Désolée pour ce retard dans ma publication mais j'ai voulu profiter un peu des fêtes de fin d'année. J'espère qu'elles ont été bonnes pour vous et vos familles. Je profite de ce chapitre pour vous souhaiter une bonne et heureuse année 2012.
J'ai eu du mal à écrire la suite de cette fic...surement parce qu'on s'approche de la fin...
Allez, je vous laisse lire et on se retrouve en bas !
(EPOV)
Nous venions de rejoindre le lieu de rendez-vous, suivant les ordres précis de Bella. Elle était là, assise au beau milieu de la clairière, totalement enveloppée dans son manteau, nous tournant le dos. Jasper ne ressentait aucune once de stress de sa part. Je ne pus empêcher l'apparition d'un sourire sur mes lèvres. J'étais fière d'elle. De celle qui deviendrait bientôt ma femme. Alors que nous venions de nous placer en ligne, quelques mètres derrière elle, une vague de chaleur caressa notre groupe et un bouclier se forma au-dessus de nous. Nous avions pris l'habitude de ces protections mais cette fois, nous ne pourrions la traverser, Bella ayant rompu ses liens avec nous. Alors qu'elle nous exposait son plan, quelques jours plus tôt, elle n'avait eu de cesse de nous répéter que nous ne devrions en aucun cas sortir du bouclier, sous peine d'être blessés. Encore une fois, et même si elle nous l'avait encore répété ce matin, sa voix mentale résonna dans nos esprits alors qu'elle se levait :
-Les voilà. Surtout, quoiqu'il se passe devant vous, ne sortez pas du bouclier.
Je tournai rapidement la tête vers mon père qui fit de même et notre attention se reporta sur le nord de la clairière. Quelques secondes plus tard, un groupe de vampires pénétra sur le terrain. Nous ne les connaissions que trop bien. Revêtus de leurs longs manteaux, les Volturi avançaient lentement vers nous et j'en profitai pour écouter leurs pensées, toutes hostiles.
Comme nous l'avaient expliqué Eléazar, Carlisle et tous ceux qui avaient servi auprès d'eux, ils s'avancèrent en deux lignes, la première, qui rassemblait les gardes royaux et ceux dotés de dons particuliers, protégeant la seconde ligne, composée d'autres vampires mais surtout des épouses.
-Ainsi, Aro a décidé de déplacer tout le clan. pensa Carlisle, le visage dénué de toute émotion.
Je perçus également les pensées d'Eléazar, adressées à Bella, dans lesquelles il lui détaillait les membres de la première ligne.
-Les Volturi se sont déplacés en nombre pour une simple rencontre. chuchota Kate, ce à quoi tout le monde répondit.
J'observais la bulle bleutée qui nous englobait, sentant sa puissance électrisante. Bella avait décidément un pouvoir immense entre les mains. Elle nous avait longuement expliqué que ce bouclier dans lequel nous nous tenions à présent serait une véritable barrière que les Volturi ne pourraient franchir, physiquement ou mentalement. Bella avait créé autour de nous une muraille qui nous permettait de tout entendre et de tout voir et de communiquer entre nous sans que les Volturi ne puissent percevoir nos discussions ou nous infliger des souffrances.
Aro se détacha de ses frères et de la garde pour s'avancer vers Bella, son sourire machiavélique sur les lèvres.
-Isabella Swan ! Ou devrais-je plutôt t'appeler la bâtarde, n'est-il pas ? Cracha-t-il aussitôt.
-Comment ose-t-il ! rugit aussitôt Irina, rejointe immédiatement par le reste de nos amis, mais Aro continua sur le même ton :
-Si tu te présentes devant nous, tu devrais au moins t'agenouiller. Après tout, nous avons gagné contre ton peuple !
-Qui te dit que je suis venue me rendre, Aro ? lui rétorqua Bella, le ton légèrement rieur, ce qui piqua au vif le vieux vampire.
Emmett rit à l'intervention de ma belle, tout comme Jasper, néanmoins plus discret.
-Qu'est-ce qu'un simple soldat nécromancien pourrait face à nous ? Tu ne peux rien contre nous, Isabella ! Tu es bien la dernière à croire en cela ! Au moins, tes congénères se sont battus dignement jusqu'à la mort...alors que ton père et toi...siffla Aro alors que Marcus qui riait.
Je pensai qu'à cet instant, Bella réagirait, surtout en voyant Marcus devant elle mais elle ne fit rien. Seule sa position s'était légèrement modifiée, me montrant que la colère montait en elle et j'espérais que nos ennemis ne l'avaient pas remarqué. Mais Aro était bien trop vil pour cela. Il ne pouvait que l'avoir remarqué et la suite de son discours me le confirma alors qu'il lui parlait de nous :
-Et tout comme lors de notre dernier combat, ta pathétique armée souffrira sous tes yeux sans que tu ne bouges le petit doigt !
-Ils ne sont pas mes alliés, Aro. lui répondit-elle d'un ton glacial
-Elle leur parle comme elle l'a fait devant les trois nomades. murmura Esmée alors qu'elle attrapait la main de Carlisle, près d'elle.
-Tu n'es qu'un soldat, tu n'as pas le pouvoir de contrôle sur eux. la coupa Caïus en rejoignant son frère.
-Qu'en sais-tu Caïus ? reprit Bella.
-Pourquoi leur fait-elle croire qu'elle nous a envoûtés ? nota Emmett, ne comprenant pas.
-Elle essaie tout simplement de nous créer une porte de sortie au cas où. lui répondit Eléazar.
-Mais en quoi cela nous permettra de vaincre ? Poursuivit mon frère.
-Si nous en arrivons là, ce ne sera pas pour les vaincre, Emmett. Non. Elle fait cela juste pour que les Volturi nous laissent la vie sauve s'ils arrivent à la vaincre. compléta Carlisle gravement.
-Bella, fais attention, je t'en prie. pensa Jasper, ce qui me fit remarquer qu'elle avait subtilement levé sa main vers le ciel, signe qu'elle allait utiliser son pouvoir.
Ainsi Bella ne nous avait pas tout dit...
-Elle fait çà parce qu'elle nous aime, Edward. pensa Jasper à mon intention, ayant du sentir ma fébrilité et mon trouble face à cette révélation.
-Paroles ! cria Marcus en se plaçant aux côtés de ses frères.
Mais Bella ne prit pas la peine de leur répondre verbalement. L'instant suivant, le garde chargé de la protection d'Athéndora, dans la seconde ligne, s'envola dans les airs avant de retomber une bonne quinzaine de mètres plus loin. Le choc se lut sur les visages des Italiens et nous ne pûmes nous empêcher de sourire. L'ébahissement passé, la garde se plaça devant les trois vampires, les protégeant.
-Aro, tu es toujours aussi arrogant. Les siècles ne t'ont rien appris. Comme tes frères, tu ne fais que te cacher derrière tes gardes ! Gardes que tu as dû renouveler par ma faute si je ne m'abuse. Tu m'en vois pleinement désolée ! intervint alors Bella, retenant difficilement un rire sur la fin de sa tirade.
A la grimace d'Aro, je compris que Bella avait touché là où il fallait. Mais un mouvement sur la gauche attira mon regard. Jane s'élançait telle une furie vers Isabella.
-Bella ! hurlâmes-nous tous en percevant le déplacement et les cris de la garde qui grognait en courant vers Bella.
En une fraction de secondes, Jane fut stoppée dans sa course, comme figée dans l'air. Bella la tenait dans son pouvoir.
-Ne. Bougez. Pas ! nous ordonna-t-elle mentalement, visiblement en colère.
-Moi aussi, j'aimerais plus que tout intervenir pour la protéger mais elle sait ce qu'elle fait. Bella sait ce qu'elle fait. dis-je aussitôt en me plaçant devant mes deux frères.
-N'oubliez pas que c'est son combat avant tout. ajouta Carlisle, ce qui finit par calmer Jasper et Emmett.
-Je ne suis pas là pour tuer ta garde entière, Aro. Expliqua Bella d'une voix calmée. Je suis venue t'offrir une offre de paix. Quittez votre place et nous en resterons là !
-Ainsi, elle espère toujours que tout se déroulera pacifiquement. Pensa Eléazar. Elle ressemble tellement à sa mère.
-Comment peux-tu parler de paix alors que tu emprisonnes l'un de mes gardes ainsi que le clan de mon ami Carlisle ! s'écria Aro.
Donc, les Volturi croyaient que nous étions sous son pouvoir...
-Nous n'avons que faire de ta paix. Nous sommes les plus forts. Nous avons vaincus ton peuple, fait couler jusqu'à la dernière goutte de sang de tes congénères. Tu n'es rien de plus qu'une batarde sans peuple qui ne veut qu'amener à la mort un clan de vampires pacifistes sous prétexte que tu n'as pas le cran d'abréger ta pitoyable vie ! poursuivit-il mais il ne put continuer plus loin.
Un cri résonna dans la clairière. Jane.
Jane hurlait le nom de son maitre, le suppliant de la libérer du pouvoir de ma belle qui lui écrasait un à un les os, les craquements lugubres se répercutant dans les arbres jusqu'à ce que le corps de Jane ne tombe, en pièces dans l'herbe humide.
-Le peuple des nécromanciens était décidément le plus puissant. chuchota Eléazar, sans doute pour lui-même, mais nos ouïes vampiriques n'avaient pu ne pas l'entendre.
-Elle n'aurait pas dû. Elle vient juste de leur donner l'élément qu'ils souhaitaient...pensa Eléazar, vite rejoint par mon père.
Le bouclier brilla d'une lueur étrange durant un quart de secondes, signe que Bella venait de le renforcer et nous levâmes tous la tête pour observer cette fine membrane bleutée.
-Tu es encore bien trop jeune pour oser prendre le rôle de chef de guerre, Isabella ! annonça Aro d'une voix froide, un sourire étrange sur les lèvres.
Et avant même que l'un de nous puisse réagir, la garde se mit en mouvement, se ruant sur Bella comme un seul homme. Là éclata devant nous le pouvoir de Bella. D'un geste rapide, elle évita Démétri qui fonçait tête baissée sur elle alors qu'une partie des vampires se figea, engluée telle Jane un peu plus tôt. Des cris retentissaient dans la plaine, des corps s'élevaient dans les airs pour retomber lourdement plusieurs mètres plus loin. Ceux qui s'approchaient trop près d'Isabella échouaient finalement à la saisir, bloqués par son bouclier personnel mais aussi par la fluidité et la rapidité déconcertante de ses mouvements. Nous avions beaucoup de mal à retenir notre colère et Jasper travaillait beaucoup pour nous maintenir dans un état de calme apparent. Mais le spectacle qui se jouait devant nos yeux était vraiment des plus époustouflants. La lenteur, point faible de Bella lors de nos premières rencontres, n'avait plus cure dans cette jeune femme, guerrière accomplie, qui évoluait devant nos yeux ébahis au beau milieu d'une trentaine de vampires. La peur que j'éprouvais à l'égard de ma belle encore quelques minutes auparavant s'effaçait lentement, laissant place à de la fierté. Carlisle avait posé sa main sur mon épaule, fier lui aussi. Ce fut une réflexion d'Emmett qui nous sortit de nos pensées.
-Je me demande ce que vont faire les vieux rois une fois que Bella aura mis à terre tous leurs gardes.
Les Volturi ! Pris dans ma contemplation, j'en avais oublié leurs présences. Alors que je les cherchais des yeux au beau milieu du combat, mon regard se posa sur un des longs manteaux gris, traversant le champ de bataille telle une ombre, en direction d'Isabella. Marcus. Marcus marchait droit sur ma belle, aux prises avec trois vampires, lui tournant le dos. Et je ne pus retenir mon cri alors que je m'élançai vers elle.
-Non ! Bella ! m'écriai-je en m'élançant vers elle.
Mais je fus vite bloqué par le bouclier nous servant de protection, cherchant à le briser en frappant de toutes mes forces sur lui, faisant miroiter sa lueur si étrange et merveilleuse.
-Bella ! continuai-je à hurler alors que Marcus refermait ses longs doigts décharnés autour du cou de ma belle qui ne bougeait plus.
(BPOV)
Marcus...comment avait-il pu s'approcher ainsi de moi sans que je ne le perçoive ? Comment avait-il pu éviter mes ondes paralysantes au beau milieu de la clairière alors que tous les gardes étaient englués dedans ? Mais surtout, comment avait-il pu franchir ainsi mon bouclier ?
Mon cerveau bouillonnait alors que mes yeux se posaient de nouveau avec effroi sur Edward, coincé de l'autre côté de la bulle de protection, hurlant à m'en déchirer le cœur.
Le rire caverneux de celui qui me tenait par la gorge m'obligea à le fixer de nouveau, totalement hébétée.
-Tu te demandes comment j'ai pu briser tes protections, la bâtarde ! cracha-t-il en plantant ses yeux couleur sang dans les miens. Hé bien, voilà ta réponse ! poursuivit-il alors qu'il dégageait de sa veste un objet brillant qu'il approcha de mon visage. Le reconnais-tu ?
Je me concentrai une seconde, cherchant à calmer mes sens pour ne pas donner le plaisir à mon adversaire de me voir souffrir sous sa poigne de fer, et fixai l'objet en question. Là, au bout d'un cordon enroulé dans la main de Marcus un bijou...ou plutôt une amulette...celle de...
-Oui, Isabella ! C'est bien çà ! Quelle ironie n'est-ce pas ? s'écria-t-il de nouveau, lisant dans mon regard que j'avais compris. Ta propre mère va me permettre de te faire disparaître de notre monde...Enfin ! finit-il par dire avant de partir dans un rire qui me glaça d'effroi.
La douleur qui apparut dans ma poitrine me fit fermer les yeux. J'avais perdu. Le Trium Vira avait abattu sa dernière carte et j'avais bêtement pensé pourvoir les battre. Je leur avais servi tout ce qu'ils voulaient sur un plateau, les conduisant à moi. Aro avait raison, je n'avais pas les épaules pour mener cette ultime guerre. M'enfermant dans mes tourments, je n'entendais même plus les bruits de la clairière qui nous entourait. Ne sentant que la prise glaciale de Marcus autour de ma gorge, ne cessant de se serrer, millimètre par millimètre. Et alors que j'abandonnais la lutte, des images apparurent dans mon esprit.
De l'obscurité surgirent des voix, puis des odeurs et enfin des couleurs. La plaine en fleurs derrière notre maison. Les rires des compagnons de mon âge. Les reflets du soleil sur les murs clairs de notre demeure. Le chant du vent qui m'appelle à rentrer chez moi...
Etait-cela ce que nos Anciens appelaient l'au-delà ? Le silence, la quiétude, le retour là où le cœur est profondément ancré ? Etait-cela la délivrance de la mort ?
« Bella »... « Bella »... « Bella »...Ce chuchotement ne cessait pas et bourdonnait maintenant à mes oreilles. Et bientôt, ces images de paix se transformèrent, me laissant désormais dans une obscurité oppressante qui faisait vibrer mes entrailles. La litanie de mon prénom amplifiait et j'avais l'impression que l'air se raréfiait, brûlant mes poumons qui, pourtant, ne devraient pas réagir à cette apnée étrange. Même mon corps et mon esprit ne voulaient plus m'obéir, alors je me laissai doucement glisser dans cette brume obscure.
- Isabella !
Ce cri...Ce ton si ancien me tétanisa. Cela ne pouvait être lui. Cela ne pouvait être Charlie. Non. Je l'avais tué de mes propres mains alors qu'il me souriait, ses yeux fiers et confiants ancrés aux miens.
- Isabella !
Mon prénom entier, encore une fois, sembla se répercuter dans tout mon corps alors que mon maitre, revêtu de son armure resplendissante, se tenait debout devant moi.
- Isabella ! Bats-toi pour ton peuple !
-Mais père, je n'ai pas le pouvoir de les battre. tentai-je de répondre.
-Isabella ! Tu es le dernier maitre-nécromancien ! Tu détiens tous nos pouvoirs !
-Ils sont plus forts que moi et... repris-je mais une voix plus douce me coupa:
-Ma Bella, contrairement à eux, nous agissons avec notre cœur et nos émotions. Souhaites-tu vraiment passer le long sommeil loin de ton cœur ?
Aux côtés de Charlie, se tenait une femme. Ma mère...
-Maman...pleurai-je quelques secondes. Maman, mon cœur est avec vous, chez nous...bredouillai-je mais la main levée de ma mère me stoppa.
-Non ma chérie. Ton cœur n'est pas avec nous. Il doit rester auprès de celui que tu aimes.
-Mais je ne veux pas vous perdre encore une fois...
-Tu t'en remettras ma chérie. Mais tu ne pourras supporter d'être loin de lui.
-Bella, mon enfant. intervint Charlie alors qu'il s'approchait de son épouse, Isabella, je suis mort pour toi. Nous sommes tous morts pour toi ! Nous nous sommes sacrifiés pour toi. Ta mère, ton peuple et moi. Tu dois te battre, Bella ! Prend enfin le rôle qui te revient et change nos deux mondes!
-Tu dois te battre pour nous mais aussi pour lui, ma chérie. Ecoute ton cœur et tu sauras. Toujours. C'était mon pouvoir et c'est le tien aujourd'hui. Ecoute ton coeur. résonna encore la voix de ma mère puis tout disparut: l'oppression dans ma poitrine, les échos dans mon esprits, l'image de mes parents, enlacés devant mes yeux...Tout cela s'était envolé.
Un grand calme m'envahit et j'eus enfin la force d'ouvrir les yeux. A moins d'un mètre de moi, un visage blafard. Celui de Marcus. Comment avait-il pu s'approcher ainsi de moi ? Je me concentrai pour observer et analyser la scène et c'est là que je le vis. Ce petit objet. Ce tout petit objet. La seconde amulette de ma mère. La seconde partie du collier.
Je relevai les yeux sur le visage du vampire. Ses lèvres bougeaient mais je ne percevais pas ses mots. Encore une fois, je fis le vide en moi et me concentrai. Et dans le brouillard je perçus enfin des bribes de phrases :
-...La batarde n'a aucun pouvoir fort. Que de la poudre aux yeux. Comme sa mère...
Comment osait-il parler d'elle ! Comment osait-il toucher ce qui lui avait appartenu !
-Oh ! Mais quelle odeur avons-nous là ? s'exclama-t-il en tournant légèrement la tête vers ses frères.
Pas çà ! Non ! Pas eux ! Je leur avais pourtant demandé de rester à l'écart, pour leur bien !
-Des loups-garous ! Isabella, pitoyable Isabella qui a appelé ses pauvres alliés ! ricana alors Aro en s'approchant de Marcus et moi.
-Bella ! Réagis bon sang ! Laisse-nous nous battre ! Bella ! Les loups vont arriver et se faire détruire ! Bella ! hurlait une voix en arrière-plan.
A chacun de ses cris, mon cœur pulsait dans mes cotes, semblant vouloir s'échapper pour rejoindre la plaine. La voix de mon cœur...Edward...
-Ecoute la voix de ton pauvre petit Edward ! poursuivit Marcus en ricanant. Comment as-tu pu réduire un vampire aussi puissant que lui à ce rôle de geignard, coincé derrière une protection au lieu de nous affronter comme un homme ? Tu es une verrue pour notre monde, petite bâtarde. Quand j'en aurais terminé avec toi et tes pitoyables cabots, ton Edward terminera avec la tête arrachée comme mon ingrate d'épouse...
A ces mots, la colère qui dormait au fond de moi explosa et mon pouvoir irradia de nouveau mon corps et d'un simple coup, j'envoyai voler Marcus et Aro à l'autre bout de la plaine. Mais alors que le reste de la garde reprenait ses esprits et se remettait en action, une odeur me parvint...Les enfants de la Lune...Ils seraient là dans quelques secondes...
-Bella ! hurla de nouveau Edward et je me tournai enfin vers lui. Bella ! Brise ton bouclier et laisse-nous nous battre avec toi !
J'ancrai mes yeux dans ses prunelles, sondant son regard que je reconnaissais désormais. Puis je passai sur l'ensemble des vampires, protégés par ma bulle. Et alors que les loups pénétraient dans la clairière, j'écoutai mon cœur, faisant confiance à ceux qui croyaient en moi, et brisai ma protection.
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(EPOV)
Bella avait fini par reprendre pied et je l'implorai de briser le bouclier qu'elle avait installé pour nous protéger. Mais elle semblait toujours hésitante.
-Laisse-lui juste le temps de retrouver sa confiance en elle, Edward. me souffla Carlisle.
Et comme en écho aux paroles de mon père, elle plongea son regard si particulier dans le mien. Comme si elle sondait mon esprit. Comme si elle sondait son propre esprit. Et je la vis. L'étincelle. Celle qui habitait les yeux de la Bella que j'avais rencontré voilà plusieurs semaines. La Bella qui emplissait mon esprit et avait ramené un semblant d'âme dans mon éternité torturée.
Alors que les premiers Quileute pénétraient sur l'herbe humide, une boule d'énergie nous traversa et le bouclier disparut. Et sans attendre notre reste, nous nous élançâmes tous dans la bataille. Vampires aux côtés de loups-garous.
La lutte faisait rage dans la clairière qui était encore paisible voilà moins d'une heure, mais un cri stoppa net tous les assaillants qui se tournèrent d'un seul homme vers la source de ce son.
Devant nos yeux ébahis, Bella tenait les trois Volturi au sol, englués dans son pouvoir, se tordant sous la douleur des vagues de magie qu'elle leur infligeait. Aussitôt, les gardes italiens se jetèrent à genoux, faisant ainsi acte de soumission.
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(BPOV)
Je les tenais là.
Enfin.
A mes pieds.
Se tordant sous les assauts de pouvoirs que j'envoyais sur eux avec un plaisir désormais non dissimulé. Hurlant sous la puissance de la magie qui s'insinuait dans leurs membres.
Je ne réfléchissais plus, je ne me retenais plus. Je laissais le nécromancien prendre toute la place et agir à sa guise, se délectant de ses proies.
Depuis que j'avais vu le Trium Vira reculer vers la forêt, abandonnant là au beau milieu de la plaine ses gardes, qui croyaient en ses rois, et même leurs épouses, la colère qui grondait en moi avait explosé et prit possession de moi. Corps et âme, j'avais foncée vers les trois rois et leurs regards emplis de terreur. La même que celle qui se lisait autrefois dans les yeux de mon peuple lors des grandes batailles. La même que celle qui avait envahie ma mère alors que son propre frère la jetait sans ménagement sur les dalles anciennes du palais italien juste avant que son mari ne lui ôte la vie. Je voulais qu'ils comprennent ce qu'est la perte de proches. Je voulais qu'ils ressentent la même déchirure que celle qui m'avait traversée le corps durant de si nombreux siècles, pleurant ma mère et mon père. Je voulais qu'ils paient. Qu'ils paient pour toutes ces guerres sanglantes. Qu'ils paient pour les douleurs qu'ils infligeaient. Qu'ils paient pour la mort de mes parents…
Je n'entendais plus le tumulte de la bataille qui se déroulait autour de moi, engluant les trois vampires dans mon pouvoir. Jamais je ne l'avais ressenti aussi fort, aussi puissant. Cette impression de suprématie. Cette sensation d'un pouvoir total sur n'importe quel élément.
Mon corps et mon âme réclamaient…non…hurlaient « vengeance » et après toutes ces décennies de fuite incessante, je pouvais enfin rendre la justice.
Je jouais avec eux, leur infligeant des douleurs suffisamment fortes pour qu'ils comprennent qu'ils m'avaient sous-estimée. Qu'ils comprennent enfin qu'ils avaient perdus. Ils hurlaient, leurs prunelles cramoisies si confiantes jusque là avaient perdu de leur superbe et je m'en délectais. Je maniais le feu d'une main, le vent de l'autre, les unissant avant de les projeter sur les trois vampires qui m'imploraient désormais. Mais je riais à leurs vaines suppliques. Avaient-ils eu une quelconque clémence pour l'un des miens ? Avaient-ils eu la noblesse d'épargner Didyme ?
Non.
Alors je voulais les humilier au plus haut point devant leurs congénères avant de les achever.
Alors que je levais les mains, débutant une énième psalmodie, une voix, lointaine tout d'abord, me détourna de mon objectif premier. Puis elle m'apparut de plus en plus proche, m'obligeant à lever les yeux de mes proies.
Là, à quelques mètres de moi, un vampire se tenait debout, alors que tous les autres s'étaient agenouillés par soumission. Un vampire me tenait tête et me parlait. Un vampire aux yeux dorés. Il avançait pas à pas, se rapprochant lentement de moi, les mains levées, sa voix étouffée par le bouclier que j'avais déployé autour de moi et mes proies. Il semblait inquiet et blessé. A cette constatation, mon cœur eut un soubresaut et le vampire assoupi jusque là au fond de moi se mit à batailler pour refaire surface. A chaque détail repéré sur ce visage parfait, un battement y répondait et mon pouvoir s'amenuisait doucement dans mes veines. Et même si je réussissais à maintenir aisément mon bouclier et mes pouvoirs, je sentais que mon corps reprenait lentement le contrôle.
Sans savoir pourquoi, j'entrouvris alors légèrement mon bouclier, juste pour percevoir sa voix.
-Bella…s'il te plait…ne deviens pas comme eux…Charlie n'aurait pas voulu çà…et au fond de toi, tu ne veux pas cela…Bella…reviens-moi…
Il chuchotait presque, pourtant sa voix chaude emplit mes oreilles et fit battre mon cœur un peu plus fort. Et alors qu'il répétait encore une fois mon prénom, tout se remit en place dans mon esprit.
-Bella…j'ai promis à ton père de toujours être à tes cotés…laisse-moi prendre ma place auprès de toi…Laisse-moi t'aider…
Devant moi, se tenait un vampire. Mais pas n'importe lequel. Non. Devant moi, Edward cheminait mètre après mètre vers moi, cherchant à capturer mon regard dans le sien. Edward. Mon âme-sœur. Le gardien de mon cœur. Ma maison.
C'est là que les paroles de ma mère résonnèrent de nouveau et prirent enfin du sens : mon cœur est auprès d'Edward.
-Bella…c'est moi…calme-toi… chuchotait-il alors qu'il n'était plus qu'à un mètre de moi.
Sa main s'approcha doucement de ma joue et il finit par la déposer tendrement sur ma joue. A ce simple contact, je frissonnai et fermai les yeux pour savourer ce moment. Lorsque je les rouvris, Edward était toujours là, juste devant moi, un sourire sur ses lèvres qui dessinaient un « Bella »silencieux.
Sa main se fit légère et hésitante mais lorsqu'il comprit que j'étais de nouveau moi-même, il passa rapidement son bras sur ma taille, me serrant tout contre son torse, enfonçant son nez dans mes cheveux alors qu'il susurrait, juste pour moi: « ma Bella ».
-Que dois-je faire maintenant, Edward ? pensai-je à l'intention de mon aimé.
-La réponse est au fond de toi, Bella. Écoute ton cœur. Quoique tu décides, je serais toujours là, à tes cotés. me répondit-il en me souriant.
Je fermai les yeux, tentant de réfléchir clairement à tout cela, repensant à tout ce que Charlie m'avait enseigné, à tout ce que ma mère m'avait dit dans mes visions, à tout ce que mon peuple représentait. Mais une plainte me sortit rapidement de ce moment de calme. A mes pieds, Aro tentait de se défaire, en vain, de mon emprise.
Le combat était-il enfin totalement terminé ? Je savais désormais ce que je voulais faire mais les vampires allaient-ils accepter leur défaite ?
Alors? Qu'en dites-vous? Le prochain chapitre est déjà écrit et il sera le dernier. Pour me faire pardonner de mon retard, je vous le posterai...demain !
