A/N :
Merci pour chacun de vos commentaires++
Merci pour votre patience+++
Merci pour votre confiance++++
J'estime utile de rappeler que c'est Rated-M quand on est dans la tête d'Edward…
Et pour ce qui est des Polyvores, c'est réglé ! CF mon profil pour les liens chapitre 13 et 14.
(L'univers Twilight appartient à S. Meyer.)
…
Chapitre 14.
Beaucoup de questions ne trouvent pas de réponses.
Les minutes passent…les jours…les semaines…parfois les années…
Puis la vie répond.
(Alessandro Baricco)
…
(Mercredi 3 Septembre.)
Pdv Edward.
Je devais parler à quelqu'un.
La situation devenait critique.
Comme une maladie, elle m'avait infecté jusqu'à occuper mes foutus rêves.
Comme une épidémie, je pensais à elle partout jusqu'à imaginer son putain de parfum sur Nathan.
J'allais devenir dingue.
La merde avait commencé avant même qu'elle débarque lundi, quand je pouvais pas jouir en baisant Victoria la veille. L'image d'une brune était brulée sur mes rétines tandis que je tirais sur les cheveux d'une rousse. Et bien sûr, l'ego surdimensionné de Victoria pouvait pas gérer d'être jetée avant qu'un de nous deux n'est atteint l'orgasme.
La chienne a alors débarqué chez moi lundi matin pétante dans le plein mode garce furieuse.
Comme si ce genre de connerie m'impressionnait.
Je lui ai dis de foutre le camps.
J'étais encore en train de remonter l'escalier vers ma chambre quand j'ai entendus Victoria demander dans tout son mépris :
« Vous êtes ? »
Il n'y avait qu'une seule personne censée se pointer chez moi ce matin.
Victoria devait être en face d'elle.
Et j'aurais pu signaler ma présence de sorte que les deux femmes ne se parlent pas. Mais quelle sorte d'abruti aurais-je été pour me priver d'entendre sa réponse à cette question.
Qui es tu, bordel ?
C'est à partir de la seconde où j'ai entendu sa réponse que mon sang a commencé à bouillonner. « Et vous ? Vous êtes ? ». Je pouvais même pas me concentrer sur la satisfaction de voir l'arrogante et respectée Victoria Reynolds se faire remettre en place par cette fille…La frustration de n'avoir aucune réponse sur son identité était trop importante et à peine calmée par l'écoute de la suite de leur conversation.
Le reste de l'introduction n'a été qu'une suite de frustration me conduisant à la limite de la rupture.
Directement après m'être débarrassé de Reynolds, je me retrouvai en face de l'incarnation de la simplicité et de l'innocence.
Des ballerines ?
Des putains de ballerines ?
Lui lancer une remarque cinglante fut comme instinctif. Je n'avais pas le choix. Il fallait que je cache le fait que j'étais allumé par le naturel qui dégageait de cette fille. Je lui ai alors reproché son retard quand en fait je m'en étais pas rendu compte jusqu'à ce moment.
Elle a alors commencé à s'excuser.
Je ne supportais pas cette façon qu'elle avait de demander à chaque minute mon pardon. Comme si elle avait quelque chose à se faire pardonner. Je voulais juste la provoquer, je voulais juste qu'elle sorte de sa foutue coquille en acier. Mais tout ce qu'elle fit consistait à me provoquer en me réduisant au même niveau que ses autres clients – ceux qu'elle craignait et pour qui les apologies gratuites devaient pleuvoir.
Elle a donc continué à s'excuser toutes les trois secondes sans se rendre compte qu'a chaque fois qu'elle le faisait, elle ajoutait une molécule d'uranium dans la pièce.
Rien n'a amélioré la tension qui bourgeonnait à l'intérieur de moi.
Elle semblait inattentive à ce que je disais ses pensées toujours ailleurs – et bordel, ce que je ferais pour les connaître.
Son parfum était trop fort tout en étant trop faible – comment était-ce possible ?
Son tatouage bleu contrasté par le orange de sa robe fut comme un néon pour ma bite dès lors qu'elle se tourna pour prendre l'escalier. C'est quand elle s'arrêta devant la première marche pour porter sa valise que je me demandai si elle ne cherchait pas à me narguer avec ce dos pâle ancré de roses bleues. Quand je lui pris la valise des mains, je voulais juste qu'elle s'écarte de moi avant que mon cerveau se noie totalement dans mes couilles.
L'attraction se changea en peur lorsqu'elle choisit la chambre directement en face de la mienne. Comme si le fait qu'elle aurait pris une pièce plus loin que celle choisit pourrait m'empêcher de lui sauter dessus.
Il fallait vraiment que je parle à quelqu'un.
La colère refit surface en pleine force quand elle me mentit au sujet du tableau dans sa chambre.
Elle savait très bien ce que c'était – je pouvais parier mon bras la dessus.
Mais pourquoi me le cacher, bon sang ? Où on était bordel ? A l'époque des esclaves qui cachaient à leur maitre leur capacité à lire ?
A ce moment là, j'avais atteins un niveau tel d'énervement que je décidais de juste me casser de la maison.
Mais il fallut qu'elle me suive dans ces foutus escaliers.
Il fallut qu'elles posent ces putains de mains sur moi.
Et je jure sur tout ce qu'il y avait de plus saint dans cet univers que c'était comme si elle avait directement agrippé ma bite.
Quel autre choix avais-je que de l'écarter de moi ?
Et parce que je n'étais qu'un connard qui pouvait pas gérer d'être allumé par cette fille, celle ci finit au sol, noyée dans ses demandes d'excuses.
Ce fut la dernière molécule d'uranium utile à me faire exploser.
Je la plaquai contre le mur.
J'étais à deux doigts d'enfoncer mon érection contre son ventre quand quelque chose attrapa mon attention.
La boucle d'oreille solitaire.
J'étais tellement proche d'elle qu'il m'était facile de l'analyser. Je n'étais pas Alice pour dire de vue si c'était de l'or ou du plaqué, mais la forme de l'objet qui pendait était claire.
Une théière.
Cette fille portait une seule boucle d'oreille. Et c'était une putain de théière ridicule.
Et alors que je pensais avoir atteint mon pic d'irritation, il fallut qu'elle me parle de son putain de travail dégoutant.
…Du fait de la nature de mon travail…
La seule chose qui m'empêcha de la plaquer à nouveau contre le mur fut le fait qu'elle était enfin et aussi énervée.
Elle se mit à contre dire mes propos – à hausser le ton – à me hurler dessus – et quelque chose dans la scène relevait de l'extase.
Je devais absolument voir quelqu'un.
Idéalement un psy.
Elle me coupa le souffle quand elle mit dans la même phrase les mots ''nous'' et ''protéger''. Même si je savais qu'elle ne parlait que de ce foutu contrat entre elle et moi l'entendre, elle, nous sceller dans cette expression… C'était déconcertant.
Et il fallut qu'elle soit aussi proche de moi quand je bloquai sur cette phrase.
Tellement près…
Tellement dangereux…
Elle me scrutait du regard… elle analysait mon visage…et je jubilais à l'intérieur de moi.
Pourquoi sa voix au dessus de la mienne ne me dérangeait pas ? Pourquoi son regard sur moi me donnait autant de satisfaction ?
Comment cette fille avait autant d'impact sur moi, bordel ?
C'est quand son regard se posa sur ma bouche que je lui ordonnai de reculer.
Parce que je savais que je ne pourrais pas, moi, reculer.
Je réussis à lui foutre les clés dans la main sans la baiser contre le mur du hall d'entrée.
Et je pris la fuite.
14 putains de jours.
Et alors que j'étais sur mon piano, au milieu de la nuit – la troisième nuit du contrat – en tentant vainement de me la sortir du crâne le bilan était plutôt effrayant.
Je n'avais aucune réponse ni sur son identité ni sur son histoire. J'avais au contraire plus de questions qu'initialement. J'avais maintenant mon sommeil détruit non pas par les cauchemars du passé mais par les fantasmes du présent dans lesquels je m'imaginais la baiser dans toutes les positions. Je vivais dans une maison congelée par la clim parce que je ne savais pas comment me débarrasser du parfum qui réveillait systématiquement ma bite. Je vivais dans une maison avec une prostituée qui m'ignorait.
Plus que ça, elle m'évitait.
Pire que ça, ça m'enrageait.
Et l'hôpital et mon piano faisaient les frais de ma frustration.
C'était l'enfer.
J'arrêtai de jouer parce que de toute façon ça ne me calmait pas. Je fermai doucement le clavier avant de poser mes coudes dessus, mon visage dans les mains. J'étais défoncé. Peut être que Ben pourrait m'aider si je lui expliquais…Je soupirai… Il m'internerait en Psy s'il savait qu'Edward Cullen avait une pute chez lui. Je me soulevai du banc et me dirigeai vers ma chambre.
Mais la vue en face de moi me garda figé devant l'escalier.
Elle était assise au sommet des marches… sa tête reposait contre le mur sur sa gauche…et le plus incroyable était qu'elle ne me fuyait pas. Je réduis mon regard pour mieux distinguer son visage dans la pénombre….et je compris rapidement pourquoi elle ne décampait pas.
Elle était endormie.
Je restai bloqué – et choqué – incapable de savoir ce que j'étais censé faire.
J'avais l'impression d'être brusquement un chercheur d'or qui venait de tomber sur le gros lot tellement cette fille faisait tout pour m'éviter.
Devais-je la réveiller ? Devais-je attendre qu'elle se réveille ? Ou devais-je la porter à son lit ?
Et qu'est ce qu'elle avait à dormir sur les marches ?
Je passai les mains nerveusement dans mes cheveux avant de faire un pas vers l'escalier.
Elle ouvrit de grands yeux profonds directement sur moi. Elle se redressa brusquement et sa bouche s'élargit dans le choc et surement la crainte de ma réaction. Qu'elle ait peur de moi m'agaçait au plus au point. Mais je ne pouvais pas m'énerver cette fois ci – pas maintenant que je l'avais enfin en face de moi.
Je ne voulais pas l'entendre s'excuser inutilement alors je parlai en premier.
« Bouge pas. »
Et je ne sais pas pourquoi j'avais l'impression de lui donner un ordre ou de la menacer quand en réalité je l'implorais. Le voyait-elle ?
Elle serra le gilet qu'elle portait plus près de son corps mais elle ne me fuit pas. Elle continua seulement à m'observer… Même dans la pénombre, je pouvais voir que son regard n'était plus sur mon visage mais sur mon torse nu…J'affichais un sourire satisfait à la vue d'un comportement chez elle qui ressemblait à ce que j'avais l'habitude de voir ailleurs.
Je commençais à monter les marches quand elle ouvrit sa bouche pour détruire ma satisfaction.
« Je ne savais pas qu'on pouvait tatouer sur une cicatrice. » l'entendis-je murmurer.
Trop de choses me choquèrent.
Qu'elle ne me regardait pas, envieuse de mon corps, comme je le suspectais.
Qu'elle scrutait en fait le tatouage qui ancrait ma peau depuis sous mon aisselle gauche jusqu'à ma hanche gauche.
Qu'elle ait vu ce qui était censé être dissimulé par les lettres C, U, L, L, E, N gravées sur ma peau – qu'elle ait vu ce que personne voyait – cette putain de cicatrice.
Et enfin, qu'elle m'ait adressé la parole sans que je lui demande.
« Les cicatrices ne sont pas des contre indications aux tatouages si elles sont justement cicatrisées et que le tatoueur n'est pas un connard amateur. » répondis-je en continuant à monter les marches – en me noyant plus profondément dans son odeur.
Je devais être masochiste.
Je m'installai sur la même marche qu'elle tandis que je pouvais la sentir se rigidifier - c'était ridicule cette façon qu'elle avait de tout le temps m'éviter quand je faisais tout pour me rapprocher d'elle. L'inverse parfait de mon rapport avec toutes les autres femmes.
Je me tournai de sorte à être en face de son profil droit, une jambe fléchit entre elle et moi, l'autre tendue vers elle sur la marche du dessous. Elle était comme coincée entre la marche du dessus, le mur sur sa gauche, moi sur sa droite, et ma jambe en dessous d'elle.
Elle serra ses pieds couverts de chaussettes plus près de son corps : elle évitait le contact avec ma jambe.
Et cette fille était une prostituée.
« Tu n'assumes pas ton nom… » l'entendis-je chuchoter. Elle était encore branchée sur mon tatouage.
Et elle appuyait encore une fois sur le mauvais bouton.
« Je t'interdis de parler de mon nom à moins que tu ne veuilles discuter du tien. » lançai-je, agacé par son hypocrisie.
« Pardon. » s'excusa-t-elle rapidement.
Je soupirai en lançant ma tête en arrière dans la frustration. Pourquoi n'arrivais-je pas à rester calme avec cette fille ? J'allais gâcher ma chance de lui parler en me comportant comme le dernier des connards.
Je ramenai ma tête en avant pour ne découvrir qu'un voile de cheveux dissimuler son visage.
Reste calme, Cullen…
« Je peux te demander un service ? »
Elle se rigidifia.
A quoi pensait-elle ? Que j'allais lui demander un bras ? Que j'allais lui demander de me sucer ? Elle était censée le faire si elle était avec quelqu'un d'autre – alors pourquoi autant de peur ?
« J'aimerais – s'il te plait – que tu attaches tes cheveux durant ces 14 jours. » annonçai-je avec tout ce que j'avais de patience.
Elle tourna sa tête vers moi dans la surprise.
Ouai, relaxe, t'auras pas à t'occuper de ma bite…
« 11 jours…Il reste 11 jours. » murmura-t-elle.
Elle devait avoir une carte de tous mes mauvais boutons. Impossible autrement.
« Ouai, et durant ces onze derniers putains de jours, j'aimerais que t'évites de me cacher ta figure. » répliquai-je, irrité qu'elle me rappelle le temps qui coulait inefficacement entre elle et moi.
Elle rassembla tous ses cheveux sur l'autre épaule et j'avais déjà l'impression que ça me calmait.
« Tu veux un échange ? » demandai-je. Elle se tourna vers moi – elle ne comprenait pas, « Un échange de tatouage. » expliquai-je, « tu m'avais reproché d'avoir un tatouage trop petit par rapport au tien la dernière fois…maintenant, si on additionne les deux que je possède – »
« – ça ne fera toujours pas le poids. » me coupa-t-elle et même dans la pénombre, je pouvais voir qu'elle souriait à ma façon misérable de négocier un quelconque accès à ses secrets.
« Comment tu peux le savoir ? Faudrait que tu les mesures – tu veux les mesurer ? » demandai-je en me rapprochant légèrement d'elle, « on peux mesurer avec nos mains » ajoutai-je satisfait – c'était trop facile de placer l'allusion sexuelle ici.
« Non, ça va. » répondit-elle en agitant sa tête dans la négation, « mes yeux savent mesurer. Je suis sûre qu'un flanc et un demi périmètre de poignet ne valent pas la surface d'un dos. »
« Admettons. Autre proposition : la totalité de mes secrets contre la moitié des tiens. » demandai-je plus directement.
Elle réduit son regard vers moi – elle essayait de me comprendre.
« Comment…Comment t'es tu sentis une fois le tatouage posé ? »
C'est moi qui réduis mon regard cette fois ci.
« Mal. » répondis-je sans détour.
« Idem. » approuva-t-elle en ramenant sa tête vers ses genoux. « Pourtant au moment de l'ancrage, le soulagement éprouvé est tellement bon… » ajouta-t-elle.
« La douleur liée à l'aiguille permettait de se concentrer sur elle et d'oublier la vie merdique… » précisai-je.
« Même l'odeur du sang brulé et le son de l'aiguille qui vibrait étaient rassurant… »
« Ils gardaient l'esprit focalisé sur ça et sur rien d'autre… »
« Mais quand le tatouage est finit, tout ça disparaît… »
« Et tout revient…tous les putains de problèmes… »
« Tu crois que le fait de graver sur ta peau ce que ton cerveau n'intègre pas aidera à vivre avec – »
« – à survivre avec – »
« – mais en fait non, c'est toujours… »
« La merde… »
« Pire que ça, l'impression d'avoir échoué à trouver un truc pour aider s'ajoute aux problèmes initiaux…ça te rend plus… »
« Misérable – »
« Tellement plus vulnérable… »
« C'est la merde. »
« L'angoisse. »
Et le silence.
Et la chair de poule.
Trop de similarités…trop de maturité…
« Raconte. » l'incitai-je.
J'avais besoin de plus.
« Vous êtes mon client. » répondit-elle en tirant sur les manches de son gilet pour couvrir ses mains. Et bordel, ce que je la détestais quand elle prenait ce ton robotisé pour me parler – ce que je la méprisais quand elle me rappelait les raisons techniques de sa présence ici. Je m'apprêtais à lâcher un commentaire mais elle me coupa dans mon élan en se tournant vers moi.
« Tues mon client – si tu préfères. Ne crois pas que le tutoiement et autres conneries dans le genre te donnent le droit de te mêler de ma vie privée, ce n'est qu'une façade. Tu gardes toujours ta place et moi la mienne. T'es le client et je suis l'objet de la location. Rien de plus. »
Et je devais rester calme…
« T'es qu'une foutue hypocrite. Tu devrais sérieusement arrêter de me sortir ce putain de discours – tu sais où ça risque de nous conduire ? » lui lançai-je en rapprochant clairement mon visage du sien. Elle me regardait dans le défi mais elle ne répondit pas.
« Au respect de ton putain de schéma : tu seras baisée par ton client comme la prostituée que tu veux tellement être. »
Ses yeux s'élargirent brusquement avant que sa bouche ne suive dans le choc.
« Maintenant tu ferais mieux d'arrêter de jouer avec mes nerfs. » bouclai-je le sujet avant de reculer contre le mur.
Et le silence.
Et le remords.
Je n'aurais pas dû la menacée de cette façon je savais que je ne la toucherais jamais. Et s'il fallait que j'arrache ma bite pour ne pas l'enfoncer dans une prostituée, je le ferais.
« Je suis fatiguée, je vais dormir – »
« – arrêtes de te foutre de ma gueule – t'évites le sommeil comme si c'était la peste ! » criai-je exaspéré par ses fuites « ou tu l'évites comme si c'était moi, si tu préfères. » rectifiai-je parce que j'avais l'impression qu'elle choisirait la maladie à ma présence.
« Je n'évite pas le sommeil. » mentit-elle.
« Ah ouai ? Alors pourquoi te shooter au café toute la nuit ? Fallait pas jeter dans la poubelle de la cuisine la dizaine de gobelets en plastique et la vingtaine de dosettes café. » lançai-je. Elle ouvrit sa bouche pour se défendre mais rien n'en sortit. Elle passa nerveusement une mèche de cheveux derrière son oreille en faisant balancer la boucle qui pendait à l'oreille droite.
« Toi aussi, tu évites le sommeil. » déclara-t-elle finalement.
« T'es sûre que tu veux t'aventurer sur cette route ? Tes cauchemars contre les miens ? » demandai-je satisfait.
Elle baissa à nouveau sa tête vers ses genoux – ça voulait surement dire non.
« Les cafés dosettes sont déjà dégoutants, mais alors si tu les bois froid, c'est juste à gerber – est ce que t'es humaine, bon sang ? »
Elle ne dit rien.
« Tout ça pour ne pas le chauffer dans la cuisine…Tout ça pour m'éviter. J'en reviens pas.»
« T'es tout le temps énervé. »
« On se demande pourquoi. »
« Je ne fais rien. »
« Et ça m'énerve. »
Le silence s'installa à nouveau. Elle ne pouvait pas être plus recroquevillée sur elle que maintenant, ses bras autour de ses jambes, sa tête reposait sur ses genoux en cachant sa bouche et ses pieds vers l'intérieur.
Croyait-elle que l'escalier allait la dévorer ?
« T'es tellement défoncée que tu t'es endormie sur les marches. » brisai-je le silence.
Elle souleva légèrement son visage de sorte à ne pas parler dans ses genoux.
« T'as tellement bien joué que je me suis endormie sur les marches. »
Recevoir un compliment d'elle était trop déstabilisant alors je décidai de ne pas m'attarder dessus et j'optai pour la seule défense que je connaissais : l'attaque.
« Pourquoi t'es pas descendu dans le séjour ? »
Elle réfléchit quelques secondes avant de me répondre.
« Tu as dis que je n'avais pas le droit de m'approcher du piano. »
Je ne savais pas ce qui m'énervait le plus : qu'elle utilise cette excuse pour cacher le fait qu'elle m'évitait, ou que ce soit moi qu'il lui ai donné initialement l'occasion d'avoir cette putain d'excuse.
« Et alors ? T'aurais pu caser ton petit corps quelque part dans les 150 m2 du rez de chaussée tout en évitant le piano. »
Elle se tourna vers moi, le regard réduit.
« Tu vois ? T'es tout le temps énervé. » déclara-t-elle.
« T'as qu'à arrêter de m'éviter ! »
Elle ramena son visage sur ses genoux.
« Je ne t'évite pas. J'obéis seulement aux consignes que tu me donnes. »
« Mes consignes ? Ma seule putain de consigne c'est que t'arrêtes de fuir ! »
« Et tu vois ? Quand tu me dis ça, ça me donne exactement envie de fuir ! Pourquoi cette obsession pour moi ? » demanda-t-elle tandis que son regard se planta sur moi.
« Et pourquoi pas ? Tu crois que j'ai tous les jours chez moi une prostituée qui sait lire de l'abstrait ? Ton… personnage ne peut qu'inspirer la curiosité ! »
« Mon personnage ? »
« Exactement – à croire que tu joues – consciemment ou pas – un rôle qui couvre ce que t'es vraiment. »
Elle tira la capuche de son gilet par dessus sa tête – elle fuyait.
« Je suis une prostituée, tu viens de le dire toi même. »
« Retire cette putain de capuche. »
Elle la vira comme une gamine qui venait de se faire gronder par son père. L'image serait hilarante si je n'avais pas une érection immédiatement. Je ne sais pas si c'était son coté rebelle et rare qui m'allumait ou plutôt son parfum qui augmentait à chaque fois qu'elle faisait un mouvement.
« Impossible que cette colère constante ne soit liée qu'à moi, c'est forcement ton caractère – » commença-t-elle en se tournant vers moi, mais je la coupai.
« – Faisons un marché – »
« – ton très mauvais caractère ! » lâcha-t-elle brusquement, son visage trop près du mien.
« Tu ne fais rien pour l'améliorer. » répondis-je doucement tandis que j'étais noyé dans son odeur. Elle ne bougea pas.
« Je ne suis pas ton psy. Et je ne ferais aucun marché avec toi. »
Sa boucle d'oreille se balançait contre la peau de son cou et ma bite pourrait suivre ce mouvement si elle n'était pas aussi dure.
Je reculai.
« Ecoute… » commençai-je en passant une main dans les cheveux, « Il nous reste 11 jours de cohabitation, et si on veut survivre, je crois qu'il va falloir qu'on se calme – »
« Que tu te calmes – »
« – Que t'arrêtes de me fuir – »
« – Que t'arrêtes avec ta curiosité. »
« Okay ! » criai-je agacé par son petit jeu, « c'est bon, plus de fuite, moins d'enquête, et moins de stress, okay ? »
Elle continua à me regarder – à mesurer les pours et les contres.
« D'accords… » murmura-t-elle finalement avant de poser sa tête sur ses genoux.
Le silence se plaça à nouveau mais elle le rompit rapidement.
« Pourquoi cet extrait ? »
« Quoi ? »
« De Chopin, au piano…pourquoi tu jouais cette pièce ? »
Elle ne me regardait toujours pas tandis que je la scrutais. Combien de femmes qui reconnaissait du Chopin avais-je connus ? Combien pouvaient reconnaître le morceau parmi tout le Chopin ?
« C'était quel extrait ? » lui demandai-je directement.
Elle baya avant de se frotter les yeux.
« Le prélude en Mi Mineur, opus 28, numéro 4. »
« Okay – et donc là, tu t'attends à ce que j'sois pas curieux, c'est ça ? » demandai-je fortement. Elle se tourna vers moi, les yeux larges, comme si ma question venait de la réveiller.
« Je…J'aime la musique. »
Je soupirai en cognant ma tête contre le mur derrière moi.
Impossible que j'y arrive.
« T'es en colère…Tu – tu ne devrais pas t'emporter pour si peu…Je – d'accords, j'ai un peu étudié le classique à un moment – voilà, c'est tout. Pourrait-on pas juste discuter de musique ? Simplement ? »
Je ramenai mon regard vers l'avant, elle était presque entièrement tournée vers moi…à croire qu'elle m'implorait…
« ''Suffocation''. C'est le nom de cet extrait – je suis sûr que je t'apprends rien. Bref, je jouais ça parce que ça collait bien avec mon humeur. » déclarai-je.
« T'as l'impression de…suffoquer ? » demanda-t-elle dans toute sa naïveté. ça m'irritait qu'elle se permette de me poser les questions qu'elle voulait quand elle m'interdisait de faire la même chose. Et ça me mettait hors de moi que je ne puisse pas lui refuser des réponses.
« D'étouffer. »
J'aurais pu utiliser d'autres mots : allumé, esquivé, nargué, frustré, enragé, perdu –
« C'est pour ça que tu allumes la climatisation à fond ? »
Je ris doucement avant de répondre.
« J'ai trop chaud en ce moment. ». C'était qu'en partie vrai. Je ne pouvais pas lui dire que je voulais vider l'air de son parfum parce que celui ci m'excitait.
Ses yeux s'élargirent dans l'étonnement – elle ne comprenait surement pas et elle devait probablement se les geler à cause de mes foutues hormones.
« T'as froid ? Je l'éteindrai demain – »
« Non, non ! Fais ce que tu veux – c'est chez toi – »
« C'est bon, 11 jours, tu te souviens ? Notre marché ? »
Elle cligna des yeux innocemment avant d'hocher la tête dans l'affirmative.
J'arriverai à gérer la chaleur incitée par cette fille. Mes couilles nécroseraient mais le reste pourrait survivre.
« Tu risques de tomber malade comme ça. » dit-elle en faisant un signe de tête vers mon torse nu.
« Tu t'inquiètes pour ma santé maintenant ? »
Elle se mit à rire doucement. Parce que c'était rare ou parce que c'était naturel, j'étais forcé de sourire…
« Je suis trop égoïste pour me soucier des autres… » commença-t-elle en fronçant les sourcils, « Je ne pense qu'à ma santé. Je n'ai aucune envie de partager tes virus dans cette maison. »
« Apres m'avoir demandé d'éteindre la clim, tu veux maintenant commander mes manières dans ma propre maison ? » demandai-je, satisfait.
« Je ne demande absolument rien. Fais ce que tu veux. » répondit-elle en tendant ses mains en signe de paix.
« Pourquoi on est assis sur cette marche d'escalier alors que la maison dispose d'un peu plus de 300 m2 ? »
« On n'est pas bien ici ? »
« En dehors de mon cul qui risque bientôt de faire un escarre, le reste survit. »
A mes boules près.
Son expression changea subitement de la légèreté au sérieux…
« Quoi ? »
« Rien. » dit-elle en agitant sa tête. Et elle semblait tellement claquée…comment tenait-elle encore ?
« Tu veux dormir ? » demandai-je. Peut-être que maintenant le bénéfice apporté par un peu de repos serait supérieur au risque lié aux cauchemars ?
« Non. »
« Faudra bien dormir un moment… »
« Pas maintenant. » dit-elle rapidement, « Comment tu fais pour résister, toi ? »
« Je résiste pas vraiment… J'ai besoin de mon sommeil pour travailler, pour réfléchir, pour vivre…J'ai appris à affronter…ma merde. » commençai-je, « mais le piano m'aide en général. » ajoutai-je finalement.
« Je crois que les cafés ne font plus d'effet sur moi…J'ai l'impression que c'est surtout le fait de boire quelque chose de… dégoutant qui me réveille. » dit-elle en utilisant mes mots. Et en souriant.
« Insomnie nausée-incitée. Tu fais exprès d'être tout le temps dans l'originalité ? » continuai-je sur la même lancée, satisfait.
« Les portes que tu claques m'aident à ne pas sombrer. » ajouta-t-elle, amusée. Elle me raillait. Et ça m'amusait. « Ton jeu au piano atténue les nausées. » finit-elle.
« Flatté d'être aussi utile… »
Elle sourit doucement, c'était frustrant de ne pas le voir clairement du fait de la pénombre. Elle changea sa position en s'installa symétriquement en face de moi, dos contre le mur, jambes fléchies, ses mains entres son ventre et ses cuisses.
« Est ce qu'il t'arrive de composer ? Tes propres partitions ? » demanda-t-elle une fois installée.
« Non… » répondis-je sans développer, mais sa façon de me regarder – curieuse et captivée – m'incitait à expliquer. « Je veux dire, je ne me suis jamais assis sur mon banc à réfléchir sur la note à ajouter sur une feuille pour créer…quelque chose. Mais il arrive que mes pensées soient tellement… détachées du morceau joué, que mes doigts reproduisent finalement exactement ce qui traine dans ma tête… sans même que je m'en rende compte. »
Elle me regardait comme si elle comprenait parfaitement, à croire qu'il existait une connexion entre nous…Puis elle baissa son regard vers l'espace entre mon pied et ses pieds.
« Tu crées spontanément. Tu es doué. » murmura-t-elle, et c'était comme si ces mots ne lui appartenaient pas…
« Qui te l'a dit ? » demandai-je directement.
Elle souleva ses grands yeux vers moi et je voulais allumer la lumière pour être sûr que ses yeux ne brillaient pas à cause de larmes.
« Mon ancien professeur de danse… » chuchota-t-elle en baissant à nouveau son regard. Elle agita sa tête en tirant les manches de son gilet sur ses mains. Elle ramena son regard en tentant vainement de sourire – comme si elle voulait me rassurer. Qu'elle pensait pouvoir me duper ou que je n'étais pas rassuré – peu importe – quelque chose m'énervait.
« Peut-on parler d'autre chose ? » demanda-t-elle.
« De quoi tu veux parler ? »
« N'importe quoi. »
Elle n'aurait pas du me tendre cette perche.
« Parle moi des roses bleues » profitai-je. Elle me regardait comme si je lui demandais d'arracher son bras et de me le donner. « S'il te plait. » ajoutai-je.
J'avais besoin d'une réponse.
« Elles n'existent pas. » chuchota-t-elle finalement.
« Quoi ? »
Elle soupira…
« Tu connais la signification de la couleur bleue ? »
J'agitai ma tête dans la négation.
« Le bleu est la couleur de l'espoir infini… Dans le sens de la quête perpétuellement insatisfaite… »
« Et après près quoi tu cours ? »
« Des solutions. »
« Et tu n'en trouves pas, c'est ça ? »
Elle passa ses mains nerveusement dans ses cheveux.
« Non… »
« Et pourquoi des roses bleues ? »
« Les rosiers ne produisent pas le pigment végétal primaire qui est à l'origine des vraies fleurs bleues. Les roses bleues n'existent pas dans la nature. A défaut de ne pas être comme elles, je les ai gravées sur ma peau. »
Je réduis mon regard tandis que mon cerveau faisait les raccords…
« T'es en train de me dire que t'aurais voulu être morte ? »
Elle continua à fixer ce foutu espace entre nos pieds alors que je voulais la secouer.
« J'aurais voulu ne pas exister. »
« T'aurais voulu crever. » traduis-je plus clairement. « Alors t'attends quoi ? Pourquoi tu te tues pas ? C'est pour ça qu'il te faut des solutions ? Pour te tuer ? C'est pas difficile – t'as juste à te jeter d'un putain de pont. A moins que t'es pas les couilles de le faire ? A moins que tu ne sois qu'une de ses foutues gamines qui sort juste des mots en l'air pour se faire remarquer ? » crachai-je sans réfléchir tandis qu'un sentiment proche de la peur m'infiltrait.
Il ne me fallut pas plus d'une seconde pour me rendre compte que je n'avais dis que de la merde. Cette fille pourrait se tuer. Elle en avait le cran. Je le savais comme si j'étais né avec cette vérité.
Mais quelque chose dans son discours me mettait hors de moi.
Quelque chose dans le fait qu'elle pourrait ne pas exister me rendait instable.
Elle se leva brusquement – je fis de même – avant de planter son regard sur moi.
« Vous pouvez me traiter de tout ce que vous voulez, Monsieur Cullen – à peu près toutes les insultes m'iront parfaitement. Mais je ne vous donne pas le droit de me traiter de gamine immature. Croyez moi, si je pouvais me flinguer, je l'aurais fait depuis longtemps sans dernière pensée. Mais si je vis encore ce n'est surement pas parce que j'ai peur de la mort. C'est la vie qui me terrorise. » lâcha-t-elle avant de se tourner, je l'entendis murmurer « pauvre type… » tout en fonçant pour sa chambre.
Comme si je la laisserais fuir…
J'attrapai son poignet et je la plaquai contre le mur – d'où me venait ce besoin de toujours la coincer ?
Je voyais à peine son visage dans l'obscurité, ça me rendait dingue. Mes mains serrèrent d'instinct ses bras, comme pour s'assurer qu'elle était devant moi quand mes yeux ne pouvaient pas le prouver dans le noir.
Et je ne savais pas quoi dire. Je devais m'excuser, j'imagine, mais je n'y arrivais pas.
« Lâche moi. » l'entendis-je chuchoter, « s'il te plait, lâche moi... »
« Des solutions pour quels problèmes ? » demandai-je en ignorant sa requête.
« LACHEZ MOI ! » cria-t-elle en me poussant de son corps.
Je la regardai passer le manche de son gilet sur sa joue avant d'entrer dans sa pièce et de claquer la porte.
Je voulais défoncer cette porte.
Mais j'entrai dans ma chambre et je défonçai plutôt la mienne par la force avec laquelle je la claquai.
…
(Jeudi 4 Septembre.)
« Ben, faut que je te parle. »
« Je t'écoute… »
« Faut que je te vois, c'est sérieux. »
« Masen…avec toi, c'est toujours sérieux – et urgent – et – »
« T'es où maintenant ? J'ai une pause. »
« En psy – en pause avec Angela, retrouve moi là bas si c'est, à ce point, sérieux. »
« J'arrive. » répondis-je même si je ne supportais pas foutre mes pieds dans le bâtiment de Psychiatrie.
…
« Comment les cinglés ici pourraient sortir du gouffre ? Je suis normal et j'ai l'impression de m'enfoncer dans Fox River… » » lâchai-je en entrant dans la salle de pause des infirmières. Angela était assise à coté de Ben, un stylo en main, un sandwich dans l'autre. Ben lui tendait la boisson de temps en temps qu'elle buvait par une paille. Tout dans l'accord parfait.
Angela se mit à rire doucement.
« Ed, combien de fois devrais-je te le dire ? Personne n'est normal. » me dit-elle en souriant.
« D'ailleurs, Edward aurait totalement sa place ici. » ajouta Ben.
« Où ça ? En psy ou à Fox River ? » demandai-je satisfait.
Angela se tourna vers Ben, les deux se regardaient dans une réflexion pseudo intense – ils se foutaient de ma gueule.
« Les deux. » répondirent-ils en même temps en pouffant de rire.
« Tu te moques de moi, Angel ? » demandai-je en plaisantant
« Oh non, j'oserais pas. » fit-elle, amusée.
« Je crois que tu oserais totalement… » Elle se mit à rire à nouveau.
« En même temps, imaginons un Edward Masen mixé à un Michael Scofield…Nous pourrions peut être dépasser ta cote de popularité dans l'hôpital ? »
« Très amusant, Angel, vraiment, je tombe de rire. »
« Okay, okay…c'était facile… » dit-elle en se levant pour se placer devant moi. Elle plaça un doigt de chaque coté de ma bouche pour me forcer à sourire, « On aimerait juste te voir rire, Ed… » dit-elle doucement dans la confidence.
« Tu me fais sourire, c'est un bon début, non ? »
« Mmh…ouai… » dit-elle, non satisfaite par ma réponse, « Je dois vois laisser messieurs, le travail m'appelle. » ajouta-t-elle en se dirigeant vers Ben qui souriait à notre échange…Elle l'embrassa avant de quitter la salle de pause.
« Bon. Raconte moi tout. » déclara Ben en se repositionnant sur le canapé – comme s'il s'apprêtait à consulter un de ces patients.
« On peut pas bouger d'ici ? J'supporte pas cet endroit. »
« Peur de ceux qui nous ressemble, Masen ? » demanda-t-il satisfait, je pouvais pas savoir s'il était sérieux ou s'il plaisantait.
« T'imagines pas… »
Dès la sortie de la salle, je remarquai Angela en train de discuter avec un type en blouson en cuir.
« Tu devrais peut être te mettre dans le cuir, Ben. » plaisantai-je, « Ta fiancée à l'air d'apprécier le style.. »
« Qu'est ce tu racontes, Masen ? » lança-t-il en riant, « Ma fiancée apprécie son travail, cet homme doit être un proche d'un patient… » expliqua-t-il tandis qu'on s'approchait d'eux…
Et j'aurais pu ne pas le reconnaître.
J'avais croisé ce type il y a un bout de temps et pour trop peu de temps.
Mais vu que tout ce qui concernait la fille qui m'obsédait se gravait automatiquement dans ma mémoire, je reconnus immédiatement l'homme qui discutait avec Angela.
C'était le type de la moto. Le blond qui était avec elle dans le parking.
« Tu le connais ? » demandai-je à Ben en stoppant mes pas.
« Mmh… Non, il me dit rien. » dit-il, son regard passait du type en question à moi.
« Il la connaît… » murmurai-je à moi même.
« Quoi ? »
Et il connaissait Angela.
Je les regardais à quelques mètres de moi discuter d'un sujet qui semblait être grave…
« De quoi tu parles ? Il connaît qui ? » entendis-je Ben me demander.
Je ne pus répondre parce que la sonnette d'alarme d'une des chambres du couloir où on se trouvait s'activa. Le voyant rouge au dessus d'une porte près de nous s'alluma. Celle ci s'ouvrit brusquement pour laisser sortir un jeune infirmier paniqué…
« Seigneur…Non… » entendis-je Angela. Je me tournai vers elle – elle fonçait déjà pour la chambre en question, la peur inscrite partout sur son visage. Je ramenai mon regard sur le blond pour le voir, à mon effarement, attraper violemment l'infirmier et le plaquer contre le mur.
« Fils de pute ! Qu'est ce que tu foutais dans cette chambre ! » hurla-t-il tandis qu'il étranglait le pauvre type.
Ben se dépêcha vers eux pour les séparer – il me fallut quelques secondes pour réintégrer mes reflexes devant la situation.
« Hey ! » interpellai-je le type dont je tentais de retirer les mains de la gorge de l'infirmier – le blond semblait possédé.
« Monsieur, lâchez le ou on appelle la sécurité ! » lança Ben.
C'est là qu'un hurlement nous congela tous les quatre.
Je tournai ma tête vers la chambre d'où sonnait l'alarme – d'où venait ce cri.
Une équipe de soin entra en urgence dans la chambre avant de fermer la porte.
« Qu'est ce qui se passe, putain de merde? » demandai-je, sidéré par la situation.
La porte s'ouvrit à nouveau.
Et si mon cœur pouvait sortir de ma poitrine, il le ferait maintenant.
« Non – »
« Mademoiselle, vous devez sortir ! »
« Non ! S'il vous plait, pas ça ! Non, Non ! »
Et la porte claqua à la figure de celle qui m'avait privé de la raison ces derniers jours.
Elle était à quelques mètres de moi à tenir le cadre de la porte comme si c'était sa vie.
« Non…Nooon…» continua-t-elle entre ses pleurs. Elle glissa à genoux devant la porte, le visage en larme dans ses mains.
Elle était dévastée.
Et j'étais paralysé.
Tellement de sentiments me submergeaient… Tellement de questions se battaient…J'étais choqué… et bloqué… et perdu.
Le blond ramassa la fille du sol et la serra dans ses bras.
« Tu les connais ? » entendis-je Ben à coté de moi, je hochai ma tête dans la négative tout en la regardant pleurer dans la veste du blond.
Non. Je ne la connaissais tellement pas.
Je me rapprochai d'eux…
« Hey ? »
Seul le type ramena son regard destructeur sur moi. Il me descendit de haut en bas avant de remonter directement pour mon badge. Il n'avait pas l'air surprit ou même, un temps soit peu, déstabilisé. A croire qu'il savait exactement qui j'étais.
Le visage de la fille s'écarta de la poitrine du blond et tourna lentement vers moi... Elle haleta quand elle me découvrit ses yeux rouges des pleurs ne pouvaient pas être plus grands.
La porte de la chambre s'ouvrit à nouveau le blond se décala avec la fille dans ses bras
Le médecin sortit le premier de la pièce suivit d'un lit dans lequel était attachée une patiente je pouvais encore voir ses tremblements. Plusieurs infirmières suivirent ensuite, Angela se trouvait au niveau de la tête de la patiente – elle lui chuchotait quelque chose à l'oreille.
C'est alors que le corps de la malade se cambra brusquement vers le plafond.
Elle convulsait au milieu du couloir.
Et c'est là que je la vis.
Au milieu des cris et du mouvement qu'il y avait pour prendre en charge la patiente, je la vis sur le coté gauche du cou de la malade…comme une étoile briller entre ses cheveux dorés…
La sœur de la boucle d'oreille.
…
C'est quand les réponses mènent à des questions que c'est passionnant.
…
A/N :
Prochain chapitre : une partie des révélations va tomber…
Mais selon le point de vue de Bella ou Edward, je ne sais pas encore… Des conseils ?
J'aime vos pensées…
