Bonjour tout le monde !
Voici le 14ème chapitre et Castiel discute un peu avec Sam à propos de Dean.
Après ce chapitre, il n'en restera que très peu avant leur premier baiser (2 il me semble ...).
Je vous remercie de me lire, de m'écrire et de m'encourager !
Je vous adore !
Bonne lecture et à jeudi
Sydney8201
Musique du chapitre :
Trouble de Cat Stevens
Chapitre 14 : Courage
« Le véritable courage consiste à être courageux précisément quand on ne l'est pas »
Jules Renard
Castiel avait ramené Dean chez lui puis l'avait accompagné jusque dans sa chambre. Il l'avait laissé se déshabiller puis s'installer sous les couvertures. Il avait ensuite attendu – à sa demande – que Dean finisse par s'endormir avant de sortir à nouveau de la pièce.
Il était lui même épuisé mais il savait qu'il ne parviendrait jamais à s'endormir dans son état. Il aurait pu s'allonger pour reposer son corps et ses muscles. Mais il ne tiendrait jamais en place. Il était encore sous le coup de l'adrénaline que la peur avait créée dans son corps. Et il avait le cerveau qui tournait à cent mille à l'heure dans son crâne. Il avait besoin de se calmer. Il hésita à rester au chevet de son client. Le voir dormir l'apaisait. Il avait déjà failli le perdre deux fois et il avait besoin de le voir respirer pour être totalement rassuré.
Mais il doutait que Dean apprécierait de le trouver à côté de son lit quand il se réveillerait. Ce n'était pas quelque chose qu'un garde du corps faisait. Et Castiel avait déjà franchi trop de limites pour ne pas ajouter celle ci à la liste.
Il allait donc devoir se contenter de la certitude que Dean était en sécurité, au chaud dans son lit pour se rassurer. Et peut être d'un verre ou deux pour se calmer. Ou de la bouteille entière.
Castiel ne buvait que rarement et seulement quand il ne travaillait pas. Il ne voulait pas être sous l'effet de l'alcool au moment où son client serait amené à avoir besoin de lui. Il devait toujours être prêt à intervenir. Toujours suffisamment lucide pour prendre les bonnes décisions. Mais il était épuisé physiquement et mentalement. Il estimait avoir bien mérité un peu de répit.
Il rejoignit donc le salon et s'approcha de la table où Dean rangeait ses bouteilles et ses verres. Il les observa une seconde. Il n'était pas fan du whisky dont le goût ne lui plaisait pas. Il n'aimait pas non plus les alcools trop sucrés. Il opta donc pour de la vodka. Il s'en servit une bonne dose dans un verre puis en but aussitôt une gorgée.
L'alcool lui brûla la gorge et l'oesophage sur son passage. Castiel ferma les yeux et le laissa faire son travail. Rapidement, une sensation de chaleur l'envahit des pieds à la tête. Il soupira longuement.
La maison était extrêmement calme à cette heure ci. Personne n'était debout. Il était étonné que leur retour n'ait pas réveillé Jo ou Bobby. Il en était toutefois soulagé. Il ne voulait pas avoir à leur expliquer ce qui s'était passé. Il était terrifié à l'idée qu'on le montre du doigt. Qu'on le juge coupable de ne pas avoir su faire son travail. Ce n'était pas faux. Mais se l'entendre dire serait probablement une vraie torture.
Castiel but une nouvelle gorgée de sa vodka et se dirigea vers le canapé. Il se laissa tomber lourdement dessus et étendit ses jambes droit devant lui.
Il avait connu des missions compliquées. Certains de ses clients étaient menacés par des armées entières. Par des gens entraînés et qui avaient fait du meurtre leur profession. Il avait affronté des rebelles, des groupes terroristes et des fanatiques en tout genre. Mais jamais avant il n'avait eu aussi peur d'échouer.
Il ne comprenait pas comment un jeune homme comme Dean pouvait s'être attiré la haine d'autant de personnes. Il n'avait rien fait pour le mériter.
Il pouvait comprendre – à défaut de pouvoir l'excuser – qu'on puisse souhaiter s'en prendre à un politicien. Ils prenaient des décisions importantes. Influaient sur la vie de tous les jours et sur la société dans son ensemble. Ils savaient que leurs décisions et leurs actes étaient scrutés. Ils étaient des cibles toutes désignées. Parce qu'on les jugeait responsables de tout ce qui clochait dans le monde.
Mais il ne comprenait pas comment on pouvait vouer une telle haine à quelqu'un qui ne faisait que jouer devant des caméras. Dean n'avait rien accompli de significatif. Il ne faisait que distraire les gens. On pouvait parfaitement l'ignorer. Si on ne l'appréciait pas, il suffisait de ne pas lire la presse et de ne pas aller au cinéma pour le voir. Ce qu'il faisait au quotidien n'influait en rien sur la vie des gens.
Pourtant, certains lui vouaient une haine sans borne. Une haine qui les conduisait à vouloir lui faire du mal. Et Castiel était un peu perdu. Il n'avait jamais été confronté à une telle situation. Il était plus facile de défendre quelqu'un quand on connaissait parfaitement la nature de la menace qui pesait sur lui. Mais dans le cas de Dean, Castiel n'avait pas la moindre idée de ce qui poussait les gens à s'en prendre à lui. Et cela le rendait incapable de prévoir leurs attaques.
Ce soir, on s'en était pris à lui parce qu'il était gay. Demain, ce serait peut être pour autre chose. Castiel avait la sensation que le danger pouvait venir de partout. Et il n'était plus du tout sûr d'être capable de le prévenir. Cela le terrifiait.
Le garde du corps avala une nouvelle gorgée de vodka et ferma à nouveau les yeux.
- Vous allez le regretter demain.
Castiel haussa les épaules et rouvrit les yeux. Il tourna ensuite lentement le visage et observa Sam qui se tenait derrière lui. Il paraissait lui aussi totalement épuisé. Castiel savait qu'il ne réussissait pas à dormir non plus. Il pouvait le comprendre.
- Sans doute, concéda t-il alors.
Il aurait peut être la gueule de bois. Mais il estimait mériter de souffrir un peu. Sam s'éloigna alors de lui et partit se servir un verre à son tour.
- Je suis passé voir Dean dans sa chambre. Il dort, expliqua ensuite le jeune agent.
Castiel n'était donc pas le seul à avoir eu besoin de se rassurer en allant vérifier que Dean allait bien. Il était presque sûr que Sam avait lui aussi envie de passer la nuit à son chevet. Mais il savait que son frère n'apprécierait pas d'être surveillé de la sorte. Peu importait les évènements de la soirée. Il ne voulait pas paraître faible.
- Il a vécu une soirée traumatisante. Il en a bien besoin, lança t-il alors.
Il devait admettre qu'il était étonné de voir que son client avait trouvé le sommeil aussi rapidement. Il était presque sûr que des cauchemars finiraient par le réveiller. Mais pour le moment, il se reposait. C'était une bonne chose.
- Je ne suis pas sûr qu'il se rende compte du danger qu'il court au quotidien. Parfois, j'ai la sensation qu'il s'en fiche, avoua Sam en revenant vers le canapé, un verre à la main.
Castiel hésita à lui dire qu'il le regretterait lui aussi le lendemain. Mais il estimait que le jeune agent n'avait pas besoin qu'il lui fasse la morale.
- Je pense au contraire qu'il en a parfaitement conscience. Mais il refuse de céder à la peur. Votre frère est quelqu'un d'extrêmement courageux Sam.
Castiel le pensait sincèrement. Il savait que Dean était vulnérable mais il admirait la façon qu'il avait de combattre sa peur au quotidien. De refuser de la laisser gagner. D'autres à sa place auraient choisi de se cacher et d'attendre que les choses se tassent. Mais Dean faisait face à ceux qui lui voulaient du monde. Il ne changeait en rien ce qu'il avait prévu de faire. Parce qu'il ne voulait pas les laisser gagner. C'était à la fois stupide et incroyablement courageux.
- Je ne veux pas le perdre … je suis terrifié à l'idée qu'il puisse se faire tuer et … je ne peux pas le perdre.
Il y avait beaucoup de vulnérabilité dans le ton de Sam. A cet instant précis, il n'était plus l'agent de Dean. Il redevenait son petit frère. Et il était terrifié à l'idée de perdre celui qui l'avait élevé. Celui qui avait été son modèle quand il grandissait. L'amour que Sam avait pour Dean était évident. Il était incroyablement fort.
- Je ne laisserais rien lui arriver Sam. Je peux vous le garantir. Et je sais que vous devez avoir du mal à me croire après ce qui s'est passé ce soir mais … je peux vous jurer que je ne laisserais personne faire du mal à votre frère.
Sam prit place sur le fauteuil à la droite de Castiel et posa ses pieds sur la table basse. Il n'avait pas quitté son costume mais il avait retiré sa veste et desserré sa cravate. Il avait les cheveux en désordre sur sa tête et le visage pâle. Il semblait épuisé. Mais également effrayé.
- Je vous fais confiance Castiel, assura finalement le jeune agent.
Castiel fut surpris de l'entendre. Sam l'avait engagé pour veiller sur son frère et depuis qu'il était là, Dean s'était retrouvé deux fois en danger sans qu'il puisse l'en empêcher. Il aurait été parfaitement normal que le jeune agent doute de lui et de ses capacités. Il s'était attendu à devoir se défendre et s'expliquer. Mais de toute évidence, Sam avait toujours confiance en lui.
- Mais je n'ai pas confiance en Dean, ajouta t-il alors.
Castiel fronça les sourcils, surpris à nouveau. Sam enchaîna aussitôt, visiblement désireux de s'expliquer.
- Je sais qu'il pense agir pour le mieux et je sais qu'il … je sais combien tout cela compte pour lui. Mais des fois, j'ai l'impression qu'il veut jouer les durs simplement pour ne pas laisser voir ses faiblesses … parce qu'il pense que les gens ne l'aimeront plus autant s'il se montre fragile. Il a besoin … il a toujours recherché à obtenir l'amour des gens et leur admiration. Pas par vanité … pas par orgueil. Uniquement parce qu'il en a manqué quand on était enfant. Notre père ne nous a jamais dit qu'il nous aimait. Il ne nous a jamais dit qu'il était fier de nous. Et moi, je … Dean me le disait sans cesse alors je suppose que je n'ai pas le même manque.
Cela expliquait effectivement en partie l'attitude du jeune acteur. Castiel aurait aimé pouvoir dire à John Winchester ce qu'il pensait de sa façon d'élever ses enfants. Il se demandait si le père de Dean et Sam avait eu conscience de l'incroyable impact que son comportement aurait sur eux une fois adultes. S'il s'en fichait totalement.
- J'aimerais pouvoir le convaincre de tout annuler. Pas le tournage parce qu'il lui tient trop à cœur mais tout ce qui est superflu. Il n'a pas besoin de se montrer en public pour que son film soit un succès. Son nom suffira à attirer les gens au cinéma. Il pourrait … il pourrait juste rester à l'abris jusqu'à ce qu'on démasque celui qui lui écrit toutes ces lettres.
Castiel savait très bien comment son client accueillerait une telle demande. Il s'emporterait. Crierait puis finirait par s'enfermer dans sa chambre et par ne plus adresser la parole à qui que ce soit. Il n'accepterait jamais de rester en retrait. Il avait été clair sur ce point. Et Castiel avait fini par l'accepter. Il était grand temps que Sam le comprenne à son tour.
- Votre frère ne veut pas se laisser dicter sa conduite par les gens qui lui veulent du mal. Et je suppose … je suppose qu'il a raison. Je ne dis pas que le garder ici ne serait pas plus simple pour tout le monde mais … se terrer chez lui n'est pas forcément la solution non plus. Il finirait par devenir complètement dingue et par prendre la fuite à nouveau. Mieux vaut le laisser faire ce qu'il veut et le suivre constamment.
Sam avala une longue gorgée de son whisky avant d'hocher la tête. Il savait que Castiel avait raison. Mais cela ne l'empêchait pas d'être en colère contre son frère.
- Il est la personne la plus importante au monde pour moi vous savez, asséna t-il ensuite.
Castiel l'avait deviné. Ce n'était pas trop dur à voir. Il les enviait parfois. Il aurait aimé être aussi proche de sa famille. Il n'avait pas eu cette chance.
- Et je sais que vous êtes la personne la plus importante pour lui également, assura t-il en fixant la vodka dans son verre.
Sam soupira à nouveau longuement avant de se passer la main sur le visage. Il avait les doigts qui tremblaient. Castiel aurait aimé trouver les mots justes pour le rassurer. Mais il doutait d'en être capable. Ce n'était pas quelque chose qu'il savait faire. Il n'avait jamais été très doué avec les mots.
- Il vous a parlé de Jess je suppose, lança finalement Sam après quelques secondes de silence.
Castiel se souvenait effectivement que Dean avait évoqué le sujet le jour de son arrivée. Il avait également demandé à Gabriel de se renseigner sur l'accident qui avait coûté la vie à la jeune femme. Il n'en avait pas tiré grand chose. Et il avait choisi de ne pas aborder le sujet avec Sam. Il avait besoin de tout savoir sur les gens qui entouraient son client. Mais il n'était pas un monstre sans cœur non plus. Il savait quand il était inutile de rouvrir une plaie à peine cicatrisée.
- Il m'a dit que vous étiez fiancé et qu'elle est morte, expliqua t-il alors avant de boire une gorgée de vodka.
Sam hocha longuement la tête. Pendant une seconde, il sembla perdu dans ses pensées, dans ses souvenirs. Castiel supposait qu'il était toujours douloureux pour lui de penser à elle. On ne pouvait certainement pas se remettre de la perte de la personne qu'on aimait. Le fait que Sam n'ait eu personne dans sa vie depuis en était la preuve. Il avait perdu son âme sœur. C'était triste. Castiel avait de la peine pour le jeune agent.
- Je l'ai rencontrée à l'université et elle était … elle était absolument parfaite. Drôle, gentille, intelligente et incroyablement belle. Dean était tellement content pour nous deux. C'est lui qui m'a convaincu de la demander en mariage avant qu'on ait fini nos études. Je prévoyais de le faire mais je voulais attendre d'avoir mon diplôme. Dean m'a alors dit que l'amour n'attendait pas. J'ai suivi son conseil.
Castiel vit alors un sourire triste étirer les lèvres de Sam et il ressentit le besoin de dire quelque chose. N'importe quoi pour montrer au jeune agent qu'il compatissait. Il ne pouvait pas réellement comprendre ce qu'il avait traversé et traversait toujours. Il n'avait jamais été amoureux. Mais il pouvait l'imaginer.
- Je suis désolé pour vous Sam. Ca a du être extrêmement dur.
C'était un peu cliché et cela n'aidait probablement pas le jeune agent. Mais c'était tout ce que Castiel avait trouvé à dire.
- Ca a été pire que tout ce qu'on peut imaginer. Quand elle est … le feu s'est déclaré dans notre chambre et elle … elle est morte asphyxiée. Je n'étais pas là. Je passais la soirée avec des amis et … quand je suis rentré, j'ai vu les pompiers et j'ai compris. J'ai compris tout de suite. Je me suis totalement effondré. Si Dean n'avait pas été là pour moi, je pense sincèrement que j'aurais mis fin à mes jours.
Castiel sentit son cœur se serrer pour ce jeune homme qui avait déjà traversé l'enfer à seulement vingt six ans. Ce qui arrivait à présent à son frère devait faire douloureusement écho à ce qui était arrivé à sa fiancée. Sam était incroyablement fort de réussir à tout gérer sans s'effondrer.
- J'ai commis beaucoup d'erreurs après sa mort. J'ai fréquenté les mauvaises personnes. J'ai abandonné mes études et je … c'est Dean qui m'a aidé à remonter la pente. Je lui dois tout et … durant tout le temps que cela a pris, il a mis sa carrière entre parenthèses. Il a tout abandonné pour s'occuper de moi. Je suis furieux de voir qu'il n'en fait pas de même pour lui. Si c'était moi que ce type menaçait, il m'aurait enfermé dans ma chambre sans hésiter. Il aurait tout lâché pour veiller sur moi. Mais quand cela le concerne lui, il s'en fiche. Il ne comprend pas que sa mort me détruirait totalement.
Castiel pouvait comprendre que cela soit frustrant pour le jeune agent. Il aurait aimé pouvoir rendre la pareille à son frère. Etre là pour lui comme Dean l'avait été quand il en avait besoin. Il ne comprenait pas que c'était exactement ce qu'il faisait en vivant sous le même toit que le jeune acteur. Que sa présence et son soutien étaient les deux seules choses dont Dean avait besoin pour continuer à avancer. Il ne demandait rien de plus. N'avait besoin de personne d'autre que de son petit frère. Veiller sur lui lui donnait la sensation d'être utile.
- Dean a besoin de vous Sam. Plus que vous ne semblez le penser. Il ne sait juste pas comment vous le dire. C'est évident pour quiconque est extérieur à votre famille. Je l'ai deviné le premier jour où je vous ai rencontré.
- Alors pourquoi refuse t-il de m'écouter ? Pourquoi refuse t-il de faire ce que je lui demande ?
C'était une question compliquée. Dean était un garçon difficile à comprendre. Il était paradoxal et mystérieux. Castiel n'en savait pas suffisamment sur lui pour répondre à la question du jeune agent. Il se força pourtant à essayer.
- Je crois qu'il a peur de vous décevoir. Il sait qu'il a été votre modèle pendant longtemps …
- Il l'est toujours, intervint Sam d'une voix forte.
Castiel hocha la tête avant de reprendre.
- C'est important pour lui de savoir que vous pouvez vous appuyer sur lui quand vous en avez besoin. Il veut être fort pour vous. Continuer à vous sembler indestructible. Je crois qu'il veut être votre héros.
Sam tourna alors le visage et sembla avoir besoin de quelques minutes pour réfléchir. Castiel se reconcentra sur son verre et laissa le silence s'installer. Il n'était pas sûr que sa réponse satisfaisait le jeune agent. Mais il ne voyait pas quoi dire d'autre. Il était difficile pour lui de comprendre la mécanique des deux jeunes hommes. Il ne les connaissait pas assez pour ça.
- C'est un idiot, asséna finalement Sam.
Castiel ricana une seconde. Il était vrai que Dean pouvait parfois agir comme un imbécile. Mais quand on prenait le temps d'apprendre à le connaître, on voyait les choses sous un autre angle. On finissait par comprendre qu'il avait une motivation juste et une âme pure. Dean était tout simplement quelqu'un de bien. Il faisait passer le bien être de son frère avant le sien. Il sacrifiait tout pour les autres. Il était généreux. Peut être trop. Mais personne ne pourrait le changer.
- C'est ce que j'ai pensé les premiers jours … peut être que je continue à le penser parfois. Mais j'ai appris à le connaître … pas aussi bien que vous bien sûr … mais suffisamment pour savoir qu'il est plus que ça.
Sam retira finalement ses pieds de la table basse et vida son verre d'une traite. Il grimaça en avalant et soupira ensuite longuement.
- Je pensais que vous finiriez par vous entretuer. Je ne croyais pas que vous parviendriez à vous entendre … pas après les premiers jours en tout cas.
Castiel ne l'avait pas cru non plus. Il avait vraiment pensé qu'il ne pourrait jamais obtenir la confiance du jeune acteur. Il était encore surpris d'avoir réussi. Il était honoré également. Il savait que ce n'était pas quelque chose que Dean faisait facilement.
- Je dois vous avouer qu'il m'a poussé à bout plus d'une fois. Et si je n'avais pas détesté l'idée de perdre, j'aurais sans doute baissé les bras depuis longtemps. Mais je suis plus têtu que lui. Et il a fini par entendre raison.
- Vous êtes un magicien. Vous accomplissez des miracles, commenta alors Sam en souriant à nouveau.
La tension qui régnait dans la pièce s'allégea alors un peu. Castiel sourit à son tour au jeune agent. Il était content de voir qu'il allait un peu mieux. Parler de Jess et du danger qui pesait sur son frère l'avait déprimé. Mais il avait retrouver le sourire. C'était déjà ça. Castiel savait que Sam souffrait toujours. Il souffrirait probablement toute sa vie. Mais il se reconstruisait jour après jour. Il était fort. Et il ne le devait pas uniquement à Dean.
- Je ne suis pas sûr qu'il s'agisse d'un miracle mais c'est une petite victoire effectivement.
- Vous l'appréciez n'est ce pas ? Dean, je veux dire … vous avez appris à l'apprécier.
Castiel détourna aussitôt les yeux, mal à l'aise. Le mot « apprécier » était un peu faible. C'était plus que ça. Mais il ne voulait pas que Sam le sache. Et il avait peur qu'il le comprenne en le regardant dans les yeux. Il était presque sûr qu'il finirait par se trahir.
- Là n'est pas la question. Je n'ai pas à apprécier votre frère pour faire correctement mon métier. Il m'est arrivé de travailler pour des gens dont je ne partageais pas les opinions politiques. Des gens que j'aurais détestés si je les avais rencontrés dans d'autres circonstances. Mais, j'ai rempli ma mission à chaque fois. Sans hésiter et sans me poser de questions. Je n'ai pas besoin d'apprécier votre frère. Il est mon client. Rien de plus. Mais j'avais besoin qu'il me fasse confiance et c'est chose faite.
Il n'aimait pas mentir. Il détestait avoir à cacher la vérité. Mais il avait peur de la réaction de Sam si toutefois il se montrait honnête. Il ne voulait pas que le jeune agent se méfie de lui. Qu'il décide de le renvoyer pour protéger son frère. Il avait besoin d'être là. Et s'il devait mentir pour s'en assurer, alors il était prêt à tout.
- Je comprends oui mais … qu'est-ce que vous pensez de lui ? Je veux dire … j'avais l'impression que vous l'appréciez. Ce n'est pas une question piège Castiel … juste un moyen de passer le temps.
Castiel avait pourtant l'impression qu'il s'agissait là d'un interrogatoire. Il n'avait pas envie de répondre. Pas envie de parler à Sam de ce qui se passait dans sa tête depuis quelques jours. Mais éviter de répondre le trahirait certainement. S'il voulait que le jeune agent continue de croire qu'il ne ressentait rien de particulier pour Dean, il ne devait surtout pas refuser d'en parler. Il pouvait toutefois tenter de gagner un peu de temps pour mettre un peu d'ordre dans son esprit.
- Je n'ai pas l'habitude de parler de mes sentiments ou de donner d'avis sur mes clients. Je vous l'ai dit. Ce n'est pas mon rôle. Peu importe ce que je pense de votre frère. Je ne comprends pas ce que vous cherchez à me faire dire.
Il avait l'impression que Sam avait quelque chose en tête. Quelque chose qu'il aurait préféré voir le jeune agent ignorer. Il semblait avoir compris qu'il se passait quelque chose entre le garde du corps et Dean. Et il ne semblait pas réellement désapprouver. Il était juste curieux.
- S'il vous plait Castiel … je vous jure que je ne cherche rien … juste à passer le temps.
C'était un mensonge. Le garde du corps le savait. Mais il ne pouvait pas continuer à refuser de répondre. Ou il finirait par se trahir pour de bon. Et par confirmer les soupçons de Sam. Il devait garder son calme et se montrer sûr de lui. Même s'il ne l'était pas.
- Très bien Sam … je … je dois reconnaître que j'apprécie votre frère. Il m'a tout l'air d'être quelqu'un de bien et un excellent acteur.
Il ne pouvait pas en dire plus. Même s'il avait encore des milliers de choses à dire sur le jeune acteur. Il aurait pu avouer qu'il le trouvait incroyablement séduisant. Qu'il le trouvait drôle, intelligent et touchant. Qu'il avait été totalement bouleversé par lui. Mais Sam n'avait pas besoin d'entendre toutes ces choses. Il était préférable qu'il reste dans l'ignorance.
- C'est plutôt vague comme réponse. Vous n'avez pas à avoir honte de ressentir des choses Castiel. Et vous pourriez être surpris de ma réaction.
Castiel fronça alors les sourcils en observant Sam. Le jeune agent paraissait totalement sincère. Et incroyablement calme. Il cherchait à pousser le garde du corps à admettre qu'il ressentait quelque chose de fort pour Dean. Mais Castiel refusait de le faire.
- Sam, je vous l'ai dit … ça n'a aucune importance. J'apprécie votre frère oui. Je pense que c'est quelqu'un d'intéressant et qui mérite à être connu mais même si j'étais amené à changer d'avis … même si je ne pensais pas toutes ces choses, cela ne m'empêcherait pas de le protéger au péril de ma vie. C'est la seule chose que vous avez besoin de savoir.
Sam se mordilla la lèvre inférieure une seconde, visiblement déçu par la réponse qu'il venait d'obtenir. Mais Castiel n'en dirait pas plus. Il refusait d'avouer ce que Sam cherchait à lui faire avouer. Le jeune agent sembla hésiter durant de longues secondes à insister avant de soupirer et d'hocher la tête.
- Parfait, si vous le dites … je suppose que je ne peux que vous croire n'est ce pas ?
- Je suppose oui, répliqua Castiel aussitôt.
Sam hocha alors à nouveau la tête avant de se passer une main sur le visage.
- Je suis sûr que vous aviez peur … après ce soir, vous aviez peur que je vous renvoie non ?
Castiel opta cette fois pour l'honnêteté. Ils avaient évité le sujet délicat et étaient à présent sur un terrain dans lequel le garde du corps se sentait à l'aise. Il avait effectivement redouté que Sam lui demande de partir. Il aurait eu le droit de douter de ses compétences après ce soir. Castiel avait manqué à son devoir. Il avait failli à la tâche. Il le savait et il était sûr que Sam le savait aussi. Il était effectivement surpris que le jeune agent continue à lui faire confiance. Il lui avait dit que Dean était la personne la plus importante au monde pour lui. Il aurait du le renvoyer. Chercher quelqu'un de plus à même de le défendre. Mais il avait choisi de le garder auprès d'eux. Et Castiel devait admettre qu'il était surpris.
- Je vous avoue que je m'attendais à une autre réaction de votre part. Pas forcément un renvoi mais … quelques doutes au moins.
Sam haussa alors les épaules avant de détourner les yeux et de regarder la table où reposaient les bouteilles d'alcool. Il hésitait visiblement à se resservir un verre.
- Je ne vais pas vous mentir Castiel. Je me suis posé quelques questions. Sur le moment … juste après … juste après que ces hommes aient été maîtrisés, je me suis demandé si je n'avais pas eu tort de vous engager. Si vous étiez réellement la personne adéquate pour protéger mon frère. Mais j'ai fini par comprendre que personne n'en serait plus capable que vous.
- Je peux vous demander pourquoi ? Lança alors Castiel, surpris et curieux.
Sam sourit vaguement avant de se lever de son fauteuil. Il reprit son verre sur la table et partit se servir à nouveau du whisky. Il répondit à Castiel alors qu'il lui tournait le dos, le regard sans doute posé sur la bouteille qu'il tenait dans sa main.
- Et bien, c'est assez simple. J'ai réalisé que Dean avait confiance en vous … qu'il avait fini par vous accepter. Et honnêtement, c'est un miracle. Je vous l'ai dit … je n'y croyais pas une seconde. Dean ne s'ouvre pas facilement aux autres. Et le simple fait que vous ayez réussi à passer outre sa carapace me prouve que vous êtes la personne idéale pour lui. Je pourrais trouver un autre garde du corps compétent. Mais je sais que Dean ne le laisserait pas s'approcher de lui alors … oui Castiel, vous n'êtes pas infaillible mais vous êtes la personne parfaite pour protéger mon frère. Je n'ai plus aucun doute sur ce point.
Castiel laissa les paroles de Sam s'imprégner doucement en lui. Il avait conscience que ce moment était important. Qu'il avait obtenu une chose extrêmement importante de la personne qui comptait le plus aux yeux de son client. Il était important que Castiel ait l'appui et la coopération du jeune acteur. Mais il était crucial également qu'il puisse compter sur ses proches. Dean écoutait Sam. Il avait donc besoin que le jeune agent soit de son côté.
- Ne soyez donc pas surpris Castiel, lança alors Sam, tirant le garde du corps de ses songes.
Ce dernier lui jeta un coup d'oeil. Sam le regardait à présent. Il avait rempli son verre et le porta à ses lèvres dès qu'il eut fini de parler.
- Je suis persuadé que vous saurez veiller sur Dean. J'espère juste que mon frère apprendra à veiller sur lui un peu également.
Castiel le pensait aussi. Il pouvait s'assurer que personne ne ferait de mal à Dean. Mais il ne maitrisait pas tous les éléments. Il avait besoin que le jeune acteur y mette du sien. Qu'il soit réellement conscient du danger qui pesait sur lui. Il était presque sûr que Dean l'avait compris après l'incident de ce soir. Mais il pouvait comprendre que Sam ait encore des doutes. Il le lui avait dit au début de leur conversation.
- Votre frère a pris conscience de choses importantes ce soir. Il faut juste lui laisser un peu de temps pour assimiler toutes ces informations.
Sam hocha la tête pendant plusieurs secondes avant de retourner s'asseoir sur le fauteuil. Il but une gorgée de son verre avant de se masser longuement la nuque. Il semblait plus fatigué qu'à son arrivée dans le salon. Mais il n'était sans doute toujours pas prêt à aller se coucher. Castiel ne l'était pas non plus.
- Dean est … parfois, je me dis qu'il …
Sam s'interrompit une seconde avant d'ouvrir la bouche pour reprendre la parole. Il n'en eut toutefois pas le temps. Avant qu'il ne puisse parler, Dean, que personne n'avait entendu entrer, lui coupa l'herbe sous le pied.
- Je suis quoi Sammy ?
Castiel se tourna aussitôt sur le canapé pour regarder son client. Il semblait toujours fatigué mais il tenait debout sans avoir besoin de s'appuyer contre un mur. Il regardait son frère avec curiosité. Il n'y avait aucune colère sur son visage. Castiel espérait sincèrement qu'il n'allait pas assister à une dispute entre les deux frères.
- Je t'en prie, finis ta phrase. Je suis curieux de savoir ce que tu penses de moi, ajouta finalement le jeune acteur.
Castiel le regarda alors approcher du canapé. Il portait un pantalon probablementnt trop grand pour lui et qui reposait bas sur ses hanches. Il avait un tee shirt bleu aux couleurs d'une équipe de basket que Castiel ne connaissait pas vraiment. Ses pieds étaient nus à nouveau. Il avait les cheveux en désordre sur la tête et la trace de son oreiller sur la joue. Castiel ne put s'empêcher de le trouver adorable.
- Dean … souffla finalement Sam visiblement pris de court.
Le jeune acteur ne lâcha pas son frère des yeux en s'asseyant sur le canapé. Il prit place juste à côté de Castiel. Le garde du corps pouvait sentir la chaleur de son corps se propager jusqu'au sien. Un frisson lui remonta aussitôt la colonne vertébrale.
- Non, Sammy, je veux savoir. Je ne suis pas en colère … même si je n'aime pas vraiment l'idée que vous parliez de moi dans mon dos. Non, je veux savoir ce que tu penses. Je veux que tu sois honnête avec moi.
Castiel n'aurait pas voulu être à la place du jeune agent. Il aurait propablement été incapable de répondre sans paniquer. Dean semblait sérieux. Et même s'il n'était pas en colère, personne ne savait comment il allait réagir. Castiel ne savait même pas ce que Sam s'apprêtait à lui dire avant l'arrivée de son frère. Il préférait nettement être à sa place qu'à celle du jeune agent.
- Dean … comprends moi … je suis inquiet pour toi. Tu es la personne qui compte le plus à mes yeux. Je t'aime et j'ai besoin de toi pour … pour tout en fait. Et j'aimerais que tu puisses être en sécurité en permanence. J'aimerais pouvoir te garder ici jusqu'à ce que la menace disparaisse. Je voudrais pouvoir te protéger.
Castiel jeta un coup d'oeil à Dean et vit son visage se tendre l'espace d'une seconde. Le jeune acteur baissa ensuite la tête et joignit ses mains sur ses cuisses. Il n'était effectivement pas en colère. Mais entendre son frère mettre ainsi des mots sur son inquiétude et son besoin évident d'avoir Dean à ses côtés l'avait mis mal à l'aise.
- Sammy, je suis désolé.
Le jeune acteur s'interrompit alors pour prendre une grande inspiration avant de relever la tête et de sourire à son frère. Il tentait de le rassurer mais son attitude trahissait clairement son état d'esprit.
- Je suis désolé que tu sois inquiet à cause de moi … que tu sois inquiet pour moi. J'aimerais pouvoir te préserver de tout ça. Mais tu sais aussi bien que moi que ce n'est pas possible. Je suis touché de voir que je compte à ce point pour toi. Et je veux que tu saches que tu es également la personne la plus importante au monde à mes yeux. Sincèrement … je comprends que tu veuilles me protéger. Je t'en remercie. Mais tu sais que tu ne peux pas me préserver tout … tu n'aurais jamais engager Castiel sans ça.
Sam hocha alors la tête. Les paroles de Dean étaient pleines de sens et totalement logiques. Elles n'étaient peut être pas faciles à entendre pour Sam. Mais il écoutait son frère sans l'interrompre. Castiel trouvait l'interaction incroyablement touchante.
- Je refuse de rester ici … je refuse de m'enfermer dans une pièce et d'attendre que la menace disparaisse parce qu'honnêtement je doute que cet homme ou tous les autres se découragent aussi facilement. Ils seront là quand je finirais par sortir. Et j'aurais perdu inutilement du temps que j'aurais pu consacrer à autre chose … à n'importe quoi de plus constructif. Sam … je ne veux pas mourir. Mais si tu m'enfermes ici, je ne vivrais plus. Tu peux le comprendre non ?
Sam hocha à nouveau la tête. Le message de son frère était passé. Et même s'il restait visiblement inquiet, il semblait avoir accepté qu'il ne pourrait pas empêcher son frère de prendre des risques. Castiel choisit ce moment pour intervenir. Il pouvait rester silencieux et laisser les deux frères régler les problèmes entre eux pour de bon. Mais il ressentait le besoin de dire quelque chose. D'apporter son grain de sel. Il voulait faire parti de cet échange entre les deux jeunes hommes.
- Dean a raison, déclara t-il finalement.
Les deux frères se tournèrent alors vers lui et Castiel garda la tête haute malgré sa soudaine envie de prendre la fuite. Il était un intrus dans cette maison. Il était probablement de trop dans cette conversation également.
- Il a raison. Rester enfermé n'est pas la solution. Bien sûr, il serait certainement plus en sécurité entre quatre murs mais on ne doit pas oublier non plus que quelqu'un s'est introduit chez vous il y a quelques temps. Et même si la sécurité a été améliorée depuis, personne ne peut garantir qu'il n'en soit pas capable à nouveau. De surcroît, et même si je sais que cela ne va pas vous plaire Sam, je pense que laisser Dean mener sa vie normalement est la seule façon de démasquer celui qui lui veut du mal.
Sam fronça alors les sourcils en dévisageant Castiel. Le garde du corps savait que son plan n'allait pas plaire au jeune agent. Mais il devait soumettre l'idée. Il était presque sûr qu'elle était bonne.
- Vous voulez vous servir de Dean comme d'un appât ? Vraiment ?
Castiel ne l'aurait pas forcément dit ainsi mais c'était effectivement ce qu'il avait en tête.
- Je serais là pour veiller sur lui à chaque minute. Je ne le laisserais pas prendre de risque. Mais il doit continuer à mener sa vie sans quoi son harceleur restera dans l'ombre. Et il finira par ressurgir. Mais à ce moment, nous aurons probablement tous baissé notre garde.
- C'est un bon plan, assura Dean en souriant à Castiel.
Bien sûr, le jeune acteur était partant. Cela lui donnait raison. Et lui offrait la possibilité de ne pas se cacher comme Sam le lui demandait. Le garde du corps n'était pas surpris d'avoir son appui. Son frère en revanche ne semblait pas du tout du même avis.
- Tu ne peux pas accepter d'être … tu ne peux décemment pas accepter de suivre ce plan ! Jeta Sam en se levant de son fauteuil.
Dean se remit debout à son tour et rejoignit son frère en quelques enjambées. Il attrapa ensuite les bras du jeune agent pour l'empêcher de s'éloigner. Il plongea son regard dans le sien. Castiel était presque sûr qu'à cet instant précis, ils n'avaient plus conscience de la présence du garde du corps dans la pièce. Plus rien d'autre n'existait mis à part eux.
- Sammy, écoute moi. Je ne vais pas prendre de risques inconsidérés juste pour faire sortir ce type de sa cachette. Je ne vais pas attendre patiemment dans un coin qu'il me saute dessus. Je vais me contenter de continuer à vaquer à mes occupations. Il finira par perdre patience et par tenter quelque chose. Castiel sera là pour me protéger. Je n'en doute pas et je sais que toi non plus.
Sam soupira alors longuement et finit par hocher la tête. Il n'allait pas protester. Probablement parce qu'il savait que son frère avait raison. Il avait refusé sur le coup uniquement par principe. Il était inquiet pour lui et avait réagi à l'instinct. Mais une fois qu'il prenait le temps d'y réfléchir, il savait que Castiel avait vu juste. Que son plan était le bon.
- Parfait Sammy alors on est d'accord … et si ça peut te rassurer, je n'ai pas l'intention de laisser ce type gagner. Il ne m'aura pas. C'est hors de question.
- Dean, j'ai peur. Je suis terrifié et honnêtement à cet instant précis, ce dont j'ai le plus besoin c'est de mon grand frère. Pas de Dean l'acteur … juste de celui qui m'a élevé et avec qui j'ai grandi.
Sam était incroyablement vulnérable à cet instant précis. Dean en était conscient également. Il avait les larmes aux yeux et semblait lutter contre son envie de prendre son frère dans ses bras pour le serrer jusqu'à ce que ses soucis s'envolent. Mais cela ne suffirait pas. Castiel le savait aussi. Il avait besoin d'entendre Dean lui dire que tout irait bien. Que tout finirait par s'arranger. Peu importait qu'il soit incapable de le lui certifier. Que personne ne le soit. Sam n'était pas rationnel à cet instant précis.
- Je suis là Sammy. Je suis là et tu peux compter sur moi. Je n'ai jamais cessé d'être ton grand frère … je ne cesserais jamais de l'être. C'est le seul rôle qui compte à mes yeux … le seul, tu m'entends ? Et je ne vais pas disparaître du jour au lendemain. Je ne compte pas partir et je ne compte pas t'abandonner. Ou te laisser seul. Tu vas devoir me supporter pendant encore de très longues années Sammy. Crois moi.
Castiel sourit faiblement en détournant les yeux. Il se leva ensuite discrètement du canapé et le contourna pour s'éloigner. Il voulait laisser les deux frères seuls à présent. Ils n'avaient pas besoin de lui. Il se sentait de trop et il avait envie de dormir.
- Je te crois Dean … je te crois. J'ai juste … j'ai eu peur de te perdre ce soir et je crois que cela m'a amené à réaliser combien … combien tout ceci était fragile et … je suis stupide.
- Tu n'es pas stupide Sammy. Et tu sais quoi ? Je crois que tu devrais dormir un peu. Reprendre des forces. Tout sera plus simple demain quand tu te seras reposé. D'ailleurs, je devrais en faire de même et je sais qu'on est probablement trop vieux pour ça mais … j'aimerais assez que tu partages mon lit ce soir. Je crois qu'on en a tous les deux besoin.
Castiel jeta un dernier coup d'oeil aux deux frères et vit Sam hocher la tête en souriant. Il ne put s'empêcher de sourire à son tour. C'était un joli moment. Il était heureux d'en avoir été le témoin. Mais c'était un moment intime dans lequel il n'avait aucun rôle à jouer. Il était temps pour lui de partir.
Quand il quitta la pièce, il réalisa qu'il n'avait pas souhaité « bonne nuit » aux deux jeunes hommes. Ca n'avait pas d'importance. Ils n'avaient pas besoin de lui à cet instant précis. Il pourrait les voir demain. Tout irait mieux une fois qu'ils auraient tous dormi. Il repensa alors à ce que Dean avait proposé à son frère. Castiel n'était pas choqué qu'ils puissent partager un même lit même s'ils étaient adultes tous les deux. Ils avaient besoin de réconfort. Besoin de s'assurer qu'ils étaient là l'un pour l'autre. Qu'ils seraient toujours là l'un pour l'autre. Leur relation n'avait rien d'ordinaire. Rien de conventionnel. Mais elle était belle et forte. Castiel était un peu jaloux de ce qu'ils partageaient. Il savait que c'était en grande partie du à l'enfance qu'ils avaient eue.
Le garde du corps rejoignit sa chambre et se changea aussitôt. Il se glissa ensuite sous les couvertures et ferma les yeux. Il sentit presque aussitôt le sommeil s'emparer de lui. Il était plus fatigué qu'il ne le croyait. Il s'abandonna alors au néant en emportant avec lui la confiance que les deux jeunes hommes qui dormaient dans la chambre d'à côté avaient pour lui. Une confiance dont il allait devoir se montrer digne jusqu'à la fin de sa mission. Une confiance qu'il ne trahirait jamais. Il se le promit.
