Saluté !

Bonne nouvelle mes agneaux, Lou a retrouvé son ordi - yeaaaah donc on a rien perdu ! On partage donc avec vous ce soulagement :) merci aux reviews, Clo y répondra dès que possible !

Bonne lecture !


Chapitre 14 :

-Je sais que t'as toujours été très proche des Pouffys… mais t'es sûre que ça vaut d'être peinturlurée comme ça ? On dirait une banane ! Et laisse-moi te dire que le jaune va pas très bien aux blondes !

-Oui bah c'est pas de ma faute si les couleurs de Poufsouffle sont le jaune et l'or ! protesté-je, vexée. Et toi, t'es une banane tout court !

-Rho, ça va..., se rembrunit Théo. Si je te disais ça, c'était pour toi… manquerait plus que ça fasse fuir ton affreux copain ! Après réflexion, reste comme ça !

Je roule des yeux, arrangeant mon épais coussin sous mes fesses qui me permettent, à la fois, d'être assise confortablement pendant les heures que vont durer le match mais aussi de servir de siège rehausseur… car, voyez-vous, je suis assez petite. Si je vous dis que je n'atteins même pas le mètre soixante, c'est bon, j'ai le droit à votre compassion ? Merci.

On est assis sur la rangée presque au tout devant des gradins Gryffondor. Le match Serdaigle-Poufsouffle a commencé depuis dix minutes et pour l'instant, les seuls à avoir marqué sont les Serdaigle malheureusement, et ce à deux reprises. Et je veux que les Poufsouffle gagnent ! Tout d'abord parce qu'il y a Flo dans l'équipe, au poste d'attrapeur… il y a aussi un peu du fait que leur capitaine soit Dean. J'aimerais être déjà au stade où je n'espèrerais plus ses victoires mais ce n'est pas le cas. Même si ça ne lui ferait pas de mal de perdre un peu, de voir ce que ça fait de ne pas être toujours le meilleur, d'être un peu de ceux dont il rapetisse de son ombre de beau-gosse populaire et drôle. Et puis, Elizabeth est à Serdaigle donc… ça me suffit pour vouloir voir sa maison perdre, même si elle ne fait pas partie de l'équipe de Quidditch.

Je suis assise entre Théo et Scarlett, et plus loin sur le banc sont assis aussi Priscilla, Blanchet et Alain.

-J'ai parié avec mon Roger que ce serait les Serdaigle qui gagneraient ! nous informe Priscilla avec un sourire. Il parait que leur gardien, c'est du béton !

-Leur gardien ? se moque Blanchet en arrangeant sa chevelure noire sous son bonnet rose. Ma pauvre p'tite ! Les Poufsouffle ont Dean en capitaine, ils vont tout défoncer !

-J'vois pas ce que ça prouve ! s'énerve Alain. Je suis à Serdaigle, je vous rappelle ! Mais vous l'avez sans doute déjà oublié… parce que Dean lui, est capitaine donc…

-T'aimes même pas le Quidditch !

Je lance un regard sévère à Blanchet, à côté de Théo, qui lève les yeux au ciel nuageux et je me penche en travers les genoux de Scarlet pour poser ma main sur ceux d'Alain qui fait plus ou moins la gueule. Il relève son air grognon et blessé, accentué par ses yeux gris.

-Eh, Al, on va pas supporter une équipe qu'a même pas voulu de toi ! fais-je. Après t'avoir recalé, ils méritent de perdre !

Il a l'ombre d'un sourire qu'il essaye de cacher et marmonne un « Mouais ».

-Par contre, quand tu seras élu préfet-en-chef, on va organiser la fête de l'année ! assuré-je.

-Avec pleins de filles canons ! renchérit Théo.

-Et des p'tits fours à nous en faire péter le bidon ! ajoute Priscilla. Mon Roger est le roi des pâtisseries ! Sa grand-mère est française !

Tandis que je m'exalte sur les gênes français et les talents culinaires du Roger à Priscilla qui ne perd pas un instant pour me raconter ses autres dons, je vois du coin de l'œil Scarlett sourire gentiment à Alain et lui dire qu'elle n'aime, de toute manière, pas le Quidditch.

Je sors alors le gant en mousse avec des électrodes lumineuses que j'avais emmené pour l'occasion et le colle dans les bras d'Alain en le mettant sur ses pieds. Parce qu'on est là pour supporter Flo, par Merlin !

-DONNEZ-MOI UN F ! DONNEZ-MOI UN L ! DONNEZ-MOI UN O ! hurlé-je. ALLEZ, GO, GO, FLOOOO !

Celle-ci me remarque, du haut du terrain, chevauchant son balai, sa tignasse frisée retenue dans un chignon. Elle éclate de rire en nous voyant moi, portant ses couleurs sur la tronche, et son petit frère, avec mon immense gant, à jouer les Pompom Girls dans les gradins des Gryffondor, tandis que Théo, Scarlett et Blanchet reprennent mon refrain en chœur. Je lui envoie une bise et elle me mime un cœur de ses doigts.

-Ils vont gagner grâce à elle, lâche Alain en me souriant.

-Et elle, elle va gagner pour nous.

xOxOxO

Je saute au cou de Flo avec un cri de joie tandis que je l'attendais à la sortie des vestiaires pour lui faire mon vrai câlin d'après-victoire, parce que, sur le terrain, elle ne s'était pas encore douchée et… bien que j'adore ma meilleure amie à la folie, j'apprécie moyennement la sueur. Même si elle est victorieuse ! Oh, la pâtée qu'ils ont mise à Serdaigle !

-T'étais TROP bien ! m'excité-je. On a pris pleins de photo avec Théo ! Et quand t'as attrapé le vif d'or… wooow ! Faudra que je la montre celle-là à Tonton, il sera trop fière de sa fille !

-Et avec mes cheveux, en plus, ça doit faire très mustafa-style !

-C'est le plus sexy des lions, meuf ! lui rappelé-je.

-Très gentil, quoiqu'assez zoophile…

On éclate de rire en unisson et elle commence à me parler de mon fabuleux maquillage en l'honneur de sa maison, lorsque la porte des vestiaires s'ouvre à nouveau derrière nous. On se retourne, étonnés. Je pensais que tout le monde étaient déjà sortis, Flo est toujours la plus longue… elle partage mon amour pour la douche et, pendant les vacances, on fait des compets de laquelle restera le plus longtemps dans la salle-de-bain.

Et c'est Dean qui en sort, un tee-shirt moulant sur son torse musclé encore aussi humide que ses courts cheveux, et un sourire triomphal qui lui touchent les oreilles. Et à son bras, Elizabeth Gilbert. Mon cœur chavire et se tord. Alors, la préfète de Serdaigle, la belle Septième année connue et reconnue pour ses airs glacials et sa chasteté, a aussi ses longs cheveux bruns et soyeux, mouillés, à ce que je vois… pas sûre qu'il soit autorisé dans le règlement intérieur de grimper aux rideaux des douches du vestiaire des garçons.

-Ah tiens, salut, les filles ! fait-il, pas du tout gêné.

-T'as très bien joué, Florence, la complimente Gilbert.

-Merci, j'ai fait ce que je pouvais !

Je croise le regard gris-vert de Dean et je m'éclaircis la voix, décidant de faire un effort pour ne pas gâcher le jour de gloire de Flo. Je souris donc et lui lance :

-C'était un super match, Dean.

-Ouais, merci, Kell, je sais, répond-il avec un clin d'œil. J'suis pas capitaine pour rien !

-Je sais pas ce que l'équipe ferait son toi, mon chéri, ajoute Elizabeth en lui caressant le torse.

-A qui le dis-tu !

Mon sourire se tord et je tourne un regard écœuré sur Flo qui m'attrape le bras, en me glissant de ne pas y attacher d'importance. Mais comment veut-elle que je ris avec eux quand ils disent ce genre de trucs devant Flo qui fait quand même partie de l'équipe, elle-même ? Comme si l'équipe et sa victoire étaient strictement liée à Dean ! Et l'autre sorcière qui se fiche que sa maison ait perdu, trop fière que son petit-ami capitaine de Poufsouffle ait gagné le match !

-Y'a bien sûr une fête dans notre salle-commune, Flo, pour fêter ça ! lui apprend Dean.

-Oh cool !

-Y'aura aussi des petites photos de toi qu'on pourra acheter ? claqué-je. Tu pourras même peut-être les signer aussi ? Oh et une banderole avec « Dean Quinn, notre modèle à tous ! ».

-Ca va pas, Kell ? fait-il, choqué. Qu'est-ce qui t'arrive ?

Je sens Flo me caresser le bras tandis que je continue à fixer Dean qui me regarde comme si j'étais devenue folle tandis que sa copine secoue la tête avec condescendance. Mes doigts pianotent contre mon jean de frustration et de colère, et je dois me retenir de continuer sur ma lancée. Mais je sais que c'est une mauvaise idée, comme à chaque fois que je laisse l'impulsivité que m'a refilé mon père prendre le dessus sur mon sang-froid. Je hausse donc les épaules.

-Laisse tomber, Dean, lui dis-je. Ca te dérange si on fête la victoire de Flo, ailleurs ? On a des bons de réductions au bar qui vient d'ouvrir.

-A Pré-au-Lard ? s'enquit Elizabeth.

Et j'entends déjà son ton de préfète qui s'échauffe alors, je décide de lui couper l'herbe sous le pied :

-Oui, tu sais ? Là, où tu vas fêter ton anniversaire illégalement.

xOxOxO

-Non mais regarde-la ! On dirait une moule sur un rocher !

Je suis le regard meurtrier de Flo qui a perdu sa bonne humeur post-victoire depuis bien longtemps et tombe sur Lalita qui partage un fauteuil avec Fin, dans un coin de la Salle Commune de Poufsouffle. Car, oui, nous sommes bien à la fête de Dean malgré que je me sois usé la voix à répéter sur tous les tons que je ne voulais pas y aller, que j'avais assez vu la tête grosse comme un ballon de baudruche du capitaine au triomphe doré et que Flo pouvait bien avoir sa propre fête. Mais voilà, Lalita a failli pleurer de déception, nous noyant sous des discours larmoyants de comment ça lui brisait le cœur de ne pas célébrer leur victoire avec toute l'équipe et que Dean serait ô combien triste de ne pas les voir, Flo et elle, à la fête. Si seulement ! J'aimerais bien que ça lui fasse quelque chose mais je sais que Dean n'en à rien à faire ; c'est sa victoire avant tout, pour lui. Et c'est d'autant plus ironique que je sois l'une des rares personnes à en être consciente tandis que je persiste à être amoureuse de lui… je sais, je sais mais j'y travaille, ok ?

Enfin, voilà, ne voulant pas qu'elle nous gave avec son désespoir, on a fait une croix sur nos super-réduc au Centaure Ivre, on est venu à cette fête où chaque personne est obnubilée par Dean et son géni de capitaine. Non sans compter que j'ai une place de choix pour assister au spectacle de la langue fourchue de l'autre vipère de la fille Gilbert au fond de la gorge de la star de la soirée. C'est donc le Paradis sur Terre grâce à Lalita. Décidément, plus ça va, moins je l'aime, cette fille. Et je ne suis pas la seule…

-Elle ruine nos vies ! professe Flo.

-Quelle petite diablesse ! se moque Jack. On devrait la brûler au bucher !

-La ferme, Jack ! s'énerve-t-elle. J'suis vraiment pas de bonne humeur !

-T'as pas gagné ton match avec ton frangin ? Bon, c'était que contre Serdaigle… attends de te farcir notre équipe et là, tu pourras chialer ! On va vous mettre une telle déculottée que Maman Quinn viendra me demander des tuyaux pour vos prochaines fessées !

Je lève la tête vers Jack contre qui je suis affalée, sur le canapé, tandis que Flo est accoudée sur mes genoux. On s'est isolé de Fin et sa chère-et-tendre d'un commun accord puisque Flo et moi avions envie de l'éviscérer, façon Katarina Rossi. Et Crixus… et bien, il n'est tout bonnement pas venu.

-T'es même pas dans l'équipe de Serpentard, Jake ! lui rappelé-je.

-Et alors ? C'est moi qui leur trouve toutes les stratégies ! Et parfois, ils me payent pour que je foute la merde dans les autres maisons…

-T'es déjà pétée de tune !

-Oh ouais, je sais, je reverse l'argent à une œuvre caritative, l'ARNMVG.

Devant nos regards suspects, il hausse les épaules et lâche :

-Aide à la Réinsertion des Nobles Mangemorts Victimes de la Guerre.

-Y'a encore des mangemorts en vie ? s'étonne Flo.

-Le mal est bon pour la santé, je me tue à vous le répéter, les filles !

J'éclate de rire tandis que Flo marmonne que Lalita va vivre super-longtemps, alors. C'est ce moment que choisit Thibault, le meilleur ami de Dean et membre de son équipe, pour venir vers nous avec une bouteille de je-ne-sais-quoi dans les bras. Il affiche son sourire de vainqueur :

-Eh ben dis donc, gamins, ça va pas du tout de votre côté ! Vous m'paraissez bien sobres pour un jour de victoire !

-Quel victoire, tête de gland ? ricane Jack. On est pas tous des blaireaux ici, adresse-toi à Flo là-bas !

-Et alors ? T'es bien là pour profiter de notre alcool, Malefoy, non ? rétorque Thibault. Je suis là pour vous servir !

-Ah bah pas trop tôt ! grogne Flo avec toute son humeur de chien.

-On se disait aussi que le service laissait à désirer..., note Malefoy.

Thibault se penche en riant pour poser la bouteille sur la table-basse devant notre canapé, tout en sortant sa baguette de la poche arrière de son Jean, m'offrant ainsi une vue imprenable sur les mamours d'Elizabeth et de Dean, près de l'escalier menant aux dortoirs. Mes dents se serrent en parfaite synchronisation avec mon cœur tandis que Thibault fait apparaître quatre verres sur la table qu'il allait remplir mais je lui pique la bouteille des mains, en lui indiquant :

-Laisse, je vais servir !

-C'est du whisky-pur-feu, me prévient-il.

-Dose bien, me lance Flo.

-Et si on y allait carrément à la bouteille ? proposé-je. Freestyle !

-Oh comme je t'aime, poussin.

xOxOxO

-Celle-là ! Celle-là ! s'exclame Flo entre deux fou-rire en agitant sa baguette. L'est troooop sexy, celle-là !

Et l'ombre lumineuse de vieille radio planant au-dessus de Flo se met à cracher un rythme entraînant que je reconnais aussitôt comme Talk dirty de Jason Derulo. Flo est allongée sur le dos en travers de la table-basse, et balance ses bras, suivant les ondulations saccadées de la musique précédent l'entrée en matière avec la voix sexy de Jason. Sa chevelure frisée frôle les cadavres de nos bouteilles, vieilles copines que l'on gardera tous les trois dans nos cœurs, et qui jonchent le tapis jaune, fidèle à Poufsouffle.

-Yeeaah, blondinette, talk dirty to me ! chantonne Jack.

J'explose de rire avec Flo alors que Jack fait tournoyer sa chemise qu'il a depuis longtemps fait tomber -je pense que c'était au moment où Flo a fait retentir Rabiosa de Shakira- au-dessus de sa tête blonde archi-décoiffée. Son torse pâle et maigrichon gigote donc tandis qu'il danse sur le canapé et je l'accompagne avec la plus grande joie, en me déhanchant et le décoiffant encore plus qu'il ne l'est déjà. On manque de se vautrer et d'aller écraser Flo qui est écroulée de rire sur la table basse, une bonne quinzaine de fois, mais on tient bon. Après tout, on est habitué à faire la java toute la nuit ! En vacances, on passe nos nuits en boîte avec Jack, Fin et Cricri nous accompagnant rarement, rabats-joie qu'ils sont.

-Matez-moi ces loosers, les filles ! Ils savent pas mettre l'ambiance ! jette Jake en désignant le reste de la salle. ON EST LES ROIIIIS ! RACLURE DE L'HUMANITEEEE !

-LES BLONDS AU POUVOIR ! clamé-je en levant le poing.

-SURTOUT LES MALEFOY !

-ET MOIII ! crie Flo.

-ET FLOOOO ! approuvé-je.

-Oh, eh, Kellkell, faut pas pousser ! râle Jack en se tournant vers moi. J'vais pas partager mon pouvoir avec tout le monde !

J'allais lui dire qu'on le partage seulement avec Flo et puis, après, c'est fini. Et avec Papa aussi parce que... voilà, c'est papounet ! Mais on m'attrape soudainement le poignée et me tire du canapé. Et en moins de temps qu'il n'en faut pour dire "Guacamole" -vous avez déjà essayé de dire "Guacamole ? Pas facile, hein ?-, je m'aplatis la joue gauche contre du béton armé. Et ça m'irrite assez. Pas que j'ai excessivement besoin de ma joue gauche mais, euh, j'y tiens quand même un peu, quoi...

C'est quand je lève le menton pour croiser un regard très bleu et très peu avenant que je me rends compte que ce n'est pas du béton armé, seulement le torse de Crixus Malefoy. Comme quoi, il arrive que des frères jumeaux soient diamétralement opposés, au niveau morphologique de la chose...

-CRICRIIII ! me réjouis-je en passant mes bras autour de son torse pour l'étreindre. Tu nous as manquéééé...

-Pas le bar, on dirait, cingle-t-il.

J'éclate de rire tandis qu'il me décroche de lui sans cérémonie mais je n'en tiens pas rigueur parce que c'est toujours ce qu'il fait quand j'essaye de lui faire un câlin. Mais je l'aurais un jour, je l'aurai !

-Viens bouger ton p'tit cul avec nous, frangin de mon coeuuuur !

-D'autres chats à fouetter, répond Crixus à Jack. En parlant de ça, Bones, suis-moi, faut que je te parle...

Chat à fouetter ? Comment ça, fouetter ? Je veux pas être fouettée, moi !

Je pousse un petit cri tandis qu'il m'attrape à nouveau mon poignée et commence à me guider vers la sortie. Mais attendez, ya erreur sur la personne ! Je suis même pas un chat !

-Et ramène-la moi vite ! crie Jack dans notre dos. On est les Batman et Robin du dance flore !

Je me prends les pieds dans à peu près tout ce qui traîne, en me retournant vers Jack pour lui faire signe de venir me sauver des crocs de son psychopate de frère assoiffé de sang. Mais Jack est à nouveau en train de gesticuler sur le canapé en jouant avec sa chemise sur la nouvelle chanson que Flo a lancé. Et ils m'abandonnent à ma triste fin ; Crixus veut ma peau, ça se voit ! Pourquoi tous ces abrutis, dans la salle, ne le voit pas et ne l'arrêtent pas ? Il va me zigouiller ! Ou m'étouffer avec tous ces muscles ! Ou m'arracher les ongles les uns après les autres, avant de passer à mes orteils qu'il va couper en rondelles avant de les faire frire à la poêle ! Je le sais, ça se sent !

J'essaye de résister vaguement quand on passe les portes de la salle-commune mais on se retrouve bel bien, seuls, lui et moi, dans le couloir sombre. typique de Poudlard. Froid, humide et affreusement lugubre. Oh Merlin, s'en est fini de moi... et il me fixe avec ses yeux bleus méchants et son nez cassé qui ressemble à un doigt de sorcière tordu... le jour, déjà qu'il a l'air pas gentil-gentil, mais alors, là...

-Mais Cricri, me lamenté-je. On est amis, pourquoi tu veux me tueeer ?

-Bones, je vais pas te tuer, s'agace-t-il.

-Aaahhh, fiouuu...

-Trop de gens m'ont vu t'emmener dehors.

-Oh, Merlin... Ca-ça te dérange si je m'assois ? Trop d'émotion, là...

Il roule des yeux mais me dit de prendre mes aises alors je m'adosse contre le mur contre lequel je me laisse glisser. Je pousse un profond soupire de soulagement lorsque mes fesses touchent le sol et j'étends mes jambes, passant les mains sur mon slim bleu marine. Ah, voilà...

Je souris à Crixus qui s'agenouille devant moi pour être à ma hauteur. Il me demande alors :

-Tu vois Théophile Gilbert ?

-Bah oui ! Ca va faire... -un, deux, trois... cinq..., compté-je pour moi-même. Six ! Ahah, voilà, six ! Quel beau chiffre ! Tu sais que je suis née le six mai ? Ahahah !

-Bones, Théophile Gilbert, me rappelle-t-il en serrant sa large mâchoire.

-Rho oui, ça va, c'était pour que tu m'fasses un cadeau -pas comme l'année dernière ! Tu sais que ça m'a beaucoup blessée quand tu m'as même pas souhaité un bon anniversaire... ah, Cricri...

-BONES !

-OUI ! Bien sûr que j'connais Théo ! C'est même mon ex ! m'agacé-je. Merlin, Cricri, mets un suppos, fais quelque chose...

-Tu vas enfin servir à quelque chose, Bones.

-Ah bon ?

-Oui. Je veux le pécho.

-Qui ? demandé-je en écarquillant les yeux. Théo ?

Il opine du menton et je le fixe bêtement quelques secondes avant d'éclater de rire. A moitié hilare, je m'écris :

- C'est parce que je t'ai parlé de suppos ? C'était une imaaaage ! Ahahaha, Cricri !

-Je vais te tuer.

xOxOxO

-Salut, Florence ! Et salut… engeance de Satan.

Je réponds par un sourire hypocrite et Cho retourne son regard noir sur Flo qui rit déjà gaiement. Je ne sais pas ce qu'elle a avec nous mais dés qu'on s'adresse la parole, le manga névrosé et moi, c'est comme si elle venait tout juste de se shooter au crack et qu'elle avait se tapait un bad trip terrible, se traduisant par des gloussements compulsifs. Je rejette mes cheveux blonds d'un mouvement de tête et arrange la sangle de mon sac-bandoulière, déjà agacée. Ca a aussi quelque chose à voir avec mon prochain cours qui commence dans vingt minutes… Sortilèges. Et donc ce tyran de Vergnes.

En plus, j'ai comme un bébé gueule de bois qui hurle depuis ce matin dans mon crane. Et c'est de la faute de Lalita, Dean et Gilbert, bien sûr, je trouverais un moyen de me venger car s'ils ne m'avaient pas énervé et/ou poussée à venir à cette satanée fête, je n'aurais jamais été à faire la guigne avec Jack sur le canapé au son de la playlist de DJ Flo, avec 3 grammes dans le sang. Bon, ok, j'exagère, avec 3 grammes, je ne m'apprêterai pas à entrer dans la salle de torture de Vergnes mais dans une de réanimation à Sainte Mangouste, mais quand même, j'ai bien abusé parce que comment expliquer que je suis persuadée que Crixus Malefoy m'a avouée vouloir se taper mon crétin d'ex ? Ah, je marque un point, pas vrai ? Je me disais aussi…

-Quoi de beau, Shin ? lui demande Flo tandis que les élèves déambulent autour de nous, dans le couloir. Tu m'as l'air en pleine forme !

-Je ne peux pas en dire autant de vous… vous allez l'air de deux cadavres ambulants, nous inspecte-t-il, moqueurs. Grippes ou gastro-anthérique ?

-Et pourquoi pas mon pied dans ton cul jaune ?

-Nazi ! m'insulte-t-il.

-Sushi ! rétorqué-je.

-M'faites pas rire, j'ai mal à la tête ! se plaint Flo.

-En parlant de tête, j'ai croisé ton frère, le vieux s'entend, nous narre Cho. Vous avez décidemment un grave problème crânien, ce matin, parce que la sienne a doublé de volume… j'suis pas sûr qu'il puisse encore passer les portes.

Je ne peux que sourire à ce commentaire bien que ça me fasse mal d'apprécier des paroles sorties de la bouche de Cho mais je suis heureuse que quelqu'un d'autre trouve que Dean devrait se dégonfler les chevilles et arrêter d'emprunter les corridors de l'école comme s'il en était la grande star.

-Tu dis ça parce qu'on a écrasé Serdaigle, hier !

-Oulà, oui, Flo, j'en ai le cœur brisé, ironise-t-il.

-C'est ça et toi, arrête de nous les briser…

Cho prend son air pompeux et je soupire déjà, attendant qu'il me fasse remarquer que je suis en manque flagrant d'organes génitaux, aux dernières nouvelles, mais qu'il serait ravi d'en apprendre plus sur mon opération chirurgicale récente. C'est triste que je connaisse son menu de répartie par cœur avec le temps… mais mon petit-ami s'avère plus parfait que je n'osais l'espérer puisqu'il apparait pile à cet instant, coupant la chique à Cho.

Je souris Micheal que je n'ai pas vu depuis hier, avant le match. Il salut brièvement Cho et Flo avant de me prendre la main et de s'adresser à moi :

-On va faire un tour, Kelly ?

-J'ai vingt minutes, lui offris-je.

Il opine du menton et m'entraine déjà le long du couloir avant que je n'ai la moindre chance de dire la moindre chose à Flo –ou la moindre insulte à son furoncle de cousin. J'en suis intérieurement irritée. Pourquoi faut-il toujours qu'il me prenne à part et ne passe jamais plus d'une minute en la compagnie de mes amis ? Avec Théo, j'avais pas ce problème puisqu'il me collait H24, ce qui était agaçant tout aussi bien pour moi que pour les autres qui le supportait plus ou moins bien, mais, au moins, il ne réduisait pas mon temps en leur compagnie pour que je le passe qu'avec lui.

On passe l'angle du couloir et j'ouvre la bouche pour lui en parler, mais il me précède avec un regard sévère :

-Je vois que tu as bien profité de la fête d'hier !

-M'en parle pas…

Et, en plus, j'ai deux heures avec Vergnes dans cinq minutes.