Chapitre 13 A la maison…partie 1
[Pensées
de Tohru Un homme apparaît…
Me surprends…
Un
homme au sourire étrange…
Qui me connaît et que je
ne connais pas…
Celui qui apparaît devant moi…
La
face immergée de l'iceberg…
Celui-là, je le
connais…
Mais je ne sais pas ce qu'il y a…
En dessous de
cet iceberg…
Déguisé en gai luron…
Tohru
se préparait pour la sortie annoncé de Shigure. Elle
restait pourtant perplexe à son sujet. Il disait la connaître,
mais elle avait plutôt l'impression de connaître son
apparence.
Pourquoi organiser une telle sortie ?
Shigure était
bien le seul à agir ainsi. Contrairement à tous ceux et
celles qui sont apparus devant elle auparavant, il était le
seul a feindre aussi bien le naturel, mais il ne semblait même
absolument pas gêné du tout en sa présence. Cela
l'avait surprise, et rassurée en même temps. Shigure
était apparu devant elle, et l'avait invitée ainsi,
presque comme s'il l'arrachait à ce qui l'entourait pour
l'accompagner.
Shigure ressemblait à un vieux papa gâteau
qui voulait ramener à la maison sa fille.
« Tu es
sûre que tu te sens assez bien pour sortir ? s'inquiétait
Hatori.
- Je vais bien, et je sens qu'aujourd'hui, tout ira
bien, avait-elle répondu avec douceur lors de sa consultation
.
- Ne te surmènes pas, d'accord ?
- D'accord, lui
sourit-elle. Quel genre de personne est monsieur Shigure ?
- …Je
dirai que c'est une drôle de personne, soupira Hatori après
un court silence
- Je…je dois m'en inquiéter
???s'affola presque comiquement Tohru
- C'est quelqu'un qui
pourrait, d'une manière qui lui ressemble, te rendre ton
sourire, dit Hatori après encore un court silence d'une voix
rassurante avant de rajouter, Mais ne lui dis pas ce que je viens de
te dire, la flatterie ne lui réussit pas.
- Ah bon ?sourit
Tohru en voyant presque l'air légèrement embarrassé
d'Hatori qui le rendait mignon, C'est votre ami d'enfance, ne
soyez pas ainsi gêné !
- Tiens, comment le sais-tu ?
Tu as retrouvé un bout de mémoire ?
- Lorsque ls
gens parlent de quelqu'un, on voit rapidement quel lien ils ont
avec eux, avant de réfléchir un peu et de reprendre,
vous devez avoir le même âge que lui, tout comme monsieur
Ayame, n'est-ce pas ? Mais Kureno semble plus jeune cependant…
-
Tu es incroyablement physionomiste ! s'étonna Hatori face au
petit raisonnement de Tohru.
- Disons que j'ai l'avantage de
beaucoup observer, à défaut de me souvenir. Mais c'est
étrange…dit Tohru un peu hésitante
- Qu'est-ce
qui est étrange ?
- Vous et messieurs Shigure et Ayame
semblez liés ensembles, bien plus que par votre âge où
votre lien de parenté. Mais monsieur Kureno…il ne semble
absolument pas être aussi lié que vous trois. Ce n'est
peut-être qu'une impression…désolée…n'en
prenez pas compte…
- Salut tout le monde ! Où est ma
princesse du jour ?
- Shigure, cesse tes bêtises, dit Hatori
d'un ton tranchant à Shigure qui venait d'apparaître
dans l'entrée.
- Mais Tohru-chan est pourtant ma
princesse aujourd'hui ! sourit-il avec plein d'étoiles
dans les yeux et la bonne humeur brillant dans sa voix. Ne
t'inquiètes pas pour elle, elle est en bonne compagnie !
-
J'en doute… »
Shiguré et Hatori continuèrent
ainsi un bon moment, et Tohru eut tout le loisir de voir comment elle
avait raison sur le lien qui liait ses deux-là.
Shigure
finit par l'emmener après une grande conversation sur peu de
choses comme il savait si bien mener, et Tohru n'ouvrit pas une
seule fois la bouche jusque là, d'abord pour ne pas gêner
Hatori et Shigure, puis ensuite parce qu'elle ne savait pas quoi
dire en face de ce grand inconnu familier et aussi joueur qu'un
toutou fêtard. D'ailleurs, Tohru rougissait toute seule,
gênée aussi de comparer ainsi Shigure à un chien,
bien que ce ne soit pas méchant mais pensant que ça le
vexerait peut-être.
Shiguré finit par le lui faire
remarquer dans la rue, sur le chemin.
« Tohru, tu ne dis
rien et tu es rouge, tu as de la fièvre ? Si tu n'étais
pas bien, on aurait pu retarder cette sortie, tu sais.
- Je…je
vais très bien, ne vous inquiétez pas ! s'excusait-elle
confuse.
- Alors, tu te hâtais ma compagnie ? »
Il
avait dit cette phrase en étant si charmant dans son attitude
que Tohru rougit encore plus. Elle était surtout curieuse,
mais elle commençait à se poser sérieusement des
questions sur la personne qu'était Shigure. Elle détourna
son regard, et quelque chose la frappa dans ce qu'elle voyait.
«
Monsieur Shigure, dit-elle la voix soudain tremblante, où
allons-nous ?
- Je te l'ai pourtant dit sur le chemin, nous
allons chez nous, des gens t'attendent là-bas, et d'autres
auront la surprise de te voir ! Et puis, qui plus est, voir un lieu
où tu as vécu ne peux que te faire du bien, non ?
-
Mais par là…c'est…une forêt…n'est-ce pas ?
-
Ma maison est un peu reculé pour plus de tranquillité,
c'est tout. Mais, Tohru, tu as peur des forêts ?
-
Akito-san m'a dit…heu…non…c'est rien…j'en suis
sûre….enfin pas vraiment mais c'est lui qui l'a dit…
-
Tu veux m'en parler ?
- Je crois…que ce n'est pas la
peine…une peur, c'est fait pour être affronté, non
?
- C'est bien de toi, ça !rit avec Shigure affectueux.
Tu as bien raison d'affronter ta peur, la récompense pour ça
t'en sera que plus grande et plus précieuse. Ah, voilà
le chemin à l'orée du petit bois. Est-ce que tu es
prête ? »
Bien qu'absolument pas prête du
tout, et tremblante comme une feuille, Tohru hocha pourtant la tête
en signe affirmation . Elle fit le premier pas, mais tremblait
tellement qu'elle se rattrapa de justesse à la manche de
kimono de Shigure, mais sans le faire tomber.
« Toujours
aussi maladroite, à ce que je vois ! se moqua-t-il gentiment,
Veux tu que je te tienne pas la main ? »
Avec reconnaissance
et un grand sourire de remerciement, bien qu'elle tremblait encore,
elle prit la main qu'il lui tendait, et le suivit en faisant
attention à chaque pas qu'elle faisait. Shigure lui parlait
de tout et de rien, lui montrait des oiseaux dans les arbres, où
alors des jolies fleurs qui poussaient sur bord du chemin, aux pieds
des arbres. Tohru finit par être totalement rassurée, et
en silence, au plus profond de son être, elle remerciait
Shigure d'être si gentil avec elle.
Lorsque enfin, le dessin de la maison apparut derrière les arbres, Tohru ne put s'empêcher d'être envahie d'une douce nostalgie, et soupirer de soulagement.
[Pensées
de Tohru Quel est ce sentiment que j'ai oublié ?
Je
me souviens presque…
Cette maison…
Ce sentiment…
Je…
Je
reviens à la maison…
C'est…
Ma maison ?
«
Okaerinasai ! Tohru-chan ! s'exclama une voix que Tohru reconnut
tout de suite par son dynamisme et sa joie vive.
- Momiji-kun ! Je
suis heureuse de te revoir ! répondit-elle avec joie en
apercevant la tête blonde qui courait à leur
rencontre.
- Dis, Tohru-chan, tu as retrouvée ta mémoire
?
- Il m'en manque encore beaucoup…,murmura-t-elle confuse.
-
Ce n'est pas grave, tout te reviendra en temps voulu ! Mais rentre,
quelqu'un qui t'adore et qui t'es cher t'attend ici depuis
longtemps maintenant !
- On…m'attend ? s'étonnait
Tohru stupéfaite.
- Viens, Tohru ! Viens, suis-moi !
»
Momiji attrapa la main que Shigure avait tenu durant tout
le trajet, et il emporta la jeune fille jusqu'au derrière de
la maison, près de la fenêtre coulissante ouverte du
salon.
Tohru resta cependant stupéfaite : elle trouva
Hatsuharu qui tenait dans ses bras petite fille de douze ans, assis
sur le plancher extérieur. Il ressemblait à un grand
frère veillant avec affection sur sa petite sœur. Les cheveux
de couleur fauve, et le regard noisette, elle était adorable,
et semblait douce et fragile.
Tohru eut un mal de tête à
ce moment-là, qui la fit tribucher et tomber à genoux
au sol.
Autour d'elle, Momiji, Hatsuharu et la petite fille
s'affolait, mais Shigure interdisait à quiconque de
s'approcher d'elle.
« Mais Tohru va mal ! s'écria
Momiji affolé
- Laisses Tohru tranquille ! Elle est obligée
de passer par là pour retrouver sa mémoire. Alors
qu'aucun de vous n'approche.
- Hatsuharu, essaies de le
convaincre ! se tourna inquiet Momiji
- Tu dois savoir qu'il a
raison, dit Haru en serrant cependant les dents.
- Nee-san… »
La
petite voix de Kisa se fit entendre, et, se dégageant
d'Hatsuharu, et désobéissant à Shigure, elle
rejoignit Tohru qui tremblait, à genoux dans la terre, se
tenant la tête de douleur, le visage baissé et les yeux
grands ouverts, mais ailleurs.
« Nee-san… »répéta
la petite fille au bord des larmes.
Mais Tohru ne réagissait
pas, et Momiji était tout aussi chamboulé que sa petite
cousine.
« Ce n'est pas la peine, dit Shigure, Haru, va
appeler une ambulance.
- Non ! Nee-san ! Nee-san! Tu m'entends?
Nee-san!!!
La tête de Tohru se leva lentement vers la petite
fille en face d'elle, ce qui attira tous les regards sur elle.
Tohru, les yeux écarquillés, semblaient recouvrer la
vue, ou la conscience. Face à la petite fille aux yeux humides
de larmes, elle semblait bloquée.
« Nee…-san
?murmura Kisa terrifiée
- Ki…sa…ton
nom…Ki…sa…Kisa…Kisa, Kisa, Kisa !!! »
Emergeant de
sa léthargie, elle cria le nom de la petite fille en la
serrant dans ses bras.
Soulagée, Kisa étreignit
Tohru en pleurant, autant que Tohru elle-même
pleurait.
[Pensées
de Tohru J'ai retrouvé Kisa !
Je
me souviens d'elle...
Je crois que je me souviens de
pratiquement tout d'elle…
Je suis heureuse…
Kisa…
J'ai
réussi à me souvenir de toi !
«
Tohru, tu saignes du nez, remarqua Shigure, entres, qu'on s'occupes
de toi. »
Tohru, n'ayant même pas remarqué
son saignement de nez, lâcha Kisa à regret et entra à
l'intérieur en suivant Shigure, mais elle-même suivie
par Haru, Momiji et Kisa.
Shigure la fit asseoir, et dit de son
air malin :
« Bon, premier surpris ! Yuuuuukiiii ! Descends
la boîte à pharmacie, s'il te plaît, on a une
blessée !
- Kisa s'est fait mal ? dit la vois sourde de
Yuki qui résonnait assez faiblement dans la maison.
- Fais
vite s'il te plaît !
- J'arrive…mais si c'est grave,
appelles donc Ha…T…To..Tohru ?! »
