Notes : J'adore vos commentaires parfois humoristiques, encourageants, mais toujours sympathiques ! Certains d'entre vous émettent même des hypothèses.
Du coup, vous avez nourri ma muse et je me suis dopée pour vous présenter un nouveau chapitre plus rapidement que prévu ^^
Donc je ne puis que remercier humblement les fidèles lecteurs/lectrices en leur souhaitant une excellente lecture !
Avertissement : aucun
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Chapitre XIV - Conversation Chaudron et Prévention
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De retour dans la chambre, Severus déposa doucement Hermione sur le lit et essaya de la faire asseoir, mais elle se dégagea, s'allongea et cacha ses joues ruisselantes de larmes dans ses mains, des sanglots dans la voix. Les paroles de Jehan, son ami d'enfance, son époux, l'avaient terriblement ébranlée. Des sentiments de honte, de culpabilité, de remords mêlés déchiraient son âme pure :
"Laisse... moi. Tout... est... de... ta... faute. Il... me... dé...tes...te..."
Severus usa de sa force pour relever la jeune fille en position assise et attrapa son menton, cherchant à croiser le regard ambré. Il savait parfaitement ce qu'elle ressentait, car leur union charnelle les avait liés émotionnellement. Etant sorcier de longue date, cette connexion était vivace pour lui, mais ne serait complète pour elle qu'à sa majorité, dans trois mois. Il commença :
"Mon Hermione, sois raisonnable, tu ne puis retourner auprès de Jehan, et ce pour trois raisons importantes."
Hermione le regarda sans comprendre, ses sourcils en accent circonflexe. Le Prince Noir, sachant qu'il avait à présent toute son attention, poursuivit :
"Pour commencer, tu es une sorcière, et lorsque ta magie va se libérer, le jour de tes dix-sept ans, crois-tu que ton charmant époux acceptera cet état de fait sans réagir négativement ? Tu sais aussi bien que moi qu'il croit fermement en Dieu et prête main-forte souvent aux troupes de l'évêque de Mende qui pourchassent les sorcières, les torturent et les brûlent ! Tu seras considérée comme un suppôt de Satan, comme toutes les autres, ni plus ni moins, et tu finiras sur le bûcher."
La bouche féminine articula des :
"Non... Non..." son regard vacilla, une peur insidieuse se glissa dans sa poitrine mais elle ne se détourna point.
"Ensuite, il ne t'est pas venu à l'esprit que tu pourrais être déjà grosse de mes oeuvres ?
Les yeux noisette humides s'écarquillèrent tandis qu'une main possessive se posait sur son ventre plat.
"Crois-tu que je laisserai un autre que moi élever notre enfant ou que ton mari acceptera que tu retournes vers lui avec le drôle du Prince Noir dans ton ventre ? Non Hermione, non, crois-moi, la meilleure solution est que tu restes ici."
Il se tut, laissant sa maîtresse absorber les nouvelles. Après une minute silencieuse, elle demanda, un sourde angoisse faisant frémir ses cordes vocales :
"Et... puis-je connaître... la troisième... raison ?"
Hermione appréhendait la réponse ; son coeur battait la chamade. Le Prince Noir tint le visage mouillé entre ses mains, plongea ses yeux de jais dans le regard vacillant et affirma d'une voix sourde :
"Tu es mienne. Je ne puis accepter qu'un autre te touche. Je ne te laisserai jamais partir, jamais ma petite lionne !"
Pour mieux appuyer ses dires, il embrassa farouchement la bouche tremblante, buvant au passage les quelques larmes qui continuaient de s'écouler. Sa langue chaude s'enroula aussitôt autour de la sienne, l'obligeant à répondre. Hermione était troublée. Les déclarations précédentes du sorcier l'angoissaient extrêmement. Pourtant, quand il l'embrassait ainsi, elle oubliait tout ce qui n'était pas lui, elle se sentait en sécurité. Il cessa son baiser et posa son front contre le sien, l'étreignant quelques instants, sans bouger, se complaisant tout simplement dans sa proximité.
"Je vais te conduire dans mon laboratoire où j'élabore des potions magiques. Je t'instruirai également dans ce domaine, c'est l'un de mes préférés. Avec l'aide d'Albus de Nostredame, il me faut préparer des breuvages ainsi que le poison qui anéantira le serpent Nagini. Mon mentor doit d'ailleurs m'y attendre. Viens, tu ne seras pas déçue !"
PN PN PN
Hermione découvrit l'antre secrète de son amant où s'activait déjà le vieil astrologue qui la salua d'un sourire et d'un hochement de tête, sans cesser ses manipulations. La pièce contenait des chaudrons, une balance en cuivre pour peser les ingrédients, des couteaux en argent, des mortiers, des pilons, des pinces, des tisonniers, des marteaux, des soufflets, des clepsydres, des manuscrits, ainsi que tout un assortiment de racines, bulbes, feuilles séchées, insectes, chrysopes, serpents, batraciens,... du soufre, de la poudre d'or, d'argent, du cinabre, de la stibine, des minéraux, etc. contenus dans des bocaux de verre ou en terre cuite. Il y en avait à profusion, presqu'autant que dans l'officine de sa mère. Elle avait l'impression d'avoir posé une poulaine dans le laboratoire d'un alchimiste bien particulier. Des fioles étiquetées, remplies de liquides étranges, colorés, voire même phosphorescents s'alignaient sagement sur des étagères murales.
"Vous cherchez à fabriquer la Pierre Philosophale ? s'étonna la jeune Dame.
- Non point Hermione, mais d'autres la recherchent, comme le Seigneur des Ténèbres", répondit d'un ton grave Severus, en déplaçant des gants présentant une étrange texture. La sorcière s'en approcha, intriguée. Elle les toucha délicatement, tandis que le Prince Noir l'observait, un sourire narquois aux lèvres.
"Quelle est donc cette curieuse matière, Severus ? Je n'en ai point vu de pareille de toute mon existence ! C'est doux et en même temps rugueux, d'une grande souplesse et le parfum qui s'en dégage m'est parfaitement inconnu. Cela provient sans conteste d'un animal mais... j'ignore lequel...
- D'un dragon, ma mie, tout simplement !" Hermione écarta aussitôt ses mains des gants.
"Mais les dragons n'existent pas ! Ce sont des êtres imaginaires, tu te moques de moi !
- Oh non, je ne me le permettrai pas !"
Le ton légèrement ironique n'échappa pas à la jeune femme. La voix légèrement chevrotante de l'astronome retentit alors dans la pièce :
"Severus ne vous ment pas, gente Dame. Il existe de par le monde nombre de créatures merveilleuses que les Moldus considèrent comme imaginaires alors qu'elles sont tout à fait réelles : les licornes, les géants, les trolls, les fantômes, etc. Quand vous serez une sorcière à part entière, nous vous en ferons rencontrer certaines d'entre elles."
Hermione fronça les sourcils, apparemment peu emballée à la pensée de croiser ces êtres plutôt repoussants, hormis les licornes. Le Prince Noir l'observait de ses yeux pétillants de malice. La réaction d'Hermione ne l'étonnait point, elle commençait à découvrir ce qui serait sous peu son principal univers. Cela l'inquiétait et l'émerveillait tout à la fois. Il serait son guide et son instructeur durant son apprentissage. Il veillerait sur elle, jour et nuit, autant que faire se peut, cela promettait d'être fort intéressant...
La jeune femme observa les deux hommes travailler en tandem toute la matinée, sans s'ennuyer une seule seconde. Le visage de son amant était si concentré, de fines ridules marquaient sa peau entre les deux orbes d'obsidienne et ses lèvres étaient pincées. Son habilité manuelle la laissait pantoise : il coupait, écrasait, disséquait animaux, végétaux et minéraux avec une telle dextérité que cela en était presqu'effrayant. Elle admirait les mains longues, fines et pâles capables de faire... tant de choses... Des volutes opaques et gracieuses s'échappaient des chaudrons bouillonnants, formant une vapeur diffuse dans tout le laboratoire, mais aucun des deux hommes ne semblait gêné par cette brume immatérielle.
Quand Blandine toqua à la porte pour annoncer que le repas allait être servi, Hermione s'aperçut qu'elle avait une faim de loup. Elle rougit lorsque son ventre émit de disgracieux gargouillis, ce qui amusa au contraire les deux sorciers.
"Je crains que notre lionne ne soit affamée, Albus. Il est temps que nous nous sustentions avant que la Dame ne tombât en pâmoison !
- Je te laisse conduire cette noble Dame à table, tu sais bien que je préfère qu'un serviteur m'apporte le repas dans mon bureau, je préfère manger en solitaire. Je m'occupe de mettre les potions sous stase. Vous pouvez y aller.
- Il en sera fait selon vos désirs cher ami. Allons, ma douce, offrez-moi votre main que je vous conduise dans la Salle de réception."
Hermione répondit par un petit sourire et se laissa conduire docilement par le Prince Noir.
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Quand ils pénétrèrent dans la grande salle, tous les regards se posèrent sur eux. Severus sentit le frémissement de peur dans la main d'Hermione qu'il serra aussitôt, essayant de lui communiquer l'assurance dont elle manquait. Le Prince Noir énonça d'une voix parfaitement tranquille, mais d'un ton n'admettant aucune transgression :
"Mes amis, je vous présente Dame Hermione qui, à compter d'aujourd'hui est mon invitée d'honneur. Vous lui devez le respect autant qu'à moi-même, mais je pense que vous l'avez tous compris."
Un petit regard en coin vers Bellatrix pour lui signifier qu'il s'adressait en particulier à elle.
Celle-ci était verte de rage et mourait d'envie de jeter un sort cuisant sur la jeune fille. Il fallait qu'elle trouvât un procédé non magique pour se débarrasser de la péronnelle sans éveiller les soupçons de Severus ou Lucius qui trouveraient sa trace magique aisément. Dans son cerveau tordu commençait à se mettre en place une terrible machination pour évincer sa rivale. Elle laisserait s'écouler un certain temps pour éviter qu'on ne l'accusât. Elle offrit à l'entourage le plus parfait des sourires hypocrites, et s'assit en même temps que les autres convives, une fois que le seigneur et sa maîtresse se furent attablés les premiers.
Elle les observa à la dérobée et ne put que constater la prévenance dont faisait preuve le Prince Noir à l'égard de son amante quand il croyait que personne ne les regardait. Il lui tranchait le pain, la faisait boire dans sa coupe, lui susurrait des mots doux à l'oreille, la couvait de regards brûlants. Quand la donzelle avait offert au capitaine Malfoy, qui ne semblait pas insensible à son charme, un franc sourire, Severus avait foudroyé son capitaine d'un regard meurtrier. Bellatrix sentait la bile lui monter dans la gorge à les voir ainsi minauder. Mais elle saurait faire cesser ces cajoleries abjectes. Ecoeurée, elle prétexta une migraine pour quitter la tablée rapidement.
Messire Rogue se méfiait de Bellatrix comme de la peste noire qui commençait à sévir dans la région. En paradant avec à ses côtés Dame Hermione, il voulait lui faire comprendre que la jeune fille était sous sa protection, et que s'en prendre à elle c'était s'attaquer à lui et que les représailles seraient terribles. Il mettrait en garde Hermione, mais il ne pouvait faire autrement que de la garder sous son aile. A la fin du repas, il demanda à sa maîtresse de patienter quelques instants tandis qu'il ordonnait à Lucius et Draco d'effectuer une surveillance accrue le premier auprès de Bellatrix, le second auprès de Dame Hermione. Puis les deux amants s'en retournèrent vers la chambre de Severus. Hermione demanda doucement :
"Severus, il me faut écrire une lettre à mes parents pour leur donner de mes nouvelles. Peux-tu me procurer ce dont j'ai besoin ? Et... j'aimerais que tu autorises Virginie à venir me rejoindre. Elle pourra aider les autres servantes dans leurs tâches, c'est une fille besogneuse, je te supplie d'accéder à mes demandes."
L'homme la toisa quelques instants sans mot dire puis il lui désigna son bureau :
"Oui ma douce. Tu peux demander à tes parents d'envoyer ta jeune amie. Une présence féminine amie te sera agréable, j'y consens."
Le visage d'Hermione rayonnait de bonheur. Le sorcier poursuivit :
"Tiens, dans ce tiroir tu as des feuilles de parchemin et sur le bureau une plume et un encrier. Je n'ai nul besoin de te préciser que tu ne dois en aucune manière faire référence à notre statut de sorciers, ni à ce que tu as vu dans mon laboratoire. La lettre pourrait être interceptée par des personnes malveillantes et, je n'ai point besoin de te faire un dessin...
- Oh, bien sûr ! Je ne parlerai point de ceci, " affirma la jeune fille. "Merci !"
Pour lui prouver sa reconnaissance, elle se hissa sur la pointe de ses pieds et embrassa la joue pâle. Mais cela ne suffit pas au Prince Noir qui tourna la tête afin d'embrasser à pleine bouche les douces lèvres qui s'ouvrirent d'elles-mêmes, laissant passer une langue impérieuse. Puis Severus cessa le baiser, couva la jeune fille d'un regard de braise, enroula autour de son index une boucle de cheveux qui s'échappait de la touffe indisciplinée et dit :
"Je m'en retourne dans le laboratoire. Nous n'avons point de temps pour les galipettes. Quand tu auras terminé ta lettre, fais appeler le jeune Draco, il se chargera de transmettre ta missive à tes parents, tu peux lui faire confiance. Il ne sera jamais loin de toi."
Il ajouta d'une voix pressante :
"Par contre, je veux que tu me jures de ne point t'approcher de Dame Bellatrix, ni de près, ni de loin. C'est une personne malfaisante qui cherchera à te nuire. N'accepte aucune entrevue, aucune promenade, aucun cadeau, ni aliment ou boisson de sa part, tu m'entends ? Je ne puis t'empêcher de déambuler dans le château ou aux alentours mais reste constamment sur tes gardes et fais en sorte que mon écuyer t'accompagne partout où tu iras. Il est le neveu de Bellatrix, elle n'osera pas s'en prendre à lui. Jure-moi de m'obéir !"
Le ton alarmant et les yeux inquisiteurs inquiétèrent quelque peu Hermione qui répondit fougueusement :
"Oui, oui, je te jure d'être prudente !"
Severus la contempla un instant, admirant sa grâce naturelle. Il ne désirait qu'une chose en ce moment, soulever la longue robe et prendre Hermione derechef contre le mur, enrouler ses jambes autour de ses hanches, enfoncer son vit dans le ventre accueillant et voir le charmant visage féminin tordu par le plaisir. Pourtant, il se contenta d'embrasser le bout de son nez et l'abandonna, il y avait un temps pour tout, il se rattraperait ce soir.
Celle-ci, dont l'esprit était un peu troublé par les recommandations alarmistes de son amant, s'installa devant le bureau et écrivit une longue missive à ses parents, les assurant de tout son amour, les rassurant sur sa condition, qu'elle n'était nullement maltraitée, bien au contraire, qu'elle avait retrouvé Blandine qui lui servait de suivante, qu'elle leur donnerait plus tard des explications sur le fait qu'elle restât de son plein gré auprès du Prince Noir. Elle demanda à sa mère de lui faire porter les quelques vêtements qui restaient dans la maison familiale (tous les autres ayant été apportés au château des Neuville), et que Virginie vînt la rejoindre dès que possible.
Quand elle eut terminé la rédaction de sa lettre, elle la roula délicatement et l'attacha avec un ruban rouge qui trônait sur l'écritoire. Elle ouvrit la lourde porte, descendit l'escalier au pied duquel elle découvrit le jeune Draco qui se tenait en faction contre le mur. Elle admira malgré elle la beauté classique du jeune homme aux yeux lumineux. Il était si différent du Prince Noir au regard de jais, pourtant c'était ce dernier qui faisait battre son coeur.
" Messire Draco, auriez-vous l'obligeance de faire porter ce pli à mes parents, je vous prie ?
- Certes Dame Hermione, je vais de ce pas leur remettre en mains propres cette missive. Je suppose qu'ils sont dans votre demeure de Châteauneuf ?
- C'est tout à fait exact, gentil Damoiseau. Je vous remercie."
Elle était satisfaite que le jeune homme accédât aussi vite à sa demande et un grand soulagement l'envahit.
Ce qu'elle ignorait, c'est que le jeune écuyer ressentait une forte attraction envers Virginie, la jeune servante des Granger, et qu'il espérait bien profiter de sa mission pour revoir la jouvencelle aux yeux limpides, au visage piqué de taches de rousseur et à la langue bien pendue...
"Dame Hermione, durant mon absence je vous prierai de bien vouloir retourner dans vos appartements car je ne serai point là pour assurer votre sécurité."
Hermione fut quelque peu agacée qu'on l'obligeât à s'enfermer par un si bel après-midi dans une chambre, mais Severus l'avait tellement mise en garde qu'elle acquiesça silencieusement et obtempéra à l'ordre du jeune Damoiseau.
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NB : je rappelle que je ne puis répondre personnellement aux commentaires des lecteurs ne possédant pas un compte FFN... C'est bien dommage ^^
