Hermione marchait les yeux fixés sur son livre de runes anciennes, se maudissant d'être arrivée trop tard pour choisir cette option. « C'est tellement plus passionnant que de lire l'avenir dans des feuilles de thé ! Et puis je suis sûr que ça va m'être utile un de ces jours…», pensait-elle. Elle leva les yeux un instant de son livre pour voir où en étaient les garçons. Ils marchaient tous les deux un peu plus loin et discutaient avec animation. Mais son attention fut soudain attirée ailleurs. En effet une silhouette familière venait de s'engouffrer dans une minuscule ruelle derrière le bureau de poste. La jeune fille ferma son livre, le rangea dans son sac en toute hâte et prit la petite ruelle à son tour. L'homme marchait devant, d'un pas pressé et boiteux. Pas de doutes c'était bien lui. Hermione avança le plus silencieusement possible tout en rasant les murs. Elle essayait de respirer calmement mais son souffle confus qui projetait une faible buée trahissait son anxiété. L'homme vira soudain à droite, elle compta trente secondes dans sa tête pour avant de faire de même. A peine avait-t-elle posé un pied dans la rue suivante qu'elle se retrouvait plaquée contre le mur, une baguette contre sa gorge.

Alors Granger ? On essaie de filer un auror ? Tu ne trouves pas ça un peu présomptueux ? fit Fol-œil d'une voix doucereuse.

Hermione, qui avait tout de suite reconnu l'homme comme étant Alastor Maugrey, déglutit difficilement. L'Auror était encore plus effrayant quand son visage se tenait à quelques centimètres à peine du votre. Barré de cicatrices, son rictus la faisait trembler. L'œil qui d'habitude tournoyait dans son orbite semblait la fixait intensément.

Alors Granger ? répéta Fol-œil. c'est quoi ton excuse ?

Je… Je voulais juste savoir ce qu'un membre de l'Ordre fait à Pré-au-lard.

L'auror la fixa en silence un instant, puis bassa sa baguette.

Tu ne lis donc pas la gazette ?

Pourquoi le ferais-je ? elle est remplit de monstruosité à propos d'Harry…

Il faut croire que ce torchon dit parfois vrai, répliqua Fol-œil. Dix Mangemorts se sont évadés d'Azkaban le mois dernier. Malgré ça les crétins du Ministère refusent de croire au retour de Voldemort, ils mettent ça sur le dos de criminels imaginaires si Black était encore là ils l'auraient mis sur son compte à tous les coups.

Donc vous êtes là pour protéger Harry ? demanda Hermione en se massant le bras où l'homme l'avait agrippé avec force.

Pas seulement.

C'est aussi pour me surveiller, n'est-ce pas ?

Fol-œil vissa encore plus profondément son regard dans celui d'Hermione qui se sentit frémir.

Arthur disait vrai, tu es une jeune sorcière brillante mais aussi une horrible fouineuse si tu veux mon avis. Pourquoi crois-tu que je te surveille ?

Au Square Grimmaud… commença Hermione d'une petite voix, vous n'arrêtiez pas de m'observer avec cet air réprobateur, mes parents sont moldu vous savez que je en peux être un sympathisant de vous-savez-qui, alors c'est autre chose qui vous inquiète. Je pense que Dumbledore vous à parler de ma situation…

En effet Granger, il m'a parlé de votre cas. Dans ma carrière j'en ai croisé que très peu mais tous, sans exception, on soit explosé en lambeaux, soit tué un de leur proche. S'empêcher d'utiliser la magie n'est bon pour personne.

Donc vous me surveillez parce que je peux… je pourrais…

A vrai dire la meilleure hypothèse serait que vous explosiez en Lambeau sans tuer personne, ça nous éviterait beaucoup d'ennuis. Mais je crois savoir que Dumbledore vous à donner quelque chose contre…

L'homme lui saisit si brusquement le bras qu'Hermione que celle-ci poussa un petit cri. L'Auror se mis à observer son bracelet sous toutes les coutures sans se rendre compte qui malmenait le poignet d'Hermione qui grimaçait sous la douleur mais n'osait rien dire.

Un objet unique sans doute, murmura Maugrey. C'est Dumbledore lui-même qui l'a mis au point il y a des années. S'il vous l'a donné c'est qu'il n'y avait plus d'autres solutions, Granger. sachez que le ministère est rempli de taupes qui peuvent très bien avoir accès à votre dossier. Il serait fâcheux que des personnes mal intentionnées découvrent votre singularité, n'est-ce pas ?

Hermione écarquilla les yeux d'horreur.

Vous être en train de me dire que des gens en ont après moi ? s'exclama Hermione.

C'est une hypothèse que Dumbledore a préféré ne pas écarter. Vous avez donc intérêt à ne pas quitter l'enceinte de Poudlard.

Maugrey lâcha enfin son poignet et lui adressa un sourire qui ressemble plus à une grimace qu'à autre chose.

Bonne chance, Granger.

Il fit demi-tour puis disparut à l'angle. Pourtant Hermione avait l'horrible impression qu'il continuait de l'observer. Elle resta plusieurs minutes sans bouger, le cerveau tournant à plein régime pour mettre en ordre les informations codées qu'elle venait de recevoir. Il fallait qu'elle en parle à Ron et à Harry de toute urgence.

« Quand je pense que j'ai eu une seconde la naïveté de croire que j'aurais une année tranquille… ».

Hermione retourna dans la rue principale à la recherche d'Harry et de Ron. Quand elle aperçue une tête rousse plus haute que la normale, elle sourit et s'approcha. Le visage anxieux de ses deux amis qui la cherchait depuis un moment au milieu de la foule se détendit aussitôt lorsqu'ils la virent enfin.

Hermione ! S'exclama Ron. T'étais passé où ? ça va pas de nous faire flipper comme ça…

Plus tard, coupa Hermione. Il faut que je vous parle.

Le soir venu ils trainèrent dans la salle commune jusqu'à ce que les dernier Gryffondors montent se coucher. Hermione ferma son livre pendant qu'Harry et Ron rangèrent le jeu d'échec. Tous les trois s'assirent sur le tapis près du feu.

Alors tu vas nous expliquer maintenant ? s'empressa de demander Ron à Hermione.

Hermione leva les yeux au ciel devant tant d'impolitesse.

J'ai vu Fol-œil, expliqua-t-elle. Je me demandais ce qu'il pouvait bien faire à Pré-au-lard alors je les suivis mais…

Mais il s'en est vite rendu compte, acheva Harry. Son œil magique lui permet de voir derrière son dos si je me souviens bien.

Oh, sa explique bien des choses… élucida Hermione. Enfin bref, apparemment une dizaine de Mangemorts se sont enfuis d'Azkaban. Vous étiez au courant ?

Il me semble que j'ai entendus Seamus en parler pendant le cours de botanique, dit Ron. Vous croyez que des Mangemorts oseraient se pointer à Pré-au-lard ?

Vu que fol-œil était là, peut-être. Alors « l'arme » serait cachée à Pré-au-lard ?

Poudlard et ses alentours est un endroit sûr, protégé par des sortilèges très puissants, affirma Hermione. Mais jamais Dumbledore n'aurait pris le risque de mettre en danger les étudiants. Non, je crois plutôt qu'il à poster des Aurors à Pré-au-lard au cas où on essaierait d'enlever Harry ou… moi.

Pourquoi voudrait-on t'enlever ? demanda Ron d'une voix tendue.

Je ne sais pas, murmura Hermione. Fol-œil m'a laissé entendre que le ministère était infiltré et que mes « capacités » pouvaient faire des envieux.

Qui aimerait faire tout exploser sur son passage à la moindre contrariété et sans même pouvoir le contrôler ? fit Ron en se grattant la tête. Non à mon avis c'est fol-œil qui est paranoïaque, qu'-est-ce qu'il dit tout le temps déjà ? ah oui : « vigilance constante ! ».

De toute manière nous sommes en sécurité à Poudlard, dit Harry. Tant que Dumbledore est là Voldemort et ses sous-fifres resteront à distance.

Ils continuèrent à faire des hypothèses jusqu'à ce qu'aucun d'eux de puisse garder les yeux ouvert. Vers minuit, Harry et Ron montèrent d'un pas trainant dans leur dortoir. Hermione s'apprêtait à faire de même mais quelqu'un assit sur l'escalier bouchait le passage.

Ginny, fit Hermione en s'asseyant à côté d'elle sur la marche. Pourquoi tu te caches ici ? tu sais tout de l'Ordre, tu pouvais très bien venir parler avec nous.

Tu sais très bien pourquoi je ne l'ai pas fait, répondit Ginny. Dès qu'Harry est là je n'arrive pas à être moi-même, c'est d'un ridicule ce stupide béguin depuis que j'ai dix ans…

Ce n'est pas ridicule, dit Hermione en posant une main compatissante sur l'épaule de son amie. Et ce n'est pas qu'un stupide béguin qu'on toutes les cruches de Poudlard. Toi et moi, on est sans doute les seules à connaître vraiment Harry.

A vrai dire je t'envie un peu d'arriver à être si naturelle avec Harry, avoua Ginny.

C'est surement parce que je ne suis pas amoureuse de lui, dit Hermione en lui faisant un clin d'œil complice. Mais je pense qu'il faut que tu passes à autre chose, que tu te détendes en sa présence. Si tu sors avec d'autres garçons avec un peu de chance ça le fera réagir.

Tu crois ? fit Ginny avec espoir.

J'en suis sûr ! va voire Michael Corner ou Dean, ils ne t'ont pas lâché du regard pendant l'entrainement de Quidditch.

Ginny lui fit un sourire éclatant.

Tu as raison Herm', ça ne me ressemble pas de me lamenter comme ça ! Dès demain je demanderais à Luna de me présenter Michael.

La semaine suivante assez fut assez épuisante entre les entrainements de Quidditch catastrophiques et les nombreux devoirs que leur donnaient les professeurs sans aucune pitié. Quand à Ombrage elle semblait devenir un peu plus infernale de jour en jour.

Quant à Harry il dormait toujours aussi mal. Ses nuit était emplit du même cauchemard. Cette porte, qu'il désirait tant ouvrir sans jamais y parvenir. Il était sûr de déjà l'avoir vu quelque part mais impossible de se rappeler où exactement. Ce soir encore il avait dût quitter Ron et Hermione, tranquillement assis dans la salle commune, pour rejoindre le bureau de Rogue. A côté de l'Occlumancie les cours d'Ombrage étaient une partie de plaisir. Comme à l'accoutumer, il frappa deux coups à la porte, entra, s'assit sur la chaise en face de Rogue qui le regardait avec dédain.

Voyons si vous êtes un peu moins médiocre aujourd'hui Potter, fit le professeur des potions d'une voix mauvaise. Legilimens !

Le décor du bureau s'estompa en un instant avant de disparaître complètement pour faire place à une succession d'image désordonnée. Une locomotive rouge crachait de la vapeur qui devenait la flamme brûlante d'un dragon qui venait lui calciner le torse. Puis apparût une table devant laquelle se tenait une fille aux grands yeux marron chocolat dont les cheveux deviennent peu à peu roux et étalé sur l'eau poisseuse de la chambre des secrets. Harry se retrouve seul dans une chambre vide et silencieuse éclairée d'une lampe dont la lumière devient rapidement aveuglante se transformant en éclair bleu qui le projette contre une armoire de la salle sur demande.

Harry ouvre brusquement les yeux. Il est allongé sur le sol froid du bureau de Rogue. Le professeur le regarde avec pitié avant de déclarer :

Pitoyable, Potter.

Quand Harry passa avec mauvaise humeur le portrait de la grosse dame, Hermione s'était endormit le nez dans un livre et Ron jouait avec distraitement avec les cheveux de la jeune fille en regardant par la fenêtre. Quand il remarqua la présence d'Harry il lâcha toute de suite les mèches d'Hermione et dit d'une voix étrangement rauque :

Euh comment ça s'est passé ?

Pas envie d'en parler, grogna Harry avant de se monter se coucher.

L'humeur maussade d'Harry n'avait pas disparu le matin du match qui opposait Gryffondor et Poufsouffle. Mais il se promit de faire des efforts quand il vit le visage de ses deux meilleurs amis au petit déjeuné. Ron était presque translucide tellement il était pâle tandis qu'Hermione ne lisait même pas pour une fois et observait son omelette intact avec dégoût.

Pas un mot ne fut échanger jusqu'à ce qu'Harry rejoigne les tribunes, dépité de ne plus pouvoir monté sur son éclair de feu.

Sur la pelouse au milieu du stade l'équipe de Gryffondor était alignée en face de celle de Poufsouffle. Hermione tenait si fort son balai que ça lui faisait mal. Elle se pencha vers Ron juste à côté d'elle et murmura :

Ron, j'ai changé d'avis. Si jamais je tombe de mon balai rattrape-moi je t'en prie.

Les joueurs enfourchèrent leurs balais et s'élevèrent pour prendre leur position. Le sifflet retentit et toutes les balles furent lâchées.

Le vent fort faisait vaciller le balai d'Hermione qu'elle ne pouvait tenir que d'une main. Elle ne quittait pas des yeux les cognards qui virevoltaient dans tous les sens. Soudain un des batteurs de Poufsouffle frappa dans un des balles ensorcelées l'envoyant sur Ginny qui volait en hauteur à la recherche du vif d'or. Hermione se pencha en avant, batte à la main, et fonça à toute allure vers le cognard. Le vent lui sifflait dans les oreilles et la frigorifiait au passage. « Ne regarde pas en bas, ne regarde pas en bas, ne regarde pas en bas ! » se répétait mentalement Hermione.

A cinq mètres de Ginny à peine, elle réussit à frapper le cognard l'envoyant en direction d'un poursuiveur de Poufsouffle qui fit une violente embardé mais ne lâcha pas le souafle pour autant.

Mince ! fit Hermione avant de reprendre de la vitesse tout en cherchant des yeux l'autre cognard.

Plus le match avançait plus Hermione dût se rendre à l'évidence que les batteurs adverses avait pris Ginny pour seule cible. En effet il envoyait tellement de Cognard dans sa direction qu'Hermione prit la décision de toujours voler derrière Ginny.

Si un jour on m'avait dit que tu serais mon garde du corps ! ria Ginny depuis son balai.

Mais elle et Hermione n'eurent pas vraiment l'occasion de papoter. Hermione devait sans cesse dévié les cognards qui arrivaient à toute allure vers son amie. Elle n'arrivait pas tous à les arrêter mais heureusement Ginny était une vraie voltigeuse et les esquivait avec facilité et sourire en prime. Plusieurs fois Hermione faillit glisser de son balai ce qui provoquait l'hilarité des batteurs adverses.

Au bout d'un énième et douloureux coup de batte Hermione comprit enfin le stratagème des Poufsouffle : ils se concentraient sur Ginny pour rallonger le match afin que Ron, qui avait la réputation d'être un mauvais gardien, encaisse le maximum de but. Malheureusement jusque-là ça avait l'aire de marcher, Poufsouffle menait de cent points. Hermione ce donna cinq seconde pour regarder Ron il se tenait devant les trois anneaux et semblait au bord du suicide. Après ce match il était certain que Ron serait dans un état lamentable et ne voudrait plus jamais monter sur un balai le sourire aux lèvres.

Stupide garçon qui font dépendre leur humeur de d'un match de Quidditch ! siffla-t-elle entre ses dents.

Néanmoins voir Ron déprimé c'était hors de question !

Quand Ron laissai passer entre ses bras le vingtième but, Hermione avait perdue tout s'élevait des tribunes des gryffondors que des soupirs et des grognements. Elle descendit un peu pour voire dans quel état était Ron c'est là qu'elle entendit le poursuiveur qui venait de marquer le point hurler :

Weasley ! tu pourrais au moins faire l'effort d'en rattraper un !

Il éclata de rire et reprit de l'altitude toujours hilare en chantant « Weasley et notre roi ». Cette fois c'était trop ! Hermione serra les dents, oublia un instant son vertige et descendit encore plus bas, rasant la pelouse. Elle et son balai filait juste à côté d'un cognard. Elle regardait alternativement la balle et le poursuiveur qui s'était moqué de Ron. Dès que celui-ci eux le souafle en main, Hermione n'hésita pas : elle tendit la batte derrière son cou puis frappa le cognard de toute ses forces. Une poignée de secondes plus tard, il percuta le manche du balai du poursuiveur qui fit quelques tonneaux avant de tomber sur la pelouse dans un bruit sourd. Hermione avait en fait visé son épaule mais le résultat n'était pas si mal. Soudain, le sifflet retentit à travers tout le stade. Dans un moment de folie Hermione crut qu'elle avait fait une faute mais visiblement personne n'avait prêté attention à ce qu'elle faisait car tous les regards étaient sur Ginny, debout sur son balai, qui serrait le vif d'or dans son poing. Score final : 230 pour Gryffondor et 240 pour Poufsouffle. La journée promettait d'être déprimante…

Le soir venu, Hermione était assis près de la fenêtre du dortoir. Les autres filles dormaient déjà mais elle n'arrivait pas trouver le sommeil. Comme elle l'avait prévu l'après-midi fut abominable. Ron et elle s'était disputés. Oh ils se disputaient souvent pour des broutilles mais là c'était leur première dispute « sérieuse » et la potion de colère qu'il avait préparée plus tôt en cours de potion n'y était pour rien. Les phrases qu'ils s'étaient jeté à la figure lui revinrent en mémoire :

Tu n'avais pas à m'aider ! avait hurlé Ron. J'aurais très bien pu arrêter ce tir !

Oui bien sûr ! alors pourquoi tu ne l'a pas fait pour les vingt-quatre précédent ? alors excuse-moi de penser à ton bien !

Tu voulais juste me ridiculiser ! tu veux toujours être la meilleur partout, les cours ça ne te suffisais pas, il fallait aussi que tu te mettes aussi au Quidditch !

Je l'ai fait uniquement pour Ginny ! Et si ça t'embête tant que ça je vais quitter l'équipe dès demain !

Après ça elle avait tourné les talons pour rejoindre le dortoir des filles. Elle s'était ensuite enfermée dans la salle de bain et avait pleuré de tout son soul pendant cinq minutes entières. Pour finalement se retrouver ici a maudire Ron Weasley de ne rien comprendre. En fait elle se fichait pas mal de quitter l'équipe, mais le fait que Ron ne l'ai pas empêché de le faire lui brisait le cœur. A vrai dire elle n'avait pas uniquement rejoint l'équipe pour Ginny, mais aussi pour soutenir Ron maintenant qu'Harry avait été interdit de Quidditch.

Hermione poussa un long soupire et attrapa une plume et un parchemin dans son sac.

Papa, maman,

Tout se passe bien à Poudlard. Mes note sont plutôt bonne et j'ai mis la main sur un fantastique livre hier soir. Nous avons pu aussi sortir dans un village voisin où Ron et Harry ont acheté plein de bonbon, ils m'en ont proposé mais j'ai refusé (l'habitude j'imagine), donc ne vous inquiété pas pour mes dents. Est-ce que vous pourriez m'envoyer le livre qui est sur mon bureau ? J'ai vraiment besoin de me changer les idées et je n'ai plus rien à lire…

Hermione reposa la plume, incapable d'écrire un mot de plus. Elle caressa le bec d'Artémis perchée sur sa malle. Le jeune fille se leva d'un bond et commença à dénouer sa cravate. Elle la jeta sur le sol d'un geste rageur et s'allongea sur son lit le reste de son uniforme toujours sur elle. Elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi sa dispute avec Ron l'énervait autant. Peut-être que sa rencontre avec Fol-œil y était aussi pour quelque chose dans cette colère brûlante.

En parlant de brûlure… murmura Hermione en levant son poignet.

Le bracelet de métal s'était mis à briller comme une torche et chauffait la peau d'Hermione. Elle passa ses doigt dessus suivant chacune des courbes de l'objet jusqu'à la petite plume noire qui s'agitait portée par un vent inexistant. Brusquement Hermione remarqua quelque chose auquel elle n'avait pas fait attention jusque-là. Des microscopiques dessins étaient gravés sur le métal.

Hermione se redressa pour mieux voir puis saisit à la hâte sa baguette posée sur sa table de nuit.

Amplificatum, murmura-t-elle.

Les lettres grossirent et elle pouvait lire :

« A. pour toujours dans mon cœur ».

Hermione retomba sur son oreiller, le poignet lever au-dessus de son visage. Qu'est-ce que ça pouvait bien vouloir signifier ? Fol-œil lui avait dit que c'était Dumbledore lui-même qui avait fabriqué cet objet magique, alors c'était forcément lui qui avait gravé ceci… connaissait-il une autre personne qu'elle qui avait des surplus de magie. Hermione soupira avant de reposer son bras sur la couette. Vraiment, elle posait trop de question. Les paroles de Ron résonnaient encore dans sa tête : « tu veux toujours être la meilleur partout ! ». Il avait peut-être raison pour une fois.

Hermione mis sa baguette sous son oreiller et ferma les yeux.