Note : Après quelques semaines, je me remets à l'écriture, et voici la suite de mon histoire, j'espère que cette pause ne vous bloquera pas trop. Je perdais un peu de motivation récemment et je n'avais presque plus le temps d'écrire. Mais bon, le plan de l'histoire retouché, des détails rajoutés, m'y revoilà. Il reste entre 18 chapitres après celui-ci, donc dans deux chapitres nous auront fait la moitié.
Réponse aux reviews : bookengulfer : Merci pour cette review encore une fois très constructive, j'apprécie. J'espère que tu apprécieras aussi ce passage. Malheureusement Gates va être absent quelque temps. SwanGranger : Un peu d'avancement dans la relation entre Draco et Hermione à venir. Maxine : Désolé de t'avoir trahi. La suite était un peu longue à venir, j'espère donc que tu seras toujours là pour lire la suite.
La douce odeur d'un thé parfumé
Je me rappelle du noël de mes onze ans. La première fois que je revenais à la maison après mes débuts à Poudlard. Je me rappelle de l'excitation de mes parents, les yeux pétillants devant tous les objets que je leur montrais, devant toutes les histoires que je leur racontais. Je me rappelle des embrassades, des câlins, de l'odeur épicée du repas, du canard à l'orange (Une tradition chez les Granger), de l'ouverture des cadeaux, du beau stylo plume que mes parents m'avaient offert ce jour là. Je n'avais pas eu le courage de leur dire que c'était interdit à Poudlard, que nous ne pouvions travailler qu'avec de vraies plumes.
Je me rappelle du mélange étrange d'émotion au moment de les quitter, entre le déchirement et le soulagement. Je me rappelle de leur visage alors que je les quittais pour la deuxième fois, mais je me rappelle surtout de l'impression de briser quelque chose.
Je n'appartiens plus à ce monde. Je ne suis plus une moldue. Je suis une sorcière et je vais à Poudlard. Mes parents sont des moldus. Des moldus.
Jeudi 18 Novembre 1998
Le corps déchiré de douleur, les yeux incapables de voir, ma bouche ne sortant que des plaintes aiguës inconnues, c'était comme si des insectes en feu se propageaient partout dans mon corps, grouillant dans mes veines, grimpant le long de mes organes, passant sous ma peau et à travers mes muscles. La pire douleur de ma vie.
La douleur s'atténua alors que Gates reculait, les larmes coulant sur ses joues comme sur les miennes. Il trébucha sur un fauteuil et tomba à terre. Je tentais de sortir ma baguette, mais il se releva d'un coup et d'un geste de la main, il envoya voler ma baguette à l'autre bout de la salle. J'étais désormais seule et sans défense face à lui.
Je pensais que j'allais gagner cette bataille avant de venir ici, je me croyais forte, je me croyais invincible. J'avais tort. Et maintenant quoi ? Je vais mourir ici dans cette tour que j'ai toujours détesté ? Si je devais mourir à Poudlard, j'imagine que j'aurais voulu mourir dans un endroit sympa, que j'aime. Comme les dortoirs, la Salle Commune des Gryffondors. La cabane d'Hagrid peut-être, ou le parc.
-Ne me tente pas ! Hurla alors Gates, brisant mes pensées et reprenant le cour du temps.
Je venais juste de tenter de me relever inconsciemment, et de nouveau debout face à moi, les larmes encore plus visibles alors qu'il s'approchait doucement, je comprenais qu'il avait dû prendre ma tentative de redressement comme une menace. Je me laissais tomber doucement sur le pouf. Autant mourir confortablement.
-Tu as tout ruiné ! J'essayais de t'aider ! J'essayais de te sauver !
-Quoi ? Demandai-je interloquée.
-Tu as tenté de me détruire alors que je venais te prévenir. Tu es la suivante, je suis le seul capable de t'aider et tu m'attaques ? MOI ? Hurla t-il.
-Qu'est ce que vous dites ?
-Tu es la prochaine !
Cette fois-ci, je tentais vraiment de me relever mais je n'avais plus la force. Gates tournait sur lui même, en pleurs, les cheveux hérissés. Il semblait fou, complètement fou. Une nouvelle tentative pour me relever fut alors complètement anéantie par un hurlement derrière moi. J'eus assez de force pour me retourner et voir avec horreur que Draco venait de fracasser la porte dans un tourbillon de poussière. Ses cheveux blonds dans tous les sens, il hurlait.
-Malefoy, non !
Gates s'approchait. Draco continuait de crier et d'un geste de baguette projeta Gates au sol. Retombant lourdement dans un « bam » sourd, je crus entendre ses os craquer.
-Draco, dis-je dans la direction de ce dernier, sans vraiment savoir quoi lui dire.
Il me regarda avec peur et incompréhension. Lui aussi semblait pleurer, mais pourquoi ?
-Comment a-t-il osé ? Demanda t-il dans le vide, avançant de nouveau sur Gates. COMMENT ?
Gates rampait en arrière, le visage pétrifié de stupeur, muet, tremblant comme une feuille. Draco continua de marcher dans sa direction, envoyant voler les petites tables du pied, la mâchoire serrée, le visage crispé.
-Tu ne mérites que la mort !
-Attend, attend, se plaignit Gates en arrivant dos au mur. Il implorait Draco.
J'avais peur, je voulais bouger mais je n'y arrivais pas. Je sentais encore dans mon corps la douleur de l'endoloris. Je sentais encore dans mon corps le feu de la douleur. Mais je n'y pensais presque pas, et j'étais entièrement focalisée sur les deux hommes face à moi. J'avais peur pour Draco, mais aussi pour Gates. Le plus étrange de sentiment m'envahit. Une sensation encore inconnue. Un picotement derrière les yeux. Draco, dominant Gates, souleva sa baguette, et d'une voix qui me semblait lente, articula les mots les plus interdit du monde de la magie.
-A VA DA...
-NOOOON, hurlais-je en me relevant soudainement.
La douleur, la douleur. La douleur dans mes yeux, dans mon corps. Je ne voulais pas voir ça. Je fermais les yeux. Mais rien ne vint.
Rien.
J'ouvris les yeux, et tout était stoppé. La main de Draco en l'air comme une marionnette, son visage figé dans la colère, sa bouche semblant sortir un son arrêté. Sa baguette étrangement illuminée, radiant de vert. Gates, les yeux fermés, les joues mouillées, la main en avant comme pour arrêter un souaffle invisible. La petit encrier de la table derrière Draco, arrêté dans sa chute. Une goutte d'encre formant comme un petit nuage à une vingtaine de centimètre du sol.
Mais moi, je bougeais. Plus de douleur, je me levais. Je marchais. J'avançais vers Draco. Du bout de la main, je lui touchais le bras. Il existait donc. Il était là pour de vrai, et moi aussi. Mais tout était immobile, comme un arrêt sur image, comme une photographie moldue. Qu'est ce que je devais faire ? Je ne bougeais plus moi aussi, mais par choix. J'étais face à une situation qui m'était inconnue.
C'est alors que la douleur dans mes yeux revint, les picotements.
-Non, non, dis-je alors à haute voix. Pas maintenant.
J'avais l'étrange sensation que le temps allait reprendre son cours, je devais bouger Gates, enlever la baguette de Draco, l'empêcher de commettre cet acte. Je devais agir. Hermione, tu dois agir. Je fermais les yeux et me concentrais comme jamais. Les picotements étaient toujours là, ils s'intensifiaient. Je ne pouvais plus ouvrir les yeux. Je sentis une sensation connue. Mais où ?
Je rouvris alors les yeux, un flash, une odeur de cuivre, des cris, le silence, puis de nouveau un flash. La douleur et la crise étaient passées. La lumière revint doucement.
-On a plus un soir à nous ! Tu n'es plus jamais là. Un jour ce sont tes cours secrets dont tu me dis jamais rien, un autre jour c'est un rendez-vous secret avec Draco dont tu m'en dis pas plus. J'aimerais bien te voir de temps en temps.
-Quoi ?
J'étais face à Ginny. Assise dans la Grande Salle. Elle mangeait son dessert et parlait la bouche pleine. Un trait qu'elle partageait avec son grand frère.
-C'est vrai quoi, elle est où la complicité qu'on avait au début ? Notre super projet de dortoir Weasley-Granger ? Tout ça, il n'y a plus rien.
Plus Ginny parlait, plus ma tête m'étouffait dans un brouillard étrange. Je ne comprenais plus rien à ce qui se passait. J'étais où ? Il se passait quoi ? Où était Draco ? Et Gates ?
-Tu comprends non ?
-Oui, oui, répondis-je sans comprendre de quoi elle parlait.
Je touchais l'assiette face à moi, et je mettais une petite bouchée fourrée à la crème dans ma bouche. Tout ça existait. Je vis alors Draco manger à la table des Serpentards. Il leva les yeux et m'aperçut. Il sourit et continua son repas. Gates était assis à côté de McGonagall et parlait doucement tout en tripotant sa fourchette.
Qu'est ce qui se passait ? C'était quoi ça ? Encore une vision ?
-Quelle heure est-il, demandai-je à Ginny, coupant ce qu'elle me disait.
-Il est huit heure moins le quart, Hermione.
Étais je revenu dans le passé ? Cette sensation que j'avais eu en fermant les yeux, pourquoi était-elle si familière ? Le collier ! Je m'en souviens maintenant, c'était la même sensation que le retourneur de temps, la même sensation désagréable de se sentir disparaître. La même chose, sauf sur un seul point, avec le retourneur de temps je créais deux Hermione, ici je suis revenue dans mon corps du passé, tout simplement. C'était comme un véritable retour en arrière.
Je devais donc rejoindre Gates ce soir. Tout allait-il recommencer ? Non. J'irais parler à McGonagall. Je me décidais donc à manger, finir le repas avec Ginny, me vider un peu la tête et finalement filer droit vers le bureau de McGonagall.
-Tu ne vas pas voir Gates, me demanda Ginny alors que je partais vers les couloirs opposés.
-Plus tard Ginny, mais je dois d'abord passer voir la directrice. J'ai des trucs à lui dire.
Je filais donc vers le bureau de McGonagall, et je savais que je devais tout lui dire. Nous n'étions pas les meilleurs amies depuis quelque temps, mais il fallait tout lui dire, je devais empêcher ce qui c'était produit, ou ce qui allait se produire, je ne savais plus quel temps utiliser.
Je savais qu'elle n'était pas encore dans son bureau et décidais de l'attendre devant la gargouille. Quelques minutes plus tard, j'entendis ces pas résonner dans les couloirs et vis un regard étonné souligner son visage quand elle m'aperçut.
-Hermione ?
Je me levais de la marche où je l'attendais, et m'avançais vers elle.
-Madame, je dois absolument vous parler, c'est urgent.
-Très bien, entrez, dit-elle alors que la gargouille s'ouvrait sur son passage.
Je la suivis et m'installai à son bureau, je décidais alors de tout lui dire, et le récit fut long. Il fut long et éprouvant. Enfin terminé, j'attendis une réaction de sa part. Comme à son habitude, elle ne laissa rien transparaître, mais je voyais qu'elle était bouleversée. Ses mains tremblaient, ses lèvres ne cessaient de vouloir dire quelque chose sans y arriver. Finalement, elle commença à parler.
-On arrête là Hermione, on arrête vos cours, ça va trop vite, ça va trop loin. Vos pouvoirs sont hors de contrôle.
-Mes pouvoirs ? Gates est hors de contrôle. Je ressens encore les douleurs du doloris !
-Oui, mais ceci est un autre problème, ce que vous avez fait aujourd'hui... Personne, personne ne l'a jamais fait. Je n'imaginais même pas que c'était possible.
-On s'en fout de ça, il faut faire quelque chose pour Gates.
-Je vais m'occuper de lui, je vais lui parler. Ne vous inquiétez pas.
-Si je m'inquiète. Vous êtes incapable de lui résister. Sans vouloir vous manquer de respect, Madame, mais il vous contrôle, il vous manipule. Pour le problème de soirée, par exemple, je n'ai jamais tenté de l'embrasser, c'est lui qui...
-Je sais. Je savais qu'il était en tort, mais je...
-Quoi ? Demandai-je agressivement, comprenant bien que je dépassais mon rôle d'élève.
-Bon, après tout vous en savez déjà tellement, je n'ai plus aucune raison de vous cacher les choses. Gates me faisait chanter. Contre son silence, je devais obéir quand il le souhaitait. J'ai laissé entrer un monstre à Poudlard, et je le regrette. Asseyez vous Hermione, notre entretien risque de durer longtemps. Vous resterez avec moi ce soir.
Debout, faisant les milles pas, tournant en rond dans ce bureau, je pris donc la chaise face à McGonagall et décidai de m'asseoir.
-Bon, vous savez que j'ai fait parti d'un groupe de chercheur avec mon mari et Albert ? Nous avions pour projet de travailler sur le temps, et après de longue recherche, nous avons compris que le temps n'était qu'un long tunnel, à l'entrée invisible. Nous voulions trouver cette entrée. Des années de recherche nous ont notamment permis de créer le retourneur de temps, que j'ai pu vous prêter. Si je n'avais pas été moi-même la créatrice de cet objet, jamais je n'aurais eu le droit de le faire sortir du département des mystères.
-Je comprends maintenant.
-Puis Albert et Carron ont commencé à trouver un usage de la magie plus important par le biais de personnes réelles. Ils pensaient tous les deux que les objet magiques que nous utilisions jusqu'ici n'étaient pas assez puissants, qu'il fallait des catalyseurs plus complexes, plus énergiques. C'est comme cela que nous avons compris qu'un sorcier entraîné, qui aurait des dispositions pour les nœuds temporels, pourrait peut être nous aider dans notre quête.
-Quelle quête ?
-Pouvoir retourner et vivre dans le passé, changer des choses, voyager dans le temps.
-Mais le retourneur de temps marche très bien, non ?
-Non, dans le retourneur de temps nous ne faisons que faire ce qui existe déjà. Les actions crées à partir du retour d'un individu existent déjà dès le début, il doit juste agir. Rien n'est changé. On ne peux pas revenir dans le passé pour changer des choses, puisque rien ne changera jamais. Le retourneur de temps n'est qu'une illusion de voyage dans le temps. La fatalité était inamovible.
Je tenais de m'accrocher comme je pouvais mais le sujet commençait à me dépasser.
-Bon, pour faire simple, il nous fallait faire ce que vous avez fait aujourd'hui : Retourner dans le temps dans son corps, et non pas refaire ce qui a été fait, mais tout changer. La preuve, c'est que la dernière fois vous n'êtes pas venu me voir, vous êtes parti chez Gates.
-Vous voulez dire que l'autre réalité existe encore ?
-Sans doute.
-Quelque part, Draco vient de tuer Gates, et quelque part, je viens de disparaître d'un coup.
-Vous n'avez peut être pas disparu. Peut-être qu'une autre Hermione continue de vivre, dans un monde dorénavant bouleversé par un assassinat. J'imagine que je n'aimerais pas être dans le corps de l'autre Minvera.
-Mais, est-ce que je vais y retourner ?
-Non, je ne vois pas de raison, mais je ne peux rien vous assurer là dessus. Gardez vos questions, Hermione, je dois terminer mon histoire. Dans notre quête de pouvoir, nous nous sommes perdu, nous avons cherché des tas d'enfants, plus faciles à manipuler. La magie chez les enfants est instinctive, puissante, c'est à l'école qu'on leur apprend à la maîtriser, mais aussi à la diminuer. Il nous fallait un enfant avec des pouvoirs incroyables. Et nous sommes tombés sur Gates. Il était plus doué et plus fort que tous les autres. Mais il était plus vieux.
-Oui, mais il n'était jamais venu à Poudlard, non ?
-Exactement répondit McGonagall avec un petit sourire. Je vois que vous suivez bien. Gates a été maltraité par sa mère toute son enfance, enfermé et presque torturé toute son enfance. Sa mère n'avait aucune mesure dans son apprentissage, et Gates possédait des pouvoirs hors-du-commun, et sans aucun contrôle. Pour Albert, il était parfait. Pour moi, il était dangereux.
-Personne n'avait tenté de l'aider ?
-Dumbledore avait tenté plusieurs fois de le faire venir à Poudlard, mais sa mère refusait, et jouant avec les privilèges des créatures magiques, elle avait réussit à le garder chez lui. Vous avez vu des choses terribles aujourd'hui, des choses que Gates souhaiterait oublier.
-Avec sa mère et l'autre femme ? Comment est-ce possible qu'une femme puisse faire ça ?
-Je ne sais pas, Hermione, tout ce que je sais c'est que les Vélanes ne veulent pas se mêler au reste des sorciers et veulent absolument garder une race pure, ça vous fait penser à autre chose ?
-Oui, bien sur.
-Dans leur folie, les vélanes ne se reproduisent, excusez moi du terme, seulement avec des hommes de leur espèce, ce qui est très rare. Malheureusement pour lui, Gates est l'un des rares Vélanes hommes à survivre. Il a donc été le seul que les vélanes voulaient. Sa propre mère...
Elle s'arrêta et me regarda avec curiosité.
-Parlons d'autre chose. Est-ce que ça va ? Est-ce que vous voulez un temps de repos ?
-Non, ça ira, je veux juste penser à autre chose. Je... hésitais-je.
-Oui, m'encouragea t-elle alors que je peinais à m'exprimer.
-J'en ai marre, dis-je finalement. Je pensais pouvoir enfin faire une année normale, sans aucun problème et finalement tout recommence. J'en ai juste marre. Je suis fatiguée.
-Je comprends. Certaines personnes attirent un destin singulier, vous êtes de ces personnes.
Elle s'arrêta et un silence s'installa. Dans les bruits de frottement de sa longue robe épaisse et de sa cape en fourrure, elle traversa sa pièce pour chercher son petit service à thé que je connaissais bien
-Vous prendrez bien un thé ?
-Volontiers, répondis-je.
D'un coup de baguette le service s'éparpilla sur son bureau, une petite tasse en porcelaine fine atterrit devant moi. Le professeur McGonagall rempli d'un coup d'aguamenti la théière et la chauffa très vite. Elle laissa le thé infuser quelques minutes, et me servit alors, toujours en silence. Avec ma petite cuillère, je m'amusais à créer un petit tourbillon dans lequel les grains de sucre pas encore dissous tournaient comme dans un manège. A force d'observer cette petite tornade sucrée j'attrapais presque la nausée.
-Il est bon, comme toujours.
Je rompis le silence, et McGonagall me gratifia d'un sourire.
-Il provient de la réserve personnelle de Dumbledore. Il en avait un sacré tas, et je suspecte Hagrid de lui avoir fourni quelques variétés étranges.
Je lâchai un petit rire, j'étais bien. Heureuse de retrouver une McGonagall amicale, gentille, complice, telle que je l'avais connue en début d'année. Notre petit thé s'allongea et je la suspectais de remplir la théière discrètement pour prolonger notre entretien. Finalement, il se fit tard, et je décidais de la quitter. Juste avant de sortir, elle ajouta une dernière fois.
-Ne vous inquiétez pas à propos de Gates, je vais faire ce que j'aurais dû faire il y a longtemps.
Je refermais la porte et partais me coucher sereinement. Dès le lendemain, la nouvelle de la disparition de Gates se répandit comme une traînée de poudre, allumant de vifs débats et des idées toujours plus farfelues pour expliquer son départ. Les demoiselles de Poudlard s'attristaient du départ du trop beau Professeur Gates. Je m'en félicitais.
Le 19 décembre 1998
Les semaines avaient passé et le calme s'était installé sur Poudlard. Je n'avais plus de cours du soir, et je pus enfin m'attacher à réviser comme jamais. Les examens étaient passés et je pensais m'en être sortie plutôt bien. Un nouveau professeur de divination, un professeur étranger à l'accent français prononcé, le Professeur Lemenach', avait prit la place de Gates, il était extrêmement vieux, mais semblait s'y connaître. McGonagall n'avait pas souhaité continuer mes cours particuliers et je me retrouvais maintenant avec des soirées libres, pour le plus grand bonheur de Ginny qui pouvait m'amener à ses soirées filles. Aussi étrange que cela puisse paraître, je m'y plaisais. Ginny et Luna avaient toujours été mes amies, et Emy, bien qu'un peu timide, restait très gentille. Malgré moi, je prenais plaisir à traîner avec des filles, ce que je n'aurais pas cru possible il y a quelques années, voir quelques mois.
Je n'avais plus qu'une seule préoccupation en dehors des devoirs, et ce n'était pas la moindre d'entre elle : Draco Malefoy.
Il avait étrangement prit très mal le départ de Gates, ce que je ne comprenais absolument pas, vu la haine qu'il éprouvait pour l'ancien professeur de Divination. Nous nous voyions pourtant toujours autant puisqu'au soirée « surveillance de Gates », avait succédé les soirées « répondre à la presse », ce qui était devenu un rendez-vous hebdomadaire. Par le biais de la Gazette des Sorciers, Draco livrait une guerre sans merci contre un groupe de sorciers qui voyait en lui l'incarnation de l'impunité de certains mangemorts de bonne famille. Draco, dans ses réactions parfois exagérées, répondait à chacun des articles comme s'ils étaient tous des attaques personnelles. Je tentais de l'aider.
Plus je voyais Draco, et plus je commençais à l'apprécier. Certes il avait toujours son caractère de con, et un ego surdimensionné, mais il était aussi attentif aux gens, aux choses, et bien qu'il ne fasse pas toujours les choses par devant, je me rendis compte qu'il faisait beaucoup de chose très positive par derrière. C'était un trait de sa personnalité que j'adorais.
Il était d'ailleurs presque 14 heures quand je le retrouvai dans notre petite salle d'étude à côté de la Bibliothèque.
-Salut, ça va Draco ?
-Très bien, répondit-il avec un sourire. Regarde ce que ces crétins ont répondu, dit alors en se jetant aussitôt dans le sujet.
Il me parlait avec passion mais je ne l'écoutais pas vraiment, je l'observais. Ses sourcils montaient et descendaient au rythme de ses pointes de colère, ses jolies lèvres rosées laissaient entrevoir de jolies dents. Dommage que son sourire soit si rare. Une mèche de ses cheveux avaient échappé au laquage impeccable et dansait le long de ses joues. Il était beau à sa manière. C'était pas le plus beau de Poudlard, Blaise était bien plus beau, mais Draco, dans sa manière d'être, possédait une certaine beauté.
-Donc ? Me demanda t-il.
-Hein quoi ? Répondis-je étourdie.
-Tu ne m'as pas écouté ! Grogna t-il.
-Si, si, je suis d'accord avec toi, il faut absolument répondre.
-D'accord, très bien.
Il continua mais je n'écoutais déjà plus. J'étais fatiguée. C'était le premier jour des vacances mais Draco m'avait forcé à me lever tôt alors la soirée-fille de la veille s'était prolongée tard dans la nuit.
-Donc, tu devras corriger et ça rapidement, je te donne ça demain, dit-il finalement après quelques minutes.
-Très bien. Bon, tu me donnes ça la prochaine fois, je dois rejoindre Ginny. A plus tard.
Je me levai et sans réfléchir, déposai un petit baiser sur sa joue rosée. Ce simple geste eut l'air de provoquer un tsunami chez Draco puisque son expression paraissait aussi choqué que s'il avait rencontré un basilique. Je ne savais pas si je devais me sentir flattée ou insultée, mais je n'y fis pas vraiment plus d'état et parti rejoindre Ginny dans la Grande Salle pour prendre mon petit déjeuner.
Je l'avais réveillé ce matin, et elle avait grogné son mécontentement tout le long de ma préparation.
-Hnnnnggg, Hermione, moins de bruit, avait-elle dit alors. Et puis pourquoi tu mets trois plombes à t'habiller, il est sept heures et on dirait que tu pars rencontrer Merlin...
-Recouche-toi, Ginny, avais-je alors simplement ajouté.
Je retrouvais la rousse bien réveillée et parlant à Luna, devant l'entrée de la Grande Salle. Elles avaient l'air plutôt bavardes pour une heure aussi matinale.
-Salut les filles, ça va ce matin, pas trop fatiguée ? Demandai-je joyeuse.
-Un peu, mais ça va, répondit Luna.
-Alors, pas trop impatiente ? Me demanda Ginny ?
Les deux filles me regardaient avec des yeux pétillants, mais je ne voyais absolument pas de quoi elles voulaient parler.
-Comment ça ?
-Ron ! Il arrive tout à l'heure !
Ronald Weasley ! Je l'avais complètement oublié. Ça faisait même des jours que j'avais pas eu de ses nouvelles. Comment avais-je pu oublier sa venue ?
-Euh oui, carrément impatiente, répondis-je mal à l'aise en feignant un sourire.
Nous nous dirigeâmes alors vers la Grande Salle et Luna vint prendre son petit-déjeuner avec nous. Ce n'était pas quelque chose de très commun, mais nous avions décidé que les septièmes années étaient trop peu pour rester chacun de leur côté pendant les repas. Emy nous rejoignit tardivement, les cheveux en pétard, visiblement à peine réveillée.
-Salut les filles, dit-elle en s'asseyant aux côtés de Luna.
Nous discutâmes un peu de la veille et reprîmes la conversation là où la fatigue de la soirée l'avait terminé. Noël et les résultats des examens étaient sur toutes les lèvres. Notre repas depuis longtemps terminé, et la journée pour nous, nous restâmes discuter longuement, assises toutes les quatre dans une salle désormais vide.
C'est Draco et Blaise qui mirent fin à nos rêveries en faisant soudainement grincer la lourde porte de la Grande Salle. Blaise cherchait Emy partout, et Draco voulait absolument me voir pour me montrer quelques changements minimes qu'il avait fait sur une des réponses destinée à une de ces plus virulentes ennemie de correspondance : La tante Murielle. La fameuse et désagréable vieille bonne-femme de la famille des Weasley avait écrit un article infâme sur la propension des Malefoy à l'inceste et à l'alcool, ce qui expliquait selon elle l'état mental pitoyable et la dégénérescence des dernières générations.
Dans un élan de colère rarement observé, Draco avait pleuré de rage à la lecture de l'article. Sa réponse, bien que relue plusieurs fois de mon côté, ne laissait pas de doute sur ce qu'il pensait d'une Weasley et d'une vieille « araignée de placard » comme elle. Malgré mes réticences, il l'avait envoyé.
Quittant donc mes amies, et sous le clin d'œil étrange de Ginny, je l'accompagnais à travers le château vers notre salle d'étude où l'on étudia chaque formule et chaque mot de son texte plusieurs fois.
Le temps passa rapidement et c'est Mme Pince elle-même qui nous avertit qu'il était l'heure de manger. Nous quittions donc notre étude pour rejoindre de nouveau la Grande Salle.
Draco décida de faire un détour par sa chambre pour poser sa prose, et je rejoignis seule la Grande Salle. C'est avec étonnement que j'aperçus alors que Ginny m'attendait avec un grand garçon roux comme elle, le visage fatigué et une barbe inégale de trois jours sur les joues creuses. Ron Weasley me brandit un sourire radieux en m'apercevant.
Fin du chapitre
Note : Voilà pour ce petit chapitre, le prochain, assez court lui aussi, arrive dans peu de temps. A vos reviews et à bientôt pour de l'action.
