Merci à Nafrayu, mirrorkinomoto et sarinette60 pour vos reviews ! Bonne lecture !
XIV
« Pour l'amour de Merlin, calme-toi Ginny et laisse-moi t'expliquer. » plaida la voix de Blaise, derrière la porte de la salle de bain.
Pour toute réponse, des cliquetis et des grincements se firent entendre derrière la porte.
« Ginny, je vais ouvrir la porte, maintenant. » prévint Blaise d'une voix prudente.
La porte de la salle de bain s'ouvrit lentement et Blaise apparut dans l'encadrudre, le regard hésitant. Ginny, assise sur le lit, l'observa en silence tandis qu'il jetait des regards peu assurés dans sa direction.
Elle constata avec satisfaction que des morsures et des griffures ornaient désormais son torse. Elle avait conjuré une horde de chauve-furies qui s'étaient ruées sur Blaise pour l'attaquer vicieusement. Il était parvenu à s'écarter de l'attaque féroce des créatures ailées en se réfugiant dans la salle de bain.
Ginny tenait toujours sa baguette fermement serrée dans sa main et les chauves furies volaient en cercle près du plafond de la pièce, attendant ses instructions. Ce maléfice avait toujours été l'une de ses spécialités et elle était ravie de voir qu'elle excellait toujours en la matière. Elle aurait toutefois préféré ne pas se retrouver dans ces circonstances.
Elle darda un regard froid sur Blaise dont la main n'avait pas lâché le poignet de la porte. Il semblait jauger s'il était prudent de se retrouver dans la même pièce que Ginny. Elle abaissa finalement sa baguette, murmurant une incantation, et les créatures disparurent. Une lueur de soulagement passa dans les yeux de Blaise.
« Elles ne m'ont pas manqué. » commenta-il en posant sa baguette sur son torse, appliquant un sortilège sur les griffures visibles sur son torse.
Heureusement pour lui, les morsures avaient été relativement superficielles.
« Je suis calme. » coupa Ginny, d'une voix glaciale. « Je te laisse t'expliquer. »
« Techniquement nous ne sommes plus ensemble, ce n'est simplement pas encore officiel. » commença-t-il à expliquer.
Ginny releva sa baguette, s'apprêtant à relancer l'incantation.
« Attends ! » s'écria Blaise, l'interrompant. « J'ai décidé de revenir au Royaume-Uni et nous avons décrété qu'il était mieux de faire une pause. Aucun de nous n'était emballé à l'idée d'une relation à distance. »
Ginny leva un sourcil, peu convaincue.
« Cela fait plus de trois mois, ce n'est simplement pas encore officialisé. » poursuivit Blaise. « Mais je te jure qu'il ne se passe plus rien entre nous. »
« Pourtant vous êtes encore en contact. » fit remarquer Ginny.
« Elle était supposée venir à Londres pour son travail la semaine prochaine. J'attendais simplement l'occasion pour que nous ayons une dernière conversation, face à face. » dit Blaise. « Elle vient de me prévenir qu'elle devait décaler son voyage. »
Ginny croisa les bras et plissa les yeux.
« Pourquoi ne pas me l'avoir dit ? Tu aurais pu être honnête, ça aurait évité cette…nuit. » dit-elle dans un souffle, grimaçant.
« Je te l'ai dit Ginny, elle et moi, c'est de l'histoire ancienne. Et sincèrement, je n'aurais pas pensé que ça t'aurait posé des problèmes. » ajouta-t-il en haussant les épaules.
« Quoi ? » répéta-t-elle, outrée. « Bien évidemment que je n'aurais rien fait si j'avais su que tu fréquentais quelqu'un d'autre ! »
« Je te rappelle que tu as couché avec moi alors que tu es en couple avec Malfoy. » fit remarquer Blaise.
Les yeux de Ginny s'écarquillèrent de surprise.
« Ce n'est pas la même chose ! » s'écria-t-elle, indignée.
« Pourquoi est-ce différent ? » demanda Blaise, en levant un sourcil interrogateur.
« Parce que…parce que… » commença à protester Ginny, les joues rouges d'embarras.
Elle laissa échapper une exclamation exaspérée, incapable de fournir une explication convenable. Expliquer la différence à Blaise signifiait lui avouer la vérité à propos de sa relation fictive avec Draco Malfoy et par conséquent, transgresser le contrat qu'elle avait signé.
Elle se laissa tomber sur le lit, sa tête rencontrant la couverture molletonnée et elle laissa échapper un soupir de frustration. Elle était d'une hypocrisie sans nom. Comment pouvait-elle faire un scandale à Blaise au sujet de sa situation alors qu'elle était ''supposée'' être en couple ?
Estimant qu'il était désormais sûr de s'approcher d'elle, Blaise vint s'installer à ses côtés sur le lit.
« Je ne suis pas en train de te juger. » assura-t-il. « Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que ce n'est pas la joie entre toi et Malfoy. »
Ginny couvrit son visage avec ses mains, retenant un grognement. Elle s'était ruée dans ses bras (et son lit) et il devrait probablement croire que sa relation avec Malfoy battait de l'aile.
« Malfoy a toujours été un idiot et je suis certain qu'il ne sait pas t'apprécier. » continua Blaise en posant sa main sur le ventre de Ginny.
Ses doigts parcourent son abdomen, y traçant des lignes invisibles. Ginny ne put s'empêcher de frissonner.
« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda-t-elle alors que la bouche de Blaise remplaçait ses doigts, laissant une myriade de baisers sur sa peau nue.
« Je t'apprécie. » répondit-il, sur le ton de l'évidence.
Lorsqu'elle fut de retour dans son propre appartement, Ginny se prépara une tasse de thé, l'esprit ailleurs. Elle avait le désagréablement sentiment d'être revenue dix années auparavant. La situation dans laquelle elle se trouvait était quasiment identique.
« Pourquoi je ne peux pas avoir une vie amoureuse normale ? » demanda-t-elle à voix haute, pestant intérieurement contre elle-même.
Les flammes de sa cheminée s'agitèrent dans l'âtre et elle agita sa baguette pour autoriser l'accès à son visiteur. Le visage fatigué de Dennis Creevey se matérialisa dans les flammes.
« Tu as l'air en forme. » fit-elle remarquer d'une voix sarcastique.
Dennis lui tira la langue.
« Je viens à peine d'émerger. » expliqua-t-il en gémissant. « J'ai une migraine terrible. »
« Pas étonnant. » répondit Ginny en se remémorant la soirée de la veille.
Elle visualisa un Dennis complètement ivre, imitant diverses créatures magiques sous les regards amusés de ses amis.
« Gareth m'a fait une scène à mon réveil. Apparemment, je devrais agir de manière un peu plus appropriée devant les gérants du club. » déclara Dennis. « Il a peur que ça réduise ses chances d'obtenir d'autres contrats avec eux. »
« Ouch. »
« On s'est réconcilié, il ne m'en veut jamais trop longtemps. Une petite gâterie, et je suis pardonné. » admit Dennis.
Ginny lui jeta un regard outré, ouvrant la bouche de stupeur face à cette révélation.
« Trop d'informations, Dennis. » protesta-t-elle.
« Oh détends-toi, Ginny. » dit Dennis en laissant échapper un rire.
Son visage devint plus sérieux et d'un air presque innocent, il demanda :
« J'ai entendu dire que tu t'étais bien amusée hier soir. Les autres m'ont rapporté que tu étais en compagnie d'un beau mâle et que le courant avait l'air de très bien passé. »
Le feu monta immédiatement aux joues de Ginny. Elle faillit également s'étrangler avec sa gorgée de thé.
« On ne faisait que discuter. » commença-t-elle à riposter, détournant le regard, pleine d'embarras.
« Qui était-ce ? »
« Une vieille connaissance. »
« Et cette vieille connaissance ne serait-il pas un étalon du nom de Blaise Zabini ? » demanda innocemment Dennis.
Le visage de Ginny était désormais de la même couleur que ses cheveux.
« Beth l'a reconnu. » expliqua-t-il. « Allez, raconte-moi tous les détails croustillants, je veux tout entendre. »
« Il n'y a rien à raconter. Nous avons simplement… »
Elle s'interrompit, incertaine de la suite.
« Rattrapé le temps perdu ? » suggéra Dennis, terminant la phrase de Ginny. « Ne t'inquiète pas, Kim. Ce qui se passe à l'Inferno reste à l'Inferno. »
Il lui adressa un nouveau clin d'œil avant de disparaitre des flammes. Ginny laissa échapper un gémissement et elle passa les dix minutes suivantes à se maudire pour ses décisions irréfléchies.
Techniquement, elle ne regrettait pas d'être retombée dans les bras de Blaise Zabini. Elle aurait juste préféré le faire en d'autres circonstances. La nuit dernière compliquait tellement de choses pour elle.
Revoir Blaise avait réveillé certains sentiments en elle et pour dire la vérité, elle ne souhaitait pas cesser de le voir. Elle était cependant supposée feindre son amour envers Draco Malfoy pendant encore onze mois et elle ne souhaitait pas imaginer sa réaction s'il apprenait son écart. Même s'ils n'étaient réellement pas ensemble, le public et leurs proches pensaient que leur relation était réelle. Malfoy était le roi des apparences et sa fierté en prendrait irrémédiablement un coup. Pire encore, tel qu'elle le connaissait, il utiliserait probablement ses ressources (et son avocat) pour rendre sa vie impossible.
« Non. » pensa-t-elle, d'une voix résolue.
Elle devait arrêter de voir Blaise, tout simplement. Une fois ce fichu contrat terminé, elle serait libre d'agir comme elle souhaitait et fréquenter qui elle désirait. Elle hocha la tête, comme pour se convaincre de sa décision. La prochaine fois qu'elle verrait Blaise, elle lui annoncerait sa décision.
Elle entendit un cliquetis contre sa fenêtre et tourna la tête, son regard tombant sur un volatile derrière la vitre. Elle ouvrit la fenêtre pour le laisser entrer. Avec surprise, elle constata que l'oiseau portait un nouveau bouquet de roses, similaire à celui qu'elle avait reçu quelques jours auparavant. Cette fois, cependant, une carte avait été laissée parmi les pétales.
Pour la plus belle des fleurs.
Un admirateur
Elle relut l'inscription à plusieurs reprises, décontenancée. Une nouvelle fois, l'expéditeur n'avait pas signé et elle n'avait aucun indice sur son identité. Elle jeta un regard au bouquet. Elle trouvait l'attention adorable bien que le message soit quelque peu cliché. Elle rangea toutefois les fleurs dans son vase préféré, retirant le bouquet précédent dont les fleurs avaient commencé à flétrir.
Deux jours plus tard, alors qu'elle se rendait au Palace Pailleté de Madame Patty avec Benny et Dennis, elle en profita pour interroger ce dernier.
« Des fleurs tu dis ? » demanda Dennis, semblant réfléchir. « Et il n'y avait pas de nom ? »
Elle secoua la tête.
« Non, et c'est la deuxième fois que je reçois ce type de bouquet. En une semaine. » admit-elle.
« Tu es certaine qu'elles ne viennent pas de Draco Malfoy ? » demanda Dennis. « Après tout, votre dernier échange était relativement explosif. Il voulait peut-être faire la paix. »
« Il l'aurait signé. »
« Peut-être Blaise Zabini, dans ce cas ? » suggéra Dennis en haussant les épaules.
« Shhhh. » s'exclama Ginny en lui faisant les gros yeux. « Moins fort. »
Elle jeta un regard bref en direction de Madame Patty et Benny installés sur l'une des tables de l'atelier, en grande discussion. Elle retint un soupir de soulagement en constatant qu'il n'avait pas entendu la question de Dennis.
« Désolé. » s'excusa-t-il. « Mais tu conviendras qu'il est difficile de s'y retrouver parmi tous tes soupirants. »
Il émit un petit rire devant le regard sombre que lui lança Ginny.
« Quoi qu'il en soit, c'est probablement quelqu'un que tu connais. » décréta Dennis.
« Qu'est-ce qui te fait dire ça ? » s'étonna Ginny.
« Je gère tout ton courrier public, tu te souviens ? Ils arrivent tous au bureau, en général. » indiqua-t-il. « Si ces bouquets arrivent à ton appartement, cela signifie que cet ''admirateur'' connait ton adresse. »
Elle acquiesça lentement, réfléchissant au raisonnement de Dennis.
« En parlant de courrier public, tu as commencé à recevoir du courrier de fans. » annonça Dennis d'une voix excitée.
« Du courrier de fans ? » répéta Ginny, sans comprendre. « Pourquoi des fans m'écriraient-ils pour l'amour de Merlin ? »
« Tu as reçu deux types de missives. Certaines personnes sont mordues de ton style vestimentaire. D'autres t'insultent de tous les noms car tu fréquentes un fils de Mangemort. » expliqua Dennis d'une voix tranquille.
« C'est totalement…stupide. » protesta Ginny, outrée.
Elle ne parvenait pas à croire que des inconnus puissent passer du temps à lui écrire pour leur faire part de leur opinion personnelle à son égard, positive ou négative.
« Bienvenue dans le monde des célébrités. » répondit Dennis.
Avant que Ginny ne puisse répliquer, Benny les interrompit :
« Je vous dérange ? Je vous rappelle que nous sommes ici pour travailler. » demanda-t-il, l'air courroucé.
Cela fut suffisant pour mettre un terme à la conversation et Ginny et Dennis rejoignirent Benny et Madame Patty. Mandatée par Katrina, cette dernière travaillait désormais sur une série de créations originales pour Ginny destinées à l'habiller durant des évènements de grand standing. La robe qu'elle avait porté durant le Bal de l'Ellébore avait fait parler d'elle et Madame Patty avait visiblement reçu plusieurs demandes de clientes intéressées.
« Je n'ai jamais eu la visite d'autant de clientes potentielles. » avait-elle annoncé à Ginny, l'air ravi. « Du jamais vu, j'ai dû en refuser. »
Pour remercier Ginny, Madame Patty l'avait invitée à l'un de ses défilés.
« C'est un évènement très attendu dans mon milieu. » dit-elle avec un sourire réjoui. « J'espère que vous pourrez y assister. »
En fin d'après-midi, alors qu'elle rentrait chez elle après une journée particulièrement fatigante, elle fut surprise de croiser Blaise Zabini devant la porte de son appartement. Elle retint un juron alors qu'elle s'avançait vers sa porte.
« Blaise. » salua-t-elle d'une voix faussement enjouée.
Elle avait volontairement évité ses tentatives pour la contacter ces derniers jours.
« Ginny. » héla-t-il d'une voix neutre.
« Je peux t'aider ? » demanda-t-elle alors qu'elle ouvrait la porte.
« Eh bien pour commencer, tu peux m'expliquer pourquoi tu étais aux abonnés absents ces derniers jours ? » dit-il, alors qu'il la suivait à l'intérieur de son appartement.
Elle posa ses affaires sur le sofa, puis se retourna vers lui, se mordant la lèvre nerveusement. Il paraissait réellement blessé et elle ne put s'empêcher d'éprouver de la culpabilité.
« Si est au sujet de mon ex-petite-amie… » commença-t-il.
Elle remarqua immédiatement la manière dont il mit l'accent sur le mot ''ex''. Elle soupira, secouant la tête.
« Ce n'est pas ça, d'accord ? » dit-elle avec frustration « Je… Je suis en couple. »
« Mais tu n'es pas heureuse, c'est évident. » répliqua-t-il.
« Ça n'a aucune importance. » assura Ginny en détournant le regard. « Écoute Blaise, je suis désolée, ce n'est pas toi… »
« Ce n'est pas moi, c'est toi ? Jamais je n'aurais cru qu'on sortirait cette excuse à quelqu'un comme moi. » dit-il, mi- surpris, mi- amusé.
Elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire.
« Ce n'est pas ce que je voulais dire. C'est compliqué et je crois qu'il vaut mieux qu'on arrête de se voir. » assura-t-elle. « Ça ne va nous causer que des problèmes. »
« Je prends le risque. » assura-t-il. « Ce ne serait pas la première fois. »
Elle gémit de frustration. Pourquoi rendait-il les choses aussi difficiles ? Pour une fois dans sa vie, elle avait envie de prendre une décision mature et réfléchie, au lieu de se laisser agir par ses émotions (ou plutôt ses hormones.)
« Ginny, je ne vois pas vraiment où est le problème. » commença-t-il en esquissant quelques pas dans sa direction.
Ginny esquissa un mouvement de recul, posant sa main devant elle, comme pour lui intimer de ne pas s'approcher davantage.
« C'est exactement ça le problème. » dit-elle en le pointant du doigt, ennuyée. « Je…Je ne peux pas te résister. Je n'ai pas les idées en place quand je suis avec toi et ça va me causer des problèmes. Arrête ! »
« Que j'arrête quoi ? » demanda Blaise en s'approchant d'elle, l'air innocent.
« De me regarder comme ça. » dit-elle d'un ton accusateur.
Elle tenta de reculer mais son dos se heurta à la table, l'empêchant de mettre davantage de distance entre eux.
« Comment est-ce que je te regarde Ginny ? » demanda Blaise, ses yeux la détaillant avec intensité.
Elle sentit une chaleur soudaine dans son ventre.
« Comme si j'étais un plat appétissant. » dit-elle à voix basse, le regard plongé dans le sien.
Il laissa échapper un rire franc qui illumina son visage séduisant et elle se sentit perdre toute sa force de conviction.
« C'est une façon de voir les choses. » dit-il, sans cesser de rire.
Il franchit les derniers mètres qui les séparaient, attrapant la main tendue de Ginny dans la sienne. Elle n'essaya même pas de le repousser alors qu'il glissait ses bras autour de sa taille. Ginny ferma les yeux alors qu'elle sentait ses lèvres se poser sur les siennes.
« Ce sera notre petit secret. » murmura-t-il contre ses lèvres. « Personne n'en saura rien. »
Sa langue sollicita l'entrée de sa bouche et il l'embrassa avec ferveur. Elle répondit à son baiser avec la même ardeur, toutes ses réserves s'envolant immédiatement, ne faisant place qu'à son désir inavoué. Elle sentit Blaise attraper ses hanches pour l'asseoir sur la table, et il commença à embrasser sensuellement sa nuque. Sa main parcourut lentement le chemiser qu'elle portait puis il commença à déboutonner les boutons, faisant tomber le vêtement au sol.
Il l'aida à retirer la longue paire de bottes en cuir qu'elle portait puis s'attaqua à son pantalon, entre deux baisers fiévreux.
Ginny sentit soudainement une vibration non loin d'elle et elle tourna la tête, sursautant légèrement. Sur la table, son miroir à double sens s'était mis à scintiller clairement. Elle tendit la main pour s'en emparer mais Blaise stoppa son geste.
« Pas maintenant. » dit-il. « Je suis sûr que ça peut attendre. »
Il reprit possession de ses lèvres et Ginny tenta d'ignorer le bruit du miroir. Toutefois, les vibrations ne cessèrent pas et elle rompit le baiser pour s'en emparer, ignorant les protestations de Blaise.
« C'est peut-être important. » dit-elle d'une voix désolée. « Je reviens. »
Elle se dirigea d'un pas rapide vers sa chambre, puis elle posa sa baguette sur le miroir. Le visage de Katrina Street-Porter, la publiciste de Malfoy, apparut dans le reflet du miroir.
« Ginevra. » dit-elle d'une voix contrariée. « J'ai cru que tu ne répondrais jamais. »
« J'étais sous la douche. » mentit Ginny, rougissante, s'asseyant sur son lit.
« Tes cheveux sont encore secs. » fit remarquer Katrina
« Je venais juste d'y entrer. » répondit Ginny d'un ton évasif. « Tu avais besoin de quelque chose ? »
« Le club de Quidditch des Tornades de Tutshill a accepté un partenariat avec Machinations Malforescentes. Le club sera sponsorisé par l'entreprise dès la saison prochaine. Une conférence de presse et un déjeuner sont organisés demain. » expliqua Katrina.
« Humm, d'accord ? » dit Ginny, ne saisissant pas où Katrina voulait en venir.
Elle n'avait que faire des tribulations de l'entreprise de Malfoy.
« En quoi ça me concerne, exactement ? » demanda-t-elle d'un ton qu'elle tenta de rendre neutre.
La porte sa chambre s'ouvrit et Blaise apparut dans l'encadrement, la regardant avec impatience. Elle grimaça et lui fit les gros yeux, lui intima d'un geste de la main de sortir. Il esquissa un sourire en coin et vint la rejoindre sur le lit, ignorant les protestations de Ginny.
« …une apparition. Qu'en pense-tu ? » demanda soudain Katrina, faisant sursauter Ginny.
« Je…je n'ai pas entendu, tu peux répéter ? » demanda Ginny, mal à l'aise, reportant son attention sur le miroir.
Elle sentit soudainement la main de Blaise passer lascivement sur ses jambes nues, puis caresser la culotte en dentelle noire qu'elle portait.
« Draco va faire une apparition devant la presse pour représenter l'entreprise. L'évènement fera l'objet d'une couverture médiatique importante. Je pense qu'il serait bénéfique que tu y sois vue avec lui. » continua Katrina, d'un ton patient.
Ginny savait que la magie du miroir à double sens empêchait à quiconque dans la même pièce qu'elle d'entendre sa conversation. Katrina, toutefois, pourrait entendre Blaise s'il énonçait la moindre parole. Comment Ginny allait-elle expliquer la présente d'un homme dans son appartement ?
Elle laissa échapper un hoquet alors qu'elle sentait Blaise retirer le sous-vêtement et qu'il écartait les cuisses de Ginny.
« Tout va bien, Ginny ? » demanda Katrina, en fronçant les sourcils.
« Tout va parfaitement bien… C'est une mauvaise idée. » dit-elle en tentant de croiser ses jambes.
« Je suis navrée de te prévenir aussi tard. Les négociations étaient confidentielles et je n'ai su la nouvelle que ce matin. Tout s'est fait très rapidement. » indiqua Katrina, pensant probablement que les protestations de Ginny lui étaient destinées.
Elle sentit la bouche de Blaise laisser une trainée de baisers humides sur l'intérieur de ses cuisses et elle commença soudainement à avoir très chaud.
« Toute l'équipe passera chez toi demain matin aux alentours de huit heures pour la préparation. Benny va probablement me faire une scène car il n'a pas eu assez de temps de penser à ta tenue mais je suis certaine que nous pourrons trouver une solution de dernière minute. » poursuivit Katrina.
Ginny n'écoutait plus les paroles de Katrina. Elle sentit la langue de Blaise la caresser à un endroit très sensible et elle crut perdre la tête.
« Oh Merlin… » gémit-elle.
« Ginny, tu es certaine de… » commença Katrina.
« Oui…oui, excellent. A demain ! » s'exclama Ginny avant de couper la communication.
Blaise releva la tête, un sourire suffisant sur les lèvres alors qu'il observait le visage rougi de la jeune femme.
« Je devrais peut-être m'arrêter. » suggéra-t-il. « Après tout, je ne veux pas te causer de problèmes. »
Il avait repris les mots qu'elle avait prononcés quelques minutes auparavant, alors qu'elle tentait sans succès de rester loin de lui.
« Ne t'avise pas de t'arrêter maintenant. » s'exclama Ginny en plissant les yeux.
Elle posa une main sur sa tête alors qu'il reprenait ses caresses délicieuses avec langue. Ginny se laissa tomber sur son oreiller et s'autorisa à exprimer son plaisir de manière particulièrement bruyante.
Le lendemain, lorsqu'elle ouvrit la porte pour accueillir Katrina et son équipe dans son appartement, elle laissa échapper un bâillement à en fendre l'âme.
« Quelqu'un a eu une nuit courte. » commenta Dennis.
Tu n'as pas idée, pensa Ginny.
Elle avait passé la nuit avec Blaise et il avait quitté son appartement une heure auparavant, pour se préparer pour sa journée de travail.
« Sincèrement, Ginevra, tu aurais pu te reposer avant un évènement comme celui-ci. A quoi vas-tu ressembler devant la presse ? Tes cernes font trois kilomètres de long. » commenta Benny, de son éternel ton critique.
« Qui a besoin de dormir lorsqu'on connait le secret de l'anticernes ? » demanda Grazyna en lançant un clin d'œil à Ginny.
Trop fatiguée pour s'impliquer dans leur habituel crêpage de chignons, elle s'installa sur une chaise tandis qu'ils s'affairaient autour d'elle. Katrina avait préparé du café pour tout le groupe et elle tendit une tasse bouillonnante à Ginny. Cette dernière lui adressa un regard reconnaissant tandis qu'elle avalait une gorgée.
« Quelques informations importantes. » commença Katrina, alors qu'elle feuilletait un fascicule rempli de notes. « Le club a été créé en 1520 et a remporté cinq fois de suite la Coupe de La Ligue. Le joueur le plus connu de club est sans doute Roderick Plumpton. Il était célèbre pour sa performance durant un match contre les Catapultes de Caerphilly durant lequel il a attrapé le vif d'or en trois secondes et demie. »
Étant une férue de Quidditch, Ginny connaissait bien les exploits de Plumpton. Elle ne l'indiqua toutefois pas à Katrina, trop épuisée pour faire la conversation.
« Depuis la saison dernière, Ricky Rudamforth est devenu un espoir de la Ligue pour ses performances durant les matchs où il était titulaire. Pour la première fois depuis deux décennies, les Tornades semblent en bonne voie pour remporter le championnat. » continua-t-elle. « Ginny, tu m'écoutes ? »
Ginny sursauta, manquant de renverser du café. Elle s'était légèrement assoupie.
« Oui, oui. » assura-t-elle.
« Le Président du Club a signé l'accord de parrainage avec Machinations Malforescentes pour une durée de trois ans. L'entreprise devient le sponsor principal du club et son logo apparaitra sur les maillots des joueurs et sur leurs produits dérivés. » informa Katrina d'une voix concentrée. « C'est le premier deal de cette ampleur pour Machinations Malforescentes depuis des années. C'est très important pour Draco. L'objectif est de se faire voir, développer des relations solides avec les joueurs et la Direction du club. »
Ginny hocha la tête, écoutant distraitement les paroles de Katrina.
« Tu sais à quelle point notre communauté est férue de Quidditch. C'est l'un des meilleurs moyens pour gagner des points auprès de l'opinion publique. » dit-elle avec enthousiasme.
Ginny grimaça alors que Dennis tirait soudainement sur ses cheveux.
« Tu t'endors. » fit-il remarquer à voix basse.
Après une deuxième tasse de café, Ginny se sentit plus éveillée et prête à affronter la journée.
« Le Président du Club, Edgar Oddpick, est connu pour ses nombreuses actions en faveur de l'intégration des Nés-Moldus dans le Quidditch de haut niveau. » indiqua Katrina.
« Et laisse-moi deviner, je suis supposée lui prouver à quel point Draco Malfoy a changé et lui jurer qu'il est devenu un défenseur fervent de la cause des Nés-Moldu ? » indiqua Ginny d'une voix remplie d'ironie.
« Weasley, ton discernement m'impressionne. » déclara une voix traînante derrière elle. « Je n'aurais pas dit mieux. »
Elle roula les yeux vers le plafond en reconnaissant le propriétaire de la voix. Draco Malfoy venait d'entrer dans son salon, arborant son éternel expression présomptueuse.
« Maintenant, essaie de le dire avec un peu plus de conviction. » dit-il, un rictus au coin des lèvres.
Elle tenta de lui lancer un regard noir mais Grazyna appliquait de l'eyeliner sur son œil droit et sa tentative ressembla davantage à du strabisme qu'à autre chose. Malfoy ricana.
« Quel plaisir d'entendre ta douce voix en cette matinée. » dit Ginny d'une voix faussement complaisante.
« Gardez vos disputes de couple dans cet appartement, si vous le voulez bien. » quémanda Katrina.
« Je pense que ce conseil devrait davantage être destiné à Weasley ici présente. Après tout, elle s'est enfuie du bal comme une enfant capricieuse. »
Il faisait probablement référence à sa sortie magistrale pendant le Bal de L'Ellébore, après une dispute particulièrement explosive entre eux.
« Crois-moi, Malfoy. C'était ça ou ta tête enfoncée entre les barres de l'escalier. » dit Ginny, venimeuse.
« Draco, veux-tu un café ? » intervint immédiatement Katrina, souhaitait probablement couper court à la dispute qui se profilait. « Il y en a dans la cuisine, tout frais. »
Malfoy acquiesça et disparut dans la cuisine. Après quelques instants, il revint dans la pièce, les mains vides. Ginny remarqua qu'il paraissait soudain très contrarié. Il garda même le silence tandis que Grazyna et Dennis terminaient le maquillage et la coiffure de Ginny.
Il lui adressa à peine la parole alors qu'ils entraient dans la salle de banquet où se tenait la conférence de presse. Apparemment, le club dédiait une large pièce dédiée aux évènements spéciaux, localisée dans un bâtiment annexe au stade. De larges baies vitrées offraient une vue fabuleuse sur le Stade des Tornades de Tutshill.
La conférence de presse avait réuni plus d'une centaine de personnes : la direction du club, le staff, la presse, des représentants de Machinations Malforescentes et d'autres personnes que Ginny ne sut pas identifier. Heureusement pour Ginny, Malfoy fut rapidement sollicité et il s'éloigna pour discuter avec un groupe de sorciers à l'allure importante.
Les joueurs firent soudain leur apparition sous une levée d'applaudissements de toute la pièce. Les photographes s'empressèrent de prendre des clichés.
« Si ce n'est pas Ginny Weasley, notre starlette du moment. » lança une voix derrière Ginny.
Pansy Parkinson apparut à ses côtés, arborant un petit sourire. Elle portait un tailleur coupe droite particulièrement chic et un badge du personnel pendait à sa nuque.
« Toujours dans les meilleurs évènements, à ce que je vois. » commenta-t-elle.
« J'imagine que je peux dire la même pour toi, Parkinson. » répliqua Ginny.
« Je t'en prie appelle-moi Pansy. Après tout, nous sommes de vieilles camarades d'école. » dit-elle en posant une main sur le bras de Ginny, comme si elle s'adressait à une amie de longue date. « Et figure-toi que je suis là pour les affaires, d'où ma boisson ennuyeuse. »
Elle lui montra son verre, rempli de jus de citrouille.
« Merlin, je suis impatiente qu'on termine cette conférence de presse pour que je puisse enfin y ajouter du champagne. » avoua-t-elle avec une honnêteté qui surprit Ginny.
« Tu es là pour les affaires ? » répéta Ginny, confuse.
« Je suis la Responsable de Marque du club. Je gère et développe les produits dérivés de l'équipe. » expliqua Pansy, d'une voix distraite. « Où est Draco ? »
Ginny détourna le regard, cherchant Malfoy parmi la foule dense. Elle le trouva auprès d'un des joueurs de l'équipe, discutant activement avec lui. Elle se tourna vers Pansy.
« Il sait que tu travailles pour le club ? »
« Si Draco sait ? » répéta Pansy avec un rire. « A ton avis, comment Machinations Malforescentes a pu conclure cet accord ? J'ai fait pencher la balance en le recommandant auprès de notre conseil d'administration. »
Ginny lui lança un regard médusé. Lors du Bal de l'Ellébore, Pansy avait reproché à Malfoy d'être un ami particulièrement mauvais et s'était indignée de ne pas recevoir de ses nouvelles régulièrement. Ginny avait été persuadée que leurs relations n'étaient pas au beau fixe.
Elle haussa les épaules. Connaissant Malfoy, il avait probablement flairé l'opportunité et n'avait pas eu de difficulté à convaincre Pansy. Peut-être qu'il lui avait promis une compensation financière. Après tout, c'était ce que Malfoy faisait. Il se servait de son argent pour acheter les autres, pensa Ginny avec amertume.
« La conférence va débuter. » informa Pansy. « Nous devrions prendre un verre, un de ces jours, petite lionne. Voici ma carte. »
Elle tendit une carte de visite à Ginny avant de s'éloigner pour rejoindre une chaise au premier rang. Ginny l'observa s'éloigner, courroucée par le surnom que Pansy avait utilisé pour s'adresser à elle. Tous les participants prenaient place sur les rangées de chaises disposées pour la conférence de presse. Ginny trouva une place libre près d'une dame âgée à la silhouette trapue, portant un badge où étaient inscrits les mots ''Ressources Humaines'' Elle lui rappela vaguement Dolores Ombrage.
A la table principale, le Directeur du club était installé au centre. A sa droite, se tenaient plusieurs joueurs du club. Draco Malfoy et d'autres représentants de Machinations Malforescentes étaient installés à sa gauche.
La conférence de presse dura une heure pendant laquelle on présenta les projets à venir dans le cadre de ce nouveau partenariat. On afficha également le nouveau maillot des joueurs du club, où le logo de l'entreprise de Malfoy apparaissait désormais en gros plan.
Tandis que Draco Malfoy réaffirmait la stratégie de son entreprise et clamait l'honneur de représenter un club ''aussi prestigieux'', Ginny l'observa avec attention. Alors qu'il avait apparu particulièrement contrarié une heure plutôt, il ne l'afficha pas une seconde devant l'audience. Elle dut avouer qu'il avait d'excellents talents d'orateur alors qu'il s'exprimait avec aise devant la salle. Il fit même quelques plaisanteries durant son discours, provoquant un rire général dans la pièce.
Une fois la conférence terminée, les journalistes sollicitèrent des photos devant le mur photos de sponsors et les invités s'éparpillèrent de nouveau dans la salle, conversant avec animation tandis que des serveurs passaient avec des petit-four et des verres d'hydromel et de champagne.
Ginny en profita pour observer la galerie de photos accrochées au mur de la pièce. Les clichés représentaient des moments forts du club, notamment la victoire de l'équipe après la performance record de Roderick Plumpton, deux décennies auparavant.
« Ce match nous est rabâché à tous les entrainements depuis des années. » indiqua une voix à ses côtés. « J'imagine que c'est la seule réalisation intéressante de notre club. »
Elle tourna la tête et reconnut l'un des joueurs du club l'observer avec amusement. Durant la conférence de presse, il avait fait une remarque particulièrement sarcastique et le public s'était confondu en rires nerveux.
« Jonathan Edgecombe. » se présenta-t-il en lui tendant la main. « Poursuiveur. »
Ginny serra sa main et elle jeta à nouveau un regard vers la photo de Roderick Plumpton qui tenait le vif d'or dans son poing serré sous les accolades de ses coéquipiers.
« Il faut dire que c'est une performance exceptionnelle. » dit Ginny avec un sourire.
« Il jurait qu'il l'avait fait exprès. Je reste persuadé que c'était un bel hasard. Surtout au vu de ses performances précédentes. » déclara Jonathan avec réflexion.
Ginny ne put s'empêcher de laisser échapper un rire.
« Maintenant que vous le dites, il a l'air plutôt surpris sur la photo. » dit-elle.
« Un vrai imposteur. » ajouta Jonathan, provoquant le rire de Ginny. « En parlant d'imposteur, je n'ai pas saisi votre nom. Vous n'êtes pas une espionne pour le club de Flaquemare, rassurez-moi ? »
« Ginny Weasley. Et non, je ne vous espionne pas pour Flaquemare. Plutôt pour les Harpies de Holyhead. » ajouta-t-elle.
Cette fois, ce fut au Jonathan son tour de lâcher un rire franc. Ginny ne pouvait pas croire qu'elle discutait de façon aussi détractée avec l'un des joueurs de la Ligue britannique et irlandaise de Quidditch.
Ron serait tellement jaloux, pensa-t-elle.
Elle était impatiente de lui raconter. Elle se souvint ensuite qu'ils ne s'étaient plus adressés la parole depuis cet après-midi au Terrier, durant laquelle elle avait présenté Malfoy à sa famille.
« Effectivement, les Harpies sont nos adversaires les plus redoutables. » admit Jonathan. « Vous êtes une amatrice de Quidditch ? »
Ginny hocha la tête avec enthousiasme. Avant qu'elle ne puisse répondre à sa question, elle fut interrompue par une voix traînante.
« Ginevra ? »
Draco Malfoy les avait rejoints et à la grande surprise de Ginny, il posa son bras autour de sa taille, la rapprochant de lui. Elle ne put s'empêcher de rougir et lui jeta un regard confus. Elle constata qu'il ne la regardait pas et que son regard froid était fixé sur Jonathan. Ce dernier parût soudainement embarrassé lorsqu'il vit le bras de Malfoy enroulé autour d'elle.
« Le déjeuner va être servi. » dit Malfoy d'une voix modulée.
Sans lui laisser le temps d'esquisser la moindre parole, il l'entraîna en direction des tables qui avaient fait leur apparition à la fin de la conférence de presse.
« Malfoy, je n'ai même pas répondu à sa question. Il va penser que je suis impolie à cause de toi. » grinça-t-elle.
« Navré. » déclara Malfoy.
« Essaye au moins de le dire comme si tu le pensais. » lâcha Ginny en levant les yeux au ciel.
Il la conduisit vers l'une des tables qui semblait déjà occupée. Ginny reconnut le Président du Club. Elle s'installa aux côtés de Malfoy qui fit les présentations.
« Weasley ? » répéta le Président du club, un homme d'une cinquantaine d'années du nom de Edgar Oddpick. « Êtes-vous apparentée à Percy Weasley ? Du service des régulations de balais ? »
« C'est mon frère. » répondit Ginny, avec surprise.
« Mr. Weasley a renouvelé notre licence l'année dernière. » expliqua Edgar, avec satisfaction.
Des elfes de maisons se présentèrent à table et commencèrent à servir les convives attablés. Ginny observa avec envie son bol de soupe au poisson. Elle n'avait pas mangé depuis la veille et la faim se faisait sincèrement ressentir.
« Vous devez être très fière de Mr. Malfoy, ici présent. Si jeune et pourtant déjà si accompli. » fit remarquer Edgar en les observant tour à tour.
Ginny hocha la tête, plaquant un sourire forcé sur ses lèvres.
« Absolument. Il a travaillé tellement dur pour obtenir ce qu'il possède. » répondit-elle avec un sourire hypocrite.
Malfoy lui jeta un regard sombre mais Edgar ne sembla pas le remarquer.
« J'ai cru comprendre que vous aviez offert de très généreux dons à des organismes pour les droits des Nés-Moldus, Mr. Malfoy ? » interrogea Edgar, avec intérêt.
Malfoy acquiesça et entama une longue tirade sur ses récentes initiatives envers cette cause. Ginny s'empêcha à grande peine de lever les yeux au ciel. Elle savait que l'objectif de la soudaine philanthropie de Malfoy était d'améliorer son image auprès de ses pairs. Il n'avait que faire des droits des Nés-Moldus.
« Fascinant. » commenta Edgar avec enthousiasme. « Je lutte activement pour l'intégration des sorciers d'origine moldue dans le milieu professionnel du Quidditch. Savez-vous que seulement deux pour cent de la ligue est composée de joueurs Nés-Moldus ? »
« Aussi peu ? » demanda Ginny, étonnée.
« Tout à fait. Traditionnellement, et pendant très longtemps, le Quidditch a toujours été une affaire de lobbying. La plupart des propriétaires de club descendaient de familles de Sang-Pur. Il existe toujours des préjugés dans le milieu prétendant que les Nés-Moldus ne sont pas d'aussi bons joueurs que les sorciers de Sang mêlé et de Sang-Pur. »
« C'est ridicule. » commenta Ginny.
« Je vous rejoins là-dessus, Miss Weasley. Le meilleur joueur de notre club, Ricky Rudamforth, est lui-même un Né-Moldu. Je l'ai repéré il y a trois ans et son talent va probablement nous rapporter la coupe. » assura-t-il avec fierté.
Pendant tout le repas, il expliqua comment il encourageait la culture du Quidditch chez les sorciers d'origine moldue. Il avait créé un camp d'été, où des enfants et des adolescents d'origine moldue pouvaient se familiariser avec les règles du Quidditch et prendre des leçons de vol avec des coachs réputés.
Le déjeuner se termina rapidement. Les joueurs devaient apparemment aller s'entraîner et la presse avait obtenu assez de photos et d'interviews.
« Évidemment, vous recevrez désormais des billets pour tous les matchs du club. » indiqua Edgar à Draco et Ginny alors qu'il les saluait chaleureusement.
Après l'avoir remercié, ils s'éloignèrent en direction de la sortie. Ginny croisa le regard de Jonathan qui lui adressa un geste de la main avant de disparaitre avec les autres joueurs.
« Tu n'as pas un peu passé l'âge pour agir comme une groupie, Weasley ? » fit remarquer vicieusement Malfoy.
« Je ne suis pas une groupie, Malfoy. » protesta-t-elle, outrée. « Il est venu me parler. »
« Oh, je m'excuse. J'imagine que c'est lui qui veut faire partie de ton fan-club. » déclara Draco avec sarcasme.
« Je ne vois vraiment pas de quoi tu veux parler, Malfoy. »
« Pourtant tu as bien reçu des fleurs de la part d'un ''admirateur'' n'est-ce pas ? Pour la plus belle des fleurs. » imita-t-il avec mépris. « Ridicule. »
Ginny ouvrit la bouche, interdite, puis une lueur de compréhension illumina ses yeux. Le matin même, Malfoy avait vu le bouquet de fleurs qu'elle avait placé dans sa cuisine. Il était entré dans la cuisine pour chercher une tasse de café mais était ressorti les mains vides, une expression extrêmement contrariée sur son visage. Était-ce donc à cause de ces fleurs ?
« Elles n'étaient donc pas de toi. » lança Ginny.
Elle se rendit compte qu'elle venait de prononcer cette pensée à voix haute.
« Tu m'insultes, Weasley. Premièrement, j'aurais signé et je n'aurais pas laissé une note aussi pathétique. Deuxièmement, si je t'avais offert des fleurs, ce serait le bouquet le plus impressionnant que tu n'aies jamais vu, crois-moi. Pas ce misérable assortiment. » dit-il d'une voix arrogante.
La veille, lorsqu'elle avait interrogé Blaise, il lui avait confirmé que les fleurs ne venaient pas de lui. Elles viennent sûrement de ton petit-ami, avait-il déclaré d'une voix glaciale, levant les yeux au plafond.
Les fleurs venaient donc de quelqu'un d'autre, semblait-il. Une question restait en suspens, toutefois. Pourquoi Malfoy paraissait-il aussi irrité ?
« Tu es jaloux ? » ne put-elle s'empêcher de demander, l'air taquine.
« Je pense que nos apparitions durant les dernières semaines ont établi un fait évident. » répondit-il. « Tu es prise. »
Elle fut surprise par le ton possessif présent dans sa voix. En lui posant cette question, elle s'était attendue à une réponse sarcastique de sa part. Malfoy semblait toutefois très sérieux et elle se sentit mal à l'aise. Alors qu'ils s'apprêtaient à entrer dans l'une des cheminées, il lui fit face, la regardant avec intensité.
« Et si tu dois comprendre quelque chose d'important sur moi, c'est exactement cela. Draco Malfoy ne partage pas. » acheva-t-il.
Pendant qu'ils disparaissaient dans les flammes ardentes, les pensées de Ginny se bousculèrent dans son esprit. Elle était désormais impliquée dans un triangle amoureux, et celui-ci n'annonçait rien de bon.
Fin du chapitre
J'espère que vous avez apprécié :)
