Ne prenez pas au pied de la lettre ce que j'ai écris dans la troisième partie de ce chapitre, si vous n'êtes pas d'accord avec le point de vue exprimé ne vous acharnez pas sur moi... Surtout que j'ai été vache, ne vous en faites pas, j'ai fait exprès d'exagérer. (Votre réaction suite à cette phrase : Mais elle parle de quoi là ?)
South Park appartient à Trey Parker et à Matt Stone.
Quels sont tes sentiments ?
XIV
Tout rêve a une fin
*~*~*Kenny*~*~*
« Attends… T-T'es sérieux là ? » Nous sommes allé dans le fastfood le moins cher de la ville, dont la bouffe est pourtant assez bonne. Après avoir été cherché notre commande nous nous sommes installé à une table et j'ai profité du repas pour raconter à Leo' ce que Bebe m'avait dit.
« Ouais. Ma vie est foutue. » Butters à l'air de compatir, je suis sûr que maintenant, il va essayer de me réconforter.
« Mais non Kenny… T'as mis une fille enceinte, mais tu sais, je pense pas que ta vie soit foutue pour autant. Je suis sûr que Bebe est raisonnable est qu'elle va vouloir avorter, à mon avis, elle te juge juste en droit de savoir, p-parce que c'est toi le père mais… Elle n'est pas idiote, elle va avoir dix-sept ans dans l'année qui suit. Je suis sûr qu'elle veut faire des études et qu'elle- »
« C'est bon Leo', j'ai compris. J'espère que tu dis vrai parce que je veux pas être père à dix-sept ans. » Il me sourit, les yeux tous tristes.
J'essaie de penser à autre chose. N'importe quoi d'autre. J'examine Butters, qui mange en face de moi. Il mange presque comme une fille, en faisant attention à ne pas trop se salir, alors que j'ai plus tendance à manger façon morphale qui en fout partout sur ses doigts, mais qui s'en fiche car il peut se les lécher après. Mais non, Butters est délicat, et je dois dire que c'est agréable de le regarder manger, ou de le regarder tout court.
Je commence à en avoir marre de chercher à comprendre ce qui se passe dans ma tête, tout ce que je sais, c'est que c'est la première fois que j'aime autant quelqu'un. Je ne sais pas vraiment dans quel sens je l'aime, puisque j'ai en même temps envie de le baiser et en même temps envie qu'on soit les meilleurs amis du monde toute notre vie, mais une chose est sûre, je ne veux surtout pas le perdre.
Je continue de le regarder, j'examine ses cheveux, comme pour les redécouvrir. Parfois je ne fais pas attention, mais quand j'y pense, ses cheveux sont d'un putain de blond, vachement clairs, il a les cheveux plus courts derrière et plus longs devant et ce depuis la primaire, et ça lui va vraiment bien. Je descends un peu, survole ses sourcils puis arrive au niveau de ses yeux. Il a les cils blonds (de toute façon il est vraiment blond partout, et je sais de quoi je parle) et de grands yeux turquoises, ou bleus, je ne peux pas trop dire, c'est comme un bleu très clair avec une pointe de vert. Enfin, quoi qu'il arrive il a de beaux yeux.
« On t'a déjà dit que tes yeux étaient vachement beaux ? » Je lui dis, le visage écrasé dans la paume de ma main, coude sur la table, car j'ai fini de manger. Il lève d'un seul coup les yeux de son plateau et me regarde d'un air complètement perturbé, ce à quoi je réponds par un petit rire. Surement parce que je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça, et aussi parce que sa réaction est excellente. Il recommence à manger mais cette fois en me regardant bizarrement. Et j'ai du mal à m'arrêter de rire. Sachant que je déprimais il y a dix minutes à cause de Bebe. Butters a vraiment un don pour me redonner le moral.
Mais maintenant, je repense à cette histoire. Elle est enceinte, je l'ai mise enceinte et si elle n'avorte pas, je serai dans la pire des merdes. Mais c'est son choix, elle est au Tennessee et je n'ai aucun droit sur elle. J'espère juste qu'elle sera raisonnable et qu'elle sait qu'elle ne peut pas gâcher sa vie ainsi. Ni la mienne.
« Tu peux m'aider à finir ? » Il me demande ça avec un petit sourire.
« Ah ça oui ! » Je commence à piocher dans son paquet de frites.
« Quand même, tu manges pas beaucoup. Ça doit être pour ça que t'as arrêté de grandir. » Je ne peux pas m'empêcher de pouffer de rire et j'écope d'un coup de pied dans la jambe.
Non vraiment, Butters a quelque chose de magique.
*~*~*Butters*~*~*
« Il serait peut-être temps pour moi de rentrer… »
« Mais ! Il est que 21h ! » Avec mes parents, j'ai toujours peur d'arriver en retard, car on ne sait jamais où ça peut me mener.
« On a qu'à marcher lentement… » Après être sortis du fastfood, nous nous sommes installés sur un muret un peu à l'écart du centre-ville pour trainer un peu. C'est agréable parfois, de rester tous les deux, ne rien faire de spécial. Apprécier le moment qui passe.
Même si je suis toujours choqué par la nouvelle. Bebe est enceinte de Kenny, et franchement, c'est l'une des pires choses qui pouvaient arriver.
Elle est amoureuse de Kenny, et à cause de son déménagement, ils s'éloignent. Elle est capable de garder cet enfant, de gâcher sa vie uniquement pour fidéliser Kenny. Parce que si Kenny et Bebe deviennent parents, Bebe va réussi à le convaincre de la rejoindre au Tennessee. Ils mèneront une vie de famille à à peine dix-sept ans et c'est la dernière chose que je souhaite à Kenny, car c'est la dernière chose qui lui convienne.
Et de manière complètement égoïste, j'ai tout simplement envie qu'il reste près de moi. C'est stupide, car je n'obtiendrai rien de lui. Mais je veux tout sauf qu'il parte.
« Tu crois que c'est grave si je t'embrasse devant chez toi ? »
« H-Hein ? » C'est rare qu'il me demande s'il peut m'embrasser, la plupart du temps, il le fait, c'est tout. Mais jamais en pleine rue. Bon d'accord, il est plus de neuf heure du soir mais c'est quand même devant ma porte d'entrée et il suffirait que mes parents sortent et…
« Laisse tomber, c'est débile. » Il me sourit et me fait un signe de la main en guise d'au revoir. Je le regarde s'éloigner pas à pas. Mon cœur bat assez vite, du fait de ce qu'il m'a proposé il y a quelques secondes. Et puis j'en ai tellement envie. Parce que quand on s'embrasse, c'est comme si on était ensemble. J'ai l'impression qu'on s'aime réciproquement. C'est idiot, mais tellement agréable.
Il est déjà à une dizaine de mètres, et un élan de je-ne-sais-quoi me pousse à courir vers lui pour le rattraper. Il est d'abord étonné de me voir quand j'apparais en face de lui, mais ne dit rien lorsque je prends son visage entre mes mains, me met sur la pointe des pieds et pose mes lèvres contre les siennes.
Au bout d'une seconde, il me rend mon baiser. Il pose ses mains autour de ma taille et le baiser devient sensuel, j'ai l'impression qu'il y a des sentiments dans ce baiser, des sentiments de sa part, mais c'est juste mon imagination. J'aimerai tellement que ce soit vrai, je l'espère tellement que, quelque part dans mon cœur, c'est la réalité.
Aussi, je me rends compte à quel point ce baiser est risqué. Nous sommes à deux pas de ma fenêtre, et il suffirait que mes parents jettent un œil dehors, et là ils me verraient embrasser un garçon. Ma mère deviendrait folle, mon père entrerait dans une colère noire. D'ailleurs, s'ils m'avaient vu, ils seraient déjà en train de venir me tirer par le col pour m'embarquer dans ma chambre. Chose qui n'a pas l'air d'arriver. Et tant mieux, car c'est l'un des baisers les plus agréables qu'il m'ait été de donner, ou de recevoir, je ne sais pas vraiment, à ce stade.
Nous nous détachons et nous sourions, pourquoi ? Je n'en sais rien, c'était tellement bien.
Sans dire un mot, je commence à partir à reculons et à rendre à Kenny le signe de la main qu'il m'a fait il y a quelques minutes. Je me dirige vers ma porte d'entrée, cette fois en marche avant, ouvre et dit bonsoir à mes parents. Ma mère est dans la cuisine, et mon père dans le salon, en train de lire. C'est impossible qu'ils m'aient vu avec la lumière allumée à l'intérieur et les rideaux qui couvrent la moitié des vitres.
Je monte dans ma chambre, et comme tous les jours depuis trois semaines, je jette un œil vers ma corbeille, dans l'espoir que tous les dessins de Kenny soient revenus. Mais je suis stupide. Et ce n'était que des dessins après tout, je peux toujours en refaire.
A 23h30 je pose mes crayons, en deux heures, je ne l'aurais dessiné qu'une fois, mais je sens qu'il est mieux réussi que les autres. J'y ai mis tout ce que j'avais, tous mes sentiments. Je cherche un endroit pour le ranger, à l'abri des regards, mais un endroit accessible. J'ouvre mon placard et glisse le dessin sous une pile de jean.
*~*~*Kenny*~*~*
« A-Allô ? »
« Euh Bebe ? »
« Putain Kenny ! Pourquoi t'appelles aussi tard ! Il est bien une heure du mat'… Ouais c'est ça, une heure ! » Bebe a toujours un caractère de cochon quand on la réveille. Mais il fallait que je l'appelle. Il faut que je règle cette histoire.
« Je sais mais… Je réfléchissais à ce que j'allais te dire. » Elle ne dit rien pendant quelques secondes.
« Je t'écoute. »
« Dis-moi tout de suite, c'était pas une blague ce que tu m'as dit tout à l'heure ? »
« Putain ! Tu crois que je déconnerais avec ça ? » Elle est énervée. Alors c'est sûr, elle ne déconne pas.
« Et c'est moi euh… Enfin… » Je n'arrive pas à le dire. Et ce tellement ça me fait peur.
« Oui c'est toi, ça ne peut que être toi, t'es le seul mec avec qui je l'ai fait ce mois-ci et je suis enceinte de trois semaines. T'as juste à faire le rapprochement. » Mes espoirs s'envolent au fur et à mesure de ses paroles.
« Tu… Tu vas le garder ? » Elle soupire, je sais que ça doit être encore plus dur pour elle, mais là elle est en train de me torturer.
« Je… Je n'avorterai pas si tu veux savoir. »
« Q-Quoi ? T'es sérieuse ? Tu veux vraiment avoir un gosse à dix-sept ans ? » Elle soupire à nouveau.
« Kenny, je ne me sens pas capable d'avorter. C'est être humain, on n'a pas le droit de décider s'il a le droit de vivre ou de mourir. »
« Non non non Bebe ! Ce n'est pas encore un être humain, c'est un fœtus, son cerveau n'est pas formé, il ne pense pas, c'est une plante verte. »
« Mais tu te rends compte comment tu parles Kenny ? Réfléchis à ce que tu dis ! C'est un bébé, toi aussi tu étais comme ça à l'origine. » Je n'arrive pas à croire qu'elle songe sérieusement à gâcher notre jeunesse.
« On était aussi tous des spermatozoïdes, et si tu veux savoir j'en tue des millions chaque jour et on n'en fait pas tout un plat. » Je sais que je ne fais qu'aggraver la situation en parlant comme ça, mais je suis désespéré et c'est ma seule solution.
« Tu ne me feras pas changer d'avis Kenny. C'est moi la mère, je suis la seule qui ait le droit de décider. De toutes façons, cet accouchement ne se répercutera que de mon côté. » Elle dit ça uniquement parce qu'elle sait que je ne pourrais pas l'abandonner si je suis aussi concerné par un truc de ce genre.
« Mais j'espère que tu seras là pour moi, Kenny. » Et voilà. Voilà c'est dit, je vais devoir me sacrifier, c'est ça ? Elle veut que je sacrifie ma jeunesse. Et après, elle voudra que je reste avec elle toute sa vie. Mais c'est mort. Je ne veux pas lui faire de mal, mais je ne sacrifierai pas une vie entière. Si elle espère ça elle se trompe. Si elle veut me gâcher ma jeunesse, d'accord. Je suis aussi responsable qu'elle, je ne dois pas fuir. Et ensuite, peut-être qu'avec le temps je tomberai amoureux d'elle, ou alors je la quitterai quand elle aura une vie stable.
Je déteste me projeter dans l'avenir.
Mais là, je n'ai plus que ça à faire, je n'ai plus de présent, plus que des choses à faire. Partir, recommencer une nouvelle vie. Mais surtout, partir. Et quand je songe à partir, une personne que je n'ai surtout pas envie de quitter me vient en tête. Je me fiche du pourquoi du comment. Je sais juste que ce sera dur.
« T'en fais pas Bebe… »
Je devrais aller me suicider quelque part, histoire de penser à autre chose. Sinon je n'arriverai pas à dormir. Et au moins je n'aurai pas à marcher pour rentrer chez moi.
*~*~*Butters*~*~*
Ça fait une semaine que Kenny déprime.
Bebe veut garder l'enfant, et Kenny n'arrive pas à assumer. « J'ai encore tellement de choses à vivre en étant jeune et libre, et maintenant, je vais devoir aller vivre dans un trou paumé pour veiller sur ma famille. »
Il va partir, je ne sais pas quand, mais il va partir. Bebe l'appelle sans arrêt pour lui dire qu'elle veut qu'il vienne, juste pour quelques jours. « Elle me le demande trois fois par jour, et quand je lui dit que je n'ai pas d'argent à dépenser dans le trajet, elle dit qu'elle me paiera tout. Elle fait tout pour que je ne refuse pas. »
Et il va mal maintenant, il sèche les cours et reste sans rien faire des heures durant. Dès qu'il me voit, il me demande de lui parler, de lui faire penser à n'importe quoi d'autre. Et à chaque fois, au fur et à mesure de la conversation, ses yeux deviennent de plus en plus brillants. Il ne pleure jamais, mais c'est toujours à deux doigts.
« Ecoute Kenny, mes parents ne sont pas là samedi soir. On pourra passer une soirée ensemble devant un bon film et je te ferai penser à autre chose. » Il acquiesce avec un léger sourire. Et c'est un miracle car il ne sourit plus beaucoup, et il rit encore moins. Depuis qu'il a perdu espoir, il est comme ça. Il sait que quoi qu'il advienne, il sera privé de sa liberté d'ici huit mois. Quand il a appris la nouvelle, il pensait que Bebe serait raisonnable. Mais elle en a décidé autrement. Et c'est Kenny qui en subit les conséquences. Il a perdu sa joie de vivre. Il ne veut même plus que l'on s'isole dans les toilettes. Il dit juste que ce n'est pas le moment. Et toute la semaine, ce n'était jamais le moment.
Donc oui, j'ai parlé de l'avortement, c'est un sujet sensible parfois et je dois dire que le point de vue qu'expose Kenny est assez rude. Ne lui en tenez pas rigueur, c'est juste une fan fic, il fallait juste qu'on perçoive sa frustration. (J'avoue le "c'est une plante verte" c'était franchement salaud, mais un jour une amie m'a dit ça et j'ai trouvé ça marrant tellement c'était con.)
Et encore merci pour les reviews !
Nombre de mots dans ce chapitre (sans les notes de l'auteure) : 2490.
