Me revoilà avec le chapitre 13 ! Un chapitre riche en émotion et surtout, surtout très long. Comme d'habitude quoi. A chaque fois je prévois de boucler le truc en 5000 mots, mais je finis toujours par m'emporter et écrire le double…

Bon, je réponds brièvement aux review Guest, et vous laisse à votre lecture :

iiii : Malheureusement je ne peux pas répondre à ta question car se serait un gros spoil pour le reste de l'histoire. La seule chose que je peux te dire est que tu touches un point sensible ^^

Abc : Merci ! Tout ce que je peux te dire est que ça va bouger aussi dans tous les autres chapitres, surtout avec quelque chose que j'ai prévus et qui fera hurler pas mal de personne dans quelques chapitres !

Com : Je pense que tu seras contente… Quant à Tobirama… Quelques indices sont présents dans ce chap. A toi de les découvrir. ^^

Cyclamen : Tu seras comblé par ce chapitre concernant Hitomi je pense… Quant à Madara et Hashirama… Je peux juste de dire que se sera très dur de faire évoluer les mentalités. Dur, mais pas impossible évidemment.

Guest : Merci ! En espérant que la suite te plaise.

333 : Ah ok ! Et non, je ne pense pas qu'il y aura un rival de plus. Ce serait néfaste pour l'équilibre de l'histoire/scénario à coup sûr, sans parler de difficile à géré pour moi.


Chapitre 13

Hitomi s'enfonça de nouveau dans sa poitrine, et commença à sangloter violement.

Paralysé, aussi bien que physiquement que mentalement, Madara l'observa sans prononcer un mot, les mains levées de chaque cotés de la jeune fille, ne sachant pas si l'enlacer à son tour ou simplement la laisser pleurer de tout son soûl.

Finalement, sa première idée l'emporta, et il passa doucement ses bras autours de son élève pour la plaquer davantage contre lui. Ensuite, il posa maladroitement une main dans ses cheveux, ignorant les regards stupéfait de ses deux autres disciples, alors qu'il se mettait à murmurer des paroles se voulant apaisante tout en lui caressant la tête.

La jeune fille ne réagit pas. La seule réaction qu'il obtint fut qu'elle le serre encore plus contre lui, lui coupant presque la circulation tant elle mettait de force dans son étreinte.

Loin de s'en soucier, Madara la laissa faire, puis porta son regard sur ses deux élèves restant dont les expressions rappelaient sans mal celle d'un chiot auquel on aurait donné un coup de pied.

-Les enfants… Commença-t-il, l'entrainement d'aujourd'hui est annulé.

Yuta ouvrit la bouche, s'apprêtant probablement à protester, mais se vit immédiatement interrompu par Madara :

-Je me charge d'Hiromi, déclara l'homme d'un ton sans réplique, pas besoin d'être à trois sur elle.

Le jeune garçon se renfrogna.

-Très bien sensei, cracha-t-il dédaigneusement avant de tourner les talons et s'en aller.

Loin d'être offusqué par le comportement de l'adolescent, Madara préféra se concentrer de nouveau sur Hitomi dont la principale occupation, consistant à maculer de larmes son yukata noir empestant l'alcool, n'avait pas changé.

-Sensei, le héla soudain la voix de Kentaro.

Il leva la tête, s'apercevant tout à coup que le jeune Inuzuka et son chien étaient toujours devant lui.

-Qu'y-à-t-il ? S'enquit-il.

-Excusez le comportement de Yuta, lui dit l'enfant, il tenait absolument à consoler Hitomi par lui-même.

-Je vois, souffla Madara sans même le regarder.

Kentaro croisa nerveusement ses bras derrière son dos.

-Je pense que je vais y aller aussi, balbutia-t-il, je vous dis à demain ?

-A demain, oui, marmonna l'adulte.

Comprenant que son professeur était bien plus préoccupé par Hitomi que par ce qu'il avait à dire, Kentaro hocha la tête, puis fit signe à Chochomaru de le suivre avant de quitter les terrains d'entrainement, non sans avoir jeté un dernier coup d'œil à sa coéquipière.

Une fois assuré qu'il eut disparut, Madara s'autorisa à se laisser tomber à terre, entrainant son élève avec lui.

Pas un instant, il ne cessa de passer sa main dans les cours cheveux blancs de l'adolescente.

Ce n'était pas la première fois qu'il avait à réconforter quelqu'un : Il y avait de cela des années, il avait fait de même avec Izuna à chaque fois qu'un de leurs frères mouraient jusqu'à que leur père ne soit tué sur le champ de bataille.

Toute ces fois, son cadet, bien trop sensible pour son propre bien, finissait en larme avant de s'enfuir dans un endroit qu'il jugeait introuvable, mais que Madara finissait toujours par découvrir.

Une fois là-bas, il le laissait se cramponner à lui, et lui murmurait des promesses vides lui assurant que c'était la dernière personne qu'il aurait à pleurer.

Tout deux savaient que c'était un mensonge. Pourtant, ils ne pouvaient se résoudre, aucun d'entre eux, à l'admettre.

En ces durs temps de guerre, prétendre que tout ce passerait bien sans en avoir l'assurance était leur unique façon de se pousser à continuer à avancer.

-Pourquoi est-elle morte ? Gémit soudain Hitomi.

Elle ne s'adressait à personne en particulier, mais Madara l'écouta.

-Maintenant je vais devoir quitter Konoha. Sans toi comment vais-je faire ? Tu n'avais pas le droit de me laisser !

« Et voilà » songea sombrement Madara, on y était : Le moment où le décès du proche n'était plus une tragédie, mais devenait une trahison.

C'était toujours ainsi que ce passaient les différentes phases du deuil : La première étant le choc, suivit d'une incapacité à pleurer jusqu'à que la personne comprenne que ce n'était pas une sorte de blague cruel qu'on lui ferait. Ensuite, venaient les larmes puis, plus tard, les reproches et, enfin, un temps après, l'acceptation.

Ou pas.

Cela dépendait des personnes et des circonstances de la mort. Madara jugeait qu'il était trop tôt pour savoir encore comment Hitomi vivrait cela.

Il pinça alors les lèvres, l'ampleur de la situation actuelle venant le frapper avec force. Il était seul, en plein milieu de l'étendu d'herbe qu'était le terrain d'entrainement, et tenait une enfant en pleur dans ses bras. Et ce, sans mentionner le fait que cet enfant risquait de terminer mariée d'ici la fin du mois s'il ne faisait rien.

Tout en soupirant, Madara se dit qu'il commençait sérieusement à abhorrer les mariages, et se redressa, forçant Hitomi à faire de même, bien que celle-ci ne manque de s'effondrer à peine fut-elle remise sur pieds.

-Allons, déclara-t-il fermement, un peu de nerf ma fille. Un petit effort et je te promets que tu pourras te reposer.

L'air peu concernée par ce qui lui était dit, l'adolescente se contenta d'hocher mécaniquement la tête, et se laissa faire lorsque Madara s'empara de sa main et l'entraina à sa suite.

Comme la dernière fois, lors de cette soirée enneigée, ils traversèrent les bois ensembles jusqu'à parvenir devant la maison au fin fond de la forêt dans laquelle ils entrèrent.

Une fois à l'intérieur, l'ex-tête de clan ignora le croassement de bienvenus de Nadja et les questions de Thorn (de retour du mont Spina) et poussa la jeune fille à s'assoir sur le canapé avant de s'agenouiller devant elle.

La pauvre enfant ne semblait plus que l'ombre d'elle-même. Le gris de ses yeux, auparavant vif, avait été terni par sa tristesse et son malheur. Des larmes s'accrochaient encore à ses cils, et son visage était d'une pâleur maladive, si bien que Madara commença à craindre que la jeune fille ne tombe malade.

C'était une chose assez commune après un décès : Que le choc porte atteinte à la santé d'une personne.

Inquiet, bien qu'il se refuse à l'admettre, il s'empressa de filer dans la cuisine où il prépara en un temps record du thé, et revint dans le salon pour y découvrir Hitomi à moitiée endormie, et entourée par Thorn et Nadja qui s'étaient blotties contre elle.

C'était bien la première fois que Madara voyait son oiseau se montrer affectueux avec quelqu'un d'autre que lui-même. D'ordinaire, le busard était bien trop timide pour ne serait-ce s'approcher des autres sans tenter de les pincer ou griffer.

Doucement pour ne pas réveiller l'enfant, Madara posa alors la tasse sur sa table basse et passa une main dans les cheveux de son élève, écartant les mèches blanches lui tombant sur le visage dans un geste se voulant nonchalant mais qui en ressortit comme tendre.

Il n'y pouvait rien : Hitomi faisait surgir en lui des instincts parentaux qu'il ignorait posséder jusqu'à aujourd'hui.

-Que s'est-il passé ? Murmura soudain Thorn en prenant la parole.

-Sa mère est morte, répondit Madara.

Le porc-épic ne dit rien. Sa seul réaction fut un légé frémissement d'une de ses oreilles alors qu'elle se plaquait davantage contre la jeune fille, puis faisait signe à son invocateur de venir s'assoir.

-Viens ici, dit-elle en tapotant de sa queue le canapé, et vire le piaf pendant que tu y es : Cette sale bête ne cesse de me regarder d'un mauvais œil.

L'homme secoua la tête :

-Non Thorn, je…

-De te dérobe pas ! Le coupa l'invocation. –Elle à besoin de toi ! D'ailleurs si je me souviens bien, tu avais promit de prendre soin d'elle non ?

-Quoi ? J'ai seulement dit que j'empêcherai son père de la marier.

-Ca reviens au même !

Madara se crispa, jetant un bref regard à Hitomi dans l'espoir que celle-ci n'ait pas été réveillée par le cri. Par chance, s'aperçut-il, celle-ci dormait à poings fermés.

Pour faire bonne mesure, il jeta tout de même un regard noir à Thorn.

-Ecoute, chuchota-t-il, je te l'ai déjà dit que je lui éviterais le triste destin de femme au foyer.

-Ce n'est pas ce que je veux dire ! Siffla furieusement le porc-épic.

-Alors explique-toi ! Rétorqua Madara.

Il commençait à perdre patience.

-Très bien ! Cracha Thorn, mais écoute moi bien : Ce que je cherche à faire rentrer dans ton crane épais est qu'empêcher le père de la petite de lui trouver un mari ne suffira pas. Que penses-tu que le gars va faire une fois que tu auras entravé ses projets ? Il quittera quand même le village et où Hitomi ira dans ce cas là ?

Madara ouvrit la bouche, s'apprêtant à répliquer de façon cinglante, mais la referma aussitôt qu'il eut saisi la pleine signification des paroles de l'invocation. En effet : Ou la jeune fille irait-elle vivre si son père quittait tout de même Konoha ?

La réponse s'imposa à lui très vite. Inéluctable.

Il pâlit, comprenant seulement maintenant ce que sa promesse à Hitomi allait impliquer.

-Je vois que tu as finalement compris, renifla Thorn en remarquant son teint blême, et en prenant une expression hautaine.

Elle soupira, son regard s'adoucissant :

-A tu peur ? Lui demanda-t-elle doucement.

-Pas pour moi, murmura-t-il.

Fébrile, il s'avança, puis se pencha pour attraper Nadja installée sur les genoux d'Hitomi, et prit enfin place aux cotés de l'adolescente assoupie.

Ensuite, il porta son regard sur la cheminé ou gisait quelques buches calcinées, en même temps qu'il se mettait à caresser machinalement son oiseau, comme si celui-ci eut été un gros chat lascif.

-J'ai peur de ne pas pouvoir lui offrir une bonne vie, avoua-t-il à mi-voix. – J'ai peur de ne pas pouvoir la rendre heureuse, de ne pas être à la hauteur, ajouta-t-il.

Il prit une inspiration tremblante.

-Je suis une brute Thorn, reprit-il, j'ai tué des milliers d'hommes et ait fait des choses horribles. Comment veux-tu que je prenne soin d'une enfant innocente avec ces mains souillées ?

-Tu dis ça, mais pourtant tu sembles d'être résolu à prendre t'occuper d'elle, chuchota Thorn.

-Peut-être, mais cela ne veux pas dire que j'y arriverais.

-Madara ! Haleta le porc-épic, tu y arriveras. Tu as élevé Izuna quasiment par toi-même lorsque ta mère est morte en couche. Pourquoi ne serait-ce pas la même chose pour Hitomi ?

Elle rit un peu, ses petits yeux, soudain humides, se plissant joyeusement.

Son ton se fit alors taquin, bien que sa voix fût cassée :

-De plus comment veux-tu que tes mains soient souillées ? C'est absurde ! Tu portes toujours des gants.

Elle gloussa de nouveau, et étendit son corps par-dessus les genoux d'Hitomi pour aller poser une patte griffue sur le bras de Madara qui la fixa avec mélange de crainte et de respect.

Durant son siècle de vie et de résurrections, Thorn avait presque été chassée de ses souvenirs. Pourtant, une chose avait toujours demeuré dans son esprit : Le fait que son invocation était toujours parvenue à le surprendre d'une manière ou d'une autre.

Ce qu'elle faisait en ce moment même.

-Tu me chagrines, lui poursuivit-elle sans se douter de ses pensées. -Que tu penses des choses pareilles à ton propos me brise le cœur. Tu es une bonne personne, peu importe ce que tu ais fait, ce que les gens penses. Je le vois dans chacune de tes paroles, aussi sèches semblent-elles, dans chacun de tes geste, aussi infimes soient-ils alors s'il te plaît, ne dis plus jamais de choses aussi horrible sur toi-même.

Thorn pleurait silencieusement désormais. Madara ne la regarda même pas : S'il le faisait, il fondrait à son tour en larme une chose que sa fierté lui interdisait malgré le fait qu'il soit profondément ému.

Il prit une grande inspiration, posa une Nadja aux ailes affaissées à sa droite, et laissa une main gantée entrer en contacte avec une patte griffue qu'il caressa brièvement.

-Merci, dit-il.

Il ne prononça pas un mot de plus. Thorn l'avait compris, il en était persuadé.

Et alors qu'il laissait le porc-épic venir se coucher sur ses cuisses, il tira Hitomi contre lui, puis posa sa tête sur celle de la jeune fille.

Petit à petit, ses paupières s'affaissèrent, et il ne tarda pas à sombrer dans un sommeil profond, entouré de ses animaux, et ce bien qu'il soit trois heures de l'après-midi.

Sur la table basse devant lui, le thé qu'il y avait posé était maintenait froid.

.

oOo

.

Lorsqu'il sortit de la salle de réunion, les mains d'Hashirama étaient si moites qu'on aurait pu croire que celui-ci les avait passés sous un jet d'eau.

Le souffle court, il était parcouru de frissons alors qu'il passait le seuil de la porte de la salle où venait d'avoir lieu une des discussions les plus importantes de toute sa vie.

Il était profondément soulagé. Tout comme Mito à sa droite aux cotés de laquelle il chancelait.

Le poids qu'avait été son futur mariage, et qui lui pesait sur ses épaules, venait de lui être ôté, le laissant maladroit et démunis jusqu'à qu'il réapprenne à marcher sans cette lourdeur l'ayant suivit partout ces derniers jours.

Il s'appuya contre un mur, et la femme fit de même. Ensembles, ils regardèrent défiler les différents personnes ayant assistés à la réunion, et durent réprimer une grimace en voyant passer le père de Mito, Ashina, et Tobirama dont les visages trahissaient un profond mécontentement.

Il n'était pas à douter que ceux-ci, une fois face à eux en privé, les accableraient de reproches concernant l'annulation du mariage.

Hashirama ne savait pas quel miracle il, avec Mito, avaient réussis à convaincre la pièce entière qu'un tel mariage ne serait pas profitable. Il soupçonnait, à vrai dire, que les arguments que Madara lui avait soufflés l'avaient en réalité grandement aidé.

D'ailleurs, songea-t-il, il ferait peut-être bien d'aller remercier son ami. Après tout, c'était en quelque sorte grâce à celui-ci qu'il évitait de terminer sa vie avec une femme qui ne paraissait vraiment pas enthousiaste à cette perspective.

-Il va falloir remercier Dara.

La voix de Mito le tira brusquement de ses pensées, et il fronça les sourcils à l'entente du surnom dont Madara avait été affublé.

-Tu… Tu as raison, bredouilla-t-il un instant plus tard, maintenant que j'y pense… Je crois que je vais lui offrir quelque chose… C'est bientôt son anniversaire après tout.

La kunoichi cligna des yeux :

-Son anniversaire ?! S'exclama-t-elle, mais quand ?!

-Le 24 de ce mois.

-Il est né durant Yule ?

-C'est cela.

Mito lâcha un « Oooh » pensif, et croisa ses bras dans son dos.

Une minute plus tard, elle se redressait si vite qu'elle faisait sursauter Hashirama, et brandissait son poing au-dessus de sa tête d'une manière si peu approprié pour une femme de son rang que l'Hokage dû battre plusieurs fois des paupière pour s'assurer que ce qu'il voyait n'était pas une illusion.

-Je vais aller lui acheter un cadeau de ce pas ! Hurla alors la kunoichi en le confondant encore plus.

Une de ses épingles à cheveux se détacha dans sa frénésie, libérant ses cheveux d'un de ses chignons qui allèrent s'étaler sur son épaule, telle une cascade rougeoyante. Elle n'y prêta aucune attention.

-Hey, ma belle ! S'écria-t-elle à la place en hélant Toka qui passait par là.

La kunoichi du clan Senju se figea. Elle tourna ensuite la tête dans leur direction, jetant un regard perdu à Hashirama au passage, puis se pointa d'un doigt comme pour demander si c'était bien à elle que Mito s'adressait.

-Moi ? Balbutia-t-elle.

La femme rousse roula des yeux :

-Oui toi, soupira-t-elle, t'en vois d'autres filles bien roulées ?

Toka ouvrit sa bouche, puis la referma avant de secouer la tête d'un air étourdit.

-Non Madame, répondit-elle d'une voix chevrotante.

-Super ! Tu peux m'amener dans une boutique qui vend des peignes ? Rose de préférence.

-Euh… Si vous le voulez ? Puis-je juste vous demandez pourquoi si cela ne vous dérange pas ? Si vous désirez un peigne, je peux vous en prêter un…

Mito éclata d'un rire tonitruant.

-Ce n'est pas pour moi ! Gloussa-t-elle, c'est pour Madara !

-Madara ? S'étonna Toka. –Vous voulez dire Uchiha Madara ?!

-Qui d'autre ?

-Madame… Je sais que vos intentions sont pures et innocentes, mais je crains que Madara apprécie peu votre présent…

-C'est le but !

Toka se raidit, ses yeux s'écarquillant alors qu'elle dévisageait l'autre femme d'un œil incrédule.

-Vous voulez le taquiner… Murmura-t-elle en réalisant les véritables intentions de Mito.

-Oui.

-Lui faire perdre son calme…

-Oui.

-L'enrager.

-Oui !

-Vous souhaitez vous moquez de lui à ses dépends ?! En conclut-elle avec stupeur.

-Trois fois oui ! Cria Mito.

Un énorme sourire vint manger le visage de Toka qui tendit alors un bras à l'autre kunoichi :

-Laissez-moi être votre partenaire dans le crime dans ce cas ! S'exclama-t-elle théâtralement, faire sortir Madara de ses gonds est le sel de ma vie !

Les yeux de Mito brillèrent, et elle fixa Toka comme si elle était une apparition divine. Un instant plus tard, les deux femmes s'éloignaient, coude-à-coude, abandonnant un Hashirama frappé par la foudre devant la salle de réunion.

L'homme mit un long moment à reprendre pied avec la réalité.

-Quoi ? Bafouilla-t-il pour lui-même.

Venait-il de voir Uzumaki Mito se comporter comme une rustre et s'exprimer comme une paysanne ?

Non, se dit-il, il devait avoir rêvé : Il n'y avait aucun chance qu'une femme aussi polie et belle puisse parler d'une telle façon.

Avec un rire silencieux, Hashirama redressa son chapeau, représentatif de sa fonction, se décolla du mur contre lequel il s'appuyait, et décida d'aller rendre visite à Madara.

Peut importait la gêne qu'il éprouverait en sa compagnie il désirait ardemment le voir. Et si le monstre dans son estomac décidait de faire une apparition, eh bien il le musèlerait !

Satisfait par son train de pensées, il gagna au pas de course la sortie du bâtiment pour découvrir avec surprise que son frère l'attendait du pied ferme à la sortie de celui-ci.

Aussitôt, une paire d'yeux rouge fut braqué dans sa direction, et il du se faire violence pour ne pas tourner les talons et prendre ses jambes à son cou.

-Salut Tobi, déclara-t-il à la place en se retenant de déglutir lorsque son frère fronça les sourcils.

-Hashirama… Gronda celui-ci, que crois-tu faire en annulant ce mariage ?

-Eviter de me marier pour des raisons politiques et me préserver pour la personne que j'aime…rai.

Il s'aperçut trop tard que sa réponse était sortie bien plus sèchement qu'il ne l'aurait voulut. Son ton sembla d'ailleurs déplaire à Tobirama dont la fourrure entourant son cou parut s'hérisser en même temps que ses cheveux.

-Pardon ?! Aboya-t-il.

-Tout à fait, rétorqua Hashiama.

Décidé à tenir tête à son frère, il enchaina immédiatement :

-Je te l'accorde, dit-il, cette alliance avec Mito aurait pu être profitable au village, sans parler du fait que cela m'aurait donné une descendance… Mais cela ne nous aurait pas rendus heureux. Ni elle, ni moi.

Tobirama soupira, l'air soudain exténué, et se pinça l'arête du nez.

-Je sais, lâcha-t-il en surprenant son frère, je sais répéta-t-il, je sais parfaitement que tu ne voulais pas te marier… Du moins de cette manière. Mais si tu ne le fait pas maintenant alors quand ? De nous deux tu es le seul à pouvoir avoir des enfants et perpétuer la ligné.

Il se passa une main sur le visage et reprit :

-Tu es parfaitement conscient de mon… Problème. Si aucun de nous deux n'a un descendant alors qui prendra la tête du clan Senju ? Si la position d'Hokage se transmet au plus compétent, ce n'est certainement pas de même pour les clans.

Les sourcils d'Hashirama se froncèrent : Aussi malheureux que cela puisse paraitre, son frère disait vrai. S'il n'avait pas d'enfant, alors la succession pour le poste de tête de clan s'avérerait difficile. Des querelles internes pourraient même naitre.

-On n'a qu'à faire comme les Uchiha, maugréa-t-il, laisser un de nos anciens prendre le pouvoir.

-Surement pas ! S'étrangla Tobirama. –Tu sais très bien que si un ancien est le chef actuel du clan Uchiha, c'est seulement car Madara à été banni. D'ailleurs je tiens à te signaler qu'étant donné que tu es Hokage, tu n'assistes plus à aux réunions de clan et c'est moi qui doit y aller à ta place. Je tiens également à te faire savoir que le nouveau leader des Uchiha, le vieux Takeshi, est une véritable teigne. J'en viendrais presque à regretter Madara.

Hashirama pouffa, clairement amusé par ce qui venait de lui être dit.

-Allons, dit-il, ce n'est pas si terrible quand même.

-J'aimerais bien t'y voir, grogna Tobirama, tu comprendrais peut-être ma douleur.

-Je n'en doute pas une seconde.

Pensant que la conversation était close, l'homme tenta de contourner son frère pour passer son chemin, mais se vit retenu par une main venant se saisir son épaule.

-Ou crois-tu aller ? L'interrogea Tobirama.

Hashirama grimaça : Maudit soit son frère et sa suspicion maladive. L'homme devait se douter qu'il allait voir Madara.

La prise sur son épaule se resserra, et l'Hokage comprit que son silence contrariait son frère.

-Je dois faire quelque chose, répondit-il.

-Si ce quelque chose implique Madara, alors tu peux le faire attendre ! S'exclama Tobirama.

Evidemment, il ne le croyait pas.

-Ca n'a aucun rapport avec Madara, menti éhontément Hashirama.

Son frère lui jeta un regard peu impressionné, mais consentit tout de même à le lâcher.

-Oh, puis fait ce que tu veux, grommela-t-il avec exaspération, juste… Fait attention.

-Madara ne me fera jamais rien, soupira Hashirama en ayant un sentiment de déjà vu.

-C'est ce que tu crois.

L'Hokage s'abstint de lui répondre qu'il ne le croyait pas, mais qu'il en était persuadé. Or, ne voulant pas commencer une dispute, il préféra garder sa bouche fermé, hocha la tête, puis passa son chemin seulement après avoir adressé un signe d'adieu à son frère.

Il sentit les yeux de Tobirama le suivre jusqu'à qu'il tourne à un angle de rue. De là, il prit le chemin de la forêt, souriant aux civils qu'il croisait.

A un moment donné, lorsqu'il passa devant l'étale du fleuriste, la même petite fille brune qui lui offrait souvent des fleurs émergea de la boutique, et se précipita sur lui avant de lui remettre un petit bouquet de gerbéras multicolores.

Hashirama la remercia gracieusement, puis reprit sa route en se demandant ce qu'il pourrait bien faire de ces fleurs.

Peut-être devrait-il les donner à Madara ? Le problème était qu'il imaginait mal son ami accepter ce présent ambigu, ou bien simplement prendre soin des plantes.

A vrai dire, il était quasiment convaincu que celles-ci mourraient instantanément une fois entre les mains de son ami.

De moins, si personne ne s'en occupait. Une chose qu'Hashirama pourrait très bien faire, et qui lui permettrait d'avoir une excuse pour visiter l'ex-tête de clan lorsqu'il le souhaitait.

Il sourit joyeusement à cette pensée, et ne pu s'empêcher de réarranger son bouquet de manière à ce que les gerbéras forment un joli dégradé de couleurs.

C'était ce qu'il ferait, se dit-il en ventant mentalement son génie. Une fois chez Madara, il lui remettrait les fleurs, et prétendrait que celles-ci avaient pour unique but d'égayer le salon peu meublé de son ami.

Impatient à l'idée de donner les gerbéras à l'autre homme, il ne fit pas attention à son entourage et faillit lâcher son bouquet lorsqu'il entra violement en contacte avec un passant qu'il n'avait pas vu.

-Oh pardon, souffla-t-il, je ne regardais pas ou j'allais.

Il s'apprêtait à offrir un sourire d'excuse à la personne qu'il avait malencontreusement bousculée, mais y renonça aussitôt que son regard tomba sur Hikaku Uchiha.

-Vous, déclara-t-il platement.

-Senju, gronda l'homme en rejetant sa queue de cheval brune en arrière.

Ignorant les passants curieux qui s'étaient arrêtés pour les dévisager, les deux shinobi se fixèrent en chien de faïence.

Ils se rendirent à peine compte que leur chakras s'était mit à tourbillonner autours d'eux, telle une mer balayée par une tempête.

-Où allez-vous donc ainsi ? Demanda Hikaku d'un ton faussement aimable.

-Je vous retourne la question, susurra Hashirama.

Le conseillé se crispa, visiblement contrarié de s'être fait prendre à son propre jeux, mais consentit tout de même à répondre :

-J'ai des affaires importantes à régler avec mon clan, dit-il, rien qui ne vous concernes heureusement.

Il lui adressa un sourire hypocrite et, pour des rares fois dans sa vie, Hashirama décida d'abandonner son amabilité et bonne humeur quotidienne pour, à la place, plisser les yeux et laisser un peu de son immense réserve de chakra poindre à l'air libre.

C'était enfantin de se laisser aller ainsi, songea-t-il, mais il devait admettre qu'il mentirait s'il prétendait ne pas jouir du regard épouvanté que lui envoya Hikaku lorsque la vague d'énergie s'écrasa sur l'homme, le faisant presque vaciller.

Madara lui avait avoué un jour, à contrecœur, que son chakra, lâché à l'air libre, donnait l'impression à toute personne se trouvant aux alentours de n'être que de vulgaires fourmis au milieu d'un troupeau d'éléphants.

Maintenant qu'il voyait l'expression intimidé d'Hikaku, il devait admettre que la comparaison était plutôt bien trouvée. Mais c'était de Madara qu'il parlait, et son ami avait tellement d'esprit qu'il aurait été étrange que celui-ci ne trouve pas les mots exactes pour décrire une situation.

Jugeant alors qu'il avait assez effrayé l'autre homme, il laissa les vagues de chakra s'apaiser d'elles-mêmes, puis sourit radieusement au conseillé désormais pale comme un linge.

-C'est amusant, dit-il, j'ai moi-même des choses importantes à faire. Comme aller voir Madara par exemple.

Le visage d'Hikaku passa de pale à blême :

-Pardon ? Ahana-t-il en avisant les fleurs dans ses mains.

Soudain, tout signe de peur qu'il avait montré fut remplacé par de la colère qui embrasa son regard sous la forme du sharingan.

Par reflexe, Hashirama failli fermer les yeux, mais se rappela que l'homme ne pouvait pas l'attaquer sans risquer de se faire sévèrement punir pour s'en être prit au chef du village.

Désormais conscient de ce fait, il s'approcha sans crainte du conseillé qui n'eut d'autre choix que de reculer.

-Ca te gène ? Lui demanda-t-il sans une once de remord.

Il savait pertinemment que provoquer l'homme n'entrainerait rien de bon, mais il ne pouvait s'en empêcher. C'était comme si une puissance supérieur le poussait à ouvrir la bouche avec pour unique but d'enrager le ninja lui faisant face.

Hikaku serra les dents :

-Oui, lâcha-t-il à sa grande surprise, énormément même, ajouta-t-il.

Hashirama cligne des yeux.

-Et pourquoi ? S'enquit-il en sentant la tension les entourant monter davantage.

Plus de passants curieux s'agglutinèrent dans un rayon de dix mètres. Les shinobi n'y prêtèrent aucune attention.

-Ne me faite pas rire ! S'écria soudain Hikaku.

Il fulminait.

-Ne croyez pas que je n'ai pas vu la manière dont vous le regardez, cracha-t-il en baissant la voix de façon à ne s'exprimer qu'en murmurant.

-La manière dont je le regarde ?

A cette mention, Hashirama sentit la piqure de l'angoisse venir le titiller. L'homme lui avait fait la même remarque il n'y avait pas si longtemps. Sauf qu'en ces temps là, l'hokage ne savait pas à quoi l'homme faisait mention.

Maintenant oui.

Ce fut à son tour de blanchir.

-Oui, siffla Hikaku, si vous croyez que vous pouvez poursuivre votre pathétique parade, alors vous vous tromper.

-De quoi parles-tu donc ? Bredouilla Hashirama en jouant l'ignorant.

Il déglutit, sentant une goute de sueur froide dévaler sa tempe pour aller se perdre dans son hakama.

-Ne faite pas comme si vous ne saviez pas de quoi je parle !

Le malaise qu'éprouvait Hashirama s'accrut : Si le conseiller était réellement au courant de ses sentiments envers Madara, il était, à proprement parler, cuit. Personne n'accepterait un Hokage attiré par son propre sexe.

Le souvenir de ces deux femmes exécutées des années plus tôt lui revint en un flash, et sa respiration devint irrégulière. Etait-ce ce qui risquait de lui arriver si Hikaku le dénonçait ?

L'homme semblait suffisamment le haïr pour ça.

Il pouvait déjà imaginer le regard dégouté de Madara à travers une foule de gens braillant alors qu'il serait mené à l'échafaud. S'il y en avait même un. Les personnes de son genre ne semblaient pas avoir droit aux mêmes privilèges que les gens « normaux », même si ceux-ci étaient des criminels.

-Vous n'êtes pas assez bien pour lui !

-Hein ?

Sortit brutalement de ses pensées, il fixa Hikaku avec incrédulité.

Il lui fallut une dizaine de secondes pour réaliser que non, il n'avait pas rêvé. Il avait bien entendu : L'homme ne l'avait pas menacé de révéler son secret au monde, mais lui avait dit quelque chose qu'il avait mainte fois entendu venant des pères de familles.

Tout à coup, il avait envie d'éclater d'un rire nerveux.

Cependant, il n'en eut pas l'occasion car Hikaku reprenait :

-Vous ne connaissez pas Madara comme je le connais. Vous ne savez pas ce qu'il à traversé. Vous ne sauriez pas quoi faire s'il était malheureux. Vous ne pourriez pas prendre soin de lui, ni le protéger.

-Ah, parce que toi tu pourrais ?

Ces mots sortirent de la bouche d'Hashirama sans qu'il puisse les retenir. Or, la réponse d'Hikaku le prit tout autant au dépourvu.

-Oui.

C'était simple, pourtant si explicite à la fois. En disant cela, l'homme lui avouait aimer Madara d'une manière qui était loin d'être platonique.

Soudain, tous les mots qu'avait prononcé l'Uchiha et son attitude hostile à son égard faisait sens : Si Hikaku le détestait, ce n'était pas parce qu'il était un Senju, mais parce qu'il le voyait comme un rival pour les affections de Madara.

C'était évident ! Comment ne s'en était-il pas rendu compte ?

C'était ridicule. Absurde même.

« Vous ne pourriez pas prendre soin de lui, ni le protéger » Pour qui prenait-il Madara ?

S'il y avait une personne qui n'avait pas besoin d'un garde du corps, c'était bien son ami. L'homme s'était très bien débrouillé par lui-même durant toutes ces années, alors il ne voyait pas pourquoi il n'en serait pas de même à l'avenir.

De plus que tenter de le couver serait une insulte à son orgueil de guerrier. Ce serait une terrible erreur à commettre que de faire cela.

Hashirama, lui, était différent, il ne voulait ni protéger ou prendre soin de Madara comme semblait le souhaiter Hikaku.

Ce qu'il voulait au contraire, c'était l'épauler. Etre à ses cotés dans les bons comme dans les pires moments. Le soutenir et être soutenus. Et, surtout, partager son quotidien et bien plus encore.

C'était très peu, mais pourtant beaucoup à ses yeux.

Hikaku était stupide s'il pensait que Madara accepterait de le laisser s'occuper de lui. Très même. Hashirama connaissait son ami et savait que celui-ci avait besoin de son espace, et non de quelqu'un.

-C'est ce que tu crois, lâcha-t-il finalement, un moment plus tard, en répondant enfin à l'autre homme.

Hikaku lui montra les dents.

-Ne crois pas que je vais te laisser…

-Oui, oui ! Le coupa Hashirama en roulant des yeux, j'ai compris ! Tu n'es pas content que je sois proche de Madara. Bon, si tu as finis, je peux y aller ?

Offusqué, le conseiller voulut répliquer, mais n'en eut pas le temps :

-Ecoute, reprit l'Hokage, cette conversation tourne en rond et moi je n'ai pas de temps à perdre. Toi non plus si mes souvenirs sont bons. Ne m'avais-tu d'ailleurs pas dit que tu avais des affaires de clans à régler ?

-Je…

-Tout à fait ! Nous avons chacun des choses à faire, et pourtant, nous somme là à jacter comme de vieilles pies alors que l'heure tourne. Pourquoi ne pas nous séparer et vaquer à nos occupations ?

Encore une fois, Hikaku voulut dire quelque chose, mais fut royalement ignoré par Hashirama qui fit volte-face et fila au loin comme une flèche.

En un temps record, il fendit la foule les entourant et se dépêcha de mettre autant de distance que possible entre lui et le conseiller, de peur que celui-ci soit suffisamment idiot pour tenter de le suivre.

Ce ne fut qu'une fois assuré de s'être assez éloigné qu'il s'autorisa à souffler à l'angle d'une ruelle.

Qu'y avait-il avec toutes ces personnes qui tentaient l'empêcher de rencontrer Madara aujourd'hui ? S'exclama-t-il mentalement avec colère. D'abord Tobirama, puis maintenant Hikaku ! Ne pouvait-il pas faire un pas sans que quelqu'un ne lui barre la route ?

Bien décidé à ne plus se faire intercepter, il sauta sur le toit d'une maison, et entreprit de rejoindre la forêt en bondissant de bâtiments en bâtiments.

Il fut ravis de constater qu'il ne croisait personne, et atteignit très vite les bois qu'il parcourut en à peine une dizaine de minutes.

La maison de Madara se dessina alors à travers les épais branchages de la forêt, et lorsqu'Hashirama parvint devant la porte de la bicoque, il se figea, soudain paralysé.

La boule au ventre, il se sentit subitement ridicule, là, maintenant, avec son bouquet de fleur dans une main, et l'autre, roulée en boule et immobilisée en plein air à deux pouces du battant de bois.

Pourtant, il ne renonça pas à son idée de visiter son ami malgré son appréhension : S'il était parvenu à passer Hikaku et Tobirama, ce n'était surement pas pour abandonner si près du but.

C'est pour cela qu'avoir prit une grande inspiration, il avait toqué par trois fois avant de reculer d'un pas, le regard littéralement cloué sur la porte.

Il ne fallut pas longtemps pour que quelqu'un, qu'il reconnu être Madara à la démarche, vienne ne lui ouvrir la porte.

En voyant son ami, Hashirama faillit lâcher une exclamation choqué : L'homme paraissait encore plus épuisé que ce matin.

Toujours vêtu de son yukata noir montrant son cou, il abordait une expression à la fois hagarde et amère, accentuée par les poches sous les yeux qui s'étaient changées en de véritables cernes violacés lui donnant dix ans de plus.

Ses cheveux ressemblaient à un nid d'oiseau, et une ses mains, gantée, était actuellement occupée à essayer de réparer tout ce gâchis sur son crane.

Toutefois, même avec cet air de déterré, Madara demeurait beau aux yeux d'Hashirama.

-Quoi ?

La voix rauque de l'homme le sortit brusquement de sa contemplation, et l'Hokage ne pu que se sentir coupable de s'être fait prit en fragrant délit de reluquage.

Se raclant la gorge, il fit alors de son mieux pour afficher un visage aussi neutre que possible alors qu'il tendait les fleurs à son ami, dont les sourcils s'haussèrent si haut qu'ils disparurent sous sa frange.

Il était clairement perplexe.

Et bien qu'Hashirama veuille s'exprimer d'une manière donnant l'impression qu'il respirait la confiance, une certaine raideur dans ses membres, et sa voix enrouée trahirent sa grande nervosité :

-Pour toi, déclara-t-il en détournant le regard.

-Des marguerites ?

-Des gerbéras, le corrigea gauchement Hashirama, c'est pour te remercier… Grace à toi, mon mariage avec Mito à été annulé. De plus, j'ai pensé qu'elles égailleraient un peu ta maison. Un peu de couleur dans ta vie te ferais du bien tu ne penses pas ?

Les sourcils de Madara se froncèrent puis, doucement, sa main se leva.

Durant un court instant, l'Hokage cru que son ami s'apprêtait à le frapper, et ferma un œil, s'attendant à une douleur qui ne vint jamais.

A la place, il sentit les fleurs lui être enlevées alors que des doigts frôlait ses mains en une caresse fugace, mais qui fut suffisante pour faire lever le museau à la bête habitant le fond de son estomac.

Perplexe, Hashirama rouvrit les yeux pour découvrir avec stupéfaction que l'ex-tête de clan paraissait avoir accepté son cadeau. L'homme examinait même les fleurs avec une attention toute particulière.

Aussi curieux que celas paraisse, L'Hokage eut l'étrange sentiment que son ami était content de ce présent. Même plus à voir le mince sourire qui apparut brièvement avant de disparaitre, tel un mirage.

Madara avait sourit réalisa le shinobi, soudain à bout de souffle. Pendant une fraction de seconde, le visage de son ami s'était illuminé, bien que ce fut largement suffisant pour qu'Hashirama grave cette image au fer rouge dans son esprit.

Immédiatement, il eut l'impression de pouvoir fondre sur place tant la chaleur qui l'envahit d'un coup était intense. Encore heureux que son ami ait détourné le regard, se dit-il Sinon, il aurait littéralement prit feu.

-Tu as raisons… Murmura alors Madara, toujours perdu dans la contemplation de ses fleurs, un peu de couleurs dans ma vie ne me feraient surement pas de mal.

Hashirama en resta comme deux ronds de flans.

Sa joie précédente fut rapidement oubliée, et céda place à de la préoccupation : Depuis quand son ami admettait-il qu'il avait raison ?

Ce n'était certainement pas normal et, très vite, une inquiétude sourde monta en lui.

-Que s'est-il passé ?! S'exclama-t-il de but-en-blanc.

Madara fronça les sourcils :

-Qu'est-ce qui te fais supposer qu'il s'est passé quelque chose, lui demanda-t-il.

-Je ne sais pas, répondit évasivement Hashirama, tu n'as pas l'air en forme, c'est tout…

-J'aurais peut-être eut l'air en meilleure forme si quelqu'un ne m'avait pas fait boire !

L'Hokage se crispa, se sentant soudain tout petit sous le regard accusateur de son ami. Rancunier comme celui-ci l'était, il aurait dut s'attendre à ce genre de réponse.

-Je suis vraiment désolé, commença-t-il avant d'aussitôt faire interrompre :

-Ne t'excuse pas, le tança Madara, ce qui est fait est fait. Entre plutôt, je vais te dire ce qu'il se passe.

Sans attendre de réponse, il tourna alors les talons et disparut dans son salon.

Bien évidemment, Hashirama le suivit. Il retira ses chaussures qu'il laissa dans l'entrée, et s'empréssa de rejoindre son ami pour immédiatement tomber sur Thorn, posté à l'angle du mur, qui le fixa avec amusement.

-Alors comme ça tu m'as apporté des fleurs ? Lui dit-elle.

-Pas à toi, à Madara, répliqua l'Hokage.

Le porc-épic leva les yeux au ciel, une expression clairement exaspérée présente sur sa truffe humide :

-Je le sais, gros dadais, renifla-t-elle avant de reprendre : -Je tenais juste à te faire savoir une chose au passage… Tout ce que tu donnes à Madara, tu me le donnes également. Il en va de même pour ce que tu lui fais, à une exception près : Je te le ferais aussi.

Puis, tout comme son maitre, elle fit volte-face et s'en alla, l'air très content d'elle-même, laissant un Hashirama muet de stupeur planté sur place.

-Hashirama ! Le héla soudainement la voix de Madara plus loin, qu'est-ce que tu fiches ?

Brusquement sortit de sa transe, l'homme sursauta avant de se reprendre du mieux qu'il pu.

-J'arrive ! Déclara-t-il simplement en se dirigeant vers le salon, décidant de laisser de coté les mystérieuses paroles de Thorn.

Il ignorait ce que le porc-épic cherchait à lui dire, mais il y réfléchirait plus tard (s'il s'en rappelait). En ce moment, il était bien plus intéressé par ce que son ami avait à lui dire.

C'est pour cela qu'il se dépêcha de le rejoindre, et s'immobilisa net lorsqu'il s'aperçut que celui était assis sur son canapé, devant la table basse ou venait d'être posé un vase avec les fleurs qu'il lui avait offerte.

Or, ce qui l'étonna le plus ne fut, non pas cela, ou Nadja venant tout juste d'atterrir sur la tête de son ami, mais bel et bien Hitomi, son élève, actuellement blottie contre lui.

En l'entendant venir, la jeune fille avait levé la tête, puis écarquillé les yeux.

-Hokage-sama ! S'écria-t-elle d'une voix rauque.

Elle tenta de quitter les cotés de son professeur, mais ne réussi à qu'à manquer de s'effondrer tant ses jambes étaient bancales.

Ce fut Madara qui l'empêcha de terminer face contre terre en la rattrapant par les aisselles, et la tirant de nouveau sur le canapé et ce, sans que l'oiseau sur sa tête ne sois déséquilibré.

-Ne bouge pas, lui intima-t-il.

Il la regarda ensuite avec une telle douceur, alors qu'il la repoussait dans les coussins, qu'Hashirama sentit sa gorge se nouer.

Il n'avait vu son ami afficher ce genre d'expression qu'une seule fois dans sa vie : Le jour ou, après une dure altercation avec les Uchiha, il s'était attardé sur le champ de bataille, et avait vu au loin Madara passer une main tendre dans les cheveux de son frère tout en lui murmurant des paroles qu'Hashirama ne pouvait entendre d'où il se trouvait.

C'était un geste que l'homme reproduisait en ce moment même, dans le but de tranquilliser Hitomi qui, une minute plus tard, s'apaisa.

L'Hokage aurait voulut être la source d'un tel regard. Si Madara pouvait un jour le fixer avec la même douceur qu'il exposait éhontément à son élève actuellement, alors il pourrait s'estimer être un homme comblé.

S'il ne mourrait pas de la surdose d'émotions qui le submergeraient, cela allait de soit.

-Que se passe-t-il ? Demanda-t-il un instant plus tard.

Il ne remarquait que maintenant, mais maintenant qu'il y prêtait davantage attention, il réalisait que le visage d'Hitomi était rougie. Elle semblait avoir pleuré en conclus-t-il.

-Sa mère est morte.

La phrase de Madara le prit au dépourvu. Et que se soit à cause de la sècheresse de sa voix, ou bien le choc que provoquait cette funeste déclaration, Hashirama eut l'impression qu'une pierre lui tombait dans l'estomac (écrasant au passage le monstre y vivant) lui faisant oublier toutes ses pensées précédentes.

Il ne réussi à qu'à bredouiller un petit « quoi ? » avant de refermer sa bouche, horrifié par la nouvelle.

Désormais, il comprit pourquoi la petite avait pleuré.

-Pourquoi est-elle ici dans ce cas ? Parvint-il finalement à dire. –Ne serait-ce pas mieux qu'elle soit auprès de ses proches dans ce cas ? Ajouta-t-il.

Madara secoua la tête :

-Ce n'est pas aussi simple, souffla-t-il alors qu'il caressait machinalement, et s'en même sembler s'en rendre compte, les mèches d'Hitomi dont les paupières s'affaissaient progressivement.

-Comment ça ? S'enquit Hashirama en faisant de son mieux pour ne pas laisser ses yeux errer sur les mains de l'ex-tête de clan.

Il se demandait ce que se serait que de sentir ces longs doigts, sans les gants, effleurer ses cheveux et masser son crane.

-Son père veut la faire arrêter d'être shinobi, lui répondit Madara. –Il souhaite également quitter Konoha, et la marier au premier venu.

-Quoi ?!

-Moins fort ! Chuchota furieusement son ami, elle dort !

Et en effet, Hitomi dormait à poings fermés.

Hashirama baissa donc d'un ton :

-Quoi ? Répéta-t-il à mi-voix, mais c'est quoi le problème avec les mariages de nos jours ? A croire que c'est devenu une tendance de fiancé les gens sans leur consentement.

-Ne me le fais pas dire, souffla Madara, bien que j'aurais plus qualifié cela de tradition.

Les deux hommes soupirèrent en concert.

-Que vas-tu faire ? Murmura l'Hokage, tu ne comptes quand même pas laisser cela arriver ?

A pas de loup, il s'avança alors vers la jeune fille devant laquelle il s'agenouilla, observant d'un œil triste son visage bouffi par les larmes.

Il leva ensuite les yeux, croisant le regard fatigué de son ami qui secoua la tête, manquant de désarçonner malencontreusement Nadja qui y était perché.

L'oiseau émit un son de protestation, mais personne ne l'entendit.

-Je… Je vais aller la coucher, déclara soudainement Madara.

C'était tellement hors de propos qu'Hashirama cligna des yeux d'un air interloqué, tandis qu'il observait l'ex-tête de clan se lever, puis prendre son élève dans ses bras, la portant de la même manière qu'on porterait un nourrisson.

En un clin d'œil, Madara avait disparu et il se retrouvait livré à lui-même en compagnie d'un busard cendré d'humeur massacrante, qui ne cessait d'emmètre des sifflements rauque depuis le perchoir où elle venait d'être obligé d'atterrir (car son maitre l'avait chassé du sommet de son crane) et d'un porc-épic à l'air peu commode venant tout juste de se positionner à ses pieds.

Il se trémoussa, mal-à-l'aise, se demandant pourquoi son ami avait évité la question.

Légèrement frustré par ce fait, il s'assit sur le canapé au moment même ou Madara revenait et prenait place à ses cotés, laissant un petit écart entre qu'eux qu'Hashirama dut se retenir de combler.

-Alors ? S'enquit-il.

-Alors quoi ?

-Que vas-tu faire ?

L'homme gémit :

-Que veux-tu que je fasse ? Grogna-t-il, je vais aller parler au père d'Hitomi dès potron-minet.

Hashirama s'étrangla.

-Dès potron-minet ?! S'esclaffa-t-il en oubliant totalement sa précédente question.

-Euh… Oui ? Fit Madara qui, pour une fois, semblait hésitant.

Un grand éclat de rire emplis le salon.

-Sérieusement ? S'exclama Hashirama, hilare. – « Potron-minet » mais c'est quoi ce langage du temps de Rikudo sennin ?

-Ce n'est pas le pire qu'il ait pu dire, intervint subitement Thorn, une fois au lieu de dire « zut » ou « flute » comme une personne normale, il à dit « Boudiou ».

Cette fois, Hashirama hurla de rire, et sentit plus qu'il ne vit la main de Madara s'abattre sur lui.

Il l'évita aisément, et s'essuya d'un revers de main les larmes ayant perlés aux coins de ses yeux.

-Sérieusement ? Ahana-t-il à bout de souffle.

Le regard courroucé de son ami, ainsi que ses bras croisés, lui dire tout ce dont il avait besoin et il se reteint à grande peine de ne pas repartir dans une crise de fou-rire.

-Désolé, haleta-t-il, c'est plus fort que moi.

-Crétin ! Feula Madara en guise de réponse.

Hashirama passa outre l'insulte :

-Alors ? Reprit-il, tu comptes me répondre un jour ?

Son ami renifla dédaigneusement, puis rejeta ses cheveux en arrière d'un geste si brusque qu'ils lui revinrent en pleine face.

Rougissant furieusement, l'homme tenta ensuite d'ignorer Hashirama qui se pinçait les lèvres pour ne pas ricaner, et se racla la gorge :

-J'ai décidé de prendre soin d'Hitomi, lui révéla-t-il.

-Prendre soin d'elle ? Attend ! Tu ne veux quant même pas dire que…

Madara ne dit rien, et préféra hocher la tête, le visage tourné dans une autre direction.

Tétanisé, Hashirama ne pu que l'observer avec abasourdissement.

Si un jour quelqu'un lui avait dit qu'Uchiha Madara était prêt à élever un enfant par lui-même, il leur aurait rit au nez. Cela lui semblait tellement hors de caractère qu'il en restait baba.

Pourtant, lui rappela une petite voix dans son crane, l'homme s'était occupé à lui seul d'Izuna depuis que celui-ci était un nourrisson. Si l'adolescent n'en était pas mort, cela signifiait peut-être que son ami pouvait répéter cet exploit avec sa jeune élève.

Or, Hitomi était une fille. Pas un garçon. Et il se demandait franchement si Madara réussirait à la traiter normalement étant donner la pauvre vision qu'avait son ami des femmes.

Du moins il le pensait : Madara paraissait n'éprouver que du dédain concernant le sexe opposé.

Il ne leur parlait pas, ne le regardait pas, et préférait les ignorer. Jamais il n'avait semblé s'intéresser à une femme de manière romantique, ou bien encore sexuelle comme l'avait fait Hashirama.

Pourtant, dernièrement, il avait interagi avec de nombreuse d'entre elles. Avoir rencontré Hitomi, Mito et Toka lui avait peut-être fait changer d'avis à leur sujet.

Dans tout les cas, il espérait que si son ami en venait à devoir élever la petite Hitomi, il s'en sortirait.

-Ne t'inquiète pas Madara, déclara alors l'Hokage, quoiqu'il arrive je serais là pour t'aider.

Le ninja grogna, mais ses épaules, auparavant tendues, semblèrent s'affaisser comme si un poids lui avait été enlevé. Les paroles d'Hashirama paraissaient avoir fait mouche, si bien que l'homme décida de continuer à parler :

-Tu sais, enchaina-t-il, je pense sincèrement que tu arriverais à te débrouiller avec la petite. Et après tout, tu m'aurais moi, Thorn, ton monstre, Mito et Toka pour t'aider en cas de problème.

Un ange passa. Madara ne dit rien.

Il se contentait de rester immobile, le regard rivé sur le sol, comme si celui-ci était la chose la plus passionnante qu'il lui était donné de voir.

Un moment plus tard, il prenait une brève inspiration :

-Merci, lâcha-t-il d'une voix enroué.

Le cœur d'Hashirama fit un saut périlleux dans sa poitrine.

-Oh… Euh… De rien ?

Il se passa une main sur sa nuque qu'il frotta, et laissa échapper un petit gloussement nerveux.

A nouveau, le silence régna, et une sorte de tension dont l'Hokage n'arrivait pas à deviner la nature, s'installa dans la pièce mal-éclairé.

Si avant il se sentait vaguement gêné, maintenant son incapacité à relancer la conversation l'embarrassait. Néanmoins, il fit de son mieux pour se creuser les méninges, et finit par trouver quelque chose à dire, bien que la manière dont il s'exprime soit terriblement maladroite.

-Il se fait tard… Déglutit-il. -Je pense que je vais devoir partir… A moins que tu ne veuilles que je reste comme hier, ajouta-t-il précipitamment, pour ensuite se rendre compte avec horreur de ce qu'il venait de suggérer.

Effrayé, il se leva d'un bond.

-Désolé, bégaya-t-il en s'éloignant, je ne voulais pas dire ça, je-

Une main se saisit de son poignet, le coupant net.

Ne voulant pas y croire, Hashirama eut du mal à se retourner, mais failli avaler sa langue lorsque ses yeux croisèrent ceux de Madara, noirs et intenses.

-Reste, murmura l'homme.

Et il y avait quelque chose d'à la fois suppliant et indécis dans son regard, comme si lui-même ne comprenait pas pourquoi il lui disait cela.

En cet instant, Hashirama se retrouva incapable de lui refuser quoique ce soit.

-Très bien, dit-il d'une traite.

Ensuite, il resta bêtement planté devant son ami, hésitant à lui signaler que sa main était toujours autours de son poignet.

Madara finit par s'en apercevoir par lui-même, et le lâcha si brusquement qu'il parut jeter son membre au loin. Aussitôt, il lui adressa une grimace qu'Hashirama décida d'interpréter comme un geste d'excuse.

-Tu… Tu as faim ? Lui demanda alors l'ex-tête de clan.

-Pas vraiment, répondit Hashirama tout aussi gauchement, mais je suppose que si tu as quelque chose alors ce ne serais pas de refus.

Madara hocha la tête de façon saccadé, et les mena dans sa petite cuisine où ils dinèrent, s'extasiant brièvement sur la qualité des aliments, ou bien commentant leurs cuissons. Ils firent cela rapidement et à mi voix pour ne pas réveiller Hitomi qui dormait à l'étage.

Ensuite, ils firent la vaisselle comme ils le faisaient toujours ensembles, c'est à dire avec Madara lavant les plats, et Hashirama se chargeant de les sécher et les ranger, avant de se retrouver de nouveau devant le canapé, sous l'œil attentif de Thorn et celui furibond de Nadja plus loin.

-Ou vais-je dormir ? Demanda l'hokage, je ne me souviens pas que tu ais une chambre d'ami. De plus qu'Hitomi occupe la tienne…

-Sur le canapé, lui dit Madara.

Il était d'ailleurs déjà occupé à déplacer les coussins.

-Et toi ?

-Je ne sais pas, mon futon de rechange est au lavage. Je vais simplement me contenter de quelques couvertures et du sol.

-Tu n'es quant même pas sérieux ?!

Le choc sur son visage devait être visible, car Madara cligna des yeux :

-Bien sûr que si, lui dit-il, c'est la même chose qu'en mission.

-Mais tu es chez toi !

-Et alors ?

Hashirama reteint une envie subite de se tirer les cheveux, puis se calma soudainement : En regardant de plus près le canapé, il venait de voir que celui-ci avait une sorte de levier.

Sa frustration alors relégué au second plan dans son esprit, il passa devant l'autre shinobi, et s'accroupit pour tirer le mécanisme qu'il réalisa très vite être celui d'un canapé-lit à deux places.

Madara sembla autant surpris que lui par cette découverte.

-On dirait que le problème est réglé, déclara Hashirama.

Son ami ne parut pas comprendre ce qu'il voulait dire.

-Comment ça ? L'interrogea l'homme.

Hashirama pouvait presque voir les points d'interrogation danser au-dessus de sa tête, tout aussi bien qu'il pouvait sentir son monstre dans son estomac s'enflammer à la perspective de partager un lit.

-Eh bien, nous pourrions dormir ensemble ? L'éclaira-t-il, la boule au ventre.

Les yeux de Madara s'écarquillèrent. Sa bouche s'entrouvrit, et il parut si ébranlé que l'Hokage se demanda s'il n'avait pas poussé sa chance un peu trop loin.

Certes, l'autre ninja avait accepté ses fleurs. Mais elles avaient dut simplement être prise pour une manière innocente de le remercier pour l'avoir aidé à annuler son mariage. Rien de plus.

-C'est d'accord.

-Hein ?!

Ce fut au tour d'Hashirama d'avoir l'air absolument stupéfait.

-Tu… Tu en es sûr ? Bredouilla-t-il en ne sachant pas si être ravis ou bien méfiant.

Car, en temps normal, son ami n'aurait jamais pu accepter une chose pareille. N'est-ce pas ?

Cependant, ces pensées furent immédiatement démenties :

-Pourquoi pas ? Répliqua Madara en fronçant les sourcils, nous sommes amis après tout. (Ses lèvres se tordirent à cette mention, comme s'il avait du mal à l'admettre) -De plus j'ai déjà partagé ma couche avec Izuna de nombreuses fois.

-Ah…

Ce fut tout ce qu'Hashirama réussi à dire alors qu'il observait l'autre homme finir d'installer leur lit de fortune.

Une fois que ce fut chose faite, il celui-ci lui fit face, avisant sa tenue avec un dégout évident :

-Tu veux que je te prête des vêtements ? Lui demanda-t-il.

Hashirama secoua la tête.

-Non, je vais simplement retirer les couches supérieures, dit-il.

Pour une raison quelconque, Madara sembla troublé par ce fait, mais ne le mentionna pas. A la place, il partit se changer pendant qu'Hashirama ôtait sa tenue d'Hokage, le laissant uniquement dans un vieux pantalon qu'il renonça à enlever, jugeant que se serait inconvenant.

Ensuite, plus par ennuis que réel intérêt, il s'assit sur le bord du lit, et balaya la salle des yeux, la trouvant vide et austère jusqu'à que son ami réapparaisse, habillé d'un yukata blanc dont la couleur semblait rehaussé par les cheveux noirs de l'homme.

-Quoi ? Fit d'ailleurs celui-ci en s'apercevant qu'Hashirama avait le regard rivé sur lui.

Prit en flagrant délit, l'Hokage se détourna et voulut lui adresser un sourire qui se transforma à la place en une grimace.

-Rien, lui dit-il, je m'apprêtais juste à aller dormit. Tu viens ?

Seul un hochement saccadé de la tête lui répondit et, un instant plus tard, les draps bruissèrent lorsque Madara s'y glissa à la suite d'Hashirama qui avait l'impression que son cœur allait le lâcher d'une seconde à l'autre.

Ce qui se passa après fut aussi embarrassant l'un que pour l'autre : D'un même mouvement, ils se retournèrent sur le coté, et se retrouvèrent malencontreusement face à face, à quelques centimètre de leurs visages respectifs.

Pas un mot ne fut échangé, les deux se fixèrent avec étonnement, comme s'ils ne réalisaient pas encore l'ampleur de la situation dans laquelle ils se trouvaient actuellement.

Comme hypnotisé, Hashirama prit une longue inspiration, se perdant dans le regard de son ami. Tellement qu'il remarqua à peine la bête dans son estomac s'éveiller et se mettre à gratter contre ses parois intestinales en poussant de grands cris, l'incitant à faire quelque chose.

Et pour une fois, il savait quoi faire.

C'est pour cela que, sans vraiment réfléchir aux conséquences de ses actes, il se leva sur ses coudes et tendit une main tremblante vers Madara qui se raidit subitement.

Il n'y fit pas attention, décidant d'aller jusqu'au bout de son action, et… Déchanta très vite en sentant sa main non pas entrer en contacte avec une peau pale mais une masse de piquant hérissés.

-Aie ! Rugit-il.

Thorn lui sourit mielleusement depuis sa nouvelle place entre eux : Savoir comment elle était arrivée ici sans même que lui ou Madara ne la remarque demeurait un mystère.

Par la suite, le porc-épic se tourna vers son maitre :

-Je peux dormir ici ? Geignit-elle pathétiquement.

-Euh… Si tu le souhaites, répondit Madara, visiblement confus.

-Merci !

L'animal s'installa confortablement entre les deux humains, puis envoya ensuite un regard absolument narquois à Hashirama dont les jointures des doigts se crispèrent.

Il en était plus que convaincu : Thorn l'avait délibérément empêché de toucher à son invocateur.

S'ils avaient été seuls, il n'aurait pas hésité à empailler le maudit animal ainsi que le piaf, se dit-il lorsque Nadja, attirée par l'agitation, vint se poser aux cotés du rongeur avant de se faire une place en plein milieu du lit.

Les deux animaux ne tardèrent pas à s'endormir et Hashirama laissa échapper un soupir clairement audible à l'instant même ou Madara prenait la parole :

-Bonne nuit, dit-il.

Si surpris qu'il en avala de travers sa propre salive, l'Hokage se redressa de nouveau sur ses coudes pour dévisager avec stupéfaction son ami qui s'avéra en fait à moitié endormit.

« Ouf » se dit-il, pendant un instant il avait cru que l'homme avait décidé d'être agréable de son plein grès.

Pas qu'il pensait que Madara sois foncièrement mauvais, mais l'ex-tête de clan avait cette horrible tendance à cacher sa gentillesse sous un air grognon et des paroles généralement acerbes. L'entendre lui souhaiter une bonne nuit l'avait donc étonné.

Attendris même.

Mais ça, il eut du mal à s'en apercevoir il était bien plus occupé à dévisager son compagnon de couche dont les paupières affaissé signalaient qu'il était presque endormi.

Même s'il avait déjà vu Madara dans un sommeil profond pas plus tard que ce matin là, il y avait décidemment quelque chose d'excitant à le voir somnoler dans un lit, à quelques centimètres de sa personne.

Ses cheveux étalés sur les draps blancs, son cou rendu clairement visible par le col large du yukata, et ses mains toujours gantées recroquevillées près de son visage n'avaient jamais parut autant attirantes qu'à cet instant précis.

S'il n'avait pas été retenu par sa morale et sa peur du rejet, Hashirama aurait bondit sur Madara, tel un fauve, et aurait entrepris de faire ce que tous les êtres vivants faisaient depuis la nuit des temps.

Malheureusement, il n'en fit rien, et s'allongea de nouveau en pestant contre la cruauté d'une quelconque divinité l'ayant mit dans cette situation, tandis que dans son ventre, son monstre intérieur faisait des aller et vient, mécontent de ne pas avoir été repu.

L'unique chose qui égayait un peu l'humeur maussade d'Hashirama était d'imaginer la tête que ferait Hikaku s'il le voyait à l'instant, allongé aux coté de son précieux ancien meneur.

Amusé à cette idée, il ricana silencieusement, et décida de se tourner vers la cheminé pour ne plus être accueilli par la vision d'un porc-épic ronflant bruyamment, lorsqu'il sentit une pression sur sa main.

Il lui suffit de baisser la tête pour apercevoir les doigts gantés de Madara s'enrouler autours de siens, au niveau de sa hanche, dans une prise lâche quimanqua de le faire haleter.

-Ma… Madara ? Bafouilla-t-il.

-Izuna…

-Oh.

Il ne pu empêcher un éclair de déception de le parcourir. Il semblait que, bien qu'il sache ses chances d'avoir une relation avec Madara nulle, il se prenne à espéré en vain.

Quel idiot il faisait.

Pourtant, il ne retira pas sa main et, à la place, enleva lentement le gant droit de son ami qu'il laissa tomber en un petit tas froissé sur les draps, puis entrelaça leurs doigts ensembles.

Il savait que ce qu'il faisait était osé étant donné que Madara, pour une raison qui lui était inconnue, n'ôtait jamais ses gants en présence de gens, mais il n'avait pas pu se retenir.

A vrai dire, il ne fut pas déçut, loin de là : Pour dire la vérité, il fut même surpris par la douceur des paumes de son ami.

Pour un shinobi, avoir des mains aussi soyeuses était un luxe. Généralement, à peine trois mois après le début de l'entrainement au maniement des armes, des callositées apparaissaient, et la corne de la peau se développait, la rendant dure et rugueuse au toucher.

Pour Madara, cependant, c'était le contraire : La chaire de sa main était impeccable. Pas une cicatrice ou égratignure n'était visible sut cette étendue de peau blanche.

Tout en caressant machinalement les articulations, Hashirama s'interrogea sur les raisons qui auraient pu pousser l'autre homme à garder ses mains douces en portant des gants.

La seule hypothèse qui lui vint à l'esprit fut que Madara l'aurait peut-être fait pour Izuna. Connaissant l'amour que portait l'Uchiha pour son frère, il aurait très bien pu souhaiter que son cadet apprécie son contacte.

De toute manière, il lui suffirait de lui demander. S'il ne se faisait pas tuer au passage pour avoir enlever un des gants, évidemment.

Désormais, il lui suffisait de dormir. Hier et aujourd'hui avaient été des journées riches en émotions, et il se sentait exténué.

Cédant à sa fatigue, il ferma donc les yeux et se laissa porter par le sommeil.

Or, à aucun moment il ne lâcha la main de Madara, la gardant presque jalousement sous sa poitrine, sous Thorn et Nadja, alors qu'il souhaitait intérieurement pouvoir la tenir tous les soirs, et l'embrasser.

S'il en avait le courage, il aurait même voulut se confesser à son ami, lui dire qu'il désirait ardemment passer ses nuits à ses cotés car, maintenant, il avait compris que ce qu'il éprouvait pour lui n'était pas qu'une simple attirance physique, ou béguin, mais tellement plus.

Il était un lâche, mais au moins, pour l'instant, leurs mains entrelacées suffisaient à faire ronronner de contentement bête dans son estomac.


Et voilà, le chapitre 13 prend fin sur une note un peu triste. Dans toute les cas j'espère qu'il vous aura plus, et je vous laisse sur les célèbres… Commentaires en vrac ! :

-Yule est une fête païenne qui s'étant du 21 décembre au 1 janvier. Ici, je ne fais pas référence à Noël pour des raisons évidentes.

-Quand Hikaku dit « parade », il fait bien évidemment référence à une parade nuptiale. Bien sûr, ce n'est qu'une expression ici pour montrer quel point il est furieux. D'ailleurs, à cause de ça, j'ai l'horrible image mentale d'Hashirama performant la danse des oiseaux paradisier (plus précisément le paradisier superbe).

-C'est assez traumatisant à vrai dire. Quoique si c'était Madara qui le faisait, ça pourrait être marrant. Heureusement, ça n'arrivera jamais.

-Un autre détail sur Hikaku et Hashirama : Alors qu'Hikaku vois Hashirama comme un rival, Hashirama lui ne le perçois que comme un obstacle qu'il contournera facilement une fois le temps venu.

-Après tout, Hashirama à beau avoir l'air d'un gentil benêt, il reste malgré tout un des shinobis les plus puissants de son époque (et des autres aussi). Ce n'est donc pas un petit gars hargneux qui va l'impressionner.

-Thorn et Nadja : Cockblockers professionnelles. Il n'y à pas d'autres mots pour les décrire.

-Mito et Toka : Un duo démoniaque vient d'être formé. Konoha n'a qu'à bien se tenir.

-Ah, et quand je parle de corne de la peau à la main, je parle bien-sûr de l'épaisseur qui se forme après la cicatrisation des steaks. Les personnes ayant fait de la gymnastique, dont une pratique intensive de la barre asymétrique, comprendront de quoi je parle.

-Personnellement je pense qu'on peu avoir des steaks en maniant des armes. J'en suis même sûre car, moi-même, avec une raquette de tennis, je finis toujours par en avoir au pouce tellement je la serre (oui, je sais, c'est pathétique).

-Sinon je tenais à vous faire savoir qu'Hashirama n'est pas gay mais bisexuel dans cette fic. Genre aime à 85% les femmes et à 25% les hommes. Tobirama quant-à lui… Eh bien je vous laisse deviner.

-Bref ! Trêve de bavardage !

-Dans le prochain chapitre… Madara rencontre le papa d'Hitomi. Et quant aux autres… Il risque d'y avoir un peu d'avancé dans la relation H&M (wow, j'avais jamais remarqué que leurs initiaux étaient ceux du magasin lol).

Sur ce je vous dis à la prochaine !

Review ? Qu'avez-vous pensé de ce chapitre alors ?