Chapitre 13 : De côté
« Papa ? Niny et Migacirpy ne dorment plus avec nous ? »
Gilitée pose la question qui fâche. Je ne pense pas pouvoir lui répondre correctement. Je la garde dans mes bras, fermant les yeux pendant de longues secondes. Il faudrait … que je lui dise exactement ce qui se passe mais ce n'est encore qu'une enfant.
« Elles veulent dormir toutes les deux de leur côté, ma puce. »
« Et maman ? Est-ce que maman va revenir ? Car elle n'est pas revenue, papa. »
« Elle reviendra. Si tu veux, j'attends que tu dormes et je vais la chercher. »
« D'accord, papa. Mais tu devrais y aller maintenant comme ça, on peut dormir tous ensemble ! S'il te plaît ! Tu veux bien y aller dès maintenant, papa ? »
« D'accord, d'accord, j'y vais ma puce. J'y vais. » dis-je avec un petit sourire. Je me relève et je lui mets correctement la couverture sur son corps. Voilà. Elle me regarde, attendant que je revienne le plus vite possible. Je ne voulais pas m'inquiéter mais elle ne va quand même pas faire une bêtise non ? C'est qu'elle en serait capable, c'est ça le souci.
« Bonne nuit papa ! » me dit Gilitée. Hahahaha. Je crois qu'elle … risque de dormir sans même me poser la question en fait ou réussir à m'attendre. Elle veut prévoir cela. Elle est intelligente, très intelligente. Je cours hors de la tente où je dors avec ma fille, observant l'autre tente. Zut … Migacirpy et Niny sont là toutes les deux. J'ai envie d'aller les voir, je veux les voir ! Mais je me le refuse.
« Je dois aller chercher Giréléna et vite. Tu crois qu'elle est au même endroit ? »
« Il y a de fortes chances. Peut-être qu'elle s'est tuée ? Elle était visiblement motivée à cela auparavant … hahaha. Ca serait bête non ? Qu'est-ce que tu dirais à Gilitée ? »
« Je ne dirai rien à Gilitée car cela n'arrivera jamais. Et évite de m'embêter de la sieste. »
« Tu ne voulais pas dire de la sorte ? Tu sembles plutôt avoir besoin d'une sieste. »
« Je n'ai pas besoin d'une sieste, de quoi est-ce que tu racontes encore hein ? »
« Hahaha ! Vraiment ? » dit la femme-pokémon en moi. D'ailleurs, Rigorak et ses sœurs sont de retour dans mon corps, signalant qu'elle voulait se reposer fortement.
« Oui, vraiment. Je suis peut-être un peu fatigué mais au moins, je ne veux pas t'entendre. »
« Pourtant, il faudra bien t'y habituer. Tu sais, je pourrai facilement te faire dormir ici, au beau milieu de la forêt. Ensuite, je manipule ton corps et je vais juste zigouiller Giréléna. Enfin, je te redonne le contrôle de ton corps et … »
« Tu l'as déjà fait il y a quelques années. Tu es en manque d'idées, visiblement. »
« Non, j'aime bien utiliser à nouveau ce qui est efficace. »
Je ne vais pas perdre mon temps à parler avec elle. J'ai beaucoup mieux à faire. Je commence à courir alors que je suis à distance des deux tentes. Il commence à pleuvoir. Le feu risque bientôt de s'éteindre mais surtout, Giréléna est seule.
« Giréléna ! Giréléna ! Giréléna ! Est-ce que tu entends ce que je te crie ?! »
Je lui dis cela mais je n'en suis pas vraiment certain. Où est-ce que … Des petits rires ? Je pars aussitôt vers l'origine de ces rires, me demandant ce que c'est. Je ne tarde pas à voir un spectacle des plus surprenants … et inquiétants aussi. Giréléna est en train de ramper sur le sol, non-loin d'une petite rivière. Le sol est constitué de sable, ce qui donne l'impression d'une minuscule plage privée.
Je ne comprends pas trop ce qu'elle fait exactement mais qu'importe. Ce que je vois me suffit. Elle est là, branche en main, dessinant dans le sable comme le ferait une enfant. Les rires viennent d'elle et j'avais parfaitement raison, c'est plus que louche.
« Giréléna ? Je te parle, tu m'entends ? »
« Rond rond rond … petit patapon. Rond rond rond … la terre est ronde. »
Elle raconte n'importe quoi. Elle a l'air complètement désemparée et déboussolée. Je viens poser une main sur son épaule, la faisant sursauter. Pourtant, elle ne recule pas le moins du monde, comme si tout cela ne la dérageait pas.
« Ohhhh … Nev. Te voilà ! »
Elle se redresse et rampe vers moi. Elle me prend les mains puis me fait un grand sourire avant de dire d'une voix enjouée :
« Tu viens aussi jouer avec moi ? Je fais des trous dans le sable ! On se promène ? »
« Euh … Giréléna ? Tu ne voudrais pas plutôt rentrer ? Il pleut. »
« Ben pourquoi ? Qu'il pleuve, ce n'est pas un problème ! On peut jouer sous la pluie ! En faisant dans les flaques ! Viens jouer avec moi, Nev ! Allez ! »
Elle me dit cela mais je ne suis pas vraiment motivé. J'ai du mal à comprendre ce qui se passe avec elle … J'aimerai bien une explication car … c'est surprenant et inquiétant comme changement. Je toussote un peu, réfléchissant à tout cela mais elle me serre subitement dans ses bras, m'étouffant à moitié dans sa poitrine.
« Giréléna ! Je ne peux pas respirer ! Giréléna ! »
« Serres-moi fort contre toi, Nev ! Comme ça, on n'aura plus froid ! »
Elle raconte n'importe quoi ! Elle divague ou quoi ?! Je m'extirpe de ses bras alors que son visage exprime toute la peine et la souffrance du monde. Hé ! Je ne veux pas passer pour un salopard ! Elle a l'air complètement déboussolée ! Ça ne me plait pas du tout !
« Viens par-là,Giréléna. On rentre. »
« On fit donc une promenade, comme je le voulais ? »
Oui, oui, on v faire une promenade, une longue promenade si nécessaire. Je crois que Dyrkri a complètement raison : Gilitée a craqué. Elle me semble comme brisée. Je lui prends doucement la main alors qu'elle me sourit avec tendresse. Elle glisse ses doigts entre les miens puis les retire avant de dire :
« Ca sert à rien les gants, je vais les jeter ! »
« Ne les jette pas, donnes-les moi donc. »
Elle s'exécute et me présente ensuite ses doigts fins. Elle les croise à nouveau avec les miens, poussant un petit rire tendre tandis que je la ramène jusqu'au campement. Humpf … La pluie a bien éteint le feu et je sais que ça ne sert à rien de le rallumer. Cela risque d'être sacrément humide cette nuit si je ne fais pas attention à moi.
« On va dormir ensemble, Nev ? Dis-moi ? On y va ? »
« On va d'abord s'essuyer un peu car nous sommes trempés. » dis-je doucement avant de rentrer dans la tente. Gilitée s'est en fait endormie, comme je m'en doutais. La pauvre petite pupuce que j'adore terriblement.« Viens par-là, Giréléna, on va t'essuyer les cheveux. »
« On retire les vêtements car sinon, on va être trempés. »
« Non, non, pas besoin, ne t'en fait pas, Giréléna. »
Je n'ai pas le temps de terminer ma phrase que son bustier est déjà au sol. Elle me tourne le dos, cachant sa poitrine avec ses mains. Enfin, elle essaye on va dire. Je soupire avant de retirer mon haut trempé. Tant que je garde le bas, cela devrait … rester normal. Je commence à lui essuyer les cheveux, elle se laisse faire, comme une enfant. Bon sang, elle parait si vulnérable et faible … il suffirait juste que … je la couche sur le sol pour faire ce que je veux d'elle. Ça serait tellement simple, tellement facile. Je peux profiter de son corps et en abuser, comme elle faisait avec moi et …
« Nev, est-ce que tu veux bien t'occuper de ça ? »
Pas besoin de comprendre ce qu'elle veut. Je commence à lui essayer le dos mais dès qu'elle me demande d'essuyer sa poitrine, je lui tends la serviette. Elle hoche la tête négativement, me montrant par là qu'elle ne veut pas que ça soit elle mais moi qui fasse ça. Je fronce les sourcils mais elle n'a aucune mauvaise intention et voilà que … et zut … Pourquoi est-ce que je fais ça ? Elle a … un corps si plaisant à regarder, tellement désirable … et je sais que la serviette ainsi que mes mains ne la laissent pas de marbre. Cela pointe mais j'évite d'y penser et je termine de la sécher avant de m'attarder sur mon propre corps.
« Tu as vu ? Notre fille dort. Elle est si jolie, hein ? »
« Oui oui … un véritable rayon de soleil. Tu devrais te rhabiller maintenant, Giréléna. »
« Est-ce que … je peux coller mon corps contre le tien, Nev ? »
« Pour avoir moins froid, c'est cela ? Viens Giréléna. »
Je lui ouvre en grand mes bras et elle s'y réfugie. Qu'est-ce que je fous ? Mais qu'est-ce que je fous bordel ? Je suis en train de commettre une effroyable erreur. Elle a sa poitrine nue collée contre moi et j'ai du mal à me contrôler.
« Espèce de couillon. Tu es tombé directement dans son piège, les pieds bien en avant. »
« Ça ne fait rien, je pense que je m'en remettrai. Merci de ton avis, Dyrkri. Giréléna, est-ce que tu veux bien que l'on aille se coucher, toi et moi ? »
« Oui ! Mais attends un peu, je sais comment on peut faire pour dormir. »
Elle enroule de sa queue autour de mon corps … puis le bout de sa queue vient tout simplement récupérer sa fille qui dort toujours aussi paisiblement. Elle a réussi à mettre la couverture sur nous et elle m'a laissé les bras libres.
« Maintenant, comme ça, on peut tous dormi tous ensemble ! »
Je ne comprends pas ce qui se passe. Je crois que je dois être extrêmement fatigué en fait. Je pousse un petit soupir amusé, me disant que cela va bientôt changer, sans même que je m'en rende compte. Je ferme les yeux, cherchant le sommeil mais … j'ai du mal à le trouver.
« Nev, est-ce que tu préfères euh … hum … est-ce que tu veux bien me souhaiter bonne nuit ? » me demande Giréléna alors que j'hausse un sourcil.
Bon, qu'est-ce je peux faire exactement ? J'ai un petit souci. Elle me tend ses lèvres. Ce n'est pas un peu exagéré ? Est-ce que … non. Je ne peux pas. Pas quand elle est dans cet état. Et puis, ça voudrait dire que je reveux une relation avec elle. Je l'embrasse sur le front.
« Voilà, bonne nuit, dors bien, d'accord ? »
« Je vais très bien dormir maintenant ! » s'exclame-t-elle doucement avant de rigoler. Ca me fait mal … mais j'ai du mal à croire que c'est Giréléna. Qu'elle soit brisée à cause de mes paroles, ce n'était pas ce que je veux. Je la presse plus fortement contre mon cœur.
Elle se laisse faire et je sens sa poitrine qui laisse s'écouler un petit liquide contre mon torse nu. Je préfère l'ignorer et … zut … pourquoi est-ce que ses seins sont aussi gros ? Ce n'est pas normal d'être aussi bien formée. Elle a fermé les yeux et a déjà sombré dans le sommeil. Nous avons une drôle de position mais j'arrive à contrôler mes pulsions. Bon sang, qu'est-ce que ça va être dur … vraiment dur … mais je sais me retenir. Je me contrôlerai !
Je dois avoir une mine affreuse au réveil. J'ai un peu mal au crâne et surtout mal aux hanches. Je suis toujours bloqué dans le carquois cylindrique de Giréléna. Elle dort paisiblement contre mon torse … mais surtout, elle a la bave aux lèvres. Je crois qu'elle apprécie énormément mon torse.
« Giréléna, il faudrait peut-être que tu te réveilles, non ? »
« Hmmm ... Pas maintenant. Je t'ai attrapé, je ne te lâcherai plus. »
« S'il te plaît, lâche-moi, je ne veux pas utiliser la force contre toi, surtout pour te réveiller. »
« Je ne veux pas ! Je t'ai, je te ne lâche pas ! » marmonne-t-elle une nouvelle fois avant de se positionner tout contre moi. Elle ouvre finalement ses yeux bleus et me regarde. Elle baisse les yeux, nous voyant torse nue et poitrine nue puis remonte les yeux.
« Finalement réveillée ? Je pensais que cela était devenu impossible, visiblement je me suis trompé, on dirait bien. Bonjour à toi, Giréléna. »
« J'aimerai bien savoir comment je me suis retrouvé ici … les seins à l'air. »
« Disons qu'hier, tu étais un peu malade, qu'il a plu comme une femme-Ecremeuh qui pisse et que tu n'étais pas bien. Je t'ai emmenée ici et je t'ai essuyée et inversement. »
« Et … il s'est passé quelque chose ? Ou non ? Toi et moi ? »
« Rien du tout si tu avais peur à ce sujet. Je ne te toucherai pas dans un tel état. Je ne suis pas du genre à profiter des plus faibles que moi. »
« … Je vois. Est-ce que je dois te remercier alors ? Pour tout ça ? »
« Tu fais ce que tu veux. Je ne te force en rien, Giréléna. »
« Merci … Je vais te libérer mais je crois que j'ai encore Gilitée. »
Je confirme cela d'un hochement de tête avant de me retourner. La queue de Giréléna se retire d'autour du corps de Gilitée alors que je récupère ma fille dans mes bras, venant la déposer au sol, remettant la couverture sur elle.
« Je vous jure, je n'aime pas ces faiblesses stupides. Ça ne m'arrivera plus. »
« Ça ne t'arrivera plus de te comporter comme une femme-pokémon normale ? C'est vraiment dommage, ça aurait pu être très plaisant. » dis-je avec lenteur. Je ne cherche pas la confrontation mais vu comment elle raconte des bêtises plus qu'absurdes.
Elle se tourne vers moi, dévoilant sa poitrine à mes yeux mais je remets correctement mon haut qui a eu le temps de sécher pendant la nuit. Je ne dois pas me préoccuper de ce que je vois, si je commence à m'y intéresser, je faiblirai. Je sais juste que … Giréléna n'est pas parfaite, loin de là … et qu'il est toujours possible pour elle d'être une personne … que l'on puisse aimer. Mais ce n'est plus possible pour mon cas, je dois m'y résigner.
