Hello tutti quanti!

Voici le nouveau chapitre de cette aventure!

Merci infiniment à Chlo! Ne t'inquiète pas pour le retard, sur ce point là je ne peux rien dire... ;) Tant mieux si je t'ai surprise car c'était l'effet recherché. J'avais voulu fair eun bond de seulement un an... j'ai abandonné l'idée parce que ce n'était pas vraisemblable! L'intervention de Louis n'était pas prévue à la base, mais du coup je me suis attachée à lui, alors je pense qu'il reviendra sur le devant de la scène plus tard. Je te préviens tout de suite par contre que je n'ai pas vraiment prévu de raconter leur voyage en Inde (une autre petite histoire peut-être si j'en ai l'inspiration? En tout cas je note l'idée). Par contre tu en apprendras très vite sur les deux jumeaux. Ne t'inquiète pas, je n'ai pas l'intention d'abandonner cette histoire! :) Encore un immense merci pour ton commentaire! Ça met vraiment du baume au coeur et ça donne envie de poursuivre (et parfois ça donne aussi des idées! ;)

Comme d'habitude, je vous souhaite à tous une bonne lecture! :D


Il ne pleuvait plus lorsqu'ils quittèrent ce café. La musicienne avait enchaîné sur la Lettre à Élise et sur d'autres morceaux sans paroles pendant près d'une demi-heure après avoir remarqué la jeune fille blottie contre son cousin. Mal leur en prit de partir. Sur la merveilleuse idée de James, ils allèrent se promener sur la digue. Et bien sûr il se remit à pleuvoir tellement fort que tous les Impervius du monde ne pouvaient les couvrir ! Alors ils s'en retournèrent trempés à la maison, riant de leur séjour à-moitié raté.

Albus remarqua Lily collée à James... Mauvais signe : cela signifiait que son meilleur allait squatter dans sa chambre la nuit suivante. Au moins, il ne s'étonnerait pas.

- Dis... ça fait pas déjà quatre ans qu'ils tournent en rond ces deux-là ? lui glissa Alexis lorsque Dominique rejoignit son frère dans la cuisine.

- Depuis quand t'intéresses-tu aux histoires de cœur ? s'étonna son ancien équipier.

- J'imagine que c'est depuis que j'ai une copine qui me rabat les oreilles avec les histoires d'amour de ses cousins, répondit Nott en riant.

- On ne changera pas Dom', soupira le jeune Potter.

Il sentit le regard de son ancien capitaine sur lui, refusa d'y prêter attention. Il savait ce qui allait suivre. Il connaissait sa cousine. Il savait son grand cœur, son envie d'aider les autres, son éternelle sympathie. Elle souffrait avec les autres, mais surtout elle avait cette capacité qu'il lui avait si souvent envié de savoir se débarasser de ses angoisses en trouvant les mots justes à mettre dessus. En réalité elle en était capable car il lui était impossible de garder pour elle ses angoisses. Tout naturellement c'était vers Alexis qu'elle s'était tournée... mais Albus ne voulait pas en parler.

- Elle m'a aussi parlé de Rose.

- Ne le prend pas mal Alex... mais ça ne te regarde pas, souffla le plus jeune en se détournant.

- Je sais. Je la connais peu. Mais... j'aimerais...

- Je te remercie, le coupa Albus en le regardant droit dans les yeux. Sincèrement je t'en remercie, mais s'il te plaît, ne t'en mêle pas.

Nott le toisa de ses yeux noirs, avant d'acquiesçer en baissant le regard. De toute façon sa compagne le hêla pour lui demander de l'aide. Et Albus se laissa tomber à côté de Hugo, à l'une des chaises de la table. Le frère de Rose le rouquine laissa échapper un soupir qui fit immédiatement regretter à son cousin de s'y être assis.

- Et à moi, Albus. Est-ce que tu en parlerais ?

- C'est à Rose de t'en parler.

Le plus jeune laissa échapper ricannement méprisant, et Albus songea que décidément il n'avait pas meilleur rôle de l'histoire.

- Elle ne me parle pas, Albus. On n'a jamais été aussi proches l'un de l'autre que toi, Lily et James l'êtes. On vivait ensemble, on se parlait, on se confiait un peu. Et puis elle est partie. Et Lysander est parti – il tourna vers lui ses yeux bleus hérités de son père – et je l'ai perdue, Albus. Lorsque Lysander est apparu, elle s'est réellement éloignée, lorsqu'il est parti, elle a disparu.

Son cousin soupira encore, comprennant le sentiment de Hugo. Il savait que ce dernier avait toujours souffert... d'être l'autre. Celui qu'on appréciait, celui qu'on oubliait. Rose et Albus avaient toujours formé un duo qui était devenu trio avec Scorpius. James avait toujours adoré Lily qui le lui avait bien rendu, qui le leur avait rendu à tous... Mais Hugo avait toujours été l'Autre.

- Alors parle-lui Hugo. Elle ne s'en rend sans doute pas compte...

- Elle le sait Albus. Mais elle n'est plus là.

- Rose est toujours Rose, Lysander n'a rien emmené d'elle. Elle est toujours joyeuse, heureuse...

- Tu sais que ce n'est pas vrai, trancha froidement Hugo. Tu pourras faire gober ce mensonge à tout le monde, même à mes parents, même à toi-même, mais pas à moi !

Le rouquin se leva en renversant sa chaise et quitta brusquement la pièce, et Albus sentit son cœur se serrer en remarquant que personne n'avait même daigné jeter un coup d'oeil en sa direction. Dom' n'était pas là, la chère cousine qui appaisait chacun par de simple mots était à la cuisine, riant avec son compagnon... c'était donc à lui de s'occuper du jeune homme. Après tout, c'était son travail de Psychomage.

Il le trouva faisant les cent pas sous la pluie.

- Tu n'étais pas obligé de venir, grinça Hugo. De toute façon je savais que je n'aurais jamais dû venir.

- Arrête.

- Non Albus ! s'écria son cousin. N'essaye pas de me convaincre du contraire ! Parce que tu ne le penses pas, et surtout ce n'est pas de ça que tu es venu parler. C'est de Rose, n'est-ce pas ? Encore et toujours de Rose. Mais sais-tu quoi ? Moi aussi. Moi aussi je suis ici pour en parler !

- Et que veux-tu me dire ? soupira Albus, conscient qu'il était inutile d'appaiser le jeune homme.

- Qu'elle ment Albus ! cracha-t-il.

- Sur quoi veux-tu qu'elle mente ? Elle ne dit pas tout mais elle ne ment pas.

- Je t'en prie Albus ! s'agaça l'autre. J'ai vécu dix ans avec elle avant... avant qu'elle ne parte à Poudlard. J'ai appris à la connaître un peu quand même. Et elle ment ! Elle ment comme une arracheuse de dent !

- Tu ne peux pas dire ça de ta sœur !

- J'ai tous les droits, répliqua Hugo en haussant le ton. J'ai tous les droits quand il s'agit de ma sœur! J'ai tout les droits quand il s'agit de l'aider !

- Et sur quoi veux-tu qu'elle mente ? le questionna Albus qui commençait à perdre patience.

- Sur qui ? Sur Lysander bien sûr !

- Et en quoi ment-elle ?

Il vit Hugo s'arrêter de marcher. Son cousin n'était pas spécialement grand, ni spécialement fort mais soudain il semblait prêt de lui sauter dessus. Hugo approcha lentement, approcha doucement son visage du sien, ses yeux clairs lançant des éclairs mertriers et Albus ne le reconnut plus. Jamais il ne l'avait vu dans cet état, jamais si furieux, jamais si amer.

- Je te crois quand tu me dis que tu la crois, quand tu doutes à comprendre qu'elle ment, murmura finalement le jeune Weasley en baissant la tête. Mais je ne te dirai pas pourquoi je la dis menteuse. Parce que tu ne me croirais pas, parce que tu me traiterais de jaloux, sans chercher à comprendre. Après tout, c'est ce que vous faites tous, n'est-ce pas ? grinça-t-il et Albus frissonna sous ce regard. Vous ne comprennez pas que ce n'est pas de Rose que je suis jaloux, ce n'est pas de ses amis, de son lien avec vous... c'est de votre lien avec elle ! J'ai une sœur qui a un frère qu'elle a tendance à oublier, mais cela tout le monde s'en moque ! Tant pis, souffla-il avec une note résignée étincelant dans sa voix juvénile. Tant pis parce que pour une fois... c'est moi qui la comprends.

- Et tu vas garder ça pour toi, juste pour savourer ton petit succès ? cracha Albus avec mépris.

L'autre soutint son regard avant de soupirer longuement. Ses lèvres tremblaient, ses yeux brillaient.

- Tu n'as toujours rien compris Albus, soupira-t-il avant de se détourner. Tu ne me connais pas, tu ne m'as jamais connu, alors je t'interdis de me juger, tu m'entends ? Va chercher une plume dans la chambre de Rose, alors seulement tu comprendras ! acheva-t-il en rentrant, trempé, à l'intérieur.

L'eau s'écoulait du ciel, s'écoulait sur son visage, comme des larmes. Les traits qui tombaient de la nuit semblaient étirer les étoiles. Lysander n'aurait peut-être pas pu y voir quoique ce soit... Mais ce n'était pas à Lys' qu'Albus voulait penser, parce que Lys' n'était pas là. Il était loin, il était parti, et c'était de Rose qu'il fallait s'inquiéter

- Albus ! appela la voix de Dominique. Que s'est-il passé avec Hugo ?

Il se retourna, sa cousine le regardait avec inquiétude, la baguette tendue pour le sécher dès qu'il serait à l'abri. Il songea que peut-être ce séjour n'était pas une si mauvaise idée.

- Tu viens, on n'attend plus que Rose et toi.

- Où est Rose ?

- Elle est montée se reposer il y a une heure. J'ai demandé à Hugo d'aller la chercher quand il est revenu, mais il m'a envoyée bouler... Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Dom'...

- Albus, dit-elle sur le même ton. Hugo ne s'énerve jamais.

- Il faut croire... que cette fois était une exception, murmura le jeune Potter.

- Très bien, soupira-t-elle en disparaissant à l'intérieur.


- Rose ? Je peux entrer ?

Le silence, comme toujours. Il y était habitué, alors il entra. Sans doute la jeune fille devait-elle être en train de dormir, ou de lire. Alors il poussa doucement la porte.

- Rose ? appela-t-il encore.

Pas de réponse. Le lit était encore défait, des livres étaient posés sur la table de nuit, et elle semblait avoir préparé les deux fauteuils en face de son lit. Cela l'amusa : elle aussi devait avoir remarqué que bientôt Scorpius reviendrait les voir, un rictus désabusé aux lèvres.

Mais il se défit bientôt de ces pensées. Parce que s'il y avait bien un lit défait, des livres aux pages cornées, un parfum sucré, Rose n'était pas là.

Il s'apprêtait à redescendre, lorsque les paroles de Hugo résonnèrent dans ses oreilles. Cherche une plume... Il jeta un coup d'œil à la petite table de la chambre, s'approcha, et parcourut l'écritoire du regard. Une plume de cygne était posée sur la table, il la reconnut : c'était celle qu'il lui avait offert pour son vingtième anniversaire, quelques mois plus tôt.

Un parchemin était posé à côté, il ne voulait pas le lire. Il ne l'aurait pas lu... s'il n'y avait pas lu son nom. Puisque la lettre lui était destiné, il pouvait bien la lire...

Bonjour Albus,

Désolé de te répondre si tard. J'ai bien reçu ta dernière missive, mais j'ai dû changer de zone, j'ai mis du temps à trouver un hibou qui serait capable de traverser le désert jusqu'à Alger, avant qu'un autre ne prenne le relais à la banque sorcière algérienne, qui te le transmettrait alors jusqu'en Écosse. Bref, je te passe tous ces détails... qui n'ont sans doute pas grand interêt !

Je vais bien, tu sais, tu n'es pas obligé de me le demander à chaque fois... Même si je te pose exactement la même question. C'est uniquement lorsque je pense à vous que j'en viens à regretter l'époque ou je lisais l'avenir dans le ciel. J'arriverais d'ailleurs bien à le faire d'ici, si tu savais comme le Sahara est un endroit magnifique ! Les moldus ne voient que des chameaux et des fenecs, et il est vrai qu'ils sont très nombreux ici, mais je pense que tu n'imagines même pas le nombre d'autres créatures. Un touareg m'a appris que l'isolement de certains Joncheruines ici a conduit à une spéciation – à la création d'une nouvelle espèce si tu préfères – j'espère en trouver dans les semaines qui vont suivre.

Je sais que tu trouves que je suis long à revenir, crois-moi, tu n'es pas le seul à me le dire : Scorpius pense de même – il y met d'ailleurs moins de formes que toi, mais comment lui en vouloir ? – et Lily, et James, et même Louis qui m'écrit de temps en temps... et je vous assure que j'adorerais revenir, que je rêve de retrouver Rose, mais pour l'instant c'est...

Albus devine le mot suivant. Impossible. Il le devina... car il n'était pas écrit.

Un craquement retentit soudain, il se redressa et fit volte-face. Rose se tenait devant lui, un peu plus pâle que d'habitude, sa baguette encore à la main. Il ne put s'empêcher de remarquer à quel point elle était belle. Plus belle encore que d'ordinaire... elle s'était faîte belle. Ses yeux et ses joues étaient peintes, ses cheveux soigneusement arrangés, sa jolie silhouette habillée comme lorsqu'elle sortait avec ses deux meilleurs amis... Albus haussa simplement un sourcil, commençant à comprendre son jeune cousin...

- On passait à table, Dominique m'a envoyé, murmura-t-il en évitant son regard.

Elle se contenta de hôcher la tête, jetant de fugaces coups d'oeil à la lettre encore posée sur le table. Il n'ajouta rien, laissa ses jambes le porter hors de la chambre, le descendre au bas des escaliers, tel un automate. Tous les autres étaient déjà attablés, il croisa le regard sombre d'Hugo, et il y lut tout ce que son cousin avait tenté de lui dire. Sa rage impuissante, sa colère, sa solitude...

Il sentit son cœur se serrer, son souffle se couper. Haletant un peu, tirant sur le col de son T-shirt, il s'assit à la place que Dominique lui indiquait en souriant. Mais les voix des autres lui parvenaient que comme étouffées dans de l'eau. Un rire était une bulle remontant doucement dans l'onde... ou plutôt une bulle qui demeurait enfermée dans sa poitrine. L'air lui manqua soudain, il aggrippa la table d'une main, posant l'autre devant sa bouche en sentant son cœur au bord de ses lèvres.

- Albus ? appela la voix de James.

Il leva les yeux vers son aîné. Celui-ci avait posé sa main sur son épaule et le dévisageait avec inquiétude... Il repoussa sa main, se leva en titubant. Il ne voulait pas, il ne comprennait pas. Soudain son monde semblait s'effondrer... Alors il ne sentit plus rien, juste la nausée qui l'envahissait à la vue de la jeune fille qui entrait dans le salon, juste les bras de son frère lorsqu'il tomba. Puis plus rien. Il n'y avait plus rien : Rose avait tout détruit.


Alors, qu'en pensez-vous?