Hem...*s'approche en glissant furtivement sur le sol* salut les gens^^'.
Si vous voulez bien ranger couteau, scie, tronçonneuse, katana et autres armes blanches, tranchantes ou à balle (arc compris) alors je pourrais peut être vous annoncer la suite tant attendue^^.
Alors comme je me le disais bien, le précédent chapitre vous a laissé de marbre (tellement de marbre qu'on a voulu m'étriper^^"). Mais pas de souci ce n'est pas la fin, et je tiens à signaler qu'en aucun cas il n'est marqué qu'elle est "morte". C'est écris qu'elle ne "se réveillera pas" (car Yoh croyait que comme lui avant elle dormait), qu'elle "n'est plus de ce monde", que "elle ne reviendra jamais", mais en aucun cas qu'elle est morte^^.
*Relis son chapitre silencieusement*, bon ok je crois que je vais partir dans un endroit reculé et inconnu à la fin de ce post parce que...autant vous vous reteniez auparavant que là je doute^^'.
Réponse des Reviews (pendant que je fais mes valises ):
RAR:
Ikkona: Désolé^^ mais mes histoires ne sont pas toujours merveilleuses et niaises. Jusqu'ici il n'y a pas vraiment eut de tristesse ou autre donc bon...un peu de drame ne fait pas de mal^^. Mais j'ai envie de dire que la vraie tragédie est à venir^^. Tu vas lire mes autres fanfictions? Bonne lecture, n'hésite pas à me faire part de tes pensées et réactions.
Rain: En y repensant...bah c'est mieux de t'appeler comme ça^^. Pour ce qui est des explications...bah ça attendra un peu (genre les prochains chapitres que je suis en train d'écrire mais qui ne concerne que Mahana, sa mère et Hao...). Bref faudra attendre pour m'étriper sur place^^.
emeline: Ta review m'a décidé de poster ce chapitre. Je me suis dis que je recommençais à ne pas donner de nouvelles et que c'était pas bien du tout. Sinon bah, je crois que tu vas me détester davantage dans ce chapitre^^' je te dis pas pourquoi à toi de découvrir...
Sinon les musiques écoutées pendant l'écriture de ce chapitre (et que vous pouvez écouter pendant la lecture): le thème des X-laws dans l'OST de Shaman King, mais principalement du Samuel Barber - Adagio for Strings. Merveilleuse mélodie qui vient aussi avec les autres chapitres suivants et que je vous conseille d'écouter.
Bref, maintenant que les valises sont faites...je me casse! *tape le sprint de sa vie en laissant un petit mot*
Petit mot: Si vous avez des questions, que vous comprenez pas quelques choses, n'hésitez pas à m'en faire part, je saurai répondre^^.
Eru.
Enjoy!
Chapitre 12 : Le Réveil, La porte de Babylone
Plongeant au cœur de milles et unes voluptés, je sentais petit à petit mon corps se détacher de ma propre conscience, sans résistance, sans souffrance. Les sentiments qui alors hantaient ma mémoire s'évadèrent tel une eau s'échappant d'un gouffre sans fin percé tout au fond.
Mes peurs, mes craintes mais aussi ma joie et mes désirs devinrent indéfinissables, éphémères puis cessèrent finalement d'être dans mon cœur.
Des cris, d'oiseaux, d'animaux, d'enfants résonnaient inlassablement dans ma tête, s'amplifiant au fur et à mesure que ma conscience s'envolait à son tour, semblant rejoindre ces grandes envolées d'âmes et d'esprits…
Au bout d'une interminable éternité, mes yeux s'ouvrirent rapidement refermé à cause de la luminosité ambiante.
Tout était blanc, bleu et lumière. Des millions de particules bleutés virevoltaient dans les airs, s'élevant toutes dans une même danse vers le ciel invisible. Il y régnait une telle paix, une telle sérénité bienfaisante que le seul désir resté en moi était de prendre cet envol de liberté et rejoindre ce ciel invisible. Mais j'étais la seule à rester ici, au centre d'une attention que j'ignorai, stagnant au milieu de ce torrent mystique.
Bien que j'avais encore conscience de mon environnement, je ne pouvais esquisser le moindre geste tant mon corps semblait être fait de pierre. J'ignorai tout de là où je me trouvai, de la raison qui m'avait poussé à être ici…
Et tandis que la panique ombrageait petit à petit mon absence totale de sentiment, une voix jointe à des milliers d'autres s'éleva dans les airs, venant de partout ailleurs à la fois :
« -Te voila enfin à moi, Fille du Néant, s'exclama-t-elle sans ton particulier. Mais tu es incomplète… »
Aussi étrange que cela puisse paraître, ces voix jointes en une seule divergeaient de celle que j'avais entendue dans mes transes divines. Il ne s'agissait pas d'un lien indirect avec la déesse, pourtant la puissance et l'incroyable sensation qui en émanait témoignait clairement d'une appartenance divine…
Finalement, ma mémoire fut stimulée par le souvenir d'une des nombreuses leçons que j'avais reçu concernant la Mère Eternelle, et je sus immédiatement à qui j'avais affaire :
« -Seigneur de ma Dame, répondis-je. Je ne suis pas celle que tu attends. Ce n'est pas à toi que je dois m'offrir…je ne suis pas le Shaman King.
-C'est à moi que tu offriras ton corps et ton existence ! Tonna les voix tandis que les limbes lumineuses frémirent d'une tension rageuse. »
Toute la paix auparavant ressenti se transforma en une tension perceptible, au même moment où de fins filets électriques parcoururent les sentiers lumineux.
« -Ton maitre doit être le Shaman King ! Répliquais-je morte de peur. Pas moi ! Je dois offrir mon essence à la Mère Eternelle, ta mère, ton épouse et ta fille !
-Il en sera fait selon mon désir, enfant de rien. Tu obéiras à mon ordre. En échange, j'accorderai le vœu qui t'es destiné…
-Père des hommes, pourquoi aller à l'encontre des volontés de la Mère Eternelle ? Demandais-je en sentant mes forces m'abandonner. Pourquoi ?
-Va et retrouve le miroir, celle qui te manque est avec lui… »
Je n'eus pas le temps d'en savoir davantage car déjà ma conscience retombait dans les méandres du sommeil. Pendant combien de temps suis-je restée endormie ? Je l'ignore…
Une chose était certaine, dans mon rêve il y avait des gens que je connaissais, des souvenirs heureux et douloureux…
Mais il y avait surtout une autre histoire, qui s'échappa de ma mémoire alors que mon corps était rejeté du puissant Great Spirit.
Yoh quitta l'établissement au couché du soleil. Il laissa les chauds rayons du soleil gagner la majeure partie de son corps et profita de cette douce caresse pour s'étirer nonchalamment. L'inquiétude apparente de ses amis avait un peu affecté son optimiste et ses pensées concernant son ami Lyserg étaient tout aussi confuses que leur situation, l'un vis-à-vis de l'autre.
Lyserg les avait quitté depuis bien longtemps déjà, obnubilé par sa haine immense envers le frère jumeau de Yoh, que ce dernier ne portait guère à cœur d'ailleurs. Malgré leur but plus ou moins commun, Yoh n'avait pas assez de rancœur envers son frère pour souhaiter sa mort mais il voulait tout de même l'arrêter dans son entreprise, Lyserg leur avait tourné le dos. Pourtant à plusieurs reprises, Yoh avait la certitude que son ami n'était pas heureux et qu'il reviendrait chercher du réconfort chez lui et ceux qui l'attendaient. Mais aujourd'hui l'affaire était délicate. Les combats de Lyserg étaient de plus en plus sanglants et impitoyables, d'autant plus que ce dernier s'aveuglait encore plus de sa haine.
Yoh était vraiment perplexe quand à la suite des évènements…
Amidamaru apparut alors, la mine renfrognée et inquiète :
« -Yoh-dono… »
Yoh observa un instant son fantôme gardien avant d'abaisser la tête le regard mélancolique :
« -Il a vraiment changé, constata-t-il.
-C'est lui qui a pris cette décision, poursuivit Amidamaru, mais c'est vrai que les X-laws sont…
-Moi non plus je n'aime pas leur façon de faire. »
Il déposa un regard empli d'une grande nostalgie vers le Great Spirit, lequel rayonnait d'une lueur magnifique.
« -Tout semblait plus facile quand tu étais là, murmura Yoh tristement. »
Le Great Spirit s'embrasait toujours comme une flamme d'une blancheur épatante, s'élevant vers le ciel en un brasier spirituel et mystique. Yoh s'égara quelques instants dans sa contemplation, comme attendant une réponse qu'il savait ne jamais venir.
Pourtant, un mouvement inattendu attira son attention et éveilla en son sein une chaleur curieuse. En effet, une étrange sphère d'énergie se sépara du Great Spirit, perturbant ainsi l'harmonie des âmes montant vers le ciel, et alla s'écraser au loin dans le désert, hors de la vision de Yoh.
Immédiatement après, Aura apparut aux côtés de Yoh, dans une gerbe de lumière blanche semblant provenir de la terre même. Elle ne prit même pas la peine de le regarder que déjà elle s'élançait au loin dans la même direction que la sphère venant du Great Spirit. Suite à cela Yoh se précipita dans l'auberge afin d'avertir ses compagnons :
« -Les gens ! S'écria-t-il en rentrant et en constatant le désordre régnant. »
Au vue des visages de ses amis, Yoh comprit qu'il leur était aussi arrivé quelque chose reliée à la réapparition d'Aura. En effet, la table d'Horohoro était trempée, tandis que celle de Ryu était brisée en deux. Le gardien de l'auberge s'évertuait à éteindre un feu qui était venu d'on ne sait où alors que la plupart des objets autrefois posés gisaient au sol, comme si une tempête les avait violemment balayés.
Ils se regardèrent tous, l'émotion baignant dans leurs yeux embuées d'une joie palpable. Les élémentaux étaient tous apparus en même temps, dans une même gerbe lumineuse. Chaque élément avait laissé la trace de son passage et tous s'étaient précipités vers un même point inconnu. Au final les occupants de l'auberge en étaient tous venus à la même conclusion : « elle » était revenue.
Mais ils n'eurent pas vraiment le temps de partir à sa recherche, car Morphine accourut dans leur direction, annonçant que quelque chose s'était produit avec Lyserg.
« -Quelque chose d'intéressant va se produire. »
Alors que les ténèbres me gardaient prisonnière dans un étau de fer froid et silencieux, une voix…lointaine et familière résonna dans ma tête quelques instants avant de se dissiper. Suivant le chemin de cette vois, je repris petit à petit conscience de mes sens. La première chose qui me vint à l'esprit, fut à quel point ce dernier était embrumé. De nombreux souvenirs s'entrechoquaient dans ma tête, mêlant ceux d'un passé connu et d'autres que j'ignorai alors avant de perdre connaissance.
Mon corps était lourd, autant que ma capacité de réflexion et il me fallut une bonne minute pour me rappeler de mon prénom et de ma mission. Mais j'avais beau chercher dans ma mémoire, aucun évènement étrange ou insolite ne venait expliquer les raisons de la lourdeur de mon corps.
Quand une douleur légère vint hanter mes pensées, je délaissai mes profondes réflexions pour m'occuper d'un tout autre problème : ma situation.
Mes yeux s'ouvrirent d'eux-mêmes, sans que je n'aie de nécessité de commander un quelconque ordre. Immédiatement la lumière d'un feu crépitant frappa mes pupilles qui se dilatèrent, m'aveuglant momentanément. Je les refermai aussitôt, attendant que la vive brulure passagère se dissipe. Quand elle s'évanouit enfin, je pus rouvrir mes yeux et croiser un regard que je n'attendais pas : deux orbes d'onyx, aussi froides que la glace mais dans lesquelles dansaient une lueur dangereuse et passionnée.
Je préférai rester de marbre devant ce regard, bien que mon cœur se fût déjà élancé dans une fougue acharnée et folle. Comme la dernière fois, une immense chaleur s'embrasa dans ma poitrine tandis que mes yeux s'exaltaient déjà d'un pareil échange et se délectaient de chaque vibration oculaire.
L'individu se redressa, faisant glisser avec sensualité les pans de sa longue cape beige, et me toisa quelques instants avant de ricaner :
« -Bien dormi ? Fit-il en souriant moqueur. »
Le simple étirement de ses lèvres me fit frémir et j'eus de grande peine à ne pas trembler davantage quand il usa de sa main pour remettre en place une mèche rebelle de ses cheveux. Je me relevai et analysai mon entourage silencieusement, ignorant ses yeux qui suivaient les moindres de mes mouvements tout en tentant de calmer les pulsions instables de mon corps : nous étions sur une falaise surplombant le désert avec au loin derrière, les premières maisons d'un village. A part cela, il n'y avait rien de bien intéressant. Un vent aride caressait le sable chaud, faisant relever avec lui quelques nuages de poussières. Les cailloux et cactus qui s'imposaient de ça et là n'avaient là rien de bien attrayant, si ce n'était le témoignage de la présence d'esprit de la terre très ancien.
Je ressentais leurs craintes, mais aussi leurs espoirs. Comme tous les autres, ils attendaient le jour où l'Enfant du Néant offrirait son existence à la Mère Eternelle pour sauver la Vie, qu'elle soit incarnée ou désincarnée.
« -Où suis-je ? Demandais-je d'une faible voix encore tremblante des émotions qui me rongeaient.
-Près du Village Patch, répondit-il. Je serai curieux de découvrir comment tu as fais pour parvenir jusqu'ici avec si peu de puissance…
-Faut-il être forcément puissant pour être ici ? Demandais-je curieuse en reprenant un peu confiance dans mes gestes toujours aussi lent.
-Seuls les plus forts peuvent prétendre au titre de Shaman King, répondit-il, une légère lueur de malice dans ses yeux.
-Je ne veux pas être Shaman King, déclarai-je en le regardant droit dans les yeux.
-Oh ? Vraiment ? Alors pourquoi portes-tu la Cloche Oracle ? Et pourquoi avoir accompagné mon frère et sa bande d'amis ? »
Je le regardai quelques instants, réfléchissant calmement au moyen de lui faire comprendre mes raisons, avant de me retourner vers lui et de lui répondre doucement :
« -Parce que nous avions une route commune, fis-je en souriant. Pourquoi rester seul quand on peut être plusieurs à parcourir le même chemin ? »
Il demeura silencieux, se retournant vers la flamme centrale qui réchauffait nos corps en cette aube glaciale. La lueur de la flamme qui se reflétait sur son corps me serrait le cœur d'un étau nostalgique que je ne pouvais clairement élucider en cet instant. Il y avait dans son regard une telle confiance en soi mais surtout une imposante part d'arrogance et d'orgueil. Cette part que l'on pouvait sans mal discerner à chacun de ses regards semblait pourtant en dissimuler une autre, une forme de sa personnalité que seul quelqu'un possédait une vue spirituelle pouvait observer. J'avais déjà vue l'aura qui entourait ce corps ressemblant à Yoh. En fait, il y avait tant de différence entre eux que si l'on ne m'avait pas fait part de leur lien de fraternité, je n'aurais jamais pu le deviner. L'aura de Yoh était douce, sereine et agissait sur les autres en un vent de confiance et de douceur. Yoh apportait la paix, le calme, le bien être. Hao lui était totalement différent. Son aura vibrait d'une violente intensité qui perturbait son entourage, pliant les éléments à son pouvoir et son bon vouloir. Il imposait par sa présence la peur, la crainte, une certaine forme de respect aussi mais surtout de l'incompréhension et de la haine. Mais moi, je n'avais pas peur de lui. Et ça, il en avait parfaitement conscience. Je n'étais pas effrayée par son pouvoir, pas plus que je ne l'étais de la menace qu'il représentait pour mes amis. Pour moi, il n'était qu'un garçon au caractère bien trempé, détestant le froid et la neige, cachant une profonde tristesse en méprisant son entourage et en pliant les âmes à sa volonté. Il se faisait passé pour un monstre cruel et sanguinaire afin de cacher l'immense solitude qu'il ressentait et qu'il considérait comme une faiblesse de soi. Oui, à mes yeux, Hao n'était qu'un garçon terriblement seul.
Et à bien des égards, je devais lutter constamment contre les élancés de mon cœur. A chaque fois que je me rendais compte de la solitude de Hao, une pulsion puissante et dévastatrice tentait mon corps, l'amenant toujours à désirer étreindre cet « enfant esseulé » afin de lui offrir ce qu'il attend : le réconfort et l'amour d'un autre.
Une petite fille typée africaine interrompit le mélimélo de mes pensées en s'avançant vers Hao et en s'exprimant :
« -Hao-sama…
-Oui Opacho ?
-Des esprits se dirigent par ici, dit-elle en pointant du doigt l'horizon.
-Laisse-les venir. »
En effet quelques instants plus tard, je vis Aura accompagnée des autres arriver en toute hâte. Ondine fut la première à réagir et envoya une gerbe d'eau à l'adresse d'Hao. Ce dernier l'évita avec souplesse et grâce. Sylphe allait pour réagir à son tour quand Aura s'interposa en secouant la tête lentement.
Puis elle se tourna vers moi et me salua en abaissant légèrement le front.
« -Mahana-sama, murmura Gnomide. »
Puis elle se jeta sur moi de toutes ses forces et se blottit contre ma mâchoire.
« -Je suis contente de vous revoir Mahana-sama, admit Sylphe sans dissimulée sa joie mais en surveillant Hao.
-Moi j'aimerai savoir ce qu'il fait ici ! Tonna Ondine méfiante, dont l'orgueil empêchait toute manifestation de joie.
-Quand je me suis réveillée, Hao-sama entretenait le feu, expliquais-je calmement. »
Ce dernier d'ailleurs revenait lentement vers nous, sans quitter du regard mon esprit de l'eau. Il toisa chacun de mes esprits gardiens, s'attardant sur Aura avant de s'assoir à sa place initiale et d'annoncer :
« -Tu ne sembles pas être une shaman ordinaire. Si je t'ai pour l'heure laissé vivante c'est parce que j'ai une proposition à te faire, se décida-t-il finalement sans même me regarder.
-Tu peux toujours rêver pour qu'on te rejoigne ! S'écria Ondine. »
Le regard qu'il lui lança était vide d'amitié et suffisamment menaçant pour faire rager Ondine intérieurement.
« -Ondine, l'apostropha Sylphe ignorant le regard. Ce n'est pas à toi de décider ! Mahana-sama, sachez que quoi que vous aurez choisi je…
-Tout va bien, assurais-je d'un petit sourire. Dites moi Hao-sama, commençais-je, il y a une chose que je ne comprends pas. »
Voyant qu'il ne répondait pas, j'en conclus qu'il attendait la suite de ma question.
« -Vous êtes à la recherche d'un monde idéale dans lequel seuls les plus puissants shamans pourraient vivre, toutefois vous demandez quand même à la plus faible d'entre eux si elle veut vous rejoindre. Pourquoi donc ? »
Il demeura silencieux quelques secondes avant de laisser court à son hilarité incompréhensible. Son rire aurait pu être le plus beau des chants qu'eurent entendu mes oreilles, si seulement il n'était pas si faussé. Cela ne l'empêcha pas pour autant d'instaurer dans mon moi profond un malaise encombrant :
« -Qu'ai-je dis ? Demandais-je en rougissant. Qu'est-ce qui est si drôle ?
-Question contradiction je crois que tu es la mieux placée de nous deux, répondit-il. Tu as passé la majeure partie de ton temps à chercher de l'amour dans les gens qui t'entourent mais au final tu sais parfaitement comment tout cela va finir…n'est-ce pas là aussi de la contradiction.
-Je cherche simplement à vivre…, rétorquais-je.
-Et moi simplement à accomplir ce qui doit être fait !
-Alors pourquoi ne pas me brûler vive et me dévorer l'âme comme vous le faite si bien ? Je suis faible, avec peu de défense et probablement inutile à vos yeux ! M'exclamais-je. »
Il ferma les yeux et adressa son regard aux étoiles qui disparaissaient sous l'aurore naissante. Ses yeux brillaient d'une lueur mélancolique et lorsqu'il me répondit, sa voix habituellement railleuse et malicieuse était presque triste, ce qui amena à nouveau mon cœur à réagir d'une autre vague de tendresse et de sympathie :
« -Tu me rappelles quelqu'un que j'ai connu…mais qu'importe. Si j'étais toi, je ne traînerai pas ici à moi que tu décides de me rejoindre...
-Pourquoi ? Que se passe-t-il ?
-Yoh et ses amis sont en danger. Les X-laws vont ouvrir la Porte de Babylone pour tenter de m'y enfermer et pour cela utiliser ma précieuse moitié comme appât…Mais toi tu sais très bien ce que cela inclut, n'est-ce pas ? »
Il m'adressa un regard qui signifiait parfaitement qu'il « avait compris ce qu'était la Porte de Babylone et que je savais également ce qu'elle contenait ». Mais ces X-laws l'ignoraient totalement. Toutefois un doute persista dans mon raisonnement :
« -Personne ne peut ouvrir la Porte de Babylone, s'exclama Ondine.
-En fait il y a bien une personne qui peut, expliquais-je.
-Qui ?
-Normalement…moi, répondis-je à Sylphe qui hoqueta de surprise. Je l'ai déjà ouverte une fois pour obtenir la Pierre…
-Alors pourquoi la Vierge de Fer croit-elle pouvoir l'ouvrir ? Demanda la petite Opacho.
-Parce que Jeanne est ma sœur, soupirais-je. Je dois l'empêcher de commettre cette faute… »
Bien malgré moi, je me redressai et apposai un regard déterminé vers le lointain duquel l'on pouvait apercevoir un amas de cumulus noir flotter.
« -Je suppose que je n'ai plus le choix, il va falloir se battre. »
Disant cela, Sylphe plongea dans la Pierre et ensemble nous nous envolâmes en direction de la base des X-Laws. Je me retournai une dernière fois et m'adressai à Hao :
« -J'ai déjà ma propre route à suivre, déclarais-je. Mais rien ne nous empêche d'être amis ! »
Et sans attendre de réponse, je repartis à vive allure dans la direction indiquée par Aura.
Quand la jeune fille disparut dans l'horizon, Hao se permit un petit sourire discret. Impossible toutefois de savoir s'il était sincère ou espiègle, toutefois la jeune Opacho ne resta pas sur ce départ précipitée :
« -Hao-sama…
-Je ne peux pas l'aider…cet ami de Yoh.
-Qu'allons nous faire ? Les X-laws sont de plus en plus dangereux !
-D'habitude je les laisse faire, cependant cette fois ils sont allés trop loin. Ces types vont le regretter. »
Le Spirit Of Fire apparut juste derrière lui, portant sur ses larges épaules les autres partisans du shaman millénaire. Nul doute que la bataille qui allait s'ensuivre serait féroce et sanglante.
De son côté, Manta n'était pas dans la situation la plus confortable. Lyserg avait surgi de nulle part dans la forêt et avait traîné l'ami de Yoh jusqu'à la base principale des X, l'enfermant par la suite dans une cage trop petite pour lui permettre le moindre mouvement.
« -La Porte de Babylone ? Répéta-t-il. »
Marco prit la peine de lui expliquer, bien qu'il considérât cela comme inutile.
« -C'est un cercle magique crée par le Furyoku de Jeanne-sama et le nôtre. Cela ouvrira la Porte de Babylone. Et à ce moment là, tous les êtres malfaisants seront absorbés et propulsés dans un monde duquel ils ne pourront jamais sortir.
-Pourquoi faites vous cela ?
-Pour détruire définitivement toutes traces de Hao ! Répondit Lyserg froidement.
-Toutes traces de Hao ? Mais alors votre plan concerne aussi Yoh ? S'écria Manta paniqué.
-Pour Hao, poursuivit Marco indifférent, Yoh est son indispensable moitié. Si nous tentons d'absorber Yoh dans la porte, Hao viendra obligatoirement le sauver. Leur mort est planifiée à ce moment là. »
Manta n'en croyait pas ses yeux. Que Lyserg, un ancien ami de Yoh, accepte ce genre de plan et sacrifie son ami pour que Hao meurt et donc qu'il soit vengé. Sacrifier un ami pour ça, c'était tout simplement inenvisageable et intolérable aux yeux de Manta.
Mais il avait beau gigoté comme il pouvait, les chaînes étaient bien trop solides :
« -Je ne vous laisserai pas sacrifier Yoh-kun ! »
Marco se retourna lentement et en remettant ses lunettes, offrit un regard des plus menaçants :
« -Et que pourrais-tu faire toi ? Hein ?
-Lui rien, mais moi je peux vous en empêcher, intervint une voix que Manta ne s'attendait pas à entendre. »
Il tourna légèrement la tête et tomba sur Mahana dont le lien avec Sylphe faisait virevolter ses cheveux légèrement jaune et sa tunique éphémère.
Elle se sépara de Sylphe en un soupir et observa l'assemblée de son nouveau regard bleu océan. D'un ton maitrisé mais néanmoins doux, elle s'exclama :
« -Que croyez-vous faire là ? Enfermer un être vivant dans la Porte de Babylone ne l'effacera en rien de ce monde.
-Si ce n'est pas la petite indécise, ricana Marco en s'approchant. Je me demandais où tu étais passé…
-Mahana-chan, murmura Lyserg surpris et décontenancé.
-Alors c'est vrai Lyserg, souffla-t-elle. Tu es vraiment près à sacrifier une vie pour qu'une autre s'éteigne avant son heure…
-Je ferai tout pour détruire Hao !
-Qu'importe, le coupa-t-elle, je ne suis pas là pour discuter d'un choix que tu as fais, mais plutôt pour intervenir sur un élément que vous ne devriez pas toucher… »
Marco allait intervenir quand la voix de Jeanne s'éleva dans les airs :
« -Je croyais que le Great Spirit t'avait absorbé…
-Heureusement pour la Mère Eternelle, je n'avais ni le cinquième élément, ni le troisième catalyseur, répondis-je. Mais bien que cela ne te concerne pas, tu vas quand même empiété dans le territoire interdit pour parvenir à tes fins…
-Hao est le mal absolu, fit-elle, il doit être éradiqué de la Terre une bonne fois pour toute. Je suis prête à endurer les souffrances de ce monde afin de plonger cet être malfaisant dans l'abîme éternel de ses pêchés.
-Alors fais le de tes propres moyens ! Tu ne partages qu'une infirme partie de mon sang et cela ne sera pas suffisant pour ouvrir la porte. Même si tu venais à verser chacun des gouttes de sang, cela ne suffira pas à le garder prisonnier assez longtemps.
-Alors que toi tu n'as que quelques gouttes à verser pour ouvrir la porte, Onee-sama, acheva-t-elle. »
Plusieurs X se rassemblèrent autour de Mahana, près à bondir pour la capturer tandis que Lyserg veillait sur Manta. La jeune fille ne risquait rien tant que ni Yoh, ni Hao ne se présenteraient sur les lieux, mais Sylphe savait parfaitement que le premier était en chemin et que le deuxième ne tarderait pas.
Il fallait par conséquent survivre en les attendant et veiller à ne pas perdre une seule goutte de sang. Marco fut le premier à se jeter sur Mahana mais cette dernière fut propulsée à plusieurs mètres en hauteur grâce à la force de Gnomide. Dans les airs, Sylphe réceptionna la jeune fille et fusionna avec elle. Dès qu'elles furent ensemble, Mahana envoya une série de lame éventée qui frappèrent le sol, faisant soulever d'imposant flot de poussière.
Manta vit la jeune fille se diriger vers lui, traverser les airs comme un poisson nagerait dans l'eau. A peine parvenu jusqu'à lui, qu'un autre ange l'attaqua, repoussant la jeune fille vers les flancs de la falaise. Mais avant qu'elle ne s'écrase contre la paroi rocheuse, une bulle d'eau géant refreina le corps de la fille et fusionna directement avec tandis que Sylphe de nouveau libéré dirigeait le corps de Mahana maintenant couvert d'une peau bleuté aux cheveux bleu marin.
Parvenu jusqu'au sol, la jeune fille planta ses mains au sol et en même temps qu'elles se levèrent, d'immenses gerbes d'eau jaillirent et immobilisèrent quelques anges par de la glace. Au même moment, Marco apparut derrière Mahana et tenta de l'intercepter. Mal lui en pris car un anneau de feu lui brûla les bras et le repoussa suffisamment pour permettre à Mahana de s'éloigner et de glacer ses jambes.
« -Tout doux cœur de braise ! Tonna Ondine, m'oublie pas tu veux !
-C'est pas le moment, fit Sylphe, regarde qui arrive ! »
Attirée par la phrase de Sylphe, Mahana se retourna et vit ses amis accourir jusqu'à elle. Ils furent surpris de la voir en si bon état et malgré la situation assez contraignante, ils se permirent un sourire :
« -Toujours la forme visiblement, commenta Ren. Tu sembles même être devenue plus forte…
-Merci du compliment Ren-sama, mais si vous le voulez bien on en reparlera plus tard.
-Bienvenu à la Porte de Babylone, Asakura Yoh, s'exclama Marco.
-Relâchez Manta ! Ordonna Yoh.
-Seulement si tu écoutes Jeanne-sama et si tu acceptes de coopérer.
-Il ment ! Cria Manta en gigotant. La seule chose qu'il veut c'est…
-D'accord ! Répondit Yoh. Que dois-je faire ?
-Jeanne-sama est à l'intérieur du cercle magique, expliqua Marco. Laisse tes armes et va la rejoindre pour ton baptême. »
Mahana comprit immédiatement ce qu'ils comptaient faire. Et avant même que Yoh ne parvienne jusqu'aux premiers traits du cercle magique, elle s'écria :
« -Maintenant Aura ! Libère l'esprit enfermé ! »
Il y eut un grésillement puis une virulente explosion juste derrière Manta. Les chaines qui le retenaient furent brisées par le marteau de Mosuke, l'esprit enfermé à l'intérieur de l'ordinateur portable du jeune humain et qui disparut immédiatement laissant l'humain chuter librement.
Yoh se mit à courir tandis que Lyserg ordonnait à son ange de récupérer l'enfant. Sylphe allait lui mettre la main dessus quand Tokageroh l'attrapa tout en repoussant la main de Zeriel.
« -Tu vas bien Manta ? Demanda Ryu essoufflé.
-Asakura Yoh, tu ne m'échapperas pas ! Grogna Marco. »
Et ils s'élancèrent tous dans un combat titanesque dans lequel esprit et furyoku s'entremêlaient telle une danse antique et mystique. Et pendant qu'ils concertaient tous ensemble, Mahana s'était dirigée vers la Vierge de Fer :
« -Jeanne…arrête ça s'il te plait, demanda-t-elle d'une voix douce.
-Onee-sama, je ne laisserai pas les crimes d'Hao impuni ! Même si pour cela je dois verser tout ton sang et aller à l'encontre de la volonté de la Mère Eternelle.
-Alors pour venger la mort de Père, tu vas détruire ta propre vie ! S'écria Mahana. Est-ce que tu as pensé un seul instant à ce qu'ils pourraient ressentir ? Ils ont sacrifiés leur vie pour toi, pour moi, leurs rêves et leurs espoirs pour que je puisse être heureuse malgré mon destin et pour que tu sois heureuse en dépit de notre séparation ! Et maintenant tu veux jeter ta vie comme si elle n'avait aucune valeur ?
-Hao a tué Père ! Il m'a arraché la seule personne qui comptait le plus à mes yeux !
-Petite sœur…, fit tristement Mahana, je sais que tu as soufferts de ma naissance et de l'absence de Mère…mais moi aussi j'aimais Père, autant que toi. Je sais qu'il ne veut pas que tu gâches ta vie inutilement. C'est mon destin à moi ! Pas le tien !
-C'est trop tard… »
Disant cela elle quitta sa Vierge de fer dans un halo lumineux et enferma Yoh et ses amis dans une cage maintenue par Shamash. La cage avait la particularité d'empêcher le Furyoku de circuler. Mahana était prête à réagir. Elle envoya mentalement Aura suivre la cage et s'apprêta à attaquer sa petite sœur ainsi que ses anges.
Mais elle n'eut pas le temps de poursuivre qu'une main puissante et encerclée de flamme s'empara du corps frêle de Jeanne:
« -Petit sœur ! Cria Mahana qui voulut agir, vite retenu par Ondine et Sylphe.
-Vous feriez mieux de ne pas bouger à moins que vous ne vouliez voir votre précieuse Jeanne-sama mourir…
-Hao ! Grogna Lyserg empli de haine et de fureur.
-Vous avez dépassé les limites cette fois, dit-il en regardant la cage suspendue en l'air. Que vouliez vous faire à ma précieuse moitié ?
-Nous n'avons qu'un seul objectif, que la justice te punisse pour tes pêchers ! S'exclama Jeanne. »
Il ricana quelques instants puis se retourna vivement avant de déclarer :
« -Tu es trop arrogante. »
Disant cela, un vif incendie naquit dans la main de son gardien, brûlant la Maiden qui s'y trouvait prisonnière. Cette dernière resta silencieuse, défiant toujours Hao de son regard insolent. Mais quand elle perdit connaissance, Mahana ne put retenir ses propres émotions et hurla en proie à une panique intenable :
« -Arrête…Arrête…Arrête ! Asahao Arrête ! »
Le cri de Mahana se répercuta partout dans la crevasse, à travers les murs vides de l'église et ce même jusqu'au fin fond du désert. Pourtant, ce n'est pas la force du cri qui fit que Hao lâcha prise sous la stupeur complète. Ce fut le prénom que la jeune fille prononça pourtant en un murmure mais que tous avait parfaitement entendu.
Le corps calciné de Jeanne tomba dans le vide, rapidement récupéré par les ronces de la Vierge de fer. La lumière qui depuis son apparition brillait s'éteignit brusquement.
Hao poursuivit de son air arrogant, sans pour autant montrer la lueur de surprise qui avait traversé son esprit l'instant auparavant et que nul à part Yoh n'avait aperçut :
« -Qu'allez vous faire maintenant ? Demanda-t-il arrogant. Votre Jeanne-sama est très affaiblie et la Porte de Babylone ne s'ouvrira pas. »
Mais un simple coup d'œil sur Marco suffisait à comprendre que rien n'était perdu pour les X-laws. Car la cage, qui maintenait prisonnier Yoh et les autres, flottait toujours grâce au pouvoir de la Vierge de Fer.
Alors les anges décidèrent de protéger cette dernière, formant une barrière de protection par leur corps et leur esprit. Les partisans d'Hao se lancèrent comme des bêtes sauvages sur les X, blessant et mutilant la plupart d'entre eux par des coups posés en traître. Et de voir ce spectacle décidément trop écœurant raviva la flamme du combat dans le cœur de Yoh et de ses amis. Aider d'Aura qui s'acharnait depuis le début à fissurer la cage, ils purent briser cette dernière et se libérer pour aider les anges. Mahana quand à elle assistait impuissante à ce spectacle. Sa force actuelle ne permettait pas de protéger seul les anges, d'autant plus que la raison initiale de sa présence était compromise.
Jeanne dans un état comateux, ses amis enfermés dans une cage magique, à moins que Mahana ne soit blessée et ne perde du sang, la Porte de Babylone ne s'ouvrirait pas.
C'est pourquoi elle demeura immobile, regardant des êtres vivants, des frères et des sœurs, se faire battre. Si jamais dans la bataille, elle venait à être blesser, son sang dans le cercle magique ouvrirait la Porte Sacrée et enverrait tout le monde de l'autre côté.
Trois anges tombèrent, ne laissant derrière eux que des cadavres qu'Hao s'empresserait de dévorer. Et alors que le reste des anges étaient à terre, sur le point de succomber à l'assaut des partisans d'Hao, les amis de Mahana s'interposèrent. Devant l'hésitation de ses compagnons, Hao décida d'intervenir à son tour, ayant en tête de tester les pouvoirs de son frère jumeau.
Le Spirit of Fire s'élança mais avant qu'il n'ait pu frôler Yoh, ce dernier le tenait à distance par la pointe de son épée sur la gorge.
« -Toi, fit Yoh d'une voix sévère et froide, tu en fais trop. »
Hao contrattaqua en s'emparant de l'épée et en tirant dessus. Mais Yoh maîtrisait bien son Oversoul si bien qu'il libéra son arme de l'emprise de l'esprit et répliqua en abaissant le tranchant de la lame vers le géant de feu qui l'arrêta simplement. A chacun des assauts de Yoh, le géant de feu contrôlé par Hao repoussait l'attaque avec facilité.
Fatigué de ce jeu, Yoh tenta une percée en faisant appel à une technique spéciale de son fantôme. A l'instant où il crut que cela avait marché, le Spirit of Fire apparut derrière lui et s'empara de son corps d'une main qu'il resserra.
D'aussi loin que remontait mes souvenirs, je n'avais jamais participé à autant de violence et de rage. Ma vie avait été un fleuve tranquille dans lequel j'apprenais petit à petit les choses de ce monde, découvrant chaque chose, chaque place. Je ne sais plus ce qui avait tout changé, ce qui faisait que je me retrouvais là, mais maintenant que j'y étais, regretter ou pas importait.
Mes amis se battaient tous contre les partisans d'Hao. Je savais au fond de moi qu'il y avait peu de chance de gagner. Pourtant ils luttaient pour protéger d'autres individus dont les manières d'agir ne valaient pas mieux. Je n'avais aucune animosité envers qui que se soit, mais mes amis m'étaient suffisamment important pour que je combatte à leurs côtés.
Alors, pendant qu'ils défendaient les survivants, je m'assurais de leur santé par derrière. Lyserg était le plus touché émotionnellement et une lourde explosion attira notre attention vers le plus dangereux de tous : Hao.
Il ne m'avait pas paru méchant ni même effrayant le matin même de mon réveil. En fait, j'étais vraiment sérieuse quand je lui ai dis qu'on pouvait être ami. Mais Yoh était en danger et je devais absolument agir avant qu'il ne soit blesser ou pire…bien que je savais éperdument qu'Hao ne le tuerait pas maintenant.
Arrivée devant le Spirit of Fire, Gnomide fusionna avec moi et nous enfonçâmes un pic de pierre dans le pied du géant de feu. Cela ne lui fit rien, bien au contraire il me repoussa aussi facilement qu'un moustique.
« -C'est inutile Mahana, ne t'oppose pas à moi où je serai obligé de te tuer toi aussi, comme je l'ai fais avec ton père et avec ta petite sœur. »
Aussi étrange que cela puisse paraître, ce n'est pas ma colère qui fut alimentée par ces propos mais ceux de Sayia ma salamandre. Je réussis toutefois à contenir partiellement l'assaut de rage qui en ressortit en une grande gerbe de flamme.
Fusionnant avec Ondine, je laissai Sylphe encercler le géant de feu tandis qu'Ondine usa mon corps comme catalyseur pour augmenter l'humidité dans l'air.
Les bourrasques répétées de Sylphe eurent pour effet de rendre rare l'oxygène dans l'air tandis que l'action d'Ondine affaiblit partiellement le Spirit of Fire. Lassé de ce petit jeu, Hao relâcha son frère que Gnomide rattrapa en créant un toboggan de terre, non sans quelques blessures légères.
Face à face, Hao me toisa quelques instants :
« -Tu n'aurais pas dû faire ça Mahana, maintenant je ne joue plus.
-Nous aurions pu être ami, avouais-je tendue. Mais si tu attaques mes amis, je n'ai pas le choix que de répliquer. »
Disant cela, il s'élança en formant une épée avec son Oversoul. Immédiatement Ondine ralentit son élan en imposant plusieurs murs de glace, mais l'intensité de la chaleur de son Oversoul les fit fondre dans le faire ralentir. Ondine quitta rapidement la Pierre que Salamandre n'hésita pas à récupérer. Je vis l'épée enflammée s'approcher de moi à une vitesse vertigineuse et alors que l'impact était inévitable, Aura s'interposa entre Hao et moi-même, attrapant l'épée de feu des deux mains.
Hao bondit en arrière, se remit en garde et prépara la riposte quand Aura s'illumina d'une lueur que je reconnus immédiatement : elle cédait sa forme humanoïde pour reprendre sa forme d'origine.
A la place de l'esprit, une épée aux reflets bleutés taillées avec élégance dans de l'argent pure. L'épée semblait luire d'une aura divine et m'invita à s'en emparer. Salamandre le fit en contrôlant mon corps. Lorsque l'épée entra en contact avec ma main, Hao s'élança, pointe de l'épée dirigée vers on cœur. D'un geste souple et efficace, je parai son attaque en un mouvement latéral ce qui amena sa lame sur le côté. Il suivit l'élan pour se retourner et contrattaquer en une attaque horizontale sur les flancs, mais encore une fois l'épée divine sembla agir d'elle-même et s'interposa à l'horizontal à quelques centimètres seulement de mon bassin. Mon bras gauche croisé avec le plat de la lame bleutée offrait un peu plus de résistance. Revoyant son offensive à la hausse, Hao répliqua sans se départir de mon habileté. Il tourna sur lui-même encore une fois et plongea sa lame latéralement en visant mon épaule gauche. Je réussis à stopper son attaque sans être blesser, mais la chaleur incandescente qui animait son arme me brûla l'épaule. Il profita de cet instant de déconcentration pour me prendre en traitre et m'envoyer au sol d'un coup de pied placé aux jambes.
Il tenta de me planter l'épée mais un réflexe que je ne me connaissais pas me fit éviter de justesse la lame qui s'enfonça à quelques centimètres seulement de mon visage.
Utilisant l'élan que j'avais pour me redresser, Sylphe repoussa Hao d'une bourrasque puissante tandis que Gnomide essaya d'empêtrer ses jambes dans du granit. Mais Hao n'était pas qu'un simple shaman et sa connaissance des éléments lui permit de changer la terre en boue avec une facilité déconcertante.
Il repoussa les pics de glace lancés par Ondine, tout comme il résista aux assauts répétés de Sylphe. Finalement, il réitéra ses propos :
« -Tu n'es pas si faible que tu le laisses croire, commenta-t-il en parant une de mes attaques. C'est bien dommage que tu refuses de m'aider dans la création de mon royaume.
-Mahana-sama ne rejoindra jamais quelqu'un comme toi, répondit Salamandre qui avait totalement le contrôle.
-C'est vraiment dommage, je vais donc devoir t'écraser, toi comme le reste de ta pitoyable famille ! »
Le combat aurait pu durer longtemps, si seulement sa dernière phrase n'avait pas réveillé la rage confinée dans le cœur de ma Salamandre.
Dans une explosion de flamme incontrôlée, la salamandre surgit de ma pierre en un immense oiseau de feu, bien plus grand encore que celui de mes souvenirs. L'oiseau vola dans les airs quelques instants, nous laissant le loisir de parcourir les fins liserés dorés de ses plumes flamboyantes ou encore la magnifique couronne enflammée qui ondulait tout autour de sa tête. Sa voix était remplie d'une rage sauvage et chacun de ses mouvements qui rasaient de trop près la pierre faisaient fondre cette dernière tant la chaleur était intenable.
L'apparition de l'oiseau de feu sembla ranimer un souvenir désagréable pour le shaman millénaire, car déjà son regard sérieux présageait une mésentente difficile :
« -Je croyais pourtant t'avoir tué, déclara-t-il.
-Ainsi tu te souviens de moi, s'exclama l'oiseau en claquant du bec, sache que tant qu'un membre de la famille sera vivant, je ne mourrais pas ! Tu vas regretter tes paroles, monstre !
-Je t'ai déjà tué une fois, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas une seconde fois, ricana Hao en garde.
-Cette fois sera différente ! Tu vas payer pour les souffrances de mes maîtres ! »
La forme astrale de l'esprit du feu se dissipa et à la place se trouva sa forme humanoïde que j'avais rencontrée dans mon rêve la première fois.
Elle leva la main droite vers le ciel et l'épée aux reflets bleutés apparut alors. Sayia la brandit en face d'elle, menaçant de sa pointe l'ennemi.
« -Elle va utiliser l'Epée de Nede ! S'écria Sylphe paniquée.
-Je ne comprends rien, avoua Manta. »
Mais il n'eut pas de réponse car déjà un combat titanesque s'engagea entre les deux esprits du feu. L'épée scintillait d'une étrange aura rougeâtre mélangé au bleu de sa lame tandis qu'elle tranchait tous ce qu'elle touchait. L'oversoul d'Hao redevenu alors géant de feu, à bien des égards, sembla peiner plusieurs fois pour contenir la rage nouvelle de la salamandre.
Elle qui était pourtant si discrète et si silencieuse, de tous mes esprits c'était bien elle qui actuellement mettait en échec le puissant shaman millénaire.
Elle propulsa plusieurs fois l'esprit géant, mais avant d'atteindre Hao, elle se faisait réattaquer par son esprit gardien. Le combat entre ces deux esprits avaient attirés l'attention des autres, et les partisans de Hao assistaient légèrement inquiet à ce revirement de situation inattendue.
« -Mahana que se passe-t-il ? Demanda Ren. Qui est cette femme ?
-C'est Salamandre, répondis-je d'une voix absente. Elle m'a pris l'Epée de Nede et maintenant combat avec…
-Elle semble y arriver ! S'exclama Lyserg joyeusement. Elle va arriver à le tuer ! »
D'entendre Lyserg aspirer avec une joie non dissimulée à la mort d'Hao éveilla en mon sein une sourde douleur lancinante. L'idée de voir Hao mourir m'était insupportable et pour une raison encore plus obscure, le simple fait de le voir en difficulté me plongeait dans un sombre tourment silencieux. Réalisant que peut être je ne reverrai plus ce regard, encore moins cette douce chaleur enivrante me fit trembler de peur et d'appréhension. L'idée de le perdre semblait surgir des tréfonds d'une mémoire endormie, à croire qu'il eut toujours été un être cher auquel mon corps répondait tandis que ma mémoire et ma raison ignoraient.
Avais-je connu Hao auparavant ? Probablement…Les simples syllabes composant son nom m'étaient familières, tout comme ce regard mélancolique qu'il avait adressé aux étoiles ce matin même.
Une familiarité exprimée par les pulsions de mon corps, le seul que je ne pouvais totalement contrôler. Alors quand un coup plus puissant que les autres le fit trébucher, ma voix s'égara toute seule :
« -Non, tremblais-je en proie à une panique soudaine, pas lui… »
Pourtant, au bout d'un énième assaut, l'esprit du géant fut brisé ce qui affaiblit Hao temporairement.
Lorsque j'aperçus, pendant un centième de seconde, la peur flotter dans ses yeux, ce fut comme ci le flot de souvenirs jusqu'alors retenu par un barrage invisible céda, me noyant sous l'inondation de moments passés. Et c'est en me rappelant de tous, de tous ses éléments manquant, que la vérité tant attendue m'apparut pour mon plus grand malheur.
Etouffant dans un flot chaotique de colère, de joie, de tristesse, d'amour mais surtout de peur, je me précipitai vers Hao en hurlant avec toute la force que mes poumons me permettaient.
« -NON ! ».
Mon cri se répercuta jusqu'en haut des falaises, dans les plus grandes profondeurs de l'église et davantage ailleurs. Il résonna dans les oreilles de mes amis, dans ceux de mes ennemis. Mais cela ne suffit pas à arrêter Sayia. L'épée de Nede traversa le corps de Hao jusqu'à la garde. Et alors que l'Epée de Nede stoppa son avancé, mon souffle se coupa et mon cri s'acheva en un hoquet sinistre…
Le temps sembla s'arrêter au même instant, une vive douleur s'élança en provenance de ma poitrine. Et bien que mon regard s'était perdu dans la scène qui s'était arrêtée, je savais éperdument au fond de moi-même ce qui venait de se produire et l'origine de cette souffrance inévitable.
Sayia retint sa propre respiration, tandis que d'une main tremblante elle ôta l'Epée de Nede enfoncée dans le corps de Hao. Aucune goutte de sang ne s'échappa de sa peau, pas plus que la chair qui était sensée être arrachée. Lorsque l'épée sortit à moitié du corps, elle emmena avec elle un miroir transpercé en son centre. Le miroir quitta le corps de Hao qui s'effondra au sol, à genoux, essoufflé. Il regarda l'objet en question, abasourdi. L'objet brilla d'une lueur maussade et prit la forme d'une femme aux cheveux roux et au regard émeraude.
Salamandre se mit à trembler, puis s'écria rageuse :
« -C'est impossible ! Fit-elle d'une voix s'égarant dans les aigus. Pourquoi la maîtresse est-elle le Miroir ? Pourquoi le Miroir est dans le corps de ce monstre ! »
Elle n'eut pas de réponse. La jeune femme se tourna vers Hao, glissant une main rassurante sur sa joue rougie par l'effort :
« -Je suis désolée, murmura-t-elle finalement. »
Puis elle se tourna vers moi, attirant l'attention de tous. Le visage de cette femme frappa mon esprit. Une puissante chaleur s'ajouta au torrent d'émotion qui hantait mon corps malmené par la douleur nouvelle et toujours virulente.
Un mot, un seul s'échappa de mes lèvres, presque en un murmure inaudible tant l'acte de parler me semblait difficile :
« -Maman… »
Je sentis mon corps s'effondrer dans les bras de Ren qui me récupéra en arrière. Peu après, une grande marque rougeâtre vint tâcher mon vêtement, s'agrandissant au fur et à mesure que les secondes s'écoulaient.
L'esprit de ma mère luisait d'une lueur verdâtre claire. Ses cheveux roux, auparavant courts, s'étaient allongés et prenaient des formes de branches d'arbres et de rameaux sur les pointes. Son corps autrefois de chair était fait d'écorce et ses larmes qui s'écoulaient de ses yeux émeraudes brillaient sous la lueur du soleil, comme l'ambre le ferait.
Ma mère était devenue un esprit du bois. Non en fait si ma mémoire était bonne, et jusqu'ici elle m'avait à de nombreuses reprises fait défaut, Maman avait dû fusionner avec l'esprit du Saule Blanc qu'on avait dans le jardin.
« -Sachiyo-sama, souffla Hao sidéré. C'est impossible…
-Je suis désolée, Tsuki, poursuivit l'esprit de ma mère. J'ai fais ce que j'ai pu. »
Nous n'eûmes pas le temps de réagir, de faire quoi que se soit. Car déjà le sang de ma plaie, ouverte au même endroit que celle qui aurait dû naitre dans le corps d'Hao, se rependit dans le cercle magique.
Je savais que Jeanne était restée vivante. C'est pourquoi je ne fus pas surprise de la revoir de nouveau, profitant de ce sang versé pour ouvrir la porte de Babylone.
Et tandis que la déesse nous rappela à elle d'un souffle puissant, j'eus une pensée pour l'être qui avait été la raison de tout, la raison de celle que j'étais actuellement.
Je songeai que, pour la première fois et probablement la dernière fois, je n'avais jamais autant aimé Asahao-sama…
