CHAPITRE 14
Harry regardait le blond, l'air complètement perdu. La migraine s'installa à une vitesse fulgurante, l'empêchant de se souvenir de quoi que ce soit. Il voulu questionné davantage Draco mais les bouteilles vides qu'il avait renversé en se levant brusquement avaient fait un vacarme qui réveilla les autres :
- Hum… Harry, qu'est ce qui passe ? demanda Hermione, la première debout mais encore à moitié endormie.
- Euh… Rien Mione. Désolé de vous avoir réveillé. J'ai renversé les bouteilles en me levant, se justifia Harry sans quitter le blond des yeux.
- Ce n'est pas bien grave mais la prochaine fois, réveille nous en douceur, tu veux ? Lui dit Ginny en lui donnant une légère tape derrière la tête.
- En tous cas, il y en a un qui n'a rien entendu, dit Neville en montrant Ron du doigt qui ronflait paisiblement, enroulé dans une couverture.
Ginny et Hermione hochaient la tête, navrées. Neville, Harry et Draco rigolaient de la situation. Néanmoins Hermione tenta :
- Ron, c'est l'heure, lèves toi, fit elle en le secouant légèrement.
- Tu n'y arriveras jamais comme ça Mione, rigola Harry. Attends, j'ai une meilleure idée. A trois, Ok ? dit il en se retournant vers les autres. Un… deux… trois !!
RON !!
- Hein ?! Quoi ?! Qu'est ce qui se passe ?! On nous attaque ?! Cria Ron, brandissant sa baguette droit devant lui.
- Du calme Ron, baisse moi cette baguette, personne ne nous attaque, rigola Harry.
- T'es sûr ?
- Puisque je te le dis.
Ron se leva, rassuré, pour ranger sa baguette dans sa poche alors que les autres étaient partis dans un fou rire, même Draco.
Alors que ce dernier se disait que ça faisait longtemps qu'il n'avait pas ri de cette manière, il croisa le regard du brun. Leurs sourires se fanèrent aussitôt et le malaise s'installa entre eux, invisible aux yeux des autres.
- C'est dommage que Colin ait manqué ça, dit Ginny en s'étirant. Mais personnellement, j'ai adoré cette petite soirée, il faudra recommencer.
- Je suis d'accord mais pas tant que Hermione ne nous dira pas quel sortilège il faut pour enlever ce mal de tête, répondit Ron en se massant les tempes.
- Et pourquoi ce serait à moi de t'apprendre le sortilège ? Tu n'as qu'à aller te renseigner tout seul pour une fois ! S'emporta Hermione.
- Pourquoi tu m'engueules ?! Tu sais très bien que si je te demande c'est pour gagner tu temps. Mais bon, si tu ne veux pas rendre service…
- Pas rendre service ?! Tu plaisantes ? Tu ne manques pas de culot !
- Ca va, on se calme. Ce n'est pas bientôt fini votre petite querelle d'amoureux ? Les coupa Ginny.
La remarque de la rousse fit rougir les deux concernés et les fit taire aussitôt. Hermione et Ron sortirent de la Salle chacun de leur côté, un peu honteux tandis que Ginny affichait une mine victorieuse ; elle savait très bien que sa remarque les gênerait au point de les calmer. Harry lui aussi souriait dans son coin, ce genre de petite bagarre lui avait manqué les six dernières année et lui rappelait le bon vieux temps.
- Bien vu Ginny, mais il faudra vraiment que tu me racontes ce qui s'est passé entre ces deux là pendant mon absence, je crois que j'ai manqué pas mal de choses, dit Harry à la rousse.
- Tu n'as pas idée mais ne t'inquiètes pas, dès que tu auras cinq minutes je te raconterai tout. Mais en attendant, il faut quand même rattraper Hermione, elle seule peut nous enlever ce mal de tête, rigola Ginny.
- Partez devant, je vous rejoins, je récupère mes affaires, lui répondit Harry.
Neville et Ginny sortirent de la Salle. Draco allait faire de même, ne voulant pas rester seul avec le Survivant.
- Malefoy ! Attends.
Draco soupira et se retourna vers le brun.
- Qu'est ce que tu me veux encore Potter ?
- Dis moi comment on s'est retrouvé dans cette… position ? Lui demanda Harry, rougissant légèrement.
- Je n'en sais rien.
- Tu mens, c'est toi qui t'es arrangé pour qu'on finisse comme ça et je ne vois pas pourquoi.
- Tu délires Potter, je n'ai rien fait. Et dans le cas contraire, je ne me serais jamais contenté de si peu, rétorqua Draco.
Harry le regarda avec de grands yeux, stupéfait par la remarque du blond. Ce dernier était dans le même état : il n'avait pas contrôlé ses paroles. C'était dû à la vieille habitude qu'il avait prise de toujours répondre au Survivant pour avoir le dernier mot. Seulement cette fois, c'était aller peut être un peu trop loin…
Le blond ne demanda pas son reste et s'en alla le plus vite possible de la Salle, laissant Harry en plan.
Mais qu'est ce qui m'a pris de lui balancer ça comme ça ?! Bon… Au fond, ça m'arrange un peu. Si avec ça il n'a compris… Quoi qu'avec les Gryffondors…
Draco se repassait en boucle la réaction du brun, essayant à chaque fois d'interpréter l'étonnement de ce dernier plutôt comme un signe encourageant. Le sourire aux lèvres, il entra dans la Grande Salle. Il fut surpris de n'y trouver que les professeurs et la Directrice, prenant leur petit déjeuner. Draco se dirigea vers la Directrice :
- Bonjour professeur
- Bonjour Mr. Malefoy
- Vous n'auriez pas aperçu Blaise et Pansy ce matin ?
- Si, ils m'ont d'ailleurs demandé de vous passer un message. Ils vous attendent tous les deux à l'infirmerie. Et il semblerait que vos homologues gryffons y soient également. Puis-je savoir la raison pour laquelle mes anciens élèves sont tous à l'infirmerie en même temps ? demanda la Directrice, s'attendant au pire.
- Nous avons fêté, entre autre, le retour des élèves à Poudlard, expliqua Draco.
- Ensembles ? demanda McGonagall, surprise
- Ensembles, répondit simplement Draco, amusé. Si vous vous voulez bien m'excuser, je vais rejoindre les autres.
Le blond sortit de la Grande Salle sous les regards surpris de tous les professeurs qui avaient entendu la conversation.
- Et bien ma chère Minerva, il semblerait qu'on entre dans une nouvelle ère, plaisanta Slughorn.
- Il semblerait en effet, lui répondit la Directrice, souriante.
- Les élèves ne sont pas encore arrivés que vous me donnez déjà du travail ! Gronda Mme Pomfresh.
- Bien le bonjour Mme Pomfresh, lança Draco en entrant dans l'infirmerie.
- Mr. Malefoy, je suppose que vous êtes dans le même état que les autres, dit elle en pointant les « anciens » du doigt, chacun assis sur un lit, un verre à la main.
Asseyez vous et buvez ceci.
Draco prit le verre qui contenait un liquide qui ne donnait qu'une seule envie : le jeter dans le premier évier trouvé. Les autres regardaient leur verre ; avec appréhension pour Hermione, Ginny et Neville, avec dégoût pour Ron et les deux Serpentards. Cela n'avait pas l'air de déranger Harry ; visiblement il connaissait déjà cette potion et savait à quoi s'attendre.
- Si je comprends bien, tu ne te souviens plus du sortilège ? demanda Draco à Hermione en lui souriant.
- Non… soupira Hermione. Mais la potion est plus efficace.
- Oui je sais et il n'y pas d'effets secondaires, contrairement au sortilège il me semble, lui répondit le blond alors que les autres regardaient la scène avec incompréhension, même Mme Pomfesh qui commençait à se demander si c'était bien les anciens élèves dont elle se souvenait.
- Aller, santé ! Et Draco but son verre d'une traite, suivi rapidement par Hermione puis par les autres.
L'infirmière récupéra les huit verres et observa ses patients un moment. Les regards s'éclaircissaient, les traits de leurs visages se détendaient, la migraine disparaissait.
- Très bien jeunes gens, je pense que vous allez mieux. A présent, sortez d'ici et que je ne vous revoie plus dans cette infirmerie, pour cette raison ou une autre, les gronda une dernière fois Pomfresh avant de les pousser dehors.
- Bon. On va prendre un petit déj ? Proposa Ron à Harry.
- Rien ne t'arrête toi ! Plaisanta Hermione.
- Toi, fous moi la paix ! Rétorqua Ron violemment. Viens Neville on y va.
Neville ne protesta pas, ne voulant pas énerver le roux davantage. Harry allait rattraper son meilleur ami pour lui dire de s'excuser, mais la mine qu'affichait Hermione le stoppa. Il s'approcha d'elle pour la réconforter tandis que Ginny s'emportait :
- Non mais qu'est ce qu'il lui prend à celui là !! Je vais te le ramener, je vais lui apprendre à être poli moi !
La rousse partit en trombe dans la même direction que son frère et fut rapidement suivie par Blaise et Pansy qui ne voulait pas manquer le savon qu'allait passer Ginny à Ron.
- Je ne comprend pas pourquoi il a réagit comme ça, dit Hermione à Harry.
- Je ne comprends pas non plus Mione, ce n'est quand même pas cette histoire de sortilège de toute à l'heure ?
- Non, tu as bien vu, à l'infirmerie ça allait déjà mieux entre nous. Je ne sais pas pourquoi il s'est emporté de cette façon, soupira Hermione.
- C'est peut être parce que tu me parles, lança Draco un peu au hasard.
- Non je ne crois pas. Je vais aller le voir et lui demander de s'expliquer, répondit Hermione avant de s'éloigner.
Harry attendit qu'elle quitte le couloir où ils se trouvaient et se retourna vers Draco :
- Je peux savoir ce que tu manigances encore Malefoy ?
- Ce que je manigance ?
- Ne te fous pas de moi ! Pourquoi tu es comme ça avec Hermione ? Je te préviens, si tu lui fais le moindre mal…
- Tu me saoules Potter !! Ca ne pourrait pas te traverser l'esprit deux minutes que je puisse être sincère avec elle ?
- Je ne te crois pas ! Tu n'as jamais été capable d'être honnête avec qui que soit !
- Ah oui ? Pourtant ce matin dans la Salle sur Demande, j'étais sincère, rétorqua Draco en s'approchant de Harry avec un sourire en coin.
Leurs visages n'étaient à présent qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Ils se regardaient droit dans les yeux. Harry était figé, de peur que le moindre de ses mouvements n'entrent en contact avec le blond.
Draco, complètement hypnotisé par le regard émeraude du brun, s'approcha davantage pour atteindre les lèvres du Survivant. Leurs bouches allaient se toucher lorsque Mme Pomfresh sortit de l'infirmerie. Draco eut juste le temps de se reculer pour que l'infirmière ne s'aperçoive de rien.
- Qu'est ce que vous faites encore devant la porte ? Allez prendre votre petit déjeuner ! Ordonna l'infirmière.
Harry partit presque au courant devant Pomfresh qui ne comprenait pas et Draco qui avait un sourire jusqu'aux oreilles, même s'il en voulait à l'infirmière de les avoir interrompu.
Le Survivant parcourait les couloirs menant à la Grande Salle, puis une fois devant les portes il opta plutôt pour une ballade au bord du lac, histoire de prendre l'air.
Il sortit alors du château, traversa le parc et s'allongea sur une étendue d'herbe au bord de l'eau. Le soleil était levé et tout le domaine de Poudlard baignait dans sa lumière. La chaleur de ses rayons faisait du bien à Harry qui avait la tête en ébullition ; il se posait des questions :
Pourquoi je n'ai pas réagi plus vite ? Qu'est ce qui se serait passé si Pomfresh n'était pas sortit à ce moment là ?
Puis Harry entendit des pas ; quelqu'un s'approchait doucement.
- Dégages Mal…
- Bonjour beau brun !
- Colin !
Harry courut sur lui pour l'embrasser langoureusement, ce qui surpris, agréablement bien sûr, le journaliste.
- On dirait que je t'ai manqué, rigola Colin une fois que Harry lui laissa reprendre sa respiration.
- Tu n'as pas idée, lui répondit Harry, soulagé par la présence de son amant.
- Tu avais l'air assez énervé avant que tu ne t'aperçoives que c'était moi. Je me trompe ou tu croyais que c'était Malefoy ?
- Euh… oui mais ça n'a pas d'importance.
- Vous vous êtes encore battus ?
- Non, enfin pas vraiment. Il… Il se comporte différemment avec Hermione et je veux savoir ce qu'il mijote, lui répondit Harry honteux de mentir à son amant.
- Vraiment ? C'est vrai que c'est bizarre mais n'oublie pas que Hermione est une grande fille et qu'elle est assez grande pour se défendre.
- Oui c'est vrai.
- Et qu'est ce qu'elle en pense elle ?
- Pas grand-chose pour l'instant, elle et Ron sont encore en train de se bagarrer, rigola Harry.
- Ah ces deux là ! Qu'est ce qu'ils attendent pour se mettre une bonne fois pour toute ensemble, qu'on soit tranquille ! Plaisanta le journaliste.
- Je crois que ça n'y changerait rien ! Mais en attendant, arrêtons de parler des autres tu veux ? Proposa Harry en reprenant Colin dans ses bras.
- Ok. De quoi veux tu qu'on parle ?
- Qui a dit qu'il fallait parler… murmura Harry avant prendre à nouveau possession des lèvres du journaliste pour un baiser passionné.
Ils étaient tous les deux dans leur bulle, ils ne se préoccupaient plus de ce qui les entouraient. Harry était plus que heureux de retrouver Colin et il lui faisait nettement comprendre à travers ses baisers. Colin lui, répondait aux assauts du brun sans se faire prier. Il sentait bien que le Survivant était tendu mais ce n'était pas important ; il resterait à ses côtés jusqu'à ce que Harry se sente mieux.
Les deux jeunes hommes étaient dans leur monde. Ils n'avaient absolument pas remarqué que au loin, derrière une fenêtre du château, quelqu'un les observait, quelqu'un qui était furieux.
Je te le ferais oublier, bientôt tu ne verras que moi !
De l'autre côté du château, au terrain de Quidditch, une autre discussion avait lieu :
- Je savais bien que je te trouverais ici.
- Laisse moi, je veux rester seul un moment.
Hermione soupira et préféra s'en aller mais une main la rattrapa par le poignet :
- Attends. Ecoutes, je suis désolé, je ne sais pas ce qu'il m'a pris. C'est seulement que j'étais encore vexé quand tu m'as refusé ton aide ce matin dans la Salle sur Demande et ensuite te voir parler avec Malefoy comme ça à l'infirmerie, ça m'a mis hors de moi, expliqua Ron
- Je ne pensais vraiment pas que c'était à cause de Malefoy. Cela dit je comprends que cela vous ait tous choqué, moi-même je n'en reviens pas mais j'y ai longuement réfléchis hier soir et je crois que Malefoy n'est pas aussi mauvais qu'il nous l'a fait croire pendant des années.
- Quoi ? Attends Hermione, on parle bien de Draco Malefoy, la fouine ?!
- Ron, toi aussi hier soir tu as parlé avec lui et sans que ça dégénère. Et puis s'il était vraiment comme on le pensait, tu crois qu'il serait venu avec nous hier soir ?
- Pourquoi tu prends sa défense ? Je commence à croire qu'il te plait… rétorqua Ron en faisant la moue.
- Arrête de dire n'importe quoi Ron ! Rigola Hermione. Et même si c'était le cas, je n'aurais aucune chance.
- Pourquoi ça ?
- Tu ne vas pas me dire que tu n'as pas remarqué, ça saute aux yeux !
- De quoi ? Qu'est ce qui saute aux yeux ?
- Laisse tomber, soupira Hermione. L'important dans tout ça, c'est que je pense que Malefoy est quelqu'un de bien sous ses airs supérieurs et il mérite d'avoir une seconde chance, tu ne crois pas ?
- Peut être…
Hermione regardait Ron avec de l'admiration. Il y a quelques années, il n'aurait pas écouté la moitié de ses paroles. Donner une seconde chance à Draco Malefoy ? C'était impensable mais apparemment Ron avait un peu mûri.
- Tu sais, il m'a fait des excuses pour son comportement passé envers moi hier soir, raconta Hermione.
- Vraiment ?! Malefoy s'est excusé ?! Tu plaisantes ? Demanda Ron, abasourdi par ce qu'il venait d'entendre.
- Non je ne plaisante pas ! Alors tu vois qu'on peut changer.
- Je ne suis pas aussi confiant que toi mais bon, on verra bien. Mais je te préviens, je resterais sur mes gardes, on parle de la fouine quand même !
- Oui si tu veux. Aller viens, on retourne au château, proposa Hermione en tendant sa main que Ron prit aussitôt.
Ron et Hermione remontèrent vers le château pour se diriger vers la Grande Salle. Sur le chemin, ils croisèrent Colin et Harry qui prenaient la même direction qu'eux.
Tous les quatre se retrouvèrent devant les portes de la Grande Salle fermées. Leur discussion respective leur avait fait oublié l'heure et ils avaient manqué le petit déjeuner. Hermione ferait avec mais les trois jeunes hommes y voyaient une catastrophe, surtout Ron qui n'envisageait pas de sauter un repas. Puis le visage de Harry s'illumina, comme s'il venait d'avoir eu la plus brillante idée de sa vie :
- Dobby ! Appela le Survivant au hasard.
Un « plop » retentit et une petite voix se fit aussitôt entendre :
- Harry Potter !! Fit l'elfe en s'inclinant devant le brun. Harry Potter est de retour ! Dobby est très heureux de revoir son sauveur !
- Moi aussi je suis très content de te revoir Dobby ! fit Harry en s'abaissant pour être à la hauteur de l'elfe.
Après des retrouvailles chaleureuses, Harry expliqua la situation à l'elfe et lui demanda le plus gentiment du monde s'il pouvait leur trouver de quoi manger. L'elfe disparut et revint en un éclair avec les bras chargé de nourriture. Hermione le remercia plus qu'il ne le fallait et les quatre amis décidèrent de retourner dans le parc pour manger.
- Alors finalement, vous avez fait fini à quelle heure hier soir ? demanda Colin à Harry.
- Comment ça à quelle heure on a fini ? demanda Harry ne comprenant pas où Colin voulait en venir.
- Bein les inscriptions, vous en aviez encore pour la soirée non ?
- Non pas du tout, souviens toi on avait fini lorsque tu es venu voir Harry hier, répondit Ron.
- Oui je sais mais vous deviez vous occupez d'un autre tas non ? C'est ce que tu m'as dit dans ta lettre hier, expliqua Colin en regardant Harry.
- Ma lettre ? Mais quelle lettre ? Rétorqua le brun, ne comprenant plus rien.
- Celle que tu m'as envoyée hier soir. Tu disais que ce n'était pas la peine que je revienne au château parce que vous aviez eu une nouvelle rafale de demande et qu'on n'aurait pas pu se voir, expliqua Colin.
- Mais je ne t'ai jamais envoyé de lettre ! Lui répondit le brun, encore plus perdu. C'est toi qui m'as envoyé un hibou en disant que tu avais eu un imprévu au journal et que tu ne pouvais pas passer la soirée avec nous.
- Je ne t'ai jamais envoyé de hibou, Harry, je m'en souviendrais. En plus hier soir je n'étais pas au journal, j'ai pu rentrer chez moi un peu plus tôt.
- Mais qu'est ce que c'est que ces histoires ?! Je ne comprends plus rien ! fit le brun.
- Attends une seconde Harry. Dis moi tu as encore cette lettre ? demanda Hermione à son ami.
Harry acquiesça et fouilla les poches de son pantalon mais en vain. Il n'avait pas la lettre alors qu'il était certain de l'avoir gardé sur après qu'il l'ait reçu. D'autant plus qu'il portait les même vêtements que la veille.
Hermione demanda alors à Colin si lui l'avait toujours ; le journaliste lui répondit que lui aussi l'avait gardé sur lui mais lorsqu'il chercha, tout comme Harry, il ne trouva rien.
Les quatre continuèrent à débattre sur ces mystérieuses lettres ; Harry, comme Colin, certifiaient pour la énième fois à Hermione que c'était bien leurs écritures respectives.
Les garçons ne savaient plus quoi en penser mais Hermione y voyait une nouvelle raison d'aller faire un tour à la bibliothèque. Elle partie à toute vitesse vers le château. Ron la suivit, non pas pour chercher avec elle mais plutôt pour laisser le petit couple tout seul.
- Tu sais Harry, si tu ne voulais pas que je vous rejoigne hier soir, tu pouvais simplement me le dire, fit le journaliste en détournant le regard.
- Pardon ?
- Oui, si vous vouliez simplement rester entre vous j'aurais compris. Je sais que tu ne les as pas vu depuis six ans et…
- Non mais attends Colin, ça n'a rien à voir avec eux. Et je n'aurais jamais fait une chose pareille.
- Tu m'as bien laissé pour continuer ton voyage…
C'était la remarque de trop pour le Survivant, il explosa :
- Comment oses-tu me reprocher ça ?! Je croyais que tu avais compris ! Mais en fait pas du tout ! Voilà ce que tu penses depuis le début !
- Mais mets toi un peu à ma place, tu m'avais laissé là, seul. Comment aurais-tu réagi si je t'avais dit que je préférais casser une relation pour un caprice ?! S'emporta le journaliste.
- Un caprice ?! Ca n'avait rien d'un caprice Colin !! Et si t'es pas capable de comprendre ça…
- Tu vas encore me jeter, c'est ça ?!
- Je n'ai jamais dit ça, rétorqua Harry plus calmement, en baissant le ton. Seulement, tu me reproches d'avoir voulu te mettre de côté alors que je n'ai rien fait. Je n'ai jamais écrit cette foutue lettre et si jamais j'attrape celui qui…
Harry s'arrêta net. Tout devint plus clair d'un coup dans son esprit. Mais il demanda plus de détails à Colin pour être sûr :
- Dis moi Colin, le hibou que tu as reçu venait bien de Poudlard ?
- Oui, répondit le journaliste, attendant que le brun s'explique.
- Tu l'as reçu à quelle heure ?
- Il devait être 21h00, je crois. Pourquoi ?
Harry se souvenu qu'il était sorti de table à peu près vers cette heure là mais il se souvint aussi qu'il était dans les derniers avec Ron et Hermione. Le hibou avait donc été envoyé pendant qu'il était encore à table. Et lorsqu'il terminait son repas, certains n'étaient déjà plus dans la Grande Salle, notamment…
- Attends moi ici je reviens ! fit Harry au journaliste avant de partir en courant vers le château.
- Mais où tu vas ? Cria Colin, trop tard. Harry était déjà loin.
Le Survivant parcouru de nombreux couloirs à une vitesse incroyable en se répétant il va me le payer. Il arrêta sa course un instant, le temps de reprendre son souffle mais il entendit des voix un peu plus loin, dont une qui appartenait sans faute à la personne qu'il cherchait.
Il déboula dans le couloir suivant : Pansy et Blaise s'en allaient dans la direction opposée mais Draco se dirigeait vers lui. Ce dernier releva la tête, aperçu Harry mais n'eut pas le temps de comprendre que le Survivant se rua sur lui, l'empoigna par le col et le poussa dans une salle de classe vide.
- Non mais qu'est ce qui t'arrives encore Potter ?! Tu te prends pour qui pour…
- La ferme !! Le coupa le brun, furieux. Tu vas répondre à ma question : c'est toi qui a envoyé ces lettres ?
- Quelles lettres ? répondit Draco, l'air innocent.
- Te fous pas de moi Malefoy, je ne suis pas d'humeur !!
- Bon, ça va, répondit le blond, résigné. Oui c'est moi, et alors ?
- Pourquoi t'as fait ça ?
- Je ne voulais pas le voir à notre soirée, il n'avait rien à faire avec nous.
- C'est minable, surtout de ta part, rétorqua Harry d'une voix si froide que Draco ne lui connaissait pas.
Harry se retourna pour sortir de la salle mais :
- Si j'ai fait en sorte qu'il ne vienne pas, c'était uniquement pour passer la soirée avec toi.
Harry ne bougeait pas, toujours face à la porte, attendant la suite.
- Tu ne devrais pas être avec lui, tu devrais être avec moi. Harry, tu me plais… Beaucoup.
Et voilà, j'espère que ça vous a plu.
Je voudrais dire un GRAND merci à TempêteSanguine, Strawb3rries, Livioute et Mykomi pour leurs reviews régulières, encourageantes et toujours aussi agréable à lire.
Bizz à tous
À bientôt
Darklara
