Il serait enfin, lui, Ademar Lessage, aux prises avec son avenir. Et cette fois-ci il choisirait lui-même son destin.

En ce froid matin d'octobre, deux yeux gris se perdaient sur l'étendue du parc de Poudlard, perdus dans des songes insoupçonnables. Ce jour-là, Drago s'était réveillé plus tôt qu'à l'accoutumée et, ne supportant plus l'enfermement des cachots, était parti prendre un peu d'altitude sur la Tour d'Astronomie.

Le petit prince des Serpentard était réputé pour être quelqu'un de capricieux, infantile et mauvais. Il avait mis quelques années avant de réussir à revêtir parfaitement le masque Malefoy. Cependant, ce que l'on oubliait souvent, c'était qu'il était intelligent. Et qui dit intelligence, dit aussi doutes, réflexions et remise en question.

McGonagall ne se doutait sûrement pas à quel point elle avait visé juste avec sa télévision. En effet, le hasard – et Severus – avaient amené le petit Malefoy à voir ses ennemis sous un jour différent, à appréhender l'autre monde d'un œil neuf, à voir de ses propres yeux et réfléchir de son propre chef.

C'est dire si cela l'avait amené à mal dormir cette nuit-là. Et toutes celles qui avaient suivi. En effet, Drago n'avait pas seulement compris qu'il s'était trompé, lui et toute sa famille sur des générations, à propos des moldus et de la soi-disant supériorité de leur race. Il avait également compris que ces histoires de maisons n'étaient que des fadaises.

Potter et Granger étaient plus que normaux et ils s'étaient montrés courtois, gentils et drôles, même. Ces révélations lui avaient demandé beaucoup de temps pour digérer et accepter. Car cela revenait également à admettre certains des clichés qui suivaient sa famille : racistes, intolérants, prétentieux…

En fait, tout cela ne lui était pas venu d'un coup. Mais depuis son retour du monde moldu, Drago avait ouvert les yeux et s'était surpris à observer ses congénères Serpentards. Il observait ainsi d'un œil nouveau ses condisciples traumatiser les premières années, boycotter les cours d'Etude des Moldus, il les écoutait déblatérer des horreurs sur les nés-Moldus et les Sang-Mêlés, sur la façon dont on devrait les traiter et les tuer. Il avait également pu observer que certains d'entre eux, étonnement, ne pipaient mot. En fait, il avait arrêté de se considérer comme le centre du monde pour porter attention à ce qui se trouvait autour de lui. Et il en était très surpris. Il prenait également pleine conscience du conflit qui se préparait, de la haine ambiante et de la révolte qui grondait. Se demandant pourquoi, il assistait, impuissant, aux injustices qui leur étaient faites, à la peur qu'ils suscitaient parfois sans grande raison, à la pression insupportable des parents sur leurs enfants, pour rejoindre les rangs du Lord.

Il comprenait également que même s'il avait été éduqué tel un véritable Sang-Pur avec les manières et les convictions qu'ils sont une race supérieure, malgré tout ses parents l'avaient beaucoup protégé, gâté tel un petit prince et ne le forçant jamais à subir les affres du monde extérieur. Il savait cependant pertinemment que son père attendait qu'il soit majeur pour le présenter au Lord, et se doutait que ce dernier devait le presser de le lui présenter beaucoup plus tôt pour profiter de sa présence à l'école.

Drago se sentit soudain beaucoup trop chargé, les épaules lourdes et la conscience minée face à cette vie qui devait lui être toute tracée : devenir Mangemort, épouser une sang-pur avec une grosse dot, lui faire un héritier qu'il dresserait à être un parfait toutou du Lord.

Soudain, il repensa aux seuls moments d'insouciance qu'il n'ait jamais vraiment partagés, devant une télévision étrange dans un monde effrayant mais malgré tout séduisant.

Il ne voulait pas la destruction de ces gens.

Il ne voulait pas faire le mal.

Il ne voyait aucune raison d'être hostile à Potter, si ce n'est pour une vague question d'orgueil mal placé.

Il voulait simplement vivre sa vie comme il l'entendait.

Son cœur se gonfla, alors qu'il portait son regard au-delà du lac sur lequel le soleil levant commençait à dessiner de timides reflets. Malgré la peur qui lui glaçait les veines, il ne se laisserait pas mener comme une marionnette. Il ferait son possible pour construire son propre avenir.

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Severus était toujours levé tôt et ce matin froid d'octobre ne fit pas exception. Le Serpentard peaufinait ses plans machiavéliques tout en brassant une potion pour alimenter le stock de l'infirmerie.

Demander (hum. Oui bon exiger) à Drago de se rapprocher d'Harry lui permettrait de reprendre le contrôle de la situation. A vrai dire, il n'avait pas prévu le dérapage de la punition. S'il était honnête avec lui-même, il avouerait qu'il avait eu peur lorsqu'il avait complètement perdu le contrôle. Il pensait que le petit Gryffondor aurait fait l'effarouché et qu'il aurait pu tenir les deux en laisse. Sauf qu'un lion reste toujours un lion, on ne peut le museler. Il s'était retrouvé dans la désagréable position de victime et cela, il ne le supportait pas.

C'est pourquoi il s'était retrouvé devant un choix à faire. L'un ou l'autre. Bien que le petit Potter ne soit pas déplaisant à regarder, il lui rappelait un peu trop brutalement son abruti congénital de père. En plus, son parrain, malgré les années qui marquaient ses traits et les fantômes d'Azkaban voilant ses yeux, se débrouillait bien mieux que lui et il lui aurait été bien moins aisé de trouver quelqu'un qui puisse avoir de l'influence sur lui.

C'est en cela que Drago était le pion parfait. En effet, son filleul était très beau, avait hérité du don de manipulateur de son père et surtout était un lâche bien trop attaché à son bulletin scolaire (ce en quoi, en fait, il lui ressemblait énormément quand il était plus jeune mais Severus ne l'aurait jamais admis sous la torture). Il avait donc décidé qu'il ferait en sorte que l'un harponne l'autre pour le sortir de son propre jeu tout en le gardant sous contrôle. Au moment voulu, Snape ordonnerait à Drago de le trahir ou de le larguer, selon la relation qu'il arrivera à instaurer, afin de le faire souffrir autant que lui avait pu souffrir à son âge.

Pour l'autre chien galeux, il élaborait également un plan qui transpirait d'autant de bons sentiments et c'est plein de rancœur et de pensées sombres qu'il continua à se creuser les méninges, ajoutant les ingrédients machinalement dans son chaudron. La faible lueur de la bougie qui l'éclairait projetait des ombres inquiétantes sur le mur derrière lui et ses longues robes noires le faisaient passer pour un diable préparant de sombres desseins. Ce qui n'était pas loin de la vérité.

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Sirius arpentait les couloirs, comme toujours. Ivre de liberté et d'air frais, il avait toujours la bougeotte et c'était la seule raison à sa promenade matinale. Il observait attentivement les murs et étudiait chaque petit détail de près. Une grande expérience de traqueur de passages secrets l'aidait à reconnaitre un simple décor d'un interrupteur. Sauf que voilà, ni interrupteur, ni même la moindre volonté de rechercher un nouveau passage secret. Si le plus grand nombre aurait deviné qu'il cherchait à se remémorer les bons moments du passé, il savait pertinemment qu'il cherchait simplement à s'occuper l'esprit pour ne pas trop penser. C'est qu'il en avait eu du temps, pour penser. Et cela n'avait pas forcément été bénéfique.

Ce que cherchait en fait réellement Sirius, c'était de ne pas penser à Snape, son ennemi d'enfance. Ce bâtard graisseux qui avait décidé de jouer avec ses nerfs. Mais il avait beau essayer, il n'arrivait pas à refreiner les élans mécaniques de son intellect, tous ses rouages étaient en marche.

Etant enfant, Sirius avait vu Severus comme un petit ambitieux trop gâté et malsain. Avec le recul, il savait pertinemment – et ne le reconnaitrait jamais, foi de Gryffondor – qu'il s'était voilé la face, trop traumatisé par sa famille pour qu'il ne lui en renvoie pas l'image, trop têtu pour ne pas vouloir marquer clairement une différence entre ces gens-là et lui, sans mettre d'eau dans son vin et trop crétin et emporté par l'euphorie de trouver enfin un ami pour se rendre compte qu'en face de lui se tenait un être humain qui n'avait pas autant de chance que lui. Bien sûr, Rogue avait ses défauts : ambitieux, rancunier, misanthrope… Mais ce qu'il avait fini par découvrir sur lui aurait dû pousser Sirius à changer de position. En effet, le jour où il avait traité Lily de Sang-de-Bourbe, il se trouve que c'était lui qui était allé la consoler. Ils avaient discuté pratiquement toute la nuit et elle lui avait fait des révélations mortifiantes sur le petit Servilus : alors qu'il pensait qu'il était élevé dans la grande famille des Princes, choyé comme Malefoy et sa clique et biberonné à la magie noire, il se trouvait qu'il grandissait dans un trou sordide avec un père brutal et intolérant à la magie et une mère devenue cinglée et Cracmol de ce fait. Il était à peine nourri, battu et servait d'esclave chez lui. Il n'avait pas le droit de ne serait-ce que mentionner la magie et chaque départ à l'école lui valait un retour douloureux. De là, Sirius s'était déjà pris à être impressionné par son niveau magique alors qu'il ne pouvait même pas s'exercer librement (l'usage de la magie étant interdite dans les couloirs). Alors que Lily pleurnichait et se demandait pourquoi il l'avait traité ainsi, Sirius s'était pris à penser qu'il aurait réagi bien pire si absolument tout le monde le bafouait et que sa seule amie le défendait comme s'il n'était qu'une pauvre petite chose chétive que l'on pouvait écraser d'un mouvement de doigts.

En fait, Sirius était très mal à l'aise lorsqu'il avait appris tout cela car pour la première fois de sa vie il s'était glissé dans la peau de quelqu'un d'autre et il avait imaginé ce qu'il pouvait endurer. Et se dire qu'il était en partie responsable de son calvaire lui avait été insupportable. Lui qui s'était toujours targué d'avoir choisi la voie de la Lumière avait fait exactement ce pourquoi il détestait sa famille. Et il ne pouvait faire face à cette évidence. Il voyait également ses plus chers amis avec des yeux neufs, avec leurs défauts. Tout cela lui était insurmontable. A l'époque il avait donc balayé la poussière sous le tapis. Sauf qu'aujourd'hui, le tapis était remué dans tous les sens et cette poussière lui chatouillait le nez. En plus, il avait vu Snape se battre à leurs côtés bien plus courageusement que n'importe qui d'autre, tandis que lui-même n'avait été bon qu'à se faire enfermer en cage. De honte, d'orgueil, il s'était cantonné aux guéguerres de leur enfance pour ne pas montrer son admiration et surtout à quel point lui-même se sentait misérable.

Sirius, à ce point de sa réflexion, se trouvait en fait au milieu du couloir, les yeux dans le vague, avec une sensation nauséeuse des plus désagréables. Tout cela lui donnait l'impression de suffoquer, et la lutte de son conscient pour le faire revenir au moment présent était un combat de Samson contre Goliath. Il se sentait sale, mauvais et répugnant. Il avait envie de se recroqueviller sur lui-même dans un coin et comme à chaque fois, l'image d'Hélène Potter le réconfortant lui venait à l'esprit. Sortant enfin de sa torpeur, il décida d'aller faire un tour autour du lac, et tant pis pour sa pseudo-occupation.

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Harry, que les cauchemars avaient bien vite sorti du sommeil, se redressa, en sueur sur son lit. Il faisait encore nuit et les ronflements de Ron lui confirmèrent qu'il devait s'être réveillé au beau milieu de la nuit. Il était en sueur et ne pouvait supporter cette sensation d'habit humide lui collant la peau plus longtemps. Il se leva, ouvrit sa malle pour y récupérer un change propre et se dirigea tranquillement vers la salle de bain, sa tête bourdonnant encore des derniers cris de son rêve, qui se répercutaient en écho dans ses oreilles. Après une douche qui eut le mérite de le réveiller tout à fait, il sortit de la salle de bain et regarda l'heure à son réveil. 5h du matin…

Changeant les draps et laissant ceux qui n'étaient plus très frais dans un coin de la pièce pour que les elfes puissent les trouver facilement, il se rallongea sur son lit et observa le plafond de son lit à baldaquins. Inlassablement, les images de son rêve revenaient le hanter et toutes les techniques qu'il utilisa ne l'aidèrent pas à se changer les esprits. Vaincu, Harry se releva pour prendre sa cape d'invisibilité dans sa malle et se décida à prendre l'air dans les couloirs du château, malgré le couvre-feu. En fait, braver ce couvre-feu lui procurait toujours l'inexplicable sentiment d'exister, bien qu'il ne l'ait jamais avoué à Hermione pour éviter de nombreuses et inutiles réprimandes. C'est donc le plus silencieusement possible qu'il sortit de son dortoir et qu'il descendit les escaliers jusqu'à la Salle Commune dans laquelle rien de bougeait et seules les cendres du feu allumé dans la soirée crépitaient encore.

Revêtant sa cape, il fit pivoter le tableau de la Grosse Dame qui rouspéta qu'on la dérange à cette heure. Harry sortit sa baguette de sa poche et murmura un « Lumos », comme il l'avait fait tant de fois. Un coup d'œil rapide sur la Carte des Maraudeurs qui ne le quittait pas l'informa que seul Rusard rôdait dans les couloirs, mais dans la tour Poufsouffle, là où il ne s'aventurait que rarement. Sa sale chatte ne le quittait jamais d'une semelle alors il vaqua à ses occupations l'esprit tranquille, se méfiant simplement d'un Peeves qui ne pouvait pas le voir.

Harry repensa à l'épisode télévision avec Malefoy. Ce dernier s'était tenu tranquille depuis, affichant même une certaine discrétion lui qui d'habitude se plaisait à parader et à placer un bon mot sur tout. Cette attitude était pour le moins étrange et Harry était sûr que Malefoy préparait encore un sale coup, même s'il ne savait pas du tout de quoi il pouvait s'agir. Harry se prit à se demander ce qu'il se serait passé entre eux si Voldemort n'était jamais venu sur cette planète. Déjà, à coup sûr il ne serait pas orphelin. Auraient-ils été amis ? Malefoy aurait-il insulté Ron, étant donné qu'ils sont de la même famille ? Peut-être alors qu'Harry lui aurait serré la main. Une belle amitié Griffondor-Serpentard serait alors née. Oui mais voilà : Malefoy était bien trop crétin pour cela, il l'avait prouvé à plusieurs reprises avec Neville, Hermione, Buck… Et son père avait tenté de tuer Ginny, ce n'était pas rien. Harry se réprimanda, il ne fallait pas qu'il accable Malefoy des erreurs de son père, c'était ce que Snape lui faisait personnellement et il trouvait cela profondément injuste. Donc pour résumer Malefoy était juste un idiot qui prenait un malin plaisir à chercher les Griffondor et à essayer de les piéger pour les faire punir.

A ce point de sa réflexion, au moment où Harry se demandait pourquoi cela faisait bien une demi-heure qu'il pensait à Malefoy, il entendit un bruit résonner contre les murs de pierre du vieux château. Il se trouvait au premier étage, non loin de l'escalier principal qui menait au hall d'entrée et à la Grande Salle. Sur ses gardes, il descendit silencieusement les marches de l'escalier pour assister à la scène, tandis que des voix s'élevaient, de plus en plus claires. Il vit Minerva McGonagall refermer la Grande Porte d'entrée qu'elle venait d'ouvrir et s'adresser à quelqu'un qu'Harry ne parvenait pas à voir. Ils semblaient s'échanger des mondanités mais d'une voix trop faible pour qu'il puisse entendre. Il se cacha quelque peu lorsqu'il vit Albus Dumbledore surgir d'un autre escalier (mais d'où venait-il, sachant que le seul autre escalier était celui des cachots ?) car il avait l'intime conviction qu'une simple cape d'invisibilité ne suffisait pas à bluffer cet homme. Alors qu'il s'approchait d'eux, Minerva se décala sur le côté et Harry put enfin voir son interlocuteur. Il fut très intrigué de voir un jeune homme brun de son âge, grand et finement sculpté, qui arborait un visage paisible et deux yeux qui brillaient d'intelligence. Il était habillé à la mode moldue et cela lui allait parfaitement bien. Il semblait receler plus qu'il ne voulait bien le montrer mais Harry n'aurait pas su dire quoi. Il émanait un certain charisme qui l'impressionnait et il se demanda qui il était et ce qu'il faisait là. Dumbledore, à peine arrivé à la hauteur de ce jeune homme, lui parla d'une voix sonore.

- Ademar, vous voilà enfin ! Avez-vous fait bonne route, mon cher ?

Le jeune homme, Ademar, lui répondit quelques banalités dans un anglais mal assuré et avec un charmant petit accent, le même que celui de Fleur, avant de se faire emporter dans le tourbillon de robe mauve avec des petites étoiles vertes du Directeur de Poudlard, le professeur McGonagall suivant calmement le duo vers un endroit qu'Harry ne pouvait apercevoir. Le jeune homme l'intriguait énormément, autant que ce nouveau passage secret qui devait mener au bureau du Directeur.

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Désolée pour le temps que je mets entre chaque chapitre ! Je ne laisse pas tomber Massacre, et j'ai tout un plan pour la mener rondement jusqu'à la fin. Mais en ce moment on peut dire qu'il y a du mouvement et je ne veux pas bâcler les chapitres. )

Dites-moi un peu ce que vous pensez de ce petit point sur les pensées de chacun, de l'avancement de l'histoire et sur l'introduction d'Ademar à Poudlard ! Est-ce que vous voulez un nouveau lemon ? Faites-moi donc un état du personnage que vous préférez et dites-moi comment vous voyez la suite ! )

Enfin, je vous remercie tous très fort de vos gentilles reviews ainsi que de follower Massacre (vous êtes toujours plus nombreux à la suivre alors cela me fait très plaisir et me donne la motivation pour continuer !). A ce titre, est-ce que vous voulez que je fasse une partie RAR ?

A très vite pour une suite haute en retournements !

Bien à vous,

Revil.