Coucou tout le monde ! Avec un peu beaucoup de retard (mais je pense que vous avez survécu !), voici la suite de l'histoire et comme promis, un chapitre consacré entièrement à la partie " Iniel, Calen, Theren & co à Tyerinquar ". J'ai eu beaucoup de mal à l'écrire, car j'avais des tonnes d'idées mais je voulais quelque chose d'assez cohérent. Par contre, si ça semble un peu facile dans ce chapitre, rassurez-vous pour la suite (je n'en dis pas plus). J'espère en tout cas que ce chapitre vous plaira, n'oubliez pas de me dire ce qui va ou pas à la fin, ça peut toujours être utile pour la suite. Le passage en italique au début est pour vous rappeler ce qui s'est passé précédemment.
Sur ce, bonne lecture !
*Chapitre 13 - Le temps de l'évasion*
« Qu'est-ce que ça signifie ? », questionna l'humaine qui avait la peur peinte sur son visage.
« Elyra, je te présente le capitaine de la garde de Tebryn, Calen. », présenta Iniel.
Elyra regardait Iniel avec un air dubitatif. Elle ne devait sans doute pas savoir que Tebryn était une cité mais ce n'était pas difficile à comprendre. Cette dernière avait bien du mal à retenir son sourire. Calen était content de la retrouver et en si bon état. Il avait vu tellement de prisonniers blessés qu'il s'était fortement inquiété pour Iniel. C'était quelqu'un de si doux et si gentil malgré son manque de manières que personne n'aurait voulu qu'il ne lui arrive du mal.
« Où est Theren ? », demanda Iniel à voix basse.
« Il monte la garde dehors. Nous devons monter une stratégie pour vous faire sortir, ma Dame. Cette nuit. »
En effet, il savait que Moradin était sans doute reparti à présent, le délai étant écoulé. Mais il comptait sur la magie d'Iniel et la surprise pour s'en aller. Il avait effectivement entendu dire au poste de garde que les tentatives d'évasion n'étaient plus monnaie courante. En effet, toutes les sorcières et dissidents avaient été exécutés pour l'exemple. Lui qui cherchait d'éventuelles sorcières pour l'aider avait été désappointé mais heureusement, il restait Iniel. Depuis ces exécutions, plus personne n'avait tenté une nouvelle évasion, par conséquent les gardes ne faisaient plus tellement attention à ce qui se tramait et il comptait bien jouer sur les faiblesses de son ennemi.
« Je dirais que vous êtes idiots de vouloir fuir la nuit. Les Orques ont un avantage certain la nuit et tout le monde est en cellule à ces heures-là. », râla Elyra qui comprenait à peine ce qui se tramait.
« Quel serait le meilleur moment pour s'échapper ? », demanda Calen. « Maintenant ? »
« Je vois que vous n'êtes pas complètement stupide. », répondit Elyra avec un sourire. « Attention, la ronde va bientôt commencer. Retournons à nos ouvrages. »
Elle tira Iniel jusqu'à la salle où elles étaient en train de réparer les armures, laissant Calen reprendre son rôle de garde. Theren rentra dans la maison dès lors qu'il vit que celui chargé de la ronde approchait. Il se débarrassa du corps dans la cour en espérant que personne ne remarquerait rien et se dissimula dans la maison.
« Où se trouve trente-quatre trois ?! », ordonna le garde.
C'était un humain et Calen faillit hausser les sourcils. Il ne comprenait pas comme un humain pouvait participer à de telles abominations mais il se rappela que c'était des créatures aisément corruptibles. Il se félicitât d'être un elfe avec un tant soit peu d'honneur. Il ne dit rien et entra dans la pièce où se trouvait Iniel. Il prit une voix bourrue pour paraître plus crédible.
« Toi ! Lève-toi. », ordonna-t-il.
Le regard d'Iniel se posa sur Calen puis sur le garde. Un humain, encore. « Bon sang mais combien d'humains font partis de ce complexe ! », pensa-t-elle. Elle se redressa et marcha lentement jusqu'à eux. On lui avait dit de ne jamais regarder les gardes dans les yeux et d'attendre qu'ils parlent.
« Tu es transférée à la maison trois. », dit-il simplement avant de la prendre par le bras.
« Pourquoi ? », ne put s'empêcher de demander Iniel.
Un coup de fouet s'abattit sur elle sans qu'elle ne puisse le parer. Un cri s'échappa de sa gorge tandis qu'elle s'affalait sur le mur derrière elle. Calen était littéralement sous le choc et souffrait de son impuissance.
« Tais-toi esclave. Aller, debout ! Sinon je te garantis que tu n'auras plus de dos avant la fin de la journée ! », pressa-t-il en l'empoignant par le bras de nouveau.
Elle se retourna et jeta un regard paniqué à Calen, qui ne pouvait rien faire. Cependant il hocha la tête, pour lui dire qu'il la sortirait de là. Et il mima un mot avec ses lèvres comme une promesse.
« Naessë kan halun »
La pluie trouve le chemin. C'était une phrase très répandue à Tebryn qui apprenait aux jeunes enfants que la patience est le meilleur moyen d'obtenir la meilleure des choses. Et que quoi qu'il puisse arriver, l'espoir ne meure jamais. Iniel ne put rien répondre mais elle avait compris qu'il lui faudrait attendre et espérer toujours. Et elle vit combien Naessë, celle qu'elle pouvait considérer comme sa propre sœur, lui manquait terriblement. Elle ne s'en était pas rendue compte jusque là, trop occupée à s'occuper d'elle et de ceux qui vivaient ce qu'elle vivait. Mais tout d'un coup ce fut comme un coup de poignard dans le ventre. Elle se demanda pourquoi on la transférait là-bas et surtout ce qui s'y passait mais n'osa pas poser de question. La dernière fois qu'elle l'avait fait, elle avait pris trois coups de fouet pour attitude irrespectueuse.
« Quatre, deux ! », aboya le garde.
« Oui, maître ? », fit une toute petite voix alors qu'une silhouette arrivait en trombe à la porte.
Iniel fut frappée de voir qu'elle ressemblait étrangement à Elyra en plus âgée. Mais elle avait une démarche pleine de grâce et de beauté et s'appliquait à ses manières en faisant tourner ses doigts alors qu'elle saluait le garde. Il semblait qu'ici tous ceux qui ne sont pas esclaves se faisaient appeler « maître ». A en juger par la musique qui s'élevait à l'intérieur, Iniel comprit que c'était sans aucun doute une maison liée au divertissement. Après tout, quoi de mieux que de jolies jeunes filles pour divertir ceux qui se proclamaient des maîtres ?
« Assigne-la aux éven… éventails. », ordonna le garde d'une voix hésitante quant au mot éventail.
Puis il tourna les talons. Iniel savait que c'était un objet d'art très peu répandu. L'éventail vient de l'est des terres et presque personne n'en avait l'utilité. Sauf à Tyerinquar, les filles qui maniaient les éventails étaient pleines de grâce et de beauté à ce qu'on racontait. La jeune sorcière avait vu certaines gravures à Tebryn qui représentaient ces femmes dansant avec des éventails. Elle avait toujours trouvé que c'était un objet très bizarre et certains doutaient même de son existence. Et pourtant ils sont là. Seuls les Valar savaient où se trouvaient leurs propriétaires à présent.
« Je m'appelle Aryle. Viens, je vais te montre où c'est. Je suis en charge de cet atelier. », fit la jeune fille aux cheveux bruns et aux yeux pétillants de la couleur des noisettes.
« Pourquoi il m'a changé de maison ? », osa demander Iniel d'une voix douce.
« Je ne sais pas, souvent ils repèrent les jeunes filles de l'allée des maisons de travail réservées au femme et font ce qu'ils veulent. Ils ont dû déceler en vous des talents faits pour captiver la Main. », expliqua-t-elle tout en accompagnant Iniel jusqu'à l'atelier.
« La… Main ? », demanda Iniel.
« Oui, on appelle les émissaires du Noir ses mains, puisqu'il a toujours une emprise sur les territoires qu'il domine. Puis ils sont trop bêtes pour comprendre que nous parlons d'eux ! »
« Je vois… »
« Bienvenue à la salle des éventails. On va d'abord voir ce que tu peux faire avec. », fit-elle.
Et sur ces mots, elle lui mit dans les mains deux éventails, choses qu'elle n'avait jamais tenues de sa vie. Elle tenta de les ouvrir d'un coup sec mais l'un des deux finit par terre et l'autre ne se déploya que de moitié. Aryle éclata de rire et lui expliqua comment faire. Au bout de dix minutes, elle parvenait à les ouvrir à peu près correctement.
« Et bien nous avons du travail. », soupira Aryle en repoussant ses cheveux noirs en arrière. « Je vais te montrer des mouvements assez simples. »
Et la journée passa, Iniel voyait des éventails partout à présent tant elle avait louché dessus en les faisant tournoyer. Le bruit de ce dernier qui claquait contre le sol résonnait dans sa tête. Ce bruit ressemblait presque à un claquement de fouet. Pour couronner le tout, le fait de devoir masquer tous les attraits de sa magie la fatiguaient et l'affamaient encore plus. Elle arrivait à contrôler sa soif de sang mais elle ne pourrait pas tenir éternellement.
Finalement, on la ramena en cellule après des heures et des heures d'efforts continus. Mais au moins, elle n'avait pas eu de coup de fouet, ce qui n'aurait surement pas été le cas dans la maison où se trouvait Elyra. La sueur dégoulinait dans son dos et ses doigts brûlaient. Seule ombre au tableau, un destin peu glorieux l'attendait à la sortie, Iniel le savait. On ne devenait pas danseuse de charme pour son propre plaisir, mais pour le plaisir des autres. D'affreuses choses avaient été entendues sur la maison numéro trois. Miron et Sam étaient déjà présents, l'allée réservée aux « mâles » était plus proche. Son ventre gargouilla furieusement. Il n'y avait pas de repas le midi, il fallait attendre le soir, qui était arrivé !
« Ma chère dame Iniel, comment allez-vous aujourd'hui ? », fit le ton enjoué de Sam qui lui donna un morceau de lembas qu'elle avala presque d'une traite tant elle avait faim.
« On m'a changé de maison. », fit-elle entre deux bouchées.
« Ah oui ? Si tôt ? Rares sont les nouveaux et les nouvelles qui changent de maison. », commenta Miron.
« Oui, on m'a déplacé à la maison numéro trois et on m'a fait manier des éventails toute la journée, je les vois partout à présent. », fit Iniel avec un petit sourire.
« Numéro trois ? », s'exclama Sam en ouvrant des yeux ronds. « On a entendu des choses épouvantables sur cet endroit… »
« Oui, c'est qu'on m'a dit. », répondit sombrement Iniel. « Et vous, que faites-vous de vos journées ? »
« La plupart du temps… On creuse le sol, je ne sais pas ce qu'ils s'imaginent trouver mais c'est ce qu'ils veulent que nous fassions… », expliqua Sam avant de soupirer. « Si seulement il y avait des plantes à soigner, je me sentirais bien mieux. »
« Vous aimez les plantes ? », demanda Iniel.
« Oh oui ! J'aime beaucoup les plantes, elles sont magnifiques et embellissent le plus vide des endroits. », fit Sam avec enthousiasme. « J'étais le jardinier de maître Sacquet avant tout ceci ! Mon ami… »
Et il se mit à larmoyer avant de sangloter bruyamment. La pensée de Frodon qui naissait dans son esprit le terrifiait. La dernière chose qu'il avait vue était son ami, arborant un air presque sadique, qui enfilait l'anneau maudit. Et il disparut pour ne jamais reparaître. Miron lui tapota l'épaule et tenta de le réconforter même s'il savait que c'était vain. Iniel essayait de comprendre.
« Pourquoi pleurez-vous Sam ? J'ai… J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? », demanda Iniel d'une toute petite voix désolée.
« Maître Sacquet… Frodon… », parvint à dire Sam en reniflant bruyamment. « C'était mon meilleur ami, je l'ai perdu… perdu à cause de ce que cette chose lui a fait ! Cet anneau de malheur ! »
« Baissez d'un ton Sam, on va nous entendre ! », protesta Miron avant de reprendre à voix basse. « Il parle de l'Unique. »
« J'en ai vaguement entendu parler… Les affaires de l'Ouest ne sont pas très bien traitées à l'Est… », fit-elle pour expliquer son ignorance. « C'est ce qui donne son pouvoir à… au Noir ? »
« Précisément, mais cependant, l'anneau a une volonté propre. Il ne répond qu'à Sauron, certes… Mais qui sait, peut-être ne pourra-t-il pas le contrôler éternellement. », fit Miron avec un espoir dans sa voix.
Le silence s'installa. C'était un espoir fou mais peut-être pas si invraisemblable que cela. Iniel était quelqu'un de très optimiste et savait pertinemment que si elle ne savait rien sur Sauron, ce dernier ne savait probablement pas grand-chose des sorcières. Et elle s'évaderait pour le prouver.
« Oh ! A propos ! Je ne vous ai pas dit ? », s'exclama Iniel dans un murmure. « Le capitaine de la garde de ma cité est en train de concocter un plan pour nous évader. Et je compte bien vous emmener avec moi. »
« Nous évader, mais comment ? », demanda Sam qui avait séché ses larmes de crocodile. « Vos pouvoirs ? »
« Exactement ! Mais il faudra que nous nous rejoignions demain à la maison numéro trois. », expliqua Iniel.
« Cela risque d'être difficile, ces pleutres sont partout. Mais nous sommes assez petits pour leur échapper. », fit Miron en faisant un sourire, chose rare.
« A votre avis, quel est le meilleur moment de la journée pour s'échapper ? », demanda Iniel.
« Je dirais que ce serait au début de la journée juste après que le travail ait commencé. Ils sont bien trop occupés à mettre tout le monde au travail. », fit Sam en réfléchissant.
« Vous auriez… un morceau de parchemin ? », fit Iniel en pinçant les lèvres, supposant que non.
« Non… Mais j'ai une aiguille et du fil. », avoua Sam avec un sourire embarrassé.
Il sortit sa grande aiguille de fortune et sa pelote de laine de sa couchette et les présenta à Iniel qui éclata de rire, pas trop fort cependant. Un Hobbit qui faisait de la couture, voilà qui était étrange. En réalité Sam n'en faisait pas avant de connaître Miron. Ce dernier cousait énormément avant de perdre la vue et par la parole, il a appris à Sam comment coudre. C'était la seule distraction qu'ils pouvaient avoir dans ce trou même si Sam aurait préféré s'occuper de plantes.
« Vous faites de la couture ? », fit Iniel avant de reprendre sur sa lancée sans lui laisser le temps de répondre. « C'est vraiment formidable, pourriez-vous coudre un message sur un morceau de tissu ? »
« Bien… Bien sûr ! », bégaya-t-il, totalement pris au dépourvu.
« Cousez ceci, si vous le voulez bien. »
Iniel se mit à tracer des lettres dans la poussière du sol. C'était un texte très court, il fallait qu'il soit fait en le moins de temps possible. « Kita, Nisa, Fika », avait-elle écrit. Cela signifiait en langue sorcière « Matin, Après, Début ». Souvent c'était comme ça que l'on transmettait une heure de session extraordinaire à Tebryn. Sam s'attela à sa tache, demandant des précisions sur les symboles pour ne pas se tromper et cousit le texte en un temps record. Il fallait maintenant se rapprocher de la grille, ce qu'elle fit. Le garde était en train de faire des allers-retours entre les cellules sous sa surveillance. Elle attendit qu'il ait le dos tourné pour user de sa magie, qui était quelque peu faible. Elle mit quelques secondes mais put enfin mettre son plan à exécution.
« Trouve Calen et remet-lui ce message. Puis va trouver Elyra avant de te consumer. », chuchota-t-elle en langue sorcière.
Ses fines mains firent quelques petits gestes et un mince filet de vent souleva le morceau de tissu et se mit à raser le sol, cherchant le destinataire du message. Les deux Hobbits étaient une fois de plus impressionnés par les pouvoirs d'Iniel, bien qu'elle en fasse usage avec grande humilité. Si seulement ils savaient, la puissance que peut receler une sorcière accomplie. Elle n'était pas pressée d'atteindre le stade supérieur mais elle avait hâte. Il permettait de se soustraire de la soif de sang et procurait une puissance bien plus grande. Rares étaient celles qui y étaient parvenues, même Naessë n'y était pas encore. Elle songea à son amie, son caractère enflammé et cassant lui manquait. Elle songeait également à tous les enfants dont elle s'occupait à la cité. Naessë pouvait avoir beaucoup de défauts mais aussi de nombreuses qualités. Iniel ne s'était quasiment jamais disputée avec elle et toutes deux se connaissaient depuis bien longtemps, peu de temps après le grand chagrin. Elle aussi avait perdu sa mère pendant cette triste époque. Elle ne savait rien de son père, excepté que c'était un elfe. Pas très étonnant, vu qu'elles vivaient à proximité de Mirkwood.
« Nous devrions dormir à présent. », déclara Miron qui étouffa un bâillement.
« Je suis tout à fait d'accord. », fit Iniel en s'allongeant sur sa couchette de fortune.
Sam dormait déjà profondément, exténué par son travail et la pensée accablante de Frodon. Iniel ne lui en tint absolument pas rigueur et souhaita une bonne nuit à Miron. Elle s'allongea et espéra fort que son évasion réussirait demain. Elle rêvait à sa cité et à la mer qui baignait la rive, la pâle clarté de la lune s'y reflétant.
Et le lendemain, tout recommençait. La toilette avec les femmes, pas de place pour la pudeur, elle n'avait pas recroisé la petite fille qu'elle avait aidée la veille. En effet, les gardes veillaient à ce que personne ne puisse tisser des liens avec les autres. Trop facile de comploter sinon. Iniel avait dû renoncer à ses chapeaux avec grande tristesse, elle qui aimait tant avoir de grands chapeaux sur sa tête. Elle était ravie de ne pas avoir de miroir dans le coin car elle aurait certainement eut une crise cardiaque. Elle avait tressé ses longs cheveux noirs en deux tresses assez massives, elle ne pensait qu'au moment où elle allait enfin pouvoir s'évader. Miron et Sam lui avaient promis de la retrouver à la bonne heure, si on pouvait parler ainsi sans repère de temps, sans soleil. Elle ignorait si Calen et Elyra avaient eu le message mais elle priait que oui. Aryle l'attendait déjà et lui lança ses éventails, qu'elle attrapa au vol.
« Je vois que tu es en forme, aujourd'hui je vais t'apprendre à danser. », déclara Aryle en prenant ses propres éventails.
« A danser ? Tu veux dire avec ça ? », s'exclama Iniel en lui montrant les éventails. Cette dernière acquiesça. « J'espère qu'ils aiment les lancés d'éventails là-bas parce qu'ils risquent de s'en prendre plein dans la figure. Au moins ils pourront apprendre à danser eux aussi ! »
Aryle lui montra lentement les mouvements mais Iniel avait l'esprit ailleurs. Elle savait que Calen arriverait d'une seconde à l'autre, les gardes venaient tout juste de passer faire leur ronde dans la maison numéro trois. Ce fut d'ailleurs cette fois-ci qu'Iniel parvint à exécuter chacun des mouvements sans se tromper et sans lâcher ses éventails. Il fallait qu'elle soit irréprochable, ce n'était pas le moment d'avoir des ennuis. Aryle remarqua ses regards jetés en direction de la lourde porte, fermée. Elle attrapa Iniel par le bras, ce qui surprit cette dernière.
« Bon, qu'est-ce que tu as aujourd'hui ? Tu m'as l'air d'être à des lieues d'ici... Non, toi aussi tu veux t'échapper ? Vous êtes fous ! », s'écria-t-elle en plantant son regard acier dans les yeux d'Iniel qui ne comprenait pas.
« Co... Comment tu es au courant ? », bégaya Iniel qui tremblait à présent à l'idée que quelqu'un d'autre sache.
« Ma soeur me l'a dit, on partage la même cellule. Elyra, cela te dit-il quelque chose ? », demanda-t-elle d'un ton acerbe.
Evidemment que cela lui disait quelque chose ! Comment avait-elle pu ne pas comprendre ? Cette ressemblance étonnante, ce même regard qui semble juger jusqu'aux tréfonds de votre âme. Par ailleurs même leurs prénoms étaient troublant, en y réfléchissant bien, Aryle était l'envers d'Elyra et inversement. C'était assez courant de trouver un prénom à partir de l'aîné. Et surtout, ce qui les rapprochait plus que tout, c'était ce cynisme assez particulier qui lui rappelait un peu celui de Naessë en moins subtile.
« Alors... Vous êtes... soeurs ? J'aurais dû m'en douter... Oui, je la connais j'étais dans sa maison avant-hier... », bredouilla Iniel qui baissait légèrement les yeux.
« Tu dois savoir que c'est pure folie, vous allez mourir, c'est certain ! Je ne laisserais pas ma soeur faire une telle bêtise ! », s'exclama Aryle qui était visiblement exaspéré par leur comportement qu'elle jugeait inconscient.
« Et bien c'est trop tard grande soeur ! », répliqua une petite voix qui venait du fond du couloir. « Aller, Iniel, on s'en va ! »
C'était Elyra bien sûr, presque méconnaissable dans des habits d'homme, et Calen, toujours égal à lui-même avec ses cheveux bruns tressés partiellement. Ils avaient tous les deux eut le message et il était probable que Theren monte la garde dehors. Non pas qu'il était laissé en arrière mais les conversations le dérangeaient au plus haut point, c'était quelqu'un de solitaire qui n'avait qu'un seul devoir : l'honneur.
« Tu ne crois pas que tu as fait suffisamment de mal, Elyra ? Va, va donc te faire tuer, peut-être que cela te servira de leçon. Oh mais j'oubliais, tu seras morte ! »
« Et bien je préfère mourir en tentant de m'échapper plutôt que de me tuer au travail pendant que des tonnes d'innocents souffrent. Tu me dis sans cesse que je ne peux pas changer le monde, et bien moi je dis que tu devrais essayer de le changer ! On y va. », fit sèchement Elyra en sortant de la maison.
« Si tu croises nos parents là-haut, racontent-leurs comment tu les as tués. », répondit Aryle en se détournant d'eux.
Elyra serra les poings si fortement que ses jointures devinrent blanches. Iniel commençait à comprendre que le passé des deux soeurs était quelque peu compliqué. Iniel tendit toutefois une main vers Aryle, qui la dédaigna, persuadé qu'ils allaient mourir. Calen pressa les deux jeunes femmes et affubla Iniel d'un épais manteau d'homme dont elle rabattit la capuche sur sa tête. Ce n'était pas un grand chapeau mais c'était déjà ça. L'étiolement arrivait et l'air se faisait de plus en plus froid. Ils retrouvèrent Theren dehors qui les rabroua en leur faisant remarquer le temps qu'ils avaient mit à sortir. Sous leur déguisement, il fallait vraiment se concentrer sur elles deux pour savoir que c'était des Dames. Ils marchaient deux par deux, Iniel à côté de Calen et Elyra à côté de Theren. Ils cessaient presque de respirer à chaque fois qu'ils croisaient un garde mais ces derniers n'avaient cure des autres. Ils passèrent devant une ruelle qui séparait la première rangée des maisons des dames de la seconde. Ils virent qu'une grande silhouette les attendait dans l'ombre. Cette dernière s'avança vers eux de façon presque menaçante.
« Miron ? Sam ? C'est vous ? », chuchota Iniel qui avait peur de se tromper mais en voyant deux visages rieurs émerger d'un immense manteau, elle retint difficilement un rire.
Miron était juché sur les épaules de Sam et ce dernier arrivait à apercevoir Iniel qu'à travers deux lanières du manteau qu'il avait détachées pour se montrer à eux. En fait ils avaient compté sur l'équilibre de Miron et la force de Sam pour se dissimuler à travers un seul et unique habit. Seuls les gros pieds de Sam pouvaient le trahir mais soyons sérieux, quels Orques regarderaient les pieds des autres ?
« Ma chère Dame ! Nous avons eu un peu de mal à nous procurer cette chose mais nous voici ! Vivement que je puisse enfin savourer mon deuxième petit déjeuner ! », s'exclama Sam qui semblait lutter un peu sous le poids de Miron et qui semblait mourir de faim alors qu'ils venaient à peine de manger.
« Nous ferons les présentations plus tard, nous allons nous faire repérer ! », grommela Theren en reprenant la marche aux côtés d'Elyra.
Les Hobbits se turent, Sam replaça la lanière qui ferma le manteau, on ne voyait même plus le bout du nez de Miron, noyé sous son capuchon qui faisait au moins deux fois sa tête. A eux deux, ils atteignaient la taille d'Iniel qui était plutôt grande. Ils n'étaient plus très loin du poste des gardes qui les séparaient du monde du dessus. Il n'y avait que deux Orques fort heureusement, tout le reste était occupé à faire la ronde, on entendait déjà les fouets claquer au loin.
« C'est l'heure d'avoir recours à un peu... de magie. »
J'espère que ce chapitre vous aura plu ! Dites-moi vos impressions, si ça vous a plu, ce qui va ou pas, ce que vous en pensez, s'il y a des incohérences, je veux tout savoir ! Si certains personnages ne sont encore que très peu développés (Theren, Aryle, Elyra), ne vous en faites pas, ça vient. Mais je prends d'abord le temps pour que vous sachiez qui est qui, parce que des fois on a un peu de mal dans certaines fictions. Désolée pour les éventuelles fautes d'orthographe (je fais sur Word mais bon il ne corrige pas tout...). Ne vous en faites pas pour Naessë elle reviendra au prochain chapitre !
N'oubliez pas de reviewer mes canards !
