Salut à vous ! Voici un nouveau chapitre, qui me paraît un peu désordonné, mais Kate est dans cet état et je trouvais que, de cette manière, je transcrivais mieux ses sentiments. Merci encore à tous ceux qui me lisent, oui oui, même vous, tapis dans l'ombre, qui ne laissaient pas de commentaire, j'apprécie de savoir que certains d'entre vous sont toujours là, même si mon histoire n'avance pas trop vite, mais je préfère ne pas être trop rapide avec eux, vous les connaissez, ils ne sont pas si faciles ! ;)
Merci en tout cas à ceux qui, en plus de lire, me laissent un petit mot, j'adoooore vraiment trop ça et je suis triste quand j'en découvre seulement 1 ou 2 ... Heureusement que mes habitués sont là ! :D Vous me mettez du baume au coeur ! :)
Caloub38 : Je suis très contente que tu arrives à lire ainsi dans mes personnages, cela signifie que je fais bien mon travail et que les sentiments passent assez naturellement, ça me va ! :) Je ne sais pas vraiment qui va craquer en premier ... Il va falloir que je réfléchisse sérieusement à ça, surtout que je ne veux pas vous décevoir !
Situation : c'est la continuité du chapitre précédent. Pas de surprise ! ;)
NB un peu compliqué aujourd'hui (pas trop quand même ! :p) : la première série de "..." au début et à la fin montre le minuscule retour en arrière. La seconde fois que vous trouvez les fameux "...", c'est parce que je passe d'un personnage à un autre. J'espère que j'aurais été assez claire ! :)
Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à laisser votre avis à la fin ! :)
Elle resta là, assise, les larmes au bord des yeux. Elle avait tenté de le retenir, elle avait réellement essayé. Elle avait effleuré sa main pour le garder auprès d'elle. Mais malgré cela, malgré la douceur de ce contact et la myriade d'émotions qu'elle avait ressentie, il était parti. Il l'avait laissée là, toute seule, attristée et désemparée.
Qu'avait-elle fait ? A quel moment était-il devenu si distant et si froid avec elle ? Qu'avait-elle dit dans la conversation pour qu'il lui en veuille autant ?
Elle s'en voulait en tout cas. Elle rit en retenant ses larmes. Au moins, ils étaient deux à en vouloir à la même personne. Un lien. Qui les reliait sans raison. Mais elle en était heureuse, parce que c'était quelque chose dans son néant.
...
Le poste l'avait appelée. Pour la prévenir qu'il y avait un suspect qui désirait lui parler, et uniquement à elle. Elle avait un peu rechigné, puis elle avait dit qu'elle viendrait bientôt. Castle, à côté d'elle, avait le visage fermé après sa dernière déclaration.
Ce n'est peut-être pas une bonne idée … avait-elle dit. Elle l'avait pensé. Et il lui en voulait de penser ainsi. Il lui en voulait tant …
Il avait quitté les balançoires juste après qu'on l'ait appelée du poste. Elle lui avait expliqué qu'elle devrait partir bientôt mais qu'elle avait encore un petit moment. Et elle avait dit cela en souriant. Il avait eu envie de pleurer et de l'embrasser en même temps. Parce qu'elle ne semblait même pas se souvenir du refus qu'elle lui avait fait subir. Et parce qu'elle était incroyablement belle et majestueuse quand elle souriait comme cela.
Il avait feint un rendez-vous urgent. Il était parti, sans un regard vers elle car ça lui aurait probablement encore plus brisé le cœur. Il s'en était allé, les mains vides, l'esprit tout autant chargé. Le manuscrit sous le bras, il s'en était retourné. Et il espérait sérieusement qu'elle allait accepter. C'était son seul espoir. Il avait tout misé dans cette partie, et s'il perdait … Comment allait-il pouvoir se rattraper ? Pouvoir se relever ? Pouvoir survivre à son refus ? D'ailleurs, il y repensa, elle avait dû autant souffrir face au rejet qu'il lui avait fait subir. Comment l'avait-elle supporter ? Il y pensa à cet instant. Une pensée, qui ne dura pas longtemps. Parce qu'elle s'en était remise et lui était sûr qu'il ne le pourrait pas si elle disait non. Il ne se connaissait que trop bien.
Il rentra chez lui, à pied, pour se vider la tête. Parce que ça lui était vraiment nécessaire.
...
Elle ne bougea pas après son départ précipité. Elle entendit l'orage en loin, son téléphone sonna une nouvelle fois, mais elle n'esquissa aucun geste pour répondre. C'était trop tard. Elle avait encore tout gâché.
Elle se prit la tête dans les mains et elle jura contre elle-même. Et puis contre lui, aussi, parce qu'elle ne savait pas pourquoi il lui en voulait, pourquoi il était fâché, pourquoi il était si dur avec elle. Peut-être parce qu'elle n'était pas sa Kate ? Mais elle ne le serait jamais, il fallait qu'il se fasse une raison, et ce n'était pas sa faute à elle, s'il la voyait plus parfaite qu'elle n'était. Elle n'y pouvait rien. Elle était encore une fois impuissante. Et cela la désola davantage. Comme si c'était possible …
Les gouttes tombèrent sur son crâne. Elle releva la tête, et elles éclaboussèrent ses joues. Elle laissa aller ses larmes. Pourquoi les cacher ? Personne ne pouvait les voir et personne ne les verrait. Puisqu'elle était seule, puisque Rick l'avait abandonnée. Les gouttes tombèrent les unes après les autres, en rythme, lentes mais rageantes, coups donnés sur sa peau, comme un millier de petites gifles fermes mais étrangement aimantes. Elle sourit à la pluie. Parce qu'elle semblait la comprendre et lui dire de ne pas se laisser abattre. Qu'elle pouvait tout recommencer.
Elle y crut et elle finit par partir quand elle fut suffisamment trempée.
Elle marcha sous le poids des gouttes qui plaçaient tant d'espoir en elle. Elle laissa ses pas la guider jusqu'au commissariat où elle se réfugia. Elle y était toujours aussi bien. Son antre où elle aimait à penser librement. Là où elle le verrait tous les matins si elle acceptait sa proposition. Parce qu'en réalité, elle était la seule à décider. Les supérieurs ? Elle n'en avait que faire. Elle était la supérieure ici, point final. La décision relevait uniquement de son choix. Et c'était encore plus déstabilisant.
Elle sentait le trouble monter en elle, comme la proie peut arriver à flairer le danger, sans même pouvoir réellement l'apercevoir et l'éviter. Tapi dans l'ombre, qui la guette et s'apprête à se jeter sur elle dès qu'il sait qu'elle n'est pas assez attentive. Ou trop vulnérable.
Qu'allait-elle faire ? Si elle lui disait oui, c'était être obligée de le voir tous les jours, de le supporter alors même qu'il lui avait brisé le cœur tant de fois déjà ... C'était devoir prendre toutes les responsabilités au cas où il lui arrive quelque chose. Et s'il lui arrivait quelque chose, elle s'en voudrait à jamais. Parce que cela aura forcément été sa faute. Elle ne pourrait le supporter.
Mais, en même temps, refuser, c'était se planter un couteau dans le cœur et faire ce qu'elle n'avait aucune envie de faire. C'était se refuser l'amour suprême, le Saint Graal, la vision de son idéal quotidiennement. Elle en avait bien besoin de cette vision, de sa présence pour surmonter tout ce que la vie avait de difficile à lui offrir. C'était plus que nécessaire. C'était devenu vital.
Elle voulait pouvoir se délecter de la vue de son corps parfait tous les jours de tous les mois de toutes les années de toute sa vie. Elle voulait en apprendre plus sur lui. Cela lui semblait être simplement de la curiosité. Une curiosité naïve et innocente. Mais, au fond d'elle, elle savait bien que c'était plus que cela.
Elle alla voir les Gars. Elle savait qu'ils seraient de bon conseil et qu'ils l'aideraient à démêler le bazar qui avait pris forme dans son esprit. Elle s'approcha, le pas léger et le cœur lourd, de leur bureau. Quand elle fut près d'eux, les deux hommes levèrent la tête vers elle et la sondèrent du regard. Le même éclat d'interrogation brillait dans leurs pupilles surprises. Ils n'étaient pas amis pour rien … Et elle les aimait pour les mêmes raisons.
-Beckett ? Tout va bien ? Demanda Ryan qui la scrutait plus intensément que son coéquipier. Face à ce regard qui semblait la parcourir de part en part, elle ne put retenir plus longtemps son questionnement intérieur.
-C'est … Richard Castle m'a demandé s'il pouvait venir travailler au poste avec vous pour ses recherches, parce qu'il envisage d'écrire un nouveau roman inspiré de notre univers de trav...
-Quoi ?! Ronchonna Esposito. Rassure-moi, tu ne comptes pas nous laisser nous occuper de ce gamin insupportable pendant que tu te la couleras douce dans ton bureau ?!
-Javier ! S'indigna Ryan. Arrête enfin ! Il n'est pas si pénible que cela …
Kate resta interdite devant la dispute de ses deux collègues. Ryan disait ce qu'il pensait : l'écrivain avait été plutôt agréable, malgré son manque flagrant de maturité, lorsqu'il avait enquêté avec eux. Et puis, il fallait bien l'avouer, il les avait aidés à résoudre le meurtre. Mais, en plus de rappeler la vérité, il avait vu ce comportement étrange qu'avait sa supérieure depuis que Richard avait débarqué dans sa vie et chamboulé tout ce qu'elle avait construit. Il avait bien vu dans ses yeux, quand elle leur avait posé la question, qu'elle mourrait d'envie qu'ils acceptent pour qu'elle puisse inclure le romancier dans leur équipe. Il avait vu à quel point la réplique de Javier l'avait déstabilisée dans ses certitudes. Et vraiment, alors qu'elle commençait à être heureuse, il n'aimait pas ça. Parce qu'il avait été le seul à pouvoir lire en elle tout le respect et l'amour qu'elle portait au charmant écrivain qui semblait la faire fondre et la dérouter tout autant, qui avait su lui faire retrouver le sourire après tout ce temps passé les lèvres scellées en cette moue indifférente qui ne l'avait pas quittée. Il avait observé, petit à petit, les vieilles habitudes de sa chef revenir : sa rêverie, cet éclat d'espoir dans son regard, ces détails qui la rendaient plus coquette, tout ce qu'elle faisait pour lui - et surtout pour lui plaire - sans même s'en rendre compte. Mais l'inspecteur s'en était aperçu, lui, et cela l'avait profondément ému. Elle était doucement redevenue celle qu'il aimait qu'elle soit.
Il donna une tape sur l'épaule de son coéquipier, s'excusa auprès de Beckett et, attrapant Esposito par le bras, l'amena dans la salle de pause pour discuter plus amplement de ce sujet avec lui.
Quand ils furent seuls et qu'il eut correctement refermé la porte juste derrière eux, il commença son sermon à voix basse.
-Non mais tu es idiot ou tu le fais exprès ?! Tu ne vois pas que l'écrivain lui a tapé dans l'œil et la rend sérieusement heureuse ?!
Les poings sur les hanches, il fusilla du regard Javier qui, sans voix, resta pantois face à la déclaration de son ami.
-Comment le sais-tu ? Elle te l'a dit et pas à moi, c'est ça ?
Ryan leva les yeux au ciel et souffla, énervé par le manque flagrant d'intérêt que son camarade semblait porter à leur chef.
-Mais non, elle ne me dirait jamais un truc pareil, tu la connais aussi bien que moi. J'ai vu les signes, c'est tout … Tu ferais mieux d'être un peu plus attentif, Espo … Écoute, tu vas retourner là-bas avec moi et tu vas clairement lui faire comprendre que tu ne pensais pas ce que tu disais tout à l'heure.
-Mais …
-Pas de mais ! Je sais que ça t'embête; pourtant, que préfères-tu ? Le bonheur de Beckett et celui de Castle, ou ton petit bonheur égoïste ?
Javier tourna la tête vers leur bureau, où Beckett était restée, sans bouger, les larmes aux bord des yeux. Elle avait espéré. Elle pensait que c'était gagné, qu'ils diraient oui. Mais elle s'était trompée. Tout comme elle s'était trompée en pensant que Castle était prêt à l'accepter quand elle s'était penchée pour l'embrasser. Maintenant, elle n'était plus sûre de rien. Javier avait réussi à la faire douter. Et elle désespérait sérieusement. Elle n'avait pas assez confiance en elle, en ses sentiments, en ceux de son écrivain pour pouvoir surmonter tout cela avec facilité.
Espo l'observa encore et il put lire la tristesse et l'incompréhension dans le regard de sa partenaire. Elle était déboussolée. Elle était dans tous ses états. Comment avait-il fait pour ne pas le voir ? Pour le rater ? Il la connaissait pourtant si bien … Il la scrutait toujours pour tenter de la deviner, de la percer à jour. Depuis quand n'avait-il pas essayé de la comprendre ? Comment avait-il pu se laisser aveuglé par autre chose ?
Il considéra son coéquipier, les prunelles pleines de peine et de regret. Kevin détourna le regard et lui tapa sur l'épaule, compatissant.
-Allez, viens par là Bro, ce n'est pas si grave …
Ils sortirent ensemble de la salle de pause. Kate, qui n'avait pas bougé d'un iota, les vit arriver vers elle et ils purent lire l'inquiétude dans ses yeux fatigués.
Ils lui sourirent, pour la rassurer, et elle se détendit un petit peu. Ils se rassirent sur leur chaise respective puis la contemplèrent à nouveau.
-Moi, je suis d'accord pour qu'il reste avec nous. Il est très agréable et il nous aide bien dans le travail. Pas vrai, Espo ?
Il se tourna vers son collège, lui lança un regard entendu et ce dernier hocha la tête, l'affection peint sur ses traits. Un beau menteur, en somme.
-C'est vrai, il est un peu gamin, mais il travaille très bien. Vous feriez mieux d'accepter sa proposition, Beckett.
Elle les étudia un instant depuis son piédestal. Ils étaient là, confiants et lui réchauffaient le cœur. Elle leur sourit en retour, leur fit un petit signe discret du menton et retourna dans son bureau.
Elle ferma la porte et se plaqua contre le verre frais. Elle avait ressenti tellement d'émotions en si peu de temps qu'elle avait du mal à s'en remettre. Comment avaient-ils pu la rendre aussi méfiante de ses sentiments ? Elle s'était laissée porter par les paroles de Javier et elle s'était perdue un temps … Finalement, quand ils étaient revenus, tout sourire, ils l'avaient tirée de cette rêverie mortelle et intolérable dans laquelle elle s'était plongée sans réfléchir. Qu'aurait-elle fait s'ils avaient refusé son offre ? Rien de bon, pensa-t-elle. Non, elle lui aurait quand même permis de pénétrer dans leur intimité, elle en était persuadée à présent qu'elle s'était quelque peu calmée et détendue.
Et puis, elle pouvait bien se l'avouer, ici, maintenant, alors qu'elle était seule et qu'elle n'avait personne à qui mentir. Personne qui la jugerait, personne qui lui en voudrait.
Elle aimait Richard comme elle n'avait jamais aimé personne. Et c'était aussi bon que cela lui paraissait mauvais. C'était un poison dont elle ne pouvait se passer, le venin le plus parfait et le plus redoutable. Oui, cet amour qu'elle éprouvait pour lui était dangereux, parce que Castle était un homme, et même s'il était différent des autres, il restait un homme.
Et s'il lui brisait le cœur ? Elle ne s'en remettrait jamais ... Et s'il partait avec une autre ? Alors elle perdrait à nouveau goût à la vie ... Et si elle se lassait de lui ? Ça, elle savait très bien que ce n'était pas possible. Parce qu'elle se connaissait, parce qu'elle connaissait ses sentiments et leur nature imprévisible. Mais quand ils étaient là, quand ils venaient se fracasser contre son âme sensible et fragile comme ils se seraient fracassés contre un rocher solide, elle ne pouvait rien contre eux.
Résignée, tout aussi heureuse que morose, elle lui envoya un message.
Elle souffla, comme si ce qu'elle venait de se révéler avait été une épreuve physique et émotionnelle bien trop importante que ce qu'elle ne pouvait supporter.
Un sourire et une larme prirent naissance sur son visage. Et s'il refusait ? C'était ce que la larme semblait vouloir dire. Et s'il acceptait ? Le sourire était là pour cela, bien sûr. Parce qu'elle ne voulait que cela. Qu'il accepte. Elle ne respirait, ne se levait, ne se recouchait que pour cela. Elle ne vivait plus que pour cela. Qu'importe ce que les autres disaient, qu'importe ce que les autres pensaient, elle s'en moquait éperdument, puisque aucun d'entre eux n'avait pu la sauver comme lui avait su le faire.
...
On se voit demain au poste.
Richard se mit à sourire comme il n'avait pas souri depuis longtemps. Cette phrase. Elle avait prononcé exactement la même lorsqu'elle avait accepté qu'il retravaille avec elle après la trahison qu'il lui avait fait subir en enquêtant sur le meurtre de sa mère sans son accord. C'était son passé qui venait titiller son agréable présent.
Il secoua la tête comme un gamin. Elle était elle. Elle était cette autre. Elle était une chose parfaite, la femme que tout homme mérite de découvrir un jour. Un matin, comme un cadeau tombé du ciel, sur le pas de sa porte. Une femme. Aussi parfaite que Beckett pensa-t-il. Enfin, pas tant que ça, parce que ses imperfections faisaient parties de son charme tout de même. Il ne pouvait le nier. Et c'était pour cela qu'il l'aimait.
