Merci à petite grenouile et joky pour vos reviews anonymes. J'espère avoir répondu aux autres.
Voilà l'avant dernier chapitre de cette fiction. Samedi prochaine, ce sera le point final de "Faire les Bons Choix". Profitez bien et attention aux claviers.
14
Si Charlie avait été nerveux à l'aéroport la veille, Harry pouvait assurer que ce n'était rien en comparaison à l'état dans lequel son amant se trouvait quand la voiture, aimablement prêtée par Lily, se gara devant le portillon du jardin du Terrier.
– Je te sens au bord de l'attaque, fit Harry. Ça va aller ?
– Heu... je te dirai ça quand on aura passé la porte, que mes frères et ma sœur auront eu la surprise de te voir avec moi et que je serai toujours en vue après ça.
– Molly ne leur a rien dit ?
– Non, elle m'a clairement fait comprendre que c'était à moi de tout dire à ma famille.
Harry ne dit rien. Il était persuadé que les frères et la sœur de Charlie seraient choqués mais ce n'était pas ce qu'il craignait. Ce qu'il redoutait, c'était la réaction de Ron. Son meilleur ami savait qu'il était en couple, cependant il ignorait avec qui. Il risquait fort d'en vouloir à Harry de ne lui avoir rien dit. Ou alors il accepterait de bon cœur. Potter avait beau le connaître depuis des années, le rouquin pouvait se montrer surprenant.
– Qui pourrait mal le prendre ? demanda-t-il après quelques secondes.
– Percy. Il n'a jamais aimé les gays, les lesbiennes. Il trouve ça répugnant, révoltant que deux personnes du même sexe puissent s'aimer.
Le frère de Charlie et Ron n'était pas souvent présent lorsque Harry allait au Terrier. Il ne savait sans doute pas que le jeune homme était gay. Personne n'avait pensé à lui dire. De toute manière, seule sa mère l'appelait régulièrement pour avoir des nouvelles. Le reste avait un peu abandonné car Percy était toujours occupé et froid lorsqu'on le dérangeait. C'est à dire souvent.
– Bill, je ne pense pas. Les jumeaux... peut-être. Ron... il sait pour toi donc... Quant à Ginny... En fait, je n'en ai aucune idée. Ils pourraient tous accepter ou alors tous refuser.
– Et ton père ?
Arthur, pour l'avoir vu plusieurs fois, surtout avant son départ en Australie, n'avait jamais montré aucun signe de dégoût.
– Je ne pense pas. De tous, je crois que c'est celui qui acceptera le mieux. Mais je n'en suis pas sûr. Bon, quand faut y aller, faut y aller.
Charlie ouvrit la portière, imité par Harry. Dehors, il faisait chaud. En cette fin juillet, le soleil était au beau fixe, aucun nuage dans le ciel. Les deux hommes avaient opté pour une tenue légère en prévision des températures idylliques.
Le cadet Weasley fut le premier à pousser le portillon. Au loin, des cris d'enfants se faisaient entendre. Ceux de Bill et Percy étaient là et faisaient un sacré raffut Ils devaient être près de la piscine qu'Arthur avait fait faire trois ans auparavant pour les petits. Tout le monde devait être derrière la maison, à profiter du soleil dans le jardin avant de passer à table. Tout le monde sauf Molly. La matriarche passait du temps dans sa cuisine, surtout lorsque la famille était réunie, comme c'était le cas aujourd'hui.
– Viens.
Charlie lui prit la main et l'entraîna dans son sillage. Harry le suivi jusqu'à la maison. La porte d'entrée qui donnait sur la cuisine était ouverte et l'air fleurait bon les frites et le poulet à l'ail mais aucune trace de Molly. Ce qui surprit Charlie qui avait dit l'heure de leur arrivée.
– Ils doivent être tous dehors.
Il n'était que onze heures et demi, trop tôt pour passer à table.
Ils ressortirent pour faire le tour de la maison et rejoindre les autres dans le jardin. C'était plus un parc qu'un jardin. Les Weasley avaient une grande surface de terrain. Ils l'avaient aménagé de telle manière qu'un petit potager avait vu le jour dans un coin, une piscine avait été installée, creusée dans la terre, il y avait des chaises, des tables disposées tout près sous plusieurs parasols. Une balançoire avait été montée. Elle datait. Harry la connaissait quand il venait étant petit. Les petits enfants étaient tous dessus. Potter en compta deux. Une petite blondinette qui devait avoir quatre ans. Victoire, la fille de Bill et Fleur. Ainsi qu'un petit garçon qui semblait à peine plus vieux que Jonas. Il y avait un autre, dans les bras d'une jeune femme aux cheveux noir corbeau et à la peau sombre. Angelina, devina Harry. La femme de Fred, s'il avait bonne mémoire.
Ce qui faisait au moins trois petits enfants. Charlie avait parlé des trois enfants de Bill et Fleur. Il y en avait deux devant eux. Et aussi des deux filles de Percy. Ce qui faisait cinq. Elles devaient faire la sieste. Six avec l'enfant d'Angelina et Fred.
Six petits enfants en quatre ans. Molly devait être aux anges.
Harry repéra d'ailleurs Molly et Arthur, assis à l'ombre l'un à côté de l'autre. Bill surveillait la balançoire et poussait le petit garçon qui était à l'origine des cris. Percy lisait dans l'herbe, sa tête sur les cuisses de son épouse. Fred et George paraissaient comploter pendant qu'Angelina marchait avec son bébé. Ron et Hermione disputaient une partie d'échec dans l'herbe – Ron devait mener, comme à son habitude. Ginny, la dernière, faisait rire aux éclats Victoire en se balançant avec elle.
Ne manquait plus que Charlie qui semblait ne pas avoir envie de déranger ce tableau idyllique. D'ailleurs personne ne paraissait les avoir remarqués, tous occupés.
– On s'en va, souffla son compagnon, stressé au possible.
Manque de chance pour lui, Ron leva les yeux vers eux et se leva précipitamment pour les rejoindre en courant. Toutes les têtes se tournèrent dans leur direction et sur les visages, Harry put noter diverses réactions. Allant du plus choqué au plus ravi. Il était trop loin cependant pour savoir si les air choqués étaient mêlés à du dégoût.
Ron serra Harry dans ses bras et fit de même avec Charlie. Il ne parut pas surpris de les voir arriver ensemble ni même écœuré. Il avait au contraire un immense sourire aux lèvres. Comme s'il savait.
– On n'attendait plus que vous pour manger. Ça tombe bien, j'ai faim.
– Ron, soupira Hermione en arrivant à son tour. Tu ne penses qu'à manger. Salut Harry, fit-elle en serrant à son tour son meilleur ami dans ses bras. Tu nous as manqué. Quand Molly a dit que tu venais...
Harry la fixa, surpris et regarda Charlie, tout aussi étonné.
– Elle a dit qu'on venait ? intervint Charlie.
– Non, convint Ron sans laisser à Hermione le temps de répondre. Elle a dit que tu venais accompagné. Comme on savait que Harry rentrait aussi, accompagné également, additionner deux et deux n'a pas été difficile. Sauf que j'aimerais savoir pourquoi tu n'as rien dit à ton meilleur ami. J'aurais bien aimé savoir que tu sortais avec mon frère, histoire de pouvoir enfoncer ton ex en disant que tu avais tourné la page.
– Ça ne te choque pas ? s'enquit Charlie.
– Que mon frère soit gay ? Un peu surprenant mais... pas choquant. Harry l'est. J'ai eu la journée d'hier pour me faire à l'idée et au final, le savoir avec toi me rassure mille fois plus que le savoir avec un inconnu. D'autant que vous avez l'air d'aller bien tous les deux. Surtout toi, Harry. La vie australienne et le fait d'être en couple te va bien.
Harry sourit. Il finissait par le croire. De toute manière, il était heureux avec Charlie.
Le reste de la famille les rejoignit. Molly serra les deux garçons tour après tour dans ses bras. Ses larmes roulaient sur ses joues dorées par le soleil, contente qu'elle était de les voir en aussi bonne santé. Arthur leur sourit, ravi lui aussi de les voir, surtout son fils. Et puis les enfants saluèrent le nouveau couple, avec des sourires mitigés. Harry pouvait affirmer que Percy était tendu en leur serrant la main. Au contraire d'Audrey son épouse dont les yeux pétillaient. Ginny restait en retrait, bras croisés, comme si elle ne voulait pas trop s'approcher. Bill, les jumeaux et leurs femmes respectives ne firent pas tant de manière, avec plus ou moins de retenue pour ceux qui ne les connaissaient que de nom.
Harry sentit quelque chose qui tirait son bermuda. Lorsqu'il baissa les yeux, il tomba sur une adorable princesse blonde aux yeux bleus. Victoire. Elle était belle comme un cœur avec longs cheveux attachés en couronne au-dessus de sa tête.
– Oui ? fit-il en se mettant à sa hauteur.
– Comment tu t'appelles ?
– Harry.
– T'es pas une fille toi, affirma la fillette, provoquant quelques rires gênés.
C'était un fait, Harry n'était pas une fille. Cependant qu'une enfant de quatre ans lui déclare ça avec tant de conviction était amusant.
– Mamie, t'avais dit qu'oncle Charlie viendrait avec son namoureuse. Mais c'est pas une fille, alors ça peut pas être son namoureuse, hein ?
Harry se redressa et regarda Molly, se demandant si c'était à lui d'expliquer avant de se raviser. C'était aux parents de se débrouiller. Bill s'accroupit à son tour pour faire face à sa fille.
– Ma chérie, Harry est bien l'amoureux d'oncle Charlie.
– Mais c'est pas une fille !
Victoire bloquait sur ce fait.
– Oui, ce n'est pas une fille, tu as raison. Mais deux hommes peuvent s'aimer aussi.
– Ah bon ?
L'enfant parut pensive un instant, se mordillant la lèvre. Elle lui faisait penser à Prudence, la fille de Jake – il ne l'avait pas vue depuis des mois et elle lui manquait un peu. Les deux petites se fiaient aux paroles de leurs parents. Prue et lui avaient eu des disputes. Il avait fallu que son père dise que Harry avait raison pour qu'elle se range enfin à son avis.
– Je savais pas que les garçons avaient des namoureux. Et vous vous faites des bisous comme les papas et les mamans ? Sur la bouche ?
– Oui, répondit Charlie alors qu'un « Victoire » tonné par Fleur se faisait entendre.
– Mais maman !
– Pas de mais « maman », rétorqua Fleur avec un fort accent français lorsqu'elle parlait anglais. On ne pose pas ce genre de questions, ça ne se fait pas.
– Pourquoi ?
– C'est comme ça. J'ai bien peur qu'elle n'arrête pas de vous enquiquiner avec ça, s'excusa la femme de Bill à leur encontre.
Le couple lui sourit pour la rassurer. L'innocence de l'enfance pouvait pardonner beaucoup. Et puis, cela ne les dérangeait pas tant que cela que Victoire pose toutes ces questions, cela montrait son ouverture d'esprit. De toute manière, Harry avait appris que les petits étaient des éponges, ils ressortaient ce qu'ils avaient appris.
Vers midi, les parents firent manger les plus petits, histoire de les mettre ensuite à la sieste lorsque les adultes déjeuneraient.
Trois longues heures plus tard, Harry était allongé dans l'herbe, le ventre prêt à exploser. Il avait trop mangé. Molly avait voulu qu'il reprenne deux fois de chaque plat, comme chacun de ses enfants parce qu'elle les trouvait trop maigrichons à son goût. Même Ron qui pourtant était considéré comme un gros mangeur n'en pouvait plus non plus.
– Je n'aurais pas dû prendre cette troisième part de tarte à la mélasse, soupira le rouquin en se laissant tomber sans la moindre grâce dans l'herbe, à côté de Harry et Charlie.
– Tu n'aurais pas dû prendre trois fois des mêmes plats, le rabroua Hermione. Je me demande où tu mets tout ça.
C'était vrai qu'il avait une ligne à faire tomber tous les mannequins. Il fallait avouer que Ron faisait du sport et se dépensait bien.
– Je dois nourrir mes quatre-vingt-dix kilos, moi.
Quatre-vingt-dix kilos de muscles s'il vous plaît. Harry ramait pour arriver à soixante-cinq. Il n'avait jamais été gros, comme son frère et son père. Les Potter étaient moyens et maigrichons. Ils ne mangeaient pas beaucoup non plus. À côté de Ron, ils picoraient.
– Bon, puisque personne n'a osé poser la question au déjeuner, malgré les deux heures et demi de repas, vous vous êtes sautés dessus comment ?
Harry éclata de rire. Ron et sa capacité à mettre volontairement les pieds dans le plat. Parfois il ne le faisait pas exprès, mais la plupart du temps, c'était affreusement calculé.
– C'est... compliqué, admit Charlie, espérant sans doute s'en tirer par une pirouette.
– Mais encore ?
C'était sans compter sur la ténacité de son jeune frère, apparemment très intéressé par leur mise en couple. C'était vrai que personne ne s'était posé de question sur la façon dont ils s'étaient mis ensemble.
Charlie regarda son compagnon étendu de tout son long entre ses jambes. Harry haussa les épaules, ne voyant pas d'inconvénient à raconter ce moment. Il n'avait pas honte. Après tout, tout ce qu'il avait fait l'avait amené entre les bras de son homme, comment pouvait-il avoir honte ? À une époque, peut-être. Aujourd'hui, il n'en était plus rien.
– D'accord, espèce de fouineur. Quand Harry a débarqué, j'étais en couple avec un homme.
– Je ne vois pas en quoi ça aide.
– C'est pour t'expliquer le contexte, Ronny. Donc, j'étais en couple. Jake vivait chez moi et de temps en temps, sa fille venait à l'appartement.
– Sa fille ?
– Il était marié à une époque, a eu une gamine avec sa femme et en découvrant son homosexualité, en l'affirmant plus exactement, il a divorcé. On est sorti ensemble un an à peu près. Un jour, on a décidé de sortir en boîte et j'ai emmené Harry.
– Ça a mis le feu aux poudres, affirma Ron.
– Non, répliqua Harry. C'est la suite qui a mis le feu aux poudres. J'ai rencontré quelqu'un. Franck. Avec qui c'était plus sexuel qu'autre chose.
– Genre un copain de baise ?
Ron se prit une claque derrière la tête par sa copine. Harry ne voyait pas ce qu'il aurait pu dire d'autre. C'était la stricte vérité. Franck était son copain de baise. Avait été. Ils avaient décidé d'arrêter dès l'instant où Harry lui avait appris par téléphone qu'il était maintenant en couple. Franck avait été triste. Il lui avait affirmé que son petit cul anglais et son accent bandant allaient lui manquer. C'était un bon coup. Harry l'avait remercié pour le compliment en gardant pour lui que Charlie était un très bon coup, meilleur que le précédent.
– C'est ça, fit Harry.
– Vous ne pouvez pas employer un autre terme ? s'énerva Hermione en se rendant compte qu'elle était la seule à être choquée.
– Copains de couette ? suggéra Harry. De toute manière, ça revient au même. On s'envoyait en l'air quand on en avait besoin. Pas de sentiments. Rien. Ça me convenait. Ça a duré... quelques semaines.
– Jusqu'à ce que Jake parte, continua Charlie en passant ses bras autour du cou de son compagnon. On n'arrêtait pas de se disputer. Il me disait que j'avais un gros béguin pour Harry. Sauf que je refusais de le voir. Il est parti comme ça. J'étais anéanti. Un mois et demi après, Harry et moi, on se bourrait la gueule et on couchait ensemble. Il m'a fallu deux semaines pour accepter finalement ce que j'avais fait et mes sentiments pour lui, et une semaine à attendre qu'il daigne comprendre que c'était réciproque. Voilà. Ça fait... presque cinq mois qu'on est ensemble.
Harry compta rapidement et dut convenir que cela faisait bel et bien presque cinq mois. À quelques jours près.
– Et tout va bien dans le meilleur des mondes ? fit Ron aussi innocemment que possible, avec un air des plus détachés.
Le brun comprit aisément qu'il se renseignait, histoire de savoir si son meilleur ami avait remis ses œillères.
– Il n'est pas Drago.
– J'espère bien, sinon ça voudrait dire que je me suis fourvoyé toutes ces années, répliqua Ron.
– Ce que je veux dire, c'est que je suis bien avec Charlie. Et je ne dis pas cela parce qu'il est là. Hein, chéri. Je dis ça parce que c'est vrai.
Il se rencogna un peu plus contre son homme qui le serra dans ses bras. C'était la stricte vérité.
– C'est, sans vouloir jouer les troubles-fête, ce que tu disais quand tu étais avec Drago.
Harry se mordit la lèvre. Il ne voulait pas parler de son ex. Pas alors que Charlie était là. Il regarda le jeune homme qui lui sourit, l'embrassa sur la joue avant de lui glisser à l'oreille qu'il allait parler avec ses parents.
– Tu as raison, admit le brun une fois Charlie éloigné. Sauf que là, c'est différent. Avec Drago, je savais que quelque chose n'allait pas. Mine de rien, on le sait toujours même si on ne veut pas l'admettre. Et moi, je ne voulais pas l'admettre. J'étais bêtement amoureux de lui. Il avait été la personne qu'il me fallait au bon moment, s'était fait passer pour un sauveur pour m'affaiblir ensuite. Là, avec Charlie, ça fait cinq mois. Presque. On a des hauts et des bas. Mais je ne me suis jamais senti aussi bien qu'avec lui. Il ne m'a jamais forcé la main, surtout quand on s'est mis ensemble. Il m'a juste dit qu'il avait des sentiments pour moi et que si ce n'était pas réciproque, il accepterait.
Ce sujet était difficile. Comment faire comprendre que tout était différent avec Charlie ? Il acceptait le fait que ses amis s'interrogent, peu importe que son amant soit le frère de l'un d'eux. Il acceptait cette conversation. Mais il n'arrivait pas vraiment à dire ce qui changeait. Alors que rien n'était pareil.
– J'ai voulu essayer. Aujourd'hui, je ne regrette pas. Parce que, pour la première fois... j'ai l'impression d'être quelqu'un, d'être important aux yeux de la personne que j'aime. Pas comme avec Marcus ou Drago. Je suis moi. Je peux être moi, ne pas être obligé de changer parce que je ne suis pas assez parfait à ses yeux. J'ai mes défauts et Charlie les accepte, tout comme j'accepte les siens.
– Alors je suis content pour toi, répondit Ron. Si tu as enfin trouvé une personne qui t'aime, c'est tout ce que je demande. J'espère que ça durera longtemps.
– Moi aussi.
Ils se turent. Harry jeta un coup d'œil à Charlie qui était avec son père près des balançoires, puis reporta son attention sur le couple assis près de lui. Ron tenait sa petite amie par la main et la regardait amoureusement.
Pour la première fois, le jeune homme se sentait comme eux. Il vivait ce que ses amis vivaient.
L'amour.
– Harry, fit soudain Hermione, coupant court à ses pensées. On voulait te demander quelque chose.
– Oui ?
– Tu voudrais être le témoin de Ron. Pour notre mariage.
– Quoi ?
Il avait forcément mal entendu. Pas que ce soit une mauvaise chose, mais Hermione avait toujours dit qu'elle ne se marierait pas tout de suite. Pas avant d'avoir commencé à travailler, fait ses preuves et tout le reste.
– Ron et moi avons décidé de nous marier. Enfin, il m'a fait sa demande hier. Et j'ai dit oui, lui apprit Hermione, radieuse.
Harry mit quelques secondes avant de répondre, le temps que l'information gagne son cerveau. Avant qu'il n'ait conscience de ce qu'il faisait, il serrait Hermione dans ses bras et lui débitait une litanie de félicitations, ravi pour elle.
– Mais, dit-il, qu'est-ce qui... qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ?
– Le fait que la vie est courte et qu'attendre que je commence à bosser pour me marier, c'est stupide. J'aime Ron, à la folie. Ça fait quelques années qu'on est ensemble et je pense qu'on est assez matures pour entreprendre une vie à deux.
Le brun esquissa un sourire. Ce discours était bien beau mais il ne venait pas de la jeune fille.
– C'est ta déclaration, hein ? affirma plus qu'il ne le demanda à son meilleur ami.
– Dans le mille, répondit Ron, fier de lui avant de se prendre un coup dans les côtes de la part de sa chère et tendre.
– Tu veux voir la bague ?
– Pourquoi pas.
Il se rendit compte qu'il ne l'avait pas vue au doigt de Hermione. Ron tira la boite de sa poche et la tendit aussi discrètement que possible à Harry. C'était une bague toute simple, avec un diamant. Tout à l'image du couple qu'il avait en face de lui.
– Elle est très jolie. Tu devrais la mettre. Au moins pour voir combien de temps les gens mettraient pour la remarquer.
Ils rirent tous les trois. Ron récupéra l'anneau et l'enfila à l'annulaire gauche de sa fiancée avant de l'embrasser à perdre haleine.
– Dis, tu viens toujours en boîte pour ton anniversaire, s'enquit Ron après de longues minutes à contempler la main de sa future épouse.
Ils n'avaient pas parlé de date de mariage. Peut-être qu'aucune n'avait encore été retenue. Sans doute, puisque c'était encore tout récent.
– Oui, toujours. J'ai demandé à Charlie s'il voulait venir.
Après tout, c'était son compagnon. Il n'avait pas envie de le voir loin de lui ce jour-là. Ron et Hermione hochèrent la tête. Ils n'avaient pas prévu sa présence, parce que le vétérinaire n'avait prévenu personne de son retour.
– Normal.
– Pourquoi tu veux savoir ?
– Pour savoir. Peut-être que vous aviez prévu autre chose tous les deux.
– Non, on n'a rien prévu.
Il découvrit que Charlie avait prévu quelque chose de tout simple. Dès le matin de ses vingt-quatre ans, il fut emmené en balade avec son amant. Au déjeuner, il l'invita à manger dans un grand restaurant et ils passèrent tout l'après-midi tous les deux pour ne rentrer qu'une heure avant de partir en boîte, le temps de se laver – profitant de ce temps pour faire des folies sous la douche – et de se changer.
Ron passa les prendre dans sa vieille voiture, en compagnie de Hermione qui arborait une tenue sexy avec un petit short blanc et un bustier. Sa masse de cheveux touffus était ramenée en un chignon lâche et son visage agréablement maquillé. Si elle ne se faisait pas draguer ce soir, en boîte, c'était que les garçons étaient tous frigides.
– Bon anniversaire au fait, lança Ron une fois que les portières furent refermées.
– Merci.
– J'espère que vous avez célébré ça dignement, fit Hermione.
– Tu entends quoi par dignement ? Des folies sous la couette ? ricana Harry.
– Au moins, répliqua Ron.
– Ah. Donc chéri, on est bon pour faire des folies sous la couette ce soir.
– La douche ne t'a pas suffi ? s'inquiéta faussement Charlie.
– Hé ! Il y a des gens qui ne veulent pas tout savoir de vos activités nocturnes ! cria presque Ron.
– Tu ne t'en prends qu'à toi-même mon chou, rétorqua Charlie. Tu as commencé.
Le rouquin grommela quelque chose à propos des grands frères indignes et démarra la voiture. Le trajet jusqu'à la boîte de nuit fut relativement court. Ron avait pour mission de ne pas boire puisqu'il ramenait le groupe. De toute manière, il n'en avait pas l'intention, l'alcool et lui, cela faisait deux. Il évitait donc d'avaler tout ce qui n'était pas eau ou jus de fruit.
Une fois à l'intérieur, la musique leur explosa aux oreilles. Harry refusa de lâcher la main de Charlie. Il y avait du monde qui se pressait sur la piste. On ne discernait pas grand chose malgré les spots et projecteurs qui diffusaient de la lumière dans tous les sens.
Le petit groupe se fraya un chemin vers des sièges vides et s'installa, regardant un instant les danseurs qui se trémoussaient sur la piste.
– Je reviens, je vais chercher de quoi boire, hurla Ron pour se faire entendre avec la musique.
Il disparut avant qu'ils n'aient le temps de comprendre ce qu'il disait. Harry se lova contre Charlie. Il aurait bien voulu emmener son homme au milieu des autres. Sauf que ce dernier ne voudrait pas. Pas tout de suite. Il préférait y aller quand la piste était plus dégagée.
Harry sentit des lèvres se poser dans son cou et deux bras entourer sa taille. Il frémit. Charlie arrivait à le faire fondre en toutes circonstances. Ou presque.
– On va danser ? proposa son amant, le surprenant.
– Maintenant ? Je croyais que tu n'aimais pas quand...
– T'en as envie et moi aussi.
Le jeune homme ne se le fit pas redire une deuxième fois. Il se leva prestement, abandonnant sans remords Hermione sur la banquette, persuadé que Ron n'allait pas tarder, et se faufila parmi la foule, Charlie sur ses talons.
L'un contre l'autre, ils dansèrent sans plus se soucier de savoir si c'était décent ou non, si quelqu'un les regardait. Ils étaient dans leur monde, le regard rivé dans celui de l'autre, mains sur les hanches ou les fesses, suivant le rythme tantôt lascif de la musique tantôt rythmé. Hermione et Ron les rejoignirent quelques minutes plus tard.
Ils ne reprirent leur place que bien après, essoufflés et assoiffés. Harry se sentait libéré et parfaitement bien. Il avait envie de hurler sa joie, certain que s'il braillait un coup, personne ne l'entendrait à cause de la musique.
– Je vais chercher un truc à boire, cria-t-il à Charlie. Tu veux quoi ?
– Comme Ron. Jus de fruit.
– Tu n'es pas drôle, râla Harry qui ne voyait pas l'intérêt de finir sobre s'il n'avait aucune excuse.
Que Ron le reste, c'était parce qu'il conduisait. Charlie, non.
– Pas envie de faire n'importe quoi.
– Allez, un verre.
– Je boirai dans le tien. Bourre-toi la gueule si tu veux mais je préférerai que tu te souviennes de toute ta soirée d'anniversaire. Surtout pour ce qui vient après.
Charlie le poussa vers le bar avec un clin d'œil. Pour un peu, Harry aurait récupéré ses affaires et supplié son amant de lui monter ce qui venait après. Mais il préféra continuer sa route vers sa destination.
– Salut, fit une voix grave alors qu'une main entourait sa taille.
Certain que ce n'était pas Charlie, il se dégagea rapidement pour faire face à l'intrus et eut un battement au cœur en reconnaissant Marcus Flint. Son ex. Un bel homme aux cheveux châtains, aux yeux marrons et au corps puissant de deux ans son aîné.
Un bel homme que Harry avait envie de massacrer contre le bar.
– Tu fais quoi là ? attaqua le plus jeune sans le saluer.
– Je viens voir mon ex. J'espérais bien te retrouver ici aujourd'hui.
– Quoi ?
– C'est ton anniversaire et tous les ans depuis que tu es majeur, vous venez ici avec tes amis. Je me suis dit que cette année, tu y serais. Parce que je sais que tu es célibataire.
Le brun ne savait pas ce dont il avait le plus envie. Fuir loin ou frapper Marcus qui avait l'air serein et séducteur. Ce crétin l'avait trompé, trahi en le rejetant pour aller voir une fille. Et maintenant le draguait ? Harry en eut la nausée.
– Tu te fous de qui ? !
– Écoute, je sais que j'ai merdé avec toi en te trompant mais...
– Je m'en fous ! le coupa Potter. Toi, tes excuses pitoyables et le reste, je m'en balance. Je ne sais pas ce que tu veux et toi non plus à l'évidence. Mais ça me passe à vingt mille au-dessus de la tête. Tu as fait la connerie d'aller voir ailleurs, de me dire je t'aime mais de te taper une fille. Tu as fait la connerie de m'envoyer en pleine figure que tu étais hétéro et que ton homosexualité, c'était du vent, que c'était juste pour rendre jalouse la fille que tu aimais. Tu t'es planté et tu es bel et bien gay ? Tant pis pour ta gueule. J'ai tourné la page et depuis longtemps. Alors maintenant tu dégages !
Il le contourna pour rejoindre le bar, commander ses deux boissons – un jus de fruit et un verre de vodka pomme – et revenir à sa place, l'air furieux.
– Qu'est-ce qui t'arrive ? s'inquiéta Charlie en le voyant revenir, le visage fermé.
– Je viens de revoir Marcus, annonça Harry sombrement. Il a osé me faire du gringue !
– Il n'était pas hétéro ?
– Quand je te disais qu'il se voilait la face, j'avais raison. Apparemment non et monsieur pensait que j'étais assez con pour le reprendre. Je te préviens, si je vois Drago, on s'en va.
– Pourquoi tu voudrais que Drago soit là ?
– Parce que c'est mon anniversaire et que tous les ans, on venait ici avec Ron et Hermione. Marcus le sait et Drago aussi. Selon son père, il n'a pas tourné la page lui aussi. S'il veut me voir, il viendra.
Il n'avait jamais eu autant envie de déserter l'endroit en cet instant, n'ayant plus le cœur à faire la fête.
– Je serai là, assura Charlie. Il vient, je l'attends. Ne fuis pas à cause de ces deux cons. Amuse-toi mon chéri. Et puis qui sait, l'autre ne viendra pas.
Harry en doutait.
Cependant, ce n'était pas Malefoy qu'il vit, mais Pansy Parkinson, accompagnée de Blaise Zabini. Drago n'était pas avec eux, ce qui n'était pas plus mal. Avec un peu de chance, ils ne le verraient pas.
Espoirs vains lorsque le regard boueux de la blonde qui ressemblait à un bouledogue tomba sur eux et qu'elle fondit sur leur banquette pour se planter devant leur humble personne.
– T'es qu'un connard Potter !
– Allons bon, qu'est-ce que j'ai fait ?
Se faire insulter par la personne qui n'avait pas hésité à charmer son ex pour coucher avec, c'était un retournement de situation intéressant.
– Tu te poses la question ? À cause de toi, Drago et moi n'avons jamais pu finir ensemble !
– En quoi c'est mon problème ?
Après tout, il avait laissé le champ libre à Parkinson. Elle devrait lui en être reconnaissante.
– Tu sais quoi ? reprit-il sans laisser le temps à l'autre de parler. Tu veux Drago ? Fais ce que tu as fais avec moi. Écarte les cuisses quand il sera avec son copain ou sa copine, et il va rappliquer, bite au garde à vous quand l'autre ne voudra pas coucher avec. Qu'il ne veuille pas de toi, ce n'est pas mon problème. Si tu n'as pas été foutue de le garder quand je suis parti, c'est aussi ton problème. Maintenant fous le camp ! Parce que me faire insulter par une pétasse et être responsable de tous les maux de la terre, faut pas pousser.
Il vit Pansy devenir livide et détaler rapidement. Charlie l'attira à lui et l'embrassa à perdre haleine.
– C'était pourquoi ça ? sourit Harry.
– Au fait que je t'aime et que tu es génial. Je voudrais bien avoir Drago là, tout de suite, maintenant, pour voir ce que tu vas lui dire.
– Moi pas.
– Tu veux y aller ? J'ai encore un cadeau à te faire.
– Je veux bien.
Il n'était pas tard. Juste Deux heures du matin. Ce n'était plus son anniversaire, sauf que Harry s'en fichait un peu.
Charlie prévint Ron et Hermione qu'ils partaient. Harry se demanda où il pouvaient bien aller sans voiture.
– Tu verras, répondit son compagnon lorsqu'il posa la question. C'est une surprise.
La surprise en question était un hôtel de luxe. Charlie avait réservé une suite pour la nuit.
– Tu es dingue ! s'écria le brun, choqué et ahuri.
S'il s'était attendu à une telle chose, il aurait dit non, tenté de négocier pour que Charlie choisisse autre chose, un autre hôtel moins cher.
– De toi.
– Charlie, tu ne peux pas prendre une chambre ici. Tu as une idée du...
Sa diatribe fut coupée par la bouche exigeante de son amant. Celui-ci lui glissa à l'oreille qu'il se taisait et qu'il profitait de cette soirée juste pour lui. Harry se tut donc et se laissa entraîner vers la fameuse suite qui le cloua sur place. À côté, le loft luxueux de son ex n'était rien.
Faste, taille démesurée de la chambre, du lit... tout indiquait clairement qu'il fallait être riche ou économiser des mois pour pouvoir s'offrir ne serait-ce qu'une nuit dans cette pièce.
– Pourquoi une chambre aussi chère ?
– Parce que j'avais envie de dormir dans un de ces hôtels, qu'aujourd'hui, j'en avais l'occasion et que j'avais envie de partager ça avec toi. Ne te soucie de rien, hormis de toi et de ton plaisir. Demain, ou plutôt tout à l'heure, tu pourras râler autant que tu veux. Pour l'instant...
Il n'acheva pas sa phrase, pressant ses lèvres contre celles de Harry, collant son corps contre le sien et prenant en coupe ses fesses. Un gémissement quitta la gorge de Potter, soudain électrisé par le contact. Toute la soirée, Charlie l'avait séduit, chauffé, allumé et maintenant, il se consumait contre son partenaire, un brasier s'étant allumé dans son bas-ventre. Leur petit intermède sous la douche avant de partir semblait si loin...
– J'en rêve depuis tout à l'heure, murmura Charlie contre ses lèvres, ses mains passant sous la barrière de son tee-shirt.
Il poussa Harry vers le lit et le fit basculer sur le matelas avant de monter à califourchon sur ses hanches. Le brun soupira alors que son érection était comprimée par le poids du corps sur le sien. Ne manquerait plus que le vétérinaire se frotte contre lui.
– J'aime te voir comme ça, susurra Charlie.
Il se releva soudain, obligea Harry à retirer ses vêtements et lui ordonna d'aller s'installer contre la tête de lit, ce que le jeune homme fit en se posant beaucoup de questions.
– Interdiction de se toucher. Par mesure de précaution, je vais t'attacher les mains.
– Quoi ?
– Chut. Je te retirerai le tout dès que j'ai fini. Promis. Tu vas aimer, je te l'assure.
Déterminé à lui faire confiance, Harry accepta les deux liens que Charlie noua autour de ses poignets et au montant du lit. Il n'était pas très rassuré. Au début. Ensuite, en entendant les premières notes d'une musique des plus sensuelles, il se figea, le cœur battant tandis que son partenaire entamait une danse tout en déboutonnant les premiers boutons de sa chemise sans manches.
– Oh bordel, s'écria Harry sans pouvoir retenir.
Un strip-tease ? C'était son cadeau ? Comment Charlie avait-il su que c'était un de ses fantasmes ? Il n'en avait parlé à personne, sauf peut-être Horatio.
Son érection sembla durcir encore à la vision érotique d'un roux, de son roux, en train de se tortiller délicieusement en même temps qu'il se déshabillait. Maintenant il comprenait aisément pourquoi Charlie lui avait dit qu'il préférait le savoir sobre.
Harry était dur comme la pierre et brûlant comme la braise alors que son homme n'avait pas encore attaqué le bas. Il avait retiré sa chemisette et caressé un instant son torse bien dessiné avant de suivre les poils roux qui se perdaient sous la ceinture de son pantalon. Le brun bavait presque et il maudit Charlie de l'avoir attaché. Il se dit qu'il pourrait toujours défaire les nœuds que l'autre n'avait pas serrés, mais se retint et profita du spectacle.
Il déglutit nerveusement et manqua s'étouffer lorsqu'il vit Charlie s'approcher de lui avec un déhanché qui l'aurait excité à coup sûr s'il ne l'était pas déjà. Weasley monta sur le lit à quatre pattes, un petit sourire aux lèvres et remonta jusqu'à Harry en tortillant son postérieur moulé dans son pantalon. La pauvre victime gémit et gémit encore lorsque son délicieux bourreau se redressa, genoux de part et d'autre de ses cuisses, son corps à quelques centimètres à peine du sien pour continuer son manège. Une bosse déformait le tissu mais il ne s'en préoccupa pas, plus concentré sur Harry qui ne savait plus comment respirer.
– Tu es tout rouge, se moqua doucement Charlie en se penchant légèrement vers luis sans le toucher, son odeur musquée envahissant le nez de Harry qui murmura des paroles incohérentes.
Il se releva, faisant grogner de frustration son partenaire et retourna à sa place, le regard de Harry braqué sur ses fesses, puis continua comme si l'état du jeune homme n'était pas avancé.
Lorsqu'il fut nu, son sexe fièrement dressé et un sourire taquin aux lèvres, Harry crut qu'il allait jouir sur le coup. Il ne suffirait pas grand chose pour qu'il se laisse aller. Une caresse, un autre regard...
Son amant revint vers lui et comme quelques minutes plus tôt, se glissa sur le lit. Charlie ressemblait à un gros félin à l'affût. Cette fois, au lieu de le frôler, il fit exprès de se frotter doucement contre sa peau hypersensible jusqu'à arriver à son pénis dressé.
– Qu'avons-nous là ? souffla Charlie en faisant bien attention à le faire directement sur la hampe.
Avant que Harry n'ait le temps de répliquer, il l'avala tout en enserrant la base pour que le malheureux ne puisse pas jouir tout de suite.
Les longues minutes suivantes furent un mélange entre plaisir et supplice. Potter aurait tout donné pour pouvoir plonger ses mains dans les mèches de feu de Charlie et le guider. Sauf qu'il était encore attaché au lit.
– Détache-moi, s'il te plaît, supplia-t-il au bord de l'explosion. Laisse-moi jouir !
– Tatata, mon cœur, répliqua Charlie. Pas les deux en même temps. Les mains ou la libération ?
– Je ne sais pas !
– Alors choisis.
Et il repartit à la conquête de ce qui avait l'air d'une friandise divine à le regarder faire, se fichant de la posture prise, à savoir les fesses offertes, les jambes écartées, en train de lécher une verge suintante et rougie.
– Charlie !
– Oui mon cœur ? Tu as choisi ?
Non Harry n'avait pas choisi. Il ne pouvait pas. Les deux lui paraissaient vitales.
– Tu veux que je choisisse pour toi ?
Le brun hocha frénétiquement la tête et vit ses liens lui être retirés. Il attira à lui le visage de Charlie qu'il dévora juste avant de se figer alors que son amant venait de s'empaler sur lui sans préparation ni lubrification. Pour le coup, il ne put se retenir et éjacula dans les entrailles brûlantes.
Weasley ne bougea pas, assis sur Harry, se mordant la lèvre jusqu'au sang, le visage brouillé par la souffrance.
– Pourquoi tu as fait ça ?
– Ça va aller.
– Visiblement pas. On...
– Harry, tais-toi, le coupa Charlie en posant son doigt sur sa bouche. J'avais envie.
– Mais...
– Rien du tout. Ça va aller. Je n'ai pas besoin de lubrifiant parce que tu viens de m'en donner.
Malgré sa douleur, il parvint à sourire.
Les minutes défilèrent et puis Charlie se mit à tracer des cercles sur le torse de son compagnon. Harry ne bougea pas, de peur de lui faire mal mais sentant son sexe réagir doucement au traitement agréable et à la vision du vétérinaire assis sur lui.
– Et toi qui ne voulais pas... Je dois en déduire que ton corps sait, lui, ce qui est bon.
– Tu t'es empalé, Charlie !
L'érection était retombée et reposait maintenant dans son lit de boucles de feu.
– Chut. Profite.
Une fois la verge de nouveau dure en lui, le rouquin se mit à se mouvoir au-dessus de Harry dont le souffle se coupa encore. À croire qu'il ne savait pas respirer correctement.
– Bon sang, c'est bon.
– Touche-moi, exigea Charlie.
D'une main tremblante, Harry s'exécuta. Il prit dans sa main la hampe ramollie et se mit en devoir de la masturber afin de lui donner un semblant de vigueur. Le traitement associé aux mouvements de bassin achevèrent de la dresser de nouveau. Charlie continuait ses va et viens sur les hanches en gémissant, imité par Harry.
Ils ne mirent pas longtemps avant de jouir tous les deux presque en même temps. Weasley s'effondra sur Potter qui le glissa sous les draps avant de se lover contre lui, épuisé par sa journée et cette soirée fabuleuse au final.
– Bon anniversaire mon amour, murmura Charlie, les yeux clos.
– Merci, répondit Harry avant de l'embrasser délicatement. Je t'aime mon cœur.
– Je t'aime aussi.
À suivre
