Le lendemain, il se réveilla tard. Après un petit déjeuner rapide, il rassembla quelques affaires et le plat que le scorpion avait préparé et prit la route pour revenir au sanctuaire. Arrivé là-bas, il commença à sentir une boule d'angoisse à mesure qu'il approchait du huitième temple. Qu'allait-il faire s'il croisait Milo ? Et que ferait celui-ci ?

C'est avec appréhension qu'il arriva aux portes de la bâtisse. Alors qu'il passait devant la porte des appartements du scorpion, celle-ci s'ouvrit laissant apparaître le propriétaire des lieux des bagages à la main. Lorsqu'il releva la tête, après avoir verrouillé la fermeture, et qu'il vit Camus, il le regarda avec un visage inexpressif et sans un mot. Pendant un long moment mais paradoxalement trop court, ils se regardèrent puis Milo revint à la réalité et commença à partir. Il retenait difficilement ses larmes et lorsque Camus, qui avait vu le regard brillant de l'arachnide, tenta de l'arrêter, il lui répondit méchamment d'aller se faire voir. Il partit ensuite, se forçant à ne pas craquer plus et à garder un rythme de marche normal, en entendant les suppliques du verseau. Cela lui faisait mal de les entendre mais il continua sa route. Camus n'avait pas essayé de le retenir une nouvelle fois. Les mots que Milo lui avait dits l'avaient détruit. C'est tristement qu'il regarda son ami partir, après avoir tenté de s'excuser mais en vain. Il regagna son temple et s'affala sur son canapé, ressassant leur altercation.

Deux semaines passèrent sans que le verseau ne sorte de son temple. Deux semaines pendant lesquelles, le reste des chevaliers et le représentant d'Athéna s'inquiétaient. Minos et Eaques avaient été prévenus et mis au courant de toute l'histoire. Ils essayaient de remettre le verseau d'aplomb mais cela ne marchait pas. Eaques avait essayé de joindre son fils mais il n'obtint aucune réponse.

Au bout de quelques semaines, le verseau se décida enfin à sortir de son antre. Il n'était plus le fier chevalier que ses frères d'armes connaissaient. Amaigri, des cernes sous les yeux, il était méconnaissable.

Mû vint le voir et après plusieurs tentatives, il parvint à avoir les confidences du verseau et à lui donner des remèdes pour qu'il retrouve sa forme d'avant. Malgré les efforts de ses frères d'armes, il n'arrivait pas à retrouver sa joie d'antan. La séparation entre le scorpion et lui le tuait à petit feu et l'armure du scorpion ne l'aidait pas. A chaque fois qu'il passait dans le huitième temple, il sentait le cosmos agressif de celle-ci dirigé contre lui. Il errait dans le sanctuaire, ne se préoccupant plus de ses camarades sauf pour l'entrainement.

Saori, qui avait été mise au courant, faisait tout ce qu'elle pouvait pour retrouver l'ancien scorpion mais en vain. Seule son armure semblait le savoir mais elle refusait de donner un indice. L'actuel bélier et le grand pope étaient perplexes. Ils ne comprenaient pas le comportement de l'armure et malgré leurs recherches et leurs tentatives de communiquer avec elle, ils n'aboutissaient à rien. Milo lui avait-il laissé un ordre ou le faisait-elle de son propre chef ?

Loin, très loin de la Grèce, sur une île quasiment déserte, se trouvait le grec. Il avait dégoté une petite maisonnée qui lui convenait très bien. Il avait mis beaucoup de temps à se remettre des paroles de Camus, même s'il savait que le français avait raison, et bien qu'il ait décidé de changer de vie, en coupant les ponts avec son ancienne vie, les mots du seigneur restaient dans sa mémoire. Cela le faisait toujours souffrir et peu à peu, il finit par se convaincre que pour arrêter de ressentir cette douleur, il devait l'éliminer. Il prit donc une décision qu'il mettrait en œuvre le jour de l'anniversaire du maître de la glace.

Les jours passaient et se ressemblaient. Le grec avait fait coupé ses cheveux et les avaient reteints en noirs. Il s'était également trouvé comme passe-temps la construction d'une barque qui pourrait devenir plus tard un bateau s'il en avait le temps. Il passait ses journées entre la construction et le jardinage. De temps à autre, il repensait à son ancienne vie et s'apercevait que certaines personnes lui manquait tel que Aiolia et Aphrodite. Ensembles, ils avaient faits les quatre cents coups et s'étaient pris également des corrections mémorables. Malgré les disputes qu'ils avaient pu avoir, leur amitié n'avait jamais flanchée et le scorpion s'en félicitait. Cependant l'ombre du verseau venait, à chaque fois, ternir cette plongée dans ses souvenirs.

A plusieurs reprises, l'envie de lui écrire l'avait pris, mais lui écrire quoi ? C'était bien là le problème. Il avait envie de lui dire ce qu'il pensait mais également de lui dire qu'il l'aimait comme un fou. Comment mettre tout ça dans une lettre ? Il y réfléchissait régulièrement et se décida à le faire en voyant que l'anniversaire de Camus approchait.

Quelques jours plus tard, au Sanctuaire, Camus fut étonné de recevoir du courrier. Prenant l'enveloppe que lui tendait le garde, il la retourna et vit une écriture qu'il ne connaissait que trop bien. Il attendit d'être dans son temple pour l'ouvrir et fut surprit de voir qu'elle ne contenait qu'une phrase : «Quelques jours avant puis le jour de ton anniversaire, tu auras une surprise ». Cette phrase le laissait perplexe. Que voulais dire Milo par là ? Il aurait voulut lui répondre et lui demandait mais il savait que c'était impossible car personne ne savait où se trouvait l'ancien scorpion. C'est avec tristesse qu'il se fit intérieurement une nouvelle rétrospective de son histoire avec l'arachnide en partant du moment où il s'était arrêté dans ses souvenirs.

Entre-temps, le scorpion avait demandé audience au seigneur des enfers. Celui-ci accepta même s'il fut obligé de quitter son royaume pour aller à la rencontre du grec. Il le salua avec joie lorsqu'il le vit. Après avoir parlé de futilités, ils en arrivèrent à ce que l'ancien chevalier voulait. Le maître des ténèbres fut…médusé. Il n'aurait jamais pensé qu'une demande comme ça lui serait un jour demandé. Il essaya de dissuader le scorpion mais quand il vit qu'il n'y arriverait pas, il lui dit qu'il en parlerait avec Athéna et qu'il lui donnerait sa réponse dans quelques jours. Il tenta de lui faire comprendre qu'il pouvait juste lui effacer la mémoire mais Milo refusa tout en acceptant qu'Hadès donne de ses nouvelles à Eaques.

Après qu'ils se soient séparés, le seigneur des enfers partit directement au sanctuaire et demanda à voir la déesse. Celle-ci étonnée lui accorda l'entrevue et fut stupéfaite lorsqu'elle apprit la raison de la venue imprévue d'Hadès. Elle n'avait jamais pensé ni soupçonné que le scorpion, qu'elle considéré toujours comme l'un de ses plus loyaux protecteurs, puisse envisageait de faire cela. Elle regarda l'autre divinité et demanda à ce que l'on aille chercher le garuda. En attendant que celui-ci arrive, elle discuta d'une voix blanche de la demande du scorpion avec le sombre monarque.

Eaques arriva tranquillement, tout en se posant des questions, et lorsqu'il vit l'expression des deux dieux, il demanda :

Que se passe t-il ?

Eaques… commença Hadès, nous…nous…enfin j'ai eu des nouvelles de ton fils.

Comment cela ? Comment va-t-il ? Où est-il ?

Calme-toi s'il te plaît. Il va très bien et m'a demandé quelque chose de particulier.

Qu'est-ce que c'est ?

Avant tout, tu dois me promettre de n'en parler à personne. Pas même à Minos et encore moins à Camus.

C'est d'accord, répondit le garuda peu rassuré concernant les actions de son fils.

Hadès lui expliqua alors la demande du grec. Eaques n'en revenait pas et sans qu'il ne s'en rende compte, tellement il était choqué, ses larmes se mirent à couler en un flot continu. Les deux divinités étaient tristes pour le spectre puis après un moment où elles restèrent sans bouger, Athéna se le leva et alla prendre le juge dans ses bras qui se laissa aller. Lorsque le spectre se calma enfin, il regarda le seigneur des enfers et lui demanda s'il pouvait venir voir son fils lorsque la réponse lui serait donnée. La divinité lui répondit qu'elle essaierait de contacter l'ancien chevalier pour lui faire part de ça demande. Ils restèrent tous les trois à discuter tandis que dans le onzième temple, Minos était inquiet car il avait senti la tristesse de son amant et parce-que son fils dépérissait à vue d'œil.

Pendant ce temps là, dans un autre endroit, Milo continuait à vivre sa nouvelle vie. Il savait que lorsque son père apprendrait la demande qu'il avait formulée, celui-ci serait en colère malgré sa tristesse. Bien qu'il n'ait pas envie de s'engueuler avec son paternel, le grec accepta de le voir lorsque le sombre monarque lui en fit la demande. Quelques jours plus tard, il reçut donc leur visite. Cette fois-ci, il n'avait pas exigeait de les voir ailleurs car il savait que le ton monterait entre le juge et lui. Eaques venait d'arriver devant la petite habitation de son fils. Il essayait de se calmer quand il toqua à la porte. Lorsque celle-ci s'ouvrit, il ne put s'empêcher de gifler le scorpion, qui tomba à terre sous la violence du coup. Le garuda se mit à hurler ce qu'il avait sur le cœur avant de prendre et de serrer farouchement le grec. Tout en pleurant, il lui dit ce qu'il n'avait jamais osé lui dévoilé vraiment. Milo en était tout retourné et se mit lui aussi à étreindre son père en laissant couler ses larmes. Après s'être chacun remis de leurs émotions, le scorpion se comporta en hôte exceptionnel, ce qui impressionna son père. Il lui fit très rapidement le tour du propriétaire puis ils s'installèrent à l'extérieur en buvant un rafraîchissement tout en bavardant et en arrivant au sujet toujours aussi douloureux pour les deux protagonistes. Le scorpion tenta tant bien que mal de faire admettre à son père que c'était la seule solution. Au fur et à mesure du récit de son fils, le juge comprenait et devenait d'accord avec celui-ci. Bien que cela lui fit mal, il finit par lui donner sa bénédiction puis parlèrent de quelque chose d'étroitement lié à la décision du grec.

Quelques instants plus tard, ils accueillirent Hadès qui venait enfin d'arriver. Celui-ci accepta de boire quelque chose et très vite, la discussion reprit. Milo eut la réponse à sa demande et ils passèrent le reste de la journée à palabrer puis les deux visiteurs partirent avec regrets.

Eaques avait de nouveau serrait à l'en étouffer le scorpion puis lui avait promit qu'il se tairait. L'ancien chevalier remercia ses deux invités et leur dit qu'il leur donnerait de ses nouvelles.

Milo se sentait triste néanmoins car il devait s'avouer, qu'avoir vu son père lui avait fait du bien. Jamais, il n'avait autant parlé avec lui et se promit de rattraper cela si son plan marchait dans le deuxième sens.

Pendant ce temps, au sanctuaire, rien n'avait changé. Minos s'inquiétait toujours autant pour son amant, et cela l'intriguait de ne pas savoir pourquoi le seigneur des enfers avait demandé à ce que son compagnon l'accompagne, mais il se rongeait surtout les sangs par rapport à son fils.

Il ne savait pas quoi faire et avait tout essayé pour redonner un peu de joie au verseau. Dans ces tentatives, ils en étaient même arrivés à s'engueuler mais très vite étaient pris par le remord et se réconciliaient. Pendant ces disputes, Minos se laissait emporté par ses émotions et disait des paroles blessantes envers son fils qui répliquait avec autant de verve.

Lors de ses discussions plus qu'houleuses, Eaques se tenait éloigné du onzième temple. Ce n'était pas parce qu'il risquait de blesser l'un ou l'autre en prenant parti, mais parce qu'il songeait à son fils. Il errait comme un zombie dans l'enceinte sacrée du domaine d'Athéna et de temps en temps, allait discuter avec les chevaliers ou la déesse elle-même. Des fois, il le faisait également avec le sombre monarque qui s'inquiétait aussi pour lui. Tous essayaient par n'importe quel moyen de redonner un peu de joie au garuda et au verseau.

Y arriveraient-ils ? Le scorpion reviendrait-il ?

Les semaines passaient. Elles semblaient longues pour Eaques et trop courtes pour Camus et Milo. Celui-ci avait écrit une longue lettre au verseau dans laquelle il disait tout ce qu'il ressentait concernant leur relation. Cela n'avait pas été facile pour lui d'écrire cela et il fut bien content d'avoir terminé, même si c'était en pleurs. Il lui envoya en se demandant quelle serait sa réaction.

Quelques jours plus tard, Camus reçut la lettre et dû prendre son courage à deux mains pour la lire :

Camus,

Par quoi commencer ? Tout d'abord, j'espère que tu vas bien. Ensuite, je vais te dire tout ce que j'ai sur le cœur et qui nous concerne.

Pour commencer, sache que je ne regrette absolument pas nos années d'amitié ni celles de notre amour. J'étais heureux d'être à tes côtés car tu m'apportais beaucoup de choses dont deux vraiment importantes : la patience et le calme.

Tu m'as appris également beaucoup de choses sur le monde, la littérature et autres que j'ai commencé à aimer. Tu étais l'étoile de ma vie qui me faisait avancer sans crainte mais je regrette énormément que tu sois toujours aussi renfermé. Et, tu te doutes bien que c'est cela qui a initié le déclin de mon amour pour toi. J'ai pourtant essayé de garder cette flamme d'amour allumée mais en vain. La décision de te quitter m'est très vite venue à l'esprit suite à nos disputes répétées.

Il est vrai que je l'ai un peu regretté mais en voyant que tu n'avais même pas essayé de chercher à me reconquérir, mes remords se sont envolés. Si j'ai accepté de devenir l'amant de Hyôga, car c'est lui qui me l'a demandé et non moi contrairement à ce que tu peux croire, c'est parce-que je ressentais encore quelque chose pour toi. Je voulais te rendre jaloux et que tu montres que tu tenais à notre histoire. Lorsque tu es parti, mon cœur s'est déchiré car je ne pensais pas que tu fuirais ainsi.

Les autres, qui devaient avoir entendu la discussion que l'on avait eue sur le parvis de ton temple, ont commencé à me critiquer discrètement puis ouvertement et tout cela s'est amplifier jusqu'à ce que je décide de quitter l'ordre d'Athéna, car je n'en pouvais plus.

Je sais que si elle a fait appel à toi pour me faire revenir sur ma décision, c'est parce qu'elle pensait que tu y arriverais. J'avoue avoir été surpris lorsque tu es venu et que tu m'as annoncé que tu avais décidé de me donner une énième chance. Cela m'a fait plaisir, je ne te le cache pas mais j'avais vraiment envie et besoin de partir du sanctuaire. Ne crois pas que j'ai rendu mon armure avec plaisir. Sentir la tristesse émanant de Shion et d'Athéna m'a détruit mais sentir la tienne…je ne peux même pas te décrire ce que j'ai ressenti. C'est alors que j'ai ressenti l'envie de…de faire semblant de t'aimer encore pour te rendre le sourire. Je sais que je n'aurais pas dû mais…

Et puis, en faisant ça, la situation m'a échapper et cela nous a menés à ce que l'on vit actuellement. Je sais que depuis, j'ai été plus que méchant et odieux envers toi et j'en suis désolé, mais tu me connais, je suis gouverné par mes pulsions. Et c'est d'ailleurs grâce ou à cause d'elles que je suis partis avec mon infâme mère. J'étais déjà énervé avec ce que tu m'avais annoncé et quand j'ai su que mon père et je pense, toi et Minos, m'aviez caché cet énorme vérité, mon sang n'a fait qu'un tour et j'ai eu énormément de mal à contrôler la fureur qui bouillait en moi. J'éprouvais toujours de la colère envers vous les premiers temps de ma cohabitation avec Patricia mais au fur et à mesure, je le regrettais et c'est pour cela que quand j'en ai eu l'occasion, j'ai fugué pour revenir au sanctuaire. Je savais que mon retour ne se ferait pas sans remous et je savais aussi que je devrais répondre de mes actes envers Athéna et Hadès. Seulement, en revenant, je n'avais pas prévu de te revoir. La tristesse et détresse que tu t'efforcer de cacher me toucha et me fit reprendre ce que je faisais avant depuis que nous nous étions séparés : faire semblant de t'aimer. Malheureusement, cela nous as encore plus séparé que nous ne l'étions déjà. J'ai énormément souffert de ce que tu m'as dit le jour où j'ai tué ma mère, même si je savais au fond de moi que tu avais entièrement raison. Je l'avais mérité, ne t'en veux pas pour ça.

Lorsqu'on s'est revu le lendemain, j'ai vraiment eu du mal à rester de marbre quand on s'est regardé. J'avais tout une foule de sentiments contradictoire qui faisait rage dans mon esprit. Je sais que tu as dû ressentir que je pleurais quand tu as tenté de me retenir. Tes mots, tes pleurs ainsi que tes remords me percer le cœur comme un couteau bien aiguisé.

Depuis que je suis sur la petite île que j'ai trouvée, je tairais l'endroit où elle se situe, j'ai pris le temps de réfléchir à tout ce qui s'est passé entre nous et je n'ai pu voir que deux solutions pour stopper la souffrance que nous nous infligeons à tour de rôle. Ces deux solutions, je ne te les dirais pas, tu en sauras plus le jour de ton anniversaire grâce à l'armure du scorpion, qui m'est restée fidèle sans que je ne sache pourquoi alors que j'ai quitté la chevalerie.

Pour finir, je te laisse sur ces quelques mots en espérant que cela ne te fasse pas trop mal et je te dis peut-être à bientôt.

Milo

Lorsque Camus eut fini de lire la lettre, il était comme déconnecté. Il se sentait envahi par une profonde tristesse mais également par une rage qu'il s'efforçait de contrôler. Il sortit de son temple, les poings serrés, et alla sur la plage pour libérer toute sa colère contre les rochers d'une falaise.

Les deux divinités et Shion avaient sentis ce qu'éprouvait le français. Se regardant à tour de rôle de manière interrogative, ils se demandaient ce qui pouvait mettre le verseau dans un état pareil. Athéna décida d'aller le voir. Elle prit donc le chemin pour aller retrouver son chevalier. Lorsqu'elle le vit, ses soupçons se confirmèrent avant même de lui avoir demandé. Il n'y avait qu'une personne pour mettre le seigneur dans cet état de rage : Milo.

Avec douceur, elle essaya d'approcher le verseau mais celui-ci semblait ne plus percevoir ce qu'il y avait autour de lui. La déesse décida d'utiliser son cosmos pour le calmer et avoir une discussion avec lui. Cela marcha. Le français redevint lui-même et s'excusa aussitôt de son emportement lorsqu'il vit la divinité. Il en fut tout excusé et fut invité à s'asseoir pour discuter un peu. Le onzième chevalier n'en avait pas vraiment envie mais pour une fois, il raconta ce qu'il ressentait en laissant ses émotions ressortirent. Pendant près de deux heures et demie, ils restèrent ainsi sur la plage, Athéna écoutant, sans l'interrompre, son chevalier. Au bout d'un moment, Camus, fatigué d'avoir tant pleuré et parlé, prit congé de sa déesse et partit dans son temple.

La jeune fille remonta jusqu'au treizième temple et demanda à Hadès s'il pouvait contacter Milo pour qu'elle aille le voir. Ledit Milo accepta la demande, se doutant de la raison de la venue d'Athéna car il lui avait semblé ressentir les effluves du cosmos de Camus bien qu'il soit à des milliers de kilomètres du sanctuaire.

Lorsqu'Athéna arriva sur l'île, elle fut accueillie par le scorpion qui se répandit en excuses pour tout ce qu'il avait fait. La déesse l'en excusa et lui demanda de lui raconter toute son histoire avec le verseau depuis le début.

Tristement et n'osant pas regarder la jeune fille, Milo s'exécuta. Pendant plus d'une heure, il parla tout en marchant aux côtés de la divinité. Celle-ci l'écouta sans l'interrompre. A plusieurs moments, elle fut triste d'entendre les évènements qui avaient eus lieu entre ses deux chevaliers. Elle considérait toujours le grec comme l'un de ses protecteurs.

Après quelques instants de silence où elle réfléchit, elle finit par dire :

Milo, je comprends et je compatis à ce que vous avez vécus. C'est une histoire plus qu'émouvante mais…il faut que d'une manière ou d'une autre, elle cesse. Camus meurt à petit feu et votre histoire ainsi que ce que vous vivez en ce moment le détruit comme cela te détruit aussi, n'est-ce pas ?

J'en suis conscient et je vous promets de régler cela rapidement dans quelques jours.

Comment comptes-tu faire pour arranger les choses ?

Le terme « arranger » me dérange. Je ne sais pas comment dire cela mais j'espère que tout prendra fin soit par ma mort soit par le fait d'avoir une discussion avec lui.

En parlant de cela, je sais que ton père et Hadès t'en ont déjà parlé mais ne veux-tu pas trouver une autre solution ?

Non. Car si je ressuscitais, je le ferais encore plus souffrir et si Hadès lui efface la mémoire, c'est moi qui souffrirais et je ne veux plus ressentir cette douleur. J'ai essayé de trouver d'autres solutions mais il n'y a que ces deux-là qui sont ressortis.

La déesse n'insista pas et prit congé de son chevalier tout en lui rappelant que cela ne pouvait plus durer.

Milo le savait et dans un certain sens, il attendait avec impatience le jour décisif.

De son côté, Camus était sur les nerfs. Jamais, il ne s'était autant disputé que se soit avec son père ou ses frères d'armes. Il redoutait le jour de son anniversaire et il avait raison.

Lorsque le jour « spécial » arriva pour le verseau, il fut tiré de son sommeil par une appréhension plus forte que celle qu'il avait eue les derniers jours. Sortant de son temple, il vit Shion descendre du treizième temple et lui demandait de le suivre jusqu'au huitième. Là, la surprise cloua sur place les deux hommes ainsi que Mû, qui les avaient rejoints.

L'armure du scorpion pleurait et lorsque le pope s'en approcha pour tenter de découvrir ce qu'elle avait, elle le repoussa doucement et fit comprendre au verseau que l'ancien chevalier était en danger. Elle lui signifia également que seul lui pouvait le trouver.

Le français regarda alors le représentant de la déesse qui lui donna son accord pour qu'il parte à sa recherche. Camus n'attendit pas une seconde de plus et fila à la vitesse de la lumière en dehors du sanctuaire. Arrivé dans un endroit de la Grèce où personne ne pourrait le voir, il déploya son cosmos et se mit à chercher celui de son ami.

Lorsqu'il le trouva, il se téléporta directement près du lieu où se trouvait le scorpion, il utilisa de nouveau son cosmos pour ne pas perdre de temps à le chercher.

Milo, qui avait senti le verseau arrivait sur l'île, fit ce qu'il avait prévu de faire. Petit à petit, il se sentit glisser dans le noir confort de la faucheuse et entendit avec peine la porte de sa maison s'ouvrir à la volée et Camus qui hurlait son nom. Il perdit ensuite connaissance étant heureux au fond de lui que son ami soit arrivé à temps. Enfin…peut-être pas.

Lorsque Camus sentit le cosmos du grec s'amenuisait, une peur sans nom s'empara de lui car il n'aurait jamais imaginé que Milo puisse se suicider, surtout à cause de leurs disputes. Il aperçut au loin une petite maisonnée et son instinct lui dit que c'était là qu'habitait son ami. Il courut à la vitesse de la lumière et découvrit, après avoir ouvert la porte à la volée, le corps de son ami, à terre, les deux poignets ouverts.

Un long cri de désespoir sortit de sa bouche lorsqu'il l'appela. Se précipitant vers lui, le verseau s'agenouilla et prit son pouls qui battait très faiblement.

Il gela ensuite les poignets blessés et amena son ami dans sa chambre où il le posa sur le lit. Ensuite, il le recouvrit de couvertures et s'assit parterre en lui prenant sa main. Il finit par s'endormir en attendant son réveil.

Plusieurs heures après l'arrivée de Camus, Milo se réveilla et tourna son visage de marbre vers celui qui tenait sa main. Plutôt que de se lever pour le prendre dans ses bras et l'installé confortablement sur son lit, le grec se leva et sortit de la pièce puis de la bâtisse pour aller s'installer dans un hamac qu'il s'était construit. Il ferma les yeux et laissa la douceur et la chaleur de l'astre lumineux envahir et caressait sa peau.

Dans la maison, le seigneur venait de se réveiller. Il fut déçut de voir que Milo s'était levé et était partit sans prendre la peine de le tirer de son sommeil. Il se leva à son tour, non sans difficulté car il était courbaturé de partout, et sortit de la chambre pour chercher le scorpion.

Lorsqu'il le trouva, il hésita à s'approcher et finalement, se décida à repartir dans la maisonnée quand Milo l'interpella et l'invita à venir dans un second hamac. Une fois qu'il se fut installé face au scorpion, un silence gêné s'installa entre eux.

Puis le grec prit enfin la parole en essayant de le regarder mais il n'y arriva pas. Ils discutèrent pendant un long moment sur leur relation et l'hôte des lieux finit par dire des paroles qui brisèrent le cœur de Camus. Celui-ci, retenant ses larmes, lui fit comprendre qu'il était contre l'idée que son ami lui avait proposée puis il se leva ensuite et alors qu'il avait commencé à repartir vers l'habitation lorsqu'il fut stoppé par son ancien amant qui s'était levé et l'avait attrapé par le poignet.

Camus se retourna et le gifla par dépit. Les yeux remplis de larmes, il signifia à Milo de le lâcher et de le laisser seul. Celui-ci le retira sa main, le cœur meurtri, et le regarda partir. Il finit par se remettre dans son hamac l'esprit plus que perturbé. Il se mit ensuite à réfléchir sur la discussion qu'il venait d'avoir avec le onzième gardien.

Camus, quand à lui, était retourné dans l'habitation du grec et s'installa dans un fauteuil pour réfléchir également sur ce qui venait de se dire. Cela lui avait fait mal d'entendre les mots de Milo mais après d'intenses réflexions qui lui donnèrent un horrible mal de tête, il finit par accepter l'idée de redevenir ami avec l'ancien chevalier. Il s'endormit en attendant que celui-ci rentre et se dit qu'ils devraient tout mettre à plat.

Quelques heures plus tard, Milo se décida à rentrer. Alors qu'il venait de franchir le seuil de sa maison, il aperçut le seigneur dormant dans le salon. Avec précautions, il le prit dans ses bras et l'emmena dans sa chambre où il le posa sur son lit.

Bien qu'il sache que le français n'aurait pas froid, il mit quand même une légère couverture sur les épaules tout en lui serrant doucement celles-ci. A ce contact, le verseau se réveilla et repoussa les mains hâlées sans regarder leur propriétaire.

Le cœur serré, Milo retourna dans son salon et partit se balader à l'extérieur. Lorsque Camus ne ressentit plus la présence de son ancien ami, il se leva et en arrivant dans la pièce principale, trouva un mot à son attention :

« Cam', je sais que je t'ai fais souffrir et que ce que je vais te dire peut être mal vu mais je tiens à te dire bon anniversaire. Je suis parti me balader et te laisse libre de tes choix. Malgré tout, tu resteras toujours dans mon cœur. »

Ce mot mit en colère le verseau qui se mit de nouveau à réfléchir. Partir ou rester, telle était la question. Finalement, il décida de rester et décida, en attendant le retour de son ancien amant, de préparer le repas et de dresser la table. Ensuite, il sortit prendre l'air en allant arpenter les côtes de l'île pour tenter de se changer les idées, en espérant ne pas croiser le scorpion.

Cela faisait une bonne heure que le français était partit à l'extérieur quand Milo rentra. Son attention fut de suite accaparée par la table qui avait été dressée pour deux personnes. Son odorat fut ensuite titillé et il découvrit, en allant dans sa cuisine, que le repas était préparé.

Toujours surpris, le grec décida d'aller se prendre une douche. Alors qu'il était sous l'eau, il entendit la porte de sa maison s'ouvrir et se refermer puis celle de sa chambre faire de même. L'ancien chevalier décida d'aller initié une nouvelle discussion avec le onzième gardien. En sortant de la salle de bain, il se dirigea vers sa chambre, en ouvrit doucement la porte puis la referme toujours silencieusement avant de retourner dans son salon.

Il s'assit dans l'un de ses fauteuils moelleux et s'endormit. Environ une demi-heure plus tard, il se réveilla car il avait soudain trop chaud, ce qui était rare. Il remarqua tout de suite, qu'une fine couverture avait été posée sur ses épaules et quand il leva les yeux, il aperçu Camus devant la fenêtre lui tournant le dos.

Le seigneur de la glace jouait tranquillement avec une boule de glace qu'il avait crée à l'aide de son cosmos.

Plus que surprit de le trouver là et de la délicate attention, le propriétaire des lieux le remercia. Son invité lui répondit qu'il n'avait pas à le remercier et lui annonça que finalement, il acceptait de redevenir ami avec lui. Le scorpion n'en croyait pas ses oreilles et fut heureux après que Camus lui eut confirmé ses dires. Ils dînèrent tranquillement mais une certaine gêne froide persistait entre eux. Le lendemain, Camus repartit pour le sanctuaire, heureux de ne pas avoir perdu la personne la plus chère à son cœur même si rien n'était plus comme avant.

Leur amitié, bien que bancale désormais, et les visites de l'un chez l'autre, n'empêchèrent pas le fait qu'ils devenaient des étrangers l'un envers l'autre.

Ils leurs arrivaient de se revoir lors des fêtes de fin d'année et des anniversaires de leurs pères respectifs mais cela ne les rapprochaient pas.

Pourtant, ils essayèrent de se remettre ensembles, mais cela ne dura pas longtemps car il n'y avait plus de passion entre eux juste une profonde affection.

Petit à petit, sans qu'ils ne s'en aperçoivent, ils avaient tourné la page sur leur histoire et Milo vivait désormais sa vie comme il l'entendait tout en étant toujours fidèle aux deux divinités : Hadès et Athéna.