Love Hates - Chapter 14
Point de Vue : Edward
Quelle garce ! Me planter là, comme un con, avec la main tendue ! Pour une prude, elle en avait du caractère … Je décidais de passer l'après-midi dehors et chassais quelques créatures naïves et frustrées, même si je n'en tirais qu'une faible consolation. Il fallait surtout que je me change les idées.
Isabella était obsédante … Elle arrivait à me faire sortir de mes gonds, aussi facilement qu'un con peut raconter des conneries. *T'en as des bonnes Eddy ! Et sinon, tu savais que l'eau, ça mouille ?* Je m'étais définitivement trompé la première fois que je l'avais vu, Isabella était tout sauf un défi facile. Et, intérieurement, caché sous des couches de mépris, je voulais apprendre à la connaître.
J'inventais rapidement un numéro quand la jolie rousse qui m'avait tenu compagnie aujourd'hui me proposa de dîner chez ses parents le lendemain soir, nous voyant déjà mariés avec deux enfants. Je pris congé d'elle et lui baisa chastement la main, ce qui eut pour conséquence de la faire rougir furieusement. L'effet était étrange et jurait avec la couleur de ses cheveux. Qu'importe, je ne la reverrai sans doute jamais.
Le lendemain, je passais la journée dans ma chambre, dont la température semblait avoir légèrement chutée. J'éternuais à plusieurs reprises mais ne pus me résoudre à appeler Isabella pour qu'elle réchauffe l'atmosphère. *Enfin, tout dépendait dans quel sens …* J'avais perdu cette satanée télécommande il y avait déjà plusieurs mois déjà et seul son bipeur pouvait encore régler cette fichue température. J'essayais de me détendre et passais plusieurs heures à jouer du piano, ma dose d'héroïne personnelle.
Je regrettai amèrement mon entêtement : le lendemain, j'étais on-ne-pouvait-plus enrhumé et je ne respirai plus que par la bouche. Je ne vis pas Isabella au petit déjeuner, à ma plus grande joie : je ne tenais pas vraiment à ce qu'elle me voit dans cet état. Durant le petit déjeuner, Alice me parut surexcitée et trépignait littéralement d'impatience. Son comportement sentait la journée shopping à plein nez. Un week-end tous les mois, Alice dépensait l'intégralité de son important salaire en vêtements et accessoires puis sa conscience se rappelait à elle et pour compenser ses onéreux achats, Alice passait ses autres week-ends à faire du bénévolat pour les personnes âgées, les orphelins ou encore les plus démunis. Mais cette bonne conscience ne durait jamais très longtemps. A chaque paye, Alice craquait et c'était le même scénario qui se répétait chaque mois. Le plus souvent, quand l'emploi du temps de mon père le permettait, Rosalie accompagnait Alice et je ne fus donc guère étonné de croiser Isabella dans l'entrée, s'apprêtant à entamer le marathon du shopping d'Alice. Je la plaignais déjà.
Lorsqu'elle ouvrit la porte, un coup de vent ébouriffa mes cheveux et me fit éternuer bruyamment. Isabella se retourna vers moi, remarquant ma présence. La main de ma mère vint palper mon front avec sollicitude mais je ne vis que le T-shirt immonde et visuellement insupportable que portait ma proie. Elle était mienne et pourtant, elle arborait le nom d'un autre. Elle me fixa intensément quelques instants puis elle s'échappa promptement, me laissant confus et énervé. Je l'observais descendre gracieusement les escaliers du perron, sa fine silhouette se découpant dans la lumière éclatante du Soleil californien.
J'avais parfaitement conscience que mon comportement au cours de cette excursion fut des plus désagréables avec ma famille. Alors j'avais essayé de ne pas penser à Isabella, mais ce ne fut pas une tâche aisée. Tout me la rappelait, que ce soit les sandwichs qu'elle avait préparé le matin même ou les tulipes sauvages dont elle était allergique (et oui, j'avais lu son dossier personnel). La revoir arborant cet abominable bout de tissus me rendait fou. Il fallait vraiment que je me détache d'elle, cette attirance était vraiment malsaine. Je ne comprenais plus mon cœur, tumultueux en sa présence, capricieux en son absence. Que m'arrivait-il bon sang ?!
Le soir venu, je pris le temps de me rafraichir avant le dîner. A table, la conversation allait bon train, mon père, de très bonne humeur, me parlait avec animation d'un éventuel stage à l'étranger qu'il me proposait, une opportunité unique pour ma carrière selon ses dires. Je remarquais les narines froncés d'Emmett et lorsqu'Isabella, que j'avais tenté d'éviter tout le diner, vint débarrasser mes couverts, Jasper se tourna vers moi et me demanda, les yeux brillants de malice :
« Dis Edward, t'as changé de parfum récemment ? »
Je fus surpris par sa question, j'essayais de renifler ma chemise mais aucune odeur ne me parvint. Isabella s'était figée à mes côtés. Je la détaillais allègrement, comme si mes yeux étaient assoiffés de la voir, en manque. Ses fines mains serrèrent nerveusement le plateau qu'elle portait, son cou gracile, dont les tendons roulaient sous la peau fine, tremblait sous sa respiration devenue accélérée et incontrôlée, sa lèvre qu'elle mordillait inconsciemment s'engorgeait lentement de sang. Subjugué et hypnotique, je poursuivis ma contemplation et mon regard croisa le sien. Et soudain, je fis la lumière entre les rires d'Emmett, le sourire moqueur de Jasper et l'attitude horrifiée d'Isabella.
« Isabella ? avais-je grondé »
Sa réponse fut un couinement et je sus que je tenais la coupable. D'ailleurs cette dernière mentait aussi bien que Pinocchio et lorsque son regard m'affronta, je bouillai intérieurement. Sans plus de cérémonies, je l'avais emmené dans ma chambre malgré ses faibles protestations.
Son stratagème était finement ficelé, complètement bon-enfant certes, mais très bien organisé. Mais ce n'était pas exactement le genre de coup auquel je m'étais attendu lorsque j'avais parlé de guerre. Je n'avais pas l'intention de me lancer dans un tel combat, beaucoup trop simpliste : si je l'avais voulu, je n'aurais eu qu'à cueillir quelques unes de ces tulipes sauvages et les lui offrir.
Non, ma méthode était définitivement tout sauf enfantine. Le Edward Power reposait sur trois piliers fondamentaux : la sensualité, la passion et le désir, il était irrésistible, l'arme fatale.
*Dis Cullen, t'as conscience de passer pour une tapette quand tu dis ça ?*
Je commençais par m'asperger de parfum tout en m'approchant d'elle en grondant, son sourire moqueur se figea immédiatement.
*Pas mal Eddy, ça a l'air de faire son petit effet !*
Je me collais à elle et je sentis son petit corps se détendre à mon contact. L'odeur devait être vraiment abominable car son visage pâlit. Je résistai à l'envie de la plaquer contre la porte et la prendre sans ménagement sur le champ, mon cerveau ne tarda pas à imaginer la scène et je grognais après ma libido démoniaque. J'étais bon pour l'asile, elle m'avait rendu complètement barge.
« Si vous aimez tant cette odeur Isabella, je pourrais la porter tous les jours si vous me le demandiez, lui murmurais-je à l'oreille.
_ Elle ne change pas vraiment de votre parfum habituel.
_ Vraiment Isabella ? Tu ne trouves pas que je sens bon ? susurra-je en me frottant contre elle. »
Elle geint et je sentis son cœur s'emballer, elle se mit à respirer par la bouche pour éviter de sentir l'odeur écœurante que je devais dégager. Ses lèvres pulpeuses me narguaient, frémissant à chacun de ses souffles.
« Tu ne devrais pas respirer par la bouche Isabella, c'est vraiment trop tentant… (Elle referma aussitôt la bouche et je ris, hilare) C'était vraiment bien joué Isabella, tu places la barre très haut dès le début. »
*Malheureusement pour toi, Edward Cullen n'est pas du genre à se laisser faire !*
Je vis ses yeux s'écarquiller, ses dents mordre doucement sa lèvre inférieure. Elle sembla soudain reprendre conscience de sa situation car ses petits poings se firent violents et martelèrent mon torse de coups pour se dégager de mon emprise. Je ris franchement, son attaque inoffensive me chatouillant plus qu'autre chose. Elle me foudroya du regard. Amusé, j'attrapais aisément ses poignets et les maintint au dessus de sa tête et plongeai mon visage dans son cou. Je léchai et mordillai sa peau douce, elle gémissait sous mes assauts tout en me suppliant d'arrêter. Finalement, au prix d'un immense effort, je m'arrachais à elle et observais, satisfait, le beau suçon qui marquait désormais la peau blanche. C'était la marque de mon territoire, elle m'appartenait. Jacob pouvait toujours aller se faire foutre.
Je la lâchai et réinstaurait une certaine distance entre nous, reprenant mes esprits. Décidément, il fallait vraiment que je calme mes élans de libido incontrôlée.
Nous nous regardâmes un moment, enfin, je la regardais un moment et elle me tuait des yeux pendant ce temps. Quand elle sembla retrouver l'usage de la parole, la réplique fut cinglante.
« Espèce de petit merdeux arrogant et dégoûtant, imbécile sénile et pervers, j'aurais préféré me faire tripoter par une blatte, ou même un asticot, plutôt que par un goujat malodorant et enrhumé tel que vous ! Maintenant, sauf si l'envie vous prend de baver à nouveau sur mon cou, je vais prendre une bonne douche et aseptiser chaque parcelle de mon corps entrée en contact avec un pareille déchet, cracha-t-elle les joues rouges.
_ Pourquoi ne pas la prendre ensemble ? Il se trouve que j'ai moi-même besoin de me laver, je pourrai vous frotter le dos av ... »
Elle avait claqué la porte avant la fin de ma phrase. Hilare, je me dirigeai finalement vers ma salle-de-bain et pris une douche intensive, me frottant la peau à en faire rougir une écrevisse. Lorsqu'enfin je fus certain d'être libéré de toute odeur nauséabonde, je quittai la baignoire et enfilais un peignoir par-dessus mon caleçon. Je sortis de ma chambre, que j'avais laissé aérer, lorsqu'Isabella quittait également la sienne. Je remarquais avec une pointe de déception le foulard qu'elle avait enroulé autour de son cou. Cette dernière me lança un regard mauvais et je lui adressais un sourire carnassier. C'est le moment qu'Emmett choisis pour apparaitre au bout du couloir et siffla d'un air appréciateur.
« Alors Eddy, tu t'es bien amusé avec Isabella ? ricana-t-il en m'adressant un clin d'œil complice. (Bella rougit vivement avant de bégayer :)
_ C'est … C'est pas ce que tu crois Emmett ! dit-elle avant de s'engouffrer dans sa chambre et de nous claquer la porte au nez.
_ J'allais lire un livre à la bibliothèque et j'ai croisé Isabella en sortant, expliquai-je l'air de rien.
_ Ahh oui, un livre … Rien de tel pour se calmer après une bonne partie de jambe en l'air ! lança-t-il avant de partir dans un rire tonitruant. »
*Dieu tout puissant, empêchez moi de tuer cet homme !*
Je renonçai à lire et retournai à mon tour dans ma chambre, pensif. Les allusions perverses d'Emmett avaient réveillé mon cerveau détraqué et j'éprouvais le besoin de reprendre une douche froide. Isabella me rendait fou et je ne comprenais même pas pourquoi. A chaque fois que je me retrouvais en sa présence, mon cerveau passait en mode « obsédé sexuel passablement possessif et aliéné ». Impossible de me contrôler et à ce rythme là, j'aurais tôt fait de la faire fuir. Il fallait que je me reprenne. Certes la défaite m'était inacceptable, mais il devait y avoir des limites, surtout si je souhaitais la conquérir. Et Dieu seul savait à quel point je le voulais.
Les jours qui suivirent, je me tins tranquille. Je la saluais poliment dans les couloirs et l'aidais quelque fois dans ses tâches. Au début, elle me parut surprise par mon comportement tout à fait inhabituel et ne m'avait pas répondu, me méprisant gentiment. Puis au bout de deux jours, elle m'avait salué à son tour, méfiante. Mais ce qu'elle ne savait pas, c'était que dès que je la dépassais, je me retournais et mes yeux ne pouvaient s'empêcher d'admirer ses cheveux couleur auburn coiffés dans un chignon serré, sa fine nuque, le balancement naturel de ses reins.
Le Jeudi, je lui demandais de m'aider dans mon travail, Isabella étant également assistante-secrétaire lorsque le besoin se présentait. Elle s'attela à sa tâche avec beaucoup de sérieux, il s'agissait de lire un dossier et de m'en faire une synthèse pour une future présentation orale. Elle s'installa non loin de mon bureau et durant les trois heures qui suivirent, je l'observais sans relâche, fasciné par ses mimiques. Elle fronçait légèrement les sourcils lorsqu'un passage lui paraissait un peu brumeux, retroussait son petit nez quand elle réfléchissait à une tournure de phrase complexe, mais j'affectionnais tout particulièrement sa petite moue dépitée, ennuyée d'avance par les pages qu'il lui restait à traiter. Elle était vraiment adorable.
Elle sembla sentir mon regard sur elle et ses yeux croisèrent les miens. Je lui souris doucement, gêné d'avoir été surpris en pleine introspection et elle me rendit mon sourire timidement, après m'avoir lancé un coup d'œil quelque peu sceptique. Elle rougit avant de baisser la tête rapidement. Je soufflais, amusé par son innocence, ce qui accentua la rougeur de ses joues. Je me surpris à apprécier sa présence en dehors d'un contexte « de chasse » et bien que mon esprit soit révolté au moindre de ses soupirs fatigués, je parvins à rester civilisé. Bien sur, des progrès restaient à faire … Je n'avais absolument rien fait durant ces trois heures, il m'était impossible de me concentrer sur autre chose que les mouvements de sa poitrine qui se soulevait au rythme de sa respiration ou encore cette mèche folle qui n'arrêtait pas de s'échapper de son chignon.
*Pas terrible terrible pour un vice-président, si tu veux mon avis …*
*Non, je ne t'ai rien demandé, merci bien.*
Bonsoir tout le monde, ça fait un petit moment ! :) Désolée pour l'attente, la rentrée a été assez chargée. Du coup, je ne répondrai pas aux reviews aujourd'hui, mais je les lis toutes et j'en prends compte. Merci encore à tous ceux qui prennent le temps de me laisser leurs impressions, j'espère avoir le temps de répondre à vos reviews dans quelques semaines. Des bisous. :D
