Chapitre 12

Merci à celles qui me suivent. À vous l'inconnu cachait derrière son écran et qui lit chaque nouvel épisode de ma petite aventure.

Les persos sont ceux de SM, l'histoire est toujours la mienne.

Bonne lecture.

(Bella)

Dans cette maison il y a vraiment beaucoup trop de passage. Beaucoup trop. C'est sure et certain. Je sais bien qu'entre amis et avec la famille, on oublie parfois de respecter l'intimité de chacun, mais me retrouver dans cette tenue devant Jacob, qui est mon ex, soi-disant passant, et devant Jasper que je ne connais que par ce que Jake et Edward m'en ont dit, je peux vous dire que je n'étais rouge, mais au-delà.

En plus ces deux énergumènes nous ont interrompus dans nos premiers instants de sensualité. Et si « ils » n'étaient pas arrivés comme deux singes qui descendaient de leur arbre, je sais que j'aurais vécu les plus beaux instants de partage avec l'homme que j'aime.

Maintenant, je suis assise dans ma voiture, et je peux vous dire que je suis plus qu'énervée. J'ai les nerfs. Je pense que je vais me mettre en tenue pour aller courir, rien que pour faire descendre la pression.

Quand j'ai quitté Edward, il n'était pas motivé pour faire du sport avec ses deux meilleurs amis, mais pas du tout. Il a refusé de sortir du lit et Jasper avec beaucoup de délicatesse (mon œil), lui a dit que si il allait vider sa vessie, il n'aurait plus de problème de sous-vêtement, et qu'il se sentirait moins à l'étroit. C'est à cet instant que je me suis recouverte du drap. J'ai attendu que les trois sortent de la pièce, pour me faire la malle. Tant mieux.

(Edward)

- Tu-me-fais-chier.

- Vraiment Ed' il va falloir revoir ton vocabulaire.

- Merde, Jazz, MERDE.

Je m'approche de mon fauteuil et je m'y laisse tomber comme une souche. Pendant que je m'étire de la pointe des pieds jusqu'en haut des cuisses, Jacob me fait un état des lieux.

- Bon, comme tu le sais, Jazz ne va pas bien.

- Mmmmh.

- Mais il ne t'a pas tout dit, et je sais que c'est dur pour lui . . .

Je regarde mes amis, ils ont l'air de porter le poids du monde, en tout cas, c'est l'impression que me donne Jasper. Il n'a jamais été un mec super expansif, mais il a toujours eu un sourire en réserve pour ses amis et sa famille. Je me rends compte, que depuis son arrivée hier, je ne lui ai jamais vu un sur le visage, pas un sincère. Il grimace.

- Jake, s'il te plait.

- Non Jasper, on ne se cache rien et arrête de croire qu'il est fait en sucre.

- Merci Jacob, essaye de l'expliquer à ma mère.

- Jacob, pas maintenant.

- Bon vous me dites de quoi il s'agit.

Jasper me regarde droit dans les yeux, je ne baisse pas le regard, car je sais qu'il en a gros sur le cœur. Il n'est pas agressif, mais la tristesse qui coule de lui, me perturbe, et je n'ose pas lui faire un sourire d'encouragement.

Je m'installe au fond de mon fauteuil, tout en continuant à le regarder, lui laissant le choix de commencer quand il le souhaite, et ça ne tarde pas.

- J'ai retrouvé mon père biologique.

- Oh!

Un peu juste comme réaction de ma part, mais depuis tout petit, notre souhait été de retrouver nos parents, enfin, ceux de mes potes et là, alors que je ne pensais plus du tout à notre pacte, voilà ce qu'il m'apprend. Sacré nouvelle.

- Il n'a pas démenti, pour . . . Ce qu'il a fait à ma mère bio.

- Le salopard.

- Mais lors de l'un de nos entretien, il m'a dit qu'il avait revu pendant l'une de ses perm'.

- Hey, ça tu ne me l'a pas dit avant.

- Maintenant tu le sais Jake, alors laisse le finir.

Le jeune indien me fusille du regard, il aurait été armé, je serais mort. Enfin, façon de parler.

- Quand.

- Il m'a dit que c'était l'année dernière.

- Et tu voudrais la rencontrer.

- Oui, Ed', plus que tout.

- Et tu comptes te rendre à Londres quand?

- Elle ne vit pas à Londres, elle vit à Seattle.

- Tu rigoles.

- Non Jake.

- Et depuis longtemps?

- Depuis près de 10 ans.

- Eh bien, tu étais si proche d'elle.

- Tu sais où elle vit.

- Oui, j'ai son adresse dans mon I phone, j'ai même l'itinéraire de préenregistrer.

- Et tu veux qu'on y aille quand?

- Je ne sais pas, je sais même pas si je veux y aller.

- Si c'était vrai, tu ne nous en aurais pas parlé.

- Peut être.

- J'en suis sure.

Il a l'air de réfléchir, moi j'en profite pour faire mon difficile et je déclare sans égards pour Jacob mon choix de véhicule.

- On prend ta voiture, parce que celle de Jake, c'est une épave.

- Fais gaffe à ton cul, mon p'tit Cullen.

- Mais oui, mais oui, bon vous me laissez le temps de prévenir Esmée et Carlisle.

- Je t'empreinte ta douche.

- Fais comme chez toi Jacob.

- Hey, vous allez vite en besogne, j'ai encore rien décidé.

Jacob se met à rire, je le suis, sans savoir vraiment si il existe une raison plausible à notre comportement. Mais contre toute attente, Jake reprend la parole et le moins que je puisse dire c'est qu'il sut à cet instant trouver les mots justes.

- Ne te mens pas à toi-même, dès l'instant où tu nous en as parlé, la décision, ta décision était prise.

(Jasper)

Me voilà parti en direction de Seattle, Edward a mes côtés et Jacob à l'arrière. Je suis au volant de ma Chevrolet Camaro, 1967. Un modèle rare dans l'état ou elle est. Un petit bijou. Mais surtout ma première voiture. Pas une que mon père aurait pu m'offrir, non il aurait choisi un modèle plus courant, comme une Audi, une Mercédès, etc. . . .

Me voilà donc parti pour une virée entre ami, à la recherche d'une femme qui m'a abandonné dès ma naissance et qui n'a jamais rien fait pour me retrouver. Oh, je sais que cela peut paraitre absurde de courir après ce que je nommerais une chimère, mais je veux qu'elle sache que ce qu'elle a vécu et ce qu'elle a fait, a permis, m'a permis d'être l'homme que je suis.

Un silence pesant règne dans l'habitacle et je n'ai pas envi de le lever. Je peux me poser les questions que je souhaite, sans attendre que mes amis est fini de me donner leurs opinions. Il ne reste que quelques minutes qui me séparent de celle qui m'a porté pendant 8 mois, et non pas neuf, je suis un précoce. Donc pendant 8 mois, et qui m'a déposé à l'orphelinat.

La directrice m'a appris très tôt, que je n'avais pas eu un parcourt atypique. Ma mère lui a donné une forte somme d'argent à me remettre à mon adolescence. Et une lettre. Mes deux potes ne le savent pas et c'est pour ça que je compte m'arrêter dans le prochain café, le premier que je croise à l'entrée de la ville.

- Ça vous dit une petite pause, j'ai besoin de pissé.

- Pas de problème, j'ai soif et j'ai faim.

- Le contraire nous aurait surpris Jacob.

- Ouais, ouais, ouais je sais, je suis un ventre sur pattes.

- Exactement.

Je me gare à la première place que je trouve. Je me lève dès que j'ai ouvert la porte et je pousse mon siège en avant pour laisser sortir un Jacob surexcité à l'idée de ce qu'il va se mettre sous la dent.

- J'attrape ton carrosse Ed'.

- Je me prépare Jazz.

- Si vous n'avez pas besoin de moi, je vais garder trois place et je commande les petits dèj'.

- Morphale.

- Hi Ha.

- Il est complètement fou.

- Non il est dirigé par son estomac.

- Heureusement qu'il n'écoute pas trop son côté « féminin ».

- J'AI ENTENDU EDICHOU.

Je ris, c'est deux là sont incroyable, deux gamins, deux frères. Je bloque le fauteuil face à la porte ouverte et j'aide Edward à se positionner à l'intérieur. Une femme passe à notre niveau et balance la tête de droite à gauche. Je vois mon ami pincer les lèvres de colère. Voilà pourquoi il ne sort jamais de chez lui car même sans savoir si il est né comme ça, si on l'a renversé ou si il a eu un accident. Les gens le jugent.

- C'est quoi votre problème.

- Jazz, laisse tombé.

- Non, VOUS VOUS PRENEZ POUR QUI.

- Je ne vous permets pas de me parler sur ce ton.

- MOI JE NE VOUS PERMETS PAS DE DETAILLER MON AMI COMME VOUS LE FAITES, VOUS SAVEZ QUOI DE SA VIE, DITES MOI, QUOI, POUR LE JUGER.

- Mais je ne le jugeais pas.

- Jazz, arrête ça, tu me fous la honte.

- Mais Ed'.

- Je ne jugeais pas votre ami, monsieur.

- Ouais, c'est ça.

- Non, je regardais les dégâts de la route.

- Qui vous dit qu'il n'est pas né comme ça.

- Ah, mais . . .

- Viens on se casse.

- Pauv' femme.

Incroyable, à l'heure à laquelle on vit que l'on puisse tomber sur ce genre de personne. Je vois qu'Ed' a déjà tourné la tête pour continuer sa vie, alors je fais de même et j'essaye de calmer ma colère.

- Tu stresses tant de voir ta mère, que tu frapperais quelqu'un, heureusement que ce n'était pas un homme, je pense que tu lui aurais mis ton poing dans la figure.

- Merci Edward.

On rejoint le café et un Jacob, qui est lui déjà en train de s'empiffrer. On arrive à la table et je racle ma gorge.

- Mmmmh, pardon les gars, mais je n'aime pas manger froid, vous en mettiez du temps.

- Ouais, Jazz s'est pris la gueule avec une conne.

- Eh ben, monsieur self contrôle est sur les nerfs.

- Un peu.

- C'est normal Jasper, je le saurais aussi, si je pourrais revoir ma mère.

- Merci Ed'.

- Bon vous bouffez ou je dois finir vos assiettes.

- Parfois je me demande si tu es né sans cœur.

- Désolé, mais c'est comme ça que je règle mon stress moi.

- Ok, vas y prends ma part.

- Merci Jazz.

- Tiens, prends la mienne.

- Non, non, après on va me reprocher de prendre le pain dans la bouche d'un handicapé.

- Connard.

- Bon, si tu insiste.

Voir manger Jacob, c'est comme assisté à un banquet de cochons. Il dévore plus qu'il ne mange et englouti tout sur son passage. Il a la même capacité qu'un cyclone: il fait tout disparaitre sur son chemin, mais sans les catastrophes qui suivent.

Je le regarde encore un instant, puis je retire l'enveloppe que j'ai dans la poche intérieur de mon blouson. Les deux êtres qui m'entourent, arrêtent immédiatement de se chamailler. Je prends le temps de sortir la lettre qu'elle contient, et la pose face à eux.

- À vous l'honneur.

- Tu l'as déjà lu?

- Oui, que l'un de vous la lise à voix haute, s'il vous plait.

Ils se regardent, Jacob sourit et montre ses joues gonflées de nourritures.

- Peuh pah.

- Ok, je me lance.

- Merci Edward.

- À charge de revanche.

Il se racle la gorge, Jake bois un peu d'eau et moi je m'appuie sur le dossier de ma chaise. Il débute la lecture, et moi, je retiens mes larmes.

« Cher enfant,

Je suis ta mère et je m'excuse de devoir te laisser mais tu vois, je suis jeune et ma famille a rejeté ta venue et moi par la même occasion.

Je suis étudiante, sans le sou et je ne sais pas si je veux rester dans ce pays où j'ai vécu tant de souffrance, mais je sais que si je t'abandonne au bon soin de la directrice de cet établissement, ce n'est pas avec le sourire.

J'aimerai te dire que je reviendrais te chercher, mais je sais que je n'aurais pas le courage d'affronter ton regard et la haine que je dois t'inspirer.

Je veux simplement te dire que je t'aime et que toute ma vie le sentiment de perte existera car tu es en moi et je suis en toi.

Je vais te raconter notre histoire, ton histoire. Ton père était un homme grand, blond et beau. Pas de type anglais pur, mais de cette blondeur, que portent les habitants des pays nordiques. Je le trouvais beau, il était militaire et moi serveuse, le soir et étudiante la journée. Au début nous parlions, nous racontant nos vies, nos envies futures, ce que nous attendions de la vie. Puis un soir, à la fin de mon service, il m'a proposé de diner avec lui. J'étais aux anges. Nous avons fini la soirée dans un parc, où j'ai reçu mon premier baiser. Il se comportait comme un vrai gentleman.

Comme tu peux le comprendre, je n'ai pas toujours haïs ton père, loin de là. Alors que cela faisait quelques semaines que nous nous fréquentations, je lui ai dis que je n'avais connu aucun homme avant lui. Il a rit et m'a embrassé, me disant à demain.

Je l'ai attendu, j'étais impatiente de le voir. Mais il n'est pas venu. Ni le soir suivant et, ni pendant des semaines. Je n'ai plus eu de nouvelles de lui. Je n'avais aucuns moyens de le contacter. J'ai perdu mon boulot, parce que je ne gérais plus les cours et les heures de service. Il m'a fallut en trouver un autre, et le seul que j'ai trouvé, le premier venu, était celui de danseuse dans une boîte glauque. Je n'en étais pas fière, mais il fallait que je mange et que je paye mon école.

Un soir, alors que je rentrais en scène, j'ai cru le voir. Mais à mieux regarder, un autre homme se tenait face à moi, alors j'ai fais mon travail. En sortant de scène, une paire de bras m'a pris par la taille et m'a jeté contre un mur.

J'ai perdu connaissance. Je ne me souviens d'un réveil douloureux, entrecoupé de cris et parfois d'une gifle. Des images de lui qui me traite de garce et de menteuse, me reviennent à l'esprit, mais sans que je ne puisse les comprendre. Il n'arrêtait pas de me dire qu'il m'aimait et qu'il avait été trahi, que je l'avais trahi.

Je ne sais pas ce qui lui a pris, je ne sais pas ce qui lui a été dis. Je ne sais pas de quoi il me parlait et ce qu'il me reprochait. Je peux te dire simplement que ma première relation d'adulte, n'a pas été celle que j'espérais.

Il a fallu que je fasse le deuil de notre relation, d'une amitié et fuir ma famille, de mettre un terme à des études, qui étaient pour moi la seule option pour me sortir de la misère qu'était ma vie. Mais cette année là, j'ai tout perdu, toi y compris.

Je ne te dis pas tout ça pour que tu te sentes coupable de quoi que ce soit, mais il était important que tu saches ce que je ne pourrais te raconter de vive voix.

Je te souhaite de trouver l'amour au sein d'une famille aimante, que tu sois heureux en amour et que tu es un travail qui te corresponde.

Je n'ai pas grand-chose à te donner, mais j'ai réuni cette somme pour toi. Le tout te seras remis quand tu seras plus grand, assez pour comprendre que tout n'est pas rose, mon enfant. Mais rien n'est perdu d'avance, alors bas toi, comme je me battrais pour ne pas rester une victime.

Ta mère, qui t'aime »

Je regarde devant moi, la lettre n'est pas particulièrement émouvante mais je reconnais dans la froideur des mots de ma « mère », la même façon de cacher ses sentiments que j'utilise depuis toujours. Elle veut être plus forte, elle voulait être plus forte que ce qu'elle paraissait. Elle m'aimait, la belle affaire. Les années sont passées, elle a dû avoir d'autre enfant et adieu bébé Jazz.

- Ça va mec!

- Oui, Jake, mais je me demande si c'est toujours une bonne idée d'être là.

- Je ne veux pas être un oiseau de mauvais augure, mais tu ne crois pas que maintenant que tu es là, tu devrais au moins allé la voir.

- Je sais Edward, laisse moi prendre un café et je . . . On voit ce que nous ferons après. Ok?

- OK, Chef.