Guest « des bises » : Je suis bien contente que Neverland te plaise ainsi que les ''nouveaux'' méchants. :D Naaan Jafar louche ? Ja-mais. Mais par curiosité, pourquoi penses-tu que le Jabberwocky est Alice ? x)

Bonne lecture !


Chose étonnante, il n'y avait pas d'enfants dans ce village. Peut-être était-ce une chose des plus normales dans un pays où le temps n'existe pas. Les indiens parlaient entre eux dans une langue pourvue de la même mélodie. Et à bien les regarder, il était assez ardu de croire qu'ils étaient originaires de la même contrée. Leurs traits variaient de façon singulière d'une personne à une autre. Leur peau était tantôt presque blanche, tantôt dorée ou basanée de nature ou par le soleil. Leurs yeux étaient plus ou moins en amandes mais toujours empreints de bonté. Leurs cheveux étaient longs ou courts, selon l'envie de chacun, indifférent des hommes ou des femmes. Leur seul point commun semblait être leur langue. Cette collectivité avait été construite à travers les siècles et les expériences de chacun.

Le feu procurait une douce chaleur dans cette nuit fraiche. Les musiciens tapaient sur des tambours en peau d'animal, d'autres soufflaient dans d'énormes branches creusent. Leurs joues se gonflaient et leurs teints de faisaient plus rouge. Les indiens dansaient, tournoyant, virevoltant, sautillant autour du feu, suivant l'impulsion donnée par les musiciens.

La nourriture était abondante et la petite troupe en provenance de Storybrooke ne cacha pas son enthousiasme face à tant de mets succulents. Emma et Regina s'évertuaient à essayer d'expliquer leur situation au chef qui ne les quittait pas des yeux. Elles appuyaient leur propos par des gestes, espérant se faire ainsi comprendre. Le chef marmonna quelques mots avant de sortir avec délicatesse un objet fin d'un sac de cuir.

- « Une flûte ?, s'étonna Emma.

- C'est un calumet » souffla discrètement Regina.

Le chef déposa un peu de poudre dans le réservoir et l'embrasa. Il tendit ensuite le calumet à Emma qui le prit par politesse. Regina le lui subtilisa doucement et le chef désigna Emma en dépliant quatre doigts sur son autre main.

- « Certainement pas, répondit la brune avec brusquerie.

- Qu'est-ce qu'il veut ? Pourquoi quatre ?, demanda Emma.

- Je crois qu'il parle de quatre bouffées, interpréta Regina en fronçant les sourcils. Je les prendrais pour elle, expliqua-t-elle au chef en désignant sa femme. J'en prendrais huit. »

Elle posa le calumet sur ses genoux et montra huit doigts au chef. Ce dernier se gonfla de contrariété et marmonna quelque chose en pointant Emma du doigt. Regina campa sur ses positions, répétant qu'Emma ne fumerait pas. Le chef croisa finalement les bras, maugréant sur leur manque de politesse.

Regina prit une dernière bouffée d'air frais tout en portant le calumet à ses lèvres. Elle se retint de tousser lorsque le tabac eut imprégné ses poumons. Elle croyait pourtant reconnaître un vague parfum de fleurs. Elle prit la deuxième, la troisième. Emma voyait son teint verdir, et sa bouche se tordre en une expression dégoûtée. Elle prit néanmoins les bouffées restantes et donna le calumet à l'indienne qui se trouvait à côté d'elle dans le même geste cérémonieux. Le chef acquiesça et leur offrit un sourire auquel Regina ne put répondre. Elle ferma les yeux et réprima un haut le cœur. Emma passa un bras autour de sa taille et reprit sa conversation à sens unique avec le chef des indiens.

Zelena et Gold demeuraient silencieux et prenaient grand soin à observer les indiens. Ils s'autorisaient parfois à manger un morceau de viande. Ils étaient des invités bien calme au milieu de cette agitation musicale. Ils restaient polis et souriants bien que réfractaire à se joindre à la danse.

Le Jabberwocky fut entraînée bien malgré elle au milieu de cette ronde. Les indiens n'avaient pas connaissance de ces créatures du Pays des Merveilles. A leurs yeux, le Jabberwocky était simplement une femme dont le clair de lune avait teinté la chevelure. Dans cette ambiance crépitante de joie, la peur était presque inexistante. Aussi le poids de sa faim était si léger qu'il ne pesait presque plus sur ses épaules. Les indiens n'avaient pas peur de l'approcher. Ils demandaient à lui parler, s'enquéraient de savoir de ce qu'elle voulait boire ou manger. Pour la première fois depuis des siècles peut-être, le Jabberwocky ressentait l'ivresse de la quiétude.

Une indienne croisa le regard d'Henry. Il n'aurait su l'expliquer mais elle semblait ne pas être comme les autres. Elle virevoltait avec grâce au rythme des instruments. Henry lui adressa un timide sourire et il reçut un plus enjôleur de sa part. La jeune femme poursuivit ses pas, semblant suivre une chorégraphie connue. Les musiciens changèrent de rythme et de mélodie, aussi la jeune indienne adapta ses pas à cette nouvelle musique. Elle s'approcha doucement d'Henry qui jetait de petits regards autour de lui, doutant qu'elle se dirigeait effectivement vers lui. Il se redressa et se raidit. La jeune femme se pencha vers lui et ses longs cheveux bruns glissèrent sur ses épaules. Elle avait les yeux d'une douce couleur noisette dans lesquels Henry pouvait voir miroiter son propre reflet et la rumeur rougeoyante des flammes.

La jeune femme posa prestement ses lèvres sur celles d'Henry et repartit aussitôt danser parmi la foule. Le baiser avait été si léger que Henry douta de sa véracité. Son teint prit quelques couleurs et il resta ainsi. Gold s'amusa de sa réserve et jugea son petit-fils chanceux de voir ce baiser échapper au regard avisé de Regina. Cette dernière avait la tête entre ses mains et tentait de dissiper son état nauséeux. Emma décrivait des cercles dans son dos tout en continuant de converser avec le chef.

Zelena était assise à côté de Regina. Elle lui accorda tout au plus un regard moqueur avant de lui glisser :

- « Tout ceci est vain.

- Quoi donc ? » parvint-t-elle à articuler en réponse.

Elle tourna la tête vers sa sœur. Zelena avait toujours cet air dur et distant :

- « Ce n'est pas lui le chef.

- Pourquoi dis-tu cela ? C'est lui qui dirige tout le monde.

- Je ne t'apprends rien si je te dis que celui qui porte la couronne n'est pas le souverain qui gouverne.

- Qui est-ce dans ce cas ? »

Zelena soupira. Elle faisait vaquer son regard, cherchant visiblement quelque chose qui pourrait étayer son idée. Son regard s'arrêta sur Gold qui tenait un bol de peinture entre ses mains. Les indiens essayaient de lui expliquer le rudiment des peintures et l'art de ces marques colorées qui habillent les corps. Zelena se leva. Elle arracha le bol des mains de son ancien mentor avant de lui en jeter le contenu du récipient à la figure.

La peinture bleue éclaboussa le visage de l'antiquaire qui ne put se dérober à l'attaque. Il essuya rageusement la peinture de devant ses yeux. Son visage était entièrement couvert d'une couche luisante de peinture d'un ciel d'azur et une bande dépourvue de peinture laissait découvrir ses yeux furieux. Les indiens rirent à gorge déployée.

Le chef des peau rouge s'écria d'une voix grave, et dans une langue qui était aisément compréhensible, sous le regard médusé d'Emma :

« Ahahah c'est un peau bleu ! »

Les indiens rirent de plus belle. Zelena pointa du doigt une indienne au milieu de la foule. Henry reconnut avec surprise la jeune femme qui lui avait donné un baiser quelques instants plus tôt.

« C'est elle, la vraie chef du village. »

Regina regarda tour à tour sa sœur et le jeune femme. Quant à Emma, elle lança un regard noir au chef qui s'était joué impunément d'elle :

- Mais vous parlez notre langue ! Pourquoi ne pas avoir parlé avant ?!

- Parce que c'était tellement amusant de vous voir parler avec vos mains. »

Le chef lui offrit un sourire moqueur. Emma roula des yeux et posa ses yeux sur Zelena.

- « Pourquoi elle ?, demanda Regina.

- Le roi rit en premier, les sujets le suivent. C'est elle qui a donné le ton. C'est donc logiquement elle le chef. »

La jeune femme cessa de rire. Ses lèvres dessinèrent un sourire fier.

« C'est exact. C'est moi la chef de ce village. »


Le garçon redescendit doucement, foulant de nouveau le sol meuble de ses petites bottes de cuir. Il la vit un peu plus loin, cachée derrière un buisson. Il s'accroupit à côté d'elle. Lucie remit ses cheveux auburn dans son dos et se pencha vers le garçon :

- « Elles sont belles.

- Oui, approuva-t-il. Mais ce serait plus amusant si elles se battaient. »

Les enfants se sourirent, complices. Le jeune garçon décolla doucement du sol.

- « Attends Peter. Moi aussi je veux jouer.

- Non. C'est trop dangereux. »

Il s'éloigna doucement et Lucie souffla, dépitée. Les sirènes chantaient paisiblement allongées sur leurs rochers. Leurs vocalises enchanteresses raisonnait faiblement dans le lagon. Lucie s'approcha d'avantage de la rive. Les sirènes auraient pu la voir mais ces dernières étaient trop occupées à parfaire leur apparence pour se soucier de sa présence. Peter vaquait sur l'eau, ses pieds en effleuraient parfois la surface. Les sirènes le suivaient du regard. Le jeune garçon ôta son chapeau et les salua d'un signe de tête.

- « ô Peter, tu es si adorable.

- Cela fait un moment que l'on ne t'a pas vu, ajouta une deuxième sirène.

- J'espère que tu seras de meilleure compagnie que les pirates »lança une troisième taquine.

Peter se posa sur un rocher et commença à discuter avec les sirènes. Elles l'avaient toujours tenu en haute estime. Son air espiègle avaient su les séduire et ils avaient à plusieurs reprises joué avec les pirates, au grand dam de ces derniers. Un air mutin se dessina sur le visage de Lucie. Peter tardait à déclencher le litige chez ces êtes de l'eau.

Lucie souffla et fit voler le chapeau de Peter qui s'élança dans les airs, le saisit du bout des doigts et l'enfonça sur sa tête. Lucie balaya l'air devant elle d'un geste vif de la main. Une vague prit naissance dans le lagon et renversa les sirènes de leur rochers. Elles refirent surface, pestant contre cette odieuse facétie qu'elles attribuaient à Peter. Elles lui lancèrent des coquillages qu'il esquiva habillement, courant et sautant dans les airs pour éviter les projectiles. Lucie plaqua ses mains contre sa bouche, essayant d'étouffer son rire. Peter se prit une étoile de mer en plein visage. L'animal marin s'accrocha à son visage et il se débattit comme un diable pour le décoller de son visage. Il roulait sur lui-même dans les airs. Il réussit à se saisir de l'étoile de mer et le jeta à son violemment contre la sirène qui l'avait ainsi attaqué.

Peter se hissa plus haut dans les ciel et hurla à l'intention de sa sœur, non sans un sourire :

« Luna ! Je sais que c'est toi qui a fait ça ! »


Regina chantonnait doucement. Elle retournait les pancakes dans la poêle. Il s'en dégageait déjà une douce odeur sucrée. Emma était attablée au comptoir de la cuisine. La brune déposa une assiette devant elle ainsi qu'une autre à son intention. Regina nappa ses pancakes d'une fin filet de sirop d'érable.

- « Et bien... Tu as faim aujourd'hui dis-moi.

- Je dois manger pour deux.

- Oui mais là tu manges pour trois » sourit Emma.

Regina fit tourner la fourchette dans sa bouche afin d'en ôter la moindre parcelle de sirop. La blonde porta sa tasse de chocolat à ses lèvres et en prit une gorgée. Elle détailla Regina du coin de l'œil. Elle avait dû refaire une partie de sa garde robe afin d'acquérir des vêtements qui ne s'offusqueraient pas de son ventre rond. Regina continuait de manger ses pancakes.

Elle se doutait bien qu'Emma reviendrait sur le grand sujet du moment. La blonde posa sa tasse. Un léger rictus moqueur fendit le visage de la brune en remarquant les fines moustaches que le chocolat avait laissées aux coins de ses lèvres.

- « Donc, commença Emma. J'ai lu que le prénom était important. Il faut commencer à y réfléchir, on va pas attendre le dernier moment.

- Mmmh. Tu as quelques idées ?

- Non mais ma mère a été un peu insistante... Alors je me suis permise de l'embêter un peu.

- Qu'est-ce que tu lui as encore dit ?, sourit Regina en se levant pour se faire un café.

- J'ai dit que comme c'était une fille, on l'appellerait Zelena Cora Snow Eva... Margaret » finit-elle en énumérant les noms sur ses doigts. Elle m'a regardée avec horreur ''nan tu vas pas faire CA à ton bébé ?'' »

Elles éclatèrent de rire. Emma lui décrivit la torsion spectaculaire du visage de sa mère quand elle avait entendu le prénom. La brune rit de ce rassemblement hétéroclite. Jamais elles n'appelleraient leur fille comme ça.

- « Et à part cette adorable file de prénoms. Tu as d'autres idées ?

- J'ai lu que ''faire un prénom tiré de celui des deux parents c'est rester uni à travers l'enfant. »

- Mmmh, fit-elle appréhendant ce qui allait venir.

- Pour nous ça fait... Remma, Remmina, Emmina, Emmgina. Avec deux ''m'' comme dans mon prénom.

- C'est tellement laid...

- Tu as vu ?, fit Emma le regard rieur. Fusionner les prénoms ou comment détruire la vie de son enfant par anticipation, conclut-elle.

- En somme, tu n'as pas d'idées.

- Non, avoua Emma. Toi par contre tu en as une, remarqua-t-elle. Va-y, accouche. »

Elle ricana de son propre jeu de mots et décrocha un sourire amusée de la part de Regina. Cette dernière posa sa tasse sur le plan de travail de la cuisine. La café décaféiné avait le goût mais pas la saveur de ce liquide amer qu'elle affectionnait tant.

- « Je pensais à Lucie..., confia-t-elle.

- Lucie, répéta Emma songeuse.

- Si tu tu n'aimes pas tu peux le dire, je ne me vexerai pas, dit Regina avec empressement.

- Non j'aime bien. C'est doux comme prénom. C'est court aussi c'est pratique... ''Lucie attention au coin de la table !'', ''Lucie, ne vide pas le parfum de Maman dans les toilettes !''. »

Emma ricana de nouveau sous le regard de Regina qui révéla un soupçon de reproche. Elles en discutèrent encore quelques minutes puis votèrent unanimement pour ce prénom. La blonde sortit son téléphone et commença à taper sur les touches.

- « Qu'est-ce que tu écris ?

- J'annonce à ma mère, la mort dans l'âme, que Zelena Cora Snow Eva s'appellera Lucie. »

Emma lança un dernier regard à l'écran de son téléphone. Elle se leva s'approcha de Regina.

- « C'est vraiment un magnifique prénom, souffla Emma contre ses lèvres.

- Tu dis ça pour me faire plaisir ou tu le penses vraiment ?, souffla-t-elle en passant une main dans sa chevelure blonde.

- Si tu avais voulu l'appeler Hildegarde, crois-moi j'aurais dit non. Lucie c'est parfait. »


Ils la suivaient dans la forêt. Elle n'avait pas tenu à avoir cette conversation au village, de peur d'être entendue.

Les deux mères suivait la jeune femme, marchant dans ses pas d'un pas vif afin de ne pas se laisser distancer. Henry suivait, légèrement en retrait, un peu gêné de s'être laissé embrassé. Gold et Zelena fermaient la marche. Le Jabberwocky les suivait à l'ombre des arbres. La lueur de ses cheveux d'argent paraissant parfois à travers les feuillages.

- « Donc, c'est vous qui commandez, commença Emma en écartant une branche de leur chemin.

- C'est exact, répondit la jeune femme.

- Mais pourquoi il y a cet homme avec ce...truc de plumes qui donnait des ordres ?

- Je préfère que les inconnus ne sachent pas immédiatement ce qu'il en est. C'est dans l'ignorance des autres que prospère notre propre sécurité.

- Comment vous appelez-vous ? », demanda Regina.

La jeune femme s'arrêta. Ils étaient assez loin du village à présent. Elle se retourna et leur fit face.

- « Mon vrai nom est trop complexe... mais on me connait ici sous le nom de Lily la Tigresse.

- Quel nom présomptueux, commenta Zelena.

- Cela indique la grandeur de notre statut, contra Gold d'un doux doucereux. C'est par notre nom que nous imposons d'abord notre pouvoir.

- Et c'est pas pire que ''Wicked Witch'', souffla Emma entre ses dents.

- Mon nom avait un sens, rétorqua Zelena. Je peux savoir d'où vient le vôtre ?, ajouta-t-elle à l'intention de Lily. De votre manucure féline peut-être ? »

Quelque chose plaqua Zelena au sol. Elle atterrit à plat ventre, soulevant un nuage de feuilles mortes.


Notes :

La scène avec les indiens est, bien sûr, calquée sur la scène « Pourquoi sa peau est rouge » du Peter Pan de Disney.

Concernant le calumet de la paix, j'ai trouvé qu'ils fumaient du tabac et qu'ils tiraient quatre bouffées : la première pour les ancêtres, la deuxième pour soi et ses proches, la troisième pour toux deux qu'on aime et la quatrième pour tous les êtres vivants. ( ref envol-spriritualité.com)

Je me moque un peu de Once Upon a Time et de cette ''manie'' de refiler le prénom des morts aux bébés. J'ai encore du mal avec baby Neal... et les autres.

Le passage entre Hans, Lucie et les sirènes est inspirée du Peter Pan de James Barrie.