Disclamer : L'histoire du Cycle de L'Héritage est à Christopher Paolini.

Résumé : Et si Murtagh avait eut une sœur jumelle ? En quoi cela influencera l'histoire ? Ceci en l'histoire d'une femme, fille du premier des parjures et de sa main noire, qui a décidé d'avancer sans renier qui elle était même si elle porta beaucoup de nom durant sa vie.

Note:J'ai bien aimé écrire la première partie de ce chapitre, elle me plait beaucoup. Comment ça, vous n'en avez rien à faire et vous voulez lire la suite ? C'est moi l'auteur donc c'est moi qui dis quand je vous laisse lire la suite. Je pense que vous allez a-d-o-r-e-r ce chapitre la fin est géniale et va à peine vous donnez envi de me faire passer de la vie à trépas. Comment ça c'est déjà fait et vous voulez lire le chapitre ?

C'est vrai que vous êtes là pour ça et pas pour m'écouter raconter ma vie, mais j'ai besoin de parler, c'est mon psy qui l'a dit (oui, je parle d'un ours en peluche mais vous avez vu le prix d'une heure chez un vrai psy ? Je n'ai pas les moyens moi), alors, écoutez-moi j'ai une voix moi ! Ou plutôt un clavier, mais on s'en moque. Ce n'est pas important.

Allez, Bonne lecture tout le monde.


Chapitre 14 : Lily.

Sylvie se sentit fatiguée et reprit ses explications. Ce n'était pas que faire cours l'ennuyait, elle aimait partager ce qu'elle savait avec les autres. C'était que la jeune fille devant elle demandait des explications sur des choses que tous les enfants rôdeurs savaient. Pour elle, c'était tellement évident qu'elle avait dû mal à l'expliquer à d'autres. Et aujourd'hui, elle allait entamer l'histoire politique de son peuple. Déjà que la politique n'était pas sa tasse de thé, mais l'expliquer à quelqu'un a qui il manque des données... pourquoi avait-elle dit oui à Ajihad ? Ah oui, parce qu'elle n'avait rien à faire et qu'elle s'ennuyait.

- Comme tu le sais maintenant, les Rôdeurs ne sont pas nés en Alagaësia. Parmi les premiers humains à arriver ici, il y en avait un couple, Imladris et son épouse. Imladris avait été exilé par le grand chef des Rôdeurs. Il arriva ici avec ses partisans, même si aujourd'hui, peu de personne le savent. Ils s'emparèrent de toute cette région, expliqua la Rôdeuse en montrant la localisation sur la carte. Ce territoire fût partagé en huit parties. Une pour Imladris et une pour chacun des chefs rôdeurs qui le suivirent dans son exil. Des années plus tard, lorsque les Royaumes Humains eurent solidifié leur pouvoir, ils demandèrent aux Rôdeurs d'en rejoindre un. Mes ancêtres refusèrent et déclarèrent les Terres des Rôdeurs royaume indépendant. C'est ainsi que le fils d'Imladris fût le premier Roi des Rôdeurs. Pendant des siècles, ce titre fût héréditaire jusqu'à ce qu'un de nos Rois décide qu'il ne pouvait pas imposer cette charge à ses enfants. Notre Roi est donc choisit parmi les Seigneurs Rôdeurs. Des questions ?

- Ton titre... Tu es la Dame de la Maison d'Imladris... c'est un peu...

- Étrange ? Ma chère Nasuada, tu viens de mettre le doigt sur le manque d'imagination des Rôdeurs quand il s'agit de trouver un nom. Les différentes Terres portent le nom du Seigneur à qui elle a été donnée par Imladris. Conclusion : demande à un Rôdeur de te faire un plan qui en principe ne marche pas et qui miraculeusement va fonctionner, mais jamais de trouver un nom. Et on dit « Seigneur de la Maison d'Imladris », pas « Dame ». Je suis une Dame, mais j'ai le titre de Seigneur car que je sois une femme n'a aucune importance pour mon peuple, ma chère.

- Les Rôdeurs se moquent donc du sexe de la personne en face d'eux, n'ont pas d'idée originale pour les noms et sont fiers de leur mauvaise réputation, résuma la Vardenne.

- En gros oui. Que sais-tu des légendes des Rôdeurs, Chérie ?

- Je t'ai déjà demandée de ne pas m'appeler comme ça.

- Ce n'est pas la réponse que je voulais entendre, ma chère.

- On dit que certains ont des pouvoirs propres à leur famille. Mais ce ne sont que des histoires, n'est-ce pas ? Demanda l'autre jeune fille en soupirant.

- Tout conte à un fond de vérité à la base. Maintenant, je ne te parlerai pas des secrets de mon peuple.

- C'est donc vrai, comme pour les anneaux des Seigneurs Rôdeurs ?

La Rôdeuse retira sa bague et la tendit à la fille d'Ajihad pour que celle-ci puisse bien la regarder. Nasuada retourna le bijou de tout le sens alors que des milliers de questions de formèrent dans son esprit. Sylvie voyait qu'elle commençait tout juste à entrevoir la face cachée des Rôdeurs et que le jeune Vardenne n'aimait pas trop ce qu'elle découvrait.

- La magie, soupira Nasuada. Elle est étrange et me mettra toujours sur la défensive.

- Elle me pourrit la vie depuis ma naissance, mais j'ai un don qui est aussi une malédiction. Ma vie a été telle que je n'ai pas pu faire autrement que de devenir la Gardienne d'Arlien (1). Je n'ai pas eu le choix.

- On a toujours le choix, répliqua la demoiselle rebelle en rendant l'anneau à la dame rôdeuse.

- Je suis la dernière de ma famille à pouvoir diriger la Maison d'Imladris. Ma lignée s'est presque éteinte, nous ne sommes plus que deux. Et le deuxième n'est pas un Rôdeur. Mon peuple ne l'acceptera jamais, ma chérie, si il y a eut choix, ce n'était pas le mien.

- Ça doit être dur d'être seule.

- Je l'ai été pendant longtemps. Puis un jour, un homme est rentré dans ma vie, il m'a appris que je pouvais faire plus que de survivre. Je me suis fait des amis. Je me suis mariée. J'ai été heureuse... Mais il m'a quitté pour un lieu où le malheur n'existe pas.

- Je suis désolée... murmura Nasuada. Je ne savais pas...

- Peu de personnes le savent. Et puis tu n'as pas à être désolée, tu n'es pas responsable de sa mort. Nous n'avons été mariés qu'une journée avant qu'il parte chez les Vardens. J'ai dit « oui » pour ne pas manquer cet instant et n'avoir aucun regret si la mort devait venir chercher l'un de nous. Il est né avant moi, il est parti avant moi. Je dois m'habituer à cette idée car je n'ai presque plus mal en pensant à lui.

La Vardenne ne dit rien et la Rôdeuse lui en fut reconnaissante. Les petits riens comme « Ren aurait aimé » ou « Si seulement Ren voyait ça » lui faisaient encore mal, mais c'était devenu supportable. Maintenant, elle arrivait à en parler. Il y a encore une semaine, elle ne l'aurait pas pu. L'éloignement des lieux qui sont rappelait son défunt mari lui faisait du bien et l'aidait à penser à autre chose.

- Lily, pourquoi ont dit des Rôdeurs qu'avec eux on ne sait jamais qui ils sont ?

- Parce que nous donnons rarement notre nom de naissance, répondit Sylvie. Les noms ont un pouvoir et nous nous méfions de ceux que l'on ne connait pas bien. C'est pour ça que tu peux entendre plusieurs personnes m'en donner des différents. Ma tante est connue sous un autre nom que celui de sa naissance.

- Lequel est-ce ?

- Zinnia. Elle était Dragonnière et Reine des Rôdeurs. Elle fût la première personne à avoir ces deux titres. Il y avait déjà eut des Seigneurs Rôdeurs Dragonniers, mais jamais un Roi Rôdeur Dragonnier... même si elle n'eut pas le temps de devenir la Gardienne d'Espa (2).

- Mon père m'en a raconté l'histoire, il y a longtemps. Mais attends, si tu es sa nièce, alors tu es la... s'étonna la Vardenne en regardant son interlocutrice avec des grands yeux surpris.

- Tu veux sans doute dire, « la fille de Morzan », ma chère ?

Nasuada ne savait pas où se mettre. Il pouvait être normal que le serviteur favori du Roi ait un jour eut un enfant. Mais ça ne pouvait pas être Lily. Elle ne pouvait pas être l'enfant d'un traitre, ça ne collait pas avec le personnage. Elle était trop gentille. Mais d'un autre côté, c'était cruel de dire qu'une personne ne pouvait pas d'être quelqu'un de bien parce que son père était un monstre. Elle regarda la Rôdeuse devant elle. Ajihad lui avait dit qu'il lui faisait confiance et qu'il lui confirait sa vie sans la moindre hésitation. La brune ne devait pas avoir plus de dix-huit ans, elle dirait même un peu moins. Quand la Vardenne avait compris qui elle était, il était apparu quelque chose dans la façon de se tenir de la Dame... une peur d'être rejeter à cause de sa naissance. Une peur née d'une faute qui n'était pas la sienne. Pour ne pas blessée cette jeune fille qui était écrasée par tant de fardeau, Nasuada lui sourit.

- Mon père sait de qui tu es la fille et si il te laisse libre de tes mouvements, c'est que tu es un aillé. Alors, je te fais confiance, même si Lily n'est surement pas ton véritable nom.

- Pour connaître mon vrai nom, il faudrait que je fasse une quête personnelle. Mais tu veux sans doute parler de mon nom de naissance et oui, ce n'est pas Lily.

- Mais tu ne me le diras pas.

- Le jour où mon frère vient ici, je te le dis, promis la Rôdeuse en tendant la main.

- Marché conclus, fit Nasuada en serrant la main de l'autre. Si cette situation se produit, je te rappellerai ta parole et tu me répondras clairement au moins à cette question.

- Et comme ce n'est pas demain la veille, j'ai tout mon temps. Allez, la pause est finie, il faut retourner en cours ou ton père ne va pas être content. Où en étions-nous ?

- A la magie et aux Rôdeurs.

La brune soupira. Il fallait qu'elle trouve comment parler de ça sans révéler des secrets qui appartenaient aux Rôdeurs et qu'elle n'avait pas le droit sans la permission de son Roi de raconter. Elle allait parler de la naissance des anneaux.

- C'est les Rôdeurs qui ont passé le pacte avec les Dragonniers qui a permis aux Humains de se lier avec les Dragons. Les Rois n'ont fait que suivirent, mais ça c'est une autre histoire. Pour symboliser cet accord, les meilleurs artisans Rôdeurs taillèrent dix anneaux. Chacun dans un bloc d'une pierre précieuse différente. Neuf pour les Seigneurs des Rôdeurs et leur Roi. Un pour le Chef des Dragonniers. Personne ne sait pourquoi, mais les Dragons s'unirent et donnèrent à chaque bague un pouvoir qui lui est propre et des capacités communes à toutes.

- L'anneau que tu m'as montrée... ça en est un ?

- Arlien, l'anneau d'énergie, celui de la Maison d'Imladris. Taillée dans un seul et unique bloc d'Arlien (3). Arlien dont le nom veut dire « énergie » dans la langue de mon peuple. Arlien dont j'en suis la Gardienne. Arlien qui est la charge de ma famille. Ce n'est pas qu'un pouvoir, c'est une chaine, une obligation à laquelle je ne peux pas couper. C'est une tache que mon héritier aura après ma mort ou si je lui cède ma place. C'est un devoir. C'est un rappel de ce que je peux faire ou non.

- Tu as parlé d'un autre gardien, celui d'Espa.

- Espa est l'anneau du Roi des Rôdeurs, c'est lui qui en est le Gardien.

- Alors, Galbatorix a cet anneau. Est-ce de là qu'il puise une partie de son pouvoir ?

- Ma chérie, si tu veux vivre longtemps, je vais te donner un petit conseil. N'essayes jamais, même si c'est ta seule chance de liberté ou te survie, absolument jamais de prendre à une personne l'un de ses anneaux contre son gré. Hors on considèrent, enfin, la plus part des gens pense que la torture est un moyen qui oblige un peu de faire quelque chose que l'on ne veut pas faire.

- Que se passe-t-il si on vole un des ses anneaux ?

- A côté du châtiment immédiat qu'il te fait subir, un séjour dans les geôles du Parjure est un rêve et la mort est la bien venue. Ces bagues font tout pour revenir à leur légitime propriétaire dès qu'ils sont près à les avoir. Elles ont beau être attirante, il ne faut pas oublier que pour n'importe quel pouvoir, il y a un prix à payer. Et peu de gens sont près à passer à la caisse pour ce qu'ils veulent le plus.

Nasuada eut soudainement froid. Ce que la Rôdeuse racontait lui donnait froid dans le dos. Elle savait qu'il y avait toujours une contrepartie quand on faisait quelque chose, mais l'entendre dire comme ça, comme si tout le monde en avait conscience et qu'on ne pouvait rien y faire. Ça lui semblait comme... comme résigner. Et ça, ça ne lui plaisait pas. La Dame devant elle était trop... trop sans espoir pour elle, elle n'aimait pas ça. Elle, elle voulait croire en l'avenir et qu'on pouvait agir sur le futur. Cette résignation... même si elle n'était sans doute pas dans tous les sujets... elle ne pouvait s'y résoudre.

- Que veux-tu le plus, Lily ?

- Je ne sais pas. Je veux beaucoup de chose. Je prendrai ce que la vie me donnera... ce qui ne m'empêchera pas d'essayer d'avoir ce que je veux réellement.

La Rôdeuse sourit à la Vardenne. Et oui, elle n'était si résignée à son destin que ça. Elle avait encore des rêves même si jamais elle ne pourrait les réaliser, elle voulait y croire. Quand on a tout perdu, les rêves sont tout ce qui nous reste et elle le savait très bien.

- Tu es une guerrière, une combattante, constata Nasuada. Tu sais te battre, mais tu sais aussi quand ne pas te battre. Tu sais être suffisamment menaçante pour que les hommes te respectent sans qu'ils se doutent de tes capacités. J'ignore si je pourrai un jour être comme toi.

- Pourquoi dis-tu ça ?

- Là, dans ta tenue de cuir et de velours noir, tu sembles si fragile alors que tu portes un pantalon et un justaucorps. Aucun n'ose te dire que ta tenue est indécente, mais aucun ne te fouillera pour voir si tu n'es pas armé. Pour eux, tu es juste une Rôdeuse donc un peu excentrique, personne ne voit que tu es dangereuse alors que toute ta tenue le crie au monde. Seules les femmes le voient parce qu'elles ne voient pas tes grands yeux noirs, ta peau claire ou ta jeunesse. Elles voient une personne charmante à l'aire fragile mais qui ne l'est sans doute pas tant que ça.

- Alors que pour les hommes, je suis une étrangère venant d'une contrée attirante et donc une personne exotique avec d'autres habitudes qu'eux, compléta la Dame rôdeuse. Et ça m'aide à être sous-estimée.

- Oui, c'est ça.

- Je mets une robe depuis que je suis ici. Je suis juste plus à mon aise dans ma tenue de voyage qu'en jupon. C'est la première fois depuis que j'ai rencontré ton père que je porte un pantalon. En réalité, je montre aux hommes ce qu'ils veulent voir. Tant qu'ils pensent que je n'ai aucune expérience politique ou de bataille, ils ne se méfieront pas de moi plus que je le veux. Quand un homme voit une femme, il s'attend à voir quelque chose de fragile. Je leur donne ce qu'ils veulent voir pour pouvoir en faire ce que je veux.

- Tu utilises des préjuger pour faire ce que tu veux...

- Sans qu'ils se rendent compte. Qu'est-ce la politique ? C'est de parler en souriant tout en te préparant à planter une lame dans celui d'en face. Le jeu de la politique est plus risqué que celui de la guerre. Dans les deux, faire confiance à la mauvaise personne signifie ta chute, mais dans le premier, chaque mot que tu dis, peut et sera réutilisé contre toi si tu ne prends pas garde.

- Je vois. Il faut donc que j'apprenne à manipuler si je veux aider mon père.

- Je te montrerai les bases, mais pas aujourd'hui, je dois aller rencontrer les Elfes.

- Ma première leçon de politique féminine : adapter sa tenue à la situation.

- C'est quelque chose qu'il faut toujours faire, allez, maintenant je dois vraiment y aller, chérie.

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Arya était belle. D'une beauté trop parfaite pour être honnête. Dès le premier coup d'œil, Sylvie aurait pu dire que l'Elfe était une combattante, maintenant, elle pouvait dire que c'était une prédatrice et que son apparence faussement fragile et délicate était un masque. Un masque mortel si on ne faisait pas attention. Un masque de chasseur. Que font deux chasseurs quand ils se croisent ? Ils se jugent, ils cherchent la faiblesse de l'autre pour avoir un avantage. Ils veulent savoir qui est le dominant. Enfin, la dominante dans cette situation là. Que ce soit au combat ou en magie, l'Elfe pouvait la battre sans trop de problème, quoiqu'elle fasse, la jeune humaine savait qu'elle ne sera jamais assez rapide pour gagner. Mais elle ne plierait pas. C'est totalement hors de question.

Des trois Elfes présents, c'était bien l'Ambassadrice la plus dangereuse, les autres étaient une escorte donc aucun poids politique même si ils étaient aussi mortels que la femme dans un combat au corps à corps. À ce niveau de là, elle n'avait aucune chance de pouvoir les battre, il ne fallait pas rêver. Elle se donnait deux minutes maximum avant de perdre et seulement si ils voulaient « jouer » avec elle. Et ces deux minutes avaient été donné assez généreusement. Pour résumer se méfier des Elfes qui un jour pouvaient lui sourire et le lendemain décider qu'elle serait mieux six pieds sous terre. En plus, elle venait à peine de les rencontrer, ça n'aide pas à faire confiance.

- Tu nous accompagneras jusqu'à la limite des Terres elfiques. Après tu feras demi-tour avec ton compagnon, déclara Arya d'un ton neutre mais qui ne laissait pas de place pour la moindre protestation.

- J'adore avoir le rôle de la vieille chaussette, ironisa la Dame rôdeuse.

La femme elfe haussa son fin sourcille avant de sourire amusée.

- L'ironie à tout bout de champs, est-elle propre aux Rôdeurs ? Demanda-t-elle.

- Non, c'est ma marque. Par contre, l'insolence est un sport national.

Les trois elfes éclatèrent d'un rire cristallin mettant Sylvie et Wedge mal-alaises. La fille de Morzan avait l'impression d'être un lapin que le loup voulait charmer. Il fallait bien reconnaître qu'elle devait être l'une des rares humains à se méfier instinctivement des Elfes. D'un autre côté, il fallait bien qu'elle reconnaisse qu'à part de rare exception, elle ne faisait pas confiance aux humains.

- Quel est ton nom ? L'interrogea la princesse.

- J'ai tellement eut de noms que la vrai question est : lequel n'as-tu pas porté ? Aujourd'hui je suis Lily, mais demain, qui sait ? Répondit la brune en faisant un sourire en coin. Mais en ce qui concerne notre affaire, pour votre confiance, je dois vous dire deux mots : elrun ono (4).

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L'homme n'en pouvait plus. Il sentait que bientôt viendra le moment où il ne pourra plus se taire et où il parlera. Le lieu où il était... cette salle... à une époque, il avait été respecté avant d'être souillé par Galbatorix. Ce parjure qui avait fait de lui le nouveau « Parle-Vrai ». Il le haïssait pour ça. Mais il savait très bien que sa haine ne servait à rien et qu'elle était vaine. Bientôt le Traitre allait craquer et forcer son esprit et il trahira les siens. Il la trahira. Il n'avait aucun moyen de s'enfuir, aucun lieu où se cacher. Ici il n'était rien. Alors qu'il y a, il ne savait plus quand, juste que ça devait faire des siècles, il était l'homme le plus riche de l'univers car Elle lui avait dit oui. À lui, pas à un autre. Et qu'elle lui appartenait. Elle était jeune, elle était belle et elle devait le croire mort. Parfois, il aimerait tant que ce soit le cas. Il ne voulait pas les trahir, La trahir. Mais il savait que tôt ou tard ce moment arrivera. Il pouvait juste demander aux étoiles de lui pardonner car Elle ne le fera pas, Elle n'en avait pas le droit. Elle était un Seigneur des Rôdeurs, Elle devait donner tout à leur peuple, même si ça voulait dire sacrifier ses sentiments. L'homme entendit des bruits de pas dans le couloir. Il sut que l'autre erreur de la nature revenait le tourmenter. Au fond de lui, il espéra qu'il essayera de forcer son esprit au lieu de le replonger de nouveau dans un mensonge à l'allure de rêve. Il n'en pouvait plus. Si sa vie ne prenait pas fin bientôt, il allait se parjurer et devenir un traitre... comme son beau-père. Comme l'homme qui aujourd'hui encore terrifiait celle que le prisonnier aimait. Combien de fois s'était-elle réveillée la nuit à cause d'un cauchemar dont ce monstre était à l'origine ? Trop souvent. Et il allait devenir comme lui. Il allait la perdre. Vu l'attente, il s'était tromper. Le Fou ne revenait pas. Il allait devoir continuer à l'attendre. C'était ça le pire.

Lorsqu'il aura céder, plus jamais elle voudra l'aimer. C'était la seule certitude qu'il avait. Jamais elle ne pourrait le lui pardonner. Elle le croyait mort. L'autre n'avait pas attendu longtemps avant de dire que les Rôdeurs le croyaient mort. Il la revit et leur dernière nuit ensemble. Soudain, il réalisa ce qu'il était entrain de faire. Il ne devait pas faire ça. Il ferma les yeux et se calma. Alors, il prit tout ce qui la concernait et enferma tous ces souvenirs au fond de son esprit, là où jamais ce monstre ne pourra aller sans le détruire. Il y mit également tous les secrets concernant son peuple.

Lorsqu'il ouvrit les yeux, il eut l'impression d'avoir oublié quelque chose, mais il ne savait pas quoi. Il savait qui il était, où il était, mais il manquait quelque chose d'important dans sa tête. Il passa très vite à une autre pensée car de toute façon, il avait d'autres problèmes pour l'instant qu'un trou de mémoire.

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Un peu plus de deux ans plus trad.

Le vent emportait leur odeur loin devant eux. Elle ne voyait rien dans l'obscurité malgré ses yeux habitués à la nuit. Elle s'efforça à se calmer. Ce n'était pas la première fois qu'ils faisaient se trajet, alors pourquoi avait-elle un si mauvais pressentiment ? Ils étaient cinq. Deux Rôdeurs et trois Elfes. Personnes n'oseraient les attaquer à la frontière du pays des Älfakyn (5). Personne n'était assez fou pour faire ça. Et pourtant, elle avait l'impression que d'un moment à l'autre tout ça prendrait fin. Qu'un drame allait se jouer et qu'elle allait en être un des personnages. Plus ils avancèrent, plus son malaise grandissait. Il se passait quelque chose. Elle transmit cette pensée à Arya qui fit changer ses gardes du corps elfiques de place. L'humaine aurait voulu lui signaler que ce n'était pas suffisant, mais elle connaissait encore trop mal les deux hommes elfes pour savoir toutes leurs capacités.

Puis le vent tourna et les chevaux lancèrent un avertissement. Tous, comme un seul homme, firent demi-tour en prenant garde à rester encore Arya et le danger. Les flèches se mirent à pleuvoir et l'enfer se déchaina. Un mot retendit.

- Garjzla (6)!

La jeune Rôdeuse aperçut celui qui avait lancé ce sort sur la Porteuse de l'œuf. De lui, elle ne percevait que noirceur et il était comme... elle avait l'impression que plusieurs esprits étaient en lui. Un Ombre, comprit-elle. Elle se jeta à terre pour éviter les flèches. Elle avait peu de chance de survivre, mais elle allait vendre chèrement sa peau. Ça c'était un fait dont ses adversaires pouvaient être sûrs. La brune avait réussit à éviter toutes les flèches, sauf deux. Une qui restait figée dans sa jambe et l'autre qui l'avait attente entre les côtes. C'était mal partit. Elle pouvait à peine se redresser alors, se battre... Elle attrapa son arc et ses flèches. Elle allait se battre pour offrir du temps à Arya. Avec l'Ombre dans le coin, elle ne pouvait pas utiliser la magie sous peine d'être tuée très vite. Alors qu'elle était résigné, Wedge se mit devant elle. Après tout ce bordel, elle lui dirait à quel point il avait été stupide de la faire passer avant le futur de tout le pays. L'homme l'aida à se redresser et c'est côte à côte qu'ils se battaient malgré les flèches qui pleuvaient sur eux.

- Occupez-vous d'elle ! Ceux-là ne m'intéressent pas ! Rugit l'Ombre.

Les monstres grognèrent et se ruèrent sur le sentier laissant les Rôdeurs et deux des elfes sur le carreau. La femme se retourna et vit que nous, il n'y avait plus d'elfes, juste deux morts. Alors, elle regarda son mentor et s'aperçut qu'il était à terre, plusieurs traits dans sa poitrine. Aux flèches sur le sol, elle sût que si elle en retirait une, elle ferait plus de mal que de bien.

- Wedge, l'appela-t-elle d'une voix blanche.

C'est à ce moment là que les blessures de son corps lui firent mal et qu'elle tomba dans la poussière. En pleurant comme une enfant, elle se traina vers lui. Elle finit par arriver à la hauteur du visage de l'homme. Elle s'apprêta à lancer un sort dans la main de l'ainé se posa sur sa paume. Elle ne voulait pas comprendre ce qu'il voulait. Il ne pouvait lui demander ça. Il ne pouvait pas vouloir ça.

- Tu en auras besoin pour survivre. Ne faits pas ça et laisse-moi partir dans la dignité au lieu de t'acharner. Contre l'inévitable. Nous passons tous de l'autre côté tôt ou tard. Pour moi c'est l'heure... mais pas pour toi, lui dit-il avec la douceur d'un père.

- Wedge... l'appela-t-elle alors que les yeux du vieil homme commencèrent à se voiler. Tu ne vas pas mourir, je vais te sauver.

- Mais tu l'as déjà fait. Tu as été ma rédemption. Il y a longtemps j'ai fait une faute et aujourd'hui je la paye. C'est l'ordre des choses.

L'homme se mit à tousser avant de dire ça.

- Me battre à tes côtés a été un honneur, Ma Dame. Je ne pouvais pas rêver meilleur élève que vous et ça fait bien longtemps que vous avez fini par me dépasser. Aujourd'hui, je suis en paix avec le monde, avec moi-même, dit-il avant de pousser son dernier soupir.

- Va en paix... fils des Rôdeurs, murmura la jeune femme avant de pleurer tout ce qu'elle savait.

Lorsqu'elle n'eut plus de larme, elle tomba à côté de l'homme. Sa dernière pensée fût une révolte à l'idée de finir ici de cette façon, il y a tant de chose qu'elle aurait voulu faire et connaître. Elle ne pouvait pas mourir alors qu'elle n'avait pas vingt ans. Mais très rapidement, les ténèbres étouffèrent ses pensées et l'entrainèrent loin de tout ça. A la fin, tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle avait froid.


Oui, je sais, je ne suis pas gentille de terminer mon chapitre comme ça. Mais bon, vous vous y habituer. Ou pas. Il faut bien que j'avoue que j'ai eu du mal à écrire ce chapitre et à relier les deux points que je voulais y mettre, mais je l'ai fait, alors je m'auto-félicite et me permets de vous rappeler que c'est vos reviews qui me payent, alors ne soyer pas timide et laissez-en.

Allez, à la revoilure.


(1) Anneau appartenant au Seigneur, ou à la Dame, de la Maison d'Imladris. Il est également appelé « L'Anneau d'énergie ». Il a été taillé dans un seul bloc de pierre d'Arlien, dont il porte le nom. Chaque anneau des Seigneurs Rôdeurs à un pouvoir propre, mais ils permettent également d'ouvrir ou de baisser la barrière protégeant les Terres du Seigneur qui en est le Gardien.

(2) Anneau appartenant au Roi, ou à la Reine, des Rôdeurs. Le roi en prend possession cinq ans après son couronnement. C'est à ce moment qu'il renonce à être le Gardien de l'Anneau de sa Maison et qu'il donne son titre de Seigneur des Rôdeurs à son héritier. Il a son nom, Espa, à partir de la contraction du nom de la pierre d'Espareldar dont il est taillé. Dans la langue des Rôdeurs, le nom de la pierre qui le compose, Espareldar, veut dire « Voyager loin ».

(3) La pierre d'Arlien change de couleur selon l'humeur de l'être vivant dont la peau, les poils ou les écailles, sont à son contact. Elle ne se trouve que sur les Terres des Seigneurs Rôdeurs, en particulier sur les Terres du Seigneur d'Imladris. Comme les Rôdeurs sont en froid avec l'Empire depuis l'arrivée de Galby au pouvoir, cette pierre précieuse vaut une véritable fortune surtout que mal travailler, elle a l'aspect d'un simple caillou noir. Seuls les artisans des Rôdeurs savent comment la tailler pour faire apparaître sa couleur et révéler toute sa splendeur.

(4) Merci.

(5) Le peuple des elfes.

(6) Lumière.