Bonjour à tous, tout d'abord je tenais à vous remercier tous autant que vous êtes pour vos messages, vos reviews ou vos ajouts en favoris de cette histoire. Il était important pour moi de m'excuser auprès de vous pour le temps que je mets à publier mes chapitres mais j'ai pas mal de soucis familiaux et ça retarde un peu la publication et surtout le rythme d'écriture. De plus je suis fortement occupé sur les chapitres de ma première fiction qui je l'avoue son un peu plus difficile à écrire pour l'instant.

Pour ce qui est de ce chapitre ci, je voulais vous dire que ça ne sera peut être pas mon préféré de toute cette histoire car il y en a encore beaucoup d'autres de prévus mais pour l'instant c'est mon favoris sans aucun doute.

Une nouvelle fois je remercie de tout mon coeur ma correctrice et choupette pour tout le temps qu'elle utilise à m'aider dans mes écris. Elle m'oriente,me conseille et surtout corrige mes fautes pour permettre à cette histoire d'évoluer et d'être ce qu'elle est. Son avis comme le votre, compte beaucoup pour moi.

je crois que j'ai tout dis, je vous laisse à la découverte de ce chapitre et s'il vous plait laissez moi connaître votre ressenti.

chapitre 14:

Beth était occupée avec Juddith. Son père avait réuni le conseil pour essayer de comprendre ce qu'il s'était passé ce matin. Ils devaient absolument analyser la situation pour en comprendre la gravité. Daryl lui avait expliqué que Patrick avait tourné sans avoir eu de morsure. Il n'avait pas non plus été tué par la main de l'homme, du coup ils savaient qu'il était mort de cause naturelle. Si la maladie avait touché Patrick, d'autres personnes pourraient suivre et ils devaient éviter de subir plus de pertes. Beth était attristée par la disparition de toutes ces personnes, les tombes avaient considérablement augmenté en très peu de temps. Pour l'instant, il n'y avait pas encore grand chose à faire, les corps étaient enterrés et les rôdeurs accumulés aux grilles avaient été maîtrisés.

- En espérant que ces choses ne se produisent plus, souffla-t-elle dans l'oreille du bébé.

Elle alla préparer le repas avec l'enfant, elle la plaça délicatement sur une couverture au sol et lui donna des gobelets vides avec lesquels elle pouvait jouer. Alors qu'elle souriait doucement à la fillette, elle vit Karrel s'approcher, les traits du visage tirés, visiblement pas en pleine forme.

- Est-ce que tu vas bien ? S'inquiéta-t-elle aussitôt. Instinctivement, elle prit Juddith dans ses bras, comme si par ce simple geste, les microbes ne pouvaient pas l'atteindre.

- Oui... oui... enfin... la femme transpirait fortement, signe de fièvre et elle se mit à tousser violemment avant de terminer sa phrase. Pas sûr.

« Mon dieu, la maladie s'est déjà propagée » pensa directement la blonde. Karrel était une des personnes de Woodbury qui résidait dans le bloc D là où tout avait commencé avec Patrick.

- Reste ici, ordonna-t-elle d'un ton doux en s'éloignant rapidement, le bébé toujours dans ses bras.

Elle se précipita vers la cellule de Carl et heureusement elle le trouva là, occupé à lire une BD, ce fut un soulagement de le voir présent.

- Garde Juddith s'il te plait, je reviens vite, imposa-t-elle sans prendre le temps d'expliquer ses intentions à l'adolescent.

Elle courut le plus vite possible jusqu'à la bibliothèque, là où le conseil avait pris l'habitude de se rassembler. Elle franchit la porte essoufflée et fut accueillie par des regards plus que surpris.

- Beth! S'exclama son père.

Elle essaya de respirer lentement pour retrouver son souffle et ainsi être capable de parler. Elle vit Daryl assis en face de la porte, sur une chaise retournée, le torse collé contre le dossier de celle-ci. Leurs yeux s'accrochèrent entre eux et elle put y déceler une certaine inquiétude à peine perceptible.

- Qu'est-ce qui se passe ? La pressa Sacha.

- C'est Karrel, je crois qu'elle est malade, réussit-elle enfin à prononcer. Elle comprit à leur regard qu'ils arrivaient aux mêmes conclusions qu'elle.

- Rien ne sert de paniquer pour l'instant, commença Hershel. Toutefois, nous devons nous préparer à une possible épidémie.

- On fait quoi ? Interrogea Daryl.

- Premièrement nous devons prévoir un endroit pour ceux qui tombent malade, nous pouvons utiliser le bloc D.

- Est-ce qu'il y a d'autres personnes malades à part elle ? S'informa Carole en se tournant sur Beth.

- Je ne pense pas, enfin je n'ai vu qu'elle.

- Il n'y a pas une manière d'empêcher l'épidémie ? Questionna la femme aux cheveux courts.

- Nous ne savons même pas d'où elle vient, expliqua le vieil homme. L'homme a toujours été confronté à la maladie... ça peut très bien passer tout seul.

Tous les visages présents dans cette pièce reflétaient exactement ce que ressentait Beth : l'incrédulité, chacun d'eux savaient que les choses ne seraient pas aussi simple. La jeune femme ne pouvait nier la crainte qu'elle éprouvait, ainsi que le sentiment d'impuissance qui prenait forme au fond d'elle. Il y avait bien longtemps que les problèmes étaient devenus de plus en plus compliqués. Seulement, elle ne voulait pas perdre tout espoir et elle savait que la seule chose à faire était de croire en l'impossible, que ce fléau allait passer tout seul.

- La journée a été épuisante, essayons de tous nous reposer. Demain, nous aviserons, reprit sagement Hershel. Occupons-nous de mettre Karrel en isolement.

Tout le monde se leva dans un mouvement unique. Beth partit récupérer Juddith, elle aperçut Tyreese expliquer à sa compagne ce qui allait se passer et elle la vit acquiescer calmement, de manière compréhensive.

Beth était installée dans son lit, essayant de faire taire toutes les pensées qui voyageaient dans sa tête. Le sommeil semblait encore la fuir, elle se doutait que les événements de ces dernières heures devaient y être pour quelque chose. Même si elle voulait être forte, elle n'arrivait pas à repousser le côté d'elle qui restait sensible à tous les malheurs. Ils avaient perdu beaucoup de gens aujourd'hui, trop de monde et ça l'attristait plus qu'elle ne voulait bien le montrer.

Parfois, elle aurait aimé pouvoir refermer les portes de son coeur de manière à ne plus rien ressentir. Pourtant, la seule chose qui lui permettait de voir qu'ils étaient encore en vie, c'était les sentiments. Ceux-ci restaient essentiels pour rester vivant. Néanmoins, ce soir, ses émotions étaient mises à rude épreuves. En plus de la tristesse qui ne semblait pas vouloir la quitter, elle devait reconnaître qu'elle était ensevelie par la peur. L'angoisse de ce qui les attendait dans un futur proche. Elle le sentait au fond d'elle, les prochains jours ne seraient pas bons. Elle était tellement apeurée par l'idée de fermer les paupières et de se réveiller face à une nouvelle catastrophe, qu'elle n'arrivait pas à s'endormir.

Elle avait envie de monter à la tour de garde, histoire de ce changer les idées, mais Juddith dormait dans sa cellule et elle ne pouvait pas la laisser seule. Elle avouait que ce qu'elle souhaitait réellement, c'était de rejoindre Daryl. Même lorsqu'il restait silencieux, la proximité du chasseur, lui faisant du bien, l'apaisait.

Elle cligna plusieurs fois des yeux en réalisant que ce dernier ne devait pas être de garde cette nuit. En effet, il avait pris son tour la nuit précédente, elle y était avec lui, de plus, il n'avait quasi pas dormi depuis presque 48 heures. Rick ne le laisserait pas en surveillance dans ces conditions. En même temps, ça ne changeait absolument rien de savoir qu'il était dans sa cellule. Elle ne pouvait pas simplement aller le trouver et lui demander « je peux dormir avec toi ? » le pouvait-elle ? Elle secoua la tête fortement en se traitant d'idiote. De toute façon, Juddith était toujours dans sa cellule ce qui réglait la question.

C'était si facile de s'imaginer près de lui comme la veille dans la tour de garde, elle s'était complètement détendue. Elle ne s'était même pas rendue compte qu'elle s'endormait. Elle devait dormir , elle en était consciente, sinon elle ne tiendrait pas le coup.

« Oh et puis zut » se dit-elle en se glissant hors de ses draps. Elle sortit de sa cellule sur la pointe des pieds, évitant le moindre bruit, pour éviter de réveiller le bébé. Marchant avec toute la délicatesse dont elle était capable, elle fit le trajet jusqu'à la cellule de Daryl.

En arrivant dans l'encadrement de la porte, elle le vit étendu sur le lit, les yeux clos, il paraissait tellement serein. Elle se mordit la lèvre inférieure, et laissa échapper un petit soupir silencieux, en se demandant ce qu'elle venait faire là. Elle devait juste tourner les talons, retourner dans son propre lit et oublier son idée stupide. Cependant, elle se retrouvait dans l'incapacité de détourner les yeux de cet homme endormi devant elle. Elle ne pouvait tout de même pas le réveiller et de toute façon que lui dirait-elle ? Non, il avait le droit et surtout le besoin de dormir. Elle dut se faire violence pour étouffer l'envie qui lui broyait le coeur de le rejoindre et de se coucher à ses côtés. Elle sentit le rouge monter sur ses joues devant cette pensée, s'imaginant dormir contre lui, ses bras musclés autour d'elle. Elle s'autorisa même un petit sourire en songeant à la réaction que l'archer pourrait avoir. Pour la deuxième fois, elle laissa sortir un soupir de ses lèvres et prit la décision de faire demi-tour.

- Tu vas rester là longtemps à regarder, Greene ? La surprit-il alors en la faisant sursauter. Elle était convaincue qu'il dormait et elle n'avait rien fait pour le réveiller. Faisait-il semblant depuis son arrivée ? Ou avait-il senti sa présence ? Enfin sur le moment, ce n'était pas vraiment le plus important. Que devait-elle dire maintenant ? Que faisait-elle là ? Elle ne se voyait pas admettre qu'elle avait besoin de réconfort. Il était hors de question qu'il puisse penser qu'elle était faible.

- Je n'arrive pas à dormir, déclara-t-elle en essayant de maîtriser sa voix.

Elle le vit l'observer un court instant avant de s'asseoir et de taper sur le matelas pour lui signaler de venir se mettre à ses côtés. Si Juddith n'était pas dans sa cellule, ça aurait été tellement simple de le rejoindre sur ce lit et de se laisser aller à somnoler. Seulement, elle ne pouvait pas laisser la fillette plus longtemps toute seule.

- Jude est dans ma cellule, je ne peux pas la laisser seule, expliqua-t-elle un peu mal à l'aise.

Avait-il compris qu'elle voulait s'endormir auprès de lui ? Même si ça semblait totalement fou et étrange, elle savait qu'il n'y aurait que de cette façon qu'elle pourrait trouver le sommeil.

Apparemment, il ne comprenait pas où elle voulait en venir, ni la raison pour laquelle elle se trouvait ici. Elle sentit le malaise monter d'un cran et ne sut comment faire pour lui dire « je veux dormir avec toi ». Oh elle était cinglée, ses joues chauffèrent à la simple idée de lui annoncer.

- Viens toi, proposa-t-elle dans un murmure tremblant. Malgré l'obscurité, elle le vit froncer les sourcils dans une mimique étonnée.

- Si tu veux que ton père me tue, dis le moi directement. J'donne pas cher de ma putain de peau si ton vieux me retrouve dans ta piaule, s'opposa-t-il d'un ton calme.

Elle rougit de plus belle en se traitant mentalement de tous les noms. Elle venait clairement de demander à Daryl de dormir dans sa cellule en toute conscience. Bien entendu, elle ne pensait pas à mal, juste à dormir. C'était la seule raison de sa demande. Elle n'en pouvait rien si il avait le don de l'apaiser sans même s'en rendre compte, mais elle se sentait si bien en sa présence. Elle se maudit intérieurement, jamais elle n'aurait dû venir ici.

- Il t'a déjà vu dedans, avoua-t-elle sans contrôler les mots qu'elle prononçait. Honnêtement, sa bouche parlait toute seule, en même temps, ce n'était que la vérité.

- Ne te tracasse pas, c'est pas grave. On se voit demain, souffla-t-elle remplie de gêne.

Elle se détourna aussi vite pour partir, elle entendit le lit bouger, et elle fit tout son possible pour ne pas pivoter sur elle-même et le regarder à nouveau. Par contre, elle ne se serait jamais attendue à le sentir à ses côtés quelques secondes plus tard. Elle avait peur de s'autoriser un seul geste, néanmoins, elle monta son regard sur l'archer. Il se contenta de lui adresser un petit sourire en coin. Une nouvelle fois, la blonde se retrouva à mordiller sa lèvre inférieure en remettant une mèche de cheveux à l'arrière de son oreille. Elle ne sut retenir ses lèvres de s'élargir dans un sourire timide, presque soulagée qu'il l'ait suivie.

Une fois dans sa propre cellule, elle lui fit signe de garder le silence en mettant l'index sur sa bouche et en désignant Juddith endormie dans son petit lit. Elle prit la peine de fermer le rideau en pensant à la tête que ferait Maggie si elle les voyait dormir ensemble. La jeune blonde s'installa aussitôt sur sa couchette. Elle dut se retenir de rire, lorsqu'elle vit Daryl s'installer à même le sol, le dos contre le lit. Il avait vraiment décidé de ne pas pas lui simplifier la tâche. Elle s'approcha doucement de lui, et positionna sa bouche à quelques millimètres de son oreille.

- Tu as peur que je te morde ? Murmura-t-elle sans pouvoir s'empêcher de sourire. Il tourna brusquement la tête vers elle et son envie de rire redoubla devant l'expression de son visage. Elle sentit son coeur battre plus rapidement en se rendant compte de la proximité de leurs lèvres.

- Tu ne vas pas dormir au sol, expliqua-t-elle d'une voix un peu plus hésitante.

- C'est pas la première fois, t'occupe pas.

Il se replaça dans sa position initiale pendant qu'elle réfléchissait. Maintenant, elle s'en voulait d'avoir été le chercher, le pauvre avait besoin de dormir plus que n'importe qui ici. Elle se leva et s'installa à ses côtés, à son image.

- Qu'est-ce que tu fais ? S'étonna-t-il d'un ton faible pour ne pas réveiller le bébé.

- Je dors par terre... avec toi, crut-elle bon de devoir ajouter.

- Putain, qu'est-ce que t'es casse-pieds comme fille ! Rouspéta-t-il toujours dans un murmure.

- Je sais, assura-t-elle dans un large sourire, amusée par sa remarque et son air un peu exaspéré. Mais tu t'ennuierais sans moi.

Elle mit sa tête sur son épaule comme elle l'avait fait dans la tour de garde et le calme les entoura. Elle pouvait le sentir se crisper à son contact, mais elle savait qu'il refusait de se laisser aller, de se détendre. D'un bond, il se redressa, la forçant à retirer sa tête et elle crut immédiatement qu'il repartait à sa cellule. Conte toute attente, il lui tendit une main pour qu'elle se relève, ignorant son air surpris.

- Allez gamine, grimpe là dessus, lâcha-t-il en montrant le lit d'un signe de tête. Elle sourit de plus belle, et obtempéra aussi vite.

Elle se glissa le plus loin possible dans le lit, contre le mur, pour lui permettre d'avoir assez d'espace. Bon d'accord, c'était pas l'idée la plus brillante pour garder une distance vu la taille du lit, mais honnêtement, c'était un peu le but recherché.

Il prit place à son tour, et s'installa sur son dos les bras à l'arrière de sa tête. Beth sentait le froid du mur dans son dos et se tenait sur son côté gauche, le corps face à Daryl. Même si une voix quelque part au fond d'elle, lui hurlait de se serrer contre lui, elle n'en fit rien, elle ne voulait pas l'effrayer, ni le brusquer.

- Merci, murmura-t-elle, sachant qu'il faisait un effort. Elle ferma les yeux se réconfortant avec la chaleur du corps de l'archer, à quelques centimètre du sien.

- Dors, répondit-il en fermant les yeux également.

La jeune femme se sentait déjà dériver vers le monde des rêves, rêves qui, elle l'espérait fortement, ne mettrait pas un certain chasseur au premier plan. Sans en prendre conscience, un petit sourire se dessina sur son visage.

- Bonne nuit, souffla-t-elle et elle n'entendit pas la réponse.

Daryl ouvrit les yeux en sentant une drôle de chaleur contre lui. Après quelques secondes pour reprendre ses esprits, il réalisa qu'il était dans la cellule de Beth, dans son lit, avec elle. Il essaya de calmer les battements de son coeur, ils étaient si forts qu'il avait l'impression que tout le monde dans la prison pourrait les entendre. Comment s'était-il embarqué dans cette situation ? Non, mais sérieusement devenait-il cinglé ? Il n'avait aucun droit de se retrouver dans ce pieu. Il aurait dû écouter son premier instinct et rester cloîtré dans son propre lit. Seulement, il avait été perdu à la seconde où il avait vu ses traits épuisés. Il n'avait pas su résister à faire ce qu'elle lui avait implicitement demandé. Relativisons un peu, ils n'avaient absolument rien fait, ni elle, ni lui, juste dormis. « ça c'est parce que tu agis comme un putain de puceau, bébé frère » intervint inopinément la voix moqueuse de Merle. « Ta gueule » pensa-t-il très fort. « Non sérieusement, t'es au pieu avec une bombe et rien ? Tu te fiche de moi ?... je croyais t'avoir mieux appris » continuait l'aîné des Dixon. Il secoua vivement la tête comme pour le chasser de son crâne et ainsi faire taire ses stupides remarques.

Il s'autorisa enfin à glisser son regard sur la jeune femme recroquevillée contre lui. Il n'avait pas le souvenir que leur corps étaient si proches en s'endormant. Toutefois, à cet instant, il pouvait sentir tous les endroits où il y avait un contact. En réalité, il ressentait sa présence dans tous les pores de sa peau. Cette constatation ne l'aidait en rien à garder le contrôle sur ses sensations. Les mains de Beth se resserra autour de lui, comme si elle cherchait à raffermir sa prise, remontant en même temps une de ses jambes qui en travers de la nuit s'était retrouvée au milieu des deux siennes. La chaleur qui montait en lui en sentant le frôlement contre sa propre cuisse, était presque insupportable. Elle était proche, très proche, intimement proche. Tout ça devenait trop compliqué à gérer. Il craignait à ce moment là, qu'elle se réveille, il priait pour que ça n'arrive pas et surtout pour qu'elle arrête tout mouvement. « Putain, fille » maudit-il silencieusement en la sentant à nouveau se frotter contre lui. Malgré toute la force de sa volonté, il était impossible pour Daryl de contrôler son excitation montante. Il devait sortir de ce lit sans attendre. Il était là dans ses réflexions quand Juddith décida de pousser un petit cri.

- Non, non, chut petite dure à cuire, pleure pas... pas maintenant.

Les mots sortirent de lui dans de simples murmures, voulant à tout prix éviter que la blonde se réveille. Que penserait-elle si elle ouvrait les yeux et se rendait compte dans quel état, elle le mettait ? Il s'en voulait pour sa réaction, il ne devait même pas oser penser à elle de cette manière. En tout cas, une chose était sûre, c'était la première et dernière fois qu'il dormait avec elle. Elle pourrait encore lui faire ses yeux de biche, ça ne changerait en rien sa décision.

Il se dégagea avec toute la délicatesse qu'il pouvait avoir, et fut étonné de lui même quand il réussit à sortir du lit sans l'éveiller. Il attrapa aussi vite le bébé qui babillait de plus en plus avant qu'elle ne se mette à pleurer.

- Hé petit coeur, marmonna-t-il en la serrant contre sa poitrine. La fillette tira directement sur sa chemise de ses deux petites mains.

Il jeta un coup d'oeil à Beth, toujours profondément endormie, se demandant si il devait la sortir de son sommeil... enfin après quelques secondes. Le temps qu'il s'assurait qu'il n'y avait plus aucun signe de son état et qu'il eut pu reprendre le contrôle de lui-même.

- Bon qu'est-ce qu'on fait ? Tu viens avec moi ou on réveille la demoiselle ? Parla-t-il d'un ton doux à l'enfant, en essayant d'agir au mieux. Que dirait-il aux autres si ils le voyaient avec Jude ? Il trouverait toujours bien une excuse à donner. Il n'allait tout de même pas égoïstement l'empêcher de récupérer pour son image personnelle. Il prit son courage à deux mains et sortit d'un pas décidé de la cellule de la blonde avant de changer d'avis.

- Daryl ! Salua Rick en l'apercevant arrivé. Il remarqua aussi tôt la mine interrogative de son ami en voyant sa fille dans les bras de l'archer.

- Hé ! Grommela-t-il.

- T'étais dans la cellule de Beth ? S'empressa de demander l'ancien chérif sans refréner sa curiosité. Les yeux de Michonne juste à côté de lui, brillaient d'amusement.

- Juddith pleurait... exposa-t-il simplement en se servant du bébé comme alibi, faisant du mieux possible pour dissimuler son trouble.

- Bizarre, j'ai rien entendu, se moqua ouvertement Rick.

- Oh Daryl... s'écria Carole en arrivant à leur rencontre. Je suis passée devant ta cellule très tôt, tu n'étais pas là. Où étais-tu ? Tu as eu un problème ?

Il cligna plusieurs fois des yeux, dans quel merdier s'était-il fourré ? Il aperçut l'expression taquine de ses amis devant les questions de la plus âgée et plus encore devant son hésitation à y répondre.

- Parti faire un tour, mentit-il.

- Pourquoi tu as Juddith ? Demanda-t-elle soupçonneuse.

- Elle pleurait, répondit la samouraï à sa place, un grand sourire sur les lèvres.

- Je vais chasser, annonça l'archer en passant le bébé à son père qui la prit dans ses bras.

- Sans Beth ? S'étonna faussement la femme noire, l'oeil de plus en plus rieur, à l'image d'une petite soeur embêtante.

- Elle dort encore, lâcha-t-il immédiatement, ne prenant pas le temps de réfléchir. « Quel con ! » s'insulta-t-il aussi vite.

Il remarqua l'observation insistante de Carole sur lui, et l'air enquiquineur des deux autres qui semblait ne pas vouloir quitter leur visage. Cette histoire allait le poursuivre longtemps, il pouvait le sentir. Dans sa tête, il fit une note mentale très simple à retenir : Dormir avec Beth = Idée stupide.

- Rick, cria une voix empressée et remplie d'effroi, les faisant revenir à la réalité.

Daryl se retourna pour voir Tyreese apparaître le teint livide, dans un état alarmé. Il semblait horrifié, comme si il avait vu un fantôme.

-Que se passe-t-il ? Demanda l'ancien chérif en passant Juddith à Carl qui venait d'arriver, alerté par les cris.

-C'est Karrel ... et David, informa le grand costaud, les traits ravagés par un sentiments que le chasseur n'arrivait pas à analyser.

-Ok, on te suit, déclara l'ancien shérif en incluant Daryl.

Ils marchaient déjà dans les traces du black quand l'archer remarqua Carole les suivre discrètement.

Beth eut un mal de fou à sortir de son sommeil. Elle avait l'impression d'avoir dormi des jours entiers, tellement son corps semblait anesthésié. Ça faisait des mois qu'elle n'avait plus réussi à dormir aussi bien. « Juddith » pensa-t-elle immédiatement. Le bébé aurait déjà dû pleurer. « Daryl » songea-t-elle aussi vite. Il n'était plus là, la fillette n'était plus dans son lit non plus. Il avait dû prendre l'enfant avec lui mais pourquoi ne l'avait-il pas réveillée ? S'était-il retrouvé avec Jude devant les autres ? Un tas de questions prenaient forme dans sa tête, pourtant elle ne comprenait pas pourquoi elle s'inquiétait tant. Daryl et elle n'avaient strictement rien fait de mal, ils avaient juste partagé la même couchette. Les autres pouvaient croire ce qu'ils leur chantaient, elle n'avait rien à se reprocher. Honnêtement, elle ne regrettait pas cette nuit d'accalmie. Elle avait un peu peur de comment l'archer allait se comporter vis à vis d'elle, tout ce qu'elle désirait c'était qu'il ne s'éloigne pas. Elle savait que durant la nuit, elle s'était serrée contre lui, elle pouvait toujours sentir la chaleur qui avait traversé son corps tout au long de la nuit par de simples contacts. Elle avouait qu'elle avait volontairement provoqué certains mouvements alors qu'il dormait mais ça, il n'y avait qu'elle qui le savait. Elle sourit en y songeant quand un cri la sortit de ses pensées. La voix d'un homme angoissé, résonnait dans tout le dortoir. Elle sauta hors du lit pour vite enfiler ses chaussures, prit son arbalète posée contre le mur et la fixa sur son dos avant de sortir de la cellule, tout en refaisant sa queue de cheval.

- Beth, chérie, la salua tendrement Hershel en passant devant elle.

- Qui a crié papa ? S'enquit-elle en le suivant vers le lieu de rassemblement où se trouvait Carl qui tenait Juddith.

- C'est Tyreese, répondit le jeune garçon à la place de l'homme. Il a emmené mon père pour lui montrer quelque chose au sujet de Karrel.

- Hé ma petite poupée, souffla la bonde en direction du bébé en lui faisant un bisous sur le front.

- Comment ça se fait qu'elle était avec Daryl ce matin ? Souleva son ami sur un ton innocent mais avec une certaine curiosité. En fait, c'était peut-être pas si innocent que ça, si elle en jugeait par le petit sourire moqueur qui berçait ses lèvres.

- Comme ça, se contenta-t-elle de répondre. Il a sûrement dû l'entendre pleurer en passant devant ma cellule, ajouta-t-elle en voyant le regard inquisiteur de son père. Elle aurait pu leur dire qu'elle avait eu besoin de la présence de l'archer pour trouver un certain confort mais elle ne voulait pas qu'ils s'imaginent quelque chose qui n'existait pas. Existait-il quelque chose de concret ? Non, bien sûr que non, c'était même stupide d'y penser. De plus, elle ne voulait pas leur laisser voir qu'elle était faible. Cette nuit resterait entre Daryl et elle, elle doutait de toute façon que ça puisse se reproduire dans le futur, c'était un moment de faiblesse et le chasseur avait eu la gentillesse de la soutenir.

Elle fut surprise de voir Hershel lui donner un sourire compréhensif, la laissant perplexe. Elle savait qu'elle n'avait pas vraiment besoin de mentir, ils n'avaient rien fait de mal. Elle se demanda alors si Daryl avait subi un interrogatoire de la part des autres. Si c'était le cas, il ferait tout pour l'ignorer et lui en voudrait certainement.

-Où est-il ? S'informa-t-elle en essayant d'être le plus naturelle possible et surtout de contrôler le rougissement qui imprégnait ses joues. Elle avait besoin de savoir qu'il n'y avait pas un malaise entre-eux, et surtout le remercier de l'avoir aidée à trouver le sommeil. Elle sentait cette boule d'angoisse au fond d'elle à l'idée qu'il veuille à nouveau prendre ses distances avec elle, elle ne souhaitait en rien qu'il lui en veuille pour telle ou telle raison. Elle repoussa fortement cette pensée, même si il essayait, elle n'était pas décidée à le laisser faire.

- Avec mon père et Tyreese, répondit Carl. Ils sont partis voir Karrel.

- Ok, je peux te laisser ta soeur un petit moment ? Je reviens vite.

Il acquiesça gentiment et la jeune femme profita pour filer. Logiquement ils devaient se trouver dans le bloc D, là où ils avaient isolé les malades. Pour l'instant, il n'y avait que Karrel qui avait été suivie la veille au soir par David, peut-être que les choses se limiteraient à ça. En tout cas, elle l'espérait de tout coeur.

Malgré son vœu que tout finisse bien, la bonde ne put s'empêcher de remarquer quelques personnes assez affaiblies alors qu'elle traversait la cour. Ceux-ci toussaient et semblaient pâles, leur difficulté à avancer était claire. Tout compte fait, le microbe ne faisait que commencer et se propageait à travers la prison.

- Sacha, est-ce que tu aurais vu Daryl ? Demanda-t-elle en apercevant la métisse.

- Oui, il est entré à l'intérieur.

Elle la remercia d'un signe de tête tout en maudissant les hommes. Étaient-ils inconscients ? Le fait d'être en contact direct avec les malades ne faisait qu'augmenter les risques de l'attraper. Cependant, elle savait qu'ils avaient été les premiers à côtoyer le virus. Elle ne réfléchit pas plus que ça et entra dans le bâtiment à leur suite. Elle surprit aussi vite des hurlements qui venaient de l'arrière. Elle se mit à courir en direction des cris jusqu'à arriver dans la petite cour. Rick et Tyreese se criaient dessus avec rage, en tout cas pour le plus costaud, il semblait menaçant complètement différent de ce qu'elle connaissait de lui. Daryl se mit entre les deux hommes, essayant de les séparer et de calmer le grand black. Sur le coup de la colère, celui-ci le coinça violemment contre le mur, l'empoignant par sa veste, le maintenant avec force.

- Arrête, cria Beth ne sachant se retenir, se sentant trembler devant la fureur qui émanait de l'homme.

Son cri eut l'audace de surprendre chaque personne présente, car ils se tournèrent tous dans sa direction.

- Regarde, hurla Tyreese en pointant quelque chose du doigt. Elle déplaça son regard vers l'endroit qu'il montrait, révélant un spectacle horrible. Instinctivement, la plus jeune plaça ses mains sur sa bouche pour empêcher un cri d'effroi de sortir. Deux corps étaient allongés sur le sol, complètement carbonisés. Elle était consciente que son visage reflétait l'incompréhension et l'écœurement devant ce qu'elle voyait.

- Est-ce que c'est ... Karrel et David ? Osa-t-elle supposer d'une voix tremblante.

A l'opposé d'elle, elle aperçut Carole qui semblait mortifiée, ne faisant aucun geste et faisant tous pour éviter de regarder les morts. Ses yeux restaient posés sur les hommes en dispute. La blonde sentit l'attention de Daryl sur elle, et put y lire une expression désolée sans vraiment en connaître la raison. Peut-être parce qu'elle était spectatrice de cette monstruosité.

- Il faut trouver qui a fait ça ! Cria à nouveau Tyreese tout en tenant toujours l'archer. Le ton de sa voix était rempli de haine et d'énervement. La blonde aperçut tous ses muscles trembler sous le coup des émotions.

- On trouvera mec, assura le chasseur, souhaitant apaiser les choses. On est du même côté.

- Tyreese, lâche-le s'il te plait, essaya de le raisonner Beth. En fait, elle craignait que l'état de colère de l'homme noir empire et qu'il fasse des gestes qu'il regretterait. Honnêtement, elle n'était pas à l'aise de voir Daryl pris ainsi en otage.

Rick mit une main sur l'épaule du grand costaud et dans un éclat incontrôlable de fureur, l'homme lui asséna un coup de poing. La réaction de l'ancien chérif ne se fit pas attendre et il répondit avec une telle agressivité que la jeune blonde en fut bouleversée. Les coups étaient violents et sauvages, c'était comme si Rick était habité par quelqu'un d'autre. C'était la première fois qu'elle voyait ce côté là de lui, et c'était assez effrayant.

- Non, marmonna Carole toujours bloquée sur place.

- Rick ça suffit, intervint le chasseur en l'attrapant par la taille pour l'éloigner et stopper son assaut. Beth aperçut toute la force qu'il dut utiliser pour gérer leur ami, hors de lui. Chaque muscle de Daryl se contractait sous l'effort, alors que Rick continuait à se débattre, hurlant de plus belle.

Les hurlements tournaient dans la tête de la jeune femme, la rendant légèrement nauséeuse, elle devait se reprendre et calmer les choses avant qu'un autre malheur ne survienne.

Elle osa un nouveau regard sur les deux hommes occupés à se battre, ou plutôt Tyreese qui subissait la rage non contenue de Rick. L'homme avait un œil gonflé et ensanglanté, son visage tuméfié de coup. La main de l'ancien chérif était dégoulinante de sang, ce qui montrait la violence de ses coups.

- Maintenant ça suffit ! Arrêtez ça tout de suite, rugit Beth d'un ton sec et orageux. Elle ne pouvait plus regarder ce spectacle sans agir. Vous ne pensez pas qu'il y a déjà eu assez de victime ? Nous devons être solidaire et pas les uns contre les autres, ajouta-t-elle.

Il y avait là devant eux, deux corps qui étaient ceux d'amis, de personnes qui partageaient leur vie au quotidien et ces deux hommes ne pensaient qu'à se frapper dessus. La blonde tremblait d'énervement en pensant à leur attitude, et devant l'horreur de la situation. Sous la force de sa voix, ils arrêtèrent de bouger pour la fixer avec étonnement.

- Rick va voir mon père, profita-t-elle de l'accalmie. Son ton ne laissait aucune place à une répartie, elle était cassante et sûre d'elle, ne lui laissant pas le choix. Toutefois, elle fut surprise de le voir obtempérer.

La blonde se permit une nouvelle observation vers Carole qui semblait à mille lieux d'ici. Un peu comme si elle était hors du temps.

- Carole ? L'interpella-t-elle la faisant enfin réagir, surprise d'entendre son nom. Tu as vu quelque chose ? Questionna-t-elle en la fixant avec attention.

Le corps de la plus âgée sembla se crisper et eut un léger sursaut, ses yeux parurent déroutés pendant quelques secondes mais elle finit par nier de la tête. Bizarrement Beth la trouvait différente, mais elle n'eut pas le temps d'approfondir ses réflexions car la femme aux cheveux gris se détourna et partit.

La jeune planta son regard dans celui de Daryl, essayant de savoir ce qu'il pensait. Honnêtement, elle se sentait elle-même à fleur de peau et ne savait pas trop quelle attitude adopter. Cependant, elle prit son courage à deux mains et s'approcha lentement de Tyreese, accroupi au sol, à côté des corps brûlés. Elle aperçut la tête de l'archer lui lancer des « non » subtils de la tête mais elle n'en tient pas compte. Elle était persuadée que l'homme costaud ne lui ferait pas le moindre mal. Il était juste meurtri, brisé à l'intérieur, il avait besoin de réconfort. Elle s'agenouilla à ses côtés, pour se mettre à sa hauteur et tendrement mit sa main sur celle de l'homme.

- Tyreese... on trouvera qui a fait ça... Rick ... Daryl ... ils trouveront.

- C'est pas juste, gémit-il la voix tremblante de chagrin.

- Non, ce n'est pas juste, Ils ne méritaient pas ça, ni Karrel, ni David. C'étaient des gens bien.

- Celui qui a fait ça, est un monstre, rugit-il retrouvant un peu de sa rage qui s'était affaiblie. Daryl avança d'un pas mais Beth lui fit un signe discret pour l'inviter à rester immobile. Leur regards se croisèrent et elle vit une certaine appréhension dans ceux du chasseur.

- Les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être, avança-t-elle d'un ton doux.

- Tu dis que ... ? réagit vivement Tyreese avant qu'elle ne l'interrompe.

- Je dis que celui qui a fait ça, paiera d'une façon ou d'une autre, assura-t-elle. Mais que tu ne peux pas te laisser ronger par la colère... ce n'est pas toi.

- Qu'est-ce que je vais faire ? Soupira fortement son ami, l'air complètement anéanti.

- Tu vas t'occuper d'eux, leur rendre hommage... faire soigner ton œil. Puis tu vas te battre pour elle, pour Sacha qui est encore avec toi, voulut-elle le persuader.

Il se releva sur des jambes fragilisées par les émotions et certainement la bagarre qui venait d'avoir lieu et il s'éloigna d'un pas hésitant mais brusque. Beth soupira tristement en jetant un dernier coup d'oeil aux corps noircis, elle se redressa pour se tenir droite sans vraiment comprendre comment une chose pareille avait pu se produire sous leurs yeux, sans que personne ne s'en aperçoive. Elle sentit immédiatement la présence de Daryl à ses côtés.

- Ça va ? lui demanda-t-il, réellement préoccupé par son état.

- Mouais... et toi ?

En réalité, elle se sentait confuse, elle n'arrivait pas à imaginer quelqu'un de leur gens faire une chose pareille. Ils se côtoyaient tous les jours depuis plus de deux mois et personne ne lui avait semblé assez fou pour faire un truc comme ça, pourquoi Karren ? Pourquoi David ?

- Hum, hum, lui accorda le chasseur.

Elle pouvait comprendre la réaction de Tyreese, elle aurait été folle si on s'en était pris à un de ses proches, comme Maggie, son père, ... Daryl. Son coeur manqua un battement devant cette idée, ça n'arriverait jamais, se dit-elle. Elle lui accorda un sourire timide et empli de tristesse avant que tout les deux reprennent le chemin de leur bloc. Arrivés au lieu de rassemblement, ils s'observèrent à nouveau, chacun semblant perdu dans ses propres pensées.

- Nous avons un conseil avec ton père, l'informa-t-il après quelques minutes de silence.

Elle se contenta d'acquiescer de la tête et elle dut se faire violence pour ne pas lui demander de rester près d'elle ou encore de le suivre où qu'il aille. « qu'est-ce qui me prend ? » se demanda-t-elle, c'était vraiment pas le moment de devenir dépendante de quelqu'un et encore moins de Daryl Dixon. Alors qu'il comprit qu'elle ne dirait rien, il se détourna d'elle avec une certaine hésitation. Du coin de l'œil, elle aperçut Carole se déplacer dans leur direction comme pour les rejoindre.

- Daryl ... réussit-elle enfin à prononcer, retrouvant du même coup toute l'attention de l'archer. Merci pour ..., commença-t-elle un peu mal à l'aise. Elle dut néanmoins stopper ses mots car leur amie se positionna aux côtés du chasseur.

Les yeux de l'homme en face d'elle, se fixèrent aux siens et il hocha doucement la tête dans un signe de compréhension, lui accordant au passage un petit clin d'oeil discret. Elle se sentitfrustrée de ne pas pouvoir exprimer sa reconnaissance mais elle savait qu'il ne souhaitait pas divulguer cette nuit devant les autres.

- À tout à l'heure, lui lança-t-il. Elle lui répondit par un simple sourire avant qu'il ne lui tourne le dos et qu'il s'éloigne.

Carole s'attarda un peu en l'observant étrangement, l'œil insistant et rempli de curiosité, cependant elle ne lui adressa pas un seul mot et se dépêcha de suivre l'archer.

- Comme ça, tu étais en promenade cette nuit ? L'entendit-elle demander à Daryl.

Beth ne put entendre la réponse de ce dernier vu la distance qui se creusait entre eux. Toutefois quelque chose dans la question de son amie l'inquiétait, au delà du fait qu'elle semblait se soucier de ce qu'avait fait le chasseur. L'inquiétude de la blonde allait plus loin que ça, c'était plus un sentiment que quelque chose ne semblait pas juste. Un détail qui la faisait frémir mais elle était dans l'incapacité de cibler précisément cette sensation.

Elle secoua la tête se disant que c'était juste dans son esprit et qu'elle n'avait pas à se sentir de cette manière. Elle alla prendre Juddith pour soulager Carl et se dirigea pour s'occuper des autres enfants.

Beth se retrouvaient avec les enfants, faisant de son mieux pour ce qu'elle devait faire, seulement, elle ne pouvait pas s'empêche de s'interroger sur ce qui se disait en réunion. Toutes ses pensées étaient dirigées vers les corps brûlés de Karren et David. C'était une horreur ce qu'ils avaient subis, elle ne pouvait ignorer le sentiment horrifié qu'elle avait éprouvés, lui donnant la nausée. Encore maintenant, elle pouvait sentir le peu de nourriture ingérée essayer de remonter. La pensée qu'ils aient pu encore être vivants au moment d'être brûlés lui était insupportable.

Elle faisait confiance à Rick et Daryl pour trouver celui ou ceux qui avait fait ça, les coupables devraient payer sans aucun doute. Ce genre de chose ne pouvait pas rester impuni, c'était impensable. Elle se sentait angoissée en songeant que quelqu'un parmi eux était capable d'effectuer un tel geste.

Elle respira un grand coup, voulant reporter son attention sur les enfants. Toutefois, elle ne cessait de réfléchir à la série de problème qui leur tombait à nouveau dessus. En effet, en plus des meurtres qui venaient d'avoir lieu, elle avait remarqué que les gens continuaient de tomber malade. En observant les plus jeunes en train de colorier, elle ne pouvait s'empêcher decraindre les prochains événements. Comme si les morts qui se relevaient et qui marchaient autour d'eux n'étaient pas déjà un danger suffisant, il fallait qu'une maladie leur tombe dessus.

- Beth ? Interpella Lizzie en la sortant de ses pensées. Où est Carole ? Quand est-ce qu'elle revient ?

- Elle est au conseil chérie. Je suppose qu'elle sera là dès qu'ils auront fini.

- Est-ce que nous apprendrons encore à utiliser une arme ? Questionna Mika.

- Je ne sais pas ... probablement que oui, hésita-t-elle à répondre.

En tout honnêteté, ce sujet la mettait un peu mal à l'aise. Elle n'arrêtait pas de se demander si c'était vraiment utile de montrer autant de violence à des enfants si innocents. Luke, Oliver et Molly étaient encore si jeunes, les deux sœurs pas tellement plus âgées, était-ce une bonne idée de leur apprendre à utiliser des armes ? Bien sûr, elle savait que le monde avait changé et que par conséquent les gens devaient évoluer, elle-même avait voulu ce changement. Ce n'était plus vraiment un choix, c'était presque une obligation si elle voulait survivre et savoir se défendre. Néanmoins, elle avait le souhait, certainement ridicule, que les enfants croient en l'avenir, qu'ils grandissent entouré de chose de leur âge, comme une histoire le soir avant de dormir, ou encore se permettre de chanter quand ils en ressentaient le besoin. Elle voulait les voir jouer dans la cour, se chamailler gentiment, en clair, elle avait le désir de les voir être juste des enfants. Elle se rendait compte qu'elle était naïve, la vie d'aujourd'hui ne leur permettait plus ce genre de fantaisie. Carole avait sans aucun doute raison, elle savait ce qu'elle faisait, même les plus petits devaient prendre conscience des dangers et savoir les éviter. Toutefois, elle se demanda à nouveau si Daryl était au courant pour les leçons de leur amie.

- J'ai peur, avoua douloureusement Mika, les yeux remplis de chagrin. Beth se concentra sur la fillette devant elle, repérant son malaise, elle semblait presque avoir honte de le dire. Pourtant, elle avait tout à fait le droit de se sentir perdue, elle n'était encore qu'une petite fille qui venait juste de perdre son papa. Jamais un enfant devait se sentir coupable d'être triste ou effrayé.

-Oh, chérie, je sais...

-Tu ne peux pas avoir peur, la gronda Lizzie, l'air dur et défiant, interrompant la blonde. Carole a dit qu'on devait changer.

- Lizzie, reprit avec douceur la plus jeune des Greene, un peu scandalisée par les propos qu'elle venait d'entendre. Avoir peur est une chose tout à fait normal, et vous êtes tout à fait autorisée à la ressentir. La joie, la tristesse, la peur ou la colère sont des sentiments que nous devons ressentir, ceux-ci te prouveront que tu es vivante.

- Carole dit...

- Je crois que tu as mal compris les propos de Carole, la stoppa-t-elle. Ce qu'elle veut dire, c'est que vous devez tous apprendre à faire attention et à être attentif, vous ne devez pas prendre de risque. Par contre, vous êtes en droit d'avoir peur ou d'avoir de la peine. Ce n'est pas parce que tu pleures que tu ne seras pas courageuse.

Sans un autre mot, Lizzie se retourna pour porter son attention sur son dessin, où Beth repéra les grosses teintes de rouge un peu partout. Sans savoir pourquoi, elle se sentait perplexe devant le comportement de l'enfant, un peu perturbée. Elle avait déjà remarqué que la gamine agissait de manière un peu étrange, comme si elle était ailleurs, le regard un peu flou. En même temps, vu l'environnement dans lequel elle évoluait, Beth pouvait comprendre qu'elle soit un peu perdue, il suffirait pour eux, adultes d'être un peu plus autour d'elle.

- Merci Beth, sourit tristement Mika en posant une main sur le bras de la blonde la faisant revenir à la réalité. Elle lui donna une petite accolade qu'elle espérait réconfortante avant de la laisser retourner à ses occupations.

Alors que les enfants dessinaient tranquillement, la jeune femme se permit de repartir dans ses pensées. Elle ne cessait de revoir le comportement de Carole devant les corps sans vie et brûlés, elle ne leur avait pas jeté un seul regard. Bien sûr elle comprenait que la vue n'était en rien plaisante mais elle avait semblé l'éviter si fort alors même que son regard à elle n'avait fait qu'être attiré par cet odieux spectacle. Bizarrement, elle avait semblé plus horrifiée devant le conflit qu'avait entretenu les hommes que par la découverte macabre. De plus, elle n'avait rien fait pour les séparer, pour arrêter cette bagarre inopinée, elle était restée là, choquée et immobile. Elle était étrange, un peu absente, mais pas vraiment surprise de voir les corps.

« Tu étais en promenade cette nuit ? » avait-elle demandé à Daryl. « En pleine nuit » les mots tournaient encore et encore de le crâne de la blonde, impossible de s'en détacher. Comment avait-elle vu qu'il n'était pas dans sa cellule ? Pourquoi était-elle levé en pleine nuit ? Elle n'était pas de garde la veille, c'était Maggie et Glenn. Beth se demanda alors si la femme plus âgée n'avait pas eu le besoin comme elle de réconfort et peut-être avait-elle été trouver Daryl dans ce but. Non, ce n'était pas le genre de Carole d'agir ainsi, elle était si forte, elle savait que l'archer et elle n'avait pas ce genre de comportement l'un vis à vis de l'autre. Ils étaient attentifs l'un à l'autre mais pas aussi proches que ça, pas dans cette intimité là, que le chasseur et elle-même avait partagé, se souvint-elle alors en rougissant légèrement. Alors que faisait Carole debout à cette heure là ? Reprit-elle le fil de ses réflexions. De drôles d'idées commençaient à remplir son cerveau et Beth ne les appréciaient pas particulièrement, non, ce n'était pas possible. Carole avait énormément changé, elle s'était endurcie, mais ce n'était en rien une meurtrière. Pourtant, cette pensée et plus encore le regard de Carole plus tôt, ne voulaient pas la quitter.

Si jamais, elle ne se trompait pas et que son instinct lui disait la vérité, Rick le découvrirait, et il serait forcé de prendre une décision. Si elle avait raison et que Tyreese le comprenait, que se passerait-il ?

La jeune blonde secoua vivement la tête pour chasser toutes ces informations déroutantes, elle devait faire erreur, son imagination devait encore lui jouer des tours. Après tout, celle-ci avait toujours été débordante.

Peut-être pourrait-elle en parler avec Daryl. Elle n'avait aucun doute sur le fait qu'il la prendrait pour une folle et qu'il lui en voudrait certainement. Carole était sa plus proche amie et leur lien était fort. Pourtant, quelque chose au fond d'elle lui disait d'en discuter avec lui. Elle commencerait par lui faire part des cours d'armes aux enfants et ensuite elle aviserait. Elle avait besoin de connaître son avis et au pire elle s'excuserait pour ses inquiétudes, elle l'espérait, infondées.

Ils étaient rassemblés dans la bibliothèques, essayant de faire le point sur les derniers événements. Daryl ne parvenait pas à ignorer l'idée qu'un meurtrier courait parmi eux. Il voulait être le plus rationnel possible, ce dernier s'en était pris qu'à Karren et David, les seuls qui hier soirs étaient malades.

- Est-ce que la maladie va se propager ? Interrogea Glenn.

- Elle se transmet déjà, constata Hershel. Ce matin plusieurs personnes se sont levées très affaiblies, nous devons les garder en isolement, essayer au mieux d'éviter la propagation.

- En ce qui concerne Karren et David ? Voulut savoir l'archer, se sentant plus bouleversé qu'il n'était prêt à l'admettre.

- Nous devons trouver qui a fait ça, assura Rick.

- Celui qui a fait ça devait croire que ça stopperait la maladie... à tort, exposa Hershel. Nous avons déjà perdu beaucoup de gens, si nous ne trouvons pas une solution pour contrer le virus, les choses ne vont faire qu'empirer.

- Que pouvons-nous faire ? S'informa l'asiatique, étrangement pâle.

- Il nous faudrait des médicaments... commença le vieil homme.

- Toutes les pharmacies des environs sont déjà vides, coupa le chasseur.

- Il y a peut-être un endroit qui n'aura pas été touché... sembla réfléchir l'aîné d'entre eux, tout en frottant son menton. Il y a une école vétérinaire à plus ou moins 100 kilomètres d'ici, les gens n'ont probablement pas pensé à y aller, il doit y avoir de quoi faire un remède.

- 100 kilomètres ? Avant ça aurait été risqué mais maintenant nous avons de quoi y aller, je peux composer une équipe et aller récupérer ce dont on a besoin.

- Je peux te guider, je connais bien l'endroit, renchérit Hershel.

- Tu sais ... dehors, il y a toujours un moment où il faut courir, ajouta maladroitement Daryl. Il se sentait mal à l'aise de l'empêcher de venir mais il était hors de question qui prenne le risque de perdre cet homme. Celui-ci était trop important pour tous au sein de la prison, ils avaient besoin de lui en vie. De plus, il avait beaucoup trop de respect et il ne souhaitait en rien que ce gentil homme meurt sous sa responsabilité, il ne pourrait pas supporter le regard accusateur de ses filles sur lui. Il était hors de question qu'il revienne de cette mission pour annoncer une telle catastrophe.

- Je peux te faire un plan, suggéra-t-il.

- Ouais, fais ça.

- Je viens avec toi, intervint Michonne avec assurance.

- Tu n'as pas été en contact avec la maladie, Daryl si, souligna le vieux barbu.

- Te tracasse pas, j'ai pas peur de ses puces, je les fréquente depuis assez longtemps, plaisanta à moitié la samouraï, cherchant à enquiquiner l'archer.

Cependant, le chasseur devait reconnaître que la présence de la femme ne lui était pas désagréable surtout pour une telle course. Leurs caractères étaient assez similaires, ce qui facilitait les choses et surtout leur compréhension, ils n'avaient pas vraiment besoin de mots pour communiquer, ce qui était un avantage. De plus, il lui faisait entièrement confiance pour surveiller ses arrières. Par contre, elle avait la fâcheuse habitude de le taquiner pour un oui et pour un non, un peu comme aurait pu le faire une petite soeur. Il fit de son mieux pour ignorer sa remarque humoristique mais ne put s'empêcher de secouer la tête de gauche à droite.

Hershel laissa glisser un petit rictus à la réplique de la black, visiblement amusée par leur légère chamaillerie. Seulement, il reprit aussi vite un ton plus sérieux.

- Nous devons également mettre les plus faibles à l'abri, reprit-il.

- Qu'est-ce que tu entends par les plus faibles ? Questionna Glenn.

- Les plus jeunes, les enfants, précisa-t-il.

- Et pour les plus vieux ? Insista le coréen, le visage soucieux, pensant probablement à l'homme qui lui servait de beau père. Daryl devait avouer que l'inquiétude pour les gens qui l'entouraient le rongeait également. Il y avait tellement de risque de perdre du monde. Un visage se forma dans sa tête, accompagné d'un petit bébé mais il fit de son mieux pour les repousser le plus loin possible.

- Nous pouvons utiliser le côté administratif, proposa justement Rick.

- En effet, ça devrait faire l'affaire, confirma le plus âgé.

Le calme se fit quelques secondes, pendant lesquelles un frisson d'angoisse traversa à nouveau l'archer. Il sentait l'inquiétude grandir de plus en plus en lui, à l'idée qu'il puisse arriver malheur à l'homme sage en face de lui. Il était un repère pour eux tous. Plus encore, il craignait qu'il arrive quelque chose aux enfants, à la petite dure à cuire, ce serait un véritable drame pour tout le monde. Il n'imaginait pas la réaction de Rick devant une telle catastrophe, il avait déjà frôlé la folie après la mort de Lori, cette fois-ci serait-il capable de se relever ? Il fit taire la voix qui grondait en lui que Beth serait meurtrie à jamais par une telle chose.

Il devait bouger, se dépêcher de trouver ces fichus médicaments et aider à sauver ces pauvres gens. La maladie semblaient prendre rapidement de l'envergure et ce n'était pas bon du tout.

Son esprit partit vers Tyreese qui devait être brisé, il venait de perdre la femme dont il était amoureux et juste avant la réunion, il avait vu Sacha dans un sale état. Il devait faire au plus vite, chaque minute avait son importance.

- Daryl, puis-je te parler ? Le stoppa Hershel alors qu'il s'apprêtait à quitter la pièce.

- Ouais.

Il remarqua directement que l'homme attendait qu'ils ne soient que tous les deux pour reprendre la parole. Aussitôt, il sentit une certaine appréhension grimper en lui, se demandant ce qui allait suivre. Avait-il vu qu'il avait dormi dans la cellule de sa fille, plus encore dans le même lit ? Si c'était le cas, il savait qu'il allait prendre cher. Au delà de ça, il se demanda si le vieil homme s'était rendu compte du trouble qu'elle provoquait en lui ?

- Je sais qu'elle va vouloir venir avec toi, entreprit l'homme plus âgé.

Bien entendu, il n'avait pas besoin de préciser qui était le « elle » en question. Ça faisait des mois que Beth s'incluait de plus en plus dans la vie de la prison. Elle était devenue assez coriace et elle aimait sortir à l'extérieur, elle n'avait plus peur de prendre des risques, elle semblait toujours ravie de quitter leurs murs. Daryl comprenait tout à fait ce sentiment, et il était conscient qu'il l'avait encouragée dans ce sens.

Pourtant, cette fois, il avouait que l'idée qu'elle vienne avec lui, ne lui plaisait pas vraiment. Cependant, sur le moment, il se sentait assez mal à l'aise. Il savait qu'il aurait besoin de toute son attention sur cette course et il était assez honnête avec lui-même pour savoir que si elle venait avec lui, il ne pourrait pas être attentif à cent pour cent. Il aurait tout le temps leregard braqué sur son dos à elle, la surveillant non stop, ayant peur qu'il lui arrive quelque chose. Aujourd'hui, il ne pouvait pas prendre le risque de la prendre avec lui. Néanmoins, il était dans l'impossibilité de trouver les mots pour l'expliquer. Surtout qu'il ne comprenait pas exactement pourquoi il se sentait de cette façon. Ça n'avait rien à voir avec le fait, qu'il ne lui faisait pas confiance ou qu'il pensait qu'elle ne pouvait pas se défendre et se débrouiller, au contraire. C'était juste une sensation au fond de lui qui le rendait sur le qui-vive en sa présence, quelque chose qu'il ne parvenait pas à saisir.

- Pas cette fois, Hershel, décida-t-il de dire simplement, espérant que son trouble passe inaperçu.

- Je suis d'accord avec toi fils, compléta-t-il.

A chaque fois que cet homme employait ce mot pour le nommer, quelque chose en lui s'allumait, le rendait un peu fier, c'était étrange, il n'avait jamais été le fils de personne, excepté le bâtard qui passait ses nerfs sur lui. Ce connard n'avait jamais rien eu d'un père. Avec Hershel autour de lui, l'archer pouvait enfin se rendre compte de comment était sensé se comporter un père. Il aimait le sentiment que provoquait en lui le fait d'être accepté et surtout respecté. Le chasseur poussa un petit soupir en se disant que, si cet homme honnête en face de lui savait comment son esprit tournait autour de la plus jeune de ses filles, tout ce respect et cette confiance qu'il voyait serait brisée.

C'était même juste stupide d'y songer. Jamais, il ne ferait ça à Hershel, c'était une des raisons pour lesquelles il s'était promis de ne plus partager le même lit que la blonde. Comme s'il s'inquiétait de lui, le vieil homme posa une main douce sur l'épaule de Daryl, dans une légère pression qui se voulait rassurante. Il y avait quelque mois de cela, le moindre geste que les gens pouvaient avoir envers lui le faisait sursauter, reculer, voire mal réagir, ayant toujours peur de la douleur que les gestes pouvaient lui amener. Toutefois, au fur et à mesure du temps, il avait appris à apprécier chaque signe de réconfort, en partie parce que Beth ne cessait de venir vers lui pour le réconforter. Aujourd'hui, il acceptait de mieux en mieux, les attentions tactiles des autres, que ce soit avec Rick, Hershel, parfois Carole et le plus souvent... elle.

- Tu vas devoir lui faire comprendre, souffla l'homme barbu, le faisant revenir à la réalité et écarquiller les yeux de surprise.

- Tu ne peux pas lui dire toi ? C'est ta fille, contra l'archer d'un air bourru. Apparemment son expression sembla amuser son interlocuteur vu qu'il s'autorisa un petit rire amusé.

- Elle acceptera plus facilement si ça vient de toi. Tu dois la convaincre de rester ici, je sais que tu y arriveras.

- Ou on peut peut-être l'enfermer dans une cellule, dit-il en blaguant à moitié seulement. Il était persuadé qu'il aurait plus de chance d'agir de la sorte que d'essayer de discuter avec elle. Il pouvait déjà entendre la colère qu'allait inspirer cette future conversation dans la voix de la jeune femme. À vrai dire, il n'était pas sûr de vouloir la subir. Honnêtement, il ne savait même pas pourquoi Hershel pensait qu'il pouvait la convaincre, cette fille était si têtue...

- Je doute que ce soit la bonne solution, rétorqua la vieil homme en souriant. À moins que tu restes avec elle dans la cellule.

Sous cette allusion, Daryl se sentit rougir aussi vite. Les avait-il surpris tous les deux ? se demanda-t-il à nouveau. Il avait la nette impression d'être à cet instant, un adolescent pris en faute. L'image d'elle à son réveil et la sensation qui avait pris possession de son corps en la sentant à ses côtés ne fit qu'augmenter son malaise. Il ne sut que balbutier quelques sons incompréhensibles, avant que la main de Hershel, sur son épaule, appuie plus fortement.

- C'est bon fils, sourit-il sereinement. Ok, il ne les avait pas vu, sinon, il ne serait pas ainsi n'est-ce pas ? Il se sentait complètement perdu devant l'air paisible de l'homme devant lui.

- Je ... enfin... L'archer n'arrivait plus à prononcer un seul mot, il ne comprenait pas vraiment ce que Hershel insinuait, et il était encore moins sûr de la manière dont il devait répondre.

Il devait reconnaître que la jeune Greene représentait un certain attrait pour lui, que son corps semblait se sentir assez serré quand elle était à proximité. Il ne pouvait plus vraiment nier ceci après avoir passé une nuit dans le même lit qu'elle. Seulement, il ne voulait pas qu'Hershel pense qu'il s'autorisait à aller plus loin avec elle. Il était un homme, elle à peine une femme, elle respirait l'innocence, la pureté, ce qui n'était peut-être pas tout à fait vrai, mais dans sa tête c'était ainsi qu'il la voyait. Il était hors de question qu'il la salisse en posant ses mains dessus. Il ne ferait pas cette connerie là.

- Viens, allons les rejoindre, le coupa le plus âgé.

En arrivant dans la salle de rassemblement, l'archer se rendit compte que Rick était déjà occupé à expliquer le déroulement des prochaines heures. Dès qu'il fut entré, ses yeux repérèrent une jeune blonde, le visage sérieux, Juddith bloquée contre sa hanche. Elle semblait intriguée et attentive par ce qui se disait, son regard allumé par cette détermination qu'elle avait acquise au fil de ces derniers mois. Il ne put s'empêcher de penser que cette jeune femme qu'il voyait là, n'avait plus grand chose en commun avec l'adolescente qu'il avait rencontré en arrivant à la ferme. Dans son esprit, il la vit au milieu des bois, portant son arbalète fièrement et avec assurance, les muscles tendus, prête à tirer sur le premier animal qui passerait devant elle, le dos droit, son jeans serré sur ses fesses... « oh là, stop, putain » se maudit Daryl silencieusement mais avec colère. Ce n'était pas cette direction que ses pensées étaient sensées prendre. Comme si la blonde avait senti son regard insistant sur elle, elle tourna son attention sur lui, et sans savoir le trouble qui l'habitait, elle lui sourit, de ce sourire propre à elle.

Il sentit la main d'Hershel retrouver place sur son épaule, comme quelques minutes plus tôt, et il s'approcha pour n'être qu'à quelques centimètres de lui.

- Je suis peut-être vieux, mais je ne suis pas encore aveugle, murmura-t-il sur le ton de la confidence. Elle n'est plus une petite fille, elle peut faire ses propres choix.

En entendant ces quelques mots, Daryl eut l'impression d'être transpercé par quelque chose d'inexplicable. Il ne comprenait pas réellement ce que l'homme à ses côtés voulait lui faire comprendre, toutefois, cela le troubla plus que ce n'était sensé le faire.

Il aperçut Beth froncer les sourcils en voyant leur échange, et il savait qu'elle lui demandait ce qu'il se passait dans une conversation silencieuse. Il dut se pincer les lèvres fortement pour retenir le sourire qui menaçait de s'étendre sur ses lèvres, devant le fait qu'ils semblaient se comprendre au delà des mots. La seule chose qu'il fut capable de faire, fut de hausser bêtement les épaules, l'air de rien, arrachant un petit bruit d'amusement chez le vieil homme toujours proche de lui.

- Convaincs là de rester ici, lui recommanda-t-il à nouveau.

- Je le ferai, assura-t-il sans aucune once d'hésitation, en se mettant à ronger le bout de son ongle. Cette fois-ci, il le savait, il ne laisserait pas cette fille sortir de la prison, pas aujourd'hui, pas dans de telles conditions. Même si il devait l'attacher au battant de son lit, elle demeurerait ici, en sécurité de tout, se dit-il. Enfin c'était vraiment ce qu'il espérait, il fit de son mieux pour faire taire la voix qui lui disait que même entre leurs murs, elle n'était pas en sécurité. Il ne penserait pas au fait que cette maladie pouvait la toucher comme tous les autres, non, il était décidé à ne pas penser à ça.

Rick finissait de faire les dernières mises au point avec tout le monde, chacun sachant maintenant ce qu'il devait faire. Combattre les morts avait été quelque choses que personne n'avait pu prévoir mais ils n'avaient eu d'autre choix que de s'accommoder. Par contre, la maladie restait un problème différent, la nature pouvait devenir tellement mauvaise parfois. Tout autour d'eux prenait toujours une tournure sombre, comme si le destin n'avait pas fini de leur rendre la vie de plus en plus compliquée et effrayante. Beth comprenait que ces médicaments étaient probablement leur seule chance de pouvoir s'en sortir. Son père et Daryl venaient juste de les rejoindre prenant la réunion en cours. Elle pouvait voir que l'expression de l'archer était soucieuse, comme si il était plongé dans ses propres réflexions alors que ses yeux ne la quittaient pas. Espérant le détendre, elle lui accorda un petit sourire, qu'il n'eut même pas l'air d'apercevoir. Elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce à quoi il pensait. Son père en revanche sourit d'un air sage qui caractérisait si bien l'homme qui l'avait élevée, elle le vit se pencher doucement au plus près du chasseur et elle sut qu'il lui parlait à l'oreille. Daryl fixa ses yeux sur elle avec une telle intensité qu'elle s'en sentit quelque peu perturbée, elle n'était pas sûré mais il lui semblait que le visage de ce dernier avait pris une couleur un peu plus vive qu'habituellement. Elle mit ça sur le compte de son imagination, et curieuse de savoir ce que signifiait cet échange entre les deux hommes, elle fronça les sourcils, voulant qu'il comprenne son interrogation muette. Il dut remarquer son air intrigué car en toute réponse, il haussa simplement les épaules. Cependant, il ne pouvait pas cacher le trouble qu'il semblait ressentir car il se mit à ronger doucement son pouce, signe de nervosité chez lui.

L'idée que son père les avait peut-être surpris ensemble dans sa cellule, lui parvint en tête, mais quelques choses lui disait qu'il n'était pas question que de ça. Sous la puissance du regard de Daryl sur elle, un frisson la parcourut des pieds à la tête. Elle ne savait pas exactement ce qui le provoquait mais c'était si étrange de se sentir si bien sous les yeux de l'archer. Était-ce inapproprié d'avoir ce genre de réaction ? se demanda-t-elle. C'était certainement juste à cause de ses hormones ou un truc du genre, voulut-elle se persuader. Alors qu'elle sentait ses pensées se diriger là où elle ne pouvait pas les laisser aller, elle préféra se concentrer sur la fin du discours de Rick. Dès que l'ancien chérif eut prononcé ses derniers mots, Beth ne traîna pas à retourner dans sa cellule dans le but de préparer ses affaires. Elle était décidée à aider du mieux qu'elle le pouvait. Daryl partait chercher des médicaments et elle allait aller avec lui. Elle posa Juddith dans son petit lit, le temps de mettre son arbalète sur son dos, s'assurant au passage de l'état de ses flèches et elle constata qu'elle devrait absolument en trouver. Ou peut-être que l'archer pourrait lui apprendre à les faire, ça faciliterait les choses.

Un « hum hum » se fit entendre derrière elle et elle ne prit pas la peine de se retourner, reconnaissant directement la présence du chasseur. Elle était toujours surprise de voir à quel point elle retenait les détails qui le distinguaient des autres comme son odeur, sa voix, la discrétion de ses pas. Plus encore, elle avait parfois l'impression de sentir ses regards sur elle, avant même de voir qu'il la regardait. Elle sourit à la pensée qu'il était venu la chercher pour partir.

- Je prépare vite les affaires des enfants pour aller en quarantaine, ensuite je les amènerai avec Carl. Pendant ce temps là, tu peux préparer la voiture, je te rejoins dès que j'ai fini, déclara-t-elle.

- Beth... le ton qu'elle entendit dans sa voix lui fit arrêter tout geste et elle prit le temps de se retourner. Son excitation descendit aussi vite.

- Oui ? Osa-t-elle. Elle voyait dans ses yeux que quelque chose n'était pas juste, elle avait subitement peur d'entendre la raison de sa présence.

- Tu vas en quarantaine avec la petite dure à cuire et les enfants, lâcha-t-il d'un air distant. Sur le coup elle eut envie de rire, devant son assurance, mais elle sentit très vite la colère monter en elle, alors qu'elle prenait conscience de ce qu'il venait d'annoncer. Était-il vraiment sérieux ? Croyait-il réellement qu'elle resterait sagement ici ?

- Non, je viens avec toi, contra-t-elle d'un ton dur, essayant au mieux de cacher le tremblement de sa voix. Il nia d'un geste sec de la tête, la frustrant encore d'avantage.

- Beth... je ne trouve pas mon doudou, s'affola Luke en les interrompant. Alors qu'elle se rappelait de la présence des enfants, elle porta son attention sur le petit garçon, et aussi vite son visage s'éclaira à nouveau. Elle ne voulait pas que ses sentiments se répercutent sur les plus jeunes, ceux-ci étaient déjà assez perturbés.

- Regarde en dessous du lit, le dirigea gentiment la blonde.

- Oh Mr Dixon, sourit fortement l'enfant.

- Daryl, grogna timidement l'archer. Toutefois, la jeune femme fut étonnée de le voir s'abaisser à la hauteur du garçon.

- Merci de m'avoir sauvé, lança-t-il joyeusement, les yeux pétillants de magie face au chasseur. Beth pouvait complètement comprendre l'air émerveillé que provoquait l'homme chez les plus petits. Il semblait si indestructible et presque capable de tout qu'il était sans aucun doute comme un héro pour chacun d'eux. En temps normal, elle aurait certainement souri à cette pensée, seulement ce même homme venait tout juste de la blesser.

- Avec plaisir gamin... va chercher tes affaires maintenant, dit-il avec un clin d'oeil presque amusé.

Sans rien demander d'autre, le petit garçon passa dans un geste rapide ses bras autour du cou de Daryl, le figeant maladroitement sur place, puis s'éloigna sans se dévêtir de sa mine réjouie.

Le chasseur se redressa sur ses jambes pour faire à nouveau face à Beth. Tout ce qu'elle put faire, fut de l'observer le regard noir de rage, les bras croisés sur la poitrine dans une attitude d'opposition, en attendant des explications qui prenaient du temps à arriver.

- Je conduis les enfants et je te rejoins, répéta-t-elle obstinée.

Elle saisit Juddith et fit mine de quitter la cellule d'un pas décidé mais avant qu'elle eut franchi la porte, le chasseur lui attrapa le poignet. Elle fut forcée de lui accorder à nouveau son attention.

- Non, Beth... tu ne viens pas cette fois, sortit-il presque sèchement.

- C'est pas la première fois que j'entends ça, s'énerva-t-elle en remontant à la dernière course où il avait déjà refuser sa présence. Elle ne voulait pas rester enfermée alors que lui sortirait encore une fois, risquer sa vie. Elle allait l'aider et se rendre aussi utile que possible.

- Tu n'as pas confiance en moi ? Pense-tu que je ne peux pas me débrouiller toute seule ? Que je n'en suis pas capable ? Se mit-elle en colère, ne sachant pas gérer le haussement de sa voix.

- Ça n'a rien à voir... commença-t-il. Elle vit qu'il semblait réfléchir à ce qu'il devait dire. Tu dois rester ici, avec les enfants, avec Jude... essaya-t-il de l'attendrir. Toutefois, elle ne voyait que le refus, le rejet et un manque de confiance de sa part. Ceci la blessait profondément, peut-être plus fort que c'était sensé le faire. Elle pensait tellement qu'il voyait qu'elle était différente de ce qu'elle était avant.

- Carl va s'en occuper, mon père est là-bas également, balaya-t-elle son argument.

Elle l'aperçut serrer les muscles de sa mâchoire comme si il essayait de se contrôler ou de retenir ses mots.

- Ton père ne veut pas que tu viennes sur la course, lâcha-t-il comme si ce simple fait allait vraiment changer quelque chose.

- Je suis assez vieille pour prendre mes propres décisions, cria-t-elle, fâchée par le manque de considération, ne voyait-il en elle qu'une enfant ?

D'un autre côté, elle avait l'étrange impression de ressembler à une gamine en train de faire un gros caprice. Elle respira fortement, essayant de reprendre le contrôle d'elle, elle devait se calmer. Elle jeta un coup d'oeil à l'archer, et elle aperçut une lueur étrange traverser son regard. Elle déglutit difficilement « qu'est-ce que j'ai dit ? » s'interrogea-t-elle en voyant son expression. Un petit silence s'installa entre eux. Elle avait conscience que son comportement devait l'énerver mais elle se sentait si vexée et incomprise.

- Merde... je ne te prendrai pas sur la route, claqua-t-il durement.

- Daryl Dixon, tu n'es qu'un con, rugit-elle en se débattant pour récupérer le bras qu'il tenait toujours. Si tu ne veux pas que je vienne, t'as qu'à m'enfermer.

Alors qu'ils étaient occupés à débattre ensemble, elle ne prêtait aucune attention, à tous les regards qui étaient braqués sur leur dispute.

- Tu crois que je ne le ferais pas ?, énonça-t-il d'un air menaçant, visiblement en colère. Ne sois pas stupide et va avec ces gamins en quarantaine.

- Tu n'as pas d'ordre à me donner, proclama-t-elle effrontée. Je ne suis pas ta femme... lança-t-elle sans réfléchir. Aussitôt les mots sortis de sa bouche, elle se figea. « merde pourquoi j'ai dis ça ? » se disputa-t-elle mentalement. Le silence retomba et elle prit conscience des gens autour d'eux et de leurs regards curieux. Elle passa sa main libre sur le visage, voulant dissimuler la honte qu'elle ressentait. Le problème c'était que la rage l'habitait toujours. Pourquoi faisait-il ça ?

- Beth... son nom n'était qu'un murmure mais c'était suffisant pour qu'elle relève les yeux, et les plonge dans ceux de l'homme en face d'elle, celui-ci semblait également embarrassé. Si il arrive quelque chose à la petite dure à cuire tant que tu es là bas avec moi... tu t'en voudras toute ta vie, expliqua-t-il calmement en comblant la distance entre eux. Il passa une main sur la tête du bébé toujours installée sur la hanche de la blonde.

Elle regarda longuement la fillette, à laquelle elle était si attachée, et déposa un léger baiser sur son front. Il avait toujours un point sensible, elle était sûre qu'il le savait.

- Si il t'arrive quelque chose ... voulut-elle avouer d'un ton très bas. « arrête de parler » s'ordonna-t-elle intérieurement. Je ne veux pas que t'y ailles tout seul, finit-elle néanmoins, incapable de se retenir. Elle sentait la peur et la peine prendre le pas sur la rage ressentie. Sa gorge se serra douloureusement et elle se trouva ridicule de craquer ainsi.

Le petit sourire qu'il lui donna, lui réchauffa un peu le coeur, et elle vit dans son regard une lueur de taquinerie.

- Je suis un Dixon... Personne ne tue un Dixon à part un autre Dixon.

Un petit air amusé flotta sur les lèvres de la jeune femme, malgré l'angoisse qui commençait déjà à la ronger.

- Michonne vient avec moi, ajouta-t-il.

Du coin de l'œil, Beth remarqua la femme noire, installée contre un mur se contentant de les observer, mélangée aux autres personnes les entourant, un air plus qu'intrigué sur le visage. La gène parcourut à nouveau son être, ils venaient juste de se montrer en spectacle, elle détestait être le centre d'attention et elle savait que Daryl aussi.

- Bon allez, au boulot, intervint la samouraï, faisant une diversion pour que tout le monde retourne à ses occupations et surtout se détourne d'eux. La jeune blonde lui en fut aussitôt, reconnaissante. « Qu'allaient-ils tous penser maintenant ? » ne put-elle s'empêcher de penser. Daryl la détesterait pour cet éclat de colère.

- Si Juddith n'était pas là, tu n'aurais jamais réussi à me convaincre de rester, l'affronta-t-elle à nouveau. Cette fois, elle accompagna sa phrase d'un léger sourire au coin des lèvres.

- J'aurais été forcé de t'attacher alors, plaisanta-t-il, enfin c'était ce qu'elle pensait.

- Je vais avec le enfants... à une seule condition... Elle attendit d'avoir toute son attention. Tu viens me prévenir juste avant de partir et dès que tu repasses la grille... directement.

Elle le vit avaler sa salive et elle sentit son coeur battre de plus en plus vite, sous la force de son regard mais elle ne détourna pas les yeux, attendant une réponse.

Alors qu'ils étaient déjà proches, il s'approcha encore d'elle, pour n'être qu'à quelques millimètres. Beth sentit son sang se mettre à bouillir devant cette nouvelle proximité. C'était si agréable de l'avoir si près, lui rappelant le souvenir de leur nuit dans le même lit. Seulement, c'était plus que troublant, comme si son cerveau n'arrivait même plus à aligner deux idées cohérentes.

- Promis, chuchota-t-il dans le creux de son oreille.

Le souffle de l'archer sur sa peau, fit redresser les poils de sa nuque et elle se sentit frissonner des pieds à la tête. Sensation, qui n'avait strictement rien à voir avec le froid, bien au contraire, elle avait l'impression d'être en feu.

Alors que l'idée de poser doucement ses lèvres contre celle du chasseur se faisait dans son esprit, il se recula rapidement. Sur le côté, elle vit Carole passer à côté d'eux et elle la vit hésiter à s'arrêter mais continua son chemin jusqu'à Mika et Lizzie. Ce fut le fait d'apercevoir leur amie qui permit à Beth de revenir à la réalité.

- Quand tu reviendras, je dois te parler de quelque chose, déclara-t-elle en observant la femme plus âgée.

- Grave ?

- Je ne sais pas ... avoua-t-elle. Probablement pas.

Il parut intrigué mais n'insista pas, sachant que si c'était vraiment urgent, elle le lui aurait déjà dit. Peut-être que tout compte fait, il lui faisait quand même un minimum confiance. Elle l'observa une dernière fois, essayant de cacher tout le mélange d'émotions qui ne demandait qu'à sortir. Elle lui sourit timidement en replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille et redressa Juddith sur sa hanche. Elle s'autorisa un petit soupir avant de faire mine de partir.

- N'oublie pas de venir, ne put-elle s'empêcher d'insister. La réponse qu'elle reçut la combla plus qu'elle ne l'aurait cru. Le petit rire qu'il laissa échapper la traversa par tous les pores de sa peau, la rendant encore un peu fébrile. Elle était persuadée qu'elle entendrait le son de cet homme longtemps après son départ.

Note de l'auteur: J'espère que ce chapitre vous a plus et que vous avez pris du plaisir à le lire. Dites moi ce que vous en pensez, surtout vis à vis de l'évolution dans la relation entre Beth et Daryl, je rappelle que c'est une combustion lente de leur sentiments et que donc les choses prennent du temps. Pour ce qui est d'Hershel que pensez-vous de sa réaction, pensez-vous qu'il les a à nouveau surpris au lit ? Merci pour tous. A très vite.