CHAPITRE 14 – SELF PORTRAIT

« Tu as consciences que nous allons devoir faire une soirée entre fille pour parler de tout ça ?

Alice avait la mine de celle qui complotait. Rosalie soupira amusé du comportement de notre amie. Elle prit le bras d'Alice.

-Je comptais vous inviter samedi prochain chez moi.

Alice affiche un grand sourire et partit dans une grande discussion sur les films que nous devions regarder. Cette Alice, elle n'en manquait jamais une. J'ai suivi les filles en silence. Nous rentrions de notre week-end en forêt qui avait incroyable. Emmet était occupé de faire le con avec les autres. Je ne pouvais pas être plus contente pour lui. Je savais que cet anniversaire allait rester graver dans son esprit à jamais. Finalement, j'avais de bonne idée. J'eu un sourire. Et je repensais à Marcus qui m'avait offert de partir en vacances avec lui et Emmet à L.A. Je n'avais pas encore donné ma réponse. Sans doute parce que l'idée d'être à des milliers de kilomètres de chez moi avec mon père biologique me faisait vraiment peur. Je ne savais pas trop ce que je devais faire. J'avais envie d'accepter juste pour Emmet. Cependant, ça me foutait vraiment les boules. Depuis que je savais pour Marcus, il suffisait que je sois seule avec lui pour être mal à l'aise. Bordel ! Pourquoi la vie devait être compliquée ? Je me remettais sans cesse en question. Et cela, ne donnait pas de bien bons résultats. Au contraire. Sans m'en rendre compte, j'avais ralentis le pas jusqu'à Rose et Alice ne soit que des formes. Par moment, je regardais la forêt pour écouter les bruits. C'était toujours plus apaisant que m'écouter moi. En fait, si j'y réfléchissais bien, j'étais paumée. Mise à part ma relation avec Em, je n'avais pas encore accepté l'idée de n'être qu'une nièce pour me parents. C'était si difficile de remettre en question mes liens de parenté. Pourquoi avait-il fallu que mes parents biologiques soient mon oncle et cette tante dont j'ignorais tout ? Ça aurait été bien plus simple s'ils avaient été de parfait inconnu… Enfin, dans un sens ma mère était un point d'interrogation. Je ne l'avais jamais connu puisqu'apparemment, je l'avais tué.

-Ça te hante vraiment, n'est-ce pas ?

Je me retournais vers Edward qui était adossé à un tronc d'arbre, les mains dans les poches. J'allais dire que non, je n'étais pas hanté par la vérité mais Ed ferma les yeux.

-Ne ment pas, surtout pas à moi, Isa.

Je soupirais fatiguée.

-Qui ne le serait pas, finis-je par dire. Je dois faire face à tout ce bordel sans que sache quoi faire. Je suis paumée et ça commence à sérieusement me taper sur le système, Ed. J'en ai marre. Je pensais que je finirais par l'accepter mais j'en suis toujours au même point.

Ed se redressa et s'approcha de moi pour me prendre contre lui. J'inspirais sans le vouloir. Mais Edward avait ce drôle d'effet sur moi. J'étais toujours apaisé.

-C'est bien de l'admettre, Isabella. Je ne suis pas psy, ni rien mais je peux juste te dire que tout ira mieux. J'ignore si ça te rassure mais je suis là, moi.

J'ai levé les yeux sur mon meilleur ami. J'avais envie de lui crier que oui, j'étais rassurée. Mais quelque chose me retint. Comme une peur maladive. J'avais la trouille et je ne comprenais pas pourquoi. Mons estomac se serra et je tentais de contrôler cette étrange impression. Encore une je maudissais la vie, d'être aussi difficile à assumer. Parce que mon problème était que je n'assumais rien. Je n'assumais pas ma nouvelle vie, mes nouveaux liens de parenté, mes sentiments… Mais, je savais surtout que si je voulais être honnête avec lui, j'aurai besoin de temps comme Rosalie en avait eu besoin. Seulement, c'était pour différentes raisons. A savoir, mon manque total de confiance en moi. Je ne savais pas de quoi j'étais capable. Je levais la tête et embrassais la joue d'Ed. Il sembla déconfit. J'eus un sourire bien malgré moi. Je ne voulais pas jouer avec lui, on pouvait plutôt voir cela comme mon premier pas. C'était terriblement implicite et je me doutais qu'Edward était loin d'imaginer ce qui pouvait dans ma tête le concernant… Il a fini par se reprendre et a attrapé ma main. Nous sommes repartis. Quand on arriva à la sortie du bois, les autres étaient assis dans l'herbe. Ils parlaient avec beaucoup d'entrain. Rosalie voulait aller à Port Angeles avec Alice et Leah. Angie ne rêvait qu'à retrouver son confort, du coup, Ben s'était dévoué bien naturellement pour la ramener à bon port. Em et Jasper s'étaient mis en tête d'aller avec les filles en ville, ce qui motiva évidemment Jacob à les suivre. Où Leah se trouvait, Jacob était. Finalement, tout le monde déposa les affaires devant le garage et tandis que la voiture Rose et celle d'Emmet démarrai, Ed et moi rentrions dans le garage le matériel. Une heure plus tard, nous avions terminé. Alors que je fermais le garage, une voiture pénétra dans l'allé. Je vis alors Marcus sortir de la voiture. Mon malaise repris le dessus et je me sentais nauséeuse. Ed comprit automatiquement et il se colla discrètement à moi. Nous n'avions plus réellement besoin de se parler pour se comprendre.

-Marcus ?

-Bonjour Isabella, je suis désolée de venir à l'improviste mais, je voulais faire une surprise à Emmet…

J'avalais ma salive qui se faisait rare.

-Heu… oui, bien sûr. Tu te souviens, d'Edward Cullen ?

Marcus regarda Edward comme si il remarquait sa présence. Il s'avança et tandis la main à Ed.

-Content de te revoir, Edward.

-Moi aussi.

Edward ne semblait pas plus à l'aise que moi. Je finis par proposer à Marcus d'entrer. Il me demanda où était mes parents et je dus lui expliquer que maman était à Seattle avec Esmée pour signé des papiers.

-Tu veux dire que Renée va ouvrir sa propre galerie d'art ?

Je hochais la tête avec une certaine fierté.

-Et où se trouve mon vieux frère ?

-Au poste, il est de garde ce week-end.

Marcus me regarda sans rien dire. Je savais qu'il sentait mon hésitation constante en sa présence. Je me suis enfoncée dans le canapé encore plus mal. Ed me regarda avec une certaine crainte que je me mette peut-être à pleurer. Cela dit, au bout de 10 minutes de pur silence, je finis par m'énerver seule. Je m'en voulais de ne pas être plus courageuse et audacieuse. Ce n'était pas juste. Je m'étais promis déjà en arrivant dans cette maison que je ne serais plus cette fille ridicule qui n'avait pas des tout confiances en elle. Alors, j'ai décidé de reprendre là où je m'étais arrêtée. Je devais savoir plus. C'était ma vie après tout.

-Parles-moi d'elle.

Marcus avait pris une expression surprise qui ne le quittait plus quand je prenais la peine de lui adresser la parole. Apparemment, il était toujours étonné quand je lui parlais. Ce n'était pas si surprenant.

-La première fois que j'ai rencontré Rachel Rhodes, j'étais employé dans une boîte de communication à Seattle. Rachel était nouvelle en ville et elle ne connaissait personne. Je me souviens encore de notre première rencontre comme si c'était hier. Elle était stagiaire… et elle m'avait bousculé alors qu'elle tenait son plateau de café. Tout s'est renversé sur moi. J'aurai pu l'engueulé mais en croisant son regard…

Marcus s'est tu, le regard dans le vague. Il semblait repartit des années en arrière.

-Je suis aussitôt tombé amoureux d'elle. Ses magnifique cheveux brun, ses yeux profonds, cette expression de douceur et de gentillesse qui ne la quittait jamais…

Il me détailla en me disant cela. Je me rappelais des photos trouvées dans le garage.

-Tu lui ressemble tellement, Isabella. J'ai… j'ai l'impression de la revoir quand je te vois. C'est… si dure…

Il se frotta le visage comme un perdu.

-Je sais que tu n'es pas elle mais, ton regard, c'est le sien. Vous êtes captivantes et tellement belles.

-Belles ?

J'avais toujours trouvé cette beauté normale, en comparaison de ma sœur ou de ma mère.

-Magnifique.

Marcus avait laissé le mot claqué. Il semblait inacceptable pour lui que je ne me trouve pas merveilleuse. C'était les paroles d'un père et d'un époux après tout.

-Rachel était un ange. Elle m'a appris la vie comme personne ne l'a fait et je l'ai aimé chaque jour plus fort. Je ne pouvais pas croire qu'une telle personne puisse autant m'aimer. Quand on recevait un « je t'aime » d'elle, cela valait à un feu d'artifice. Mais Rachel fut encore plus merveilleuse et lumineuse le jour où Emmet est né. Elle était sans doute la femme la plus comblé de la terre. Si je l'avais trouvé magnifique quand je l'ai épousé, elle le fut encore plus quand elle m'offrit le plus cadeau qui soit, notre fils. Ça aurait dû être incommensurable lors de ta naissance, mais cette maladie avait tout gâché. Je ne crois pas que m'excuser encore une fois puisse être suffisant, mais je vais continuer à le faire. Je te demande de me pardonné, ma fille. Pardonné ma lâcheté d'homme.

Je respirais difficilement. J'étais accrochée à ses paroles. Je voulais intégrer tout dans les moindres détails. Je me forçais à inspirer profondément.

-Je peux te pardonner, mais il faut que tu comprennes que j'ai besoin de temps pour apprendre à assimiler l'idée que biologiquement tu es mon père. Je peux te pardonné parce que personne ne peut t'en vouloir d'avoir aimé comme un fou Rachel.

Une larme roula sur la joue de Marcus. Le pardon était un cadeau immense que je lui faisais.

-Je l'aimais si fort que vivre chaque jour sans elle est douloureux. A chaque fois que je pense à elle, je revois son regard s'éteindre. Je voyais cette petite lumière qui l'habitait toujours quitter peu à peu ses yeux. Lorsqu'elle est partie, c'est comme si j'étais mort avec elle. J'ai eu l'impression de recevoir un coup de poignard dans le cœur. J'ai aimé cette femme si fort qu'il me semble impossible de ne plus l'aimé pour le restant de mes jours. Je serais toujours heureux d'avoir pu l'aimer et d'avoir été aimé en retour par elle. Je ne peux m'empêcher de ressentir du bonheur en repensant à elle et au frisson que j'avais quand elle me touchait. J'espère que tu aimeras comme cela. C'est un bonheur intense qu'il faut vivre. Rachel était une femme aimante et fougueuse. L'amour était toute sa vie.

J'ai inspiré très fort et j'ai glissé du canapé en tombant à genou devant cet homme qui était mon père finalement. J'ai passé mes bras autour de lui et il n'a pas hésité une seconde à me prendre contre lui. On avait pleuré tous les deux. Je ne savais pas si c'était une façon de dire qu'il n'y avait plus rien pour nous séparer. Je sentais enfin un lien indescriptible nous lier. Comme si, dans ma tête, je me rendais enfin compte que nous n'étions pas si étrangés que ça. Nous étions, en fait, père et fille. Je crois que ça ressemblait à un déclic. Et je comprenais surtout qu'accepter Marcus dans ma vie, ce n'était pas rejeté mon papa de la mienne. Charlie Swan était mon père autant que pouvait l'être désormais Marcus. Je me décalais doucement de Marcus.

-Toutes ses émotions ma creusé l'appétit, tu as faim ?

Marcus sourit et je me tournais vers Ed qui n'avait pas bougé d'un pouce. Ce dernier m'offrit le plus beau des sourires. Tandis que Marcus entra dans la cuisine, je me tournais vers Ed. Je lui pris la main et je m'enfonçais dans ses bras.

-Merci pour tout, murmurais-je dans son coup.

-Je serais toujours là pour toi, princesse.

Je souris en retour et on retrouva Marcus. On dîna assez joyeusement et quand Emmet rentra à la maison, il retrouva Marcus dans le salon. Il sembla encore plus heureux que la veille. Tous les deux partirent le restant de l'après-midi en ville pour faire une partie de basket dans le parc. Je me retrouvais avec Edward qui ne m'avait pas quitté. On monta dans ma chambre. Nous nous sommes couchés sur mon lit et j'ai posé ma tête sur son torse. Le silence n'avait rien de gênant entre nous bien au contraire. J'aurai pu rester ainsi toute la vie.

-Je t'aime, Ed.

-Moi aussi, Isa.

Je bougeais pour me reprocher encore plus que lui. On aurait dit que j'avais fait ça instinctivement. Et puis, je me demandais ce que je pourrais bien faire sans lui à mes côtés. Il m'apportait toute la force dont j'avais besoin. Sans lui finalement, je me sentais moins solide. Cela renforça un sentiment invisible qui peu à peu prenait plus de place en moi. L'amour indéfectible que j'avais pour lui. Cet amour qui grandissait toujours plus en moi. Et je commençais à comprendre que je ne pourrais pas jouer les ignorantes éternellement. Parce que bientôt, je savais que je ne pourrais me cacher face à l'évidence même que j'étais totalement et irrévocablement amoureuse de mon meilleur ami.

Music : Balto - Self Portrait

Hello ! Voici le chapitre 14 qui arrive encore plus vite que vous ne l'auriez cru, n'est-ce pas ?

J'ai décidé de rattraper autant que possible mon retard… Bon bien sûr, je ne promets pas un chapitre par jour mais tant que l'inspiration est là, autant en profiter !

Bon, comme d'habitude, j'espère de tout mon cœur que vous prenez du plaisir à lire ma fiction…

En attendant le chapitre 15, je vous fais tout plein de bisous ! A très VITE !