Chapitre quatorze : Quand Gryffondor bat Poufsouffle
L'entraînement matinal fut particulièrement froid. Le vent soufflait et il neigeait légèrement. Ce n'était guère de bonnes conditions dans des circonstances normales, mais je mettais à un point d'honneur à ce que mon équipe s'entraîne par tout temps, donc j'étais ravie de voir la neige.
Tout le monde se rassembla à l'heure dans les vestiaires et nous passâmes la première demi-heure à analyser le match des Poufsouffle contre les Serdaigle.
– Bon, pour les poursuiveurs, appelai-je. Le gardien de Poufsouffle, Dobson, a enfin appris à voler droit, donc Bree, on arrête les feintes à droite. On va retravailler la passe vers le haut qu'on a commencée à voir la semaine dernière, toutes les trois. Dobson n'est pas un très bon gardien, mais il faut quand même peaufiner notre technique.
– Et leurs poursuiveurs ? demanda Richard.
– Bonne question. Aidan Campbell et Emily Watkins sont bons, mais Natasha Martin est leur meilleure poursuiveuse. C'est celle qu'il faudra vraiment surveiller.
– Ouaip ! s'exclama Bree en l'honneur de sa grande sœur, réaction pour laquelle elle reçut le regard meurtrier de chacun.
– Ce n'est pas le moment de montrer une quelconque loyauté familiale, protesta James avec véhémence. On parle de Quidditch, là ! On va affronter les Poufsouffle, et on va les battre.
Je ne pus rien faire d'autre qu'être d'accord avec lui, et ce de tout mon cœur.
– Ouais ! fit Nico en écartant ses cheveux de ses yeux. C'est ta sœur, tu connais ses faiblesses ?
– Pas question ! m'écriai-je en pointant mon bloc-notes vers le visage de Nico d'un air menaçant. On est des Gryffondor et on ne va pas tenter de gagner grâce à des tactiques qui ne sont pas irréprochables. Laissons cela aux Serpentard.
– Bien dit ! tonna Zara, tandis que James acquiesçait fermement.
– Je rigolais ! se défendit Nico, les mains en l'air devant lui.
– Passons ! annonçai-je. Le point fort de Poufsouffle, c'est leurs batteurs, alors que tout le monde fasse attention à eux. Il serait peut-être judicieux de tous s'entraîner à faire des embardées et des roulades. Je sais qu'il neige, repris-je pour tout le monde, mais ce serait à notre avantage que de s'entraîner dans des conditions défavorables, alors couvrez-vous, parce qu'on va dehors.
J'entendis une masse de grognements et de marmonnements collectifs, mais ils m'obéirent. Ah, le pouvoir d'être capitaine ! J'adorais ça.
– James ! l'appelai-je – je voulais lui parler de la conversation que nous avions eue à propos de son échec à attraper le Vif d'Or lors du match contre Serpentard.
Soit il ne m'entendit pas, soit il m'ignora, car il continua de marcher comme si je n'avais pas ouvert la bouche. J'aurais fortement parié sur ma seconde supposition.
– C'est quoi, son problème ? demandai-je à Lily, la voix pleine d'exaspération. Ça fait des jours qu'il m'ignore !
En réponse, elle m'envoya un regard plutôt froid.
– Éva, tu lui as quasiment dit que tu le détestais. Ça l'a blessé. Sa fierté en a pris un coup, tu vois ?
Elle s'éloigna vers le reste de l'équipe, et je soupirai. Alors que je la suivais sur le terrain, je tentai de mettre James Potter et ma culpabilité de côté.
Plus facile à dire qu'à faire.
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– Est-ce que tu viens au match, samedi ? demandai-je à Jonathan, tandis que nous étions tous les deux à la bibliothèque pour travailler.
– Ce n'est pas prévu, pourquoi ? répondit-il, l'air légèrement confus.
Quoi ?! Ne pas venir à un match de Quidditch ? Il se paie ma tête ?
Derrière nous, dans les rayonnages, quelqu'un laissa tomber ce qui ressemblait, d'après le bruit, à un livre extrêmement épais, et Madame Pince passa en courant près de notre table, se pressant pour aller investiguer sur la source de désordre.
– Gryffondor joue contre Poufsouffle, lui expliquai-je, les yeux écarquillés pour essayer de lui faire comprendre que, peut-être, il était légèrement possible que ce soit important pour moi.
Son visage se peint de compréhension et il chercha rapidement à s'excuser.
– Je suis désolé, je ne savais pas que tu jouais. J'ai deviné que Poufsouffle jouait parce qu'un de mes camarades de dortoir fait partie de l'équipe et disparaît plus que d'habitude, mais je ne savais pas que Gryffondor jouait aussi.
Comment est-il possible que quelqu'un ne sache pas qu'un match de Quidditch est sur le point de se jouer ? Même sans jouer, les gens en parlaient, et il y avait des pancartes dans les salles communes, et… Je veux dire, je ne suis pas observatrice, mais j'ai remarqué ça ! Bon, j'imagine que je l'ai remarqué parce qu'il s'agit de Quidditch, mais quand même !
– J'aimerais bien que tu viennes, ajoutai-je.
– Je pourrais venir, je suppose. Ce n'est pas un match qui va me tuer, me sourit-il chaleureusement. Mes amis y vont, en général, donc je peux rester avec eux.
Tout ce à quoi je pouvais penser, c'était : « UN match ?! ». Il allait faire une exception et venir à un seul match ?! Et les autres, alors ? Il nous restait le match contre Serdaigle, et évidemment, j'avais assisté à tous les autres matchs aussi !
Je lui souris aussi.
– Ce serait super.
– Au fait, je voulais te dire, tout à l'heure, me dit Jonathan, en avalant difficilement sa salive et en rougissant un peu. Euh… Je trouve que cette coiffure te va très bien.
Oh, c'était adorable de sa part ! J'étais vraiment flattée qu'un garçon aussi gentil et intelligent ait voulu sortir avec moi.
– Merci, répondis-je en rosissant, avant de mettre mes cheveux derrière mes oreilles et de lui sourire, heureuse.
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Heureusement, le samedi matin, j'étais moins hébétée qu'avant notre match contre Serpentard. Je n'ai pas failli utiliser le shampoing de quelqu'un d'autre, et je n'ai pas non plus failli foncer dans une porter fermée. Merlin merci.
J'étais un peu stressée, évidemment. C'était normal. Mais ce que je ressentais le plus, c'était une forte détermination. J'étais incroyablement satisfaite des progrès faits par mon équipe depuis le match contre Serpentard. Tous mes joueurs jouaient de leur mieux, et j'étais particulièrement heureuse de la façon dont Bree, Lily et moi jouions ensemble, comme si nous faisions ça depuis des années plutôt que depuis un peu moins de quatre mois.
J'étais la première Gryffondor à arriver dans la Grande Salle, alors je pus choisir un siège au milieu de la longue table. J'attrapai une pomme et du muesli, avant de m'installer et d'attendre le reste de mon équipe.
Soif entra en un battement d'ailes et atterrit près de mon assiette, déposant une lettre sur mes couverts. Je caressai doucement ses plumes fauve, et, en réponse, il hulula de joie.
Je ramassai l'enveloppe, l'ouvris, et vis qu'il s'agissait d'un court message de mes parents.
Éva,
Nous voulions simplement te souhaiter bon courage pour ton match d'aujourd'hui. Rappelle-toi que, peu importe le résultat, nous sommes immensément fiers de toi. Serre tes coudes, joue bien (comme toujours), et amuse-toi !
Gros bisous,
Maman et Papa
PS : Allez Gryffondor !
Quelqu'un se laissa tomber sur le banc en face de moi, et je vis en relevant les yeux qu'il s'agissait de James. Il semblait tout aussi déterminé que moi.
Je repliai ma lettre et la rangeai dans une poche de ma robe. Soif étendit ses ailes et s'envola vers la volière.
James demeura silencieux quelque temps, remplissant son assiette, puis il me regarda et dit :
– J'ai repensé à ce que tu m'as dit à la fin du dernier match, à propos de mon échec pour attraper le Vif d'Or avant Malefoy.
C'est maintenant qu'il me le disait, le matin du match suivant ? Par Merlin.
Mais le côté positif, c'est qu'il avait dû écouter ce que je lui avais dit en tant que capitaine. Victoire ! Et peut-être même qu'il me parlait à nouveau. Pour l'instant, en tout cas.
– Et donc ? l'incitai-je à continuer, pleine d'espoir, en l'observant manger ses saucisses.
– Il a été meilleur, me répondit James avec franchise après avoir avalé sa nourriture. J'ai repensé aux derniers instants du match, encore et encore, mais je n'ai pas trouvé de meilleure réponse. Malefoy a beau être un Serpentard, il n'a pas triché. On était tous les deux à la poursuite du Vif, mais il a de longs doigts, là, et il a attrapé le Vif d'Or avant moi.
– Bon, fis-je en réfléchissant à ce que James venait de me dire, il n'y a pas grand-chose à faire, sinon repérer le Vif d'Or en premier. Merci d'y avoir réfléchi et de m'en avoir fait part.
Nous continuâmes à manger notre petit-déjeuner en silence, mais ce dernier, ainsi que ma culpabilité, finirent par me ronger, et je laissai échapper un :
– Je suis désolée !
James releva sèchement la tête, ses yeux bruns plus grands que d'habitude.
– Pour ce que je t'ai dit au match de Serdaigle contre Poufsouffle, clarifiai-je en le regardant droit dans les yeux, essayant de lui montrer à quel point j'étais vraiment désolée. C'était vraiment méchant. C'est juste que… J'en avais tellement marre d'entendre dire que Jonathan n'est qu'un Poufsouffle avec lequel je ne devrais pas perdre mon temps, que j'ai craqué. J'ai déversé ma colère sur toi, et je n'aurais pas dû. Je voulais juste te dire que je ne le pensais pas... Je ne te déteste pas.
Il acquiesça, laconique, puis me dit ;
– Est-ce que ton copain vient au match aujourd'hui ?
Quoi ?! Je fais tout ce que je peux pour qu'on puisse se réconcilier, et c'est tout ce qu'il trouve à me dire ?
– Oui, il a accepté de venir avec ses amis, répondis-je, d'un ton monotone, afin d'éviter une dispute.
– Est-ce que Grant sait ce qu'est un Souafle ? me demanda-t-il avec un sourire amusé.
Malgré moi, je m'entendis répondre :
– La possibilité qu'il ne le sache pas reste entière.
Il secoua la tête, secoué d'un rire ironique.
– Oh, Éva.
– Hé, qu'est-ce que tu sous-entends, là ? le défiai-je en mordant dans une pomme.
– Éva Dubois, ou la fille qui vit et respire le Quidditch, sort avec un gars qui non seulement n'aime pas le Quidditch, mais qui ne sait même pas ce qu'est un Souafle !
– C'est plutôt ironique, avouai-je. Mais il est gentil. C'est agréable de plaire à quelqu'un comme Jonathan.
James m'observa un long moment, l'expression illisible (par moi, en tout cas), avant de répliquer :
– Je continue à dire qu'il n'est pas fait pour toi.
Avant que je puisse rétorquer, Zara et Bree apparurent en nous saluant d'un air enthousiaste.
– C'est jour de match ! s'écria Bree en souriant de toutes ses dents.
Zara fit craquer ses doigts d'un air légèrement menaçant.
– Que Poufsouffle se prépare à perdre.
C'est ça, l'esprit que je veux voir !
– Ah, vous vous reparlez, finalement ? nous demanda Lily en apparaissant à côté de James.
J'aimerais faire remarquer que c'est James qui ne me parlait plus, merci bien. Bon, c'est vrai que c'est moi qui ai crié. Donc c'est en partie ma faute. Enfin, complètement ma faute, quoi.
– Oui, fit James.
Et même si sa réponse était pour Lily, c'est sur moi qu'il posa son regard. Il m'offrit un demi-sourire et une sorte de haussement d'épaules, comme pour dire Je suis un idiot, désolé.
Je lui rendis un de mes propres sourires, pour dire que je comprenais et que moi aussi j'étais une idiote. Parce que si j'étais honnête envers moi-même, je m'étais comportée comme une crétine (et même pire) avec lui.
Vingt minutes plus tard, ce fut l'heure de nous diriger vers le terrain. En sortant par les portes de la Grande Salle, j'aperçus non loin Lyra Rinaldi et ses amies. Quand elle me vit, elle m'envoya avec dérision :
– Bon courage, Dubois ! Tu vas en avoir besoin, contre Poufsouffle !
Ses amies et elle se mirent à rire, moqueuses, mais leurs rires mauvais se transformèrent soudain en cris de surprise et d'indignation, tandis qu'elles perdaient le contrôle de leurs jambes.
Je jetai un coup d'œil à ma gauche et vis James, baguette en main. Waouh, en voilà une utilisation impressionnante de sortilège informulé !
– Joli Maléfice de Jambencoton, le complimentai-je avec un sourire.
– Merci, répondit-il simplement en rangeant sa baguette dans la poche de sa robe.
Alors que nous nous éloignions des Serpentard, le reste de l'équipe de Gryffondor éclata de rire. Quand chacun se fut changé pour le match, tout le monde se rassembla sur les bancs, devant le tableau à craie.
– Bien ! fis-je en faisant claquer mes mains devant moi et en posant mon pied dans une position que j'espérais autoritaire. On s'est beaucoup améliorés depuis le dernier match, alors restons bien concentrés sur les tactiques et stratégies que je nous sais capables de réussir. Nico et Zara, souvenez-vous bien de la technique pour viser dont on a parlé. Richard, surveille Natasha. Bree, Lily, et moi-même, n'oublions pas les modifications que l'on a apportées à certaines combinaisons. Et James, ajoutai-je en lui envoyant un regard éloquent, si tu n'attrapes pas le Vif d'Or avant leur attrapeur médiocre, je te mets mon poing dans la figure.
– Tu ne mettrais jamais un coup de poing à un membre de ton équipe, s'amusa-t-il.
– Je pourrais m'y mettre.
– C'est noté, sourit-il en passant sa main dans ses cheveux aussi noirs que l'encre.
J'observai mon équipe, assise devant moi, de l'excitation plein les yeux.
– Merci à tous pour votre travail, et maintenant, c'est parti pour battre Poufsouffle !
Des cris de joie me répondirent, et nous nous retrouvâmes vite à voler vers le terrain, le commentateur annonçant le nom de chaque joueur.
– L'équipe de Poufsouffle a pour capitaine Colin Palmer, et l'équipe de Gryffondor, Éva Dubois !
J'adorais entendre mon nom être annoncé au poste de capitaine. Ce ne serait jamais quelque chose que je tiendrais pour acquis. J'avais travaillé mon jeu pendant trop longtemps pour oublier c'était pour mon potentiel que j'avais été choisie.
Alors que je passais la foule en revue, j'aperçus un petit groupe de gens dont les robes portaient des emblèmes de différentes équipes de Quidditch... Des dénicheurs de talents. Des dénicheurs de talents de Quidditch étaient là pour regarder le match. Je sentis l'adrénaline irradier mon corps à l'idée qu'il ne s'agissait pas simplement d'un match à gagner – il fallait aussi impressionner les dénicheurs.
– À mon coup de sifflet, nous annonça Madame Bibine.
Un instant plus tard, elle siffla et envoya le Souafle rouge aussi haut qu'elle le put.
Bien que je sois la poursuiveuse de tête – et que les poursuiveurs de tête étaient en général les premiers à foncer sur la balle – j'avais ordonné à Lily de le faire à ma place. Les Poufsouffle ne s'y attendraient probablement pas ; et j'avais eu raison. Les poursuiveurs de Poufsouffle furent complètement pris au dépourvu quand Lily s'envola avec le Souafle, tandis que Bree et moi nous dirigeâmes droit devant pour nous mettre en position.
L'avantage de la surprise permit à Lily de marquer rapidement et avec une incroyable facilité. Cela provoqua un hurlement d'approbation dans les gradins de Gryffondor. Ça commençait bien.
Gryffondor marqua encore deux fois avant que Poufsouffle ne marque son premier but du match. Les Poufsouffle travaillaient beaucoup et jouaient proprement, mais ils n'avaient pas le talent que possédait Gryffondor. Quelques bons joueurs n'en valaient pas sept.
Madame Bibine siffla une faute de Gryffondor, car Bree et moi avions raté une combinaison et nous étions retrouvées dans la zone des buts.
Note personnelle : travailler cette figure.
Natasha Martin se mit en position pour tirer, et, stressée, je l'observai voler vers Richard. En entrant dans la zone des buts, elle feinta à droite, avant de replacer son bras vers l'arrière et d'envoyer le Souafle vers l'anneau en or de gauche. Richard plongea sur le côté et attrapa le Souafle avec dextérité.
Ah, regardez-moi ce talent ! J'étais super fière de mon petit frère.
Trente minutes plus tard, le score était de 280 à 120 pour Gryffondor.
Bree, suivie de près par les trois poursuiveurs de Poufsouffle, me fit une passe hâtive. Au même moment, je vis l'un des batteurs de Poufsouffle, Blessington, envoyer un Cognard dans ma direction, pour nous empêcher de réussir notre passe. Il s'attendait clairement à ce que j'abandonne tout espoir d'attraper le Souafle, ce qui montrait qu'il ne connaissait pas bien sa concurrence.
J'eus à peine le temps d'attraper le Souafle du bout des doigts et de l'attirer vers mon corps avant de faire un brusque mouvement vers la droite en tenant mon balai d'une seule main. Le Cognard effleura mon épaule gauche, me faisant hoqueter. Au moins, je ne m'étais pas pris un coup direct dans le pectoral.
Malheureusement, la force du Cognard ajoutée à mon mouvement sec sur la droite me firent perdre un peu l'équilibre. Si j'avais eu moins d'expérience, j'aurais lâché mon balai, le Souafle, et je serais tombée de très haut dans les airs.
Mais puisqu'il s'agissait de moi, je m'étais préparée à ce genre d'incidents en observant d'autres joueurs faire les mêmes esquives. En tombant sur le côté, j'utilisai mes genoux pour agripper fermement le balai, m'y accrochai avec ma main droite comme si ma vie en dépendait, et utilisai, à l'aide du reste de mon corps, l'élan donné par le coup du Cognard pour faire une roulade sur le côté.
Je savais bien qu'il était utile de travailler ce mouvement pendant nos derniers entraînements. C'était toujours bien de se préparer à tout, en Quidditch.
Toute la foule émit un hoquet de stupeur, puis des cris et des applaudissements éclatèrent quand tout le monde se rendit compte que je n'allais pas tomber de mon balai, ni être emmenée hors du terrain sur un brancard. Rinaldi devait à n'en pas douter être plutôt déçue.
– Superbe ! Éva Dubois se fait frapper par un Cognard, roule sur le côté, mais ne perd pas le Souafle ! Quelle belle preuve d'agilité de la part de la capitaine de Gryffondor ! cria le commentateur, déchaîné.
Eh bien, qu'est-ce qu'il croyait, que j'allais le lâcher ?! Manquerait plus que ça !
J'ignorai les cognements de mon épaule et me reconcentrai sur le match. Les poursuiveurs de Poufsouffle me fixaient désormais et s'approchèrent rapidement de moi. En tournant mon balai, je coinçai plus fort le Souafle sous mon bras et vérifiai que mes coudes étaient bien serrés.
– On dirait que Potter a vu le Vif d'Or ! s'écria de nouveau le commentateur.
Du coin de l'œil, je vis Lily prendre place à ma gauche. Je ne voyais pas Bree à ma droite, mais elle ne devait pas être loin.
En volant vers les buts de l'équipe adverse, j'aperçus James foncer dans la direction opposée, le vent faisant de ses cheveux un désordre complet. L'attrapeuse de Poufsouffle était loin derrière lui, mais faisait de son mieux pour réduire le fossé qui les séparait.
Avant que Lily et moi n'atteignions le gardien de Poufsouffle et ne puissions marquer un dernier but, les gradins éclatèrent dans un tonnerre d'acclamations.
– Et Potter attrape le Vif ! Gryffondor gagne 430 à 120 !
J'entendis les élèves de Gryffondor scander « Gryffondor ! Gryffondor ! Gryffondor ! », et bannières et fanions rouge et or se mirent à virevolter.
Lily était la plus proche de moi quand j'atterris, et nous nous prîmes dans les bras l'une de l'autre pour célébrer cet instant en sautillant sur nos pieds. Zara s'écrasa sur nous les bras écartés, et Bree suivit de près.
– On a gagné ! hurla Nico en sautant et brandissant son poing vers le haut.
Avec le nombre de points que nous avions gagné grâce à cette victoire, nous allions sans doute jouer en finale – tant que nous battions Serdaigle lors de notre prochain match.
– Éva ! m'appela une voix familière.
– Jonathan ! Tu es venu ! l'accueillis-je, heureuse, tandis qu'il s'approchait de moi d'un pas pressant.
Waouh, il était vite arrivé sur le terrain, on ne pouvait pas dire le contraire !
En se fendant un chemin à travers la foule, je vis que son visage et ses lèvres étaient pâles et qu'il avait l'air de respirer très fort.
– Tu vas bien ? Tu es un peu pâlot.
Au lieu de répondre à ma question, il me demanda, affolé :
– Comment va ton épaule ? Tu as mal ? Qu'est-ce que je raconte, évidemment que tu as mal ! Il faut que tu ailles à l'infirmerie immédiatement.
Il me prit la main – pour m'emmener vers le château, j'imagine. Comme si j'avais besoin d'aller voir Madame Pomfresh !
– Je vais bien, je t'assure, protestai-je en observant ses traits sérieux. Ça fait un peu mal, mais ça va juste laisser un gros bleu. Je te promets.
Jonathan avait toujours l'air incertain. Sérieusement, je ne lui avais pas dit que j'avais déjà joué avec les doigts déboîtés ? Ça avait été plus douloureux que ça.
– Ce n'est pas une blessure grave, insistai-je, sentant l'exaspération poindre à cause de son anxiété inutile. On est tout le temps frappés par des Cognards, en Quidditch.
Ce bêta, à ne rien comprendre au Quidditch. S'il assistait aux matchs entre les maisons comme tous les élèves de cette fichue école, il le saurait !
– C'est juste que…, fit-il avant de déglutir avec difficulté et d'attraper mon autre main. J'étais inquiet. Le Cognard t'a frappée et ensuite tu t'es pratiquement retrouvée arrachée à ton balai. Qu'est-ce que j'étais censé penser ?
– Je ne suis pas tombée de mon balai, cette fois ; clairement, j'allais bien.
– « Cette fois » ?! Tu es déjà tombée de ton balai ?
Le Quidditch était un sport dangereux ; les accidents, ça arrivait. Je décidai de ne pas lui parler des moments où j'étais tombée en m'entraînant à de nouvelles figures. Il réagirait probablement mal en sachant que cela avait parfois été intentionnel. Comment étais-je censée apprendre à ne pas tomber de mon balai si je ne manquais pas en tomber en premier lieu ?
– C'est du Quidditch ! insistai-je.
Pourquoi ne comprenait-il pas cela ?
Jonathan ne sembla pas apaisé pour une Noise, mais il dit :
– Bon, je suis content que tu ne sois pas trop blessée. Et je suis heureux que tu aies gagné le match.
– Merci, lui dis-je – et en réponse, il se pencha pour m'embrasser, enroulant ses bras autour de moi en un geste protecteur.
Je sentis mon exaspération s'envoler. Jonathan était mignon, et il s'était simplement inquiété. Je n'aurais pas dû m'énerver à cause du souci qu'il se faisait pour moi.
– Éva ! entendis-je la voix de James m'appeler.
Apparemment, il me cherchait.
– Elle est occupée, imbécile ! cria Zara en réponse.
Je m'éloignai de Jonathan en rougissant. J'avais complètement oublié que nous étions au milieu d'une grande foule. Jonathan aussi semblait l'avoir oublié, car ses joues et son cou étaient eux aussi écarlates.
James se fraya un chemin parmi les élèves, un large sourire dessiné sur son beau visage. Sourire qui vacilla lorsqu'il m'aperçut dans les bras de Jonathan, mais en un éclair, il réapparut, de même qu'un regard de détermination dans ses yeux marrons.
– Tu as attrapé le Vif ! On a gagné ! hurlai-je, à nouveau traversée par l'adrénaline de notre victoire.
Ma conversation avec Jonathan avait occulté mes pensées de victoire, mais elles revinrent immédiatement au galop.
– On a gagné ! Et tu n'as pas eu besoin de me mettre un coup de poing dans la figure ! me répondit James par-dessus la tête de Nico.
Je m'écartai complètement de Jonathan et m'approchai de James. À ma grande surprise, il m'enserra dans ses bras.
J'étais absolument folle de joie que Gryffondor ait gagné. Je n'étais pas nulle, et mon équipe était capable de livrer un hyper bon match.
– Je savais que tu l'attraperais, répliquai-je en riant. Et puis tu devrais savoir mieux que personne que je ne mettrais pas ma menace à exécution. Si j'avais voulu te mettre mon poing dans la figure, je l'aurais fait depuis longtemps.
Il se mit à rire et acquiesça.
– Oui, c'est vrai.
James avait des bras agréables et musclés. Je m'en étais aperçue pour la première fois quand je l'avais surpris torse nu. Non pas que j'y repensais, hein. Mais c'était compliqué de ne pas y songer, quand ces mêmes bras étaient serrés autour de moi.
– Ah, te voilà !
Avais-je bien reconnu cette voix ? James me relâcha et je me retournai pour voir mon père, ma mère, et Tristan.
– Vous êtes venus ! m'écriai-je gaîment en m'élançant dans leur direction.
– Ça s'est décidé au dernier moment, m'expliqua ma mère. Ton père a décalé son entraînement à Flaquemare à ce soir.
C'était vraiment très rare. Mon père ne modifiait presque jamais ses horaires d'entraînement, et les annuler était hors de question. Les seules exceptions étaient pour cause d'éclairs dans le ciel, ou parce que quelqu'un était malade, blessé, ou en train de mourir. Les entraînements avaient lieu, peu importe le reste, et c'était ainsi.
– Salut, Potter. Comment ça va ?
Tristan entama une conversation avec James.
C'était typique de la part de mon frère. Il vient me voir jouer, mais au lieu de m'adresser ne serait-ce qu'un bonjour, il se met à discuter avec l'un de ses anciens coéquipiers.
– À part le travail des ASPIC, tout va super bien, sourit Potter.
Je remarquai qu'il tenait toujours fermement le Vif d'Or dans sa main droite.
Les bras chaleureux de mon père m'entourèrent pour l'un de ses merveilleux câlins.
– On a pensé qu'après le match dernier il fallait qu'on tente de venir, me dit-il.
– Je suis tellement contente que vous soyez là ! répondis-je, un sentiment d'intense bonheur m'envahissant en pensant à tout ce qu'il se passait aujourd'hui.
– Ta roulade était parfaite, me complimenta mon père avec enthousiasme. On voit bien que tu l'as travaillée. Et bravo pour tes coudes serrés !
– Évidemment, lui répondis-je en souriant de toutes mes dents.
– Mes seules suggestions, ce serait…, commença-t-il, mais ma mère l'interrompit en passant son bras autour de moi.
– Olivier, on parle de ta fille, là. Elle ne manque pas de rigueur quand il s'agit d'être critique par rapport à sa propre équipe.
– Mais je pensais simplement…, fit-il – mais cette fois c'est moi qui l'arrêtai.
– Papa, s'il te plaît, lui dis-je en me mordant les lèvres.
Je ne voulais pas le vexer. Après tout, c'était mon père, et il m'avait appris tout ce qu'il savait en Quidditch. Bon, pour être honnête, ma mère aussi m'avait appris beaucoup de choses, mais c'était mon père, le vrai fanatique.
– Je vais faire ça seule, lui expliquai-je. C'est mon équipe, c'est ma responsabilité.
Mon père m'observa un long moment, puis sourit tout en secouant la tête.
– T'es bien ma fille, toi, il n'y a pas de doute.
Il regarda ma mère et lui lança :
– Je crois que c'est de toi qu'elle tient son entêtement.
– Permets-moi de ne pas être d'accord.
Ma mère haussa un sourcil (je tiens ça d'elle) et fixa mon père de façon incrédule.
– Tu as super bien joué, aujourd'hui, me dit Tristan une fois qu'il eut terminé de discuter avec James, avant de me prendre dans ses bras. Tu as fait du beau travail avec ton équipe.
Oui, pensai-je intérieurement en jetant un regard circulaire autour de moi. L'équipe de Gryffondor avait été splendide.
NOTE
Je vous demanderai d'être cléments quant à ce chapitre, car ma bêta Marie Lapiz n'a plus internet pour le moment, et n'a ainsi pas pu relire ce chapitre avant publication. Heureusement qu'elle était joignable par SMS pour répondre à des interrogations que j'avais, mais niveau étourderies de orthographe-grammaire-conjugaison-vocabulaire HP, rien n'a été balayé. Désolée !
J'espère néanmoins que le chapitre vous aura plu. Personnellement, j'ai eu mal quand Éva a expliqué à James qu'elle était contente de plaire à quelqu'un comme Jonathan... Mais bon, je n'arrive pas à lui en vouloir, elle reste mignonne. Et Jonathan aussi... Bref.
Bon été à tous ! Je vous retrouve bientôt pour le chapitre 15 ;)
RàR anonyme
Didi-Fan-Anonyme : Merci pour ta review et ton enthousiasme ! Tu repasses quand tu veux :D (par contre je dois repréciser que je suis traductrice et pas auteure ;) Mais si tu n'as pas remarqué qu'il s'agissait d'une traduction, je prends ça pour un compliment, car c'est le but ultime d'une bonne traduction) À bientôt j'espère !
