Merci à Mara116 pour la relecture !

Et merci à ceux qui laissent un message, c'est vraiment gentil ! :)


Le mois de janvier était déjà bien entamé. Et Charlotte venait de se faire retirer son plâtre. Elle devait faire attention à son bras et Blaine était aux petits soins. Depuis qu'elle était revenue de ses vacances, il la couvrait de cadeaux, d'attentions, de baisers et de sourires. Il avait eu si peur pour elle. Au départ, elle avait adoré que son père fasse tout pour elle. Et elle pouvait l'avouer, maintenant, elle en avait un peu profité. Même beaucoup. Mais, elle commençait à en avoir marre. Son père ne la laissait même plus porter elle-même son cartable. Il l'accompagnait jusque dans sa classe pour déposer son cartable sur sa chaise. Si son père savait qu'elle faisait le poirier contre les murs de l'école, elle en était sûre, il tomberait dans les pommes. Mais, c'était son bras à elle et elle savait qu'il était guéri et fort. Elle avait demandé à M. Hummel, s'il pouvait glisser un mot à son père. Parce que M. Hummel était adulte et il pouvait influencer son père. Son père lui avait dit que M. Hummel et lui avaient été amoureux. Et il avait passé Noël chez M. Hummel. Alors, ils devaient être amis. Et son papa écoutait toujours ses amis.

Quand son père déposait son cartable dans la classe, Charlotte avait remarqué qu'il faisait toujours un signe à M. Hummel. Souvent c'était un petit geste de la main accompagné d'un sourire. Et M. Hummel lui répondait. Pourtant, Charlotte en était sûre, quelque chose avait changé. Avant qu'elle ne parte en France, elle entendait souvent la voix de M. Hummel dans le salon, le soir alors qu'elle s'endormait. Ils riaient beaucoup avec son père. Mais, depuis son retour, M. Hummel n'était pas venu une seule fois. Peut-être qu'il était occupé. De toute façon, son père n'avait pas beaucoup de temps. Il s'occupait d'elle. Et il s'était remis à jouer du piano. Il avait même inventé un morceau qu'il avait appelé Charlotte.

Charlotte écrivait toujours dans le cahier que M. Hummel lui avait donné au début de l'année. Mais elle avait pris la décision de ne jamais parler de son inquiétude à propos de l'amitié entre M. Hummel et son père ou du fait que son père passait un peu trop de temps à jouer du piano. Elle trouvait que c'était trop personnel pour en parler à M. Hummel et surtout, elle avait promis à son père qu'elle ne s'inquiéterait plus pour lui. Quand sa maman était malade, Charlotte s'inquiétait beaucoup pour son papa. Il était souvent triste. Et un jour, elle en avait parlé à sa maman. Elle lui avait dit que Papa était tout le temps triste et qu'il ne jouait jamais de piano. Elle lui avait même dit que quand Papa lui faisait des câlins, il pleurait parfois. Alors sa maman avait parlé à son papa. Et son papa lui avait dit :

- Ma Charlotte, tu es trop petite pour te faire du souci pour moi. Je veux que tu me promettes que tu ne t'inquièteras plus jamais pour moi. Tu ne te feras du souci seulement et uniquement pour toi. Dis, tu me le promets.

Elle avait promis et son papa lui avait fait un câlin. Mais aujourd'hui, elle s'inquiétait pour son père. Il fallait qu'il s'occupe de lui. Alors, elle avait pris une décision. Elle allait parler à son papa. Ce soir.

Il était seize heures et la cloche sonnait. Charlotte rangeait ses affaires dans son sac. M. Hummel fit sortir les élèves de la classe et les accompagna jusqu'à la sortie. M. Hummel guettait les parents d'élèves lorsque ses élèves partaient. Kurt vit Blaine arriver au loin. Il passait sa main gauche dans ses cheveux et cherchait Charlotte du regard. Kurt remarqua qu'il avait laissé son manteau ouvert. Blaine avait ses joues rougies par le froid. Il avait simplement posé son écharpe autour de sa nuque. Blaine s'approcha de la porte de l'école. Charlotte tira la manche du manteau de Kurt et lui signifia qu'elle rejoignait son père. Kurt lui dit bonsoir. Il regarda Charlie rejoindre Blaine. Ils étaient vraiment beaux ensemble, dans leurs manteaux assortis. Alors que Charlie parlait, elle referma un à un les boutons du manteau de Blaine. Puis elle noua son écharpe. Kurt sourit. Il n'arrivait pas à savoir si c'était Blaine qui apportait quelque chose à Charlie ou si c'était Charlie qui apportait quelque chose à la vie de Blaine. Probablement, les deux.

Blaine regardait sa fille courir vers lui. Lorsqu'elle arriva, il la prit dans ses bras. Il aimait sentir sa Charlotte contre lui après une dure journée. Et aujourd'hui, ce n'était pas sa meilleure journée. Charlotte lui avait remonté les bretelles. Papa, tu devrais fermer ton manteau et mettre correctement son écharpe. Tu vas tomber malade. Blaine lui avait caressé les cheveux. Les cheveux de Charlotte avaient drôlement poussé depuis qu'ils étaient arrivés à Lima. Il les avait tressés ce matin. Depuis qu'il arrivait à faire des tresses, il en faisait de toutes sortes et tous les jours à sa fille. Et la natte de Charlotte lui arrivait au milieu du dos. Il trouvait sa fille vraiment belle.

La journée de Blaine n'avait été qu'un enchaînement d'évènements nuls. Ses parents lui avaient téléphoné. Ils voulaient emménager en Californie, alors ils allaient rester chez Cooper encore quelques semaines. Puis, le directeur de l'école de musique lui avait dit qu'il allait devoir travailler le samedi. Durant le déjeuner, il avait taché sa chemise et avait été obligé de rentrer chez lui pour se changer. Il était arrivé en retard à son premier cours et tous ses cours de l'après-midi avaient été décalés. Alors, il avait dû courir pour arriver à l'heure à la sortie des classes. Pour se remonter le moral, il avait décidé de faire des crêpes.

Ils avaient marché jusqu'à chez eux, main dans la main. Charlotte avait raconté à son père sa journée dans les moindres détails. Blaine, comme tous les soirs, l'avait écoutée et réagi. La vie d'une enfant de huit ans n'était pas si passionnante. En arrivant à la maison, ils avaient, d'un même geste, accroché leurs manteaux, ôté leurs chaussures et rangé dans la boîte leurs écharpes, gants et bonnets. Charlotte s'était installée à la table et avait sorti ses affaires pour faire ses devoirs. Blaine s'était installé dans la cuisine et avait commencé la préparation de la pâte à crêpes. Puis, il avait fait une cinquantaine de crêpes. Il savait que sa recette était pour beaucoup trop de crêpes, mais sa recette était écrite par Camille et il n'arrivait pas à imaginer faire des crêpes sans cette recette. De temps en temps, il regardait Charlotte. Ca faisait cinq minutes que sa fille avait son crayon dans la bouche, elle regardait le mur des bons moments, le regard un peu vague.

- Tu penses à quoi, ma Charlotte ?, demanda Blaine.

Charlotte fit tomber le crayon de sa bouche. Elle se tourna vers son père.

- Papa, j'aimerais te parler.

Blaine coupa le feu sous sa crêpière et s'installa face à Charlotte en souriant. Charlotte ferma son livre et son cahier. Elle reboucha son stylo et le remit dans sa trousse.

- Papa, commença Charlotte, je pense que nous devrions organiser une fête !

- Ah ?, dit Blaine, étonné. Pourquoi ?

- Parce que tu passes tout ton temps libre à jouer du piano. Et parce que tu passes tout ton temps avec moi.

Blaine riait.

- Tu veux que j'arrête de jouer du piano et que j'arrête de passer du temps avec toi ?

Charlotte réfléchit. Elle commença une phrase. Puis s'interrompit. Elle prit une grande inspiration et quelques secondes avant de commencer à parler.

- Papa. Est-ce que tu te souviens toutes les fêtes qu'on faisait à New-York ?

- Oui.

Blaine et Camille avaient pris l'habitude d'organiser une fête dès que quelque chose de bien se passait dans leurs vies. Au départ, c'était des fêtes pour fêter leurs réussites aux examens, puis après c'était pour fêter la grossesse de Camille, puis la naissance de Charlotte. Ils faisaient des fêtes pour les anniversaires, lorsqu'un couple se formait parmi leurs amis, lorsqu'il faisait beau ou qu'il neigeait. Blaine avait organisé une fête à chaque fois que Camille était revenue à la maison, à chaque fois que son traitement fonctionnait.

- Pourquoi on ne fête plus rien ?

- Tu sais Charlotte, on organisait peut-être un peu trop de fêtes.

- Papa, je pense qu'on n'organise jamais trop de fêtes. Et en plus, on a des tas de trucs à fêter.

- Comme quoi ?

Blaine écoutait attentivement sa fille. Il se rendait compte qu'elle n'était plus du tout une petite fille.

- Déjà, je n'ai plus mon plâtre. Et ça se fête. Ensuite, c'est bientôt ton anniversaire et tu ne peux pas avoir ton anniversaire sans gâteau !

- J'approuve, dit Blaine en s'enfonçant dans sa chaise et en croisant les bras.

- En plus, personne n'est venu fêter notre déménagement. Et il faut aussi fêter mes bonnes notes. Il faut fêter qu'il a arrêté de neiger. Il faut fêter tes retrouvailles avec tes anciens amis.

- Tu m'as convaincue ! Organisons une fête !, dit Blaine en se levant.

- Attends Papa !

- Qu'est-ce qu'il y a, ma Charlotte ?

- Est-ce qu'on a le droit de faire la fête ?

- Bien sûr ! Pourquoi tu demandes ça ?

- Par rapport à Maman. Tu n'as pas oublié. C'est bientôt son anniversaire, aussi…

Blaine se rapprocha de sa fille. Il était né le quatre février. Camille était née le six. Alors, ils avaient l'habitude de faire une grande fête le cinq. L'année dernière, Camille était sortie de l'hôpital exprès pour la fête et Charlotte avait eu le droit d'y participer. Elle avait même manqué l'école le lendemain. Elle s'était endormie entre ses parents dans le lit de son père. Il s'en souvenait très bien. Et elle aussi. Elle avait accroché une photo de cette soirée dans sa chambre. C'était une photo d'elle et de Camille. Leurs yeux pétillaient et Camille malgré la fatigue apparente sur la photo semblait en pleine santé.

- Charlotte, tu sais, je crois vraiment que Camille adorerait qu'on organise des fêtes. Et peut-être qu'on pourrait fêter son anniversaire pendant la fête. On prendrait une minute ou deux, tous les deux, pour penser à elle et on mangerait son gâteau préféré !

- Bonne idée, Papa ! Comme ça, elle sera toujours un peu avec nous ! Et aussi parce que son gâteau préféré, c'est …

- Ton gâteau préféré, ma grenouille !

Ils passèrent leur soirée à planifier la soirée en mangeant des crêpes. Charlotte savait que son papa irait mieux. Il allait toujours bien pendant une fête. Une fois, sa maman lui avait dit, mais c'était il y a longtemps, qu'elle était tombée amoureuse de Blaine pendant une fête pendant qu'il dansait. Et Charlotte avait dit à sa maman qu'elle avait raison. Son père était vraiment beau quand il était heureux. Quand il dansait pendant une fête.

Charlotte avait convaincu son père. La soirée serait le samedi après son anniversaire. Ils inviteraient des amis de Charlotte l'après-midi et le soir ils feraient une vraie fête. Ils avaient envoyé un email à leurs invités pour les prévenir et Charlotte avait fabriqué des cartons d'invitation pour ses amis. Le lendemain, elle les distribua dans sa classe. Elle en posa un sur le bureau de M. Hummel. Comme tous les autres, il avait dû recevoir un email, mais Charlotte voulait qu'il ait un carton d'invitation comme Rachel et comme Burt. Elle avait indiqué dans les cartons de Rachel et de Burt qu'il pouvait venir avec leurs amoureux.

Lorsque Kurt découvrit la petite enveloppe rouge sur son bureau, il sourit. Il avait vu Charlie les distribuer à toute la classe. Il décolla l'autocollant en forme de chat qui retenait la partie arrière de l'enveloppe artisanale et il trouva une carte. Il reconnut l'écriture de Blaine. Blaine avait donc écrit les cartons d'invitation de Charlie. Et il s'était appliqué.

Bonjour, je suis Blaine Anderson, avec ma fille Charlotte (ou Charlie) Anderson, nous organisons une fête. Nous avons beaucoup de choses à fêter. Et nous espérons que tu pourras venir les fêter avec nous. La fête a lieu samedi prochain, chez nous. N'apportez rien ! Charlie & Blaine. P.S. : La fête commence à quinze heures et finira vers vingt heures.

La veille, Kurt avait reçu un email de Charlie :

Bonjour, c'est Charlie Anderson. Avec mon papa, Blaine Anderson, nous organisons une grande fête pour fêter l'anniversaire de Papa, manger du gâteau, mais aussi fêter des milliers de choses ! Vous êtes invités. La fête commencera vers vingt heures finira quand on sera fatigués. Papa me dit d'écrire que les amis de New-York peuvent dormir dans ma chambre. La soirée a lieu samedi prochain dans notre appartement de Lima (dans l'Ohio). A bientôt, Blaine & Charlie.

Pendant toute la semaine, Charlotte n'avait fait que de parler de la fête à venir. Blaine ne l'avait pas vue aussi rayonnante depuis des mois. Ils avaient été acheter des ballons, des décorations. Ils avaient préparé des mini-quiches, mini-pizzas, mini-croque-monsieurs, mini-hamburgers, mini-cupcakes, mini-cookies. Ils avaient préparé des jeux à faire avec les amis de Charlotte. Et des playlists pour la soirée des adultes.

Lena avait téléphoné le lundi et avait demandé à parler à Charlie. Elle lui avait dit qu'elle viendrait à sa soirée et qu'elle avait pris des billets pour Chuck, Olivia et Dan. Les meilleurs amis de ses parents seraient là pour la première fête que Charlie organisait. Et surtout, et Charlie en avait pleuré de joie, il lui avait demandé s'il pouvait venir dès le vendredi soir pour passer tout le week-end à Lima. En voyant sa fille pleurer, Blaine avait récupéré le combiné du téléphone.

- Allô ?

- Blaine, c'est Lena.

- Salut Lena ! Qu'est-ce que tu as dit à Charlotte pour qu'elle pleure ?

- Oh, je suis désolée, je ne voulais pas la faire pleurer. Je lui ai dit que je viendrais dès le vendredi pour passer le week-end entier à Lima. Et que je venais avec Chuck, Dan et Olivia.

- Ca va être vraiment génial ! J'ai hâte de vous voir tous !

- Vous nous manquez à New-York, tu le sais, Blaine ?

- Vous me manquez aussi. Et vous manquez à Charlotte. New-York aussi nous manque. Mais tout est plus simple, ici. Et c'est moins douloureux.

Il y avait eu un silence. Lena était la meilleure amie de Camille. Elle avait toujours été là pour elle, mais aussi pour Blaine et pour Charlotte.

- Blaine, je peux te dire quelque chose avant qu'on arrête d'en parler ?

- Oui.

- J'ai regardé des photos l'autre jour. Je suis tombée sur des photos de votre mariage. Vous étiez si beaux. Elle avait l'air d'aller tellement bien… Voilà, on arrête d'en parler. On a tout prévu. On a pris un hôtel, loué une voiture. Mais vendredi soir, on arrive pour dîner chez vous !

Le vendredi matin, Charlotte explosait de joie. Elle était excitée. Elle avait hâte de revoir tous les amis de New-York. Elle avait hâte de faire la fête. Elle avait même rangé sa chambre sans que son père lui demande. Sur le chemin de l'école, elle n'arrêtait pas de répéter à son père qu'elle avait hâte de faire la fête. Blaine était heureux. L'organisation de la fête avait réussi rendre la journée de l'anniversaire de Camille moins douloureuse. Charlotte n'en avait pas reparlé.

Alors que Charlotte entrait dans l'école, le téléphone de Blaine sonna. C'était l'école de musique.

- Allô ?

- Blaine, c'est Fred. Je ne serai pas à l'école de musique aujourd'hui. Donc je t'appelle pour te demander si tu n'as pas oublié que tu travailles le samedi désormais. Tu n'avais pas oublié ?

Blaine l'avait complètement oublié…

- Non, non. Je n'ai pas du tout oublié.

- Cool. Demain, tu n'as que trois cours. Deux cours de solfège et un cours de piano. C'est de dix heures à onze heures pour le premier cours de solfège et ensuite, c'est de quinze heure trente à seize heure trente et le piano c'est de dix-sept heures à dix-huit heures. Je t'envoie un email pour que tu aies les horaires et les salles. A lundi, Blaine.

- A lundi…

En raccrochant, Blaine avait une mine déconfite. Il avait oublié qu'il travaillait le samedi. Et il avait promis à Charlotte sa fête entre amis.


Prochain chapitre :vendredi !