Auteur : Crazyitachi-la-malade-de-Shaka-et-de-Rufus-Shinra (comment ça pseudo trop long? XD)
Disclaimer : Rien ne m'appartient concernant l'univers et les personnages
Revieweuse : Première dispute de couple ouais XD et c'est pas fini ! :P Tu as remarqué pour la dualité! *.* j'ai mis cette relation en place très tôt et ça ne va pas tarder à éclater :P Pour la matéria, c'est pas très compliqué, je suis sûre que tu vas dire un truc du genre 'c'était trop évident!' quand tu vas voir le nom XD La réconciliation sur l'oreiller... j'aimerais bien mais pour le moment panne de citron désolé u.ù tu as des nouvelles du géostigma dans ce chapitre aussi ! :D et s'il te plaît... range ton marteau hein? ^^' Encore merci pour ta régularité dans les reviews, bien que tu n'aies pas un compte et ça me fait vraiment très très plaisir! bisouuuuuuuus ! 3
Désolééééé ! Je sais que je mets beaucoup de temps entre deux publications, mais voyez-vous, j'aime ne rien faire... et écrire cette fic devient un peu une corvée pour moi, mais je la finirai ! foi de Crazyitachi ! :D mais bon, mon ordi est mort et je reçois de moins en moins de reviews, ce qui ne me motive pas vraiment...
Bref ! Voici ce chapitre 14, le 15 devrait être l'avant-dernier ! :)
CHAPITRE 14
L'ami sur lequel tu pourras toujours compter
Après la bourrasque glacée qu'il avait essuyée, Rufus n'avait pas jugé utile de suivre Cloud. Il était resté immobile un moment, à fixer les battants de la porte et à retenir ses larmes, et il était retourné dans sa chambre pour aller se coucher.
Alors… Devait-il en déduire que c'était fini entre eux ?
Rufus regarda l'heure et jugea qu'il pouvait bien dormir. 23h30. Cloud était parti… seul. Si ses amis d'AVALANCHE avaient été là, les aurait-il emmenés ? S'il n'avait pas été Rufus Shinra, l'aurait-il emmené ? Le blond secoua la tête. Se poser toutes ces questions ne pouvait rien amener de bon. Il s'habilla comme il pouvait pour dormir et s'allongea dans le lit.
De sa place, il pouvait voir la fenêtre et l'extérieur sombre. Il faisait bel et bien nuit noire et il n'y avait aucun éclairage public dehors. Rufus éteignit la lumière et ferma les yeux un instant. Il ne voulait pas mourir. Il ne le voulait vraiment pas… A cette simple pensée, son estomac se contractait, son corps tremblait et la tête lui tournait. Il ne voulait pas mourir et plus encore, il ne voulait pas mourir seul.
Il savait qu'il méritait sa place de paria mais… mais quelque part, il aurait bien aimé qu'on le pardonne. Même si sa fierté et son apparence donnait le change, au fond, il aurait bien aimé, avant de partir, que quelqu'un lui dise sincèrement que sa mort lui ferait de la peine.
Rufus tourna la tête sur le côté et soupira. La chambre était plongée dans le silence le plus profond. Aucun bruit ne perçait. Même sa respiration était très discrète, presque inaudible.
Le sommeil ne venant pas aussi rapidement qu'il l'aurait souhaité, après trente minutes, Rufus jugea qu'il allait lire un peu. Il prit appui sur son bras valide pour se redresser assis et grimaça. Son autre bras venait de le lancer douloureusement. Il déglutit et regarda son bras comme s'il s'agissait d'une bombe à retardement.
Il enleva rapidement son haut et observa les pansements qui le recouvraient. Il crispa les poings en avisant cette espèce de petit bouillonnement sous les bandes. Il garda son calme, comprenant que s'affoler ne le mènerait à rien et allait décrocher son PHS pour appeler de l'aide mais…
« Ah ! »
Un nouvel élancement, cette fois à la poitrine, le fit se replier sur lui-même. C'était bien sa veine, n'est-ce pas ? Cette maladie vicieuse attaquait quand il était seul, triste et désespéré. Bien calculé, ne put-il s'empêcher de penser, à sa place, il n'aurait pas mieux fait.
L'élancement passé, Rufus soupira bien que sachant que c'était de courte durée. Bientôt, les tiraillements reprirent et cette fois, ce fut uniquement le cou. Rufus mordait l'oreiller pour retenir sa douleur. Il ne crierait pas, non, il ne crierait pas.
Contrairement à ce qu'il avait cru pour la suite, ce ne fut pas tout en même temps, mais ce fut progressif. La douleur dans le bras pulsa, suivie du torse et ensuite le cou. Le blond lâcha un premier cri en comprenant que ce n'était pas une simple crise, mais une extension de la maladie. Il se plaqua une main sur le visage et crispa ses doigts. Il eut comme envie de s'arracher cette partie qui le brûlait horriblement, mais il était trop concentré à se replier sur lui-même.
Bientôt, la douleur s'accompagna du liquide noirâtre du géostigma. Tourné ventre contre le lit, Rufus se tordait de douleur en essayant de ne pas crier. Son corps transpirait sous l'effort et la souffrance et ses yeux crispés tentaient vainement d'oublier cette image de lui baignant dans le liquide poisseux.
Et si… si c'était pour cette nuit ?
Le médecin avait dit un an, mais une crise l'avait écourté à six mois. Et si celle-là était la dernière ? Rufus se sentit légèrement soulagé à cette pensée, s'il mourait oui… Ce serait une délivrance. Cloud retrouvait sa mémoire, il n'avait plus besoin de l'épauler.
« AAAAAAH ! »
Son visage s'était mis à brûler comme un feu arrosé d'huile. Ses yeux s'écarquillèrent et laissèrent couler ses larmes. C'était sa première crise tout seul. Et il en mourrait.
Tout à coup, un nouveau bruit parvint aux oreilles du jeune homme : la sonnerie de son téléphone. Haletant, les yeux mouillés, il distingua à peu près qui c'était et se mordit la lèvre en avisant que c'était Reno.
Il ne pouvait pas décrocher… S'il répondait et que Reno l'entendait dans cet état, il débarquerait et irait probablement tuer Cloud et il ne le voulait pas. Il ne voulait pas que son meilleur ami se dispute encore avec celui qu'il aimait…
Mais s'il décrochait, Reno s'inquièterait. Rufus ne pouvait nier que Reno le voyait comme plus qu'un ami. Il se morfondrait sûrement dans leur appartement et les images de son patron après l'attaque de l'Arme le hanteraient et…
Non, il ne pouvait pas décrocher comme ignorer l'appel. Un nouveau cri l'arracha à sa réflexion et il tendit la main vers le petit appareil. Mais s'il décrochait, quelqu'un viendrait l'aider et abréger ses souffrances. Rufus tendit difficilement le bras, luttant pour ne pas se replier à cause de la douleur qui le parcourait. Sa main s'approcha du PHS mais ses doigts, même tendus, ne l'atteignaient pas. Il avait bien trop mal pour bouger.
Alors quoi ? Même dans cet état il n'avait pas le droit d'avoir de l'aide ? Le monde le détestait-il autant pour lui rappeler à ce point qu'il n'avait pas le droit de vivre ?
« Je ne veux pas mourir ! »
Rufus avait crié cela en désespoir de cause, les larmes aux yeux et la peur au ventre. Non, pas comme ça, pas comme ça… Il essaya de bouger mais un nouvel éclair de douleur le figea et il ne put que crier à nouveau. Le portable continuait de sonner.
« Non ! Je… »
Sa phrase fut coupée d'un nouveau cri. Rufus pleura de plus belle. Il allait mourir alors. Et quoi ? Sans aide, sans que personne ne soit au courant, comme un fantôme. Il baissa la main dans un signe d'abandon et continua ses vaines tentatives pour étouffer ses cris. Il allait mourir oui… Et puis quoi ?
Tout à coup, Rufus crut entendre des pas, il se dit qu'il rêvait. Incapable d'ouvrir les yeux et de lâcher son visage brûlant et crachant les vagues de liquide écœurant, il savait qu'il ne faisait qu'imaginer cela dans l'espoir qu'il survivrait un peu plus.
« Allô, Reno ? »
Rufus écarquilla les yeux de surprise et leva la tête. Juste à côté, devant le lit, se tenait Zack. Il paraissait si grand vu de sa place. Le blond s'interrogeait sur ce qu'il se passait quand une nouvelle vague le fit crier. Il parvint à se retenir in extremis et mordit l'oreiller jusqu'à s'en faire mal à la mâchoire.
Il sentit que Zack s'asseyait près de lui. Quelques secondes plus tard, une main lui caressait le visage et les cheveux.
« Oui, il est avec moi Reno. Ne te fais plus de soucis. Je vais tout arranger. »
Zack raccrocha et posa le téléphone. Il se tourna ensuite vers Rufus qui étouffait un nouveau cri. Il avait l'air si faible ainsi… Les yeux rouges, les larmes coulant sur ses joues, la main plaquée sur le visage, le corps tremblant et replié. Il fouilla dans son sac et en sortit de quoi faire remplir une seringue. Il administra une dose à Rufus qui se sentit progressivement soulagé.
« Morphine. Tu vas un peu planer si j'ose dire ça comme ça, Rufus… »
Le jeune homme relâcha sa mâchoire et s'affala sur le lit. Ses muscles n'avaient plus aucune résistance et il se laissa faire quand Zack le porta jusqu'à la salle de bain. De toute façon, il était bien incapable de faire quoi que ce soit. Ses yeux entrouverts et noyés de larmes reflétaient la plus grande incompréhension.
Alors il devait compter sur les morts pour survivre maintenant ?
Ses larmes repartirent de plus belle. Cette crise l'avait épuisé, il était incapable de maintenir le moindre petit rempart de froideur pour protéger sa fierté malmenée. Zack le vit bien et lui sourit chaleureusement.
« Attends avant de baisser les bras, j'ai plein de choses à te dire… »
Rufus ne répondit pas. Il ne le pouvait pas. Il n'opposa pas de résistance quand Zack acheva de le déshabiller pour le mettre dans la baignoire avant de le laver. Le blond ferma les yeux en sentant l'eau couler et laissa sa tête reposer contre le torse de l'ancien première classe qui demeurait à genoux devant la baignoire, le pommeau de douche dans la main.
« Ton visage est très abîmé, qu'as-tu voulu faire ? »
Me l'arracher, pensa Rufus.
« Tu t'es griffé jusqu'au sang… »
Je n'ai rien senti, ajouta-t-il dans sa tête.
Zack caressa les cheveux blonds et le rinça tendrement avant de le sortir de l'eau et de lui passer un peignoir. Il porta le malade jusqu'à un fauteuil où il le posa, le temps de laver et refaire son lit. Quand il eut fini, il porta de nouveau le jeune homme et le coucha dans son lit doucement.
Il s'assit près de lui et lui caressa les cheveux avec tendresse. Son regard compatissant n'échappa pas à Rufus qui s'en trouva gêné et un peu honteux.
« Tu peux parler maintenant ?
- … Peu…
- Je vois, alors économise-toi, je vais refaire tes bandages. »
Zack s'exécuta avec attention. Il eut légèrement plus de mal pour le visage et dut, en plus, désinfecter les plaies que s'était infligé le jeune homme. Le travail terminé, Rufus était couvert de bandage sur tout le bras droit, la majeure partie du torse, le cou et la moitié du visage. Zack pensa que sa maladie devenait critique et que le temps imparti venait sûrement de chuter.
« J'ai déjà le droit aux regards de pitié pour le mourant ?…
- J'admirais ton courage…
- Tu te trompes de personne…
- Non, malgré ces crises de plus en plus douloureuses, tu veux vivre.
- J'ai mon honneur… Me suicider serait pire… »
Rufus grimaça de douleur.
« Ton visage te fera encore mal quelques jours, le temps que les plaies cicatrisent. Je n'ai pas de matéria de soin, désolé.
- Non… Heureusement que tu étais là…
- Il faut d'ailleurs que je te parle de ça.
- Ah ?… »
Le blond ouvrit la bouche et tira le bras de Zack.
« J'ai soif… D'abord… »
Le brun acquiesça et alla chercher un verre d'eau avant d'aider le concerné à le boire.
« Et tu vas tout expliquer ?
- Oui.
- En fait, je me rends compte que je m'en moque maintenant…
- Rufus ?
- Plus rien n'a d'importance… Un petit mois… Te retrouverais-je dans la Rivière de la Vie ?
- Ne dis pas cela…
- … Explique alors… »
Zack expliqua à Rufus le principe de la matéria, comme il l'avait fait avec Cloud un petit peu avant.
« Et c'est Reno qui la manipule, n'est-ce pas ? »
Zack ouvrit de grands yeux sous la surprise.
« Mais comment tu sais ça ? »
Rufus esquissa un sourire.
« Tu n'apparais qu'à certains moments. Parfois, j'ai eu besoin d'aide, et tu n'étais pas là. Tu ne maîtrises pas tes apparitions et… J'ai remarqué qu'à chaque fois que tu étais là, c'était quand Reno était au courant qu'il y avait un problème.
- Tu es très perspicace. Tu es peut-être affaibli physiquement, mais ton esprit fonctionne extraordinairement bien. Tu le savais depuis quand ?
- … Depuis l'accident de la voiture à Gongaga. Reno ne savait pas du tout ce qui était arrivé. Alors que je l'ai appelé ce matin en lui disant que je ne me sentais pas bien, tu es venu. »
Zack afficha un large sourire.
« Tu m'épates, Rufus, vraiment.
- Est-ce que cela est dangereux pour Reno ?
- Il ne le fait que quand vous êtes très mal…
- Tu ne réponds pas.
- Oui, il pourrait en mourir, mais il s'arrête avant de donner toute son énergie vitale à la matéria et peut ainsi récupérer entre chaque 'invocation'.
- Il ne doit plus le faire…
- Il le sait bien.
- Et la matéria doit être détruite.
- Je le sais bien, Rufus. Mais pour le moment vous en avez besoin.
- Oui, je sais… Mais tôt ou tard, Zack, nous devrons te laisser reposer en paix et nous débrouiller seuls…
- Oui, oui…
- Je te remercie du fond du cœur, Zack. Tu es quelqu'un d'extraordinaire.
- Merci. »
Le fantôme afficha son sourire familier et caressa le visage du malade.
« Je ne vais plus tarder, appelle Reno quand tu pourras.
- Je crois que je vais dormir plutôt… Demain j'appellerai.
- Bien. Je te souhaite une bonne nuit, Rufus.
- Au revoir, Zack et merci encore. »
Le brun embrassa son vis-à-vis sur le front et disparut lentement. Rufus resta encore immobile un instant avant de soupirer et de fermer les yeux. Le sommeil l'emporta en une minute.
Quelques heures plus tard, des pas lourds résonnaient dans le hall de l'hôtel. Cloud rentrait. Il monta les escaliers lentement, comme hésitant à affronter le regard de Rufus. Mais s'il était endormi, cela serait plus facile et reporterait l'épreuve au lendemain. Il lança distraitement sa veste dans un coin à l'entrée de la chambre et alla s'asseoir sur son lit.
Il se souvenait de tout maintenant. Réellement tout. De son arrivée à Midgar, des premières incohérences de sa mémoire, de son travail de mercenaire, de sa tentative pour sauver le monde… De son plus grand ennemi : Séphiroth et de ses clones avec qui il partageait les même gènes… Il se souvenait aussi d'AVALANCHE, de ses amis, des Turks et bien évidemment, de l'ancien Président de la Shinra. Et par-dessus tout, vraiment, il se souvenait de Zack. De leurs missions ensemble, de leurs moments d'intimité, de leurs blagues et de leurs morts, enfin, Cloud n'était pas mort complètement. Il avait juste été tellement modifié génétiquement qu'il en était devenu un clone sans numéro et raté de Séphiroth un peu schizophrène sur les bords et qui copiait désespérément son meilleur ami défunt et oublié.
Quel passé… Il soupira et esquissa un sourire.
Mais maintenant, il était Cloud Strife. Plus un clone, plus un jeune homme un peu paumé. Il était le livreur qui parcourait la plaine de Midgar sur sa moto et accessoirement, le sauveur du monde puisqu'il avait tué Séphiroth.
Il leva les yeux vers Rufus et le regarda longuement. Il ne voyait que son dos et ses cheveux blonds un peu en bataille. Il avait été très dur avec lui. Rufus n'était pas quelqu'un de naturellement méchant. C'était son éducation qui l'avait rendu ainsi. Il était le fils du roi du monde, un homme cupide et manipulateur. Un peu d'ambition et le reste avait coulé, tout simplement.
Il se releva et alla s'asseoir près de Rufus. Maintenant, il avait envie de le réveiller, de le serrer dans ses bras en lui demandant pardon pour toutes les horreurs qui lui avait dites mais il se retint, remarquant quelque chose.
Le lit n'était pas fait ainsi quand il était parti. Depuis quand quelqu'un qui ne pouvait pas tenir debout pouvait-il refaire son lit ? Et ces habits. Ce n'était pas son habit de nuit habituel. Il déglutit. Que s'était-il passé pendant son absence ? Il tourna autour du lit pour regarder le visage de son amant et se figea.
Pourquoi un large pansement lui barrait-il le visage ?
Il sursauta en avisant l'œil bleu glacier qui le fixait. Pendant un moment, ils restèrent à se regarder jusqu'à ce que Cloud s'agenouille aux pieds du lit en lui caressant les cheveux, le visage triste.
« Excuse-moi… Je n'étais pas là… Je… »
Rufus lui lança un regard froid et ne répondit rien. Il était peut-être mourant, alité, affaibli ou même handicapé à cause de sa maladie, mais il n'avait pas oublié comment Cloud l'avait traité juste avant.
« Je te demande pardon je… Je te promets que je ne te quitterai plus maintenant ! Je me souviens de tout ! »
L'ancien président soupira discrètement et répondit :
« Tu te souviens vraiment de tout ?
- Oui.
- Alors pourquoi restes-tu avec moi ? »
Cloud écarquilla les yeux, étonné. Pourquoi son vis-à-vis était-il si froid tout à coup ?
« Mais… Parce que je t'aime ! »
Rufus baissa les yeux et approcha sa main du visage de Cloud.
« … Merci… »
L'ancien milicien prit la main dans la sienne et la colla à sa joue. Il se rapprocha et se blottit contre Rufus.
« Tu es la deuxième personne au monde à me le dire. Promet-moi que tu ne changeras pas.
- Je te le promets. »
Rufus caressa les cheveux en pics et esquissa un faible sourire.
« Tu veux rester encore un peu ici ?
- Non, je veux partir de cette ville le plus vite possible.
- Alors nous rentrons à Midgar demain ?
- Je veux bien oui. »
Le malade acquiesça silencieusement.
« Tu devrais aller te coucher, Cloud.
- Laisse-moi dormir contre toi.
- … D'accord, mais fais attention à mes blessures.
- Evidemment. »
Le lendemain matin, ils firent rapidement leurs valises et prirent la route. Contrairement aux jours précédents, ce fut presque dans la bonne humeur. Ayant compris à quel point il avait été odieux et culpabilisant un peu de n'avoir pas été là pendant que son amant faisait une crise, Cloud essayait de rendre la vie de Rufus la plus agréable possible.
Ils arrivèrent à Midgar tard dans la soirée et rejoignirent l'appartement de Rufus sans passer par le repère d'AVALANCHE. Cloud ne se sentait pas d'aller voir Tifa ce soir. Il préférait profiter de son temps avec Rufus.
C'était donc assez joyeusement qu'ils poussèrent la porte. Seulement, ils s'étonnèrent du silence qui régnait. Intrigué, Rufus avança dans l'entrée. La télé était éteinte. Reno était sorti?
"Tseng? Rude?"
Personne ne répondit. Le blond esquissa un sourire et regarda l'ancien milicien.
"Ils sont peut-être sortis. Appelle-les.
- Oui…"
Rufus saisit son PHS et composa le numéro de Reno. Il attendit quelques secondes, s'étonnant que son ami ne lui réponde pas immédiatement. Le roux ne manquait jamais un appel de son 'ex' patron. Il fronça les sourcils et, avant que le répondeur ne prenne le relais, Tseng décrocha. Après quelques minutes à parler, Rufus raccrocha, livide.
"Que se passe-t-il?
- Reno, il… Il est à l'hôpital…
- Quoi?
- Il a fait un malaise…"
Cloud s'approcha de Rufus et l'enlaça tendrement. Il savait à quel point Reno et Rufus étaient liés. Il fit demi-tour, poussant le fauteuil.
"On va tout de suite aller le voir.
- D'accord…"
Un peu plus d'un quart d'heure plus tard, Rufus entrait dans l'hôpital, suivi de Cloud. Le malade était anxieux mais ne le montrait que très peu. Il savait pourquoi Reno avait fait un malaise… Cette matéria… Elle était certes très utile, mais les morts ne devaient pas revenir chez les vivants… Quand ils parvinrent à la porte de Reno, ils toquèrent. Rude vint leur ouvrir.
"Bonsoir, Patron.
- Bonsoir. Reno va bien?
- Yo! Rufus !"
Le blond s'avança jusqu'au chevet de son ami et le dévisagea. Il semblait aller bien, quelques cernes sous ses yeux creusaient son visage blanc. Rufus hocha la tête et Reno éclata de rire, voyant l'inquiétude de celui qu'il aimait retomber.
"Je vais bien, ne t'inquiète plus!
- Je vois… Que t'est-il arrivé?
- Les médecins ont parlé de surmenage. Coupa Tseng.
- T'as trop joué aux cartes! Lança Rude.
- Même pas vrai!"
L'ancien président lança un regard inquiet à Reno, sachant pertinemment que cela n'était pas le fruit du hasard ou du surmenage, mais d'une matéria. Il sentit la main de Cloud sur son épaule et le regarda gentiment.
"Tu dois te reposer c'est ça?
- Ouaip' !
- Les médecins le laisseront sortir demain.
- Tseng et moi sommes là depuis hier soir à veiller sur lui.
- Tu t'es évanoui c'est cela?
- Ouais. Je regardais la télé hier soir et c'est tombé d'un coup. Heureusement que Rude était pas loin. Merci Rudo!
- …"
Rufus demeura silencieux. Reno ne savait pas qu'il avait une longueur d'avance sur lui. Il soupira et sourit à son ami. Il prit sa main gentiment.
"Repose-toi, Reno. Réellement. Pas de cartes et pas d'alcool. Tseng, je compte sur toi.
- J'y veillerai, Monsieur."
Le malade acquiesça.
"Bon, je vais retourner à l'appartement avec Cloud alors. Je suis fatigué.
- Attends, Rufus.
- Oui?
- Ton géostigma…
- Il s'est étendu, oui.
- Tu ne veux pas te faire examiner…
- Non. Je n'ai pas besoin qu'on me dise combien de temps il me reste.
- Je vois…"
A la porte, Cloud attendait que Rufus finisse de parler pour tourner le fauteuil et s'en aller. Il lança un regard amical à Reno, le remerciant de veiller sur Rufus.
"On y va, Cloud?
- Comme tu veux. Au revoir à vous tous!
- Bye bye !"
Les deux hommes franchirent la porte et s'en retournèrent dans la voiture. Une fois installés, Cloud au volant, Rufus soupira.
"Je dois te dire quelque chose, Cloud.
- Moi aussi.
- Ah? Tu veux commencer?
- Zack est venu me voir. Il m'a parlé d'une matéria qui l'aide à revenir.
- Moi aussi. Sais-tu qui l'utilise?
- Non…
- Moi si. J'en ai eu la preuve hier soir.
- Et?
- Cette matéria pompe les ressources vitales pour insuffler de la force vive à l'être mort que l'on cherche à faire revenir.
- … Attends…
- Reno en est le possesseur. Il l'a utilisé hier soir car je l'avais eu dans l'après-midi. Au courant que cela n'allait pas fort, il a cru bon d'appeler Zack deux fois. Et cela l'a mené à faire ce malaise.
- … Nous devons le remercier.
- Il faut détruire cette matéria. Je ne veux pas que Reno meurt.
- …
- Nous devrions dormir là-dessus. La nuit porte conseil."
Cloud demeura silencieux, pensif. Détruire ce qui lui permettait de faire revenir Zack?
Les deux personnes allèrent se coucher, réfléchissant aux évènements de la soirée. Ils discutèrent un peu, Cloud disant qu'il passerait certainement chez Tifa le lendemain. Il invitait Rufus à venir, mais ce dernier n'était pas très motivé. Il préférait aller voir Reno. Cloud ne s'en formalisa pas, il savait bien que ses amis n'étaient pas aussi 'clément' que pouvaient l'être les Turks… Cocasse, non? Les tueurs à gages rechignaient moins à faire copain-copain avec leurs anciens ennemis que ceux considérés comme les 'gentils' de l'histoire.
Ils ne dormirent pas très bien cette nuit-là. Rufus espérait sincèrement que Cloud ne rechignerait pas à détruire cette matéria. Il était hors de question que Reno risque sa vie plus que cela. Il était son meilleur ami, la première personne à lui avoir accordé le bénéfice du doute, à l'avoir toujours soutenu. Il ne voulait pas le perdre. Et, de toute manière, d'un point de vue pragmatique, une matéria avec de tels pouvoirs était contre-nature. Elle devait être détruite ou, à défaut, scellée. Qui sait? Si quelqu'un s'en servait pour faire revivre Séphiroth?
Une main se posa sur son épaule avant que deux bras viennent l'enlacer tendrement. Rufus soupira et se détendit en sentant la chaleur de son amant contre lui. Quelque part, il avait un peur que Cloud ne préfère Zack à lui et… Et il n'était pas sûr de supporter une peine de cœur en plus de sa maladie.
"Shh… Détend-toi, mon Rufus…
- D'accord…
- On ira le voir demain.
- Je sais… Cloud?
- Oui?
- Je voulais te dire… Je t'aime. Sincèrement."
L'ancien milicien sourit dans les cheveux soyeux de son amant. Il resserra son étreinte sans appuyer sur les blessures et lui faire de mal.
"Moi aussi, énormément."
Rufus sourit, un peu plus serein. Ils fermèrent les yeux et s'endormirent bientôt.
"Comment tu le sais?"
Reno et Rufus étaient seuls dans la chambre. Le blond venait d'énoncer ce qu'il savait de la matéria et Reno en était abasourdi.
"T'es… vraiment trop intelligent pour moi…
- Je n'ai pas dominé le monde à la force de mes bras, Reno.
- … Oui, c'est bien moi qui me sert de cette matéria. Mais rassure-toi, je ne le fais que peu et me repose entre chaque utilisation!
- D'où ton séjour à l'hôpital. Trancha froidement Rufus.
- Je…
- Tu ne dois plus utiliser cette matéria, Reno… Même si je reconnais qu'elle a été très utile, il ne faut pas braver les lois naturelles. J'en sais quelque chose."
Rufus toucha son visage barré d'un bandage. Il avait voulu vider la Planète de son sang pour s'enrichir. Autant dire qu'il avait retenu la leçon maintenant.
"… Je sais que tu veux bien faire, Reno. Je t'en remercie beaucoup. Tu m'as sauvé la vie plusieurs fois et tu as ma reconnaissance. Tu sais que je serais là si tu as besoin de moi mais moi, j'ai besoin de toi vivant. Alors n'utilise plus cette matéria, s'il te plaît.
- Tss… Je comptais te la donner. Je sais que tu es quelqu'un de réfléchi et de pragmatique.
- Oh?
- Ouais… j'suis plutôt du genre tête brûlée. Si j'apprends un jour que tu vas mal et que j'suis pas là, j'utiliserais la matéria sans réfléchir aux conséquences.
- Je vois… Merci d'être honnête, Reno."
Le jeune homme afficha un large sourire et se leva pour aller chercher quelque chose dans ses habits. Il sortit, après quelques minutes, une sphère rouge aux reflets dorés. Il la regarda, fasciné pendant un court instant, et la tendit à Rufus. Ce dernier la fixa un moment, le regard froid, et la rangea dans sa sacoche. Il baissa les yeux un moment, pensif, et regarda ensuite Reno.
"Où l'as-tu trouvée au fait?
- Je… Tout à fait par hasard en fait…
- Cette tête me prouve que tu mens."
Le jeune homme passa derrière son ancien patron et l'enlaça brièvement. Il s'assit sur le bord du lit et soupira:
"Quand l'Arme a attaqué… J'ai été le premier à te retrouver. Et quand je t'ai vu, j'ai réellement cru que tu étais mort et je me suis mis à pleurer. J'ai vraiment eu très peur et à ce moment, je me suis dit que je donnerais n'importe quoi pour que tu sois en fait en vie.
- …
- J'ai réellement eu peur et… en fait j'avais raison car quand je t'ai trouvé, tu étais bien mort."
Rufus sursauta, écarquilla les yeux et secoua la tête.
"Pardon?
- Tu l'étais bien oui… J'ai… J'étais effondré. J'étais persuadé que c'était un cauchemar et j'ai espéré de toutes mes forces que c'était faux. J'ai même été jusqu'à hurler que s'il fallait que quelqu'un rejoigne la Rivière de la Vie ce jour, je voulais que ça soit moi. Moi mais pas toi…
- Mais…
- Mais rien ne venait… Alors je t'ai pris dans mes bras. Je ne voulais pas me l'avouer. Je ne voulais pas que tu sois mort. Et puis, je ne sais pas comment, mais quelque chose est tombé de ta veste.
- La matéria?
- Oui… Je l'ai utilisée.
- Mais… Ne faut-il pas donner sa vie pour une autre?
- En théorie oui. Pour faire revenir un corps et une âme.
- Mais il n'y avait que mon âme…
- J'ai risqué beaucoup pour ton âme en me disant qu'on soignerait ton corps. Même si tu es très malade aujourd'hui, tu as gagné beaucoup de temps…"
Rufus se passa la main sur le visage, retourné de ces révélations. Il avait été mort. Etonnant. Etait-ce pour cela que tout semblait s'acharner contre lui? Etait-ce pour cela qu'il ne parvenait pas à se faire 'réhabiliter' malgré ses nombreux efforts? Parce qu'il était censé ne plus être là? Alors il n'était pas fou quand il disait qu'il jouait avec la Mort depuis plus de six mois et que, malgré tout, il continuerait de la berner. Il esquissa un sourire et reprit:
"Je te dois bien plus que je n'avais pu l'imaginer, Reno…
- …
- Un ami fait rarement cela, un Turk pour son patron encore moins… Dis-moi, Reno, quels sont tes réels sentiments pour moi?
- … Je… Je t'aime. Profondément. Mais je sais que tu aimes Cloud et je ne m'immiscerai pas entre vous. Je veux juste être l'ami sur lequel tu peux toujours compter."
Rufus sourit et regarda le roux tendrement. Il lui demanda de l'aider à se lever pour s'asseoir sur le lit et lui ouvrit ses bras.
"Tu veux un câlin?"
Reno aurait pu éclater de rire devant la scène, mais à cet instant, il n'en avait pas envie. Il se blottit contre son ancien patron et le serra comme il le pouvait, sachant que ce serait tout ce qu'il pourrait obtenir de lui.
"Rufus?"
Cloud venait d'entrer et s'était figé devant la scène. Il s'approcha, indécis.
"Cloud! Comment vont tes amis?
- Bien. Merci."
Reno s'écarta de Rufus et leva les yeux au ciel.
"Hé mec, arrête de baliser, j'vais pas t'le voler!
- Non, c'est à propos de la matéria.
- Oh? Rufus t'en a parlé?
- Pourquoi dis-tu ça?
- T'es pas du genre à deviner ce genre de choses tout seul, Spiky…
- Arrêtez de vous chamailler comme ça."
Rufus se débrouilla pour rejoindre son fauteuil roulant et sortit la matéria de sa sacoche. Il la montra à Cloud et la remit à sa place.
"Nous devons la détruire, Cloud. Elle a déjà fait trop de choses contre-nature. Cette matéria… n'apporte que le malheur."
Cloud fronça les sourcils. Il sentait que Rufus parlait de quelque chose mais qu'il ne voulait pas le dévoiler. Il hocha la tête et lança:
"Cette matéria… Je la veux.
- Pardon?
- T'es bouché? Faut la détruire!
- Non. Je ne veux pas.
- Pourquoi, Cloud? Demanda Rufus. Je t'assure que revivre grâce à cette matéria n'a rien de doux.
- Tu parles en connaissance de cause peut-être?"
Rufus déglutit. Il baissa les yeux et se passa la main sur le visage. Il était revenu, oui. Mais dans quel état? Handicapé moteur et atteint d'une maladie mortelle et incurable! Alors oui il parlait en connaissance de cause.
"Il ne faut pas, Cloud. Réfléchis. Cette matéria demande de l'énergie vitale pour fonctionner. Ce n'est ni plus ni moins qu'un pacte démoniaque ou quelque chose de ce genre.
- Et c'est un des plus grands tyrans en date qui me dit ça?"
Le malade se figea, blessé en plein cœur. Il afficha un sourire triste et secoua la tête avant de se passer la main, encore, sur le visage, comme pour essuyer les larmes qui couleraient de son unique œil visible.
"Si t'es là pour dire ça casse-toi ! Cracha Reno. J'veux pas d'la visite d'un mec qui, en plus de pas faire confiance à celui qu'il aime, se permet de l'insulter et de le blesser ! Casse-toi j'te dis! Casse-toi !"
Cloud fusilla Reno du regard qui ne cilla pas. Les deux rivaux se jaugèrent un bon moment avant que l'ancien milicien ne saisisse la sacoche, prenne la matéria, et s'en aille.
Cloud n'avait pas voulu blesser Rufus. C'était sorti tout seul, comme son souhait d'avoir cette matéria. Il savait qu'il avait eu tort, et il savait qu'il irait s'expliquer. Mais pour le moment, il n'arrivait pas à croire qu'après tout ce qu'il avait fait, Rufus lui cachait encore des choses et qui plus est, avec Reno.
Il n'était pas né de la dernière pluie. Il voyait que Reno aimait Rufus. Cependant, il était certain que Rufus ne partageait pas ces sentiments. Ce n'était pas ça qui l'inquiétait. Non, ce dont il avait peur, c'était que cette matéria ne tombe entre de mauvaises mains et surtout qu'un jour, sous le coup de la tristesse, il ne se mette à appeler Zack.
Tout se bousculait dans sa tête et il avait du mal à se comprendre. Pour l'instant, il avait pris la matéria et comptait juste prendre ses distances un petit moment. Il avait besoin de faire l'état des lieux, comme on dit.
Demeuré dans la même position, Rufus ne parlait pas. Il crispa sa main et baissa les épaules. Alors quoi? Cela voulait-il dire que Zack comptait toujours plus que lui?
Reno descendit du lit et enlaça Rufus tendrement. Il avait envie de détruire Cloud tout de suite, de le tuer. Mais il savait que cela lui briserait le cœur. Alors il ne fit que le consoler. Il le tint dans ses bras, le réconforta. Et dans sa tête, il revoyait cette image de l'homme qui baignait dans son sang, les jambes brisées et sans le moindre souffle.
La fin est moins travaillée que le début et pour cause, je ne voulais pas vous faire attendre encore une semaine pour une relecture digne de ce nom... Je recorrigerai certainement et remplacerai le contenu du chapitre à ce moment là ^w^
J'aimerais bien que les gens qui lisent me donnent leur avis sur cette fic :) 26 personnes ont lu cette histoire et seulement 4 ont reviewé le chapitre précédent... :'( sniff...
