Chapitre 14 : Réactions et révélations
Harry, Ron et Hermione entrèrent dans le hall du 12, Square Grimmauld aussi silencieusement que possible afin de ne pas réveiller l'hideux portrait de Mrs Black et pénétrèrent à pas de loup dans la cuisine. A leur entrée, un petit homme avec un immense chapeau haut de forme violet sursauta et ledit chapeau tomba au sol.
'Ah, par Merlin, vous m'avez fait peur ! Mais… mais…' Bafouilla-t-il en montrant Harry du doigt, 'Vous êtes Harry Potter !'
'Bonsoir, Mr Diggle, excusez-nous, nous ne faisons que passer.'
'Oh, mais il n'y a aucun problème, au contraire ! Vous désirez quelque chose ? Du thé, du café ? Si vous voulez, il me reste un peu de buche au chocolat dont Mondingus n'a pas voulu. Il a fté Noël avec un peu trop d'entrain celui-là.'
Il désigna d'un geste Mondingus Fletcher ronflant bruyamment sur la table en bois, puis se baissa pour ramasser son chapeau.
'Non merci. On aimerait juste savoir où ont été stockés les objets ensorcellés trouvés lors du ménage ?'
'On, je ne sais pas trop.' Répondit machinalement Diggle en époussetant son haut de forme, 'Dans le grenier je suppose. Vous êtes sûrs de ne pas vouloir de bûche ?' Il les quitta des yeux pour vérifier dans le reflet d'un plateau d'argent si son chapeau était bien droit : il le réajusta un peu.
'Non, non merci.' La porte claqua. Deadelus Diggle se redressa et vit que la pièce était vide. Il haussa les épaules et s'assit sur le banc de bois, attirant à lui le morceau de bûche restant.
Harry, Ron et Hermione cherchèrent le médaillon un très long moment. Ils déplacèrent des armoires, vidèrent des cartons, examinèrent des objets, fouillèrent des malles et avalèrent beaucoup de poussière mais ne trouvèrent pas la moindre trace du médaillon doré avec un serpent dessus.
'Mais où est-il ?' S'exclama Harry, frustré.
Il venait de retourner complètement une caisse en bois et avait bien failli se faire mordre par une théière hargneuse, qu'il avait aimablement jetée contre le mur.
'C'est bizarre,' dit Ron, 'j'ai l'impression qu'il manque des choses. Je n'ai pas vu la tabatière tarabiscotée qui faisait une drôle de musique.'
'Ni les fioles contenant des poisons inconnus.' Fit Hermione en tournant les pages d'un vieux livre poussiéreux. Elle le referma d'un claquement sec et le posa sur une pile à côté d'elle. Ron s'approcha d'elle et jeta un coup d'œil à la couverture.
'Les joies de la torture entre amis. Charmant.'
Hermione ne tint aucunement compte de sn commentaire et poursuivit comme si elle n'avait pas été interrompue.
'En fait, maintenant que j'y pense, il manque pas mal de choses, comme si quelqu'un avait fait le ménage avant nous.'
Il y eut un instant de silence durant lequel ils s'entreregardèrent.
'Mondingus.' Dit Ron.
Harry s'élança vers la porte et descendit l'escalier en trombe sans même vérifier si ses amis le suivaient. Il trouva Mondingus Fletcher comme ils l'avaient laissé, affalé sur la table de la cuisine et le prit par le col pour le secouer sans ménagement devant un Deadelus Diggle ahuri et avec de superbes moustaches de chocolat.
Se réveiller face à un Harry Potter furieux n'est en rien une expérience agréable et Fletcher aurait fortement choisi de l'éviter si on lui avait laissé le choix. Ses yeux s'écarquillèrent de peur lorsqu'il eut compris la situation et la seule idée à peu près cohérente qu'il parvint à exprimer fut :
'Qu'i's'passe ?'
'Le médaillon, andouille, le médaillon doré, où est-il ?'
'Quoi ?'
Ron et Hermione entrèrent à cet instant et s'arrêtèrent à la porte, inquiets.
'Harry, calme-toi !'
'Oui, ce n'est pas en le secouant comme un prunier qu'il pourra te répondre, mon vieux.'
Harry inspira profondément et recourut à l'Occlumencie pour se débarrasser de tout sentiment de colère. Son expression devint neutre et son regard irradiant d'une fureur contenue prit l'éclat froid de la glace.
Il se tourna vers Fletcher qu'il tenait toujours par le col et demanda d'un ton calme, presque poli :
'Où est-il ?'
Même Mondingus, tout hébété qu'il était perçu le changement : l'adolescent colérique qui trépignait il y a à peine quelques secondes devant lui pour obtenir ce qu'il désirait avait laissé place à un homme dont la détermination et la puissance ferait fléchir le plus courageux. Or, courageux, Mondingus ne l'était guère, et il ressentit un bref instant l'impression diffuse de respect que seul Dumbledore imposait jusque là. Potter le regarda avec ses yeux émeraude qui brillaient intensément et leur environnement s'estompa peu à peu en volutes de fumée…
Mondingus se sentit soulevé de terre, vit une porte s'ouvrir devant lui et le gérant le jeta violemment dehors. La rencontre brutale avec le sol fut douloureuse, même si la bous en amortit nettement le choc. Crachant et pestant, contre 'ces abrutis qui ne connaissent rien au dur monde des affaires', il ramassa le sac en toile de jute et les objets qui s'étaient éparpillés lors de son vol plané. Il balança une coupe dans son sac et secoua quelques vielles robes brodées d'or, maintenant couvertes de terre.
Il aprecut plus loin un médaillon tombé aux pieds d'un passant. Mondingus tendit la main pour le récupérer, mais le personnage encapuchonné se pencha et le ramassa avant lui et le contempla un moment.
Il voulut le reprendre et le réclama d'une voix qu'il espérait menaçante. L'autre ignora ses paroles et demanda le prix. Mondingus hésita, puis lui indiqua le double de la somme à laquelle il espérait s'en débarrasser, après tout, il fallait bien compenser le bain de boue.
L'autre lui tendit la somme sans même chercher à négocier et du coup, Mondingus regretta de ne pas avoir demandé plus. Espèces sonantes et trébuchantes dans la main, il voulut voir à quoi ressemblait son étrange client.
Dans l'ombre du capuchon, il distingua des mèches blondes en bataille encadrant un visage anguleux aux traits fins et deux yeux bleus étincelant d'un éclat métallique et intelligent…
Mondingus hoqueta et reprit conscience de son corps. Harry le tenait toujours fermement par le col et l'observa d'un air impénétrable. Il desserra lentement sa prise et Fletcher s'écroula comme une loque. Harry, le teint de cendre, s'appuya sur la table.
Un silence quasi religieux régnait dans la pièce alors que tous l'observaient d'un air anxieux.
Le jeune homme se tourna vers Ron et Hermione :
'Venez, nous n'avons plus rien à faire ici, le médaillon n'est pas là.'
'Tu sais –' Commença Ron. Il s'interrompit lorsqu'Hermione lui donna un coup de coude dans les côtes.
Ils sortirent en silence à la suite d'Harry et saluèrent d'un signe de tête Deadelus Diggle au passage.
La porte du 12, Square Grimmauld se referma derrière eux. La neige avait cessé de tomber, un tapis blanc recouvrant le sol, presque fluorescent dans l'obscurité de la nuit. Harry se tourna vers ses amis et leur tendit les mains.
'Accrochez-vous à moi. Nous allons faire un transplanage d'escorte.'
'Et où va-t-on ?' Questionna Hermione.
'Nous allons rendre une petite visite à Elizabeth Hawkeye.'
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Ils transplanèrent dans le vestibule avec un crack ! sonore. Harry s'avança dans le salon faisant fi des règles les plus élémentaires de politesse. Elizabeth Hawkeye n'eut même pas l'air surprise de le voir débarquer ainsi, ses amis un peu égarés sur les talons.
'Re-bonjour, Potter. Les vacances sont déjà finies ?' Dit-elle d'un ton posé, une tasse de thé à la main.
'Pourquoi ne m'avez-vous jamais dit que vous aviez acheté le médaillon de Serpentard ? Avant que vous ne perdiez la vue ?' Demanda Harry tout de go.
Silence.
'Tu ne me l'a jamais demandé.' Répliqua-t-elle.
Un autre silence, plus long cette fois, puis le jeune homme paru se souvenir que Ron et Hermione ne connaissaient pas sa professeure.
'Ron, Hermione, je vous présente Elizabeth Hawkeye, maître en occlumencie et en duels, Hawkeye, voici Ron Weasley et Hermione Granger.'
'Bonjour.' Dirent-ils en chœur.
'Une tasse de thé ?'
Ron et Hermione hochèrent la tête et les trois amis s'assirent autour de la table. Elizabeth leur servit une tasse fumante dont ils burent quelques gorgées en silence. Lorsqu'ils eurent reposé leur coupe et se furent tournés vers l'aveugle, celle-ci commença son récit :
'J'ai connu Regulus Black dans le Poudlard Express qui nous emmenait vers notre première année à Poudlard. Nous avons été séparés lors de la Répartition, lui allant à Serpentard, moi à Serdaigle, mais nous sommes restés de très bons amis, toujours prêts à braver le couvre-feu ensemble pour dénicher des plantes dangereuses dans les serres, voler des livres dans la réserve ou tout simplement faire une ou deux blagues à des Gryffondors et des Poufsouffles (elle eut l'élégance de prendre un air contrit). Nous nous entendions très bien, même si ses amis Serpentards ne me plaisaient pas beaucoup.'
La manière dont elle prononça la dernière phrase laissa Harry supposer que Regulus Black et elle s'entendaient beaucoup pus que 'très bien'. Préférant ne pas connaître tous les détails, il posa une autre question qui lui brûlait les lèvres.
'Vous avez connu les Maraudeurs ?'
'Je les connaissais de réputation, oui, mais sans plus. Regulus ne parlait presque jamais de son frère, Sirius, même si je crois qu'il le jalousait un peu.'
Elle fit une pause et en profita pour boire une gorgée de thé.
'Nous nous sommes perdus de vue après Poudlard. J'ai suivi une formation d'Auror et suis entrée dans la Brigade à l'apogée de Voldemort, en septembre 1981. Le soir même de mon premier jour de mission, j'ai reçu une longue lettre de Regulus, dont je n'avais pas eu de nouvelles depuis trois ans.
'J'ai cru qu'il était tombé sur la tête. Il me parlait de médaillons, de morceaux d'âme et de grotte dans laquelle il se serait rendu. Il m'a décrit très précisément le bijou qu'il prétendait avoir appartenu à Serpentard en personne et me donnait rendez-vous dans ce même pub miteux où nous nous sommes rencontrés, Potter.'
'Et qu'est-ce que vous avez fait ensuite ?' Demanda Harry.
'J'avoue à ma grande honte que je n'y suis jamais allé et ce pour de nombreuses raisons : sa famille était versée dans la magie noire et mon rôle d'Auror m'interdisait de lui faire entièrement confiance ; et je crois que je lui en voulais horriblement de ne pas avoir donné de nouvelles jusque là.'
Je suis donc restée tranquillement chez moi, pendant que lui a dû m'attendre longtemps, assis seul à sa table. Trois jours plus tar, l'équipe dans laquelle j'étais retrouvais son cadavre en pleine campagne. L'enquête montrait qu'il avait été exécuté par un mangemort et Regulus portait la Marque des Ténèbres, conclusion : assassiné pour avoir tenté de retourner sa veste.
'J'ai alors démissionné de mon poste d'Auror et je suis restée vivre ici avec mes remords, jusqu'à ce qu'un jour, au beau milieu de l'Allée des Embrumes, je tombe sur une sorte de charlatan, le genre de type capable de vendre des chaudrons troués et volés. Le type avait un médaillon, fort semblable à celui décrit dans la lettre de Regulus, dont je connaissais chaque mot par cœur, tant je l'avais lue et relue toutes ces années. Je lui ai acheté pour la modique somme de vingt gallions, sur un coup de tête, parce qu'il représentait une sorte de… de dette que je devais à mon ancien ami.
'Lorsque je me suis rendue compte qu'il s'agissait bel et bien du Médaillon de Serpentard et qu'il refusait tout simplement de s'ouvrir, je me suis laissée emporter par la rage et une frénésie incroyable. J'ai cherché par tous les moyens, nuit et jour à détruire ce que cet objet contenait et réussir là où Regulus avait péri : 'tuer' l'autre partie de l'âme de Voldemort.
'J'ai alors commis l'erreur de lancer un Avada Kedavra. La fermeture du médaillon a explosé en même temps que l'Horcruxe, me brûlant les yeux au passant et me rendant aveugle.'
Un silence lourd comme du plomb tomba sur la pièce, alors que chacun méditait sur ces révélations. Elizabeth Hawkeye avala d'une traite le thé qu'il restait dans sa tasse, à la manière de quelqu'un vidant un verre d'alcool pour se donner des forces. Elle se leva vivement de sa chaise, ayant retrouvé ses gestes brusques de professeur et disparut dans la pièce d'à côté.
Harry, Ron et Hermione l'entendirent fouiller dans des tiroirs. Elle revint avec un morceau de parchemin jauni et une petite boîte noire qu'elle posa sur la table.
'Ceci,' dit-elle en montrant le parchemin, 'est la lettre de Regulus. Et ça, (elle poussa la boîte en direction d'Harry) est mon cadeau pour te féliciter de tes progrès lors de mes leçons. Joyeux Noël, Potter.'
Le jeune homme, le cœur battant, souleva le couvercle et découvrit le médaillon doré qu'il avait autrefois vu dans la pensine de Dumbledore au cou de Merope Gaunt. Le 'S' en forme de serpent sinuait toujours sur le couvercle, marque indéniable de Serpentard.
Harry leva les yeux pour croiser ceux de sa professeure et alliée, vides et froids.
'Merci.' Dit-il, empli de reconnaissance.
'Ne te gave pas trop de chocolat pendant tes vacances, ou tu risques de n'être même plus fichu de soulever ton arme.' Répondit-elle avec un sourire.
Et voilà, cette fois c'est bel et bien fini (ma bonté a ses limites et ma fic aussi) ! Vous savez ce que vous avez à faire : le bouton bleu en bas !
Petite info qui a tout de même son importance (pour les connaisseurs) : figurez-vous que j'ai fini le 13e et dernier tome de l'asssassin royal de robin hobb et que je suis tout triste de la fin (verse une tite larme) mais comme je suis une insatiable curieuse, je viens de commencer les aventuriers de la mer ! Ah, Ambre, on ne te voit pas beaucoup, mais je t'adore ! Enfin, bref, voilà, le truc dont presque tout le monde se fiche et contrefiche.
Autre nouvelle, autrement plus intéressante : le 21 juillet !!!!!!!!! Est-il nécessaire de préciser à quoi se rapporte cette date ? Disons, tome 7, anglais, J-165, c'est plus clair ???
Bon je vais essayer de publier le chapitre 16 le mois prochain, alors : au mois prochain (peut être) !!
Ciao amigos
