Merci à tous pour vos merveilleux messages qui me donnent du baume au coeur.

Bonne lecture à tous.


Chapitre 14 : Rêves et réalité …

Elle s'approchait lentement de lui, un sourire flottant sur les lèvres. Elle était si magnifique dans cette robe verte, tout était si magique, l'air, le paysage, elle. Toujours elle, la femme qui avait pris son cœur à l'instant même où il l'avait vu, la femme qu'il aimait éperdument. Le soleil se couchait derrière elle, ne faisant qu'accroître sa beauté déjà si inégalable à ses yeux. Elle avait toujours ce sourire sur les lèvres lorsqu'elle leva la main pour la poser sur sa joue. Ils n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, un simple filet d'air les séparant. Sa main était froide, lui faisant le sentiment d'une caresse sur sa joue. Sans s'en rendre compte il la regardait dans les yeux depuis le début, aucun n'avait cillé, yeux marrons plongés dans les yeux émeraudes. Le temps n'avait plus d'emprise sur eux. Doucement, une de ses mains lui remit délicatement une mèche derrière son oreille pointue ; ses magnifiques cheveux sombres étaient d'une telle douceur au toucher. Sa main glissa lentement alors qu'il approchait son visage du sien. Lentement, avec douceur, leurs lèvres se touchèrent. Elle avait toujours une main sur sa joue, il avait encore une main dans ses cheveux. Il commença à l'embrasser et elle, elle lui répondait, glissant sa main de sa joue vers sa nuque alors que son autre main la rejoignit. Et lui la main dans ses cheveux, l'embrassait encore et encore …

Eragon se réveilla en sursaut. C'était son troisième rêve d'Arya, et sûrement le plus réel des trois. Il pouvait encore sentir la caresse de sa main sur sa joue, et ses lèvres sur les siennes. Le dragonnier secoua la tête vivement et s'assit au bord de son lit. Ces fameux rêves avaient commencés après qu'il ait dormi avec Arya, et plus le temps passait plus les rêves devenaient explicites. Il n'en pouvait plus. Il se leva et sortit de sa tente en ceinturant Brisingr. Il faisait encore nuit dehors, la lune était haute et les étoiles brillaient pleinement. Autour de lui, aucun bruit ne se faisait entendre : ce devait être ces heures avant l'aube où tout est paisible. Il sentit Saphira se réveiller sûrement dû au fait que lui-même le soit. Il lui envoya une vague de calme pour qu'elle se rendorme. Mais ce n'eut pas l'effet escompté et il l'entendit murmurer d'une voix ensommeillée :

« - Qu'est-ce qui se passe, Petit Homme? »

« - Je n'arrive pas à me rendormir, ne t'inquiète pas je vais juste faire un tour. Tu peux te rendormir, les jours sont déjà assez longs comme cela. »

« - Toi aussi tu devrais aller dormir, mon petit. »

Il pouvait sentir l'inquiétude dans la voix de la dragonne qui était de moins en moins ensommeillée.

« - Je vais bien. »

Il avait parlé en ancien langage, et ce n'était pas un mensonge détourné. Il allait bien, son rêve avait été paisible même si il le laissait avec cette petite boule au fond de l'estomac. Saphira dût le croire car elle se rendormit peu à peu après lui avoir dit d'être prudent pendant son tour. Il commença alors à marcher suivit par un elfe de sa garde. Avec un léger sourire, il lui dit de rester là, qu'il ne sortirai sûrement pas du camp, il avait juste besoin de prendre un peu l'air, seul. L'elfe allait protester mais Eragon ne voulut l'entendre, lui disant que c'était un ordre il se retourna et continua à marcher ; l'elfe ne bougea pas.

Certes il avait menti à l'elfe, il allait sortir du camp mais il avait juste besoin de temps pour penser. Demain, il se fera sûrement enguirlander par Saphira, Lupusänghren, Nasuada et même Arya, mais à ce moment là il n'en avait que faire. Des pensées l'assaillirent de toutes parts, des images de son rêve se mélangeaient avec la réalité, des flashs des réunions faites, de l'enterrement, d'Oromis et Glaedr, et surtout cette tristesse profonde qui se mélangeait avec la légère empreinte sur ses lèvres qu'avait provoqué le rêve. Bientôt, il fut arrivé à l'entrée du camp, hochant la tête aux deux gardes qui étaient là, il continua son chemin vers la forêt. Il ne lui fallu que deux minutes en courant pour y arriver. Il trouva une clairière et s'assit en tailleur en son centre. Ouvrant son esprit au monde qui l'entourait, il essaya de méditer mais bientôt le souvenir de la fin de l'après-midi s'imposa dans son esprit.

Il revoyait ce garçon, Orphan, jaillissant dans sa tente pour lui demander une histoire, suivi par deux elfes de sa garde toutes armes dehors. Vint ensuite cette soirée, assis en coin du feu entouré des enfants où il avait raconté l'histoire de ce père qui enfermait sa fille dans une magnifique chambre avec tout ce qu'elle voulait jusqu'au jour où un simple garçon de ferme était venu la délivrer et lui avait fait découvrir le monde. Il repensait encore à l'arrivée d'Arya avec dans les bras cette petite fille qui se cachait derrière un petit muret et qui refusait de se joindre aux autres. Elle était venue s'asseoir en tailleur à côté de lui, la petite sur ses jambes. A la fin de l'histoire, les plus petits venaient lui donner un câlin avant de sauter dans les bras de leurs parents alors qu'Orphan s'était de nouveau endormi sur sa jambe comme la petite dans les bras d'Arya. Il s'était ensuite levé suivant Arya qui remettait la petite endormie à ses parents. Puis il donna Orphan à la mère d'Epoptis comme le soir précédent, cette fois sans parole mais avec un sourire entendu. Arya et lui s'étaient ensuite dirigés vers leur tente, marchant côte à côte. Sans vraiment se consulter ils s'étaient retrouvés dans la même position que le jour précédent, elle sur son tabouret et lui allongé sur son lit. Mais alors qu'Eragon avait la tête tournée vers elle, Arya était dos à lui, observant le fairth de sa mère qu'il avait mis sur son bureau. Après un long silence où le dragonnier commençait à s'endormir, Arya avait pris la parole dans un murmure:

- Les sentiments de ton père sont assez exprimés sans pour autant complètement faussé la réalité de ce fairth.

Eragon avait alors fermé les yeux se demandant pourquoi elle avait dit ça. Elle ne lui avait pas déjà assez reproché le fairth qu'il avait fait d'elle il y a bien longtemps dans le Du Weldenvarden.

- Il devait être habitué à en faire, lui avait-il répondu essayant de rester neutre dans sa voix.

- Je t'ai déjà pardonné pour cela depuis bien longtemps, avait-elle ajouté toujours dans un murmure.

Un silence avait suivi cela jusqu'à ce qu'Eragon lui ait demandé :

- Arya, qu'est-ce qui tourmente ton esprit?

Elle avait soupiré avant de lui répondre d'une voix sans émotion:

- Je ne crois pas aux prophéties, Eragon, et je ne pense pas que tu y accordes grand intérêt toi non plus. Je sais aussi que tu me fais confiance. Alors pourquoi ne pas me dévoiler cette dernière partie de la prophétie? De quoi as-tu peur, que je mette fin à notre amitié, que je parte pour ne plus revenir?

- C'était donc de ça que vous parliez ce matin avec Saphira, constata Eragon dans un soupir.

Arya se tourna vers lui avec un regard déterminé :

- Que dit la prophétie?

- Saphira ne te l'a pas dit?

- Bien sûr que non, elle ne te trahirait jamais. Mais nous savons que les seules choses dont tu ne démord jamais avec moi, c'est justement les sentiments que tu as pour moi.

- Arya…

- Eragon!

Le prénom du dragonnier n'avait pas été dit avec douceur par la princesse. Le dragonnier avait alors fermé les yeux et avait dit :

- A quoi ça te servirait de savoir ce qu'à annoncer Angela sur un de mes destins amoureux possibles?

- Eragon , avait-elle répondu d'une voix faible presque suppliante.

Il n'avait plus envie de se battre contre elle alors le dragonnier lui avait dévoilé toute la prophétie en entière. Un silence avait suivi sa révélation, Eragon s'était tourné ne regardant plus que le pan de la tente. Il avait alors entendu Arya se lever mais au lieu de se diriger vers la porte comme il le pensait, elle s'était assis sur son lit avant d'annoncer :

- Je comprends mieux pourquoi tu me le cachais.

Elle avait ensuite délicatement posé une main sur son épaule avant de susurrer « merci » et de partir. Et lui s'était endormi. Eragon n'avait pas compris sa réaction à ce moment là et ne la comprenait toujours pas alors que la scène se rejouait encore et encore dans son esprit. Une chouette hulula au loin, le faisant revenir à la réalité. Il rouvrit les yeux, le ciel était bien plus clair maintenant que quand ils les avaient fermé. Il projeta son esprit vers Saphira et constata qu'elle était en train de se réveiller.

« - Bonjour, mon Petit. »

Il ne sentait pas de colère dans son esprit quand elle remarqua qu'il était dans la forêt bien loin des Vardens et sans protecteurs, juste une certaine résignation.

« - Bonjour, Saphira. Je suis désolée mais j'avais besoin d'un peu d'air. »

« - Je sais, mon Petit, je sais. Je viens te rejoindre. »

Il acquiesça mentalement et l'attendit tranquillement assis dans cette clairière où il avait passé la moitié de la nuit. Après quelques minutes, Saphira se posa à côté de lui :

« - Tu vas avoir des problèmes mon Petit. »

Le dragonnier leva un sourcil interrogateur vers sa dragonne qui afficha un sourire de dragon puis elle dit :

« - Quand je suis parti, Arya discutait avec Lupusanghren et l'elfe qui t'a laissé partir seul. Et le ton n'était pas amical. »

Eragon gémit : la matinée n'allait pas être facile…

Et il sauta sur le dos de Saphira avant qu'elle s'envole dans son domaine, enchaînant les pirouettes et les acrobaties faisant oublier peu à peu les soucis de son dragonnier.

Mais soudain elle se stabilisa regardant au loin. Eragon pouvait sentir son inquiétude et elle l'étreignit aussi quand il remarqua le point rouge qui se dirigeait vers lui. Saphira fit demi tour à toute vitesse pour rejoindre les Vardens afin qu'ils enfilent une armure. Elle se posa à côté de sa tente et Eragon sauta à toute vitesse ignorant complètement une Arya très en colère. Il déboula dans sa tente et commençait à mettre son armure quand Arya encore plus en colère entra :

- Tu peux m'expliquer pourquoi tu as passé la moitié de la nuit hors du camp et seul en plus, demanda-t-elle d'un ton dur.

- Pas maintenant Arya, répondit-il en ceinturant Brisingr au dessus de son armure.

Il allait prendre l'armure de Saphira quand la princesse le prit par un bras et le retourna pour lui faire face.

- Tu vas arrêter de te conduire comme un gamin complètement égoïste qui fuit ses responsabilités, l'engueula ouvertement Arya.

Eragon commençait à s'énerver, c'était à cause d'elle qu'il avait passé la nuit dehors et là c'était elle qui l'empêchait de faire son devoir.

- J'avais besoin d'être seul, est-ce que tu peux comprendre ça Arya? Maintenant laisse moi y aller, dit-il d'une voix qu'il voulait calme.

Au ton de sa voix, Arya le regarda de la tête aux pieds remarquant enfin son armure.

- Que …

Eragon l'interrompit en plaçant deux doigts sur ses lèvres et la regarda dans les yeux alors que des images de son rêve lui revenait en mémoire.

- Murtagh, murmura-t-il.

Les yeux d'Arya ne reflétaient maintenant plus la colère mais une légère inquiétude presque imperceptible. A ce moment-là, rien ne comptait vraiment pour Eragon à part les yeux inquiets d'Arya. Et c'est ainsi que sans vraiment y réfléchir alors que des images de son rêve se jouaient encore et encore dans sa tête et qu'une imminente bataille avec son demi-frère se profilait à l'horizon sans qu'il en sache le dénouement, il déposa un léger baiser sur les lèvres de la princesse. Saphira n'avait même pas eu le temps de l'interrompre. Et il se retourna, prit le sac de l'armure de Saphira et sortit de la tente alors qu'Arya n'avait pas fait un seul mouvement. Le baiser n'avait duré qu'une demi-seconde mais le cœur du dragonnier battait à la charade.

« - Tu n'aurais pas du faire ça, remarqua Saphira alors qu'il se dirigeait vers elle. »

« - Je sais, répondit-il. »

Et il commença à mettre l'armure de Saphira avec l'aide des elfes quand Nasuada arriva en courant vers eux. Eragon mit la pièce qu'il avait dans la main et se retourna vers elle en disant :

- Je sais, Murtagh arrive. Nous y allons.

La chef des Vardens hocha la tête leur disant d'être prudent alors qu'il sauta sur Saphira. Puis elle s'envola vers le dernier né parmi les dragons.