Coucou tout le monde ! Je vous avais promis de publier plus vite les deux derniers chapitres, mais je suis partie en vacances et je n'avais pas mes fichiers avec... Bref, je me rattrape et je vous envoie les deux derniers en une fois ! ^^
Merci à ceux qui m'ont laissé des reviews, notamment à Hoshino-Sora et son enthousiasme !
Gros bisous !

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Chapitre 13

Shaolan se rattrapa comme il put au chambranle de la porte, sous le choc. Il écarquilla les yeux. Non, tout cela devait être un cauchemar ! Sakura ne pouvait tout simplement pas être là, et encore moins pour parler à sa mère ! Non, non ! C'était impossible ! Il se pinça pour essayer de se réveiller mais il réussit juste à déclencher le fou-rire de Meiling quand il se rendit compte que… ben oui, se pincer ça fait mal ! Il regarda encore une fois celle qui l'aimait. Elle était superbe. Elle s'était mise sur son trente-et-un et semblait pleine de détermination.

- Saki… Comment es-tu arrivée jusqu'ici ? demanda-t-il en désespoir de cause avant d'avoir trouvé mieux à dire.

- J'ai sorti mal boule de cristale, elle m'a donné ton adresse. Puis j'ai pris mon tapis volant pour venir.

Question idiote, réponse idiote… Shaolan essaya de rassembler ses pensées pour tenter de partager une conversation un peu moins… étrange, et surtout pour dissuader Sakura de mener à bien son projet.

- Saki, tu ne vas pas faire ça ?! Tu n'es pas sérieuse ?!

- Est-ce que j'ai l'air de plaisanter ?

- Je ne peux pas te laisser faire ça !

- Et pourquoi ? Tu ne veux plus être avec moi ?

- Si Saki ! De tout mon cœur, je ne veux qu'une chose, être auprès de toi ! Mais je ne veux pas que tu affrontes ma mère ! Je ne veux pas te voir ressortir en miette après une discussion avec elle !

- Si c'est ta mère qui nous empêche d'être ensemble, alors j'irai lui parler pour faire en sorte de changer les choses. Il n'est pas question qu'on soit à nouveau séparés !

Une silhouette surgit derrière Shaolan. Pas très grande, mais avec un charisme indéniable, belle à en couper le souffle mais avec un regard glacial, Yelan Li avait suivit leur conversation. Shaolan se retourna face au brusque silence qui s'était fait. Mais avant même de voir le visage de sa mère, il savait déjà que c'était elle.

- Suivez-moi, mademoiselle !

Elle avait dit cela d'un ton impérieux qui ne laissait pas la place à la réplique. Shaolan regarda celle pour qui battait son cœur, il espérait qu'elle allait renoncer, mais la détermination qu'il lut dans ses yeux l'empêcha de faire une quelconque réflexion. Sakura suivit Yelan et elles disparurent derrière la porte du bureau de la maitresse des lieux.

Shaolan se retourna vers ses amis et se mit à s'énerver.

- Mais qu'est-ce que vous avez fait ? Vous êtes complètement malades ! C'est de la pure folie de l'avoir amenée ici ! Vous ne vous re…

Cette fois, ce n'est ni de Tomoyo, ni de Sakura (puisqu'elle n'était même plus là), mais de Meiling qu'il reçut une gifle. Il resta bouche bée, la main sur le joue et s'appuya contre le mur.

- Ca va ? Tu es calmé ? lui dit sa cousine. Déjà arrête de nous crier dessus, ça ne servira à rien. Ce qui est fait est fait.

- C'est vrai qu'à la base, c'est notre idée d'amener Saki ici, continua Tomoyo. Mais c'est pour vous qu'on fait ça. Et puis, notre Saki est forte et je suis sûre qu'elle saura dire ce qu'il faudra pour convaincre ta mère.

- Mais vous ne comprenez pas ! murmura Shaolan. Ma mère est impitoyable… J'ai peur qu'elle la détruise, qu'elle la blesse…

- Je crois que tu as une trop mauvaise opinion de ta mère, ajouta Eriol, et que tu n'as pas assez confiance en Saki. Laisse faire les choses.

Dans une pièce voisine, les deux femmes qui étaient le centre de la conversation dans le couloir étaient assises l'une en face de l'autre et elles se toisaient du regard. Sakura tremblait intérieurement. D'après les dires de ceux de ses amis qui la connaissait (c'est-à-dire tous sauf Tomoyo), Yelan était très impressionnante. Mais la jeune japonaise n'avait imaginé qu'elle le serait à ce point-là ! Mais il était hors de question qu'elle renonce ! Ce fut la mère de Shaolan qui brisa le silence.

- Puis-je connaitre le nom de l'inconnue qui vient me provoquer chez moi ? dit-elle sur un ton cassant.

- Je m'appelle Sakura Kinomoto, madame.

- Et puis-je savoir ce qui vous permet de venir blasphémer sur le seuil de ma porte ? A moins que vous n'ayez pas le courage de me dire les choses en face…

Quelle charmante entrée en matière… pensa Sakura. Elle inspira profondément avant de se lancer.

- Je suis la petite amie de votre fils et…

- Mon fils est sur le point de se fiancer, il n'a pas besoin d'une petite amie !

- Je ne doute pas que vous essayiez de l'obliger à se fiancer avec une personne de votre choix. Mais vous m'avez demandé d'expliquer la raison de ma présence alors j'aimerais que vous témoigniez au moins un minimum de respect et que vous me laissiez finir mon explication !

Le ton et la détermination que Sakura avait mis dans sa tirade avec en quelque sorte « cloué le bec » de la maitresse de maison qui ne put qu'accepter.

C'est déjà ça de gagné, espérons que ça dure !

- Je disais donc que j'étais la petite amie de votre fils. Nous nous sommes rencontré la première fois qu'il est allé au Japon. A l'époque nous sommes déjà sortis ensemble, mais il a disparu du jour au lendemain sans me donner la moindre nouvelle, parce que vous lui aviez demandé de revenir.

- C'est très certainement la meill… commença Yelan.

Mais elle ne finit pas sa phrase, le regard Sakura, plein de détermination et de fougue, la fit s'arrêter. Depuis quand n'avait-elle pas vu un tel regard ? Elle laissa la parole à Sakura qui lui lança un sourire magnifique en retour.

- Il y a peu de temps, il est revenu. Je ne voulais plus le voir après ce qu'il m'avait fait, mais plusieurs personnes m'ont persuadée de lui pardonner. Et quand enfin nous sommes heureux tous les deux, vous le rappelez à nouveau à vous. Il parait même que vous l'avez rappelé parce que vous avez entendu parler de notre relation, que vous désapprouvez. Alors je suis venue dans le but de vous faire changer d'avis et pour que vous laissiez Shaolan décider avec qui il veut être.

C'est ainsi que Sakura finit son petit discours. Assise bien droite sur sa chaise, il fixait toujours Yelan droit dans les yeux. Celle-ci était troublée par une telle fougue et une telle passion. Mais elle laissa ses impressions de côté et continua comme elle avait commencé.

- Que de beaux discours mademoiselle. Mais vous n'êtes rien ! Vous n'êtes rien pour lui, rien pour moi, rien tout court. Juste une petite profiteuse qui a vu en mon fils une opportunité de grimper dans la hiérarchie sociale et d'avoir de l'argent. Et vous pensez que je vais me laisser intimider par une personne de votre espèce ? Ce serait de la pure stupidité ! Je connais les gens comme vous, le genre de prostituée qui sont même capable de se laisser mettre enceinte pour gagner le gros lot ! Je ne vous laisserai pas faire !

Et Yelan se tut. Elle avait craché son venin, elle allait gagner, personne ne résistait. En face d'elle, Sakura accusait le coup. C'est que ce faire traiter de prostituée ne faisait pas partie de ses attentes de la journée. Mais elle reprit le dessus et affronta à nouveau la mère de l'élu de son cœur.

- Vous pouvez dire tout ce que vous voulez, rien ne m'atteindra vraiment puisque rien de ce que vous venez de dire n'est vrai. Et je suis d'ailleurs certaine que vous le savez. Je ne suis pas une prostituée et encore moins une manipulatrice. Shaolan pourra d'ailleurs vous raconter lui-même la fois où j'ai cru être tombée enceinte, comment il a appris la chose par hasard et comment il s'est énervé sur moi parce que je ne comptais pas le mettre au courant. J'aime votre fils, de tout mon cœur, de toute mon âme ! Et je suis prête à tout pour rester avec lui pour toujours ! Ou du moins aussi longtemps que lui voudra de moi.

Elle fixait toujours Yelan de ce même regard plein de défit, de ce regard qui déplacerait des montagnes. Depuis quand n'ais-je pas vu un tel regard ? se demanda à nouveau Yelan.

- J'aime votre fils de tout mon cœur. Et je suis certaine que même si vous ne lui montrez pas, vous aussi vous l'aimez de tout votre cœur.

Depuis quand n'ais-je plus eu un tel regard ? Et Yelan sut que Sakura avait gagné.

- Vous devriez le lui montrer, il n'attend que ça…

Et Yelan fondit en larme, pour la première fois depuis des années. Sakura se leva directement et la prit dans ses bras. Yelan sentit la chaleur de la jeune fille, tout l'amour qu'elle était capable de donner, même à la femme blessée et blessante qu'elle était. Et elle sut pourquoi son fils l'aimait.

- Je le savais depuis longtemps, dit-elle après un long moment. Quand je l'appelais au Japon, il y avait dans sa voix une joie indescriptible, une joie que j'aie moi aussi ressentie, il y a longtemps. Quand j'ai enfin réussit à savoir, j'ai eu peur, peur que mon fils souffre comme j'avais souffert. Et quand il est revenu ici, il n'était plus pareil, il était triste, terne, malheureux… Et ici, quand j'ai appris que vous étiez à nouveau ensemble, j'ai à nouveau eu peur… Mais je crois que je lui ai fait encore plus de mal en le séparant de vous.

Elle leva les yeux vers Sakura qui lui tenait toujours les mains pour la réconforter. La jeune japonaise lut dans ses yeux toute la douleur et le cruel dilemme dans lequel cette femme meurtrie avait été plongée. Alors elle lui offrit son plus beau sourire.

- Comment pouvez-vous me sourire après le mal que je vous ai fait à tous les deux ?

- Comment ne pas sourire à quelqu'un à qui on vient de tout pardonner ?

- Pardonner ? Mais…

- Oui, je vous pardonne. Vous avez fait tout cela en pensant bien faire, parce que vous aviez trop souffert. Comment pourrais-je vous en vouloir d'aimer votre fils et de vouloir le protéger ?

A quelques pas du bureau, Shaolan faisait les cent pas au beau milieu du couloir, ce qui faisait rire ces quatre amis et le mettait encore plus à cran. Il entendait des voix qui se haussaient, mais sans pouvoir déterminer desquelles il s'agissait… Et il commença vraiment à paniquer quand il entendit des sanglots s'élever.

- J'aurais jamais dû la laisser y aller ! Mon dieu ! Il faut que…

- Shao calme-toi !

Takashi le prit d'autorité par les épaules et le força à s'asseoir. Mais Shaolan tremblait, il tremblait d'angoisse pour celle qu'il aimait. Certes, il aimait sa mère, mais il avait surtout peur de ce qu'elle était capable de dire et de faire quand elle était face aux gens. Il avait encore en tête les discussions froides qu'il avait eues avec elle, les punitions, les regards durs,… Rien de plus, mais c'était suffisant quand il était petit garçon pour qu'il n'ose plus rien faire contre les ordres de sa mère. Et en plus de cela, il ressentait un vide au fond de lui, un vide que ces regards froids avaient creusé en lui tout au long de ces années, un vide qui aurait dû être rempli par l'amour d'une mère.

Il entendit enfin la porte s'ouvrir et il se releva à la vitesse de l'éclair. Et il eut du mal à comprendre la vision à laquelle il avait droit. Sakura tenait le bras de sa mère, et elles souriaient toutes les deux.

- Je suis en train de rêver… murmura-t-il.

Jamais, jamais il n'avait vu sa mère sourire ! Ou peut-être une fois, et encore, sur une vieille photo… Alors là… c'était tout simplement un miracle. Il se pinça pour vérifier s'il ne rêvait pas, et réussit encore à se faire mal !

- Dis donc Shao, ça va devenir une habitude ? demanda Meiling avec un sourire.

- J'espère que non, répondit Sakura, c'est pas très sexy un homme avec des bleus, surtout quand on sait que c'est parce qu'il se pince lui-même…

- Je dois être en train de rêver ! C'est impossible ! dit-il enfin d'une voix intelligible.

- De quoi qui est impossible mon Shao ?

- Toi, ma mère, cette situation !

Sakura s'approcha de lui, passa ses bras autour de son cou et l'embrassa tendrement.

- Tu rêves toujours ?

Et les autres protagonistes éclatèrent de rire devant la tête de Shaolan.