Chapitre 13
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Quelques jours sont passés depuis les accusations de Stéphanie, et l'enquête est toujours en cours. D'autres novices et des professeur ont été interrogés, et mes affaires soigneusement fouillées. C'est le nouveau sujet de commérage parmi les novices, mais le fait qu'ils n'aient rien trouvé de concluant a au moins de mérite de me rassurer. Un peu. Avec l'autre vipère, mieux vaut ne pas baisser la garde.

Avec Tom, nous nous sommes mis d'accord pour garder notre relation secrète, enfin presque. Je n'ai pas pu cacher grand chose à Ginny et Lucy quand je suis revenu dans le dortoir l'autre soir, avec un grand sourire niais en repensant à notre baiser. Et puisqu'elles sont au courant, George et Sophie le sont forcément aussi.
Le matin, après les test, on essaye de trouver un peu de temps pour se retrouver. Ce matin, je suis déjà passé et Tom, avant dernier de la liste alphabétique attend encore. On a trouvé un petit bout de couloir au 3ème étage , sans trop de passage, pour passer un peu de temps ensemble. Pour le moment, je suis dans ses bras, et il joue avec une mèche de mes cheveux en m'embrassant sur le front et dans le cou.

Quand ma montre bip – pour surveiller l'heure et que Tom ne soit pas en retard – nous redevenons en apparence de simples amis aux yeux des autres. Dans ces moments là c'est assez difficile de se retenir de lui déposer un baiser au coin des lèvre ou de blottir ma tête dans son cou.

On est en train de traverser le troisième étage pour rejoindre les salles de test quand Malcolm, Stéphanie et Hélène apparaissent au détour d'un couloir.

- Dis Eva, tu n'aurais pas un petit quelque chose pour moi ? demande Hélène en ricanant quand elle arrive à notre niveau. Il parait que tu t'y connais là dedans.

Elle continue de se moquer derrière ses grosses lunettes, imitée par les deux autres. Chacun y va de son commentaire à propos de l'enquête, et Stéphanie ne gêne pas pour en rajouter une couche. Quand je ne tient plus et que je m'apprête à répliquer Tom me retient par le bras.

- Ça ne sert à rien de s'énerver. Laisse les parler, ça finira par se tasser avec le temps de toute façon.

Il m'entraîne ensuite avec lui pour nous éloigner.

- Ça t'aurais tuer de prendre un peu ma défense, demandé-je passablement agacée une fois que nous sommes loin des oreilles indiscrètes.

- Si tu te mets à répliquer à chaque fois qu'elle fait une remarque, tu vas t'embarquer dans un cercle sans fin. Elle cherchera toujours à avoir le dessus. Le mieux avec elle est faire ne sorte de sortir de son radar

- Merci Einstein, c'est vrai que je n'y avait jamais pensé, grogné-je au moment ou il atteint sa salle.

Toujours vexée, je le salue rapidement et pars rejoindre Ginny et Lucy qui doivent avoir terminer leurs test à l'heure qu'il est. Quand je les retrouve à la bibliothèque je ne suis pas d'une meilleure humeur. Sous leurs regards interrogateurs je leurs raconte rapidement et elles s'abstiennent de toute remarque pour et me laissent râler autant que j'en ai envie. Après ça, Ginny nous fait part des nouvelles recherches qu'elle a tenter de faire sur les « cinq grand » mais sans plus de succès que la dernière fois. Elle enchaîne donc tout naturellement avec la nouvelle expédition dans le bureau de Mr Kaplan.

- Le pense qu'on pourrait faire ça ce soir. D'après mes sources, il y a une réunion de tous les profs qui s'occupent des novices, pour faire le points sur nos résultats, discuter des cas particulier, voir les affectations qu'ils vont nous donner etc...

Un jour j'arriverais à comprendre combien de sources Ginny peut avoir dans la faction. Je me sens aussi visée à la mention des « cas particulier ». S'ils avaient peur de s'ennuyer, les prof auront au moins un sujet de conversation tout prêt.
Le soir même, après avoir fait en sorte de couvrir nos arrières pour notre absence durant la soirée, on met le plan à exécution. Pour ne pas éveiller les soupçons en changeant de vêtements dans le dortoir, on les a fourrés dans nos besaces afin de se changer dans les toilettes. On a toutes les trois fait en sorte de changer de coiffure et de prendre une tenue qui évite qu'on l'on nous reconnaisse. Avec toujours l'incontournable paire de fausses lunettes. C'est fou ce que je me trouve laide avec ça.

Toutes les trois à la file indienne, on reprend avec précaution le même itinéraire que la dernière fois pour rejoindre le bureau de Mr Kaplan. Lucy, au milieu de la file, ne cesse de tourner la tête dans tous les sens ce qui ne nous aide pas à avoir l'air naturelles. Puisqu'il est plus de 20h, cette partie de la faction est assez déserte et nous arrivons à rejoindre le bureau sans croiser personne. En essayant d'ouvrir la porte, elle reste désespérément fermée. Ginny peste. Nous avions espérées que l'inattention de Mr Kaplan s'applique aussi la nuit. Je défais l'une des pinces à cheveux qui servait à retenir les mèches rebelles de mes nattes, et force la serrure comme me l'avait apprit Chad. Ginny et Lucy restent sans voix de me savoir capable de ça, et je suis assez fière de mon effet.

Lucy décide de rester dans l'embrasure de la porte pour faire le guet, pendant que Ginny et moi allons fouiller dans le bureau. Ginny s'empare de l'ordinateur après avoir enfilé une paire de gant en plastique.

- On est jamais trop prudente, dit-elle en haussant les épaules.

Quand à moi, je m'attaque à l'armoire pleine de dossiers papier. Certaines pochettes sont pleines à craquer de feuilles et c'est assez compliqué de repérer quelque chose d'intéressant. Il nous faudrait plusieurs heures et dans le calme pour être efficace. Je m'attarde un gros dossier intitulé « historique des lauréats pour le prix annuel de recherche scientifique », et parcours rapidement les feuillets. Les sujets de recherche des candidats y sont résumés année par année, et le nom de Jeanine Matthews apparaît même plusieurs fois. Celui d'un certain Norton Becker également. J'essaye de trouver plus de détails quand Lucy passe la tête dans la salle.

- Il y a des gens qui arrivent.

- Tu ne peux pas les retenir ? lui demandé-je.

Elle s'éloigne de quelque pas dans le couloir puis revient en vitesse.

- C'est Kaplan avec un autre prof. Dépêchez-vous de sortir de là, chuchote-elle d'une voix empressée.

Je glisse les quelques feuilles que j'ai à la main sous mon tee-shirt et les coince dans la ceinture de ma jupe avant de ranger rapidement les dossier que j'ai touchés. Heureusement que je n'avait pas tout sorti en même temps.

- Ginny grouille toi ! lui soufflé-je en rejoignant Lucy près de la porte.

- Laisse moi trente secondes, dit-elle en serrant les dents.

- Ils sont au bout du couloir, ils vont bientôt nous voir, indique Lucy.

Ginny reste plantée devant l'ordinateur pendant encore quelques instants, tapotant nerveux des doigts sur le bureau.

- C'est bon ! déclare-t-elle soudain en arrachant la clé usb et en forçant l'arrêt de l'ordinateur.

Au moment ou on referme la porte, les deux professeurs nous aperçoivent et nous interpellent. Sans attendre, on se met à courir dans le couloir pour les distancer. De nuit, les veilleuses dans les couloirs permettent principalement de se pas se perdre et d'éviter de se cogner contre les murs, mais elle n'auront pas été suffisantes pour qu'on nous reconnaître. On cours sans se retourner jusqu'à passer la passerelle du bâtiment ouest et on s'enferme dans les toilettes les plus proches pour reprendre notre souffle.

Après avoir attendu suffisamment longtemps pour s'être assuré que personne ne soit à notre poursuite, on arrive à se détendre en rigolant nerveusement. Il paraît que l'initiation permet de se créer des souvenirs inoubliable et de forger notre future personnalité. Pour ce qui est des souvenir en tout cas, je sais que nous ne risquons pas d'oublier cette soirée.
Une fois que l'on à retrouvé une respiration normale, et que le point de côté de Lucy à disparu, on retourne dans les toilettes on l'on avait caché nos vêtements pour se changer à nouveau et enfin retrouver le calme du dortoir. On s'installe sur le lit de Lucy, contre le mur, et on tire les rideaux pour être tranquille.

- Alors, qu'est-ce que tu as trouvé ? demande Lucy à Ginny.

- Rien. Rien du tout. Tous les dossiers ont été vidés. Je ne pense pas qu'ils se sont rendu compte de ce qu'on à fait la dernière fois, j'avais pris toutes les précautions pour ne pas laisser de traces. Il a dû transférer les fichier dans un endroit plus sécurisé entre temps.

- Pas étonnant. Ça n'aurait déjà jamais dû se trouver là, commenté-je.

Je sors les papiers que j'ai réussit à subtiliser dans le bureau et les montre aux filles.

- Le nom d'un certain Norton revient plusieurs fois. Est-ce que ça te dis quelque chose ? demandé-je à Ginny.

- Vaguement, peut-être. Il faudrait que je vérifie, répond-elle après un instant de réflexion.

- La plupart de ces travaux avaient un lien avec la génétique, et les sans-factions, ce qui est assez étrange, précisé-je. Je ne vois pas bien pourquoi ils étaient liés à ses recherches. En psychologie je ne dis pas, pour étudier leur comportement après avoir été renvoyé de leur faction, mais en génétique ?

- Peut être qu'il avait trouvé quelque chose d'intéressant sur eux, on pourrait se pencher là dessus.

- Ginny, ne me dit pas que tu veux y retourner une nouvelle fois pour fouiller? demande Lucy d'une voix plaintive. Elle n'est toujours pas vraiment remise de notre course poursuite.

- J'aime prendre des risque, mais je ne suis pas suicidaire, la rassure Ginny. L'endroit où on dû être transférer les dossiers doit être bien plus sécurisé que le bureau d'un prof. Ça m'étonnerais qu'on ai une chance d'y accéder. Je pense qu'il va falloir qu'on attende d'avoir d'autres pistes.

Dans un sens, je suis rassurée de ne pas être mêlée à une nouvelle escapade nocturne tout de suite. J'ai largement assez à faire avec l'initiation et l'enquête. Après que Lucy soit aller se coucher, une dernière chose me trotte dans la tête. Ginny nous a dit n'avoir rien trouvé, pourtant elle a mis du temps avant de retirer la clé alors que les professeurs arrivaient. Quand je lui en parle, un sourire énigmatique apparaît sur son visage.

- Ça n'a aucun rapport avec ce qu'on cherchait. Mais j'ai la conviction que ça pourrait nous être utile en cas de besoin.

C'est la seule chose qu'elle me répond avant d'aller se coucher à son tour. Le lendemain matin, personne ne vient dans le dortoir pour chercher des personnes qui seraient rentrer par effraction dans un bureau, j'en conclu donc que personne ne nous as reconnu.

Dans la matinée, c'est pourtant autre chose qui vient bousculer le train-train quotidien et qui remplace prend la première place dans les sujets de conversation : Benjamin a abandonné l'initiation. Il a seulement laissé un petit mot à l'intention de Judith sur son lit. Je croise son regard après que la nouvelle se soit répandue dans tout le dortoir. Son visage semble bien un peu chagriné, mais cela n'a pas l'air de beaucoup la surprendre. Je repense alors à notre discussion, en attendant qu'elle passe pour sa présentation orale, et ce qu'elle m'avait dit sur Benjamin me revient. Selon elle, ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne parte, il n'aurait jamais été capable de réussir l'initiation. En songeant à ça, je repense à Daisy, qui a abandonné avant même la deuxième partie de l'initiation, et je ne peux pas m'empêcher d'être un peu triste pour eux. J'espère au moins que, chez les Sans-faction, ils arriverons à s'en sortir.

Au déjeuner, personne ne semble vraiment vouloir aborder le sujet de Benjamin, alors on se rabat sur les tests, ce qui n'est pas vraiment mieux. J'ai enfin réussit à atteindre les 61,2% mais je ne plafonne pas plus haut, ce qui n'augure rien de bon pour la suite. C'est Sophie qui fini par venir à mon secours.

- Si tu veux je connaît une Erudite qui donne des cours privés à quelques novices, je pourrais lui parler de toi.

Je ne connais pas cette fille mais je n'ose pas refuser la proposition. J'en ai bien trop besoin. L'après midi, entre deux séances de révision, Sophie m'emmène avec elle jusqu'aux bâtiments d'ingénierie pour la rencontrer. La fille en question s'appelle Hazel. Avec sa peau métisse, son visage rond et des cheveux frisés retenu par un serre tête, je reconnais l'Érudite qui nous encadrait parfois pendant les cours d'ingénierie. Même si elle pouvait être parfois assez autoritaire, j'ai plutôt un bon souvenir d'elle. Après que Sophie lui ai expliqué la situation, elle répond en baissant les sourcils.

- Je suis désolé, je ne vais pas pouvoir. J'ai trop de travail pour m'occuper d'une autre élève. Par contre je connais quelqu'un qui pourra t'aider, c'est un très bon professeur et je sais qu'il à un peu de temps libre en ce moment. Si tu veux, je peux te le présenter ce soir au dîner ?

Je ne suis pas très à l'aise à l'idée de manger avec une groupe d'Erudits officiellement membre de la faction et que je ne connais pas, mais je n'ai pas tellement le choix. En tant que novices – et surtout transfert – nous ne nous sommes pas encore beaucoup mêlés aux autres membres. Les seuls qui le font sont des natifs qui ont déjà forcément un certain nombre de connaissances ici.

- Sophie, tu te joins à nous ? lui demande Hazel.

Sophie accepte et je suis soulagée de savoir que je connaîtrais au moins une personne à table. À 19h45, on retrouve Hazel devant le réfectoire. Après avoir rempli nos plateaux, elle nous mène jusqu'à une table au milieu de la salle. Cinq personnes y sont déjà attablées.

- Eva, voici Aiden, la personne que je voulais te présenter pour être ton professeur.

L'intéressé se retourne afin de comprendre pourquoi on parle de lui.

Et merde !

Un jour j'aimerais savoir si mes vies antérieures ont perpétués des actes particulièrement mauvais, ou bien si j'ai pu faire quelque chose pour rendre mon karma négatif. Parce que j'aimerais bien comprendre pourquoi c'est à Aiden Clark, mon tortionnaire des cours de rattrapage en chimie, que l'on propose d'être mon professeur particulier pour rattraper mes lacunes. Comme s'il n'en avait pas déjà assez fait. J'ai l'impression qu'on veut encore me faire une mauvaise blague.

Je salue tout le monde poliment et m'assoit au bout de la table, en face de Sophie. Hazel nous présente Hugo, un garçon blond au visage enjoué et expressif. Erwin, tiré à quatre épingle même pour le repas, et plongé dans la lecture d'un livre pendant qu'il mange – s'en en mettre à côté je remarque. Cara, une fille avec une paire de lunettes papillon aux longs cheveux blond attachés en un chignon austère qui nous regarde de haut. Elle me rappellerais presque Stéphanie, ce qui n'arrange pas ma première impression sur elle.

- Je ne savais pas qu'on mangeais avec les petits nouveaux, s'enquière Hugo auprès de Hazel en gobant des grains de raisins.

- Sophie m'a parlé de Eva, une de ses amies qui cherche quelqu'un pour l'aider à travailler pour la deuxième phase de l'initiation, explique Hazel. J'ai pensé à toi Aiden, puisque que tu n'as plus à t'occuper du groupe de soutient.

- C'est assez ironique, répond-t-il avec un sourire en coin. Parce que Eva était justement l'une de mes élèves en. Il semblerait que tu ais du mal à suivre une fois de plus, me dit-il.

- Et c'est pour cette raison qu'elle s'accroche et qu'elle cherche un moyen de progresser, réplique Hazel. C'est la bonne attitude.

Je la remercie intérieurement de prendre ma défense bien qu'elle me connaisse à peine. Le reste du repas se déroule dans une ambiance assez mitigé, et je suis bien contente que Sophie soit présente pour faire passer le temps.

- Alors est-ce que vous acceptez ? finis-je par demander à Clark avant de sortir de table. Si c'est non, très bien, je veux juste savoir si je dois chercher quelqu'un d'autre pour m'aider.

Il lève ses yeux sombres vers moi mais ne répond pas tout de suite. J'ai l'impression qu'il me jauge, pour savoir à quoi il doit s'attendre. C'est très désagréable comme sensation. Il baisse les yeux et se remet à manger son dessert avant de parler.

- Rendez-vous dans une heure et demie, salle B205. Amène tes affaires pour travailler et n'oublie rien.

Il n'ajoute rien de plus et se remet à manger en discutant avec Cara. Je sens que je vais devoir avoir les nerfs solides pour survivre à ses cours privés sans faire de vagues. Je me promets tout de même de rester calme, je ne pourrait pas me débrouiller seule ce coup là. À 21h45 je rejoins Clark dans la salle convenue, au deuxième étage. Il est déjà là quand j'arrive, l'épaule ciselé par la lanière de mon sac remplit de divers manuels.

Il les feuillettes, ainsi que mes cahiers, pour se faire une idée de ce sur quoi je travaille actuellement.

- Quels sont les matières qui te posent le plus de problèmes ? fini-il par me demander.

- Médecine, surtout ce qui concerne l'immunologie et la physiopathologie , la physique et les mathématiques quand les questions sont trop poussées. Mais mon principal problèmes est la rapidité je pense. Pour les questions chronométrées, je suis presque toujours à la limite du temps maximum.

- Et pour la chimie ? demande-il avec un regard en coin.

- Tant que ça concerne ce qu'on a vu pendant la première partie de l'initiation, c'est bon. Pour le reste...

- Je vois, ça aussi ce sera à travailler, dit-il en prenant des notes pendant que je parle. Et pour tes points fort ?

Enfin il va être question de choses un peu plus agréables. Par ce que je suis pas seulement nulle dans certains domaines. Je lui fait donc part de mes bons résultats en génétique, biochimie et biologie. J'ai aussi toujours eu de bons résultats pour les questions de réflexion, de logique ou bien d'expression écrite. Pas parfait, mais satisfaisant. Les résultats des autres matières sont assez neutres et oscillent en fonction des jours. Il note ça aussi dans son carnet et établi par ordre de priorité une liste de chose à me faire travailler pendant les dix-huit jours qu'il reste avant le test final.

Selon lui il va falloir travailler dur pour me faire rattraper le niveau des autres, mais c'est faisable. Je comprend que sa version de « travailler dur » se trouve quelques crans au dessus de la mienne, quand je rentre vers 23h30 dans le dortoir, complètement lessivée. J'ai l'impression que mon cerveau est en surchauffe. En voulant m'allonger sur mon lit, j'aperçois une petite poche en papier sur mon oreiller. À l'intérieur, je découvre un fin bracelet en argent orné de trois grosses perles. Celle du milieu, turquoise, est gravée du symbole des Érudits, les deux autres sont ciselées de motifs géométriques. Le bracelet est accompagné d'un petit mot de Tom. J'imagine que c'est sa manière de s'excuser pour ce matin même si je ne sais pas si c'était nécessaire d'aller jusque là. Un simple « désolé j'ai été idiot » accompagné d'un câlin aurait suffit. L'attention me touche beaucoup en tout cas, mais quand je me lève pour aller le remercier je remarque que les rideaux autour de son lit sont fermés, signe qu'il est déjà couché et doit sans doute déjà dormir.

Dommage, je vais devoir attendre demain. J'aurais bien aimé lui montrer aujourd'hui à quel point ça m'a fait plaisir.

J'accroche le bijoux autour de mon poignet avant de m'endormir dès que mes paupières se ferment.

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Ce n'est que le lendemain, dans l'après midi que j'ai l'occasion de le remercier de son cadeaux, et par la même occasion passer un peu de temps avec lui. Nous sommes tout les deux assis à l'ombre des arbres, dans un coin reculé des pelouses pas très loin des quartiers d'habitation. Je suis assise dans l'herbe fraîche et Tom, à côté, est adossé à un tronc. Nos jambes sont emmêlées et nos mains se frôlent, le contact n'étant perdu que quand l'un ou l'autre tourne une page de son livre. J'aurais aimé pouvoir simplement me prélasser au soleil avec Tom à mes côtés mais en ce moment c'est quelque chose d'impensable. À la place nous révisons au grand air.

Je fini par m'allonger – la tête sur les jambes de Tom – pour continuer de lire et on se pose mutuellement des questions pour s'entraîner. Les rendez-vous amoureux des Érudits ne sont pas très conventionnel. En levant mon poignet, le fait scintiller les perles dans les rayons du soleil.

- C'est dommage que tu te soit couché aussi tôt hier.

- Parce que tu serais venu embrasser de devant tout le monde pour me remercier si j'avais été réveillé? dit-il se mettant à jouer avec des mèches de mes cheveux

- Probablement pas non, admis-je avec un moue.

Pendant un moment je continue de faire briller le bracelet au soleil et Tom de jouer avec la tâche de cheveux brun-roux étalé sur ses cuisses.

- Après l'initiation, on pourra se montrer ensemble n'est-ce pas ? finis-je par demander.

Tom acquiesce.

- Je ne veux pas me cacher parce que j'ai honte d'être avec toi. Comme tu le sais mes parents sont haut placés dans la faction, et je ne veux pas que tu puisses être accusée de quoique ce soit si on apprendre que tu sors avec moi.

J'apprécie sa sollicitude. J'ai un peu de mal à ce l'on doive toujours se cacher, j'aimerais pouvoir avoir des petits gestes d'attention pour lui quand j'en ai envie, que nos moments ensembles ne soient pas toujours planifiés mais je ne peux pas lui donner donner tord. Et je ne veux pas donner a Stéphanie une raison de plus de me pourrir la vie, elle se débrouille déjà très bien sans ça.

- Tes parents, tu vas aller travailler avec eux après c'est ça ? demandé-je

- Je sais qu'il y a un poste qui m'attend dans leur service. Quelque chose d'assez basique pour commencer, mais je pourrais monter les échelons. Il faut tout de même que j'ai de bons résultats, si quelqu'un arrive devant moi et veut ce poste, je ne sais pas s'ils pourront quand même me le réserver.

C'est dans ses moments là que je vois nos différences. Malgré ce que dit Tom, je suis certain que ses parents seraient capable de créer un nouveau poste juste pour lui. Il a au moins le mérite de travailler dur pour y arriver mais il sais qu'il aura toujours une certaine sécurité. Il ne pourra jamais finir à un mauvais endroit dans la faction.

Mes parents n'auraient pas agit comme ça si j'étais restée. Eux aussi ont un bon poste au sein de la faction. Pas autant que les Warder, mais un bon poste tout de même au tribunal de la ville. Ils n'auraient accepter que je travaille avec eux que si mon classement l'avait permis, sans dérogation possible. Et j'aurais fait une très mauvaise Sincères membre du barreau. J'attends toujours de voir quel genre d'Érudite je vais bien pouvoir devenir.

Tom continue de me parler un peu de ses parents, de leurs travaux, complétant ce que Ginny avait déjà pu me dire à leur sujet. Il parle même de me les présenter après l'initiation. Je n'ose même pas imaginer quel genre de gaffe je vais être capable de faire si je les rencontre. Les probabilité que je ne fasse pas une bonne impression dépassent largement le reste, et je suis douée en probabilité.

Voyant que je semble un peu nerveuse, il prend ma main pour la porter à ses lèvres. Un délicieux petit frisson me parcours le corps et je me redresse pour l'embrasser.

Quelques jours plus tard, Ginny se décide enfin à me révéler ce qu'elle à trouver dans l'ordinateur de Mr Kaplan. Dans un coin reculé de la mezzanine, elle me tend une feuille de papier pliée. À l'intérieur est imprimé une image de notre professeur d'Histoire des factions et de Cathie, tout sourire en train de se prendre dans les bras tendrement, Cathie sur ses genoux. Elle me tend une autre feuille et sur cette photo ils s'embrassent face à la caméra. J'ouvre la bouche de stupéfaction sans pour autant réussir à sortir un mot et mon regard fait des aller-retour en la feuille et le visage de Ginny

Voyant que ce n'est pas moi qui vais engager la conversation elle prend la parole, en veillant à ne pas parler trop fort.

- Les fichiers concernant ce qu'on à découvert la dernière fois avaient bel et bien disparus, mais dans ses dossier personnels j'ai quand même trouver ça, explique-t-elle en tapotant les feuilles du doigt. Il y en avait d'autre mais ces deux là étaient les plus intéressantes. Je dois avouer que je pensais avoir le nez fin pour deviner des choses sur les gens, mais Cathie me surprend autant que toi. En tout cas, elle va enfin pouvoir se rendre utile à quelque chose.

Je hausse les sourcils en signe d'interrogation.

- Je ne sais pas depuis combien de temps dure leur relation, mais si une telle liaison venait à être dévoilée en public ce serait le scandale de l'année dans la faction. Et si Stéphanie apprécie un tant soit peut Cathie comme elle le laisse entendre, elle retirera ses accusations contre toi sous peine de je révèle tout au conseil.

- Tu serrais prête à faire chanter Stéphanie avec ça ? Tu crois que ça peut marcher ? La questionné-je, même plus étonné par le genre de plan qu'elle peut être capable de mettre en œuvre.

- Les ennemis de mes amis sont mes ennemis. Et je n'ai jamais aimé ma cousine, alors ce n'est pas comme si ça me dérangeais de pouvoir me frotter à elle à nouveau.

J'ai presque l'impression que ça lui fait plaisir d'imaginer se confronter à Stéphanie.

- Mais il n'est pas marié monsieur Kaplan ? Je croyais l'avoir vu avec une alliance.

- Il me semble oui, confirme Ginny. La pauvre femme risque d'avoir un certain choc.

- Et ça ne te dérange pas de lui lancer tout ça au visage ? Devant toute la faction.

- Si elle ne s'en doutait pas déjà, elle aurait fini par l'apprendre d'une manière ou d'une autre. Que dit le manifeste Sincère à propos de la vérité déjà ?

- Qu'elle est comme les animaux sauvages, trop puissante pour resté enfermée dans une cage, répété-je de mémoire, forcée d'admettre que Ginny n'a pas tout à fait tord.

- Entre souffrir maintenant ou plus tard, autant arracher le pansement maintenant. Elle pourra commencer à s'en remettre plus vite comme ça. Et n'oublie pas que cela arrivera seulement si Stéphanie continue d'être aussi butée.

Le manque de tact de Ginny est parfois assez sidérant. Je suis triste pour cette femme dont les secret de couple risquent d'être dévoilés au grand jour mais je me sens un peu coupable aussi, car le soulagement que information puisse mettre fin à l'enquête prend le dessus.

- J'irais la voir ce soir ou demain, on sera rapidement fixées, me dit Ginny. Je te tiendrai au courant.

Avec Ginny, on ne peut jamais vraiment savoir à quelle point elle va déployer ses talents de diplomate. Parce qu'elle en a pourtant. Mais avec Stéphanie, je ne sais pas si elle va tenter de l'amadouer pour la faire aller dans son sens ou bien rentrer directement dans le rapport de force pour prendre l'avantage. Je lui fait confiance pour défendre mon cas, mais je n'ai aucune certitude du résultat final de tout ça.