Et voilà le nouveau chapitre ! Cette histoire deviendrait-elle régulière ? On ne peut que l'espèrer…
Certaines ont dit vouloir voir sa réaction face aux cheveux courts…je vous laissent l'imaginer, cela ne rentrait pas dans ce chapitre qui selon moi est très triste (non pas que mon histoire soit particulièrement joyeuse).
Bon, je vous laisse juger par vous-même, bonne lecture !
Alice/Mary
Ce matin-là était un matin comme les autres. Je me levais, pleine de courbatures après ce qu'il m'avait encore fait enduré, et me dirigeais vers la chambre d'Emy. Elle était encore endormie, dormant paisiblement. Elle me semblait plus pâle que d'habitude. Nous étions tous pâle ici, normal puisque nous ne voyions jamais le soleil. Mais chez Emy, sa pâleur ajoutée à sa maigreur la faisait ressembler à un fantôme. Je la secouais doucement et elle entrouvrit les yeux.
-Oh Alice, murmura-t-elle faiblement, c'est déjà le matin ?
-Oui, répondis-je doucement, tu vas bien ?
-Je sais pas, je suis fatiguée.
-Ben dors alors…
-Tu es sûre ?
-Oui, ne t'inquiète pas pour moi. Dors !
Elle ferma ses paupières bleutées à cause de la fatigue et se rendormit immédiatement. Je la contemplais en silence lorsqu'un son de cloches retentit dans ma tête. Les images s'enchaînaient rapidement, me laissant à peine le temps de les comprendre.
Emy, allongée, pâle et immobile.
Un médecin qui venait la diagnostiquer.
Les infirmières qui secouaient tristement la tête.
Puis une d'entre elle qui parlait. « Pauvre petite…si seulement elle s'était battue…mais maintenant c'est trop tard… »
Je repris conscience agenouillée sur le sol de sa chambre, tentant de reprendre ma respiration. Des larmes coulaient sur mes joues sans que je puisse les arrêter alors que j'haletais péniblement. Emy allait mourir.
J'avais toujours su que cela arriverait un jour, on ne pouvait pas vivre sans manger, mais pas aussi vite.
J'avais chaud d'un seul coup et terriblement mal à la tête. Je n'arrivais pas à arrêter mes larmes et mes sanglots alors je sortis de sa chambre pour ne pas la réveiller. Je tentais péniblement de retourner dans la mienne mais mes jambes cédèrent en chemin et je me laissais tomber par terre, mon dos appuyé contre un mur. Une douleur immense me déchirait en deux, commençant de ma poitrine pour se répandre dans le reste de mon corps. Je continuais à pleurer sans pouvoir m'arrêter alors que cette maudire phrase ne cessait de résonner dans ma tête.
Emy va mourir. Emy va mourir. Emy va mourir.
Une main se posait soudain sur mon épaule et je sursautais avant de lever la tête, m'attendant presque à voir la Mort en personne. Mais c'était juste Tom qui s'assit à côté de moi.
-Ca va ?
Je ne répondis rien, tentant d'apaiser mes sanglots.
-C'est fini pour elle, c'est ça ? demanda-t-il à voix basse.
J'hochais péniblement la tête et il me prit doucement dans ses bras.
-Allez, il ne faut pas craquer maintenant. On doit être forts le temps qu'il lui reste. Pour elle.
Je ravalais mes larmes en suivant son conseil et me redressait. Je devais être forte pour Emy.
D'un pas vacillant, je retournais dans la chambre d'Emy et m'installa par terre, juste à côté de son lit. J'attrapais sa main, ce qui m'arracha un frisson tellement elle était glacée, et posais ma tête à côté de la sienne.
J'ignore combien de temps nous sommes restées ainsi, elle dormant et moi écoutant sa respiration calme et régulière, quelques heures peut-être. Finalement elle ouvrit les yeux et je lui souris faiblement.
-C'est fini, c'est ça ? chuchota-t-elle.
Je ne répondis rien et elle hocha faiblement la tête.
-Je m'en doutais.
-Emy, si tu mangeais tu pourrais…
-Non Alice, j'en ai marre de lutter. Je veux partir et retrouver Louise.
-Mais tu vas me laisser seule, constatais-je en me remettant à pleurer.
-Tu es forte Alice. Tu as une chance de sortir d'ici. En mentant, en leur faisant croire que tu n'as plus de visions.
-Mais je les ai encore, hoquetais-je entre deux sanglots.
-Oui, mais si tu leur fait croire le contraire…
-Je suis morte pour tout le monde. Jamais je ne pourrais sortir.
-Si, à ta majorité, quand tes parents n'auront plus de contrôle sur toi. Promets-moi de lutter. D'aller dénoncer tout ce qu'ils nous font endurer ici.
Elle me fixa intensément et resserra faiblement, tellement faiblement que mes sanglots redoublèrent, sa main autour de la mienne.
-Je te promets, jurais-je.
-Merci.
Elle referma lentement les paupières et je crus qu'elle s'était rendormie lorsque sa voix brisa le silence.
-Il me reste combien de temps ?
Je restais silencieuse.
-Alice…
-Un peu plus d'une semaine je crois, soufflais-je.
Elle ne fit aucun commentaire et passa ses doigts dans mes cheveux désormais coupés courts.
-Tu vas me manquer, lui chuchotais-je.
-Toi aussi tu me manqueras.
Je me serrais contre elle alors que nous pleurions toutes les deux dans les bras l'une de l'autre, peut-être pour la dernière fois.
Ooo0ooO
Les derniers jours s'étaient écoulés de manière monotone. Pas que notre vie ici ait été excitante et passionnante un jour, non. Mais depuis que j'avais eu cette vision…Je me levais le matin, me rendait dans la chambre d'Emy qui n'avait même plus la force de se lever et passais ma journée à discuter avec elle de tout et de rien. Jamais nous n'avions abordé sa…sa…sa mort. Aucune de nous deux n'en avait ni l'envie, ni le courage. C'était juste une menace qui planait au-dessus de nous et qui pouvait tomber à tout moment.
Ce matin, j'entrais à nouveau dans sa chambre pour la trouver endormie. Elle n'aimait pas quand je la laissais trop dormir, disant que c'était une perte de temps donc je la secouais gentiment.
-Emy, hé ho ! C'est le matin !
Elle ne broncha pas, continuant à dormir. Je l'attrapais par les épaules et constatais qu'elle était gelée. Une panique soudaine monta en moi.
-Emy ? appelais-je, incertaine.
Je me mis à la secouer de toutes mes forces, sans même me soucier de la blesser.
-Emy ! criais-je, Emy ! Emy !
Entre mes mains, son corps bougeait tel une poupée de chiffon mais elle refusait toujours s'ouvrir les yeux. Non, ce n'était pas possible ! Pas déjà ! Pas maintenant ! Elle n'avait pas le droit ! J'avais encore tellement de choses à lui dire !
-EMY ! hurlais-je.
J'entendis la porte s'ouvrir et quelqu'un me tira en arrière.
-Non ! Emy ! Non ! continuais-je à crier alors que deux infirmière tentait de me faire sortir.
Tout était comme dans ma vision. Emy était allongée, pâle et immobile. Et ce médecin était penché sur elle, vérifiant son pouls et sa respiration. Puis il se redressa et regarda les infirmières qui me retenaient. L'une d'elles secoua tristement la tête avant de parler.
- Pauvre petite…si seulement elle s'était battue…mais maintenant c'est trop tard…
-EMYYYYYY ! hurlais-je à m'en arracher la gorge.
Ooo0ooO
Le reste se déroula d'une manière plutôt floue. On appela ses parents qui vinrent chercher son corps. Je m'étais enfermée dans ma chambre, je ne voulais pas voir ses monstres, qui l'avait abandonnée ici, refusant de l'écouter. J'entendis parler d'un enterrement et un médecin me dit gentiment que si je me tenais tranquille, il pourrait s'arranger pour que j'y aille. Cela voudrait dire sortir d'ici, voir le soleil. Mais aussi la regarder se faire mettre sous terre, car il voulait l'enterrer. Il l'avait enfermée dans un hôpital psychiatrique, et maintenant qu'elle était morte, il voulait l'enfermer dans un cercueil et l'enterrer. Je ne voulais pas y aller. Je voulais mourir, la rejoindre même si j'avais promis de me battre. De toute manière, pourquoi me battrais-je ? Je n'avais aucune raison de vivre, aucun but à atteindre.
Alors qu'un milliard d'objets pointues broyaient mon cœur, je me dirigeais vers la chambre d'Emy désormais vide. Sans vraiment comprendre ce que je faisais, je déplaçais son armoire pour révéler sa cachette. J'y trouvais une feuille morte qu'elle avait trouvé je ne sais comment, un ruban qui avait appartenu à sa sœur, une mèches de mes cheveux attachée avec une des siens. Je les pris dans mes mains et les contemplais en silence. C'est à ce moment que je remarquais que je ne pleurais pas. Pourquoi ? Je n'avais jamais autant souffert qu'en cet instant précis. Pourquoi n'arrivais-je pas à pleurer ?
Je reposais délicatement les cheveux et pris ce qui m'intéressait. Les morceaux de verre avec lesquels elle m'avait coupé les cheveux. Je savais que je lui avais promis de ne plus jamais me blesser volontairement, mais cette fois, c'était différent. Je n'allais pas me blesser, non, j'allais me libérer.
Lentement, je me saisis du plus long et du plus aiguisé d'entre eux et le posais délicatement sur mon poignet. J'inspirais un grand coup et me tranchais les veines d'un geste sec.
Un peu surprise par la douleur, je regardais le sang couler le long de mon bras. Ce liquide rouge et mystérieux, qui coulait à flot. Combien de temps faudra-t-il pour qu'il soit totalement sorti de mon corps ?
Je levais ma main blessée, prête à faire subir le même traitement à mon autre poignet, lorsqu'une vision m'assailli.
C'était dans une ville, ou du moins ce qu'il en restait. Les bâtiments étaient en ruines et des cadavres pourrissaient un peu partout. Une épaisse fumée violette emplissait l'air et brouillait tout. Des cris retentissaient, et on pouvait distinguer des corps en train de bouger. Apparemment, ils se battaient. L'un d'eux semblait dominer le combat. Il avait la peau pâle, comme les autres et des cheveux blonds emmêlés et sales. Il était torse nu et son corps était couvert de cicatrices. D'un geste rapide et précis, il arracha la tête à son assaillant avant de la redresser. Ses yeux étincelaient de milles feux, sauvages et affamés, rouge comme du rubis.
Déconcertée par cette vision, je ralentis mon geste et mon poignet fut moins entaillé que l'autre. Mon cœur battait à une vitesse affolante, et je tentais de me calmer. Au fond de moi, je savais que j'allais rencontrer cet homme et que nous vivrons heureux ensemble, qui qu'il soit.
Mais pour cela il fallait que je survive. Ma vue se brouilla tout à coup et je chancelais, sans doute à cause du sang que j'avais perdu. Je devais vivre !
Péniblement, je réussis à me traîner dans le couloir, malheureusement vide. Ma vision était entachée par une énorme tâche noire et je commençais à perdre conscience. Je me concentrais afin de rassembler mes dernières forces.
-A l'aide ! criais-je en espérant que quelqu'un m'entende.
Alors que des bruits de pas résonnaient, je sombrais dans le néant.
Ooo0ooO
Je me réveillais en sursaut, sans savoir où j'étais. La première chose que je vis, ce fut deux yeux dorés qui me regardait avec inquiétude. Je me jetais à son cou alors qu'un sanglot déchirait ma poitrine.
-Oh Jazz ! C'est pour toi, sanglotais-je, c'est pour toi si j'ai survécu.
Sans bien tout comprendre, mon mari referma ses bras autour de moi et me serra contre lui.
Alors ?
Emy est morte, ça m'a fait de la peine de la tuer, mais c'était pour marquer le changement dans l'histoire.
Bon je sais, Alice n'est sensée voir que ce qu'elle est ou a été. Donc logiquement elle ne devrait pas avoir eu de vision de Jasper lorsqu'elle était humaine mais je trouvais ça tout mignon.
Prochain chapitre, retour sur les Cullen puis on revient sur le passé d'Alice.
Laissez des reviews please!
