Lost in the Sand of Time

Auteur: Jelyel

Disclaimer : Rien ne m'appartient, tout est à la merveilleuse J.K. Rowling !

Pairing: HP/ TJ… Classé M, pour plus de marge de manœuvre !

Temps de parution:euh... Je vais faire mon possible pour ne pas vous refaire le même coup bas que pour le chapitre 7 ! :D Donc on s'en tient à un chapitre par mois !

Avancement de la fic : 19 chapitres écrits et je continue encore !

Résumé des chapitres précédents : lors d'un incident provoqué par les Serpentards en cours de Potion, Harry est envoyé dans les années 1940 à l'époque où Tom fait ses études à Poudlard. Dès lors Harry décide de tenter malgré les risques de changer le cours du temps en tentant de briser la barrière que le futur mage noir a placé entre lui et les autres. Tom est aussitôt intrigué par Harry, élève débarquant de nulle part dont la puissance équivaut à la sienne. Commence alors un véritable jeu du chat et la souris où chacun tente de percer l'autre à jour. L'un comme l'autre sent qu'un lien étrange les unis et des choses qu'ils n'expliquent pas se produisent au moindre contact. Un jour Harry surprend Tom penché sur les archives des élèves de Poudlard, il semble chercher activement quelque chose. Harry en échange de livres rares de sortilège lui demande de lui révéler ce qu'il cherche et de l'autoriser à l'aider dans ces recherches. Tom, après une semaine de réflexion, finit par accepter le marché proposé par Harry en lui exigeant encore un peu de temps pour continuer seul ses recherches ! Mais le soir même, le Survivant fait un étrange cauchemar se révélant être un souvenir de l'enfance du futur mage noir. Tom tente alors de lire dans son esprit la manière dont il a pu voir cela et qui il est exactement. Mais Harry parvient à lui échapper et aucun d'eux ne reparle de cet incident. Tom finit par accepter le contrat et révèle à Harry qu'il recherche son père dont il est persuadé qu'il était sorcier. Harry l'aide à faire ses recherches dans les archives quand soudain il se souvient que Voldemort lui avait parlé de ses parents lors de leur affrontement dans le cimetière. Harry obtient l'autorisation de Dumbledore de sortir de l'enceinte de Poudlard pour quelques heures. Il l'utilise le lendemain et se rend à Little Hangleton où il rencontre la grand-mère et le père de Tom. Il parvient à plonger dans leurs souvenirs pour obtenir ce qu'il désire sur les origines et les circonstances exactes de la naissance de Tom. Notamment le fait que Ton senior ait tenté de tuer Mérope Gaunt lorsqu'il a découvert la supercherie que la jeune femme avait utilisé pour le faire tomber éperdument amoureux (philtre). Pris d'un accès de rage, il tente de la battre à mort alors même qu'elle attend un enfant, enfant qui n'est autre que Tom junior ! Quelques jours plus tard, alors qu'Harry dort, Cameron et Declan décident de faire une mauvaise blague à Harry en glissant un serpent dans son lit au réveil. Harry utilise alors inconsciemment le parler des serpents surprenant toute la chambrée, y compris Tom. Plus tard dans la semaine alors que Tom évite Harry, ils se retrouvent à se battre pour faire une démonstration pour le cours de duel. Harry gagne in extremis et tous deux sont envoyés à l'infirmerie, à bout de force. Tom cherche de plus en plus à comprendre et se méfie du jeune sorcier, celui-ci épuisé de fuir Riddle jr, se confie à Dumbledore sur la dangerosité des informations qu'il possède sur Tom. Il est incapable de prédire quelle serait sa réaction et il ne peut prendre le risque de changer le passé et de changer avec lui. Pendant un entraînement, il perd le contrôle en se rendant compte qu'il sera incapable de tuer Tom à cause de l'affection improbable qu'il semble éprouver pour lui. Alors qu'un mannequin représentant Voldemort s'avance pour l'achever, Tom lui tranche la tête. Harry voit en ce symbole un petit signe d'espoir et reprend un peu confiance. Declan, quant à lui, se comporte de plus en plus étrangement et Harry ne parvient pas à comprendre son attitude. Cependant il n'a guère l'occasion de s'appesantir sur la question puisque Maria Shawn, une serpentarde vicieuse et folle amoureuse de Tom lui tend un piège. Elle le drogue avec des potions d'enchaînements afin qu'il réponde à ses questions sur Tom et la relation qu'il entretient avec lui. Elle cherche seulement à connaître le garçon qu'elle aime depuis longtemps et déclenche sans le vouloir une série de réponses troublantes, auxquelles elles ne s'attendaient pas et qu'Harry et elle n'auraient jamais dû savoir. Il lui confie ainsi le secret des origines du sorcier. Sous le choc, elle perd de vue son objectif. Tom entre à ce moment et sous le silence d'Harry, lit les pensées de la jeune fille.

Note : J'essaye de toujours répondre à vos reviews (si quelqu'un n'a pas eu de réponse, qu'il me prévienne !).

Les reviewers anonymes (que je remercie beaucoup, beaucoup aussi !) :

Guest : Hm à la place de Tom tu ne lui en voudrais pas ? En plus c'est un nerveux ce petit alors…^^' Je suis contente que ça te plaise ! Merci !

Nepheria4 : Merci :D

Lou-chan : Merci, merci, merci ! Tu ne sais pas quoi dire ? Déçue ? ^^

Luna : T'excuse pas, c'est de circonstance ! Désolée pour la fin abrupte ^^' Je te dis rien pour la réaction de Tom, tu verras =) Merci beaucoup ! Et j'espère que l'angine-otite t'a laissée en paix !

Je sais jamais quoi dire, à chaque fois vous êtes très nombreux à me laisser des avis qui sont tous très positifs et ça me fait vraiment plaisir de vous lire et de vous répondre (même si parfois je le fais tardivement mais vous commencez à connaître ma passion pour les retards et le attentes injustifiées !)

Alors continuez à m'envoyer des reviews si le cœur vous en dit et n'hésitez pas non plus à me contacter par message, je suis ouverte à tout dialogue =D

Bonne lecture !


CHAPITRE 14 :

Je titubais légèrement lorsque je tentai à mon tour de me relever. Je fis un léger mouvement du doigt et ma baguette s'échappa de la poche de Maria et revint à moi. Tom se tourna vers moi et la fureur que je lus dans son regard me glaça l'échine. Et pourtant je ne pus m'empêcher de le trouver sublime. Ses yeux avaient viré au grenat et des mèches d'un noir intense barraient son front. Il avait une respiration trop calme.

Je sentais pourtant son aura instable et sa magie m'apparut soudainement, complètement affolée. Il s'avança vers moi et je n'eue même pas la force de reculer. Je soutins son regard. Je crois que quelque part je savais que sa colère était légitime. Il s'arrêta à quelques centimètres de moi, son souffle brûlant effleurant ma joue.

Il me saisit le bras sans douceur et me traina à sa suite. Nous remontâmes en silence des cachots, il voulait que l'on règle nos comptes dans un endroit calme où les élèves revenant du dîner ne pourraient pas nous interrompre. Je tremblais légèrement en voyant que son aura était de plus en plus instable. Je fronçai les sourcils et titubai légèrement. Il n'y fit pas attention et accéléra.

Je commençai réellement à m'inquiéter pour les conséquences que cela aurait si ses émotions déclenchaient une déflagration de magie. Je me souvins des deux expériences malheureuses que j'avais en matière « d'explosion de magie » et je grimaçai. J'avais dévasté un champ où Remus m'avait fait transplaner au dernier moment, puis une forêt la seconde fois où j'avais perdu le contrôle de ma magie. Je m'en voulais toujours pour ça d'ailleurs.

Il fallait qu'il se calme où il pourrait tuer tous les élèves de Poudlard en quelques secondes et rayer le château de la carte. Je ne serai peut-être pas assez puissant pour le contenir et les effets de l'entrave n'avaient pas eu le temps de totalement se dissiper. Je tirai légèrement sur son bras pour qu'il s'arrête.

- Tom ? Tom, s'il te plaît écoute-moi… tentai-je d'une voix douce. Je t'en prie…

Comment lui expliquer qu'il fallait qu'il se calme sous peine de faire exploser la plupart des habitants du château ?

- Tu dois te calmer, dis-je et je m'en voulu d'avoir un ton si bas.

Il s'arrêta net et nous étions devant la Grande Salle, quelques élèves y trainaient et nous observèrent avec curiosité. Tour sauf ça. Il avait fallu que ma grande gueule démarre au quart de tour, il ne fallait en aucun cas s'arrêter ici ! Je ne pourrai jamais protéger tout le monde.

- Me calmer ?! Explosa-t-il en se tournant vivement, provoquant un silence de plomb dans le hall, où sa voix résonnait puissamment. Pourquoi t'écouterai-je ? Tu me mens depuis des jours sur des choses qui ME concernent !

Il cracha ses mots d'une voix rendue rauque par la colère. Le voir exprimer autant d'émotions me fit trembler. Pourquoi fallait-il que tout son ressentiment, toute sa colère, toute sa haine n'ait qu'une cible ? Moi. Mais j'avais pris le risque et je n'avais pu trouver de solutions à temps, trouver la force de regarder son avenir en face. Je me sentais tellement désolé, tellement coupable.

Son aura trembla davantage et je relevai soudain la tête, un air inquiet sur le visage, il perdait le contrôle je le sentais. C'était une question de minutes.

- Un moldu, n'est-ce pas ? Tu as du beaucoup en rire, non ? Me voir faire des recherches sur un père sorcier parce que ma mère, qui n'était rien de plus qu'un cracmole, n'a pas été fichu de rester en vie en me mettant au monde ! Et mon propre père a tenté d'en finir avec moi alors même que je ne pouvais pas me défendre dans le ventre de ma mère. Et toi ! Toi, tu me mens depuis le début, je le sens. Je ne sais absolument pas qui tu es, ni d'où tu viens. Mais tu as tout intérêt à me le dire si tu ne veux pas que je force l'entrée de ton esprit de manière irrévocable, gronda-t-il d'une voix si basse que seul moi pouvait l'entendre.

Quiconque m'aurait dit cela aurait récolté pour simple réponse un éclat de rire. Mais pas lui. Parce qu'il en était capable. Je ne voulais pas qu'il devienne ce que je connaissais de lui. Détruire quelqu'un par Legilimancie était quelque chose d'atroce…

Sa colère allait crescendo et je fixai mes yeux dans les siens prenant sur moi pour ne pas craquer à mon tour.

- Elle t'aurait aimé, elle t'a aimé plus que sa vie…, murmurai-je mais mes paroles ne l'atteignirent même pas.

Il passa une main nerveuse dans ses cheveux et je vis des larmes briller dans ses yeux. Il sourit, un air fou que je lui connaissais bien marquant son visage fin. Ses yeux passaient sans cesse du rouge au bleu pur. Il vacillait entre la réalité qu'il venait d'apprendre et celle à laquelle il s'était toujours accroché. Les sorciers puissants pouvaient revivre des souvenirs jusque dans leur ventre de leur mère grâce à leur magie déjà présente en eux. Je me souvenais de la nuit où ma mère était morte. Tom à travers ses yeux d'enfants avaient vu sa mère mourir pour lui donner la vie. Il l'avait simplement occulté jusque-là. Je savais qu'il sentait la douleur de sa mère comme un souvenir impérissable à travers ce que représentait sa venue au monde et la main qu'il pressa sur son cœur me le confirma.

- Tu… tu débarques et chamboules toute ma vie. Je ne comprends pas quel genre de lien m'unit à toi. Et je sais qu'il y'en a un, tu l'as dit et je le sens au plus profond de moi. C'est un écho incontrôlable et insupportable, murmura-t-il soudain, complètement perdu passant d'une émotion à une autre en un quart de secondes. Je ne comprends rien à ce qui m'arrive quand tu... Tout… tout ce que je ressens n'est pas habituel et tu le sais aussi bien que moi. C'est dans ma tête, n'est-ce pas ? C'est dans ma tête ?!

Il se tut. Il se courba violemment, la main toujours pressée contre son cœur qui se serrait en battements lourds qui résonnait dans tout le hall. Il allait exploser. Sa magie allait exploser et faire voler en éclat tout ce qui se trouvait dans un rayon de quelques centaines de mètres minimum ! Sa magie commença à tourbillonner hors de son corps faisant claquer son uniforme de sorcier autour de lui tout en formant de légers filins de brumes. Les pulsations de son cœur envoyaient des vagues fines de magie. Un sorcier moyen les percevait, quelques élèves autour de nous et moi-même pouvions les voir.

Je vis des larmes embuer ses yeux et l'une d'elle dévala sur sa joue. Je me sentis me briser entièrement et irrévocablement sans savoir réellement pourquoi, je ne savais pas quoi faire pour le calmer et ça me tuait. Son état actuel était de mon fait et je fus pris d'une culpabilité qui m'étrangla brusquement, serrant ma gorge et ma cage thoracique. Il semblait si plein de colère, de frustration, de honte, de ressentiment, de désespoir. Il paraissait si fragile, si désemparé et perdu.

Moi qui voulais que le mur de glace s'écroule, j'avais réussi mon coup mais pas comme je l'aurai souhaité. Tout ce qu'il avait contenu pendant des années derrière sa carapace semblait vouloir s'enfuir et il n'avait aucune idée de comment empêcher ce cataclysme émotionnel. Comment ne pas être déçu ? Il avait fantasmé tout une vie pour ses parents mais jamais dans tous ces rêves il n'aurait pu imaginer que son père était un moldu haineux qui avait tenté d'empêcher son existence. Et encore moins que sa mère bien qu'étant descendante de Serpentard n'était pas plus puissante qu'un cracmol !

Etre orphelin était une chose, j'en avais bien conscience mais être haï par un père qui n'avait jamais cherché à vous laisser une chance, à apprendre à vous connaître c'en était une autre… Comment accepter le fait que son père ait voulu le supprimer lui et sa mère ? Comment accepter qu'il descendait des humains au niveau magique le plus faible que la terre portait ? Comment trouver sa place dans ce merdier ? Et l'équation devenait d'une simplicité enfantine et meurtrière : le résultat serait un véritable drame si rien ne l'arrêtait.

C'est ce moment-là que la plupart des élèves de la Grande Salle choisirent pour sortir rejoindre leur salle commune. Non mais quels crétins !

Ils se stoppèrent devant le tableau surprenant que nous formions Tom et moi. Il me retenait par le bras et nos regards ne se lâchaient pas, son souffle était haché et le mien faisait tranquillement voler quelques mèches de ses cheveux. Je tentai de rester calme, il fallait que je me concentre. Depuis sa poitrine des volutes d'une brume argentée s'échappaient en tournant sur elles-mêmes tentant de me repousser tout en s'enroulant autour de moi pour mieux me garder. Un combat entre ce que désirait Tom et sa colère contre moi.

- Tom, écoute-moi, tu es train de perdre les pédales, soufflai-je insufflant à ma voix une douceur que je ne me connaissais absolument pas. Reprends-toi, je te promet de tout t'expliquer mais calme-toi.

- Je ne peux pas, je n'y arrive pas, gémit-il sous la douleur que le flot ininterrompu en lui provoquait et un peu plus de magie s'échappa de lui.

Il haleta en observant sa magie s'échapper en brumes éparses autour de lui, je vis dans ces yeux toutes ces émotions renfermées tenter de s'échapper. Quelques élèves s'approchèrent, curieux. Du coin de l'œil, je vis Callidora me lancer un regard inquiet et faire un pas en avant pour venir me rejoindre. Declan et Cameron firent de même mais je les dissuadai d'un regard. Personne ne semblait comprendre ce qu'il se passait et je ne savais pas quoi faire pour empêcher le drame de se produire sans qu'il ne touche les élèves.

- N'approchez surtout pas. Reculez tous ! Dis-je d'une voix forte.

Le sol trembla légèrement lorsqu'un peu plus de magie s'échappa de Tom et Callidora sembla comprendre car elle tenta du mieux qu'elle put de faire reculer les élèves à sa portée en dégageant certains abrutis vers les cachots. Je la remerciai mentalement même si je n'étais pas certain que cela les sauverait.

Tom ne pouvait plus faire machine arrière, il devait évacuer le trop plein de magie où ça le tuerait. Et comme il ne pouvait plus maîtriser l'afflux qui inondait son corps il allait faire exploser tout le monde dans les environs, moi y compris d'ailleurs. Je n'avais plus le choix, je devais contenir l'explosion et la diriger pour qu'il ne se tue pas, lui et les autres. J'avais, malgré ce que Snape en pensait, un certain instinct de conservation mais tout cela ne comptait plus maintenant. Tom ne devait pas mourir. Seule cette affirmation incontrôlable résonnait dans ma tête, renforçant ma résolution.

Le professeur Dumbledore sortit précipitamment de la Grande Salle et se figea. Il hurla d'une voix forte amplifiée d'un Sonorus:

- Que tout le monde s'éloigne au plus vite et le plus loin possible !

Ce n'était qu'une question de temps et j'étais apparemment la seule personne assez puissante pour le stopper et je n'avais aucune idée de comment faire. Je sentis la prise qu'il exerçait sur mon bras se resserrer davantage, me faisant grimacer sous la douleur.

Certains élèves comprirent le danger imminent et commencèrent à se bousculer pour partir au plus vite. Mais les plus curieux et naïfs s'attardèrent rendant la situation encore plus merdique qu'elle ne l'était déjà.

Dumbledore s'avança et d'un large mouvement de baguette il érigea un bouclier autour de nous assez solide pour contenir… un dixième de l'explosion. Il m'adressa un regard lourd de sens et je sus que j'étais définitivement le seul à pouvoir l'aider. Il ne laisserait personne d'autre l'approcher et surtout pas Albus.

Tom gémit et encore plus de magie s'échappa, cette fois en grande quantité faisant trembler le château sur ses fondations et m'expédiant à quelques mètres de lui. Je vis le désespoir dans ses yeux lorsqu'ils accrochèrent les miens et je me relevai rapidement. Sa silhouette était flou au milieu du tourbillon pur qui l'entourait.

- Tom, il va falloir que tu m'écoutes et que tu me fasses confiance. Je ne te veux aucun mal, laisse-moi au moins t'approcher, murmurai-je en m'approchant prudemment de lui.

Il hocha la tête, hagard, des larmes coulant sur ses joues. Je savais ce qu'il ressentait. Cette sensation de ne plus rien contrôler, de tout subir, de ne plus faire qu'un avec sa magie. C'était un profond sentiment de perte et de déracinement. Pire, une sensation de déchirement. Rien ne pouvait le décrire. Mais tout irait bien.

Je m'approchai alors plus surement et saisit son visage entre mes mains. Je constatai qu'il était définitivement trop tard pour empêcher l'explosion magique et je fis la seule chose qui me vint à l'esprit. Je l'enserrai dans mes bras laissant ma magie entourer la sienne dans une étreinte que je voulus réconfortante et douce. Suffisamment pour contenir l'explosion dans un rayon restreint. J'y passerai…peut-être…

Je sentis sa magie tenter de me repousser mais je tins bon et Tom accrocha ses mains dans mon dos, renforçant notre étreinte. Nous nous laissâmes tomber à genoux, ensemble, heurtant le sol dur tandis que les larmes de Tom inondait mon torse où il avait enfoui sa tête. Il pleurait silencieusement, comme dans ce rêve que j'avais fait, lorsqu'il se cachait de ces enfants à l'orphelinat. Je me sentis soudainement anormalement proche de lui, comme si nous étions entrés en résonnance. Je passai une main dans ses cheveux et lui murmurai des mots légers, parfois en Fourchelang, comme une litanie, mes lèvres effleurant sa peau. Je ne savais plus ce que je lui disais mais je le fis avec le plus de douceur possible, d'une voix posée en contraste total avec le déchainement digne d'un ouragan à l'intérieur du bouclier.

Et soudain une lumière éblouissante inonda le hall d'entrée avec pour épicentre la silhouette menue de Tom blottie contre la mienne. Je le maintins contre moi lançant ma magie, une douce brume aux reflets dorés, à la poursuite de la sienne avant qu'elle ne fasse trop de dégâts sur une distance trop importante. Le bouclier de Dumbledore avait cédé et seule ma magie empêchait encore celle de Tom de tout ravager sur son passage. J'observai les tentacules de brumes scintillantes s'accrocher entre elles, se mêlant, s'étouffant, revenant à leur propriétaire respectif. Je ne sus combien de temps cela dura et je rattrapai chaque filin magique grâce à la mienne, les ramenant inlassablement vers nous. Jusqu'à ce que je n'en puisse plus et commence à perdre connaissance. L'entrave m'avait bien trop affaibli. La dernière chose que je sentis fut une dernière émanation de magie de Tom qui m'envoya valdinguer contre le mur. Je perdis connaissance en sentant une violente douleur au niveau de ma tête. Puis ce fut le noir total. Ma dernière pensée cohérente fut que mourir de sa main me paraissait finalement être une mort attrayante… dans cette époque-là.

Je m'éveillais dans un monde blanc…qui sentait l'antiseptique et la lavande. Merde, encore l'infirmerie. Je me redressai sur un coude et grimaçai en sentant chacune de mes articulations protester sous l'effort. Je me laissai retomber sur le dos en grognant. Une douleur lancinante me vrillait le crâne sans discontinuer et mon agacement monta d'un cran.

- La belle au bois dormant est enfin réveillée, fit une voix sarcastique un peu trop près de moi.

Je me tournai vivement vers la droite et lançai un regard noir à Tom. Je m'apprêtai à lui lancer une réplique cinglante lorsqu'un détail me chagrina soudain. J'avisai l'espace… non existant entre nos deux lits. Je me redressai ignorant mon corps courbatu.

- Mais pourquoi… ? Commençai-je avant d'être coupé par la voix tranchante comme une lame de rasoir de Tom.

- Je comptais sur toi pour me l'expliquer, tu sembles avoir beaucoup de réponses à me donner. Puisque personne dans cette infirmerie ne semble disponible pour moi ! Finit-il en hurlant à l'adresse de quelqu'un qui n'était visiblement pas présent dans la pièce.

Un silence s'installa puis :

- Pas la peine de brailler comme un forcené M. Riddle, je ne suis pas sourde, hurla la douce voix de Mme Ware depuis son bureau.

Tom fusilla la porte du bureau du regard et se renfrogna, une moue boudeuse sur les lèvres. Cette attitude totalement inattendue m'arracha un rire.

- Tu as un commentaire à faire Evans ? Effectivement la situation est à mourir de rire et attends ! Tu n'as pas vu le plus drôle ! S'exclama-t-il avec un rire hystérique.

Sur ces charmantes paroles il se leva de son lit et s'éloigna vers la sortie. Aussitôt qu'il se fut éloigné du lit, je sentis la douleur lancinante s'accentuer jusqu'à en devenir insupportable et je me redressai prenant ma tête entre mes mains en gémissant. Tom, lui, s'arrêta net et tomba à genoux sous la douleur. Le raffut attira enfin Mme Ware hors de son antre.

- Monsieur Riddle vous êtes un être anormalement masochiste et un sacré crétin en prime, hurla-t-elle les poings sur les hanches en se précipitant pour le relever.

- Apparemment il vous faut au minimum la tentative de suicide d'un patient doublée d'un homicide pour que vous daigniez vous montrer, marmonna-t-il d'une voix hachée.

Elle le traîna sans ménagement vers son lit ou elle le recoucha. La douleur reflua lentement dans ma tête lorsque Tom fut à nouveau près de moi. Mais elle était toujours présente et inconsciemment, presque contre ma volonté je me rapprochai de lui. Il me fusilla du regard mais sembla soulagé à son tour lorsque nos épaules entrèrent en contact et que la douleur disparut instantanément. Je soupirai de bien-être. L'infirmière repartit aussi sec dans son bureau après quelques menaces.

- Je crois que je peux expliquer ce léger problème, tentai-je une fois que j'eus repris totalement mes esprits.

- Léger problème ? Ironisa Tom mais je l'ignorai.

- Oui, en empêchant l'explosion j'ai dû établir un lien entre nos deux magies pour qu'elles puissent se mêler et réfréner le trop plein de magie qui s'échappait de toi. Ce lien se résorbera de lui-même lorsque nos magies se seront « entre-restaurées »

Je le vis afficher un air étonné et il sembla plonger dans ses pensées. Je gardai le regard fixement devant moi. Je me sentais trop gêné de cette soudaine proximité pour le regarder, lui et ses yeux qui avaient abrités tant de colère. Je sentais à nouveau ces frissons inexplicables me traverser le corps provoquant une légère chair de poule.

- Combien de temps ? demanda-t-il tentant de ne pas frissonner à son tour.

- Pas plus de quelques jours, ce qui m'étonne c'est l'intensité, réfléchis-je à voix haute sans vraiment m'en rendre compte. On devrait pouvoir se tenir à bien plus de distance sans que nos magies ne cessent de s'alimenter entre elles…

Je ne comprenais pas, je tournai la situation sous tous ces angles. Oui ce genre de lien était sur court terme et relativement peu contraignant… Sauf si… Oh non. Sauf si les deux personnes étaient déjà liées ! Oh mon dieu, faites que je n'ai pas à lui parler de ça maintenant.

J'en étais là de mes prières muettes lorsque je sentis un poids contre ma tête. Je me figeai. Il ne dormait quand même pas, n'est-ce pas ? Une respiration calme me parvint et je sentis mon cœur accélérer étrangement et un sourire tendre étira mes lèvres. Je me détendis et me décalai pour que sa tête repose plus confortablement sur mon épaule plutôt que contre ma propre tête.

Je regardai le soleil se coucher à travers les immenses fenêtres de l'infirmerie face à nous. Ma mièvrerie m'arracha un rire. L'infirmière ne sortit de son bureau que pour déposer nos repas gardés par un sort de chaleur sur notre table de chevet. Elle fit le moins de bruit possible et je la soupçonnai, non pas de respecter le sommeil de Tom, mais de vouloir éviter de se retrouver face à lui et son humeur pour la moins…discutable.

Il semblait avoir changé, il semblait plus humain. La glace reviendrai surement mais il semblait bien trop perdu et furieux pour replacer son masque de glaçon dès maintenant. Je le sentis remuer, en baissant la tête, je le vis papillonner un instant. Puis, il sembla réaliser dans quelle position il se trouvait et s'éloigna précipitamment, déclenchant à nouveau cet insupportable mal de tête et me laissant un vide glacial à la place du cœur. On ne semblait plus pouvoir s'éloigner de plus de quelques centimètres sans qu'on n'en souffre tous deux. Je lui lançai un regard suppliant et tendis une main désespéré vers lui, priant pour qu'il l'accepte et s'approche à nouveau. Il gémit de douleur et me jaugea du regard un instant passant de mon visage à ma main tendue.

- Je veux des explications avant, dit-il d'un ton ferme, serrant les dents pour supporter la douleur.

J'eus envie de simplement aller me taper la tête contre le mur puis de m'écrouler en tas informe sur le lit. Mais je hochai la tête précipitamment, je voulais juste que cette douleur d'arrête, que le vide soit à nouveau rempli.

- Il y a certaines choses que je ne peux pas te révéler pour le moment, ça bouleverserait bien trop d'événements, répondis-je en prenant sur moi pour ne pas simplement me jeter sur lui et l'entourer de mes bras.

Il me lança un coup d'œil curieux. Je devinais quelles questions pouvaient défiler dans sa tête. Je compris également que j'en avais trop dit. Je fus assailli d'une peur sans nom. Et soudain je sus qu'il avait compris. En partie au moins. Voilà à quoi on en arrivait lorsqu'on laissait un Tom Riddle réfléchir un peu trop.

- Tu veux dire que… ? Commença-t-il sans finir, laissant sa phrase en suspens entre nous deux.

Je hochai la tête à nouveau incapable de répondre mieux. Et je savais qu'aucun de nous ne prendrait le risque de le formuler clairement, ça impliquait bien trop de questions importantes. Tom était loin d'être stupide.

- Tu te fiches de moi ? C'est impossible…

Je secouai négativement la tête souhaitant nettement que cela put être une simple farce. Je lui adressai un regard d'avertissement qui signifiait clairement « Je t'en prie ne me demande ni de quand je viens, ni comment ou pourquoi j'ai atterri là ». Trop épuisé pour répondre à haute voix je laissai s'échapper ma réponse par pensée :

« Je ne répondrai pas à une seule question de plus ce soir. Ce serait trop long et il y a des tas de choses que je ne comprends pas moi-même. »

Je vis la déception passer sur son visage et une curiosité qui me rappela la mienne, incontrôlable.

- Ce que tu savais sur mes parents… ? Émit-il d'une voix faible et il cracha presque le mot « parents ».

Je hochai à nouveau la tête, le regard triste, l'échine glacée par ce que j'étais en train de lui révéler. Je ne pouvais décemment pas lui parler de mon époque sans parler de ce qu'il deviendrait.

- Pourquoi ne m'avoir rien dit lorsque tu l'as su ? interrogea-t-il et je vis à nouveau la colère briller dans ses yeux.

Je soupirai et retint un nouveau gémissement de douleur.

- Comment aurais-tu réagis si je t'avais annoncé de but en blanc que je savais des choses sur tes origines alors que même toi tu en ignorais tout ? Personne ne savait. Je comptais t'en parler, vraiment. Mais je n'ai pas su comment m'y prendre…

« Et ces souvenirs dans ta mémoire ? Tu portais les couleurs de Gryffondors. Oui, évidemment trop maladroit pour un véritable serpent. Et Dumbledore dans le bureau directorial…? » me lança-t-il en pensée.

Il me lança un regard lourd dans la pénombre de l'infirmerie et un silence s'installa. Il repensait à cet autre souvenir qu'il avait vu. Le plus lointain, celui du meurtre de ma mère par Voldemort.

Ma main se tendit à nouveau vers lui plus hésitante. J'avais peur qu'il ne comprenne pas. Il continua à me fixer un moment puis soudain il saisit ma main et vint se blottir contre moi. Je retins le soupir de soulagement qui voulut passer mes lèvres et j'appréciais le sentiment de plénitude qui m'envahit. On commençait enfin à se comprendre lui et moi. Pourtant le regard de Tom était encore étrange et empli d'émotions dont il ne pourrait pas se débarrasser avant un moment. Parmi elle, un profond dégoût, un sentiment de trahison, de la haine, de la colère et…du déni. Et je compris qu'il n'était pas encore tout à fait prêt à me pardonner.


11 pages Word ! Je me suis rattrapée par rapport à la fin sadique du chapitre 12 xD

Bon j'espère que ça vous satisfait, ils se rapprochent encore un peu plus. Le premier « bisou » (oui ce mot fait très « je suis en maternelle ») est écrit et j'ne suis à 19 chapitres écrits, j'ai pas chômé ! :D

Un avis pour ce petit chapitre long ?

A bientôt les p'tit(e)s poulet(te)s !