Auteur : Roozette

Fanfiction Original : Finie, 24 chapitres, 120 000 mots

AVERTISSEMENT : Il s'agit d'un Slash, donc de relations intimes entre deux personnages du même sexe. PAS D'HORCRUXES DANS CETTE HISTOIRE

DISCLAIMER : Les personnages appartiennent à J.K Rowling et l'Histoire appartient à Roozette. Je ne fais que traduire avec la permission de l'auteur !

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Chapitre Quatorze : Déplacé

« Il y a quelques incohérences dans les différentes versions de l'histoire. »

Cornelius Fudge ferma les yeux, retenant un cri de frustration tandis qu'il comptait lentement jusqu'à dix. Il ouvrit les yeux, rencontrant ceux bleus de Dumbledore avant de rapidement regarder ailleurs. Son monde était en désordre et il n'aimait pas cela. Harry Potter, le garçon qu'il avait fait sortir d'Hogwarts et avait pris sous sa protection n'avait pas seulement disparu hors de sa vue mais avait également trouvé le moyen d'exterminer le Voldemort. Et pour couronner le tout, il était forcé de travailler avec Albus Dumbledore. En effet, le directeur avait promis de faire dire à la famille de Potter qu'il n'avait jamais souhaité que le garçon revienne chez eux. Fudge était certain qu'il aurait pu s'occuper lui-même de cette situation si Pétunia Dursley ne lui avait pas fermé la porte au nez. Il avait suffi qu'il se présente comme étant celui qui ramènerait leur précieux neveu pour qu'elle se mette à lui crier des insanités dessus et lui claque la porte au nez. Ah, et il y avait aussi le fait qu'il n'avait aucune idée d'où le garçon avait disparu.

Des fois, il détestait sa vie.

« Monsieur le Ministre ? »

« Je vous ai entendu, Shackelbolt. » Il ouvrit ses yeux avec lassitude, observant la pièce en ruine autour de lui avec une lueur de désespoir dans les yeux. Il soupira. Longuement. « Quel semble être le rapport le plus cohérent ? »

« J'ai interrogé sept Mangemorts différents et j'en suis à la conclusion que Sev … Malfoy aidait Harry. Potter fut amené ici, interrogé par le Lord Noir puis s'est débrouillé pour le tuer sans prendre une seule fois sa baguette en main. » Kingsley fit un geste à sa coéquipière.

« Euh … » Tonks se mordit la lèvre, échangeant un rapide regard avec Kingsley Shackelbolt. Honnêtement, des fois, il semblait qu'ils n'étaient pas à cent pour cent loyaux au Ministre. « Eh bien, » continua-t-elle avec incertitude. « D'après Bellatrix Lestrange, soit Harry Potter est un démon extrêmement puissant soit il s'est transformé en un démon extrêmement puissant. » Tonks leva les yeux de ses notes, un faible sourire sur les lèvres. « Elle était plutôt hystérique durant son interrogatoire. Puis … eh bien, Harry a soit utilisé ses pouvoirs de démon pour conjurer un objet mythique qui aurait causé la mort de son aimé, soit il portait sur lui un artefact immensément noir et l'a utilisé pour aspirer l'âme de Vous-Savez-Qui. » Fudge ferma les yeux, se massant les tempes.

« D'après Goyle Sénior, » intervint l'Auror Stevenson. « Harry a utilisé la sortilège de l'Imperium pour persuader Severus Snape, Lucius et Draco Malfoy et Pansy Parkinson de lui donner le contrôle de leur pouvoir pendant qu'il persuadait le familier du Lord Noir de changer de camp. Ensuite, il a volé le serpent en riant comme un fou et a disparu avec ceux qui l'entouraient. »

« Et d'après, » Le jeune Auror marqua une pause, parcourant ses notes avec contrariété. « Enfin, son nom n'est pas indiqué. Bref, d'après un des Mangemorts, Harry est arrivé là-bas avec Lucius Malfoy dans le but de commettre des choses abominables. Puis il empoisonné le Seigneur des Ténèbres et a pris le serpent. »

« Et d'après MacNair et Nott, » intervint George Weasley. « Ils étaient loyaux à Harry depuis le début. Ils agissaient comme ils le faisaient pour protéger leurs familles. Ils aimeraient également pointer du doigt le fait que Malfoy est un 'foutu bâtard' qui aurait dû crever à Azkaban'. Oh, et apparemment, Draco tenait Harry proche de lui et lui a dit quoi faire du Lord Noir. »

« Merci Weatherby. » marmonna distraitement Fudge. « Je ne savais pas que vous veniez du bureau ? » Il soupira à nouveau, regardant autour de lui avec perplexité. Il se tourna ensuite vers Dumbledore avec un regard impuissant.

Un chuchotement du côté de Shackelbolt attira brièvement son attention avant qu'il ne ressente une chaleur soudaine dans la poitrine. « Vous avez fait du bon travail, Cornelius ! » Les yeux bleus d'Albus étincelèrent follement en se tournant vers ses membres de l'Ordre. « Vous avez donné le temps à Harry de tuer Voldemort et êtes arrivé à temps pour empêcher la plupart des Mangemorts de fuir. Naturellement, Harry n'a pas pu être interrogé puisqu'on se devait de l'emmener dans un endroit où il serait en sécurité. Mais rassurez-vous, vous pourrez l'interroger une fois qu'il se sera remis de ses émotions. »

« Merci Monsieur le Ministre, de garantir ainsi notre sécurité ! » Fred sourit avec éclat, agrippant la main de l'homme et la lui serrant avec enthousiasme. « Je me sens protégé en tant qu'un de vos citoyen. Peut-être devriez-vous maintenant aller discuter avec la presse. Les Aurors pourront alors s'occuper de nettoyer tout ce bazar. »

« Je … Oui, oui, bien sûr. » Fudge commença à se diriger vers la porte, semblant perdu et confus. Il fit un geste par-dessus son épaule. « Continuez ce que vous étiez en train de faire, Shackelbolt. »

Remus Lupin dépassa le Ministre en le saluant en inclinant légèrement la tête puis se dirigea vers Dumbledore et les autres membres de l'Ordre. « Ils ne sont pas à Hogwarts. » dit-il doucement. « Et comme vous m'avez demander de le faire, j'ai vérifié et Draco Malfoy est lui aussi parti. » les informa-t-il sombrement. « Il se trouve que d'autres élèves ont également disparu, dont Hermione Granger. » Il frémit, se calma puis reprit. « Mme Figg a dit que tout était calme à Privet Drive et Snape ne l'a pas amené au quartier général non plus. » Ses sourcils se froncèrent d'inquiétude tandis qu'il observait la pièce. « Je ne sais pas où est Harry. » admit le loup-garou d'une voix rauque. Tonks lui tapota l'épaule d'une manière rassurante, ses cheveux prenant une teinte bleu-vert.

« Tout va bien se passer, Remus. » le rassura Dumbledore. « Kingsley, peut-être que mon âge avancé commence à se faire ressentir mais n'avez-vous pas dit que Severus avait quelque chose à voir avec l'emplacement actuel de notre jeune Harry ? »

« Oui, monsieur. » acquiesça l'homme. « La plupart des rapports déclarent que Severus était celui qui tenait Harry contre lui quand le groupe que nous avons vu en entrant a disparu. » Il grimaça, regardant Bellatrix pleurer hystériquement sur le corps de Voldemort. « Ça va être contraignant de nettoyer tout ce bordel. »

Dumbledore caressa sa barbe, pensif. « M. Weasley » débuta-t-il. « J'apprécierai grandement que votre frère et vous retourniez à Hogwarts. Rassurez Minerva en lui disant que la situation sera réglée d'ici peu. Informez-la de la mort de Voldemort puis attendez là-bas que l'on vous contact. » Les jumeaux hochèrent la tête, des sourires mauvais s'affichant sur leurs visages à la pensée de tout ce qu'ils allaient pouvoir faire en retournant à leur ancienne école. « Remus, peut-être aimeriez-vous nous accompagner, cette chère Tonks et moi au Manoir Malfoy ? »

Remus pâlit, ses pupilles se dilatant tandis que de nombreuses émotions passaient sur son visage. « Professeur … Vous ne pensez pas que des Mangemorts l'ont pris, si ? » Il pria silencieusement le vieil homme de lui répondre que non.

Des yeux bleus pétillèrent gaiement. « Comme avec tout événements stressant, les vérités et images sont des questions d'opinion et de perspective. » Il lui sourit avec éclat. « Une chose que nous pouvons affirmer est que Malfoy père et fils et la jeune Miss Parkinson se sont retrouvés à un moment ou un autre dans la pièce. Comme Draco n'a pas été obligé de retourner à l'école par son père, on pourrait penser qu'on l'aurait conduit chez lui. » Le sourire de Dumbledore s'agrandit. « Et il me semble que l'on peut honnêtement dire que le jeune Malfoy est un plutôt protecteur envers notre jeune Harry. Je pense qu'en en trouvant un, on trouvera l'autre. »

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« Mais je n'ai jamais eu d'animal de compagnie ! »

Hermione soupira, baissant les yeux et tombant sur des yeux émeraude emplis de larmes. Elle savait, songea-t-elle, qu'il ne fallait mieux pas s'opposer à pièce pleine de Serpentards et à un petit garçon déterminé. « Harry, » l'implora-t-elle doucement. « Ce serpent appartenait à une personne très méchante. Comment peux-tu savoir qu'elle ne te fera pas de mal ? »

Harry la fusilla du regard. « Parce que je le sais ! » s'entêta-t-il, une larme coulant le long de sa joue. « Et Draco a dit que je pouvais la garder. » Il regarda son serpent préféré d'un air suppliant. Le blond baisa le front d'Harry avant de lancer un regard noir à Hermione. Un elfe de maison apparut près de l'enfant, lui offrant une assiette de cookies à peine sortis du four avec un sourire timide. Hermione détourna le regard quand son cœur se serra devant la vue de son bébé en pleurs puis regarda vivement ailleurs en voyant les élèves autour de la table en train de la foudroyer du regard. Seule Luna ne lui jetait pas de regard noir. Hermione ancra son regard désespéré dans le sien, espérant recevoir de l'aide.

« Peut-être que tu devrais la renommer Fluffy. » suggéra rêveusement la blonde.

Draco jeta à la fille un coup d'œil incrédule. « Pelucheux ( en français dans le texte originel ) ? » la questionna-t-il. « Pourquoi donc Harry devrait nommer son serpent Pelucheux ? »

Luna accrocha son regard au blond. « Parce que rien de mal ne peux venir d'un être nommé Pelucheux. » répondit-elle gravement. Harry fronça les sourcils, une main allant distraitement frotter sa cicatrice. Hermione frissonna. Elle savait d'expérience que ce n'était pas parce que quelque chose était nommé Fluffy qu'il n'était pas effrayant.

« Et qu'est-ce que tu dirais de Rosie ? » suggéra Greg en admirant les magnifiques écailles du serpent.

« Ou Chaton ? » proposa Vince. « Tu sais, parce que tu es un Gryffondor et un lion. Le serpent pourrait être ton chaton tout mignon. » Il fronça les sourcils, réfléchissant. « Est-ce que vous pensez que si le Lord Noir avait eu un chaton, il aurait quand même pris la voie qu'il a pris ? »

Blaise ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois, cherchant une réponse. « Je ne pense pas. » lui répondit Greg avec confiance. Il songea à la licorne en peluche violette que sa grand-mère lui avait donné pour qu'il dorme avec, étant petit. « C'est dur d'être méchant quand on a quelque chose de tout doux à câliner. »

Pansy soupira, rejetant ses cheveux en arrière. « Honnêtement, vous auriez tous dû finir à Poufsouffle. » Elle se pencha en avant, posant ses avant-bras sur la table pour regarder sérieusement le petit garçon toujours perché sur les genoux de Draco. « Ecoute-moi, Petit Tigre. Le rose est absolument immonde, pelucheux est un mauvais nom, une joliesse inhérente est souvent écœurante, à force. Garde son nom tel quel, appelle-la Nagini et dis à ceux qui questionnent tes choix, » Elle marqua une pause pour faire les gros-yeux à Hermione. « d'aller se faire foutre. »

Harry hocha la tête, son visage s'éclairant et il sourit à Pansy. « Comme pour mon cadeau ? » s'enquit-il impatiemment.

La blonde eut un sourire satisfait, acquiesçant. « Précisément comme avec ton cadeau. » Délicatement, elle prit une gorgée de son thé. « Et personne ne voudrait enlever son cadeau à notre adorable petit Ry Nours, » Elle fit une pause, regardant les autres élèves attablés avec innocence. « Si ? »

Hermione soupira, admettant sa défaite. « Non. » marmonna-t-elle.

« Maintenant que nous en sommes arrivés à un consensus, » Une douce voix provenant de la porte attira l'attention de tous les occupants de la pièce. « Peut-être pourriez-vous répondre à quelques questions. »

Draco pâlit, sourit nerveusement. « Bonjour Mère. » la salua-t-elle poliment. « Quelles … euh … à quelles questions voudriez-vous que l'on réponde ? »

Les yeux bleus de glace de Narcissa Malfoy parcourir la pièce, s'attardant sur le petit garçon mâchonnant tranquillement des cookies sur les genoux de son fils pendant qu'un serpent ondulé à ses pieds. Calmement, elle s'installa sur une des chaises vacantes, acceptant la tasse de thé que lui tendit Luna d'un gracieux hochement de tête. « Eh bien, » commença-t-elle, essuyant doucement le rebord de la tasse avec une serviette en lin. « Je pourrais commencer par vous demander pourquoi mon mari se trouve dans le Salon au lieu d'être à Azkaban. Ou bien, pourquoi on m'a sommairement ordonné de surveiller Harry pendant qu'il tirait profit de quelques-unes des faveurs qu'on lui devait. » Narcissa marqua une pause, sirotant son thé. « Je pourrais m'enquérir de pourquoi Albus Dumbledore, ma nièce et un, » Son nez se fronça légèrement. « Un loup-garou sont patiemment en train d'attendre dans la Petite Salle d'Attente. Ou même pourquoi le Directeur se trouve chez moi, pour commencer, pendant qu'un groupe de mineurs est assis dans ma cuisine en train de boire le thé au lieu d'être à l'école. »

« J'ai eu dix-sept ans le mois dernier. » déclara sérieusement Vince.

« Harry a tué le Lord Noir. » intervint Greg.

« Nous recherchons des façons moins violentes que le pus de Bubobulb non dilué pour démanteler le complot du Crocpourri. »

« Le loup-garou pourrait revendiquer le droit de devenir le tuteur d'Harry. »

« La Petite Salle d'Attente ? » s'enquit Hermione, dubitative.

« Nous avons volontairement déclaré accidentellement que notre loyauté allait à Harry avant la Chute du Lord Noir. » annonça Draco, évitant soigneusement de regarder sa mère.

Pansy haussa un sourcil, reposant sa tasse de thé sur la table. « Nous suivions Harry parce que tenons à lui. » Elle inclina la tête. « Ou, selon une autre perspective, nous suivions notre chef non-officiel pour nous protéger nous-mêmes. »

Harry lança un regard douteux à Pansy. « Suivre le chef ? Est-ce un jeu ? »

La blonde sourit, tendant le bras pour aller déloger les miettes de cookies sur le visage du jeune garçon. « En quelque sorte. »

« Je vois. » Des années à avoir été la femme d'un homme politiquement orienté lui avait appris a absorbé n'importe quelle situation en ne faisant pas d'histoires et en ayant le moins de réactions possibles. Bien que ses yeux montraient une légère perplexité, elle était parfaitement calme. « En ce cas, » continua-t-elle avec douceur. « Je vous souhaite un bon anniversaire tardif, Vincent. Merci pour cette information, Gregory. Puis-je vous suggérer du venin d'Acromantules dilué entrecoupé d'huile d'arbre à thé, Mlle Lovegood. Merci pour m'avoir ainsi éclairé, Blaise. Et votre père m'a informé de notre position quant à notre loyauté. » Elle se tourna vers Draco avec un faible sourire. « Maintenant, je vous propose que vous vous rendiez tous dans la Salle de Salutation pendant que je reste ici avec Harry. J'informerai les elfes du transfert de nos … invités … de la Petite Salle d'Attente et vous vous assurerez qu'aucun de vous ne sera expulsé pour avoir quitté l'école sans autorisation. » Les enfants clignèrent des yeux en la regardant pendant une longue minute. « Maintenant ! »

« Mais Harry a tué Voldemort, » protesta Hermione tandis que Blaise la tirait hors de la pièce. « Nous n'allons pas nous faire virer de l'école, si ? »

« Foutus Gryffondors, » marmonna Draco dans sa barbe. Il marqua une pause, massant de manière rassurante la nuque d'Harry. Il fit un signe de tête respectueux à sa mère avant de suivre les élèves réticents hors de la cuisine.

Harry et Narcissa se regardèrent en silence une fois que la pièce fut vide. « Arrête ça, Beccalily ! » Harry sursauta, se tournant rapidement pour voir l'elfe de maison désormais boudeuse près de lui. Beccalily venait d'apparaître à ses côtés, tentant de donner au garçon encore plus de sucre qu'une assiette pleine de cookies et deux tasses de chocolat chaud ne pouvait en procurer. Elle en fut néanmoins empêcher par la vive réprimande de sa maîtresse. Narcissa soupira puis lança un léger sourire à Harry. « Je m'excuse pour m'être exprimé d'un ton aussi sec, Harry. Vois-tu, Beccalilly a été malade ces quelques derniers jours et a été confiné dans son lit. Il n'y a rien de pire qu'un elfe de maison malade. Une fois qu'ils vont mieux, ils nous traquent littéralement pour se nous faire avaler toute la nourriture qu'ils n'ont pas pu nous cuisiner pendant qu'ils n'allaient pas bien. »

Le petit garçon hocha la tête, tripotant son mug, jetant des coups d'œil à Narcissa, ses cheveux étincelant à la lumière du soleil. Il rougit lorsqu'elle remarqua ses regards. La blonde pencha la tête sur le côté, étudiant le garçon. « A quoi penses-tu ? »

« Vous brillez. » Harry s'arrêta, ses yeux verts s'écarquillant d'horreur et de mortification. « Je veux dire, vous êtes belle, comme Draco. » Il rougit encore plus, s'agitant sur sa chaise et jetant des regards d'envie aux jardins par-dessus son épaule. Soudainement, son petit corps se tendit. Il se retourna vers Narcissa. « Est-ce que j'ai vraiment tué quelqu'un ? » Il tenta de son mieux de paraître indifférent. « Tué quelqu'un jusqu'à ce qu'il soit mort ? »

Narcissa ne cligna même pas des yeux. « Bien sûr que non, Harry. » Il se détendit instantanément, souriant de toutes ses dents avant de tourner son attention à son chocolat chaud. Narcissa soupira et se tourna pour voir Beccalily tapoter le bras d'Harry d'une manière rassurante. « Maudis sois-tu, Lucius. » marmonna-t-elle doucement. Elle se leva abruptement, s'arrêtant pour lisser ses robes avant de se pencher un peu vers l'enfant. « Viens avec moi, Harry. Allons semer la pagaille. »

« La pagaille ? » Il semblait horriblement confus lorsqu'il descendit de sa chaise, prit Nagini dans ses bras et la suivit.

« Exact. Avec notre alliance changeante, il y a certains artefacts qui doivent disparaître avant que mon mari ne soit interrogé par le Ministère. » Elle sourit au garçon. « Nous allons créer un sacré bazar et nous amuser. Beccalily pourra nettoyer derrière nous et s'amuser aussi. Tout le monde y gagne. » Narcissa fit un clin d'œil à Harry. « Tu es un garçon de dix ans. Tu devrais adorer détruire. »

Il secoua la tête. « Non, ce n'est pas le cas. »

« Dans ce cas, je t'assure que tu apprendras à en tirer une certaine satisfaction. »

XXXX

« Harry a tué Voldemort avec une pierre ? »

« Une pierre enchantée. » ajouta Luna, rêveuse. Ils l'ignorèrent tous.

Lucius grimaça lorsque le nom qu'il avait craint pendant si longtemps fut ainsi prononcé. Il hocha néanmoins la tête. Il avait fallu qu'ils soient interrogés pendant cinquante-cinq minutes avant que Tonks ne s'estime satisfaite. Lucius avait été un fervent partisan de la cause que défendait Harry depuis le début et avait fait de son mieux pour récolter des informations pour les donner ensuite à Severus. Après avoir été incarcéré à Azkaban, Lucius et son ami Shane McGregor avaient appris que Voldemort prévoyait d'enlever Harry. Il avait pour plan de l'élever comme son propre fils. Les deux compères avaient immédiatement mis au point un plan pour s'échapper et Lucius s'était porté à la rescousse d'Harry. Le reste des événements fut assez rapidement raconté et confirmé par les autres.

« Pouvez-vous nous dire, M. Malfoy, comment vous avez réussi à vous échapper d'Azkaban, en premier lieu ? »

L'homme sourit avec indulgence à la jeune Auror. « Ah, ma chère, nous faisons partie de la même famille. S'il vous plaît, appelez-moi Lucius. » Tonks rougit. Remus lui lança un regard noir. Lucius eut un sourire satisfait. « Naturellement, pour une somme modique, je serai heureux d'informer le Ministère des quelques erreurs que nous avons pu constaté dans la sécurité. »

Lupin se renfrogna. « Si McGregor vous a aidé, pourquoi n'est-il pas venu avec vous ? »

Tonks leva les yeux au ciel. « Sérieusement, Remmy, ça me parait sensé. Ils ne souhaitaient pas attirer l'attention de Tu-Sais-Qui plus qu'il ne l'était nécessaire dans le but de protéger Harry. » Pansy et Hermione semblèrent légèrement incrédules à l'échange.

Remus regarda l'homme en face de lui, les élèves silencieux, Dumbledore et Tonks sans dire un mot pendant plusieurs minutes. « Ça te parait sensé ? » Son visage se durcit soudain. « Je veux voir Harry. »

« Nous sommes prêts à vous voir, maintenant. »

Toutes les têtes se tournèrent vers la porte avec surprise. Blaise pouffa de rire, Draco rayonna et Greg et Vince se mirent à ricaner. Dans l'embrasure de la porte se tenaient Narcissa, Severus et Harry. Le petit garçon avait été nettoyé et se trouvait entre les deux adultes. Il portait une robe formelle bleue nuit arborant les armoiries de la famille Malfoy. Harry sourit d'une oreille à l'autre tout en fonçant vers ses amis. « Est-ce que j'ai l'air d'être un jeune homme, Draco ? » demanda-t-il avec éclat.

« Harry ! » Lupin soupira de soulagement, la tension habitant son corps se dissipant un peu. « Tu vas bien ? On t'a bien traité ? »

« Je vais bien, monsieur. » Harry sembla quelque peu perplexe à ces questions. « Mes amis étaient ici avec moi. » Son visage s'éclaira. « Et je me suis fait une nouvelle amie. Un serpent. Draco dit que je peux la garder. »

« Oui, eh bien, » Lupin se leva, lissant sa veste tandis que Tonks sautait de sa chaise. « Nous en discuterons une fois que tu seras à nouveau à l'abri, à Hogwarts. »

« Je ne pense pas, non. »

Dumbledore se leva de sa chaise, souriant au professeur de potion. Il tendit la main vers Harry d'un air suppliant. « Qu'est-ce que tu ne penses pas, Severus ? »

« Je ne pense pas que vous discuterez de cela à Hogwarts. » continua-t-il d'un ton voluptueux. Des yeux noirs brillèrent un instant. « Je n'ai pas l'impression que revenir au château soit bénéfique pour la croissance d'Harry, à présent. Je me dois d'insister pour qu'il reste ici avec moi. »

Lupin se figea, son regard passant de Snape à Dumbledore avec incrédulité. Le directeur ne souriait plus, observant simplement le professeur avec une expression curieuse. « Heureusement, » commença sombrement le loup-garou. « Cette décision ne te revient pas. Harry retournera à Hogwarts avec nous dans quelques instants. » Harry se mordit la lèvre, se rapprochant un peu plus de Draco. Il fixait les adultes avec incertitude.

« Ah, Lupin, » sourit Snape satisfait. « C'est là que tu te trompes. » Le ton de l'homme était doux et légèrement suffisant. « Le Directeur Dumbledore a placé le jeune Harry sous ma garde jusqu'à ce qu'il revienne à ses seize ans. » Son sourire s'agrandit. « En acceptant cette tâche, un sorte de contrat magique s'est établi. Je suis actuellement le Tuteur Légal d'Harry. » Dumbledore se crispa légèrement, Lupin sembla un peu incrédule. Personne d'autre n'osa dire quoi que ce soit. Toutefois, Narcissa permit à un air satisfait de prendre place sur ses traits. « En tant que son tuteur » continua Snape avec ce même ton doucereux. « Je ne crois pas qu'Hogwarts soit assez sécurisé pour Harry. C'est pourquoi, après avoir précautionneusement pesé le pour et le contre, je pense qu'Harry devrait rester ici avec moi. »

Lupin ne put plus se contenir. « TU AS PERDU L'ESPRIT, BORDEL ! » Harry tressaillit légèrement, incertain quant à quoi faire face à cette colère qui lui semblait injustifié. Remus avait été gentil quand ils avaient joué au Football. Pourquoi est-ce que l'homme criait sur ses amis, maintenant ? « Voldemort vient juste de tomber. Il y a des tonnes de Mangemorts qui n'ont toujours pas été attrapés qui rêveraient de mettre la main sur Harry ! Il est toujours en danger, surtout en ce moment, vu qu'il n'est encore qu'un enfant ! Hogwarts … »

« … ne sera pas plus sûre que si Harry est surveillé par les associés des personnes qui cherchent à lui faire du mal. » l'interrompit froidement Severus. « Nous, contrairement aux autres, » Ses yeux étincelèrent à nouveau. « Ne permettront pas à des Mangemorts déguisés à se promener selon leur bon vouloir, ici »

« N'avais-tu pas dit que Lucius était de notre côté ? » le questionna rapidement Lupin, voyant immédiatement le défaut dans la logique de Snape.

« Saviez-vous à qui allait mon allégeance quand j'ai pénétré dans l'école ? » Lucius sourit froidement quand l'autre homme sembla de dégonfler et se tourna vers Dumbledore.

« Severus, s'il te plait. » commença doucement le directeur. « Hogwarts est plus sûr que n'importe quelle autre endroit pour Harry. »

« Il me semble que c'est la même logique que vous avez eu en envoyant Harry chez les Dursley. » Des yeux verts s'ouvrirent grands, la douleur de la trahison s'y reflétant. « C'est vous qui m'avez fait rester chez les Dursley ? Pourquoi avez-vous fait ça ? Ils me détestent. » Dumbledore soupira, ferma brièvement les yeux. Harry regarda le directeur puis l'homme qui avait connu ses parents.

Doucement, il se leva et alla rejoindre Snape. Il glissa sa petite main dans celle de l'homme. « Je veux rester avec le Professeur Snape. » souffla-t-il.

« Et ce sera le cas. » Severus inclina la tête. « Je retournerai à Hogwarts avec Harry dans la matinée. Nous resterons, s'il le souhaite, assez longtemps pour assister au match qui opposera l'équipe de Quidditch de Gryffondor à celle de Serdaigle. Puis nous reviendrons ici et et continuerons à revenir ici chaque soir jusqu'à ce qu'Harry soit assez âgé pour choisir de lui-même où il souhaite se trouver. »

« Mère, » Draco se tourna vers sa génitrice, parlant d'une voix mielleuse. « Puisque père vient d'être relâché, pourrais-je être autorisé à rester à la maison moi aussi, le temps que la joie des retrouvailles se soit quelque peu calmée ? » L'ombre d'un sourire vint se dessiner sur les lèvres de Narcissa. « Bien sûr, mon chéri. J'écrirai une autorisation formelle à ton directeur. » Elle salua ses invités d'un signe de la tête puis se tourna vers le petit garçon. Elle lui offrit sa main. « Viens avec moi, Harry. Je vais te montrer la chambre adjacente à celle de Draco dans laquelle tu séjourneras. »

« Je vais vous escorter jusqu'à la sortie. » Lucius se leva, il fit un geste gracieux du bras à ses invités, les incitant à quitter la pièce avant lui. Tonks dut littéralement agripper le bras de Remus et le tirer derrière elle pour le faire sortir.

Dumbledore s'arrêta brièvement devant Snape, le fixant de derrière ses lunettes. Il lui souffla : « J'espère réellement que tu sais ce que tu es en train de faire, Severus. »

Le visage de Severus était complètement vide de toute expression quand ses yeux onyx rencontrèrent ceux bleus éléctriques du diricteur. « En tout les cas, je sais mieux que vous ce qu'il faut faire, monsieur. »

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Le cœur d'Harry battait à tout rompre. La tête lui tournait, ses muscles avaient des spasmes tandis qu'il s'asseyait en lâchant un sanglot terrifié. Le rêve lui avait paru si réel !

Il regarda autour de lui, momentanément désorienté avant de se rappeler. Il se trouvait au Manoir Malfoy. Il y dormait avec son meilleur ami pendant que Snape le protégeait des mauvaises personnes. Mais malgré tout … Il gémit, pressant sa paume contre sa cicatrice. C'était la première fois depuis qu'il était ici qu'il dormait tout seul. Aucun de ses serpents ne se trouvait dans la même pièce que lui. Son pied de lit ne brillait, ne diffusait pas de douce lumière dans la pièce. Et il n'y avait rien de réconfortant et doux sous son oreiller. Parce que, bon, il ne dormait pas avec une licorne en peluche ou une couverture en polaire toute douce. Vraiment. Il avait dix ans. Seuls les bébés dormait avec des peluches. La licorne et la couverture s'étaient simplement retrouvées sous son oreiller, comme ça, par magie. Evidemment. Et si jamais sa main en venait à toucher la douceur réconfortante de temps à autre, eh bien, c'était purement accidentel, bien sûr. Il gémit à nouveau, se sentant étrangement privé de quelque chose dans sa nouvelle chambre. Il ramena ses genoux contre sa poitrine. Tellement isolé qu'il était, Harry sursauta quand des bras forts vinrent l'entourer dans un geste protecteur.

« Tu n'arrives pas à dormir, Harry ? »

Des yeux verts se fermèrent peu à peu et Harry relâcha un souffle qu'il n'avait conscience d'avoir retenu. « Oui, monsieur. » Il renifla, essuyant ses larmes du dos de sa main. « J'ai fait un mauvais rêve. »

« A propos de quoi ? » La voix était si douce qu'Harry se détendit instantanément.

« A propos de … eh bien, c'était bizarre. Il y avait Dobby, vous savez, mon ami ? Il se cognait la tête contre quelque chose et il disait qu'il ne devait pas dire du mal de son maître. Puis il a projeté M. Malfoy contre un des murs d'un couloir. Est-ce que les elfes peuvent blesser les gens ? Et puis, » Harry recommença à trembler. « On était dans un cimetière. Et après il y avait cette chose qui ressemblait à une couverture qui ondulait au vent. » Severus ferma les yeux. Dans sa hâte de protéger Harry, il n'avait pas considéré le fait que le garçon puisse se rappeler de quelques bouts et passages de sa vraie vie. Et dans la vraie vie d'Harry, tous les souvenirs qui étaient reliés aux Malfoy étaient négatifs. Puis ses yeux s'ouvrirent grands à la question d'Harry. « Monsieur ? Est-ce que ma mère était une mauvaise personne ? »

« Quoi ? Ta mère ? Pourquoi penses-tu cela, Harry ? »

« Eh bien … » Harry commença à jouer avec un bouton de la robe de Snape tandis qu'il s'enfonçait encore plus dans les bras de Severus. « M. Lupin m'a parlé de mon père et plein de personnes disent que je lui ressemble. Mais personne ne me parle de ma maman et j'ai rêvé d'elle dans le cimetière, avec moi. Et des fois ... »

« Oui ? » l'incita vivement Snape. « Des fois quoi ? »

« Des fois, je peux l'entendre crier dans ma tête. » chuchota Harry. « Quand j'étais un petit garçon, je pensais que je ne méritais pas d'avoir une famille. Que j'étais vraiment mauvais, mauvais comme ma maman, et que c'était pour ça qu'Oncle Vernon et Tante Pétunia me détestaient. Tante Pétunia, » Sa voix trembla. « Elle m'a dit que c'était de ma faute si mes parents étaient morts dans un accident de voiture. Est-ce que ma mère était méchante ? Est-ce que c'est pour ça que personne ne me parle d'elle ? »

Resserrant sa prise sur le petit garçon tremblant, Snape se débrouilla pour qu'ils soient tous les deux allongés sur le flanc, se faisant face. Harry cacha promptement son visage dans la robe de son professeur. « Harry, » dit Severus calmement. « Je veux que tu m'écoutes avec beaucoup d'attention. Tu peux faire ça ? » Harry acquiesça, refusant de lever les yeux ou de desserrer sa prise sur le bras de Snape. « Mon père était un peu comme ton oncle. » La voix de Snape était douce, faite pour ne pas porter. Harry s'immobilisa contre lui, écoutant avec attention. « J'ai grandi en pensant que je n'aurais pas du avoir de famille, moi non plus. Mon père … était persuasif. Il aimait beaucoup me rappeler que je ne valais rien, que personne ne pouvait pas m'aimer et que je n'étais rien d'autre que des ennuis. »

La tête d'Harry se releva d'un coup, ses grands yeux verts s'écarquillant, implorant. « Vous ne l'êtes pas ! Je vous aime, moi ! » Il prit immédiatement une couleur rouge écarlate et cacha son visage dans les robes de Snape.

Severus sourit, levant sa main pour venir caresser les cheveux d'Harry. « Merci, Harry. « Il marqua une pause, cherchant ses mots, son autre main lui frottant doucement le dos. « Puis j'ai rencontré une petite fille. Une petite fille aux longs cheveux roux, aux grands yeux verts et au sourire le plus éclatant que j'avais jamais vu. Elle m'a fait me sentir intelligent, spécial, en sécurité, accepté pour ce que j'étais. Je l'aimais beaucoup. A ce jour, elle est la sorcière la intelligente et la gentille que j'ai rencontré à ce jour. »

Des yeux verts curieux rencontrèrent des yeux noirs légèrement voilés. « Plus intelligent que Mione ? » Severus hocha la tête, souriant quand les yeux d'Harry s'ouvrirent grands. « Ma maman était plus intelligente que Mione ? Est-ce que c'est seulement possible ? »

« Je t'assure qu'elle l'était. »

« Whaou. »

« Whaou, en effet. » Snape marqua une pause, allant mettre sa main sous le menton d'Harry pour lui relever la tête et le força à rencontrer à nouveau son regard. « Harry, une chose que ta mère m'a appris est que les liens de sang ne sont pas ce qui définie une famille. Elle est plutôt définie par l'amour, la confiance et le réconfort. Tu auras toujours une famille, Harry et tu mériteras toujours une famille. Et si ce n'est pas ta famille par le sang, ce sera ta famille par le cœur. »

« Comme Draco et Hermione ? »

« Exactement. Même, doux Merlin, tes autres amis et les Weasley. » Il leva les yeux au ciel. « Bien que je nierai jusqu'à mon dernier souffle avoir admit un tel blasphème. »

Harry rigola, ses yeux se fermant tandis qu'il se pelotonnait un peu plus contre son tuteur. Snape sourit, attrapa la couverture et la ramena sur l'enfant. « Monsieur ? »

« Oui, Harry ? »

« Est-ce qu'on pourra parler de ma maman quelques fois ? »

« Bien sûr.

« Monsieur ? »

Un soupir. « Oui, Harry ? »

« Ron dit que vous ne m'aimez pas beaucoup en tant qu'adolescent. »

Snape ne répondit tout de suite, choisissant ses mots avec soin. « J'en suis venu à comprendre que je ne te connaissais pas vraiment quand tu étais adolescent, Harry. » Harry hocha la tête, acceptant cela. Snape baisa la tempe du petit garçon avant de commencer à s'extraire de l'étreinte d'Harry.

Le petit garçon s'accrocha désespérément l'homme. « Monsieur ? Vous ne voulez pas rester avec moi, ce soir ? Je vous promets que je ne ronfle pas. »

Des yeux verts anxieux rencontrèrent des yeux onyx prudent et les retint pendant un moment. Snape soupira, abandonnant. Harry rayonna, se rapprochant immédiatement de l'homme. « Monsieur ? »

Un autre soupir, légèrement impatient. « Oui, Harry ? »

« Maintenant que vous avez appris à me connaître, vous voulez bien faire partie de ma famille ? »

Des bras de ressèrrèrent convulsivement autour de l'enfant ensommeillé qu'il tenait contre lui. Il se pencha et baisa à nouveau la tempe du garçon.

« Bien sûr. »