Chapitre 14 :
Nouvelle sensation
- Qu'est-ce que… ?
Il écarquilla les yeux en le voyant, lui, son bourreau de jeunesse. Celui qui avait dessiné tellement de plan affreux pour le tuer ! Non, cela ne pouvait être réel ? Pourquoi après tant d'années… ? Que faisait-il ici ? Comment Dumbledore l'avait-il retrouvé et… Pourquoi !? Il ne s'avança pas plus, cherchant à émettre le plus de distance entre lui et cet homme si on pouvait l'appelait homme !
- Harry ! S'exclama son oncle en se levant et ouvrant les bras vers lui.
Tout était faux, son sourire, son regard « bienveillant », ses mimiques, cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Tout était faux.
- Ne m'approche pas ! Grogna-t-il sans pouvoir levé le ton tant la colère gonflait dans sa gorge.
Albus se leva immédiatement et fit :
- Obéissez-lui !
Il connaissait l'ampleur du pouvoir d'Harry et ne souhaitait pas ramasser son oncle à la petite cuillère. D'autant plus qu'il pouvait sentir l'aura magique du brun rapidement sortir de son corps. Il vit quelques fantômes dans leur tableau disparaitre alors que les tableaux eux-mêmes flottaient contre le mur plus retenu avec aucuns clous. Des petits objets sur son bureau aussi commencèrent à léviter. Apparemment, accéder à la requête du tuteur légal du jeune homme n'était réellement pas une bonne idée. Au début il avait des doutes mais maintenant qu'il voyait sa réaction il ne pouvait que comprendre qu'il venait de faire une bêtise. L'oncle continua son petit manège d'innocent fragile et d'incompris.
- Mais… nous t'avons cherché pendant si longtemps ! Tu as disparu ! Comment as-tu pas nous faire ça ! Nous étions si inquiets !
- Inquiet ? Vous vous fichez de moi ! Allez vous-en je ne veux plus vous revoir !
Il grognait encore car si jamais il levait la voix, il savait que sa magie ne le supporterait pas. Elle allait exploser avec lui. Et ce n'était pas bon pour tout ce qui se trouvait dans la pièce et il ne pensait qu'à Albus Dumbledore. Il devait partir de cet endroit au plus vite, il devait s'en aller. Harry fit demi-tour mais l'oncle ne voulut pas en finir là. Il le suivit dans le couloir et l'attrapa par le bras et le brun ferma immédiatement les yeux. Il vit avec horreur tout ce qu'il avait inventé pour le détruire et garder l'argent. Cette tête était pleine d'atrocité. Comment un homme pouvait être aussi méchant ?
Harry s'arracha à lui et le poussa magiquement. L'oncle alla s'écrasait sur le mur violement et retomba à terre. La violence était telle que le mur fut craquelé. Sans même s'assurer si l'homme était encore vivant ou non, Harry répara le mur alors que son cœur s'accélérait. Il recula :
- Ne t'approche plus de moi ! Plus jamais ! Et si jamais tu oses, ne serait-ce qu'une seule fois, recroisait mon chemin… Tu n'imagines même pas ce que je pourrais faire.
Et pour la deuxième fois, Harry partit en courant la peur au ventre. Cette fois-ci, ses pas le menèrent vers la chambre de Préfet de Draco. Il était déjà allé dans le dortoir de Serpentard et dans sa chambre. Dans les nuits où il n'arrivait pas à dormir à cause de ces cauchemars. Bizarrement, Draco avait toujours accepté de le laisser dormir dans sa chambre sans rechigner.
- Parce que Mère le voudrait avait-il dit.
Mais Harry savait que Cissa n'avait rien avoir avec cela. Draco était comme cela. Le jour il pouvait être très méchant mais la nuit et surtout quand Harry avait des crises, il était aussi doux qu'un agneau. C'est ce côté qu'Harry adorait chez lui. Quand il frappa à la porte, Draco lui ouvrit immédiatement. Cependant son bonheur fut de courte durée. Il s'activa en le voyant apeuré.
- Que se passe-t-il ? Harry !
Le brun pénétra la chambre et referma la porte violement. Il s'y adossa dessus et s'effondra, la tête dans ses genoux. Il avait un air si désespéré, tout son corps tremblait… Draco le connaissait pour l'avoir souvent vu comme ça, lors de ses crises ou après un cauchemar. Sachant ce qu'il devait faire pour l'apaiser, Draco s'agenouilla devant lui et posa ses mains sur sa tête. Il caressa lentement ses cheveux puis descendit jusqu'à ces joues.
- Harry ? Chuchota-t-il.
- Il m'a retrouvé… Il veut me tuer ! Il veut me tuer…
- Qui Harry ? Qui t'a retrouvé ?
- Mon oncle…
Draco écarquilla les yeux. Oui il savait tout de son oncle et cela le révulsa de le savoir ici. Il fronça les sourcils alors que la colère montait en lui.
- Qu'est-ce qu'il fait là ? Demanda-t-il durement.
- Il est… Il veut que je revienne chez lui.
- Il est fou ! Il ne sait pas du tout à quoi il s'attaque. Si jamais il ose te toucher ne serait-ce qu'un cheveu, je l'étrangle !
Harry sourit contre ses genoux. Il sentait ses larmes qui venaient, repartir lentement. Draco sentit son changement et sourit à son tour. Il continua ses caresses sans même le remarquer.
- Harry pourquoi trembles-tu autant ? Tu n'a rien à craindre de lui…
- C'est de ta faute, chuchota Harry.
Petit à petit la vision de Vernon Dursley s'éclipsa pour être remplacé par ce pourquoi il avait demandé à Draco de rentrer dans sa chambre. Celui-ci comprit que la conversation se tourner vers ce qu'il attendait depuis un petit moment déjà. Il pencha la tête vers la sienne et posa ses lèvres sur son crâne. Et cette sensation surprit Harry qui releva brusquement la tête. Leurs lèvres se retrouvèrent à quelques centimètres l'unes de l'autre. Aucun des deux n'osait bouger, ils se dévisageaient avec amour, envie et un peu de désarrois surtout pour Harry.
Puis Draco finit par poser ses deux genoux à terre de part et d'autre et ce mouvement le fit descendre de plusieurs centimètres. Assez pour que leurs lèvres se rejoignent enfin dans un chaste baiser qu'aucun des deux ne voulut rompre. Harry écarquilla les yeux. Draco posa ses mains sur ses joues et appliqua un peu plus de pression sur ses lèvres. Le brun en fut heureux. Aucune vision ne vint compromettre ce magnifique moment. Alors il ferma les yeux et pencha la tête sur le côté. Et le baiser ne resta plus chaste du tout. Draco lui fit relever la tête et l'embrassa plus fortement comblant ce manque qu'il avait eu durant toutes ses années. Leurs langues se retrouvèrent dans un balai sensuel. Il n'eut aucun combat de force. Draco le guidait et Harry se laissait faire avec plaisir.
Ses mains descendirent jusqu'à son cou. Et il se rapprocha au maximum de son corps écrasant le brun contre la porte. Harry passa ses bras autour de sa taille et les remonta jusqu'à ses épaules. Le baiser dura un bon moment. Quand ils se séparèrent, à bout de souffle, Draco posa son front sur celui du brun et caressa le coin de sa lèvre du pouce. Il loucha sur un sourire ce qui le fit reculer. Ce sourire… qu'il était bien triste !
- Qui a-t-il ? Tu n'as pas aimé ?
- Si… Mais… Il y a quelque chose qui me dit que nous ne devrions pas… J'ai un mauvais pressentiment…
- Tu ne m'aimes pas ?
Harry écarquilla les yeux. Il sourit doucement. Alors c'était bon, il ne le voulait pas juste pour une nuit, il voulait qu'il l'aime ?!
- Si, s'exclama-t-il. Je t'aime depuis toujours !
- Quoi ?
- Oui… Et même quand tu me rejetais, je continuais à t'aimer.
Draco écarquilla les yeux, tellement triste de sa bêtise. Il avait gâché tellement d'années pour rien. Finalement Harry ne l'aurait jamais repoussé, il l'aimait aussi.
- Je suis tellement désolé, Harry… Je crois bien que j'ai été stupide… J'ai fait cela pour me protéger. Parce que, il y avait comme quelque chose qui me déchirait en deux. J'avais peur de moi et peur de te perdre. Je ne savais pas… Je ne savais pas que tu m'aimais aussi. Alors je t'ai éloigné de moi. Mais je t'aime, je voulais tellement que tu sois près de moi, tout le temps…
- Oui, je crois que j'ai ressenti la même chose. En te regardant la première fois… Et c'est dix fois plus fort maintenant. J'ai envie de t'embrasser et de…
Harry rougit énormément.
- … sortir avec toi. Mais, se rattrapa-t-il vite. J'ai vraiment le pressentiment que l'on ne devrait pas…
Draco resta stoïque pendant un moment. Puis il regarda Harry intensément se pencha et l'embrassa lentement. Harry accusa le baiser avec bonheur. Quand Draco recula, il souriait.
- Si tu ne me détestes pas m'embrasser, c'est que tu peux sortir avec moi, non ?
Harry ne dit rien, rouge. Puis il hocha la tête.
- Alors sors avec moi… Et nous écraserons tous ceux qui voudraient se mettre en travers de notre chemin ! A commencer par Vernon Dursley !
- Et 'Cissa ?
- Mère sera heureuse, j'en suis sûr !
Harry le regarda et sourit. Il rangea dans sa tête au fond, dans un coin, une toute petite case de son esprit tout son mauvais pressentiment et la venue de Vernon Dursley. Il se décala soudainement de la porte renversant Draco. Il le plaqua au sol. Harry au dessus de lui se frotta lascivement sur lui. Comme c'était la première fois pour lui, il espéra ne pas être trop mauvais. Draco vit sa gêne alors il glissa tout doucement ces mains sous son t-shirt. Il le caressa provoquant des frissons qui descendaient vers son bas ventre. Avant que cela ne part plus loin, Harry lâcha ses lèvres et respira lentement afin de retrouver son souffle. Draco dévorait des yeux son visage.
- On va dans le lit ? Murmura-t-il.
Harry rougit.
- Tu veux… Tu veux qu'on le fasse ?
- Eh bien, maintenant que tu m'as chauffé à mort !
Il mouvait ses hanches pour faire glisser son érection contre sa jambe. Harry rougit un peu plus honteux.
- Ne t'inquiètes pas, c'est ma première fois aussi.
- Vraiment ?
- Bien sûr, je ne voyais que toi Harry, je n'ai jamais cherché à me faire quelqu'un d'autre. Il n'y a que toi qui me fais de l'effet, il n'y a que toi que je désire ! Ce sera notre première fois à tous les deux.
Harry se releva et Draco en fit de même. Il lui colla un baiser et replaça ses mains sur ses hanches, lentement et les descendit au dessus de son pantalon. Il pressa sa verge avec douceur. Harry ferma un œil et cacha sa tête dans son cou.
- Ok… On y va, chuchota-t-il.
Draco sourit, ils se levèrent tout en s'embrassant et se dirigèrent vers le lit.
- Harry, murmura-t-il alors qu'il lui enlever son t-shirt.
- Oui ?
- Je t'aime…
Il le coucha sur le lit et Harry sourit. Il le reprit dans ses bras et le laissa l'embrasser dans son cou et son torse.
- Moi aussi…
Le rêve
Beaucoup de choses se passèrent dans sa tête cette nuit là.
Harry ne dormit presque pas. Il se réveilla en sursaut, le cœur battant et le front en sueur. Ses yeux grands ouverts mirent un bon moment pour redevenir vert. Que venait-il de voir ? Etait-ce vrai où il avait seulement rêvé ? Non, ce n'était pas un rêve, il en était sûr. Mais alors… aurait-il fait une bêtise ? Il regarda le corps de Draco à ses côtés. Il avait un bras sur lui comme s'il tentait à tout prix de le retenir. Harry eut les larmes aux yeux. Il se recroquevilla sur lui-même et mit ses mains sur sa tête et cacha son visage. Cette sensation lui fit peur. Il le savait pourtant tout était vrai. Et Draco… Draco… Tout était de sa faute. Le brun resta perdu pendant un long moment, finalement Draco se réveilla et fronça les sourcils. Il se releva et chuchota :
- Harry ? Qu'est-ce qui se passe ?
- Tu vas mourir, dit-il en étouffant un sanglot. C'était ça le mauvais pressentiment. Tu vas mourir et tout sera de ma faute tant que je n'arrêterais pas la malédiction !
Draco écarquilla les yeux sans rien comprendre.
- De quoi parles-tu ?
- C'est une malédiction. Je me suis maudit en tentant de réécrire mon histoire. Et tant que je ne sais pas comment l'arrêter, elle va recommencer !
- Qu'est-ce que… Ecoute Harry, tu as fais un cauchemar, c'est juste une crise de plus. Rendors toi mon amour, tu auras les idées claires et tu verras. Tu me raconteras, si tu veux !
Draco l'obligea à se recoucher et l'enserra dans ses bras. Harry se confina contre son torse et soupira. Ses larmes ne se tarirent que lorsqu'il s'endormit. Il l'avait condamné. Condamné à mourir. Quel monstre était-il ! Draco ne dormit pas beaucoup non plus. Ses mots l'avaient touché. Harry faisait des crises mais jamais cela n'avait été sur lui, c'était toujours sur des vieilles dames sur le point de mourir ou d'autre personne Jamais lui… Toutes ses visions s'étaient toujours réalisées. Pourquoi celle-là ne le ferait pas ? C'est la peur au ventre qu'il s'endormit.
Le lendemain ils ne se levèrent même pas pour aller en cours. Ils dormirent autant qu'ils le purent, las et fatigués. C'est Blaise Zabini qui vint les réveiller en toquant sauvagement à la porte. Harry était encore plus dérangé que la nuit précédente et Draco finit par y croire. Sous la douche, étroitement enlacé, il lui demanda :
- Est-ce qu'il y a un moyen de me sauver ?
- Il faudrait que tu t'en ailles très, très loin de moi !
- Impossible !
- Alors… Partons ensemble !
- Sans avoir fini notre scolarité ?
- C'est moi qui partirais alors…
- Je t'interdis de faire ça !
- Si je ne trouve pas de solution, tu vas mourir Draco !
- Trouves toutes les possibilités que tu veux tant qu'elle n'implique pas que je m'éloigne de toi. Harry j'ai mis si longtemps à enfin te dire que je t'aime… je ne veux pas te quitter.
Harry baissa les yeux par terre. Il ne le fera pas changer d'avis.
- Je vais m'aider de mes visions pour découvrir quand tu dois mourir et nous te sauverons la vie.
Draco sourit.
- Très bien !
Harry était beaucoup moins enthousiasme que lui. Et s'il ne voyait rien ? Draco releva sa tête et chuchota :
- Tout ira bien tant que tu es avec moi Harry ! D'accord ?
Il hocha la tête et l'embrassa.
- Je serais toujours avec toi !
- Me voilà rassuré ! S'exclama-t-il d'un ton plus enjoué.
Il réussi à le faire sourire et lui arracha un autre baiser.
- Dans deux semaines on revoit 'Cissa ! Je suis content !
- Et moins donc ! Et si nous allions lui acheter un petit cadeau à Pré au lard ? Ce serait bien ?
- Je suis d'accord avec toi…
A suivre...
