Hello ! What's up ?
Ok, je dois m'excuser ...Travaillant dans un centre aéré et démarrant ma journée très tôt, je n'ai pas eu le temps de poster. Je me rattrape donc maintenant (merci à Carolinoudu59 pour le MP ;) )
Bon je crois que je vous ais fais peur hein ?
A lire vos reviews, j'ai bien tour à tour été : maudite sur 5 générations, torturée, menacée d'une mort lente et douloureuse, traitée de sadique et tortionnaire ... XD
Vous devriez savoir, depuis le temps, que rien n'est simple avec moi.
Mon crédo étant "L'amour est plus fort au travers des épreuves les plus dures"
Et croyez-moi, les épreuves ne sont pas finies. Vous allez me détester, vous aller râler, hurler à l'infamie peut-être ...
Mais au fond, j'espère juste que vous apprécierez toujours de lire ma fic ;)
Bien entendu, les reviews sont les bienvenues !
ENJOY
Dispute
De tels matins, elle ne demandait pas plus : Chaudement blottie dans sa couette duveteuse, elle sentait le poids du corps de Regina sur son flanc droit, sa chevelure lui chatouillant le menton, ses mains sur sa poitrine, leurs jambes entremêlées.
Si elle avait pu, elle serait restée comme ça jusqu'à la fin de ses jours. Mais voilà, Regina avait beau être menue, le bras sur lequel elle dormait commençait à s'engourdir, faisant courir des fourmis quelque peu désagréables. Elle se tortilla afin de se donner une marge, mais ce mouvement eu pour effet de réveiller Regina, qui grommela doucement, son que trouva Emma plus mignon encore lorsqu'elle vit se redresser la jeune femme, cheveux en bataille et yeux encore endormis « Bonjour toi … » murmura-t-elle
Regina esquissa un timide sourire avant de s'étirer et de s'enfouir encore plus sous la couette, au chaud, ce qui amusa Emma qui s'approcha d'elle « Tu veux rester au lit un peu ? » Sans répondre, Regina se colla un peu plus à Emma et soupira lourdement contre sa peau « Hm je suppose que c'est un oui donc ! » s'amusa Emma
Et c'est ce qu'elles firent : elles restèrent allongées, l'une contre l'autre, enlacées dans le lit. Marco et les autres avaient semblé sentir le vent venir : aucun n'était venu les déranger.
Ce n'est que lorsque la chienne gratta à la porte pour sortir qu'Emma daigna se lever et quitter les doux bras de sa compagne. Car compagne elle était, oui c'était certain. Comment pouvait-il en être autrement ? Elles s'embrassaient, passaient leurs nuits ensemble dans les bras l'une de l'autre, ne se sentaient bien qu'en présence de l'autre. Alors oui, Emma aimait croire que Regina était ce qu'on pouvait communément appeler sa petite amie.
« Tu veux sortir hein ? Attends 2 minutes. » Emma s'habilla en vitesse et alors qu'elle s'apprêtait à sortir, Regina émergea de dessous la couette « Ou vas-tu ? »
« Je sors la chienne. Après tout, il est plus de 11H. » sourit-elle
« 11h ?! » s'esclaffa avec surprise Regina qui bondit hors du lit
« Pas de quoi t'exciter. On a le droit à une grasse matinée. Après tout, on a rien qui nous attend. »
« Je déteste dormir ! Les grasses matinées sont des pertes de temps. Ca gâche la moitié de la journée. »
« Mais on a rien à faire de particuliers aujourd'hui. A moins que tu n'ais changé d'avis et que tu veuilles que l'on aille en ville. »
« Non merci. » lança sèchement Regina. Et malgré la déception apparente sur le visage d'Emma, elle ne cru pas bon de s'excuser. Pire, elle se leva à son tour, remit sa robe de chambre et passa devant Emma en ouvrant la porte. La chienne suivit alors sa maitresse, laissant Emma quelque peu déconcertée par cette attitude à la limite du bipolaire.
Elle imaginait bien que tout ceci était nouveau tant pour Regina que pour elle, mais comment pouvait-on être si différent dans l'intimité du soir, dans un lit, et être si distante et froide le jour.
Evidemment, il y avait toute cette notion d'acceptation, de sortir de ce fameux placard, ou encore de faire son coming-out devant ses employés … Pourquoi Emma semblait accepter la chose plus facilement que Regina ? Avait-elle toujours senti cette petite part en elle attirée par les femmes ? Etait-ce la raison pour laquelle il semblait qu'Emma semblait plus réceptive et ouverte sur le sujet ?
Elle savait qu'entreprendre une telle relation incluant 2 hétéros de base pourrait être dur, elle devait simplement s'armer de patience. Mais Regina aurait-elle la patience et l'envie de faire des efforts et concessions ? Après tout, c'était une femme indépendante qui se fichait depuis longtemps de ses congénères.
Mais aujourd'hui, les choses devaient changer, il le fallait.
OoOoOoOoOoOo
« Bonjour madame. Petit déjeuner ? »
« Ne soyez pas idiot ! Il est presque midi. Dites à Granny de préparer le déjeuner ! » argua Regina en descendant et en conduisant la chienne dehors.
Ruby croisa Marco et lui murmura rapidement « De l'eau dans le gaz dans notre petit couple ? » Et quand Emma descendit à son tour, la pétillante brunette l'a pris à part « hey, hey, il se passe quoi avec Regina là ? »
« Rien, elle est un peu tendue je crois. »
« Tendue par rapport à quoi ? »
« Je pense qu'elle commence à réaliser que notre relation naissante peut induire des conséquences. »
« Comme ? »
« Devoir l'afficher en public. A chaque fois que je lui propose de sortir de ce manoir, elle refuse. Je crois qu'elle a peur. »
« Alors c'est à toi de la rassurer. Il le faut, on ne peut pas se permettre de la perdre encore une fois. »
« Dis donc toi, tu vivrais pas par procuration ? »
« Je dis juste que tu ne te rends pas compte de ce que tu représentes pour nous. »
« Arrête de me mettre la pression. Cette relation s'annonce déjà assez stressante comme ça. »
OoOoOoOoOoOo
« Regina ? Tu es là ? » Emma avait toqué à la porte de la chambre de la jeune femme, mais aucune réponse ne vint. Evidemment, loin de baisser les bras, elle entra dans la chambre mais cette dernière était déserte.
Elle entendit alors de l'eau couler, venant de la salle de bain. Pas farouche, elle y entra et ses narines furent envahies d'une volute de fumée fruitée. Elle se posa discrètement près du lavabo et pu discerner une légère mélodie : dans sa douche, Regina chantonnait doucement. Amusée, Emma tendit l'oreille mais ne reconnut pas la mélodie. Elle resta là quelques minutes, jusqu'à ce que l'eau s'arrête et que Regina n'attrape une large serviette dans laquelle elle s'enroula avant de sortir de la cabine de douche. Lorsqu'elle vit la silhouette d'Emma, elle poussa un petit cri strident et manqua de glisser sur le carrelage.
« Emma ! »
« Oui ? »
« Je peux savoir ce que tu fais là ? »
« Je voulais te voir. »
« Et tu as cru bon d'entrer sans y être invitée et de jouer les voyeurs ? »
« Je ne t'espionne pas. Je suis entrée et … Je t'attendais. » dit-elle dans un sourire
« Tu aurais pu attendre dans la chambre ! »
« Mais ça aurait été moins drôle et la vue aurait été moins appétissante ! » dit-elle en fixant les jambes galbées de la jeune femme
Regina s'en rendit compte et essaya tant bien que mal de les cacher mais en vain. Emma laissa échapper un petit rire « Ca suffit ! Sors ! »
« Sinon quoi ? » lança Emma sur un ton de défi et de taquinerie
« Sinon je vous arrache le cœur de mes propres mains. » soupira Regina d'un ton rauque et menaçant que ne lui connaissait pas encore Emma. Elle frissonna alors et pour la première fois, elle prit sérieusement ses menaces « Vous ne savez pas de quoi je suis réellement capable. »
« O… Ok … Désolée, je sors … » balbutia Emma tout en reculant jusqu'à la porte. Et alors qu'elle allait sortir, Regina perdit son masque sévère et fronça les sourcils « Non, attendez ! Attends … » Emma se retourna alors « Je suis désolée. Je … Je n'ai simplement plus l'habitude de …. Ça. »
« Ca ? »
« Ce genre de démonstrations affectives. »
« Oh je vois … Désolée d'être si expansive. J'ai moi-même pas vraiment l'habitude. Je suis pas du genre romantique ou ce genre de trucs. J'ai du mal à doser. »
Regina sembla se détendre un peu et se rendit soudainement compte de la proximité qu'elle venait de créer. Elle recula d'un pas mais glissa sur le carrelage et Emma eut juste le temps de la rattraper par la taille, la collant à elle.
« Wow … Doucement princesse ! » s'amusa Emma
Elle redressa Regina avec délicatesse mais, dans la précipitation du mouvement, elle ne se rendit pas compte que la serviette s'était dénouée. Et quand Regina s'écarta, la serviette tomba à ses pieds et la bouche de la jolie blonde forma un « o » qui surprit Regina. Maladroitement, Regina ramassa sa serviette et se hâta de la remettre autour de son corps, mais pas assez vite pour qu'Emma ne puisse pas au moins voir sa poitrine.
Et devant le regard rêveur, l'air idiot et les joues rosies d'Emma, Regina ouvrit précipitamment la porte et poussa sans vergogne Emma dans la chambre avant de claquer la porte dans un grognement de rage. Emma tomba lourdement sur les fesses mais, peu importe, la vision qu'elle venait d'avoir devant les yeux quelques secondes plutôt l'enchantait encore. Et c'est un sourire idiot sur le visage qu'elle attendit que Regina daigne sortir, une fois la honte passée.
« Tu es encore là ? » demanda Regina derrière la porte
« Je n'ai pas l'intention de partir, tu peux sortir. » Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit sur une Regina, habillée d'un peignoir, rongée par la honte. Emma se leva alors et se posta devant Regina « Tu es magnifique, tu n'as pas à avoir honte de quoique ce soit. »
« Tu m'as vu nue. » maugréa la jeune femme
« Je n'ai pas tout vu ... Juste … L'essentiel. » Regina leva ses yeux au ciel « Et je peux t'assurer que tu n'as pas à avoir honte d'absolument rien. Tu es sublime, et je suis chanceuse d'être celle qui partage ta vie. »
Regina aurait pu être touchée par de tels mots, mais quelque chose en elle la gênait. Elle ne doutait en rien de la sincérité d'Emma, bien au contraire, mais ces mots prononcés la touchaient bien plus que ce qu'elle aurait pensé. Elle fit un pas en arrière « Ca … Ca ne marchera jamais … » souffla-t-elle comme si elle venait de se rendre compte de quelque chose.
« Quoi ? De quoi tu parles ? » Regina s'enferma de nouveau dans la salle de bain mais Emma était bien loin de vouloir clôturer la conversation ainsi. Elle tambourina à la porte « Regina ?! Regina ! Sors de là ! » Elle frappa encore et encore à la porte, essayant de l'ouvrir mais, bien entendu, Regina l'avait fermé à clé « Je partirais pas sans que tu me dises ce qu'il se passe ? »
Et même après 10 longues minutes, Emma resta collée à la porte, essayant d'entendre le moindre bruit derrière mais en vain quand soudain, le cliquetis du verrou résonna et elle recula pour laisser apparaitre une Regina, les larmes aux yeux, habillée.
« Regina ? Tu m'expliques ? »
« Ca ne marchera pas. »
« Quoi ? »
« Tout cela : toi, nous. Je suis … Nous sommes différentes, trop peut-être. »
« Qu'est-ce que … Qu'est-ce que tu dis. »
« Je n'y arriverais pas. »
« Mais … »
« Je sais que nous avons du chemin à faire mais … Je n'ai pas la force. »
« Je peux l'avoir pour toi. »
« Ce que tu attends de moi, tu ne l'auras jamais. »
« De quoi tu parles ? Si c'est de sexe, je peux attendre ! »
« Non, pas seulement … Cette relation, du moins ce qui commençait à s'apparenter à cela, n'aboutira à rien. »
« Mais pourquoi ? Laisse-nous une chance ! »
« Je … Non. Tu ne comprends pas. »
« Pas vraiment non. Explique-moi, de quoi as-tu peur ? »
« … »
Emma détendit alors son visage, comme si elle venait de comprendre « Les autres. Ce sont les autres le problème n'est-ce pas ? Tant que nous restons à l'abri des regards dans ce manoir, y'a aucun problème … Mais quand j'ai évoqué l'idée de sortir en ville, tu as paniqué. »
« Comprends-moi, tu ne sais pas ce dont ils sont capables. Ils m'ont jugée si vite sans que je puisse rien y faire. »
« Mais qu'est-ce qu'ils ont à voir avec nous ? »
« Tu ne comprends pas. J'ai déjà l'étiquette de sorcière qui me colle à la peau, si en plus je dois avoir celui de … » Elle se figea alors, se rendant compte qu'elle ne pouvait même pas prononcer le mot
« Celui de quoi Regina ? Celui de lesbienne ? C'est de ça dont tu as si peur ? » Regina se crispa alors à l'entente de ce mot
« Tu ne comprends pas. Les gens sont impitoyables ! Ils me voient déjà comme la meurtrière de la ville, si en plus j'en deviens la … »
« La lesbienne du coin. C'est trop pour toi ? Ecoute, on est pas obligé de faire notre coming-out tout de suite ! »
« C'est facile pour toi de dire ça ! »
« En quoi c'est facile pour moi ? J'te rappelle que c'est aussi la première fois pour moi ! »
« Tu ne comprends pas … » souffla de dépit Regina
« Mais arrête de dire ça bon sang ! Explique-moi ! »
« Je ne veux pas porter ce fardeau … »
Emma se figea alors et fronça les sourcils « C'est comme ça que tu nous vois ? Comme un fardeau ? »
« … »
« Je vois … C'était stupide de croire que … »
« Croire quoi ? »
« Que je pourrais changer les choses ici. Tu es enfermée ici depuis trop longtemps, à l'écart des autres depuis si longtemps que toi-même tu te perds : tu dis te foutre de ce que pense les autres de toi, qu'ils ne sont rien pour toi, et pourtant, tu n'oses pas les affronter, tu t'enfermes ici, légitimant leurs rumeurs ! Et là, une fois encore, tu préfères tout arrêter plutôt que d'insister ! Ca n'en vaut donc pas la peine ?! Je n'en vaux pas la peine ? »
« Dans un monde idyllique, nous vivrions heureuses mais nous ne sommes pas dans un conte de fées et notre histoire est loin de ressembler à un récit où la fin est heureuse. »
« A cause de ce que les autres pensent ? C'est à nous d'écrire notre histoire Regina, pas à eux. Tu es bornée ! Bornée et têtue ! Tu as la trouille. Sous tes grands airs de dame, tu n'es que cette petite fille qui espérait un signe d'affection de sa mère. »
« Comment oses-tu ! »
« Tu t'es toujours laissée faire Regina, jamais tu n'as osé affirmer tes choix tu t'es toujours laissé guidée par les autres : ta mère, ton mari, les habitants de cette foutue ville ! Pour une fois, prends des décisions par toi-même et pour toi ! »
Regina sentit la colère lui monter, jamais personne n'avait osé la braver de la sorte. La rage l'envahit et c'est cette dernière qui parla, au lieu du bon sens de Regina « Tu veux que je prenne des décisions ? Très bien : tu es virée ! »
« Qu… Quoi ? T'es pas sérieuse ? »
« Je suis on-ne-peut-plus sérieuse ! Tu sors de chez moi, tu sors de ma vie et tu sors de ma ville ! » Regina haussait le ton sans vraiment pouvoir le contrôler
« Tu as tellement peur de la suite que tu préfères l'effacer ? C'est ça ta vision idyllique de la vie ? Fuir ce qui te rendrait heureuse ? »
« Tu es si sûre de toi ! » se moqua Regina « Parce que tu penses que tu pourrais être ma fin heureuse ? Tu penses être ma sauveuse ? Mais je n'ai pas besoin d'être sauvée ! »
« Que tu crois. C'est clair que rester enfermée dans ce manoir 24h/24 c'est totalement normal ! Sans compter tes nombreuses interactions avec tes employés ! Tu sais ce qu'ils pensent ? Ils pensent que tu es maudite, et que tu as besoin d'être sauvée, ainsi qu'eux-mêmes ! »
« Donc tu te sens investie d'une mission ? Me sauver ? » Regina lâcha quelques hoquets de moquerie, piquant au vif Emma
« J'en ais rien à foutre de te sauver ! Je voulais être avec toi, juste avec toi, être heureuse avec toi. S'il avait fallu, je serais même restée enfermée dans ce manoir avec toi ! »
« Alors pourquoi vouloir tant en sortir ? La vie est-il si horrible ici ? »
« Il ne s'agit pas de cela ! Mais tu ne comprends pas que tu t'empêches de vivre ! »
« Je vivais très bien avant que tu n'arrives ! »
« Oh oui, si bien que tu recherchais une dame de compagnie ! Tu peux me dire qui, au 21ième siècle, se cherche une dame de compagnie, si ce n'est une femme solitaire, sans attaches ni amis et qui préfère se contenter de ce qu'elle a chez elle, y compris de s'envoyer en l'air avec son jardinier ! »
Elle ne la vit pas venir, mais la sentit … Regina lui décocha une gifle magistrale qui lui en fit même mal à la paume. Emma, sonnée, porta sa main à sa joue meurtrie, les larmes aux yeux, l'air complètement hagard …
« Sors de chez moi, tu n'es plus la bienvenue ! »
« … »
« Je te laisse 30 minutes pour faire tes bagages et sortir de chez moi. DEHORS ! »
Elle hurla si fort qu'Emma, encore abasourdie, en sursauta. Pour la première fois, le regard qu'elle vit de Regina lui fit peur. Sans se retourner, elle quitta la chambre en courant. Regina referma sa porte et se laissa glisser tout le long jusqu'à s'asseoir par terre, dos contre la porte.
Que venait-il de se passer ? Tout semblait si bien à leur réveil …
OoOoOoOoOoOo
« Emma ? Emma qu'est-ce que tu fais ? »
En entendant les cris à l'étage, Ruby avait été déléguée par les autres afin d'en savoir plus. Cette dernière vit Emma sortir de la chambre de Regina en courant, les larmes aux yeux, pour se ruer dans la sienne.
Et là, en entrant dans la chambre, elle vit Emma s'agiter, valise sur le lit, et fourrer sans précaution, ses vêtements et autres objets perso.
« Emma, tu vas me répondre oui ? Hey ! » Ruby se posta en face de la jeune femme et posa ses mains sur ses épaules, histoire de la freiner. Ce n'est qu'à ce moment-là que la brunette vit les larmes buriner le visage d'Emma, ainsi que la trace ayant rougi une de ses joues « Qu'est-ce qu'il se passe ? »
« Je pars. » réussit à articuler Emma
« Qu… Quoi ? Mais … Quoi ? »
« Elle m'a viré. »
« Attends … Je comprends rien là, hier encore vous étiez heureuses et amoureuses et maintenant … »
« Elle a jamais été amoureuse, elle ne se l'autorise pas ! »
« Et c'est pour ça que tu pars ?! »
« C'est une des causes oui. Mais pas que. Je crois que ça a été trop vite … Et puis, y'a pas mal de non-dits entre nous. »
« Emma, tu sais qu'elle … Elle a du mal et … »
« Ne la défends pas ! »
« Emma écoute, repenses-y, tu peux pas partir, pas comme ça, pas maintenant ! On croit en to… »
« Ah non, ça suffit avec ça ! Je sais pas ce que vous avez tous cru, mais c'est pas mon délire ! Je suis pas là pour sauver qui que ce soit. Elle a pas envie, et j'ai plus envie non plus de jouer à la sauveuse ! Je suis fatiguée de me battre, de devoir faire les efforts ! J'ai envie que … J'ai envie que pour une fois se soit facile ! Et cette relation, ou quoique ce soit d'ailleurs, c'est en rien facile, ELLE n'est pas facile ! »
« On a rien sans rien Emma, il faut parfois se battre pour obtenir ce qu'on veut. »
« Mais moi j'ai pas envie de me battre. J'ai envie … J'avais envie d'elle. »
« Ne pars pas sur un coup de tête ! Reste et laisse passer la nuit. A tête reposée, ça ira mieux. »
« Non je crois pas. J'ai dis … On s'est dit des choses … On peut pas revenir en arrière. »
« Emma, Regina est une femme compliquée et … »
« … Ecoute, je comprends que tu veuilles l'aider, arranger les choses et la défendre mais … Je crois que ce dont on a besoin toutes les 2, c'est qu'on s'éloigne. On a besoin d'y voir clair et ça peut se faire que si on est pas sous le même toit. »
« C'est un départ définitif ? »
« … »
« Emma ? »
« J'en sais rien. Au fond de moi, j'ai envie d'y croire encore mais … »
« Je t'en prie, ne romps pas le contact, pas entièrement. »
« Je ne te promets rien. »
« Tu as mon numéro. Quoiqu'il se passe dans ta tête, je suis là, tu m'entends ? »
Emma la remercia d'un timide sourire avant de continuer à remplir sa valise. Ruby resta là, à ses cotés, sans pour autant l'aider, trop chamboulée à l'idée de voir partir Emma.
Regina lui avait laissé 30 minutes, il ne lui en fallut que 20 pour boucler sa valise et réunir ses dernières affaires. Lorsqu'elle fit le tour de sa chambre, et qu'elle n'y trouva plus rien, elle ne pu empêcher une larme de s'échapper et rouler sur sa joue endolorie.
Elle sentait encore l'impact de la main de Regina sur sa joue en un claquement sec et rapide. Quand elle repensait à tout ce qu'il s'était passé depuis son arrivée, elle regrettait cette énergie dépensée à refaire de cet endroit quelque chose de vivable elle se souvint de ses efforts pour réhabiliter la serre, pour sortir Regina de sa coquille … Mais tout cela en vain finalement.
Elle sortit de sa chambre et fut surprise de trouver Marco, Granny, Ruby, Belle et Ashley l'attendant devant la porte d'entrée. Elle soupira alors, prête à une nouvelle vague de reproches ou d'insistances pour qu'elle reste. Mais quand elle se posta devant le petit groupe, Granny la serra dans ses bras jusqu'à lui couper le souffle.
« Ne pars pas trop loin … » lui murmura-t-elle. Emma sourit alors et fut entrainée dans une avalanche d'embrassades et d'accolades. Elle aurait voulu dire quelque chose, faire quelque chose pour eux. Mais la vérité était que c'était terriblement égoïste de les laisser ici, en sachant que leur mode de vie reviendrait à ce qu'il était avant son arrivée. Mais elle n'avait pas le choix : Regina ne voulait plus d'elle ici. Et, par fierté, Emma ne pouvait rester non plus.
« On se reverra ? » lança avec espoir Ruby
« Je … Tu n'auras qu'à passer me voir en ville. » sourit-elle en sachant pertinemment qu'elle n'en fera rien. Elle-même ne savait pas ce qu'il attendait en ville : comment les gens allaient l'accueillir en sachant qu'elle faisait parti du « clan de la sorcière meurtrière » ? Peut-être allait-elle aussi se faire bannir de la ville ?!
« Bon, j'y vais … »
Marco s'approcha alors et posa ses mains sur ses épaules « Nous croyons toujours en vous Emma, nous ne cesserons jamais. » Emma laissa une larme s'échapper « Merci pour tout ce que vous avez fais ici, tous ces changements. Même si vous pensez qu'ils n'ont servi à rien, ils l'ont fait. »
Il lui sourit, elle fit de même et après une dernière embrassade, elle sortit. Les pas qui la menèrent jusqu'aux grilles de l'entrée furent lourds et lents comme si elle marchait au ralenti. Quand sa main toucha la grille, elle sentit comme un frisson. Elle se retourna alors et fixa l'immense demeure : il serait si simple de faire demi-tour, de retourner à l'intérieur et de supplier Regina de la garder, même si cela revenait à se cacher de tous en restant cloitrer à vie dans ce manoir … Mais Emma savait qu'à la longue, cela ne lui suffirait plus.
Elle tenait à Regina, énormément, mais se détruire en même temps qu'elle, ça, elle ne pouvait pas. Alors, elle ouvrit la grille et dans un grincement sordide, elle la passa. Elle se souvenait du jour où, pour la première fois, elle avait passé ses grilles : il faisait froid, il pleuvait et le chauffeur de taxi était aussi aimable qu'une porte de prison. La première personne avec qui elle eut un contact fut Marco. Aujourd'hui, la boucle était bouclée.
Elle sourit en constatant de l'évolution de chacun à son contact. Elle pouvait se targuer d'avoir touché chacun d'eux, d'une manière différente, y compris Regina. Mais pour cette dernière, cela ne suffisait plus. Pourtant, en y regardant bien : elles avaient tant fait de chemin toutes les deux, jusqu'à partager leur nuit dans un même lit, chastement certes, mais quand on regardait leurs rapports à l'arrivée de la jeune femme, rien ne présageait tout cela.
C'était donc d'autant plus difficile pour Emma de quitter cette maison en sachant tous les efforts qu'elle y laissait derrière.
OoOoOoOoOoOo
Regina resta toute la soirée enfermée dans sa chambre. D'abord envahie par la colère et la rage, le calme de la maison avait fait place à la tristesse et la solitude. Cette solitude qui l'avait quitté des semaines auparavant.
Elle ne pouvait nier l'effet qu'Emma avait eu sur elle, sur la maison et ses habitants. Et ces derniers jours le changement avait été encore plus significatif. Mais cela faisait trop de chose pour elle, trop de chose à gérer pour elle qui n'avait plus eu l'habitude de partager autre chose que sa solitude avec ses employés. Et Emma avait dépassé les bornes … Elle ne pouvait plus revenir en arrière.
Alors, enfermée dans sa chambre, elle se remémora ses dernières semaines où elle avait redécouvert le monde en compagnie d'une jolie blonde. Mais à présent tout cela était fini et elle ne devait s'en prendre qu'à elle-même. Et si elle n'avait pas eu si peur de sortir à l'extérieur toute seule, elle serait partie à la recherche d'Emma. Mais cette dernière devait être loin maintenant et Regina avait bien du mal à se dire que la jeune femme pourrait retrouver un semblant de vie ailleurs. Oui, certainement … Dans quelques semaines, Emma retrouverait une vie normale, hors d'un manoir où elle était prisonnière. Finalement, Regina lui rendait un grand service en lui rendant sa liberté et Emma la remercierait.
OoOoOoOoOoOo
Emma avait logiquement atterri à Newport. Après avoir marché quelques kilomètres, elle avait daigné appeler un taxi pour qu'il vienne la prendre hors de portée de vue du manoir.
Mais elle ne s'était pas résolue à quitter la ville de suite. Non, quelque chose l'en empêchait, comme si elle était reliée à cette ville, à Regina par un fil invisible. Quand bien même était-elle libre de ses mouvements, avait-elle vraiment envie de partir ?
Ses pensées n'étaient tournées que vers Regina et cet échange houleux qu'elle avait eu et, à chaque fois, sa joue la piquait lui rappelant cette gifle cinglante qu'elle reçut. Avait-elle été trop loin ? Pourtant, tout ce qu'elle avait dis n'était que la pure vérité. Si Regina n'était pas capable de l'entendre et de voir la vérité en face, ce n'était pas de sa faute. Elle n'avait fais que ce qui était juste … Alors si c'était le cas, pourquoi se sentait-elle si mal ? Il devait certainement y avoir une autre raison qui avait fait Regina se sentir apeurée ...
Etant incapable de quitter la ville, Emma avait décidé de se prendre une chambre dans un des petits hôtels de la ville. Grâce aux salaires de ces 4 mois de travail chez Regina, elle pouvait se permettre de rester quelques jours dans un hôtel.
Elle prit une chambre donc et à peine fut-elle installée qu'elle se laissa tomber sur le lit, fixant le plafond. Dès qu'elle fermait les yeux, le seul visage de Regina lui apparaissait. Elle entendit alors quelques cloches au dehors, ce qui la poussa à se relever et à jeter un coup d'œil au dehors : la ville. Emma se rendit compte qu'elle avait passé une éternité enfermée dans le manoir, loin des gens, loin du monde. Comment Regina pouvait supporter ça. Et comme si elle était poussée par une irrépressible envie de sortir au dehors, elle attrapa sa veste et sortit. Une fois dehors, elle respira à pleins poumons comme si elle venait de sortir d'une crise de claustrophobie aigue. Elle vagabonda alors dans la rue, quelques regards de passants se tournant vers elle. Cette petite ville était typiquement le genre de ville où, si vous êtes nouveau ici, les gens le voient tout de suite et vous le font ressentir. Et bien qu'elle ne soit pas vraiment une nouvelle venue, pour avoir mis les pieds ici il y a près de 4 mois maintenant, elle pouvait sentir les regards parfois insistants des gens se demandant qui elle était. Mais parfois, elle croisait le regard de personnes chaleureuses comme lorsqu'elle arriva à la hauteur de la fleuristerie.
« Miss Swan ? »
« Oh … Oh M. French ! Comment allez-vous ? »
« Bien et vous. Miss Mills était-elle avec vous ? »
« Oh euh … Non, pas aujourd'hui non. »
« Bien, que me vaut l'honneur de votre visite ? Il est rare de vous voir en ville. »
« En effet. Je … Je passais juste. Je me baladais. A vrai dire, ça fait un moment que je suis dans cette ville mais que je n'en connais pas la moitié. Vous avez un pub sympa ou un petit resto à me conseiller ? »
« Oh, il y a le pub à l'entrée de la ville et … »
« Ouais nan, celui-là j'ai déjà testé. Un autre peut-être ? »
« Hum, celui sur le port est sympathique. »
« Sur le port ? Ok, merci. »
« Miss Swan ! »
« Oui ? »
« Vous … Vous pourriez remettre ceci à Belle. » Le fleuriste sortit un petit paquet de derrière son comptoir et le posa dessus. Emma grimaça et hésita à le prendre avant de voir le regard plein d'espoir de l'homme. Elle esquissa alors un petit sourire avant de le prendre
« Pourquoi ne pas lui donner vous-même ? »
« Je … Non, c'est encore trop tôt. Je suis reconnaissance à Miss Mills de m'avoir permis de la voir mais … Nous aurons besoin de bien plus pour reconstruire quelque chose. »
« Et si ça passait par ce cadeau pour commencer ? »
« Non je … Vraiment. Faites-le pour moi. »
« Très bien, mais vous devriez l'appeler, elle n'attend surement que ça. »
« Elle pourrait le faire aussi. Un enfant qui prend des nouvelles de son père. »
« Ou bien : un père qui se préoccupe de sa fille. » dit-elle avec un sourire plus prononcé « Allez je vous laisse, je vais tester ce fameux pub ! »
Ils se firent un signe de tête et la jeune femme sortit du magasin. Elle se dirigea alors vers le port, guidée par l'air iodé en émanant. Il ne fut pas difficile de trouver le dit pub : sur le port, seul un pub et quelques entrepôts siégeaient. Elle se dirigea d'un pas sûr vers le bar et y entra avec tout autant d'assurance. A l'intérieur peu de monde, pour son plus grand soulagement.
Elle n'était pas d'humeur à se faire rabrouer comme se fut le cas quelques semaines plus tôt.
Elle s'installa au bar et le barman s'approcha d'elle « Nouvelle ici ? »
« De passage … »
« Je vous sers quoi ? »
« Un Whisky, sans glace. »
Quelques secondes plus tard il posa juste devant elle le verre contenant le liquide ambré qu'elle s'empressa d'avaler cul-sec. Sa gorge lui brulait la gorge mais la sensation de ne plus penser à rien durant quelques secondes l'incita à en commander un second, qu'elle avala tout aussi rapidement.
« Sacrée descente. » s'amusa le barman en voyant le 4ième verre être engloutie à la même vitesse que les précédents « Laissez-moi devinez : déception amoureuse ? »
Emma reposa son verra avec fracas, son bras commençant à devenir lourd « Tu l'as dis … » marmonna-t-elle « Un autre … »
« Vous devriez lever le pied. »
« J'ai de quoi largement vous payer, alors servez-moi ! »
« L'alcool n'arrange pas tout vous savez. »
« Je savais pas que vous aviez une licence de psychologie en plus de votre pub ! » argua-t-elle d'un air mauvais en attendant un 5ième verre. Le barman grimaça alors, sachant que cette mauvaise humeur était un des premiers effets de l'excès d'alcool. Il lui en resservit alors un et au fil des minutes puis une heure, Emma ne vit pas la nuit tomber …
« Là vous devriez arrêter. » lança le barman en voyant qu'Emma somnolait sur place « Et c'est pas le psy qui parle mais l'homme. Vous avez une chambre ici ? Je vous appelle un taxi. »
« Non, enfin ouais … Je peux rentrer toute seule ! »
« Ouais et longer le port en ayant une chance sur 2 de tomber à la flotte … Non merci, j'ai pas envie que vous fassiez les gros titres demain. Filez-moi vos clés. »
« J'ai pas de bagnole … » maugréa-t-elle en voyant désespérément le fond de son verre.
« Je vous appelle un taxi alors. »
Et alors que le barman s'apprêtait à passer le coup de fil, un homme se posta à coté d'Emma « Laissez, je vais la ramener. »
Emma releva péniblement la tête et quand elle vit l'impudent qui osait s'immiscer dans sa tournée, elle cru tomber de son tabouret.
« Excusez-moi mais … Vous la connaissez ? » lança le barman suspicieux, pensant avoir affaire à un pervers voulant profiter d'une charmante jeune femme saoule
« Oh croyez-moi, elle me connait. N'est-ce pas Emma ? » dit-il un léger sourire sur les lèvres
Emma esquissa une grimace avant de taper son verre sur le comptoir et de se tourner vers lui « Je peux savoir ce que tu fous là … Neal ? »
OoOoOoOoOoOo
« Le monde est petit … »
« A d'autre ! Newport, vraiment ? »
« Tu sais que j'ai toujours mes contacts au FBI … »
« On se demande comment hein … »
« Bref, tu savais qu'on pouvait repérer une personne via son téléphone portable ? Avec le bon logiciel, il peut aisément servir de GPS et localiser n'importe quelle personne qui s'en sert ? »
« … »
« C'est comme ça que j'ai vu où tu étais. D'abord, j'ai cru à une erreur. Le Vermont, j'ai cru que tu t'étais fait voler ton portable … Mais ensuite, j'me suis dis que t'étais assez cinglée pour le faire : partir loin. »
« Qui est le plus cinglé des deux hein ? Celle qui veut trouver un job et vivre enfin ma vie comme je l'entends … Ou celui qui n'arrive pas à décrocher de son ex, oubliant qu'il l'a trompé au passage, et qui la piste. »
« Je ne t'ai pas trompé ! » argua-t-il
« Ouiii, tu ne faisais que boire un verre … On sait pas ce qu'il se serait passé si je ne vous avais pas interrompu. »
« Tu es bornée. »
« Et toi, tu es trop près, dégage ! »
« Toujours aussi charmante, je vois que l'air marin ne t'as pas calmé. »
« La ferme. »
« C'est bien ce que je disais. Et donc, tu es venue aussi loin pour te saouler ? »
« Ce que je fais ici te regarde pas. A vrai dire ça te regarde plus depuis longtemps ! » Elle se tourna alors vers le barman « Appelez-moi un taxi. »
« Soit pas stupide, tu vas pas dépenser du fric alors que je pourrais te raccompagner ! »
« J'ai pas besoin de ton aide, je peux largement payer un taxi. »
« Et depuis quand ? » s'amusa-t-il, se souvenant qu'Emma n'était pas la première à économiser et qu'elle était partie de Boston sans un sous en poche
« Fous-moi la paix ! » dit-elle d'un geste sec afin de dégager la main de Neal qui venait de se poser sur son avant-bras. Le barman comprit alors la situation et appela lui-même un taxi qui arriva dans la minute, habitué aux alcolos nocturnes incapables de retourner chez eux sur leurs deux pieds.
« Votre chauffeur est là. » annonça le barman
« Merci. Et toi, retourne d'où tu viens, t'as rien à faire ici. J'ai plus besoin de toi ! »
« En te voyant dans cet état, permets moi d'en douter. »
« Dégage … » lança Emma d'un air mauvais avant de sortir du bar et de monter dans le taxi sous le regard impuissant de Neal.
Il jeta un œil au barman, qui le toisa avant de partir servir un autre client, quand vint s'asseoir à coté de Neal, une femme brune « C'est votre copine ? »
Neal sursauta presque de cette façon, assez cavalière, d'engager la conversation « Vous êtes qui vous ? »
La femme sourit alors « Je suis celle qui pourrait apporter quelques réponses à vos questions. »
Soudain intéressé, il se tourna vers elle « A qui ais-je l'honneur ? »
« Anita … Anita Lucas. »
TBC
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