelque part entre un gémissement et un grognement. Il m'évitait.

Je sortis de la cuisine et parcouru l'entrée jusqu'à la bibliothèque.

Je le trouvai là. Il était assis sur le sofa, regardant fixement le plafond.

"Edward," dis-je fermement.

Il ne bougea pas.

"Je ne me laisserai pas faire ! Je ne suis pas une faible femme qui restera en arrière et permettra à son mari de dicter ce qu'il faut faire ! Tu peux m'appeler insolente mais c'est qui je suis !"

Pendant ma petite tirade, Edward était sorti de sa contemplation et sa bouche était ouverte.

"Bella, viens là," dit-il, plaçant de sa main sur le sofa, me faisant signe de m'asseoir.

Je pliai mes bras et lui lançai un regard furieux.

"Je t'en prie," dit-il faiblement.

Je fis quelques pas vers lui et le rejoignis sur le sofa. Je gardai mes bras croisés et mes bras et mes yeux ne rencontrèrent pas les siens.

Edward passa son bras autour de mes épaules et me tira vers lui.

Mon corps réagissait naturellement à lui maintenant, il n'y avait aucun moyen d'arrêter cela. Je fondis contre lui, permettant à ma tête de tomber sans effort sur son torse. Il laissa ses doigts courir doucement le long de mon bras.

"Dis-moi ce qui a provoqué cette réaction," a-t dit-il tristement.

"Je veux savoir ce qui se passe dans ta tête. Je ne veux pas m'asseoir et seulement… observer. Je comprends que certaines choses sont dures à dire, mais… je t'en prie, je me repousse pas."

"Ma chérie, tu es loin d'être une observatrice. Et je n'ai jamais eu l'intention de te donner l'impression d'en être une. C'est seulement et entièrement de ma faute. La dernière chose que je veux c'est que tu te sentes inférieure à moi. Surtout lorsque c'est moi qui le suis."

"Ne dis pas des choses comme ça. Ce n'est certainement pas le cas."

Je sentis son bras se resserrer autour de moi. "Et ça la, ma chère Bella, c'est la raison pour laquelle je dis des choses comme ça. Tu es contrariée à cause de moi, et pourtant tu es toujours infiniment gentille avec moi."

"Tu évites le sujet, Edward. Dis-moi ce qui est arrivé cet après-midi."

Il soupira et s'écarta de moi. Je soulevai la tête et déplaçai mon corps pour que nous nous soyons face à face.

"Bella, je ne t'ai pas dit ce qui n'allait pas, non pas parce que je ne voulais pas, mais plutôt parce que je ne voulais pas te bouleverser."

"Pourquoi serais-je contrariée ?"

"Eh bien d'avoir vu Alice aujourd'hui m'a rappelé qu'il y a quelque chose dont je voulais te parler. C'est au sujet de Jasper…"

"Et alors ?"

"Je n'ai pas été entièrement sincère avec toi sur la raison de la présence de Jasper ici."

Je ne comprends pas," dis-je, ne comprenant pas du tout ce qu'il essayait de dire.

"Quand j'ai écrit que la lettre à mes parents, je leur ai dit que j'avais été incarcéré et c'était pourquoi j'avais été incapable de les contacter. Puis, je leur ai parlé de toi et de ce que tu as fait pour moi." Edward marqua une pause et pris ma main dans la sienne. "Et je leur ai dit que je tombais amoureux de toi. J'ai demandé ma mère de m'envoyer la bague. Étonnamment, elle n'avait aucun problème avec cela. Elle a été disposée à envoyer un coursier avec l'anneau et pus Jasper est arrivé pour une visite.

"Comme tu sais, nous avons seulement deux années d'écart et nous étions très proches en grandissant. Ainsi donc Jasper n'était pas heureux du contenu de ma lettre. Il ne pouvait pas admettre que j'étais heureux de rester ici… avec toi. Il a insisté pour venir en France pour me faire changer d'avis. Il était déterminé à me traîner à la maison si c'était la dernière chose qu'il allait faire.

"Heureusement, ma mère est une force de la nature. Elle a exigé que Jasper apporte la bague avec lui. Il n'a pas résisté, simplement parce qu'il a cru qu'il était plus facile de l'apaiser que lutter contre elle. Il s'était attendu à lui rendre l'anneau quand il allait rentrer à la maison avec moi."

"Pourquoi croit-il que tu allais repartir avec lui ?"

"Il a cru que tu m'avais trompée et ensorcelée. Quand il est arrivé sur notre seuil, le matin après que je t'ai parlé de Victoire, j'étais stupéfait. Jasper était la dernière personne que je m'attendais à voir ici. Et il était dans une telle rage – je ne l'avais jamais vu comme cela auparavant. Je n'ai pas voulu partir sans te parler, mais je ne pouvais pas le laisser près de vous, à ce point furieux. J'ai donc écrit un petit mot et l'ai fait partir d'ici.

"Nous ne s'était jamais crié dessus comme ça, jamais. Il a dit que tu n'étais pas digne de mon attention, sans parler de mon nom. Il t'a appelé…" Edward grimaça avant de s'exprimer, les dents serrés. "Bella, il t'a appelé une putain croqueuse de diamants."

Je m'écroulai devant la laideur de ses mots.

"J'étais si furieux contre lui ! Comment ose-t-il venir ici et dire de telles horreurs sur toi ? Il ne savait rien de toi ni de qui tu es vraiment. Mais il continuait toujours à me faire une leçon. Il a dit que j'avais des responsabilités à la maison, que ma famille avait besoin de moi. Il m'a fallu toute la journée pour le calmer assez pour que je sois assez à l'aise à l'idée de te le présenter. Je n'étais pas inquiet, je savais que dès qu'il apprendrait à te connaitre, il aurait une opinion différente.

"Mais, quand nous sommes revenus ici, tu étais partie. J'ai laissé Jasper attendre dehors tandis que je te cherchais dans la maison. Quand j'ai réalisé que tu n'étais nulle part dans la maison ou dans la cour, ce fut son idée de partir à ta recherche. Il ne comprenait peut-être pas mes sentiments pour toi ou était d'accord avec mes actions, mais il est, dans le fond, un homme bon. Il n'allait pas rester là à rien faire quand n'importe quoi pouvait t'arriver.

"Évidemment, il a changé d'avis à propos de toi presque immédiatement. Les jours qui ont suivis l'attaque, il a vu que tu étais une personne honnête, qui ne veut que le meilleur pour moi.

"Et je crois que d'avoir rencontré Alice lui a apporté une nouvelle perspective sur diverses choses. Auparavant, Jasper ne pouvait pas comprendre comment je pourrais être tombé amoureux de toi si vite. Il a cru que ce que je ressentais était simplement un béguin qui passerait rapidement. Mais dès l'instant où il a vu Alice… eh bien, je n'ai jamais vu Jasper si conquis par une jeune femme. Il ne sera pas en mesure de la laisser partir. Je suis sûr qu'il va lui demander de l'épouser et ensuite il va vouloir la ramener en Angleterre. Et Bella, il va vouloir qu'on y retourne avec eux."

J'ouvris la bouche pour répondre, mais il me coupa.

"Je ne veux pas que tu t'inquiètes, ma chérie. Peu importe ce qui arrive entre Alice et Jasper, je ne t'éloignerai jamais de ta maison. Et je ne t'abandonnerai certainement pas. Tu es ma famille maintenant, je veux être avec toi. Rien ne changera jamais ça."

Je restais assise calmement, dirigeant tout ce que j'avais entendu. Il y avait tellement d'inquiétude dans le regard d'Edward. C'était ce qui l'avait contrarié. Il ne voulait pas me déraciner. Mais, en restant ici avec moi, il se coupait de sa famille.

Comment pouvais-je laisser cela arriver ? Je ne pouvais pas l'éloigner des personnes qu'il aimait.

Je fis de mon mieux pour sourire. "Edward, merci de me l'avoir dit. Seulement… je veux que tu sois heureux aussi…"

"Je le suis, Bella. Crois-moi. Je t'aime."

"Je t'aime aussi."

Il m'attira contre son torse, et je fis mon possible pour me détendre. Il voulait simplement ce qu'il y avait de mieux pour moi.

Mais, je voulais ce qui était le mieux pour lui.

Ma bataille intérieure menaçait de me submerger jusqu'à ce que les doigts d'Edward commencent à parcourir mes cheveux, massant légèrement mon crâne.

Pour le moment, je décidai de laisser tomber. J'enfonçai cette pensée dans le fond de mon esprit et cédai à l'étreinte de mon mari.


les mots entre les * sont en français dans la version originale.

N'oubliez pas de laisser un petit mot pour me dire ce que vous en avez pensé. :D