UN GRAND MERCI POUR VOS REVIEWS ET MESSAGES PRIVES !

Je sais que j'ai encore mis une éternité à poster mais ma vie est devenue complètement folle (dans le sens overbookée) et vous m'avez tellement reboostée que j'ai écrit comme une droguée dès que j'ai pu trouver une minute pour ça...

Bon, ce chapitre n'a rien à voir avec ce qu'il devait être, j'ai même rajouté trois OC... Mais je le préfère largement ainsi. J'espère qu'il vous plaira !

Et puis bon, je vais profiter de crier ma joie pour vous informer que mon texte pour le concours des Modératrices d'HPF, Mappa Mundi, vient de m'être réattribuer. Il s'appelle D'amour et de roche et parle de Otto et Géraldine Balmer, les parents biologiques de Rose ! Et vous savez quoi ? Je suis arrivée deuxième ex aequo avec CacheCoeur ! Je ne suis que joie ! Il est un peu long mais j'espère qu'il vous plaira ! :D

Et puis je vous souhaite une bonne lecture du coup ! 3


Woe is me if we're not careful, turns into reality – partie 1

« Tu as besoin de quelque chose ? »

Lâchant la poignée de sa valise, Rose jeta un coup d'œil attentif à la chambre qu'elle occuperait pour plusieurs années avec sa future coéquipière. Elle n'avait encore rencontré aucun membre de l'équipe et le simple fait de les avoir aperçus voler au loin avait fait trembler ses mains.

Durant toutes ces années en tant que Harpie, elle avait gardé son appartement Londonien par pur soucis de confort. Si la solitude l'avait fait sombré 10 ans plus tôt, remonter la pente avait rendu son indépendance nécessaire et elle ne pouvait plus se passer de quelques soirées de solitude loin du club. Et puis le retour de la Coupe du Monde avait marqué une rupture : pas une seule fois elle n'avait partagé la chambre qui lui était assignée sur le domaine en une année. Elle s'était coupée de toute la vie quotidienne de l'équipe sans réellement s'en rendre compte…

Qu'importe. Aujourd'hui, elle tournait la page.

Les Bab's n'avaient rien à voir avec les Harpies. C'était une équipe beaucoup plus jeune créée vingt ans plus tôt, mixte, et dont la plupart des joueurs venaient de l'Europe de l'Ouest et de l'Asie.

Et puis, les Harpies représentaient d'ailleurs 80% de sa carrière. Se confronter à eux, renouer avec la vie communautaire, redevenir anonyme auprès des grands de la région… Elle était effrayée.

« Non, non… Je crois que tout va bien, Edgar. »

Son nouvel agent referma la porte sans lui demander son reste et elle ne jeta pas un seul regard en arrière. Le silence l'abrutit d'un seul coup. L'air oriental était-il plus oppressant que celui occidental qu'elle connaissait ?

Rose ferma les yeux : deux mois de solitude, trois sans Quidditch. Et soixante-quatre jours sans Drago.

Peu importe.

Ignorant la colère et l'appréhension, elle coucha sa valise sur le sol et entreprit de l'ouvrir. Elle avait voyagé léger, laissant la totalité de ses meubles et de ses affaires à Gringotts. Elle prendrait le temps de les trier et de les vendre plus tard. D'un coup de baguette, Rose envoya ses affaires se ranger dans la penderie entrouverte. Les potions diverses filèrent dans la salle de bain et un mouvement attira son œil.

Quelque chose s'était accroché au mur.

Elle s'approcha, frissonna. Toutes ses photos étaient restées avec le reste de ses affaires. Elle n'avait pas voulu s'encombrer… A quoi bon ? Les sourires de Scorpius et les grimaces de Lucy n'étaient qu'une image mouvante, un souvenir. Celle-ci avait du dormir pendant des années au fond de cette valise. Son visage juvénile et ses joues pleines lui tirèrent malgré elle un sourire, puis les dents de lapin de Hugo la firent rire. Elle n'avait pas encore 18 ans, elle était innocente et ignorante. Le lendemain, elle quittait Poudlard avec la certitude d'intégrer les Harpies. Ses cousins n'avaient pas changé et dans sa mémoire, Rose aurait presque pu affirmer que cette dernière soirée d'étudiant n'était pas si lointaine, et pourtant ils avaient tant vécu… Les longs cheveux de Dominique n'avaient pas encore subi leurs multiples colorations et le regard de Molly était plus rêveur. Les fossettes d'Albus étaient plus creusées et le rire de Lily plus éclatant.

La vie s'était imprimée sur le visage au fil des années et elle n'avait rien vu. Leurs amis semblaient si proches, et pourtant elle avait oublié jusqu'à leurs noms.

Tous avaient connu l'enfer. Tous avaient évolués, grandis, et elle…

Rose vivait encore dans son rêve de petite fille. Dans son envie de plaire à son père, d'écraser son petit frère, de briller au milieu de cette foule d'inconnus qu'étaient réellement les Weasley. Dix ans et elle n'avait pas avancé d'un poil.

La prise de conscience fut si violente qu'elle se laissa tomber sur le matelas du lit simple. Lit simple. Comme à Poudlard.

Elle essuya rageusement ses larmes, le visage déformé de rage. C'était un nouveau départ, et cette fois-ci, enfin, elle deviendrait la femme qu'elle devait devenir.

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« C'est bon ? C'est fini ? »

A l'autre bout du terrain, Terrence leva un pouce dans sa direction pour lui indiquer qu'en effet, leur entraineur avait finalement décidé de leur rendre leur liberté.

Rose souffla, se couchant sur le manche de son balai pour observer le sol, une bonne centaine de mètre plus bas. La plupart des joueurs rejoignaient la terre ferme pour rejoindre les vestiaires, d'autres continuaient leur entrainement, inlassables. Elle observa la longue tresse blonde de Nastya se balancer dans son dos alors que sa coéquipière et colocataire courrait vers l'immense gymnase et se permit un sourire. Son petit-ami rentrait finalement à Saint-Pétersbourg après des semaines de séparation, Rose serait seule pour la nuit.

Elle se redressa, tirant sur son balai pour prendre de la hauteur. Le soleil caressait l'horizon, aussi bas qu'il l'avait été toute la journée. Les rayons rosés s'étendaient sur les plaines et dans le ciel, illuminant les nuages pour les rendre moins menaçants. Elle retint un soupir. Bientôt, le paysage se teinterait de givre et les fleuves se figeraient pour l'hiver. Rose avait toujours détesté le froid.

Que foutait-elle ici ?

Si le néant qu'était devenue sa vie sociale l'obligeait à se rendre à ses entrainements à l'heure, le malaise qui la prenait une fois sur le terrain ne s'était quant à lui pas apaisé. Il n'y avait que lorsque sa journée prenait fin qu'elle réussissait à s'échapper de cette ambiance qui pesait lourdement sur tous ses membres. Mais aujourd'hui plus encore, sa carrière était indispensable à son équilibre psychologique : c'était tout ce qu'il lui restait pour se distraire…

A nouveau, son esprit s'échappa vers Drago et elle fronça les sourcils. L'amertume était toujours la même. Si seulement ils avaient pu être amis… Pourquoi ne pouvaient-ils pas l'être ?

Le sommeil ne vint pas ce soir-là, alors Rose se glissa sur la chaise de son bureau et coucha quelques mots sur un parchemin.

Après tout, elle n'était pas obligée de l'envoyer, cette lettre.

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Drago s'appuya sur le dossier de son fauteuil en poussant un soupir épuisé. Un regard à sa montre puis un second soupir. Deux heures qu'il corrigeait les parchemins des troisièmes années et la pile ne semblait pas réduire. A la lueur de la bougie, les mots commençaient à se mélanger.

S'il avait été moins consciencieux, sans doute aurait-il opté pour la méthode laxiste de Londubat : noter les efforts et la participation plutôt que les compétences théoriques… Mais les potions étaient une discipline bien trop rigoureuse pour lâcher du lest.

Passant une main sur son crane dégarni, il reposa sa plume et se leva pour ouvrir la fenêtre. L'automne commençait à rafraîchir l'air mais il ne pouvait s'empêcher de respirer à plein poumon les odeurs de sapin et de feuilles en décomposition jusqu'à s'en rendre malade. Les couleurs chatoyantes qui ornaient peu à peu les bords du Lac de Poudlard vu de cette hauteur, ça avait quelque chose d'apaisant.

Un sourire étira ses lèvres lorsqu'il songea que tout ça, il l'avait bien mérité ! Il avait lui-même rénové ce bureau pour sortir des cachots qui ne lui rappelaient que trop ses années de travail pour Belby et s'il n'avait pas la plus belle vue du château, travailler ici l'apaisait.

Il tira son fauteuil pour s'installer au plus proche de l'ouverture, tirant finalement le tas de courriers qu'il avait reçu le matin même. Une lettre n'était pas ouverte. A quoi bon, il en avait reconnu l'écriture.

Drago ferma les yeux, inspira à pleins poumons et toussa : l'air était glacial.

Était-ce à cela qu'il avait réduit sa vie ? Rester ferme, droit, alors qu'elle s'accrochait à lui, désespérément, inlassablement. Il sourit malgré lui : c'était tout elle, lui envoyer une lettre au bout de trois mois de silence. Il la revit les yeux humides et le visage animé par la lumière chancelante des bougies, pleine d'espoir à l'idée de l'attirer une dernière fois dans son lit. Il ne l'avait pas rejoint. Il n'était pas né de la dernière pluie, lui dire adieu était déjà suffisamment douloureux et difficile pour risquer de la revoir sans trouver le courage de partir.

Alors il plia le parchemin toujours celé et le glissa au fond d'un tiroir.

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Pourquoi ne lui répondait-il pas ? Est-ce que trois mois avaient réussi à gommer tout sentiment ? Déjà faudrait-il que sentiment il y ai eu.

Rose reposa son verre un peu trop violemment, éclaboussant d'alcool le bar auquel elle était installée. Le barman la fusilla du regard.

« Quoi ? » hurla-t-elle à son intention pour couvrir les basses qui tambourinaient dans la salle et dans son crâne.

Il reporta son attention sur les autres clients avec un haussement de sourcil. Comment osait-il ?!

Excédée, Rose se pencha au-dessus du bar, sa robe bien trop décolletée pour les températures extérieures essuyant le mélange qui collait au bois, et attrapa la bouteille de Vodka des Glaces derrière le comptoir.

« Hey ! »

Le barman lui avait saisi le poignet, rouge de colère. Rose s'arracha de sa prise et balança une poignée de pièce avant de lui adresser un geste obscène.

« T'es vraiment le pire gérant de bar, tête de poule ! »

Et elle s'éloigna en titubant sans le moindre remord. De toute manière, les russes ne parlaient que très peu anglais et pour être barman, il ne devait pas déborder de facultés intellectuelles.

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Drago glissa sa cuillère dans sa bouche, grimaça.

Les elfes de maison avaient encore raté la tarte à la mélasse, bien trop sucrée à son gout. Agacé, il replia sa serviette et la claqua sur la table.

« Un problème, Professeur Malefoy ? »

Il se figea, fusilla du regard Neville qui, lui, se goinfrait de dessert, un sourire moqueur sur les lèvres. Drago ne put s'empêcher d'hausser un sourcil en considérant le ventre qui pendait au-dessus de la ceinture de son collègue. Avec les années, une entente cordiale s'était installée entre eux, par soucis de professionnalisme. Ils avaient été embauchés la même année et beaucoup auraient pu croire qu'ils deviendraient amis, mais sa manière de travailler et de traiter les élèves le faisait frémir. Il les paternait, les défendait, se vantant de prôner les valeurs pour lesquelles il s'était battu pendant la guerre. Drago n'avait jamais été de cette école. Leur faciliter la vie ne rendrait que plus haute la marche qui séparait la vie adolescente de celle, adulte.

Les anciennes rivalités jouant, Neville se permettait parfois de lui envoyer quelques piques. Le Serpentard avait bien la patience de l'ignorer, mais une journée comme celle, frustrante, qu'il avait passé le rendait irritable et colérique. Un instant, il crut redevenir le jeune homme qu'il avait un jour été, avant la guerre. Il retint son ressentiment au dernier moment et, secouant la tête, il s'éloigna de la table des professeurs pour quitter la Grande Salle.

Le hibou était arrivé pendant son cours du matin, alors qu'il surveillait les BUSES blanches de ses cinquième année. Il avait reconnu l'écriture et, sans rien laissé paraitre, avait juste déposé l'enveloppe sur le coin de son bureau, dévoré par l'envie d'enfin succomber à la tentation.

Deux. C'était la deuxième qu'elle lui envoyait en un mois, sans aucune relance de sa part.

Il referma la porte de ses appartement, un peu tremblant, et frôla à travers le tissu de sa robe le coin de parchemin replié.

Dix heures qu'il se retenait d'arracher la cire…

Avec une hâte fébrile, il s'approcha de son bureau et ouvrit le tiroir où l'attendait la première enveloppe. La curiosité était trop forte… Et puis après tout, il pouvait bien lire sans répondre.

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La musique était forte et l'abrutissait. Il était tôt ce matin-là et le bar s'était peu à peu vidé. Rose profita de l'espace dont elle pouvait à présent jouir et se déhancha en rythme avec Katya. Novembre commençait à peine mais les températures l'avaient glacée jusqu'aux os toute la journée. Sortir dans ce bar bondé avec l'équipe ne pouvait que réchauffer ses soirées…

La soif la saisit d'un seul coup et, titubant entre les quelques danseurs.

« Une vodka pozhaluysta ! »

Le barman lui jeta un coup d'œil puis se détourna. Rose, elle, fronça des sourcils et inclina la tête pour regarder son visage. Elle était pratiquement sûre de l'avoir déjà vu…

« Hey, on se connait ? »

Il la regarda d'un air un peu débile… Ces russes qui ne saisissaient pas un mot d'anglais ! Et puis la lumière dissipa un peu la brume de cette soirée qui n'avait pas très bien finie, une semaine plus tôt. Rose leva son verre dans sa direction avec un air de jubilation.

« Oh ! Tête de poule ! »

A ses côtés, Katya sursauta violemment, tourna un regard étonné vers sa coéquipière puis éclata de rire. Le barman, lui, semblait au bord de l'explosion. Comme s'il avait compris. Rose se sentit violemment rougir… Il avait totalement compris !

« Tu parles anglais ? s'étonna-t-elle.

- Tu crois être la seule expatriée ici, l'anglaise ? » répliqua-t-il en arquant les sourcils.

Son anglais était parfait, son accent fluide… Le rire de Katya redoubla et l'humiliation n'en fut que plus douloureuse.

« Suisse ! Pas anglaise. » le corrigea-t-elle par pur orgueil.

Rose s'était éloignée et avait passé sa soirée à ruminer dans un coin du bar, sirotant un ou peut être plusieurs verres… L'alcool avait deux fonctions en Russie : réchauffer le corps et oublier le vide intersidéral qui hantait leurs existences. Ce matin-là elle en ajouta une troisième : oublier ce stupide mec qui la regardait de haut.

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Drago,

Je ne sais même pas si je t'enverrai cette carte… J'en ai choisi une qui représente la Taïga, comme si j'y avais été et que j'envoyais juste des nouvelles de mes dernières découvertes, mais non. C'est accessible en transplanage, du site des Bab's, mais je n'y ai même pas mis les pieds. En deux mois…

Je suis tellement niaise, je suis sûre que tu t'es moqué en reconnaissant mon écriture. Mais tant pis : quitte à être ridicule, autant l'être jusqu'au bout.

Deux mois que je suis installée en Russie, quatre que nous ne nous sommes pas vu, et tu me manques. C'est un sentiment que je n'arrive ni à étouffer, ni à oublier. Tu me manques, c'est ainsi. Et je me déteste tant… Tu m'as sans doute déjà oubliée, et comment t'en vouloir ? Tu ne m'as jamais fait miroiter. Tu n'es même pas venu me retrouver chez moi pour qu'on puisse se dire au revoir… La page doit être tournée depuis longtemps de ton côté.

Tu n'es pas obligé de me répondre… Je sais bien que tu te trouves bien au-dessus de mes caprices ridicules ! Mais j'ai besoin de parler alors… Si tu ne veux pas me lire, je t'en supplie, ne jette pas cette carte. Donne là à quelqu'un que mes problèmes intéressent. Ne me laisse pas sans aide et sans réponse…

J'ai l'impression d'avoir fait une bêtise. J'ai été fière, beaucoup trop. Je n'ai rien à faire ici. Il fait froid, ils parlent mal anglais et je comprends aussi bien le russe que le mandarin ! J'aurais dû écouter… Mais maintenant, j'ai l'impression d'être piégée. J'ai signé pour deux ans. Même si je quitte l'équipe avant, je ne pourrais pas jouer ailleurs à cause de ce foutu accord qu'ils ont ajouté au contrat !

Et l'ambiance… Oh Drago, la situation politique de la Russie est terrible : tant au niveau sorcier que moldu. J'entends parler de meurtres d'opposants au régime comme s'ils n'avaient eu que ce qu'ils méritaient. Je n'ose plus ouvrir la bouche…

Et toi, comment vas-tu ?

Tout à toi,

Rose.

T'es vraiment qu'un connard ! Tu me dis que tu m'aimes et même pas une seule réponse !

Je ne sais pas ce qui m'as pris, tu as raison. Ecoute, oublie.

Drago reposa le parchemin, le repliant avec soin. Et puis un éclat de rire naquit du plus profond de sa gorge.

Il aurait sans doute dû être vexé, blessé. Elle était terrible… Epuiser un hibou avec un voyage aussi pénible pour deux lignes griffonnées à la va-vite et presque illisible.

Il aurait sans doute dû être vexé, blessé, mais il en était bien plus retourné. Rose avait écrit sous l'impulsion d'un instant, sans doute à bout de nerf. Il avait provoqué ça, avec ses règles strictes et ses principes à cinquante-six noises.

Drago fronça des sourcils un instant, s'humidifia les lèvres, puis s'empara d'une plume et griffonna quelques mots sur l'envers de la lettre. Il l'envoya avant de regretter.

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Je t'aime.

Il avait écrit je t'aime et rien d'autre. Il n'avait même pas pris la peine de prendre un autre morceau de parchemin, retournant la lettre qu'elle lui avait envoyé pour griffonner le dos.

« Ça va ? »

Rose releva les yeux vers sa colocataire, hésitant entre rire et hurler. Elle était totalement paumée…

Et puis prise d'une pulsion, elle mit feu au parchemin.

« Mais qu'est-ce qu'il t'arrive ? s'exclama Nastya avec une voix suraigüe et un mouvement de recul.

- J'ai besoin de sortir, ce soir.

- On est à deux jours du match ! et franchement, l'entrainement d'aujourd'hui…

- L'alcool montera plus vite. Ou sinon, tu restes dormir, bichette ! »

La blonde leva les yeux au ciel, se tournant vers son dressing pour choisir sa tenue.

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Drago ne parvenait pas à se concentrer. Son regard dérivait sans cesse vers la fenêtre où la nuit se découpait derrière les montagnes.

Il était stupide. Son hibou était parti la veille au soir. Rose devait avoir des journées bien occupées, comme lorsqu'elle jouait avec les Harpies. Le temps qu'elle reçoivent le courrier et puis qu'elle ose lui répondre…

Il était stupide. Stupide stupide stupide. Comme un ado de quinze ans. Non, pire : comme une pré-ado de douze ans. Ecrire des mots aussi forts dans une pulsion ridicule, alors qu'il l'avait poussé à s'expatrier au Nord, loin de toute civilisation normale…

Il allait mourir de honte. Pourquoi n'existait-il pas de sort pour détruire les courriers, voire même les hiboux, à distance ? Le monde était bien mal fait.

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« Vous êtes sérieuses ? râla Rose. Pourquoi on va toujours dans ce bar ?

- C'est le seul qui accepte les vieilles dans ton genre ! »

Katya éclata de rire, se mêlant à celui de Nastya. Ses deux coéquipières étaient très jeunes, toute deux encore dans la première vingtaine de leur vie, mais elles se fichaient bien du passé de Rose. Et ça, ça lui plaisait bien.

Alors la rouquine ravala sa frustration, haussa des épaules, et tendit sa cape au vigile.

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Drago se réveilla en sursaut, son regard tombant immédiatement sur la fenêtre. Il avait cru entendre un hibou toquer…

Il se frappa le front avec le plat de la main. Pire qu'une pré-adolescente de douze ans, qu'il disait.

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La musique était bonne, la foule compacte. Dans un sourire, Rose se déhancha. Elle adorait ça… Danser, se vider la tête. C'est quelque chose qu'elle aurait pu faire si elle n'avait pas eu le Quidditch…

Mais bon, pour ça fallait-il qu'elle ait le sens du rythme. Avec l'alcool, c'était toujours mieux.

Elle porta son verre à ses lèvres, crut qu'elle allait vomir.

Ce n'était pas ce qu'elle avait demandé, pas du tout même… Comment avait-elle pu ne pas saisir la différence d'odeur et de couleur ? Son regard se reporta sur le bar : le visage du barman s'était barré d'un éclatant sourire.

« Oh putain le connard ! »

Elle se jeta au milieu de la foule, se tordant les chevilles du haut de ses talons et essuyant quelques aisselles humides.

« Hey ! J'ai demandé une vodka, pas du whisky !

- On a plus de Vodka, tu as volé la dernière bouteille.

- J'ai payé !

- Trois noises, oui. Ça coute plus cher, princesse. »

Touché. Rose se figea, sentant son sang bouillonner alors que lui semblait très fier de son coup. Une seule envie : lui faire ravaler sa fierté. Elle lui balança le contenu de son verre au visage, maculant son tee-shirt blanc et diluant son expression trop joyeuse.

Balançant, ses longues boucles rousses sur son épaule, elle s'éloigna en se mordant les lèvres pour retenir son rire. Dans son champ de vision, Katya et Nastya n'avaient rien manqué de la scène et étaient pliées en deux. Elle allait leur apprendre ce que c'était d'avoir la classe, aux jeunettes.

« Comment est-ce que tu as pu… commença la blonde.

- Il l'a cherché.

- Tu es monstrueuse. Il est plutôt mignon en plus… »

Plutôt mignon ?

Rose risqua un regard derrière elle, l'observant rire en retirant son tee-shirt tumescent d'alcool. Il avait vraiment une tête de poule… Avec un long nez, une grande bouche aux lèvres fines, et deux yeux ronds. Mais il n'était pas vilain… Vraiment pas vilain. Du genre grand et athlétique, la trentaine approchant et une carrure fine et bien dessinée.

Il leva les yeux vers elle, glissa un clin d'œil et Rose se détourna d'un seul coup. Le rouge lui monta aux joues et elle pria pour que la lumière ne s'allume pas d'un seule coup.

« Mouais… Je te le laisse avec plaisir, Katya ! »


Des petites reviews comme celles trop mignonnes pour le dernier chapitre ? S'il vous plaiiiiiiiiiiiit !

A bientôt pour la partie 2 ! Pleins de bisous et merci d'être fidèle à votre poste :)