Chapitre 14
Lydia relâcha son frère quand ses sanglots se furent doucement calmés. Elle essuya les traces de ses propres larmes d'un revers de la main et ne put lever la tête vers son frère pour le regarder. Elle se sentait coupable d'avoir abandonné Derek et d'avoir préféré s'enfuir et se sauver elle au lieu de l'aider. Elle savait que c'était de sa faute si le loup-garou ne s'en était pas sorti et elle ne pourrait pas assumer les regards accusateurs si…
« Scott ! » appela brusquement Stiles d'une voix étranglée, sortant ainsi Lydia de ses remords.
Le loup-garou déboula dans la pièce quelques instants après et ne mit pas longtemps à comprendre que quelque chose de grave était arrivé. Il suffisait de voir les larmes qui coulaient encore des joues de Stiles et celles que Lydia tentait tant bien que mal de cacher pour s'en apercevoir.
« T'étais au courant, pas vrai ?! s'énerva Stiles contre l'autre homme sans véritable raison. T'es un loup-garou, t'es obligé de l'avoir senti ! »
Le jeune humain pointa son doigt tremblant sur Scott et continua à lui crier dessus, sans faire attention aux larmes qui coulaient inlassablement de son visage et lui floutaient la vue.
« Pourquoi t'as rien fait ? T'aurais pu l'aider ! T'as préféré choisir Allison plutôt que lui, c'est ça ?! Tu l'as déjà complètement oublié ?!
-Stiles, mais de quoi tu parles ? tenta de le calmer Scott en le repoussant légèrement.
-Va le chercher, il y a peut-être encore de l'espoir… continua Stiles comme si Scott n'avait pas pris la parole. Pourquoi tu m'as rien dit, hein ? Pourquoi t'as voulu me cacher ça ?! »
Stiles s'approcha du loup-garou sans prévenir et lui abattit son poing dans la figure. Scott n'avait pas eu le temps de réagir et il grimaça de douleur, légèrement sonné.
« Stiles, arrête ! » intervint Lydia en tentant de retenir son frère qui levait à nouveau son poing, prêt à frapper à nouveau.
Scott récupéra ses réflexes et saisit le bras de Stiles.
« Mais qu'est-ce qui te prend ?! s'écria-t-il, ne comprenant rien à la situation.
-Tu sais très bien ce qui se passe. Derek, il-il est…»
Stiles ne put terminer sa phrase et il sentit qu'il ne pouvait plus résister face à la situation plus longtemps. Ses genoux flanchèrent et Scott le retint juste à temps, afin qu'il ne tombe pas par terre. Stiles se sentait complétement accablé par la situation et il ne savait plus comment lutter contre la tristesse qui, comme un étau, se resserrait autour de son cœur toujours plus fort.
« Stiles, il faut que tu viennes avec moi », lui chuchota Scott d'une voix qu'il voulait réconfortante.
Il l'attrapa par les bras et le porta sur ses épaules -comme s'il s'agissait d'un banal sac à pommes de terre et non pas d'un être humain- avant de quitter la pièce en disant à Lydia de ne pas s'inquiéter. Il amena Stiles jusqu'à sa voiture et le glissa sur le siège passager avant de démarrer.
Les premières minutes du trajet se passèrent dans un silence relatif, Stiles laissant échapper des larmes en reniflant, ne pouvant accepter ce qu'il était en train de lui arriver. Derek était mort. Il avait été tué par Kate. La Kate psychopathe qui avait assassiné la quasi-totalité des Hales sans avoir été un seul jour puni de toute sa vie ! Ça ne pouvait pas être la réalité, il allait se réveiller de ce cauchemar, ce n'était pas possible. Il était tout juste en train de se remettre de la disparition de sa sœur et du fait qu'il avait complètement foiré ses « au revoir » avec Derek et maintenant quoi ? Sa sœur était revenue et il avait échangé en vérité des adieux avec le loup-garou ? Non, Stiles ne pouvait pas accepter ça. Et puis, qu'est-ce qu'il faisait dans la voiture de Scott, en fait ?
« Est-ce que t'es en train de me kidnapper ? Tu veux m'utiliser comme rançon et récupérer Derek à la place ? Tu fais ça pour qu'il revienne parce qu'il est toujours en vie, pas vrai ? Pas vrai ?! »
Stiles cria les derniers mots et tapa du poing sur le tableau de bord, faisant quasiment perdre le contrôle de la voiture à Scott, qui n'avait jamais vu le jeune homme dans un tel état. Il ne pensait même pas qu'il était possible de le voir un jour comme ça. Il tapait partout, alternant les crises de larmes et celles de colère, le regard vide et perdu. Il devenait complètement fou, se détachant toujours plus de la réalité qu'il voulait à tout prix oublier, mais le pire, c'est qu'il ne s'en rendait même pas compte. Il agissait par pur instinct, traduisant physiquement toutes les émotions qui explosaient en lui. Comment pouvait-il accepter la disparition de Derek ? Comment pourrait-il se reconstruire en laissant le loup-garou absent, derrière lui ? Comment pourrait-il se lever chaque jour en pensant que… Et le jeune homme éclata à nouveau en sanglots, recroquevillant ses jambes autour de lui comme il le pouvait malgré la ceinture de sécurité qui lui barrait l'abdomen. Il avait l'impression qu'il ne pourrait jamais trouver la sortie du tunnel obscur et froid que venait de devenir sa vie. Sa vision se brouilla et il sombra dans un état second tout le reste du trajet.
Stiles ne réalisa pas vraiment qu'ils étaient arrivés. Il se laissa porter par Scott et amener dans une maison qu'il vit sans vraiment la voir, trop sonné par les pensées morbides qui traversaient en ce moment son esprit. Ils arrivèrent dans un salon et Scott le laissa tomber sur un canapé le plus délicatement possible. Stiles voulut prendre un des coussins du sofa et s'enfouir la tête dedans jusqu'à ce qu'il ne puisse plus respirer, mais Scott les retira d'un geste brusque avant qu'il ne puisse tenter quoi que ce soit.
« Stiles, tu m'écoutes maintenant et tu ne fais rien de stupide, commença à s'énerver le loup-garou.
-Comme te remettre un coup de poing parce que tu préfères laisser Derek pour mort ?! »
Le jeune homme se leva d'un bond mais Scott le prit par les bras pour qu'il ne puisse pas l'atteindre. Stiles essayait de se débattre et criait rageusement.
« Arrête ! s'écria Scott par-dessus les cris. Derek n'est pas mort, d'accord ? Il n'est pas mort ! »
Mais Stiles ne semblait même pas entendre ce que le loup-garou lui disait car il continuait à gesticuler dans tous les sens, hors de lui-même. Scott le prit pas les épaules et le força à ne plus bouger. Ses yeux prirent une couleur jaune-orangée et il planta son regard dans celui de l'humain.
« Stiles, grogna-t-il. Derek. Va. Bien. »
Ces quelques mots agirent comme une sorte de signal sur le jeune homme car il cessa tout mouvement et regarda Scott comme si un troisième œil venait de lui pousser sur le front.
« Écoute, Derek a essayé de libérer Lydia mais Kate lui a tiré dessus, expliqua Scott en ne lâchant pas Stiles des yeux pour vérifier qu'il comprenait bien ce qu'il lui disait. Il s'est pris trois balles et il a hurlé si fort que Peter et moi l'avons entendu. On est tout de suite allé le rejoindre, mais le combat était déjà terminé. On a retrouvé Kate morte sur place et Derek un peu plus loin, il avait perdu connaissance. On l'a immédiatement ramené ici et on a réussi à lui extraire les balles remplies d'aconit tue-loup. Maintenant on attend qu'il reprenne connaissance, mais ça va aller. Il va bien. »
Stiles tituba jusqu'au canapé et se laissa tomber dessus, complètement abasourdi. Il passa une main sur son visage pour essayer d'ancrer dans son cerveau ce que Scott venait de lui dire. Derek n'était pas mort. Derek allait bien. Derek avait tué Kate. Cette psychopathe ne leur ferait plus jamais aucun mal. Elle avait disparu, rayée de la circulation. Stiles ne put cacher le soulagement qu'il ressentait face à toutes ces nouvelles et il dut fermer les yeux pour reprendre contenance. Il était complètement hystérique il y a quelques minutes à peine, alternant larmes et colère, et maintenant Scott lui disait que tout irait bien. Oh mon Dieu, Scott, justement. Il avait essayé de le frapper à plusieurs reprises et il avait même réussi une fois. Il avait vraiment agi comme un abruti. Comment allait-il pouvoir s'excuser ? Il leva les yeux vers le loup-garou et celui-ci paru comprendre immédiatement.
« C'est rien, t'inquiète. Tu croyais qu'il était mort, n'importe qui aurait réagi comme ça, lui sourit Scott. Mais t'as quand même un sacré crochet du droit pour un humain. »
Stiles, encore trop gêné et bouleversé par les événements, ne réussit qu'à lui répondre par une grimace qui ressemblait vaguement à un demi-sourire.
« C'est sûrement de ma faute, en plus, reprit Scott. J'aurais pu te le dire plus tôt, mais j'ai préféré t'amener ici parce que je pensais que si tu ne me croyais pas, tu pourrais au moins voir la preuve.
-Il est là ? s'exclama Stiles en se levant du canapé brusquement.
-Premier étage, troisième porte à gauche, indiqua simplement Scott en haussant les épaules. »
Le jeune humain ne se fit pas prier et partit au pas de course vers la direction indiquée. Il réussit facilement à s'orienter car il réalisa –enfin- en montant les escaliers qu'il se trouvait à Halebourne. Il se disait bien que la maison lui paraissait familière, mais avec l'ascenseur émotionnel qu'il avait vécu, il était normal qu'il n'y fasse pas attention plus tôt. Il n'avait eu que Derek en tête depuis son arrivée, et ce n'était pas la décoration des murs qui auraient pu le détourner de ses pensées.
Il ne prit même pas la peine de frapper et entra dans la pièce en haletant, impatient de revoir…
Peter.
« Stiles, enfin ! Scott a mis du temps pour te faire monter ici, dis donc. »
Peter était assis sur une chaise à côté du lit où Derek était allongé les yeux fermés, étrangement paisible. Si Scott ne lui avait pas certifié qu'il était vivant, Stiles aurait très bien pu croire qu'il était… et bien pas vivant, justement. Il s'approcha du lit et Peter le regarda faire avec un sourire espiègle, ce qui ne collait absolument pas à la situation. C'était plutôt effrayant, en fait.
« Du calme, je ne vais rien te faire, s'expliqua Peter qui avait probablement entendu les battements de son cœur s'accélérer, je suis content que tu sois là. »
Stiles leva les sourcils, étonné, et recula finalement d'un pas. On n'est jamais trop prudent avec les loups-garous, pensa-t-il.
« Derek n'a toujours pas repris connaissance. Ou alors il est peut-être juste endormi, tu sais, comme la Belle au bois dormant, seul un vrai baiser d'amour du Prince Charmant pourrait le réveiller… »
Peter sourit d'une manière entendue avant d'éclater de rire. Stiles le regarda comme s'il allait bientôt devoir l'interner dans un hôpital psychiatrique et ne répondit pas.
« Oh pitié, Stiles. Tu crois que je ne t'ai pas entendu arriver à Halebourne ? Tu pleurais comme si on t'avait annoncé que la fin du monde était pour demain. »
Le concerné ne réagit pas, ne sachant pas trop où Peter voulait en venir. Voulait-il le rendre misérable ? Le faire culpabiliser d'avoir pleuré comme une gamine de douze ans ?
Peter se leva de sa chaise et passa à côté de lui sans un mot. Il se dirigea vers la porte et, avant de s'en aller complètement, il reprit une dernière fois la parole.
« Tu peux dire autant d'idioties à mon neveu que tu veux, Stiles, mais moi je ne suis pas aussi stupide. Quelqu'un qui n'aurait aucun sentiment pour lui n'aurait jamais réagi comme tu l'as fait. Je ne sais pas pourquoi tu lui fais croire que tu ne ressens rien, peut-être que tu veux t'empêcher d'être heureux, je ne sais pas. Sache juste qu'en agissant comme tu le fais tu ne prives pas uniquement ton bonheur. Tu prives aussi le sien. »
Après ça, Peter ferma la porte doucement derrière lui. Aux oreilles de Stiles, c'était comme s'il venait de la lui claquer en pleine figure.
Stiles s'était assis sur la chaise que Peter avait laissée vacante et se prenait maintenant la tête entre les mains, les paroles du loup-garou tournoyant inlassablement dans son esprit. Je ne sais pas pourquoi tu lui fais croire que tu ne ressens rien. Tu ne prives pas uniquement ton bonheur, tu prives aussi le sien…
Stiles avait envie de crier pour que cette voix sorte de sa tête. Il voulait hurler au monde que oui, il avait des sentiments pour Derek, mais qu'il ne pouvait pas les lui avouer à cause d'une multitude de raisons. Des raisons tout à fait valables… Pas vrai ?
« On est trop différent, Derek, expliqua le jeune homme à voix haute pour prouver ses pensées. Je ne veux pas te faire de mal, je ne veux plus t'en faire. J'ai fait trop d'erreurs, j'ai été naïf et idiot, j'ai passé mon temps à te blesser. Tu ne mérites pas ça, on t'a déjà fait trop de mal par le passé. Kate t'a trop meurtri, et moi… Moi je fais pareil. »
Stiles releva la tête et se rapprocha le plus possible du lit. Il caressa les cheveux de Derek, retenant sa respiration pour voir s'il réagirait, mais il ne se passa rien. Derek était toujours inconscient.
« Il te faut quelqu'un qui t'aimera sans jamais te faire de mal, quelqu'un qui n'a aucun préjugé. Je suis pas la bonne personne pour toi et je suis sûr que tu le sais très bien. Il suffit de regarder nos classes sociales, ma famille a été accusée de vouloir marier Allison à Scott juste pour de l'argent… Ça en dit déjà long sur nos différences. Mais pourquoi je te dis tout ça, en fait ? A quoi ça sert à la fin ? Je suis en train de m'excuser à quelqu'un qui a perdu connaissance, je suis pathétique… »
Stiles laissa retomber sa main et posa sa tête sur le torse du loup-garou, l'esprit encore chargé de pensées.
« Je suis vraiment désolé pour tout ce que je t'ai fait, Derek, mais il faut que tu te réveilles pour que tu entendes toutes ces choses. Il faut qu'on parle, qu'on éclaircisse enfin la situation. Ça nous détruit tout ça, tu le sais ? Derek s'il te plaît, réveilles-toi… »
Stiles attendit quelques instants plein d'espoir, mais il ne reçut aucune réponse. Ça aurait été trop beau pour être vrai, pensa-t-il. Il ferma ensuite doucement les yeux, déçu et misérable. Il lutta contre le sommeil quelque temps avant de finalement s'endormir au son de la respiration de Derek, qui resta aussi stoïque que lui-même.
Un bruit de porte se fit entendre au loin, mais Stiles ne réagit pas. Il se sentait trop bien pour bouger : son oreiller était des plus confortables et il émanait une chaleur qui le faisait se sentir comme dans un cocon. Il entendit vaguement une voix puis quelque chose qui vibrait à ses oreilles, comme un grognement. Il ne fit pas trop attention à ce qu'il se passait et tourna la tête sur sa droite, tentant de se rendormir coûte que coûte.
« Je vois que ma théorie sur le baiser du Prince Charmant a finalement fonctionné. »
Stiles identifia la voix de Peter ainsi que son ricanement qui suivit. Qu'est-ce qu'il faisait dans sa chambre? Et qu'est-ce qu'il racontait, en plus ? Le jeune humain laissa échapper un gémissement de lamentation. Pas de Peter si tôt le matin, s'il vous plaît.
« La ferme, laisse-le tranquille. »
Cette fois-ci les mots eurent une étrange résonance, comme s'ils étaient parvenus directement de son oreiller. Il fronça les sourcils et ouvrit délicatement les yeux, papillonnant pour s'habituer à la luminosité trop vive de la pièce.
« Mais il faudra juste qu'on me dise qui est la Belle au Bois dormant des deux, en fin de compte, se moqua Peter.
-Va-t'en, t'as sûrement d'autres choses plus intéressantes à faire.
-Pas plus intéressantes que le voir se rendre compte qu'il… »
Stiles se figea en voyant deux prunelles émeraude le fixer d'un air soucieux à quelques centimètres de son visage. Il releva brusquement la tête de son oreiller -qui n'était que le torse de Derek nom de Dieu!- et ce mouvement lui lança une vive douleur dans la nuque. Il grimaça de douleur et se frotta le cou alors que tous ses souvenirs remontaient à la surface.
« Oui, j'aurais pas pu manquer ça, ricana Peter. J'ai eu ce que je voulais, je vous laisse ! »
La porte se referma et Derek laissa échapper un soupir de soulagement.
« Je lui avais dit de te laisser dormir encore un peu… »
Stiles ne savait que dire, que faire. Il avait les yeux écarquillés, une mine terrorisée sur le visage. Derek s'était réveillé ? Il avait dormi sur lui ? Sa bouche s'ouvrait et se refermait sans cesse comme s'il avait oublié comment on faisait pour parler. Comment pouvait-il exprimer le mélange de honte mais aussi de soulagement qu'il ressentait ?
« Kate ne nous causera plus de problèmes », annonça Derek qui voyait bien que le jeune homme ne savait pas comment réagir face à la situation.
Ce dernier acquiesça rapidement, avant de trouver enfin les mots.
« Derek, je suis vraiment désolé de euh… »
Il indiqua le torse de Derek en agitant la main comme si le geste pouvait l'empêcher de terminer sa phrase.
« De m'avoir utilisé comme oreiller ? » termina Derek avant de se mettre à rire.
Le son traversa Stiles comme un électrochoc. Derek était là, devant lui, et il riait. Il ne paraissait pas blessé ou énervé par son comportement, il paraissait juste… heureux. Comment pouvait-il être comme ça en sa présence alors qu'il lui avait fait tant de mal, qu'il l'avait rejeté, qu'il l'avait piétiné et qu'il ne s'était jamais excusé ou avait donné une quelconque raison pour justifier ses choix ? Comment Derek pouvait-il lui sourire et faire comme si toutes ses erreurs ne s'étaient jamais produites ? Se pouvait-il qu'il ait entendu ses excuses de la veille et qu'il lui aurait, quoi… pardonné ?
« Stiles, calmes-toi, ton pouls s'accélère… »
Derek prit la main du jeune homme et la serra si fort que ce dernier en perdit le fil de ses pensées. Les battements de son cœur se calmèrent et il osa un regard vers le loup-garou qui fronçait les sourcils.
« T'as repris connaissance depuis combien de temps au juste ? reprit Stiles comme si de rien n'était.
-Je sais pas trop, le soleil venait à peine de se lever. »
Le jeune homme soupira, soulagé qu'il n'ait pas entendu ses confessions de la veille. Il avait vraiment besoin d'en parler avec un Derek conscient, pour qu'il puisse entendre sa version des choses et non simplement écouter ses excuses en faisait semblant de dormir.
« Tu aurais dû me réveiller Derek, j'ai pas réfléchi…
-Non, c'était pas grave, le coupa-t-il. C'était… C'est vraiment pas grave. »
Et Stiles jura le voir rougir. Wouah, mais qu'est-ce qu'il se passait donc ce matin ? Il y avait bien trop de première fois en une seule matinée. Derek qui riait, Derek qui rougissait ? Etait-ce vraiment la réalité ou était-il encore en train de rêver ?
« Pince-moi, se surprit à demander Stiles qui douta soudainement de la véracité des faits.
-Pardon ?
-Frappe-moi, continua-t-il en fronçant les sourcils.
-Stiles, je vais pas te frapper, pourquoi je devrais…
-Pince-moi, frappe-moi, fais quelque chose qui prouve que je ne rêve pas, le coupa-t-il. »
Compter ses doigts et ceux du loup-garou ne l'aida pas à croire qu'il s'agisse de la réalité, non, pas cette fois. Comment pouvait-on expliquer le fait que Derek se fiche d'avoir été blessé autrement que s'il s'agissait d'un rêve ? Comment pouvait-il rire et le regarder avec des yeux inquiets après tout ce qu'il lui avait fait ?
Derek leva les sourcils face au comportement étrange du jeune homme, ne sachant trop quoi faire ou quoi répondre. Il vit néanmoins que Stiles avait le regard détaché, perdu dans des pensées qui ne semblaient pas lui faire du bien. Il s'assit donc sur le bord de son lit pour que leurs genoux se touchent et tenta d'accrocher son regard. Une fois que se fut fait, il emprisonna de ses mains le visage de Stiles et écouta sa respiration s'accélérer. Le jeune humain écarquilla les yeux, surpris, mais se laissa tout de même faire. Derek rapprocha leur visage et traça de petits cercles avec ses pouces sur les joues de Stiles avant de combler l'espace entre eux et de…
« Peter m'a dit… Wouho ! »
Scott venait d'entrer dans la pièce, coupant les deux hommes dans leur élan. Derek avait reculé de Stiles dès qu'il l'avait entendu l'autre loup-garou et il pinçait maintenant ses lèvres en une fine ligne tout en haussant les sourcils. Stiles, quant à lui, fermait juste les yeux comme si ça pouvait le cacher de l'immense embarras qu'il ressentait.
« Désolé, s'excusa Scott une main sur la nuque, visiblement aussi gêné que l'humain. Peter m'a dit que t'avais repris connaissance et que…
-Et qu'il ne fallait pas les déranger ! entendirent-ils tous les trois Peter crier de quelque part dans la maison.
-Ouais, j'ai pas vraiment écouté cette partie… Mais je vous laisse, vous pouvez continuer euh… ce que vous…
-Non Scott, reste. Je devais partir de toute manière, l'interrompit Stiles en se levant rapidement de sa chaise. »
Il devait à tout prix quitter cette pièce sinon il allait littéralement mourir d'embarras. Il fit un signe de la tête à Scott et jeta un coup d'œil à Derek qui croisait les bras sur sa poitrine -visiblement mécontent qu'il s'en aille- avant de se diriger vers la sortie. En quittant la pièce, il se prit distraitement l'embrasure de la porte dans l'épaule et laissa échapper un petit cri de douleur.
« Stiles ! s'écrièrent Derek et Scott en même temps.
-Je vais bien ! mentit-il instantanément sans se retourner vers eux. »
Il descendit rapidement les escaliers, soulagé de ne pas croisé Peter et ses sourires entendus, et sortit de la maison. Il monta ensuite dans sa Jeep en ne pensant qu'à une seule chose : la douleur dans son épaule était réelle.
