Fin d'année scolaire en fanfare ?

-J'ai mal … geignit Ron.

Harry préféra s'abstenir. Ce ne fut pas le cas de Fred.

-Ça t'apprendra à nous espionner, siffla Fred. Je te conseille très fortement de la fermer si tu ne veux pas passer un été en enfer.

Le plus jeune roux frissonna. Il était sensible aux menaces de son frère aîné et nul doute qu'avec l'aide de son jumeau, il allait la mettre à exécution.

-Mais … protesta Ron.

-Ne t'en prends qu'à toi-même, siffla Fred.

-Messieurs, intervint Poppy en arrivant. Je vais devoir soigner monsieur Weasley. Je vous prierai donc de partir.

-Bon après-midi, déclara Fred sur un ton plein de promesses.

Les deux adolescents quittèrent rapidement l'infirmerie et se rendirent dans un jardin où les attendaient Hermione, Neville et Georges.

-Alors ? demanda Georges

-Il ne l'ouvrira pas tout de suite, assura Fred. Juste le temps qu'on s'occupe de notre problème.

Si les cinq élèves avaient décidé de se retrouver là, c'était à cause de Ron qui s'était retrouvé à l'infirmerie.

Depuis qu'il avait découvert l'œuf, Harry passait tous les deux jours dans la cabane d'Hagrid pour surveiller son évolution. Hermione et Neville avaient fini par le suivre et c'était avec une inquiétude grandissante qu'ils voyaient l'œuf se craqueler, jusqu'à par finir par éclore. Entre temps, le brun avait réussi à convaincre les jumeaux de contacter leur grand frère Charlie. Mais sentant qu'il y avait une affaire louche, ils avaient harcelé leur ami pour qu'il leur dise de quoi il en retournait. Après s'être fait tirer l'oreille assez longtemps, il leur avait avoué ce qui se passait dans la cabane de Rubeus Hagrid. Conscients que ce serait une chance unique d'approcher un dragon d'aussi près, Fred et Georges avaient accompagné Harry deux jours plus tôt pour l'admirer. Malheureusement, Ron les avait suivi et était entré en trombes dans la cabane pour découvrir ce qu'ils faisaient. Mais en découvrant Norbert le dragon, le roux avait paniqué et avait effrayé le dragonneau qui, en réaction, l'avait mordu. Mortifiés, les jumeaux l'avaient tiré hors de la cabane mais quand la main de Ron était devenue verte, il avait dû se rendre à l'infirmerie.

-Je viens de recevoir une lettre de Charlie, annonça Georges. A la prochaine pleine lune, il va falloir emmener le colis sur la plus haute tour de l'école.

-La tour d'astronomie, comprit Hermione. Mais comment on va l'emmener dans l'école ?

-Et il n'y a pas des protections autour de cette tour ? fit remarquer Neville

Harry ne put s'empêcher de froncer des sourcils. Si ce que Neville disait était vrai, alors Hermione, Ron et lui avaient obtenu l'aide du directeur pour mener à bien cette aventure dans sa première vie. Mais en quoi Norbert aurait-il pu avoir de l'importance pour former le Survivant ? La seule raison valable était de souder le Trio d'Or fraîchement créé. Mais Ron s'était fait mordre par Norbert et c'était Neville et Draco qui l'avaient accompagné à cette retenue dans la Forêt Interdite …

Harry se figea. La Forêt Interdite. Où aucun élève ne devait se rendre. Sauf cette nuit-là. Cette nuit où il avait rencontré Voldemort pour la première fois, en train de s'abreuver de sang de licorne.

Norbert n'avait eu que deux buts : permettre à Quirell de connaître le secret du Cerbère mais également l'obliger à faire une importante infraction au règlement pour qu'on le punisse d'une virée dans la Forêt Interdite pour qu'il aille à la rencontre de son destin.

-On ne peut pas sortir de l'école ? proposa Harry. Si, comme le dit Neville, il y a des protections sur la tour d'astronomie, ils ne vont pas pouvoir approcher.

Les quatre adolescents concédèrent ce point.

-Il se peut … fit Georges.

-Que nous ayons un moyen, termina Fred.

-Mais nous devons vérifier, reprit Georges.

-Si c'est possible, déclara Fred.

Harry retint son sourire. La Carte des Maraudeurs était le seul moyen dont disposaient les jumeaux pour savoir s'ils pouvaient se passer d'une visite dans la tour d'astronomie.

-On va essayer de trouver des solutions chacun de notre côté, conseilla Neville. On se retrouve ce soir pour voir ce qu'on a trouvé.

-OK, firent les quatre autres adolescents.

§§§§§

Harry ne fit aucun effort pour cacher le fait qu'il n'aimait pas la situation. Même les regards désolés d'Hermione et de Neville ne firent rien pour le dérider.

Le soir de l'admission de Ron à l'infirmerie, les cinq adolescents avaient voté entre amener Norbert à la tour d'Astronomie ou bien d'user du passage secret qui menait à la confiserie Sorcière. Fred, Georges, Neville et Hermione avaient choisi la tour d'Astronomie, alors qu'Harry avait plutôt penché pour le passage atterrissant dans la boutique. Deux jours plus tard, ils l'emmenaient vers la tour d'Astronomie, les jumeaux se chargeant d'occuper Rusard ou tout autre professeur. Harry avait dévoilé sa cape d'invisibilité à Hermione et Neville et ils en avaient recouvert le dragon pour qu'il puisse passer inaperçu. Ils avaient bien vu Draco se faire réprimander par le professeur McGonagall mais Harry et Neville avaient décidé de se débarrasser de leur colis encombrant avant d'aider leur ami. Mais alors qu'ils redescendaient de la tour, enivrés par leur succès, ils avaient été trouvés par leur directrice de maison parce qu'ils avaient oublié la cape d'invisibilité. Pour avoir déjà vécu ce moment, Harry avait tout de suite vu que la cape avait disparu une fois que ses amis et lui l'avaient ôtée du dragon. Attrapés, ils avaient écopé d'une retenue et de cinquante points en moins par personne, ce qui avait fait tiquer le brun. La punition pour s'être retrouvé dans les couloirs la nuit tombée n'était pas aussi élevée d'ordinaire, lui avaient certifié les jumeaux le lendemain. Une retenue certes, mais seulement une vingtaine de points et uniquement plus si l'élève incriminé était récidiviste.

-Vous êtes tous là ? grogna Hagrid

Harry se concentra, mettant en sourdine tout ce qui se passait autour de lui, à commencer par un Draco geignant ou ses amis tremblants de peur. Non, il devait se préparer pour la future rencontre avec Voldemort. Maintenant qu'il savait être un Horcruxe, il ne savait pas comment il allait réagir. Il avait beaucoup plus conscience de son esprit et cela l'angoissait assez. Il avait multiplié les séances d'Occlumencie depuis qu'il avait découvert l'œuf de dragon mais il savait que ce ne serait pas assez.

Alors qu'ils marchaient derrière le demi géant, le blond s'approcha du brun.

-Je suis désolé, souffla Draco.

-Pourquoi ? s'étonna Harry en reprenant ses esprits

-Parce que c'est à cause de moi que McGonagall est venue vous chercher, soupira Draco.

-Je ne suis pas sûr de comprendre, fronça des sourcils Harry.

-Je suis allé à l'infirmerie pour me soigner, avoua Draco. J'étais dans un coin quand j'ai entendu Weasley déballer une histoire invraisemblable sur un dragon amené à la tour d'Astronomie. Je n'ai pas vu à qui mais je sais que c'était à un adulte à la voix. Et comme les seuls que nous connaissons sont les professeurs …

-Tu es sûr ? s'inquiéta Harry

-Certain, assura Draco.

Harry comprenait mieux comment Dumbledore avait eu l'information officiellement. Ron devait déjà être soumis au directeur et n'avoir aucun scrupule à dévoiler les secrets des autres.

-Je voulais aller vous prévenir mais je n'ai pas vu l'heure passer … soupira Draco.

-Ne t'inquiète pas, fit Harry. Je te crois. Mais je pense qu'Hermione et Neville vont t'en vouloir un peu …

-Je comprends, sourit pauvrement Draco.

Ils se turent quand Hagrid donna ses consignes. Hermione et Harry partirent avec Hagrid tandis que Neville et Draco allèrent d'un autre côté avec le chien de garde. Quand les étincelles rouges apparurent dans la nuit, le brun se tendit encore plus. L'état de terreur de ses deux amis n'était pas pour le rassurer.

-Ils ont simplement paniqué, grogna Hagrid. Ce n'est pas grave. Harry, va avec Malfoy et Crockdur. Neville, avec moi.

Quand le brun s'élança dans la nuit en compagnie du blond, il était très loin d'être serein. La clairière apparut dans leur champ de vision et au milieu d'elle, la licorne qu'ils cherchaient.

Morte.

Intimant le silence au blond, Harry s'approcha tout doucement, aux aguets. Voldemort n'était pas loin et il ne tenait pas à ce qu'il l'approche plus que nécessaire. La licorne avait les yeux fermés et avec délicatesse, le brun la caressa délicatement, triste qu'une créature aussi pure ait été sacrifiée pour des desseins aussi sombres. Mais soudain, une faible respiration fit sursauter Harry.

-Elle est vivante ?

Harry faillit avoir une crise cardiaque.

-Qu'est-ce que je t'avais dit ? siffla Harry

-Je voulais la voir de plus près, se justifia Draco qui l'avait suivi. Alors ?

-Je crois qu'elle n'en a plus pour très longtemps, soupira Harry en recommençant à la caresser.

La main pâle du blond se posa doucement à côté de la sienne et en silence, les deux enfants accompagnèrent les derniers instants de la licorne. Elle bougea faiblement, sa corne frôlant les mains des deux garçons puis elle s'éteignit définitivement. Alors qu'ils étaient dans une bulle à l'abri de tout, la mort de la créature leur rappela où ils se trouvaient. La forêt se fit de nouveau oppressante et Harry et Draco sentirent plus qu'ils ne virent qu'ils devaient partir.

-Viens, ordonna Harry en prenant la main de Draco.

Le blond le suivit et ils venaient de sortir de la clairière quand un bruit inquiétant les fit se retourner. Ils se cachèrent derrière un buisson et observèrent.

Une silhouette allait vers la défunte licorne. Mais elle était loin de marcher. Elle semblait flotter et ramper en même temps. La silhouette rabattit légèrement sa capuche et s'abreuva à la plaie au flanc. Draco était terrifié et Harry se retenait vraiment de hurler. Dans sa première vie, il ne savait pas ce que la scène voulait vraiment dire mais maintenant, il bénissait son ignorance à l'époque.

Draco recula brusquement, marchant sur une branche morte qui se brisa dans le silence. La silhouette se retourna brusquement et Draco s'enfuit en hurlant. A sa plus grande honte, Harry resta tétanisé comme dans sa première vie. Il vit Voldemort se jeter sur lui et le brun ne put s'empêcher de fermer les yeux, attendant anxieusement la fin. Mais un bruit de galop lui fit rouvrir les yeux et il put voir Firenze faire fuir Voldemort. Quand le danger fut écarté, Harry découvrit avec stupeur qu'il tremblait de tous ses membres.

-Harry Potter, salua Firenze. Est-ce que tu vas bien ?

-Oui, merci, souffla Harry en tentant de se reprendre.

-Même s'il a lieu régulièrement, on est toujours surpris par le lever du soleil, déclara Firenze. Ne sois pas surpris par tes réactions, même si tu as vécu ces événements.

Harry se figea. Est-ce que le Centaure était en train de dire … ?

-Revenir sur ses actes est une chance qui est donnée à bien peu d'élus, fit Firenze. Sois prudent, Harry Potter.

-Firenze … souffla Harry.

-Je vais te reconduire à Hagrid, fit Firenze. Monte sur mon dos.

-Non, refusa doucement Harry. Je voudrais marcher. Ça me laissera le temps de me calmer. Mais … puis-je vous prendre la main ?

-Bien sûr, sourit Firenze.

Harry avait besoin de croire que ce qu'il venait de voir était vrai. La main du Centaure ancrait tout cela dans son esprit et surtout, sa présence silencieuse lui montrait un soutien dont il aurait bien eu besoin dans sa première vie. Ce fut dans un état second qu'il fut ramené vers le garde-chasse et que finalement, il se coucha après cette nuit pleine de rebondissements.

§§§§§

Pour se faire pardonner cette retenue désastreuse, Hagrid s'efforçait d'inviter les trois Gryffindor à prendre le thé. Les premières fois, Harry avait refusé mais Hermione et Neville s'y étaient rendus.

-Harry !

Le susnommé bondit, surpris de l'arrivée intempestive d'Hermione dans le dortoir des garçons, Neville sur ses talons. Heureusement, il travaillait sur un devoir de Sortilèges et n'écrivait pas dans son journal.

-Hermione, gronda Harry. Tu veux me filer une crise cardiaque ou quoi ?

-Excuse-moi, fit Hermione. Mais tu ne devineras jamais ce qu'on a appris chez Hagrid !

Harry rangea ses affaires pour que ses amis puissent s'installer sur son lit, ce qu'ils firent immédiatement.

-Hagrid pleurait encore Norbert, soupira Hermione. Alors j'ai eu l'idée de lui faire parler de la façon dont il l'avait obtenu. Et là, il nous a parlé de Touffu.

-Touffu ? releva Harry

-Un Cerbère, un chien à trois têtes, soupira Neville. C'est un gardien de tombeaux anciens. Je ne dirais pas que c'est rare mais ce n'est pas courant.

-Touffu garde quelque chose pour le professeur Dumbledore, s'enthousiasma Hermione. Quelque chose qui a un rapport avec Nicolas Flamel !

-Ce nom me dit quelque chose, fit Harry.

-C'est le premier alchimiste connu, déclara Neville. Une légende vivante parmi les Sorciers.

Harry fronça des sourcils. Il sentait une histoire pas nette. Si, comme Neville l'affirmait, tous les Sorciers connaissaient Nicolas Flamel, comment cela se faisait que Ron, dans sa première vie, n'ait pas fait le lien ?

-Je me souviens où j'ai vu son nom, fit Harry. Sur la carte de Chocogrenouille du directeur !

-Ils ont collaboré ensemble, confirma Neville. Ce n'est un secret pour personne.

-Harry, s'excita Hermione. C'est le créateur de la Pierre Philosophale !

-Je ne comprends pas, fit Harry.

-La Pierre Philosophale se trouve ici, à Hogwarts ! s'écria Hermione

-Comment tu peux en être sûre ? pointa Harry

-Nous sommes dans le lieu le plus sûr d'Grande Bretagne, leva les yeux au ciel Hermione. Parce que c'est là que se trouve Albus Dumbledore. Quel autre endroit serait plus sûr ?

-Gringotts ? proposa Harry. Et puis, si cette Pierre est aussi précieuse, tu ne crois pas qu'on aurait choisi un endroit plus facile à protéger qu'une école pleine d'enfants ?

-Elle ne lâche pas l'idée, soupira Neville. Surtout quand Hagrid a avoué qu'il y avait sûrement des personnes qui en voulaient à la Pierre parce qu'on a déjà tenté de la voler à Gringotts.

Harry dut avouer que c'était finement joué. Il ne doutait pas que Dumbledore par le biais de Rubeus Hagrid avait mis Hermione et Neville sur la piste de la Pierre Philosophale pour qu'il soit au courant. Mais il ne restait même pas un mois avant le départ et le brun se demandait comment le directeur s'était arrangé pour que leurs soupçons se dirigent vers Snape et Quirell.

-Si la Pierre Philosophale était vraiment ici, fit Harry, qui voudrait s'en emparer ?

-Hagrid nous a dit qu'il n'y avait que deux professeurs qui agissaient bizarrement cette année, déclara Hermione. Les professeurs Quirell et Snape. Mais d'après lui, ils ont aidé à protéger ce que protège Touffu.

Harry se refrogna. Le directeur avait manqué de subtilité. Aussi, le brun n'avait rien fait pour que ses soupçons se portent naturellement sur eux.

-Je vais surveiller le professeur Snape, proposa Hermione. Vous n'aurez qu'à surveiller le professeur Quirell.

Harry était partagé. Autant il savait qu'en laissant Hermione suivre Snape, elle ne risquerait rien, mais ce dernier allait vraiment lui faire payer cette attention mal avenue. Quant à Quirell, avec Voldemort derrière sa tête, qui savait ce qu'il ferait.

-Neville ? demanda Harry

-Ça me semble assez incroyable, fit Neville. Mais ce n'est pas notre rôle de se mettre à la recherche de cette Pierre, si elle est bien dans l'école. J'ai demandé à Hagrid s'il avait prévenu qui que ce soit de ses soupçons mais il semble certain qu'on ne l'écouterait pas. Malheureusement, on ne nous écoutera pas non plus. Nous n'avons qu'onze ans et nous ne sommes pas censés être au courant.

Harry concéda ces points.

-Ecoutez, ça ne nous concerne pas … soupira Harry.

-Mais Harry ! protesta Hermione

-Il a raison, coupa Neville. C'est une histoire qui ne nous concerne pas. Si Hagrid a remarqué le comportement bizarre des professeurs Quirell et Snape, les autres professeurs ont dû le noter également.

L'air déçu de l'adolescente n'échappa pas à Harry qui capitula.

-Si ça peut te faire plaisir, je veux bien t'aider à surveiller le professeur Quirell, soupira Harry.

-Harry ! protesta Neville

-Je vais juste garder un œil sur lui, se justifia Harry. Si je trouve un truc de louche, je préviendrai un professeur tout de suite.

Neville n'était visiblement pas convaincu.

-Je sais, Neville, soupira Harry. Moi aussi, je pense que ce n'est pas une aventure pour nous. Mais au moins, ça rassurera Hermione, non ?

-Je n'ai pas besoin d'être rassuré ! protesta Hermione

-Non, tu veux être soutenue, contra Harry. Tu veux qu'on croie en toi. Mais on n'a pas besoin d'entrer dans la vie privée des professeurs pour ça. Tu es notre amie, Hermione.

Ils mirent finalement au point les détails de leur « surveillance » avant de se rendre dans la Grande Salle pour le repas. Mais Harry avait bien noté que Ron qui s'était caché sous le lit de Dean Thomas pour les espionner.

§§§§§

-Je vous ai observé avec votre bande d'amis Gryffindor, renifla Severus.

Depuis la première retenue où le professeur lui avait proposé de parler de sa mère, Harry venait une fois par semaine dans le bureau du professeur. Pour cela, ce dernier le mettait en retenue pour des motifs plus ou moins futiles mais en contrepartie, il ne s'acharnait plus autant sur lui en cours. Pendant ces retenues, l'élève aidait souvent à la préparation des ingrédients pour les cours.

-Monsieur ? fit Harry en levant le nez de son bol

-Mademoiselle Granger n'est pas très douée pour espionner, nota Severus. Elle essaie en vain de connaître l'emplacement de mes appartements. Pourquoi ?

-Elle est curieuse, biaisa Harry.

-Je vous prierai de ne pas me mentir, gronda Severus.

-Elle voudrait savoir ce que vous faites en dehors des cours, c'est tout, se justifia Harry.

Ce n'était pas vraiment un mensonge, il ne précisait pas pourquoi elle effectuait cette surveillance.

-J'imagine que ça a un rapport avec le fait que vous-même soyez plus attentif aux déplacements du professeur Quirell, non ? fit Severus

Harry ne s'étonnait pas de voir qu'il avait été démasqué.

-Disons qu'il est bizarre, avoua Harry.

Avec l'expérience de sa première vie, il savait que le comportement du nouveau professeur de Défense était au mieux excentrique, au pire très inquiétant.

-Il vous a fallu une année complète pour vous en rendre compte ? cingla presque Severus

-Je trouve que j'ai été rapide, contra Harry. Ce qui semble normal dans le monde Moldu ne l'est pas dans le monde Sorcier …

Severus dut concéder ce point.

-Si vous voulez tout savoir, j'estime qu'il n'est pas taillé pour le poste qu'il occupe, renifla Severus. Il aurait dû récupérer celui qu'il avait quitté il y a deux ans.

-C'était un ancien professeur ? sursauta Harry

-Celui d'Etudes des Moldus, précisa Severus. Il a pris une année sabbatique avant de reprendre le poste de professeur de Défense.

-Vous pensez vraiment qu'il n'est pas bon ? demanda doucement Harry

-Disons qu'il a une pédagogie discutable … grinça Severus.

Harry eut juste le temps de camoufler son reniflement ironique par une toux discrète mais Severus n'était pas dupe.

-Je connais ma façon d'enseigner, merci ! aboya Severus

-Je n'ai rien dit, se défendit Harry.

-Je sais reconnaître un sarcasme, même non verbal, souligna Severus.

Au fur et à mesure des retenues, ils en étaient venus à développer une sorte de statu quo. Ils n'étaient pas encore amis mais ils s'apprivoisaient tout doucement. Harry avait pu apprendre à reconnaître quand il pouvait plaisanter innocemment avec le sombre maître de Potions.

-Professeur … fit Harry.

-Oui, monsieur Potter ? fit Severus

-Est-ce que ma mère savait que vous étiez Sorcier ? demanda doucement Harry. Je veux dire, avant qu'elle ne reçoive sa lettre.

Severus se raidit. Il s'était promis de répondre à toutes les questions qui concernaient Lily Evans. Malheureusement, très souvent, l'adolescent empiétait allègrement sur sa propre vie privée et il n'était pas certain qu'Harry ne le faisait pas exprès.

-Votre mère a appris que j'étais Sorcier quand nous avions neuf ans environ, avoua Severus. Un groupe d'enfants nous avait attaqué et certains … aspects de la bagarre étaient clairement dus à la magie accidentelle. J'étais sûr que je n'étais pas le seul mis en cause alors quand nous avons pu nous échapper et qu'elle m'a avoué être terrorisée par ces choses bizarres qui lui arrivaient quand elle avait des sentiments forts, j'ai été très étonné. Comme elle ne connaissait pas les règles de secret de notre monde, j'ai dû les lui dire.

-Et mes grands-parents n'étaient pas au courant ? s'étonna Harry

-Ils ne savaient pas quels mots mettre sur ce qui arrivait à Lily, secoua la tête Severus. C'est quand le professeur McGonagall est arrivée chez elle qu'ils ont appris qu'elle était une Sorcière. Mais elle savait déjà se contrôler.

-Comment ? s'étonna Harry

-Ma mère lui a donné des cours, avoua doucement Severus.

Harry fut clairement étonné. Sa mère avait rencontré une Sang Pur ? Mais il savait qu'il ne pouvait pas pousser plus loin. On touchait à la famille de Snape et le brun est certain qu'il ne répondrait désormais à aucune question.

-Est-ce que … est-ce qu'il y a une photo de toutes les deux ? demanda doucement Harry

-Je suis certain que Lily n'en avait pas, réfléchit Severus. Mais je vais vérifier.

-Merci monsieur, souffla Harry.

Ils ne parlèrent plus et trois quarts d'heure plus tard, ils se séparèrent.