Bonsoir ! alors voici le final ) le texte est volontairement écrit d'une façon omnisciente, dites-moi ce que vous en pensez ! J'espère que ce final saura vous faire ressentir ce que moi j'ai ressenti en l'écrivant ! Désolée pour l'attente 3

TITRE : L'ENTREMETTEUSE DE LA JUSTICE ?!

CHAPITRE 13 : REQUIEM …

Terre, San Francisco, un appartement de San Francisco :

La pluie tombait inlassablement sur la cité cosmopolite. Les bruits environnants se répercutaient contre les vitres ne laissant filtrer qu'un bruit sourd agréable aux oreilles du Capitaine James Tiberius Kirk. Son appartement respectait les normes de la simplicité et de l'utilité, assez grand pour avoir une chambre d'ami, cuisine américaine ouverte sur le salon, baies vitrées sur l'ensemble du salon, salle de bain avec douche à l'italien. Le tout blanc et meublé dans un mélange de style du XXème siècle : rétro en somme. Dans l'instant, Jim était affalé dans son canapé de cuir noir, un plaid gris effet fourrure remonté sur la quasi-totalité du corps. Seule une touffe de cheveux blonds dépassait de la masse informe. Le silence régnait en maître sur le T4 jusqu'à que l'interphone retentisse. Jim osa un œil en dehors pour regarder l'écran holographique qui apparut à gauche de la porte. Le visage grave du Docteur Léonard McCoy gigotait sous la pluie. « Jim ? Tu es là ? Tu as reçu mes appels ? et mes mails ? tu sais que la bienséance aurait voulu que tu me répondes ? Allez gamin, ouvre-moi, j'ai besoin de te parler. ».

L'écran disparu. Le regard de Jim était toujours fixé là où l'écran s'était trouvé quelques secondes plus tôt. La sonnerie retentit à nouveau et Léonard réapparut.

« Jim … Ouvre bordel ! Je dois te parler à propos de Maggy. ».

Jim tiqua. La douleur passa à nouveau sur son visage. Il grimaça avant de jeter son plaid à l'autre bout du canapé. En quelques pas, il avait rejoint la porte. Il appuya sur un bouton de l'hologramme : « Salut Léo … C'est ouvert. ». Puis il coupa la communication. Se dirigeant vers sa salle d'eau, il récupéra son tee-shirt gris qu'il passa vite fait sur son pantacourt en jean. Ses pieds nus frissonnaient sur le béton froid. Arrivé dans la salle de bain, il se plaça face au grand miroir et faillit se faire peur rien qu'en se regardant. Ses yeux étaient encadrés de cernes noirs et le bas de son visage était recouvert d'une petite barbe blonde. Il passa sa main dans les poils drus et marmonna quelque chose d'inaudible. Puis il se saisit du rasoir ancien et de la crème à raser pour entreprendre le rasage.

Léonard toqua plusieurs fois à la porte avant que Jim ne lui ouvrît. Il avait encore de la crème sur le menton mais la retira avec la serviette qu'il avait autour du cou. Il entrouvrit la porte et s'écarta pour laisser entrer le médecin de l'USS Enterprise. La porte refermée, Léonard posa son paquet sur la table basse en verre du salon et se retourna.

« - Je t'ai amené de la nourriture. Ce n'est pas grand-chose mais au moins cela a du gout pas comme cette merde que tu manges à longueur de journée.

- Tu es venu avec un message, je crois ? cracha Jim. »

Léonard parut blessé et à la réflexion, il l'était bel et bien. Jim avait changé depuis leur retour, physiquement d'abord : il avait beaucoup maigri, son visage s'était creusé depuis ces six derniers mois, son teint était devenu terne. Une loque. Psychologiquement ensuite : le sacrifice de Maggy lui avait fait largement comprendre que ce qui les unissait n'était pas mort durant leur séparation, il s'en voulait pour l'état dans lequel elle était et avait déserté Starfleet depuis leur retour sur Terre. Il fuyait ce qui l'avait sauvé comme une pénitence. Aucun membre de l'équipage même le plus restreint ne l'avait revue depuis. Enfermé dans cet appartement. Les premiers jours, il brisait tout ce qui passait a porté de sa fureur. Puis le temps ne l'aidant pas, la tristesse et la dépression avait envahi son cœur et son corps. Alors oui, Léonard avait un message mais comment le lui annoncé sans le briser définitivement.

« - Chaque chose en son temps. Souffla Léonard. Dis-moi, Jim, quand es-tu sorti pour la dernière fois ? ».

Jim était frustré. Il voulait être seul mais il ne pouvait décemment pas jeter son meilleur ami dehors, même s'il l'avait fait ses derniers mois. Jim alla dans la cuisine et s'afféra à préparer du café, noir, corsé.

« - Je ne sais pas, 2 ou 3 mois peut être. Qu'est-ce que ça peut faire ? railla Jim.

- Il est vraiment odieux … marmonna Léonard. Ecoute moi, Gamin. Tu t'es bien regardé ? Tu as vu la loque que tu es devenu ?! s'emporta Léonard plus vivement qu'il ne l'aurait souhaité. ».

Jim envoya la tasse qu'il avait dans la main sur la baie vitrée qui se teinta de noir.

« - QU'EST QUE CA PEUT TE FOUTRE ! TOI PETIT MEDECIN DE CAMPAGNE A LA CON QUI PASSE SON TEMPS A ME FAIRE CHIER ! » hurla Jim en se jetant sur Léonard.

Ils basculèrent tout deux sur le dos du canapé et tombèrent sur la table de verre qui se brisa sous leurs poids. Jim assena un crochet du droit à Léonard qui saigna de la lèvre inférieure. Léonard en retour plaça sa jambe droite entre les jambes de Jim qui le surplombait et le fit basculer avant de lui clouer les bras au-dessus de la tête. Leurs visages n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Léonard posa doucement son front sur celui de Jim et ferma les yeux. Le plus jeune se débattait mais était fermement maintenu par la masse musculaire du plus âgé.

« - Arrête Jim, s'il te plait. Calme-toi. Chute … psalmodiait Léonard. »

Jim se mit à pleurer en silence, son visage s'humidifia et son cœur le serrait atrocement. Léonard laissa tomber les masques.

« - L'hôpital m'a contacté. On doit tous deux se présenter là-bas demain à 9h00. Ils ont refusé de me dire pourquoi hormis que c'était pour Maggy. L'amiral Pike m'a chargé de te dire que si tu ne t'y pointais pas, il viendrait de chercher par la peau du cul et c'est la raison pour laquelle je suis revenu de ma petite ville de campagne à la con. Parce qu'on n'abandonne pas un ami dans le besoin. Je ne suis pas le seul à m'inquiéter. Tu ne lui as même pas laisser un message pour lui faire savoir que tu étais encore en vie. Et avant que tu ne m'interrompes : oui, il est venu me voir quand je suis arrivé hier à San Francisco. Il m'avait même envoyé un mail avant pensant qu'en tant qu'ami, tu m'avais contacté. Venant de Spock, c'est la preuve qu'il tient à toi petit con. ».

Léonard se releva et se massa le dos. Voyant qu'il avait fini sa tirade, Jim roula sur le côté pour se relever faisant tinter les petits morceaux de verres. Puis Léonard donna une claque douce dans le dos du plus jeune avant de reprendre sa veste de cuir et de partir. Il était au bord des larme mais jamais il ne se laisserait aller devant un Jim dans un pire état que lui. Lorsqu'il sortit de l'immeuble, il se stoppa sous la pluie et leva les yeux vers le ciel. L'eau brouilla sa vue avant d'être camouflé par un parapluie.

« - Qu'a-t-il dit ? demanda une voix grave. »

Léonard se tourna vers Khan qui l'avait attendue tout du long. Le médecin le regarda de haut en bas, comment ne pouvait-il pas savoir à quel point il pouvait être séduisant : tout de noir vêtu, les cheveux légèrement humides et le premier bouton de sa chemise ouverte sur ses clavicules, le regard inquiet.

« - Il viendra. Affirma Léonard. »

Il était certain qu'il viendrait parce qu'il avait confiance en Jim. Il se tourna vers son amant qui ne l'avait pas quitté depuis mais son regard était figé vers l'horizon. Léonard suivit la position que fixait Khan et comprit. Spock était là. Il tenait un parapluie mais sa tunique traditionnelle vulcaine bleu nuit aux motifs pourpres, rendait l'image irréelle, hors du temps.

« - Le gobelin aux oreilles pointues … murmura Léonard. »

A cette appellation, Khan ne put réprimer un sourire. Ils avancèrent jusqu'au dit 'oreilles pointues'.

« - Commandeur ! commença Léonard. Que puis-je faire pour vous.

- Docteur, continua Spock, je suis ravi de vous voir aujourd'hui. Peut-être pourrez-vous m'en dire plus.

- Et bien non. Dit simplement Léonard. Toutefois, ce que je puis vous dire c'est '5687JS'. »

Puis Léonard et Khan le dépassèrent en lui pressant l'épaule. Spock baissa la tête souriant et apaisé.

« - Merci. » souffla-t-il de façon quasi inaudible sauf pour un être aux sens surdéveloppés et il savait qu'il l'avait entendu.

La pluie tombait à présent en un rideau de bruine. Le parapluie était pour ainsi dire quasi inutile tant la bruine s'infiltrait partout. La décision fut prise de le ranger au fond de la sacoche en cuir gratté marron de Léonard. Le médecin et Khan marchait côte à côte dans les rues désertes de San Francisco. De temps à autres, leurs doigts se frôlaient en une attaque furtive et sensuelle.

« - Tu as profité de ton séjour à la campagne ? demanda Khan distraitement.

- Plutôt oui, j'ai pu renouer avec des patients moins douillets que ceux du vaisseau et surtout j'ai réappris à vivre avec le soleil ! C'est ce qui me manque le plus dans l'espace et … ».

Léonard fut tiré dans une des ruelles adjacentes à la grande avenue qu'ils remontaient. Khan le tira dans une, deux puis trois ruelles. Une fois certain que personne ne pourrait les apercevoir, Khan projeta Léonard contre le mur de briques rouges humides et captura ses lèvres dans les siennes. Il colla son corps à celui du terrien afin de lui montrer la passion qui grondait en lui.

« - Tu m'as tellement manqué … soufflait Khan entre deux baisers. »

Leurs dents claquèrent dans un baiser un peu plus sauvage que les autres. Léonard tenta de reculer légèrement la tête et tomba dans les yeux ténébreux ivres de passion. Khan passa ses mains sous les fesses de Léonard et le porta. Ce qui étonna le médecin qui été loin d'avoir l'habitude de ce genre de manifestation de plaisir. Lui était plus 'posé' dans tous les sens du terme. Toutefois, c'était loin pour lui déplaire et il décida d'attiser le feu dans leurs reins. Il s'approcha de l'oreille gauche de Khan et lui mordilla le haut avant de lui murmurer « J'ai envie de toi … ».

Khan resta sans le souffle peu habituer que le Docteur prenne les devants. Ses yeux effilés en amande brûlaient davantage et sa bouche fondit sur la clavicule de Léonard qui dépassait de son tee-shirt blanc. Il laissa l'Augment prendre le dessus quelques minutes et lorsqu'il arriva au niveau de son entrejambe, Léonard délia ses jambes des hanches de Khan et lui dit « Quitte à me faire prendre, autant que ce soit dans un lit et au sec, tu ne penses pas ? ».

Khan resta muet puis un sourire charmeur balafra son visage. « Si c'est ce que vous souhaitez 'Docteur'. ». Il se sépara non sans regret du corps de son amant et après un rhabillage express, ils reprirent leur route vers l'appartement de Léonard. Si ce dernier ne s'était pas porté garant de Khan, jamais ils n'auraient pu continuer leur relation. Depuis leur retour sur Terre et le séjour de Léonard à la maison familiale, Khan avait pris ses quartiers dans cet appartement. Sans passé, comment aurait-il put louer quoique ce soit … Sa vie se résumait à obéir et il en avait assez !

Arrivé en bas de l'immeuble, Léonard tenta tant bien que mal de taper le code d'entrer malgré les mordillements de Khan dans son cou. « A tenter le Diable, on en paye les conséquences » pensa Léonard. Les 5 cinq minutes dans l'ascenseur pour gravir les 25 étages de la tour furent plus calmes, ce qui en soit ne présageait rien de bon … si, le terme était mal choisi. Bon, ça allait certainement l'être, tranquille un peu moins.

Une fois arrivée dans l'appartement, Khan se jeta littéralement sur le docteur. Il retira son tee-shirt blanc tellement rapidement qu'il le déchira un peu. Une fois le bout de tissu au sol, Khan se figea et toute trace de désir disparu de son visage. Le torse et le dos de Léonard était tuméfié par endroit. Léonard releva rapidement la tête en riant mais son rire mourut dans sa gorge.

« - Qu'est-ce que c'est que ça ? » grogna Khan.

Léonard le regarda dans les yeux et posa sa main droite sur l'épaule de Khan.

« - Tu vois ma lèvre ? » demanda-t-il. « Je me suis battu avec Jim. ».

Khan haussa un sourcil : imaginer Léonard et Jim se battre était quelque chose d'impensable aussi étrange que cela puisse paraitre.

« - Au début c'était juste se pousser ou tenter de se contenir l'un l'autre mais on est passé par-dessus le dos du canapé dans un élan de force et on est retombé sur la table basse en verre, je te laisse imaginé qui était en dessous à ce moment-là. Après j'ai reçu un crochet et j'ai enfin réussit à le maintenir au sol. Mine de rien, il est plus fort qu'il parait ! ».

Khan détourna le regard. Comment avait-il pu imaginer que son amant, l'homme pour qui il voulait se racheter, lui aurait cacher quelque chose de plus important … Les lèvres de Léonard s'étirèrent.

« - Alors comme ça le grand méchant Khan est jaloux ? ou inquiet peut être ? ».

Léonard se tut un instant avant de susurrer quelque chose à l'oreille de l'Augment.

« J'adore ça … ».

Khan plongea son regard dans celui de Léonard. Jamais il n'avait connu pareil bonheur dans sa vie. Il approcha ses lèvres du torse de Léonard et commença à embrasser la peau brulante, à laisser des trainer de feu liquide sur son sillage. Il prit l'un des tétons et joua avec entre ses dents et avec sa langue. Léonard respira un peu plus fort. Il continua sa descente insistant sur les bleus et arriva au nombril. Il passa sa langue à l'intérieur du dit nombril plusieurs fois mimant l'acte charnel tout en regardant Léonard qui souriait de façon plutôt indécente. Puis il suivit la fine ligne de poils bruns qui finissait sa course sous le pantalon du médecin. Il retira le vêtement ainsi que sa chemise noire et prit Léonard dans sa bouche. Ce dernier fit basculer sa tête en arrière et ferma les yeux pour se concentrer sur son propre plaisir. Les mouvements de va et vient dans la moiteur de son amant intensifiaient ses sensations. Ses hanches bougeaient d'elles même désireuses de quelque chose de plus fort. Khan recula au grand dam de Léonard. Il se releva et embrassa le médecin de façon torride, sauvage, passionnée.

Ils se dirigèrent dans la chambre où Léonard poussa l'Augment sur le lit d'une seule main. Autant dire que si Khan ne l'avait pas souhaité, il n'aurait pas bougé d'un pouce même si Léonard s'y était pris à deux mains ! Le médecin avança sur Khan ne pouvant s'empêcher de frotter leurs corps. Les yeux de Khan se résumaient à deux lignes sulfureuses qui le regardaient, qui l'admiraient. Léonard ne s'était jamais trouvé beau. Sans se trouver moche non plus, il se trouvait banal, quelquonque. Sans éclat. Mais Khan le voyait tout autre, une pierre brute éclatante, l'un des plus elle qu'il n'eut jamais vu.

Léonard se redressa et sans prévenir le corps sous lui, s'empala sur le sexe vibrant de Kahn qui ne peut rien faire d'autre que de fermer les yeux encore une fois. Il prenait volontairement son temps pour faire languir son amant. Parfois il accélérait pour finalement reprendre une cadence plus lente. Il joua à ce jeu une bonne dizaine de minute.

« - Tu sais que je suis plus qu'endurant … murmura Khan entre ses lèvres légèrement rouge sous l'effet du désir. Alors que toi … ».

Comme pour illustrer ses propos, il prit le membre de Léonard dans sa main et joua de son pouce sur le bout. Léonard glapit et arrêta tout mouvement. Il provoqua Khan du regard qui se mit à faire des va et vient avec sa main tout en bougeant des hanches. C'est à ce moment que Léonard perdit toute notion du temps. Il sombrait dans un océan de plaisir non camouflé, un hymne à la passion qui explosait en lui. Alors qu'il été au bord de la jouissance, il réussit tant bien que mal à susurrer « Vient avec moi … », juste ce qu'il fallait pour que Khan puisse l'entendre. L'Augment le prit alors dans ces bras et le fit pivoter sur le matelas afin de pouvoir le surplomber et être libre de ses mouvements. En très peu de temps, Léonard sombra dans les brumes du plaisir, suivit de près par l'Augment qui embrassa Léonard comme pour marquer un point final. Léonard se décala dans le lit pour laisser Khan s'installer à ses côtés mais contre tout ce qu'attendait le docteur, Khan se leva et partit au salon dans la simple tenu d'Adam. Léonard ne put s'empêcher de suivre Khan du regard pour ne pas rater une miette. Lorsqu'il revint, il tenait quelque chose dans son poing droit fermé. Il s'assit sur le bord du lit et regarda Léonard sérieusement, ce qui l'obligea à se redresser de sous les draps.

« - Qu'y a-t-il ? demanda Léonard inquiet, Tu fais une de ces têtes à présent …

- Ne t'inquiète pas, il y a quelque temps que je voulais te parler d'un projet mais je n'en ai jamais trouver la force n'y même le courage.

- Venant d'un être comme toi, comment veux-tu que je ne m'inquiète pas ! railla Léonard. Tu sais que tu peux tout me dire et pas uniquement parce que je suis ton médecin.

- Je le sais, mon amour … ».

Ces deux petits mots résonnèrent dans la tête de Léonard comme un message. Tout ce qu'il désirait depuis sa rupture était de gagner l'amour inconditionnel d'un être qu'il aimerait pour ce qu'il était. Pas le médecin de campagne. Pas le Médecin Chef de l'USS Enterprise, pas Léonard McCoy. Juste Léonard.

Alors qu'il était perdu dans ses pensées, il sentit Khan lui prendre la main gauche et glissée quelque chose à son annulaire. Il fixa sa main et vu une chevalière en argent gravé d'une feuille d'érable.

« - Tu n'as pas l'intention de me faire exploser, n'est-ce pas ? railla Léonard. »

Khan ricana en retour. Il ne regrettait pas ce qu'il avait fait mais il avait décidé d'avancer et donc par conséquent de ne jamais retourner en arrière.

« - J'espère que tu sais ce que symbolise la feuille d'érable dans le Vieux Sud-américain (1) ?

- Bien sûre que je le sais … Dit Khan ».

L'Augment se pencha sur Léonard pour l'embrasser tendrement et le prendre dans ses bras. Oui, il le savait et il en acceptait toutes les conséquences, quelle qu'elle fut !

Après le départ de Bones, Jim était resté là, planté au milieu du salon comme un poteau dans un trottoir. Le regard vague, il pensait aux paroles de Léonard. Il n'avait aucune envie d'aller à l'hôpital et il savait pourquoi. La peur, la culpabilité, voilà ce à quoi il allait être confronté s'il retournait à l'hôpital. Alors oui, il était James Tiberius Kirk : Capitaine de l'USS Enterprise à qui la fédération confierait sans hésiter un poste d'amiral. Mais il en avait assez, plus qu'assez d'être l'homme parfait que l'on exigeait de lui ! assez de devoir montrer l'exemple, assez de sauver des vies alors qu'il n'avait même pas pu sauver son amie d'enfance. Il donna un violent coup de pied dans une chaise qui vola à l'autre bout de l'appartement pour atterrir sur un cadre comportant une photo de lui et Léonard en uniforme de cadet avec leur diplôme de l'Académie Starfleet. Il s'approcha doucement pour prendre la photo et la fixer.

Lorsque quelqu'un frappa trois coups à la porte de l'appartement, Jim sursauta, étonné vu qu'il n'attendait personne. Encore qu'il n'attendît pas Bones ce matin non plus mais là il se demandait vraiment de qui il pouvait s'agir. En quatre enjambés, il rejoint la porte et déposa au passage la photo sur le comptoir du bar.

« - Qui est-ce ? haussa Jim.

- Commander Spock, mon capitaine. »

La voix de Spock, cela faisait une éternité qu'il ne l'avait pas entendue. Elle résonna jusqu'à son cœur. Seigneur qu'il avait été con de ne pas lui donner de nouvelles. Il ouvrit la porte pour la seconde fois de la journée. Spock attendait dans une magnifique tenue vulcaine. « C'est la première fois que je le vois habillé de façon traditionnelle. » Pensa Jim. Il l'invita à entrer et parti vers la cuisine pour préparer du café et du thé pour son hôte.

Spock pénétra dans l'appartement en frissonnant. La température était déjà basse dehors du fait de la météo mais ici, on avait l'impression que personne ne vivait dans cet appartement. Toutefois, il conserva son masque de neutralité alors que la stricte vérité était qu'il avait envie de plaquer Jim sur cette table où il préparait ce café, de l'enlacer avec force et d'enfouir son visage dans les cheveux de son Thy'la. Mais il ne bougea pas d'un iota vers Jim. A la place, il se dirigea vers le salon où la table basse était en mille morceau. Il haussa un sourcil et devina ce qui c'était passé avec le docteur McCoy, puis son regard fut attiré par un cadre qui dépassait du buffet sur le côté entre le salon et la cuisine. Il s'y rendit et son cœur se serra. Il savait qu'à cet époque, Jim ne connaissait pas les sentiments de son aîné, Léonard se taisait et Spock ne faisait même pas encore partie de sa vie. Un jour, pourrait-il espérer figurer sur une même photographie que Jim, un sourire illuminant leurs deux visages ? Il en doutait. Jim l'appela de la cuisine et il réprima sa tristesse, après tout, un vulcain ne devait rien ressentir. Des jours, Spock comprenait le pourquoi de ce précepte et s'attelait à en faire sa ligne de conduite comme tout vulcain digne de ce nom le ferait. Mais à d'autre moment, il rêvait secrètement de faire parler sa partie humaine de façon pleine et entière, de faire exploser ses émotions et de montrer à tous ce que lui ressentait réellement. Mais Spock était un enfant de deux mondes, ce qui faisait qu'il n'avait sa place ni parmi les humains, ni parmi les vulcains. Il était incomplet et cherchait à trouver une place, celle qui serait la plus utile, la plus logique.

Quand il arriva du côté de la cuisine, son thé était posé dans un bol sans anse et d'apparence simple. Cela l'amusa intérieurement du fait de la grandeur du contenant du fait qu'il aurait pu y manger une bonne part de soupe de pomleck s'il l'avait souhaité. Jim s'assit de l'autre côté du bar, son mug à café Starfleet Academy dans les mains.

« - Je suis content que tu sois là … lâcha Jim tout bas.

- Vous êtes sûre, Capitaine ? demanda Spock de derrière son masque de neutralité. ».

Jim leva la tête et fronça le front.

« - Tu peux arrêter ton vouvoiement ? Entre nous, je pense que l'on a dépassé ce stade en privé et nous ne sommes ni à Starfleet ni sur la passerelle.

- Je te prie d'accepter mes excuses, Jim. Je pensais que cela serait plus confortable pour toi si j'installais un certain cadre psychologique. Mais si tu le souhaite vraiment, alors j'arrête tout de suite.

- Tu as vraiment pensé ça ? ».

Jim regardait son officier en second, son ami, son amant et au vu de ce que lui avait dit Spock, son Thy'la. Il savait qu'il avait dû y réfléchir un sacré moment pour en arriver à cette conclusion. Le but étant de le mettre à l'aise tout en apportant une touche d'amicalité. Mais s'il avait voulu être honnête avec lui-même, ce n'était pas de ça dont il avait besoin. Il avait besoin de son vulcain et non de son officier en second. Parce qu'à première vue, on pourrait penser qu'ils sont une même personne mais ce n'est pas du tout ça. Ils sont aussi différents que le jour et la nuit.

Jim regarda le brun dans les yeux.

« - Je suis sincèrement désolé, tu sais. Je … J'ai joué au con en ne te donnant pas de nouvelles. »

Pas un autre bruit ne sorti de la bouche du jeune homme mais son dos tressaillait par de petits sanglots. Le cœur de Spock se tordit et cette fois-là, il laissa ses sentiments le submerger. Il prit le visage de Jim dans sa main gauche afin de croiser le regard.

« - Jim, ce n'est pas ce que tu crois. Je ne suis pas venu pour exiger de toi de quelconques excuses. A travers le lien qui s'est créer entre nous, j'ai ressenti la moindre sensation, le moindre sentiment qui t'a habité. »

Jim avait complètement oublié cette histoire de lien avec tout ce qui s'était passé. Pourtant maintenant qu'il y repensait, la sensation de la voix de Spock dans sa tête valait tout l'or du monde. Il prit la main de Spock dans la sienne et joua avec les longs doigts fins. Les joues du vulcain verdissaient à vue d'œil, ce qui dit sourire tendrement le jeune capitaine. Puis sans prévenir, il ferma les yeux et se concentra sur la présence en face de lui. Spock ressentit la tentative de contacte de Jim, il était vrai que cela faisait longtemps et qu'ils l'avaient peu pratiqué mais le lien était toujours présent. Il fallait seulement le renforcer. Spock tendit le bras droit et posa ses doigts sur des points stratégiques du visage de Jim.

Le monde qui les entourait disparaissait peu à peu dans un nuage d'obscurité. Seul subsistait Spock et Jim. Il se tenait l'un en face de l'autre comme deux âmes égales vibrant à l'unisson. Des vrombissements sourds venaient de toutes parts et de leurs cœurs. Soudains l'air changea ainsi que l'environnement pour faire apparaitre une terre aride et ocre. La pression de l'air écrasa Jim qui plia légèrement les jambes pour ne pas s'écrouler.

« - Nous sommes sur Vulcain ? demanda Jim. »

Spock hocha la tête. Jim y était allé qu'une seule et unique fois, ce qui lui suffit pour retenir les sensations qu'un humain pouvait ressentir : la pression de l'air, le manque d'oxygène, le vent chaud et le soleil brulant sur la peau.

« - Mais elle a été détruite … murmura le capitaine.

- Oui, Jim. Mais elle sera à jamais présente dans le cœur de ceux de mon espèce dont le mien. »

Spock choisissait ses mots, c'est pourquoi il employait le terme de cœur et non d'esprit, ce qui aurait été plus logique pour un vulcain mais faux.

« - Connais-tu l'histoire de mon peuple, Jim ? L'origine de ce qui fait de nous des êtres de logique ? ».

Jim n'eut pas le temps de répondre. Sous leurs yeux des vulcains en tenues traditionnelles ou torses nus pour les mâles se matérialisèrent.

« - A l'origine de notre espèce, les sentiments nous habitaient cent fois plus intensément que vous les humains. Ils dictaient notre vie jusqu'à la sauvagerie. Sanshin, le grand prêtre du Kolinahru la faction vulcaine la plus cruelle, nous guidait. La Légende dit qu'il pouvait d'un seul regard faire bouillir le sang à l'intérieur même du corps des ennemies par pyrokinésie. ».

En effet, les vulcains de l'ancien temps commencèrent à copuler sauvagement et s'il y avait deux prétendants pour une femme à se battre. Le combat était sanglant et se termina par la mort de l'un des deux hommes. Les combats à mort.

« - Ce fut la vie que mes ancêtres menèrent jusqu'à l'arrivé du philosophe Surak père de la société vulcaine moderne, vint alors le Temps de l'Eveil. Sanshin l'écouta et rejoignit le philosophe dans sa ligne de conduite. Ainsi apparut le Kolinahr et le kolinahru se retira dans le monastère situé sur le mont Kholinar dans la province de Gol. ».

Le paysage changea et un monastère apparut.

« - Voici le temple du mont Seleya. Tous les jeunes vulcains doivent passer le Kahs-Wan pour apprendre à maitriser les émotions puis adultes et s'il le souhaite, un vulcain peut passer le rituel du Kolinahr pour annihiler toutes traces d'émotions. Il s'agit d'un long rituel de deux à six ans minimum. »

Un jeune Spock gravissait l'escalier du temple pour subir le Kahs-Wan et le rituel eut lieu devant eux.

« - As-tu subit le Kolinahr ? demanda Jim.

- La réponse m'apparait logique, si tel avait été le cas, rien ne se serait passé entre nous et je serais demeuré sur ma planète. Toutefois, mon moi du futur la effectivement entamé en l'an 2270. En 2272, son Kolinahr était quasiment achevé mais il redescendit de la montagne sans l'achever. Il a refusé de me dire pourquoi. »

Vulcain disparut.

« - J'espère qu'à l'avenir tu comprendras pourquoi la logique est une chose qui fait partie intégrante de moi. ».

Jim avait le souffle coupé.

« - Nous allons arrêter là, il s'agit de ta première fusion mentale et … ».

Jim refusa, il voulait lui montrer.

L'Iowa apparut. Spock s'amusa de la ressemblance avec certaines régions vulcaines. Puis au loin, deux enfants couraient, se dirigeant vers eux. Jim et Maggy à l'âge de sept ans. Ils jouèrent ensemble.

« - Elle et moi, nous nous ressemblions énormément. Je n'avais pas de père, le sien était toujours absent. Ma mère me haïssait, la sienne l'ignorait. Nous étions frère et sœur de cœur alors quand son père l'a emmené, je me suis retrouvé seul. Je ne comprenais pas. Aujourd'hui, elle est dans cet état par ma faute. »

Les larmes coulèrent d'elle-même. Spock courut vers Jim et le prit dans ses bras.

La fusion mentale s'arrêta. Jim était trempé de sueur et avait du mal à respirer.

« - Intégrer Starfleet m'a permis de trouver ma voie. Cela m'a permis de me sentir moins seul. D'abord lorsque le Capitaine Pike m'a pris sous son aile. Quand Léo a failli me vomir dessus et quand nous avons fait nos classes ensemble. Et toi.

- Moi … murmura Spock.

- Je me suis vue en toi. Ta solitude, les émotions qui malgré tout ce que tu peux dire vivent en toi … même si j'avoue qu'au début j'ai imaginé mille façons de te torturer ! »

Jim éclata de rire, suivit de Spock. Le rire du vulcain étonna Jim, c'était la première fois qu'il l'entendait et il savoura cet instant. Sans prévenir, il captura les lèvres de Spock et l'embrassa en douceur de façon humaine.

« - Wani ra yana ro aisha (2)… susurra Spock à l'oreille de Jim qui sentit sa peau s'embraser. »

Il n'avait pas à demander le sens de ces mots. Il sentait leurs significations au plus profond de son corps et de son cœur.

« - Moi aussi. »

Jim cacha son visage dans le creux du cou du vulcain et passa ses mains dans la masse de cheveux bruns ordonnés.

Oui, moi aussi ….

La pluie avait cessé depuis quelques heures mais l'humidité demeurait dans l'air et gênait la respiration. Le froid se mêlait désormais à l'ambiance sombre de cette matinée. La route jusqu'à l'hôpital militaire était pesante pour Jim. En uniforme, il marchait dans les rues de San Francisco d'une démarche raide. Spock préférait marcher derrière à un pas de distance. Il savait que sa place n'était pas là même si Jim lui en avait assuré le contraire. Par respect envers l'être qu'il aimait il serait donc présent, à sa place d'ami. Lorsqu'ils arrivèrent devant l'immense bâtiment blanc, le docteur McCoy et Khan les y attendaient accompagner du lieutenant Uhura.

« - Bonjour Jim, commença Léonard en s'approchant doucement. Comme tu le vois, nous avons bien pris ton message … Tu pensais vraiment que nous ne viendrions pas ? Tu ne changes pas, gamin ! »

Puis Jim se tourna vers la jeune femme. Il sourit tendrement et se pencha pour la prendre dans ses bras tout en murmurant des remerciements sincères à ses oreilles.

« - Tu n'étais pas obligées de venir. Dit tristement Jim.

- Depuis quand laisse-t-on les amis dans de tels moments, James Tiberius Kirk ? » lui répondit elle en caressant la joue du capitaine de la main droite.

Ils attendirent là, dehors, quelques instants. Jim devait entrer en premier, d'une part parce que c'était lui qui était convoqué et d'autre part parce qu'il devait décider de lui-même quand commencé cette épreuve. Plusieurs fois, il avança vers l'immense porte de verre d'où l'on apercevait des patients en fauteuil roulant ou marchant appuyé à leurs perfusions. Des proches les accompagnaient et les aidaient du mieux qu'ils pouvaient.

Sans prévenir garde, Jim prit son courage à deux mains et entra. Il se dirigea vers le bureau du médecin en charge du dossier de Maggy. Mais plus il approchait de la porte et plus il ralentissait. Il aurait véritablement souhaité faire machine arrière et partir en courant mais la porte s'ouvrit sur une charmante infirmière que Jim ne remarqua même pas et le docteur Logan.

« - Capitaine Kirk, je craignais que vous ne veniez pas. Veuillez entrer et vous installer, je reviens dans un instant. ».

Les deux blouses blanches s'éloignèrent et tournèrent à gauche. Jim entra suivit de Léonard qui avait décidé d'assister à la réunion en sa qualité de médecin chef de l'Enterprise. Khan et Spock se regardèrent mutuellement. Tous deux souffraient de ne pas pouvoir accompagner leurs moitiés mais ils savaient rester à leurs places. Ainsi ils attendraient que les deux meilleurs amis ressortent de la pièce pour montrer leurs soutiens. Uhura s'assit sur un des bancs immaculés du couloir et regardait le mur d'en face.

« - Comment va-t-il ? demanda-t-elle de ses grands yeux de biches.

- Mal. Dit simplement Spock. Il tente de montrer le contraire mais il n'y a que lui pour penser que nous tombons dans le panneau.

- C'est la raison pour laquelle Léonard l'accompagne. Il n'est pas dupe. Ajouta Khan adossé près de la porte. ».

Le médecin revint avec des documents. Il hocha la tête pour saluer les membres de l'équipe et pénétra dans le bureau. Nyota eut juste le temps d'apercevoir Leonard serrant la main de Jim et murmurant des paroles surement réconfortantes à son ami qui regardait le sol. Ils se séparèrent quand la porte se referma.

[Bureau du médecin]

« - Messieurs, je vous remercie d'être venu. »

Il contourna le bureau de verre et prit place dans l'immense fauteuil de cuir blanc. Jim et Léonard le regardaient inquiet.

« - J'aurais aimé vous dire que les nouvelles furent bonnes mais malheureusement, elles ne le sont pas. ».

Jim eut un hoquet d'inquiétude et serra davantage ses mains jointes laissant apparaitre ses jointures blanches. Léonard prit la suite.

« - Le sang que je vous ai confié n'a pas été utile ?

- Quel sang ?! demanda Jim énervé que l'on ne lui en ai pas parlé. »

Léonard garda le silence et n'osait pas regarder son ami.

« - Il s'est proposé, Jim. Comme cela avait fonctionné pour toi, nous espérions que cela fonctionne pour elle …

- Et ? demanda Jim.

- Le sang a lutté pendant un certain temps et nous avons presque pensé qu'une amélioration se profilait mais la situation est revenue à la normale et depuis elle n'a pas cessé de se dégrader. »

Jim se leva d'un coup et commença à faire les cents pas dans le cabinet. Le Docteur Logan allait lui demander de se rassoir quand Léonard lui intima d'un signe discret de la main de le laisser marcher.

« - Quoiqu'il en soit, il faut que vous sachiez que dorénavant la situation de Mlle Wright est irréversible et il va falloir faire un choix. Je crois savoir qu'elle a pris position mais elle désire vous voir avant de me le faire savoir. Avant d'y aller, je dois vous faire part d'une chose sur le cas de votre amie mais pour cela je souhaiterais vivement que vous vous asseyez, Capitaine.

- Je ne préfère pas, Docteur … ».

Le médecin se racla la gorge et remis quelques documents en place avant d'annoncer la nouvelle.

« - Outre le fait que les blessures infligées à Mlle Wright aient causé des dommages à différents organes qui chaque jour l'affaiblissent d'avantages, sa moelle épinière a été touché et brisé à divers endroits et cela l'a rendu totalement paralysée. ».

Jim se stoppa net et son corps se mit à trembler. Il retenait des pleurs et ça Léonard s'en rendit rapidement compte. Son cœur se serrait à voir Jim dans cet état, comme à chaque fois qu'il l'était. En cet instant, il mourait d'envie de se lever, de prendre Jim dans ses bras et de passer à l'infini ses mains dans son dos pour désespérément le calmer. Jim inspira plusieurs fois à pleins poumons pour se calmer et lorsqu'il y parvint se retourna vers le docteur.

« - Je suis prêt. »

Léonard s'était retourné sur lui, était-il vraiment prêt ? La réponse était non mais il ne pouvait pas reculer alors autant se jeter à l'eau.

Ils quittèrent la pièce et passèrent devant les autres membres du groupe. Jim ne put s'empêcher de s'arrêter devant l'Augment. Il lui tendit la main. Khan la jugea d'un coup d'œil rapide et la prit ans la sienne, plus grande et plus froide alors que celle de son capitaine était plus rugueuse et plus chaude, en soit plus humaine.

« - Je tiens à te remercier, tu n'étais pas obligé. Dit simplement Jim.

- Effectivement, je ne l'étais pas mais j'avais une dette envers vous « Capitaine » du moment où vous m'avez accepté dans votre équipage au lieu de me remettre dans un Cryo-tube. J'ai le regret que cela n'ait servi à rien. »

Bien entendu qu'il avait écouté l'ensemble de la conversation et donné un compte rendu détaillé aux deux autres. Et bien sûr, Spock avait pour une fois écouté sa part humaine et renoncer à suivre les règles de la vie privée (qu'il partageait dorénavant avec Jim). Le cœur de Jim se raviva un peu à l'idée que ses amis s'inquiétaient pour lui.

Lorsqu'ils arrivèrent tous devant la chambre de Maggy, seul Jim était autorisé à entrer. Léonard et Khan se placèrent à droite de la porte, Uhura s'assit sur un siège et Spock resta avec le docteur.

La scène opéra une déchirure aussi grande que les canyons que l'on trouvait dans les Forges de Vulcain. Maggy était d'une blancheur à faire pâlir un linge et de multiples tubes parcouraient son corps pour lui permettre de plus ou moins fonctionner comme il le devrait. Pour sa venue, on avait ôté l'intubateur pour la laisser parler. Elle semblait dormir et d'un moment à l'autre, elle semblait pouvoir mourir, son cœur cessant de battre et la laissant glisser lentement dans un sommeil éternel qui ne lui laisserait aucune échappatoire. Telle était la contemplation dans laquelle se perdait inévitablement Jim lorsque les yeux chocolat de la jeune femme s'ouvrirent. De grandes cernes bleues entouraient les orbes encore étonnamment pétillants.

« - Tu es venu … »

La voix de Maggy avait du mal à passer la barrière de chair. Elle était rocailleuse et sèche.

« - Tu pourrais ? S'il te plait ? » lui demanda-t-elle en indiquant la table de chevet du menton.

Jim accouru et se saisit du verre d'eau pour aider son amie à s'abreuver jusqu'à la lie. Il reposa délicatement sa tête sur l'oreiller et déposa le verre vide avant de le remplir à nouveau, puis se tournant vers Maggy, il fut surpris par son sourire réconfortant. Comment pouvait-elle le réconforter alors que cela devait être son rôle à lui … Il prit son courage à deux mains.

« - Comment vas-tu ? »

Il ferma les yeux et se frappa mentalement. Quel con il faisait ! bien sûre qu'elle n'allait pas bien.

« - Excuse-moi, je me suis mal exprimé …

- Ne t'excuse pas, je comprends ce que tu veux dire et j'imagine que le doc' t'a mis au courant ? ».

Jim hocha de la tête et se posa sur le bord du lit.

« - Je suis paralysé des pieds jusqu'à la base du cou. Je ne sens absolument rien mais ma santé décline de jour en jour. Je souffre d'affreux maux de tête et je n'ai plus faim. Je ne vais pas te mentir, je n'en ai plus longtemps.

- Comment ça ? paniqua Jim. Ne dis pas ça, on peut se créer un squelette bionique et tu remarcheras ! je vais te trouver un meilleur médecin ! je …

- Arrête Jim, je sais que tu le ferais mais la question n'est pas là. Je vais mourir, point. »

Jim passa la main droite sur son visage et il sentit les larmes pointées. Il sursauta quand Maggy se mit à tousser. Elle toussa longtemps et du sang atterri sur le lit ainsi que sur Jim. Les machines commencèrent à bipper dans tous les sens et la jeune fille pâlit davantage. Elle se mit à hurler des mots incompréhensibles et sa tête s'enfonçait dans l'oreiller comme si elle voulait que tous les sons soient étouffés et disparaître au sein des plumes. Trois infirmières pénétrèrent dans la chambre pour lui injecter divers produits qui la calmèrent rapidement. Une fois que tout fut revenu à la normal, Maggy hochait la tête et respirait de façon erratique.

« - C'est bon … mesdames, …. Je vais mieux ... »

Elles partirent rapidement et Jim ne pouvait détacher les yeux de son amie. Le docteur entra sans bruit et déposa une seringue sur la table de chevet. Jim suivit cet ombre de malheur qui n'y pouvait rien du regard puis il la saisit et interrogea Maggy du regard.

« - J'ai demandé une requête au haut commandement de Starfleet, ils l'ont accepté à contrecœurs mais ils ne pouvaient pas me l'interdire.

- J'espère que c'est une blague …

- Je ne suis pas en position de le faire et je peux t'assurer que je préfèrerais que c'en soit une mais je t'ai demandé de venir pour te revoir d'une part et pour te demander une faveur.

- Demande-moi ce que tu veux … mais j'ai peur de savoir ce que tu vas me demander… »

Elle ferma les yeux et les rouvrit avec un regard déterminé.

« - Je veux que tu mettes fin à ma vie, Jim. »

Il ne pouvait pas en entendre plus. Il explosa tout simplement, cette rage, cette peine qu'il ressentait depuis des mois et qui le grignotaient petit à petit devaient sortir.

« - JAMAIS, tu m'entends ! J'y crois pas … Putain mais qu'est que j'ai pu faire dans une autre vie pour avoir une vie de merde pareil ! ».

Il partit dans un monologue qui n'en finissait plus. Il oubliait où il était, pourquoi il y était …

Dehors, les hurlements alertèrent les autres membres qui ne purent s'empêcher de jeter un coup d'œil. Le spectacle n'avait rien de réjouissant. Jim tournait en rond comme un lion en cage et vociférait comme si sa vie en dépendait. Spock le sentait en particulier. Il ressentait cette rage, cette tristesse et cette mort. Il essaya de se concentrer, de mettre de côté la voix vrombissante de son thy'la pour ne se concentrer que sur son corps, plus précisément son âme afin d'accorder la sienne à celle de Jim. De cette façon, il retrouverait un certain calme. Jim le sentit. Spock parcourant chaque veine, chaque muscle de son anatomie. Dans un sens cela le calme mais à l'intérieur la tempête faisait rage et son cœur coulait comme une galère prise en étaux entre deux vagues d'encre noire.

Le médecin amorça un pas dans la direction de la chambre et fut bloqué par le bras de Khan.

« - Je pense que le capitaine est calmé, Docteur. »

Son regard sombre fixait l'humain qui ne dit rien de plus pour retourner près de Spock.

Dans la chambre, le calme était revenu. Maggy demanda son ami de la redresser un peu.

« - Je ne peux pas vivre comme ça, Jim. Tu le sais aussi bien que moi. Je n'en ai plus pour longtemps et je ne souhaite pas vivre comme un mollusque. Ne plus courir, ne plus toucher, ne plus pouvoir se laver seule … Je veux une mort digne ! et je te le demande : à toi, la personne que j'aime le plus dans l'univers. Prends la seringue bleue qui se trouve dans le troisième tiroir de ma table de chevet et injecte le dans ma perfusion. »

Sans réponse, Jim sortit précipitamment de la chambre et empoigna la blouse du médecin.

« - vous le saviez ! et vous ne m'avez rien dit ! siffla Jim.

- Il s'agit de sa décision et il n'était pas de mon ressort de vous en faire part. »

La main de Léonard se posa sur l'avant-bras du jeune capitaine.

« - Calme toi, Gamin. »

Ces simples mots eurent l'effet escompté. Jim lâcha la blouse et se retourna.

« - Si vous acceptez sa requête, j'ai quelques papiers à vous faire signer.

- Docteur Logan, je pense que la paperasse administrative peut attendre. Murmura Léonard.

- Bien sûre, cher confrère. »

Cet fois ci le médecin quitta les lieux pour préparer le dossier. Jim en profita pour retourner dans la chambre.

Il s'approcha du lit et tout en se saisissant de la seringue, embrassa le front de son amie, de sa sœur. Il enclencha le tube et demanda l'approbation de Maggy du regard. Elle hocha la tête.

« - N'hésite pas ! lui dit-elle »

Il pressa le produit qui se déversa dans un tube jusqu'à la perfusion. Il ne devait pas hésiter ne pas reculer face à sa requête. Il retourna vers le lit et s'allongea sur le lit avec elle. Main dans la main, serré l'un contre l'autre, Maggy s'endormit progressivement dans les bras de son frère de cœur qui pleurait silencieusement dans son dos. Jusqu'au dernier râle de la jeune fille qui marquait le dernier spasme du cœur et donc la FIN.

(1) La feuille d'Erable dans le Sud des Etats Unis symbolise un amour sincère et voulu au quotidien. Mis au pied du lit, elle chasse les démons et apporte le bonheur.

(2) Wani ra yana ro aisha est le terme vulcain signifiant « je t'aime ».