coucou les Koneko!

désolé pour le retard en ce qui concerne la publication du chapitre... mais voilà j'avais pas internet pendant un certain temps et ça va recommencer dans trois jours pendant deux autres semaines ^^"

du coup je vous met l'avant dernier chapitre, le dernier arrivera dans quelques semaines :)

encore merci pour vos reviews elles me font vraiment plaisir :3

sur ce bonne lecture!


CHAPITRE 13: LE LAC

Les vacances arrivèrent à grand pas. Encore dans sa chambre, Kanda rassemblait quelques vêtements dans une valise posée sur son lit, glissant pour terminer quelques livres et son ordinateur portable avant de la refermer. Après un dernier soupir il ferma la porte de sa chambre, se dirigeant ensuite vers la sortie du lycée. Sa mère lui avait assuré qu'ils viendraient le chercher vers 11h devant la grille.

Il n'était jamais revenu à la maison depuis qu'on l'avait envoyé au Black Order, malgré les nombreuses et incessantes demandes de sa mère. Lui-même ignorait pourquoi, mais l'idée de retourner chez lui l'intimidait légèrement, comme s'il se sentait de trop.

Un coup de klaxon le sortit brutalement de sa rêverie, une Audi A4 couleur acier se garant à quelques mètres de lui. Il eut à peine le temps d'amorcer un geste qu'une tornade brune lui sauta au cou.

- Désolé du retard ! Tu n'as pas trop attendu ?

Bougon, le brun se dégagea de la prise de sa mère se rappelant maintenant pourquoi il évitait cette dernière comme la peste. Plus petite que lui, Ukyo Kanda ressemblait énormément à son fils, à qui elle avait légué ses longs cheveux sombres, ses magnifiques yeux onyx ainsi que ses traits nippons. En revanche, en ce qui concerne le caractère, il avait hérité de celui de son père.

Ce dernier, sans un mot, récupéra la valise posée sur le côté, la déposant soigneusement dans le coffre avant de venir vers eux, aussi blasé que son fils.

- Vous êtes prêt ?

- Allons Léo laisse-moi embrasser mon fils comme il se doit !

- Tu auras tout le temps de le coucouner à la maison, loin des regards indiscrets…

Il haussa les épaules.

- Enfin, je dis ça pour toi Yuu.

Le susnommé rougit, esquivant un énième câlin de sa mère pour venir s'installer sur la banquette arrière, ses parents prenant place devant le volant et côté passager.

Fixant le paysage défilant par la fenêtre, Yuu écoutait vaguement les papotages de sa mère à propos de la maison, de sa joie de revoir son « bébé » retourner au foyer… Lorsqu'il se tourna vers son père, il le vit sourire paisiblement, chose assez rare quand on le connaissait. Même s'il n'était pas aussi exubérant que son épouse, il savait montrer que le retour de son fils unique lui faisait plaisir, même si tout cela ne serait pas de tout repos.

En fin d'après-midi, ils arrivèrent enfin à destination. A moitié trainé par sa mère, Kanda fut rapidement à l'intérieur de la maison, son père prenant le temps de récupérer la valise et verrouiller la voiture avant de les rejoindre. Guillerette, Ukyo anima la soirée à elle seule, au grand dam de son fils. Ce dernier, après un repas bien plus agité qu'en compagnie du rouquin, parvint à rejoindre son ancienne chambre, à laquelle les deux adultes avaient à peine touchés.

Las, il s'allongea sur le lit, se demandant encore pour quelle raison il avait accepté de revenir ici… Dans cette maison qu'il ne reconnaissait que peu, ces parents qui, en apparence, semblaient soucieux de sa santé…

Nouveau soupir. « Peut-être pour m'éloigner de toute cette merde…Comme je l'ai fait auparavant ». Quelques minutes lui suffirent à rejoindre les bras de Morphée, plongeant immédiatement dans un sommeil sans rêve.

« Quel ennui… »

A moitié affalé sur le canapé du salon, Kanda observait le plafond sans grande passion, profitant du silence qui régnait désormais dans la maison. A son réveil, ses parents étaient déjà partis au travail, sa mère lui ayant laissé une note sur la table de la cuisine.

« Mon chéri (l'appellation le fit grimacer)

Ton père et moi devons retourner au travail, nous serons de retour vers 20 heures. Si tu t'ennuis à la maison tu peux sortir, mais n'oublie pas de fermer la porte à clé derrière toi.

Bisou !

PS : si tu n'as pas d'idées, et si tu allais au parc ? Le temps à l'air radieux ! »

Le parc ? Le parc ?! Parlait-elle réellement du parc où 10 ans plus tôt, la vie d'Alma avait pris fin ? Elle parlait bel et bien de CE parc ?!

Folle. Sa mère était complètement folle. Jamais il ne retournerait là-bas. Et puis pour quelles raisons devrait-il retourner dans ce parc ? Agacé, le brun se redressa, récupérant quelque chose à grignoter avant de réfléchir à une activité.

« Je peux au moins sortir… Je vais finir claustro à rôder ici. »

Les mains dans les poches, le brun prit la porte, prenant soin de fermer cette dernière une fois sortie. Un doux soleil illuminait le ciel en ce début d'après-midi, incitant les habitants à sortir et profiter. Le regard légèrement plissé, le brun marcha sans but dans les rues remplies, cherchant du regard une quelconque activité.

- Attends-moi !

Surpris, Kanda fit volteface juste à temps pour esquiver deux enfants lui fonçant dessus à toute vitesse, criant un rapide « désolé » avant de continuer leur chemin en rigolant. Il les vit, une dizaine de mètres plus loin, passer les petites barrières métalliques qui encadraient l'entrée du parc, et il se raidit. « Je ne me souvenais pas que le parc se trouvait aussi près de la maison… » Méfiant, il continua sa marche, ralentissant le pas aux abords du parc. Il ne semblait pas avoir changé avec le temps, les enfants courraient innocemment au niveau des jeux sous l'œil attentif de leurs parents. « Rien n'a changé… » Sans se l'expliquer, Kanda pénétra à l'intérieur du parc avant de s'installer sous un arbre, silencieux.

« Mais qu'est-ce que je fabrique ici au juste… ? »

Agacé, il s'étira de son soul, les bras derrière la tête, laissant les rayons du soleil réchauffer ses pommettes malgré la protection que lui accordait l'arbre contre lequel il s'était adossé. Ainsi installe, il commençait lentement à somnoler, l'esprit étrangement vide. « Elle n'avait peut-être pas tords ». Un bruit provenant de sa droite lui fit ouvrir les yeux, découvrant à ses pieds un nécessaire de peinture. Il fronça les sourcils, scrutant avec surprise la personne qui s'était installé à ses côté.

- Cela fait longtemps, mon cher Yuu.

- Le vieux…

Le susnommé pouffa, récupérant un crayon à la mine pointue dissimulé parmi ses cheveux gris.

- Je préfère Tiedoll, si cela ne te dérange pas.

Kanda garda le silence, n'en croyant pas ses yeux. Froi Tiedoll n'avait pas changé d'un poil. Toujours cette même tignasse grise indiscipliné qui dégageait une forte odeur de gouache, ce sourire doux quelque peu dissimulé par sa moustache.

- Alors mon garçon. Qu'est-ce qui t'amène ici ?

- … Je ne sais pas. Le refus de rester enfermé chez mes parents ?

- Oh, vraiment ? Il ne s'agit donc pas d'Allen ?

A l'entente de ce prénom, Kanda se releva brutalement, jetant à son ainé un regard horrifié.

- Comment ?!

- Comment je connais Allen ?

Tiedoll observait le jeune homme de son habituel regard paternel, son crayon parcourant rapidement la surface vierge de son immense carnet de croquis auquel il accordait parfois un regard.

- Aurais-tu oublié notre première conversation ? Au sujet des sirènes ?

- C'est vous qui nous en avez parlé… Vous connaissiez déjà Allen ?

- Oh oui. Je connais depuis de nombreuses lunes, presque depuis sa naissance.

- …Qu'est-ce que vous êtes ?

Le vieil homme rit doucement.

- Un simple artiste qui attend sa fin. Comme celui qui se tapit actuellement dans les profondeurs du lac.

Nerveux, Yuu tapotait du pied sur le sol, essayant de ne pas comprendre de travers.

- Qu'est-ce que vous me baragouiner la ?!

- Oh ? Mes paroles prêtent à confusion ? Mes excuses mon cher Yuu.

- Vous voulez dire…Qu'Allen est retourné dans le lac… ?

- Bien sûre. C'est dans ce lac qu'il vit, pourquoi n'y serait-il pas ?

- Parce que…

- Parce qu'il est venu te rejoindre ?

- ... Oui.

Perdu, Kanda restait planté face à Tiedoll, ce dernier proposant d'une voix douce.

- Assis-toi, nous avons tout notre temps pour discuter.

Kanda s'exécuta, Tiedoll continua.

- Allen a échoué, il est donc logique qu'il soit retourné au seul endroit qu'il connaissait.

- Il a échoué à quoi ? A avoir ma peau ?

- A se faire aimer.

Yuu secoua la tête.

- C'est ridicule. Ce…Cette chose mange les êtres humains, pour quelles raisons est-ce qu'il rechercherait l'amour parmi eux ?

- … Te souviens-tu de notre conversation ?

- Vaguement… Vous parliez d'un moyen de rendre les sirènes complètement dociles…

- Oui. Et quelle est cette méthode ?

- Quelle importance ?

- Oh, elle en a. si tu t'en souvenais tu saurais qu'Allen est entièrement sous ton contrôle.

- Quoi ?! Mais je n'ai rien fait !

- Ne trouves-tu pas cela étrange de posséder une cicatrice après tant d'années ?

Le brun se figea, la lumière se fit. « Une légende dit que si l'on survie à la morsure de la sirène, le rapport de force serait alors inversée, car l'homme aura entre ses mains le cœur de la sirène. »

- Avec une simple morsure…

- Eh oui.

- Mais comment… ?

L'ainé le coupa d'un geste de la main, rassemblant les quelques affaires qu'il avait déposées dans l'herbe avant de se redresser, un sourire doux aux lèvres.

- Je ne suis pas celui qui doit répondre à tes questions.

Yuu se raidit.

- Hors de question que je l'approche.

Tiedoll éclata de rire.

- Allons Yuu, de quoi as-tu peur ? Ne comprends-tu pas que de vous deux, c'est toi la menace ?

- Il est tout de même dangereux ! Et puis j'ai failli me faire dévorer…

Le regard du plus âgé se teinta de surprise.

- Vraiment ? Comment est-ce possible ?

Las, Kanda lui raconta tout ce qu'il s'était passé depuis qu'Allen était arrivé au lycée, n'omettant pas l'existence du chasseur, ainsi que l'œuf d'Allen. Après quelques instants de silence, Froi reprit la parole.

- Quel horrible personnage… Croire qu'un nourrisson à peine sortie de l'œuf pourrait dévorer un homme… Quel imbécile.

- C'est bel et bien faux ?

A sa grande surprise, le regard de Tiedoll s'était durci.

- Un tissu de mensonge, rien de plus…

Il releva son visage vers le ciel.

- La nuit va bientôt tomber. Tu devrais te décider rapidement Yuu.

Et, après un signe de la main, Tiedoll prit le chemin de la sortie, laissant le brun seul. Ce dernier scruta les alentours, remarquant enfin que le parc était désormais désert. Il porta un regard à son téléphone. « Seulement 18 heures, ils ne seront pas de retour avant deux heures. »

Que devait-il faire… Retourner à la maison ? Ou se diriger vers le lac où il se cachait ? « Il est dangereux… Mais le vieux affirme qu'il ne peut rien me faire… Dois-je lui faire confiance ? »

Il resta quelques instants plantés là, pesant le pour et le contre, avant de soupirer, laissant ses pas le guider vers les fins fonds du parc. Trop de questions restaient en suspens pour qu'il ignore l'albinos. Et puis…

Il ne tarda pas à arriver aux alentours du lac, dont la surface lisse reflétait les rayons du soleil couchant. La main posée contre son cœur dans une vaine tentative de le calmer, Yuu s'avança progressivement de l'eau, avant de s'assoir dans l'herbe encore tiède, demandant d'une voix incertaine.

- Moyashi ?

Seul le vent lui répondit, jouant avec les mèches de ses cheveux. Prenant une profonde inspiration, Kanda reprit.

- Je sais que tu es ici, c'est le vieux qui me l'a dit.

Toujours aucunes réponses. Agacé, il plongea l'une de ses mains dans l'eau glacée, frissonnant légèrement à son contact. Il retint un soupir. « Comme si cela allait changer quelque chose… ».

Alors qu'il s'apprêtait à abandonner, il sentit quelque chose effleurer sa main avec une telle douceur qu'il crût avoir rêvé. Mais il vit à cet instant la surface calme du lac se mouvoir légèrement, prouvant qu'il se trouvait à ses côtés. Sous le coup de l'impulsion Yuu plongea sa tête dans la surface aqueuse, parvenant à apercevoir une chevelure immaculée malgré l'eau qui lui brouillait la vue.

Alors qu'il plongeait l'un de ses bras dans l'intention de l'attraper, sa seconde main glissa sur le sol légèrement humide, l'attirant entièrement dans l'eau du lac.

Paniqué, le brun essaya désespérément de se raccrocher à la terre ferme, sachant pertinemment qu'il ne savait pas nager et que le lac était assez profond pour qu'il s'y noie. Mais, avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit, il sentit un corps se coller contre le sien, deux mains puissantes passant sous ses aisselles avant de le soulever hors de l'eau. Sans réfléchir, Yuu reprit sa respiration, grippant sur la terre ferme, son cœur battant contre ses tympans.

- Bordel… !

Toujours sous le choc, il se retourna légèrement, apercevant enfin celui qu'il cherchait. Toujours dans l'eau, Allen l'observait d'un regard fatigué, son corps entièrement immergé dans l'eau excepté ses yeux ainsi que ses cheveux.

- …Merci.

Cachant sa nervosité, Kanda reprit rapidement contenance, essorant ses cheveux comme s'il ne s'était rien passé. Sans un bruit, l'albinos retourna dans le lac, disparaissant totalement.

- Reviens ici tout de suite !

Silence. Le brun fulmina.

- Tu as intérêt à revenir ici immédiatement sinon je viens te chercher, même si je dois me noyer pour ça.

Après un long et pénible silence, le blandin refit surface, demandant d'une voix éteinte.

- Qu'est-ce que tu veux… ?

- Je veux que tu sortes de l'eau.

- Pourquoi ?

- Parce que.

Allen poussa un soupir las, avant de s'exécuter, s'approchant du bord avant de se hisser hors du lac, laissant néanmoins sa queue tremper dans le liquide clair. Silencieux, Kanda observa la fine silhouette de l'albinos. Il était maigre, horriblement maigre, les os de ses omoplates pointant sous la peau fragile.

Ne sachant pas où commencer, il posa la plus évidente.

- Comment tu fais pour avoir des jambes ?

- Je ne sais pas vraiment comment ça marche…Je sais juste que quand ma peau est suffisamment sèche mes écailles disparaissent.

- Montre-moi.

Docile, le blandin étendit sa queue dans l'herbe, laissant les derniers rayons de soleil effleurer les écailles couleur orage. Doucement, il caressa la surface lisse, les séchant délicatement sous le regard attentif du brun. Lentement, comme par magie, l'anthracite se mit à pâlir, les écailles s'estompant progressivement jusqu'à disparaitre, ne laissant sous son regard les fines jambes qu'il parcourait de ses doigts quelques temps auparavant.

- Toutes les sirènes savent le faire ?

- Seulement les sirènes liées à un être humain.

- Lié par une morsure…

Le blandin sursauta.

- Comment tu sais ça ?!

- J'ai croisé le vieux… C'est lui qui m'a dit que tu te planquais ici pour crever.

Ses épaules, s'affaissèrent.

- Et tu es venu profiter du spectacle je suppose…

- Je ne suis pas timbré à ce point.

- Alors qu'est-ce que tu veux… ? Si ce n'est pour me voir mourir.

- Je… Je ne sais pas…

- Alors laisse-moi.

Tremblant, la sirène se hissa péniblement sur ses jambes, s'approchant peu à peu du bord de l'eau.

« Non ! » Sans réfléchir, le brun se redressa avec une rapidité surprenante, plaquant l'albinos au sol avant que ce dernier ne puisse rejoindre le lac. Leurs corps pressés contre l'autre, les deux hommes s'affrontèrent du regard, avant que les pupilles anthracite ne se remplissent de larmes. D'une voix brisée et coupée de sanglots, il souffla.

- Laisse-moi mourir… Tu me déteste, non ? Alors laisse-moi mourir !

Les larmes inondèrent bientôt le visage juvénile marqué par la fatigue, sous le regard imperturbable de celui qui le maintenait au sol.

- Imbécile

Et il se pencha cueillir les lèvres du blandin, ne sachant à qui était destiné cette insulte.


voila voila voila... c'était l'avant dernier chapitre de la légende de la sirène.

j'espère qu'il vous aura plu, n'hésitez pas à laisser un commentaire pour me faire part de vos impressions :)

a pluche mes konekos

Neko chan