Shishido ramena sa main contre sa poitrine. Et merde… il savait qu'il aurait du aller à l'hôpital dès le début… Mais l'enchaînement des évènements lui avait fait perdre le fil… Et le voilà qui douillait méchamment. Choutarou tendit ses mains vers lui pour voir la main qu'il dissimulait mais il le repoussa sans ménagement.

-C'est rien, t'occupes !

-Mais Shishido-san…

-J't'ais dis que c'est rien alors c'est rien.

Et il le planta là pour prendre la direction de la salle de bain. Il attrapa un tube de crème apaisante et en fit couler un peu sur les doigts de sa main valide pour en enduire ses phalanges douloureuses.

-J'ai sans doute sous estimer la graviter de ce petit « bobo » comme même…

Et en effet sa main était enflée, et les écorchures provoquées par la rencontre avec un arbre avaient été sérieusement aggravées par son match et ses politesses envers le casier. Bref c'était moche, ça suintait et ça faisait mal… Shishido soupira, il allait bien se faire engueuler par l'entraîneur… Il avait mal dès qu'il pliait les doigts, impossible de tenir une raquette dans ses conditions, c'était bien ça veine. Et merde !!! Le tournoi ! Il allait devoir déclarer forfait. Ca c'était vraiment chiant, au premier tour, ça allait faire de lui le… alors il avait passer le premier tour…il y avait dans les 120 participants… Aie, c'était pas un score très glorieux !

-'Chier !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Son poing partit s'abattre contre la porte. Non !!! Pas celui là !!! Trop tard…

-AAaaaaaaaaaarrrggggggggggggg !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Bordel de merdeuuuuuhhhh !!!!

Dans son hurlement il parvient tout de même à percevoir la voix qui le hélait de l'autre côté de la cloison :

-Shishido-san ? Vous êtes sur que ça va ?!

-Ouiiiiii trèèèès biiiieeeennn !!!

-J'entre.

-Non ! Non ! C'est bon je t'assure !

-Ne faites pas l'enfant voyons !

Et il ouvrit la porte à la volée.

-Qu'est-il arriver à votre main ? J'avais vue qu'elle était bandée, mais il ne faut pas la laisser dans cet état !! Allons tout de suite à l'hôpital !

-C'est rien, je l'ai désinfectée, y'a plus qu'a attendre que le temps fasse son œuvre…

Choutarou soupira, il avait gagner en maturité d'une certaine façon, ne dit-on pas que les voyages forme la jeunesse ? D'ailleurs en parlant de ça…

-Choutarou ? Il faudrait que tu me raconte ce qu'il c'est passer durant cette année…

Il ne répondit pas et se contenta d'hocher la tête, sombre.

-C'est pas dans la seconde, mais il faut que l'on soit honnête l'un envers l'autre je pense…

-Vous avez raison… Alors disons que…

Mais Shishido posa un doigt sur ses lèvres pour le faire taire.

-Pas tout de suite ce n'est pas le meilleur endroit pour parler, et puis tu dois avoir faim, en tout cas moi oui, et je dois appeler mon entraîneur avant d'oublier.

-Votre entraîneur ? demanda-t-il surpris.

-Bah oui… tu te rappels qu'un recruteur était venu le jour où tu as disp….euh… où tu es parti ?

-Oui Jiroh m'en a parlé, il l'a recruté avec Atobe-san.

-Pas seulement. Moi aussi en fait.

-Heiiiiin ?! Pourquoi avoir refusé ? s'exclama Choutarou perplexe.

-J'ai jamais dit que j'avais refusé !

-Pourtant, Jiroh, il…Il maqua une pause avant de reprendre. Vous croyez qu'il m'a mentit ?

Le brun était furax, alors c'était donc ça ? Jiroh allait le lui payer ! La colère montait en lui tel que volcan passant de l'état endormi à l'éruption et ceux en moins de temps qu'il le faut pour le dire. A priori l'effet devait se répercuter sur son visage car le avisa Choutarou qui faisait un pas en arrière, mu par son instinct de conservation.

-Jirooooooooh !! Tu vas me le payer ! Choutarou en fait je crois que ça ne va pas pouvoir attendre… Raconte-moi tout et maintenant !

Le grisé embarrassé ne savait pas vraiment par où commencer, et surtout comme éviter la colère de son sempai.

-Je crois que le plus simple serait de vous montrer… Chez moi…euh…

-Tu me narres route.

Le cadet hocha la tête, et Shishido enfila rapidement ses chaussures. Et ouvrit la porte qui donnait sur le garage pour aller chercher son vélo, mais avisant le mine soucieuse de son compagnon, il renonça, il devrait être patient.

Ils cheminèrent donc à travers rue côte à côte, Shishido ne disait rien, il écoutait Choutarou qui débitait sans discontinuait. Il s'empourprait régulièrement, bégayait souvent, surtout quand il explicitait ses sentiments. Il lui racontait à quel point, il lui avait manqué, comment il avait continué à jouer au tennis avec des baobabs en guise de mur d'entraînement, détail qui lui arracha un rire. Puis avec de grands gestes son cadet lui peignit les gens qu'il avait rencontrés, les paysages qu'il avait admiré. Le brun en finit même par oublier sa colère devant tant d'éloquence et d'enthousiasme.

Plus tôt qu'il ne l'aurait pensé, ils furent arrivés devant chez Choutarou. L'aîné se stoppa laissant le grisé gravir le perron, et ouvrir maladroitement la porte, avant de se retourner pour l'inviter à le suivre dans un sourire. Rien ne semblait avoir changer depuis la dernière fois qu'il était venu, c'est-à-dire juste après avoir eu la lettre de celui qui se tenait aujourd'hui devant lui, enfin.

-Ne faites pas attention au désordre s'il vous plait, j'ai pas eut le temps de ranger, et j'était un peu charger…

En effet une fois le couloir d'entrée franchit, le brun découvrit le salon complètement envahit par des sacs de voyages, et des caisses hermétiquement fermées, le sol était joncher par endroit de terre rouge et jaune.

-Mais tu as ramené toute l'Afrique avec toi ma parole !

-Euh… presque… En fait on a beaucoup bougé, et au fur et à mesure on a du changer d'équipement… et puis j'ai pris beaucoup de photos… j'ai écrit et dessiner aussi même si je ne suis pas très doué… et fatalement des souvenirs…

-Tu t'es trimbalé avec ça partout ?

-Disons plutôt que c'était en dépôt, j'ai pensé que je devrait profité de mon retour pour les rapporter… d'autant qu'il y a des choses pour vous, et puis les autres aussi…

-Pour Jiroh également je suppose ? demanda-t-il acide.

Choutarou se mordit la lèvre et baissa la tête. C'était un oui visiblement. Le brun soupira et posa une main sur sa tête pour l'apaiser. Celui-ci releva son visage vers lui, et se dégagea pour poser ses lèvres sur les siennes. Juste un bisou, puis il se déroba et alluma l'écran puis l'unité centrale de l'ordinateur.

-Donc comme vous le savez nous avons échangé pas mal de mails… je ce sera plus facile de vous montrez, surtout que je… enfin je ne suis pas sur de tout… je voudrais pas déformer…

-T'inquiet je sera impartial…

Vu son regard il n'en croyait pas un mot, mais bon, d'un côté il n'avait jamais pu rien lui cacher… La session chargea rapidement, et il lança sa boite mail.

-Alors allons s'y.